S’installer sous les tropiques pour lancer son activité n’est plus un fantasme réservé à quelques privilégiés. Avec sa fiscalité légère, son économie portée par le tourisme et son ouverture aux capitaux étrangers, Antigua-et-Barbuda s’impose comme une destination sérieuse pour les entrepreneurs expatriés, les investisseurs et les travailleurs nomades.
Avant de s’installer, il est essentiel de bien maîtriser les aspects pratiques : les différents régimes de résidence, les structures juridiques disponibles, la fiscalité locale, les services bancaires offshore et les règles de travail applicables aux étrangers.
Ce guide propose une vue d’ensemble, très concrète, de la création d’entreprise à Antigua-et-Barbuda pour un expatrié : types de visas, choix de structure, fiscalité, démarches, recrutement, opportunités sectorielles, ouverture de compte bancaire et articulation avec un éventuel passeport par investissement.
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Comprendre le cadre : un micro-État caribéen très pro-investisseurs
Antigua-et-Barbuda est un État indépendant du Commonwealth dans les Caraïbes orientales, membre de l’ONU, de l’OEA, de la CARICOM et de l’OMC. Le pays repose sur un droit d’inspiration britannique (common law), un système judiciaire encadré par la Eastern Caribbean Supreme Court, et des institutions plutôt stables sur les plans politique et économique.
Le tourisme représente entre 60 et 70 % du PIB d’Antigua-et-Barbuda.
Pour un entrepreneur étranger, trois éléments structurent la réflexion :
1. Une fiscalité personnelle quasi inexistante (pas d’impôt sur le revenu, ni sur la fortune, ni sur les plus-values, ni sur les successions pour les personnes physiques). 2. Un arsenal complet pour attirer le capital étranger : sociétés offshore (IBCs), LLC internationales, programme de citoyenneté par investissement, résidence fiscale à taux forfaitaire. 3. Une économie très dépendante du tourisme, donc exposée aux chocs externes, mais en croissance (au-delà de 5 % en 2023, portée par le tourisme et la construction).
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S’installer légalement : visas, résidence et droit au travail pour expatriés
Avant même de choisir une structure juridique, un expatrié doit clarifier son statut migratoire. Antigua-et-Barbuda distingue clairement le court séjour touristique, les visas de travail, les résidences de long terme et le fameux Nomad Digital Residence Visa.
Court séjour et prospection
Les ressortissants de nombreux pays (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Union européenne…) n’ont pas besoin de visa pour un court séjour, souvent jusqu’à 180 jours pour les Américains par exemple. Pour entrer sans visa, il faut :
– un passeport valable au moins six mois après la date de départ,
– un billet de retour ou de continuation,
– une preuve d’hébergement,
– et des ressources suffisantes.
Les ressortissants soumis à visa peuvent utiliser un système d’eVisa pour un court séjour (tourisme ou affaires), ou obtenir un visa d’entrée simple à l’arrivée (environ 100 USD pour 30 jours, en principe non prolongeables). Cela permet de venir prospecter, rencontrer des partenaires, visiter des biens immobiliers ou lancer des démarches de création d’entreprise.
Le cadre juridique mentionné ne donne pas le droit de travailler ou d’exploiter une entreprise locale. Pour cela, un titre spécifique autorisant le travail est requis.
Resident Permit et permis de travail
Les étrangers qui ne sont ni citoyens d’Antigua-et-Barbuda, ni ressortissants de l’OECS déjà résidents, doivent obtenir un permis de travail pour être employés ou exploiter un business local. Le Department of Labour gère ces demandes, en exigeant en principe que l’employeur démontre l’absence de candidat local suffisamment qualifié.
Sur le moyen/long terme, plusieurs catégories de Resident Permit (certificats de résidence) existent : pour les titulaires de permis de travail, les investisseurs/entrepreneurs, les retraités, les conjoints de citoyens, les étudiants, etc. Les délais d’éligibilité au statut de résident de long terme varient :
| Catégorie de résident | Durée minimale de résidence légale continue |
|---|---|
| Titulaire de permis de travail | 4 ans |
| Entrepreneur / Investisseur | 2 ans de permis de travail + exploitation effective de l’investissement |
| Personne de moyens indépendants | 2 ans |
| Marié(e) à un citoyen | 1 an de mariage et de résidence dans le pays |
| Étudiant en enseignement supérieur | 1 an de présence dans l’institution |
Un Resident Permit est délivré pour 1 à 3 ans, renouvelable. Il permet de vivre, travailler ou étudier dans le pays, mais ne confère pas automatiquement la citoyenneté. Une naturalisation est possible après une période prolongée de résidence régulière.
Le Nomad Digital Residence Visa : pour travailler en ligne… mais pas localement
Antigua-et-Barbuda cible aussi les travailleurs à distance avec le Nomad Digital Residence Visa (NDR), valable deux ans. Ce programme est conçu pour :
– les salariés d’entreprises étrangères,
– les freelances,
– les entrepreneurs qui travaillent exclusivement pour des clients situés hors du pays.
Les conditions principales sont les critères ou exigences fondamentales à prendre en compte. Elles définissent le cadre essentiel pour la réalisation ou l’évaluation d’une situation, d’un projet ou d’un accord. Il est crucial de les identifier et de les respecter pour assurer la validité et la réussite de l’ensemble.
– avoir au moins 18 ans,
– casier judiciaire vierge,
– assurance santé couvrant toute la durée du séjour,
– passeport valable plus de deux ans,
– preuve d’un revenu annuel minimum de 50 000 USD,
– preuve d’hébergement,
– et déclaration attestant des moyens de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.
Les frais sont non remboursables : environ 1 500 USD pour un demandeur seul, 2 000 USD pour un couple, 3 000 USD pour une famille (demandeur + jusqu’à trois personnes à charge), plus 650 USD par dépendant supplémentaire.
L’application est 100 % en ligne, avec un traitement annoncé possible en quelques jours (5 à 14 jours, parfois 24 h). Le visa permet d’emmener conjoint, enfants, voire animaux de compagnie.
Attention : le NDR n’autorise pas à fournir des services à des clients locaux, ni à travailler/employer localement sans permis adapté. Il est idéal si vous :
– gérez une société ou facturez des clients à l’étranger (consulting, IT, services créatifs, trading, etc.),
– tout en vivant à Antigua-et-Barbuda,
– en bénéficiant d’une fiscalité personnelle très avantageuse.
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Liens entre résidence, citoyenneté et résidence fiscale
Un autre pilier du cadre est la distinction entre :
– résidence juridique / migration (Resident Permit, NDR, etc.),
– citoyenneté (par naturalisation ou par investissement),
– et résidence fiscale, qui obéit à ses propres critères.
Résidence fiscale des particuliers
En règle générale, une personne devient résidente fiscale si elle réside au moins 183 jours par an dans le pays. Il existe aussi un programme de résidence fiscale permanente pour les personnes de moyens :
– disposer d’un logement permanent (propriété ou location),
– passer au moins 30 jours par an dans le pays,
– justifier d’un revenu annuel minimum de 100 000 USD,
– s’acquitter d’un impôt annuel forfaitaire de 20 000 USD.
Les résidents fiscaux bénéficient d’un taux d’imposition de 0 % sur l’ensemble de leurs revenus mondiaux, incluant l’absence d’impôt sur le revenu, sur les plus-values, sur la fortune et sur les successions. Cet avantage est particulièrement intéressant pour les expatriés à hauts revenus, mais nécessite une coordination avec la fiscalité du pays d’origine. Par exemple, les citoyens américains restent soumis à l’impôt aux États-Unis et doivent gérer des déclarations spécifiques comme le FEIE (Foreign Earned Income Exclusion), le FBAR (Report of Foreign Bank and Financial Accounts) et le FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act).
Citoyenneté et résidence fiscale ne se confondent pas : obtenir un passeport d’Antigua-et-Barbuda (notamment par le Citizenship by Investment Programme) ne suffit pas à être considéré résident fiscal. Il faut respecter la règle des 183 jours ou passer par le programme de résidence permanente.
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Choisir sa structure : société locale ou véhicule offshore ?
Le droit des sociétés est structuré autour de plusieurs textes : Companies Act 1995, International Business Corporations Act (IBC Act), Limited Liability Company Act 2000, Business Names Registration Act 1989, Small Business Development Act 2007, sans oublier les réglementations anti-blanchiment.
Pour un expatrié, trois grandes options se dessinent :
1. Une société locale « classique » (domestic company, LLC locale, entreprise individuelle). 2. Une structure internationale (International Business Corporation – IBC, ou International LLC). 3. L’enregistrement comme entreprise individuelle ou partenariat (Business Name / unincorporated business).
Panorama des formes d’entreprise
Les formes autorisées incluent :
– entreprise individuelle (sole proprietorship),
– partenariat (partnership),
– société à responsabilité limitée (LLC privée ou publique),
– société par actions (Private ou Public company),
– International Business Corporation (IBC),
– International LLC,
– association / non-profit,
– succursale d’une société étrangère (external company).
Conditions minimales pour les compagnies :
– au moins un actionnaire,
– au moins un directeur,
– un siège social enregistré dans le pays,
– un agent enregistré (registered agent).
Pour une International Business Company (IBC), il est possible d’émettre des actions ordinaires ou préférentielles, avec ou sans droit de vote, et avec ou sans valeur nominale. Des actions au porteur (bearer shares) sont également autorisées à condition d’être enregistrées chez un agent et de ne pas être transmissibles à des résidents. L’actionnaire et le directeur peuvent être des personnes physiques ou morales, sans restriction de nationalité. Une seule et même personne peut occuper les fonctions d’unique actionnaire et d’unique directeur.
IBC ou société locale : quel usage pour un expatrié ?
L’International Business Corporation est l’outil emblématique du pays pour l’activité internationale. Historiquement, ces entités bénéficiaient d’une exemption d’impôts pendant 50 ans sur leurs profits, dividendes, intérêts, plus-values et droits de timbre, à condition de ne pas faire de commerce avec des résidents ni détenir d’immobilier local.
Depuis une réforme visant à se conformer aux standards internationaux (OCDE, UE), le régime a évolué : une IBC devenue résidente fiscale (si son lieu de direction effective se situe dans le pays ou si elle a un établissement stable local) peut être soumise à l’impôt sur les sociétés au taux standard de 25 % sur ses profits mondiaux. En revanche :
Une société internationale de capitaux (IBC) non-résidente, sans établissement stable, bénéficie d’exonérations sur plusieurs impôts locaux. Ses revenus de source étrangère sont exonérés d’impôt local. De plus, elle n’est pas soumise à l’impôt sur les plus-values, sur les dividendes, sur les intérêts, à l’impôt sur la fortune, aux droits de succession, ni aux droits de timbre pour ses opérations étrangères.
Les International LLCs bénéficient d’un régime encore plus clair : exemption complète d’impôts locaux (revenus, plus-values, droits de succession, droits de timbre, contrôle des changes) tant qu’elles ne commercent pas avec des résidents.
En pratique :
– si votre cible est internationale (e-commerce, services IT, conseil, holdings, trading, etc.) et que vous n’avez pas besoin de clients locaux, une IBC ou une International LLC installée à Antigua-et-Barbuda mais gérée « à l’extérieur » peut être très puissante.
– si vous exploitez un hôtel, un restaurant, une agence de voyages locale, un centre de bien-être, une entreprise de construction, bref un business tourné vers le marché local, vous aurez intérêt à créer une société locale (domestic company ou LLC) soumise au régime d’impôt sur les sociétés et aux taxes locales.
Enregistrement d’un business local : étapes et coûts
Les autorités compétentes sont l’Antigua and Barbuda Intellectual Property and Commerce Office (ABIPCO) pour l’enregistrement des noms commerciaux et des sociétés, l’Inland Revenue Department (IRD) pour le registre fiscal, la Social Security Board, la Medical Benefits Scheme et le Board of Education pour les cotisations sociales et prélèvements statutaires.
Un aperçu des phases clés du processus, présentées de manière séquentielle pour guider l’utilisateur.
Évaluation initiale et définition des objectifs pour cadrer le projet.
Élaboration de la stratégie et de l’architecture détaillée de la solution.
Phase de création et de mise en œuvre technique des éléments définis.
Vérification rigoureuse du produit pour assurer sa qualité et son adéquation.
Installation et lancement officiel de la solution dans son environnement final.
Surveillance post-lancement et ajustements pour une performance continue.
– Recherche et réservation du nom auprès d’ABIPCO (recherche en ligne gratuite, puis réservation payante autour de 25 USD / 50 XCD).
– Rédaction des statuts (Articles/Memorandum of Incorporation et By-laws).
– Dépôt des formulaires (avis de directeurs, adresse du siège, déclaration d’un avocat attestant de la conformité).
– Paiement des droits (par exemple 500 XCD pour un certificat d’incorporation, 100 XCD pour un Business Name).
– Obtention du Certificate of Incorporation avec numéro d’enregistrement.
– Enregistrement auprès de l’IRD (obtention d’un TIN), de la Social Security, de la Medical Benefits Scheme et du Board of Education.
Les coûts globaux de création via un cabinet ou un Corporate Management and Trust Service Provider varient selon les sources, mais plusieurs packages tournent entre :
| Poste | Montant indicatif |
|---|---|
| Incorporation + première année de siège / agent | ~2 200 à 3 200 USD |
| Frais gouvernementaux annuels de base (société locale ou IBC standard) | ~300 USD / an |
| Annual return auprès du registre (certaines sociétés locales) | ~350 XCD avec pénalités en cas de retard |
Les créations d’IBC peuvent être très rapides (24 à 72 h après réception de l’ensemble des pièces chez l’agent), alors que les sociétés locales prennent plutôt quelques jours à quelques semaines selon la complexité.
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Fiscalité : un paradis pour les personnes, un terrain à analyser pour les sociétés
Le pays se présente comme un « tax-light jurisdiction » plutôt qu’un paradis fiscal opaque. Il a été retiré de la liste européenne des juridictions non coopératives et applique les standards de transparence de l’OCDE (TIEAs, CRS, etc.).
Fiscalité des personnes physiques
Pour un expatrié qui s’installe, c’est le point le plus spectaculaire :
– pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques,
– pas d’impôt sur la fortune,
– pas d’impôt sur les plus-values,
– pas de droits de succession,
– pas d’impôt sur les dividendes, intérêts et redevances pour les résidents.
Les particuliers sont soumis à plusieurs charges directes récurrentes : les taxes à la consommation (ABST/TVA locale), certaines contributions sociales pour les salariés, la taxe foncière (property tax) sur l’immobilier, ainsi que divers prélèvements spécifiques comme la taxe de séjour (tourism levy) sur les nuitées.
Fiscalité des entreprises : panorama
Le système fiscal des entreprises distingue les sociétés résidentes et non-résidentes, les IBCs et les sociétés locales.
Principaux impôts et taxes applicables aux entreprises opérant à Antigua-et-Barbuda, incluant les taux de l’impôt sur les sociétés et les autres obligations fiscales.
Taux standard de 25 % appliqué sur le revenu mondial des sociétés résidentes.
Taux spécifiques pour certains secteurs : 22,5 % pour certaines banques commerciales, 10 % pour les secteurs pétrole, télécoms et assurance (sous conditions).
Taxe sur le chiffre d’affaires des entreprises individuelles et des partenariats, avec un barème progressif de 0 à 25 %.
Obligation de s’enregistrer pour la taxe sur la vente (Sales Tax) en cas de dépassement d’un seuil annuel de chiffre d’affaires (environ 300 000 XCD).
Côté TVA/ABST, le taux standard a récemment été relevé à 17 % sur la majorité des biens et services, avec des taux réduits pour l’hôtellerie et certaines activités (autour de 12,5 à 14 % pour les hôtels et restaurants, 10,5 % pour certains produits et services ciblés), et des exemptions pour des biens de première nécessité, l’éducation, la santé, les exportations, certains services financiers ou le transport international.
Impôts locaux sur l’immobilier et transferts
Les expatriés qui investissent dans l’immobilier doivent composer avec plusieurs taxes spécifiques :
| Opération | Taux et particularités |
|---|---|
| Taxe foncière annuelle | 0,1 à 0,5 % de la valeur, souvent 0,3 % pour le résidentiel |
| Taxe sur terrain non bâti (non-résidents) | 10 à 20 % de la valeur selon la durée de détention |
| Droits à l’achat (acheteur) | ~2,5 % de stamp duty, 0,2 % d’assurance, 5 % de Non-Citizen Land Holding License (sauf CBI) |
| Droits à la vente (vendeur) | 7,5 % de stamp duty ; pas d’impôt sur la plus-value |
| Appreciation Tax (vendeur non-résident) | 5 % de la valeur évaluée |
Négocier un investissement immobilier via le programme de citoyenneté par investissement permet d’être exonéré de la licence de détention foncière pour non-citoyen.
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Le programme de citoyenneté par investissement : un levier pour structurer son implantation
Le Citizenship by Investment Programme (CIP), géré par la Citizenship by Investment Unit (CIU), est l’une des cartes maîtresses d’Antigua-et-Barbuda. Il offre la possibilité d’obtenir un passeport en échange d’un investissement qualifié, tout en renforçant les capacités financières du pays.
Options d’investissement et coûts
Les montants varient selon les sources et les mises à jour, mais les grandes lignes sont les suivantes :
Découvrez les quatre voies principales pour obtenir la citoyenneté par investissement, chacune avec ses conditions financières spécifiques et ses avantages.
Don non remboursable à partir d’environ 100 000 à 230 000 USD selon la taille de la famille.
Achat d’un bien pour un minimum de 200 000 à 300 000 USD (hôtels, resorts, résidences en complexes touristiques), à conserver au moins 5 ans.
1,5 million USD en solo dans un business approuvé, ou 5 millions USD en co-investissement (avec au moins 400 000 USD par investisseur).
Donation à partir d’environ 150 000 à 260 000 USD pour une famille nombreuse (six personnes ou plus), avec une année de bourse universitaire incluse pour un membre de la famille.
À ces montants s’ajoutent :
– des frais de traitement (processing fees) qui tournent, selon certains schémas, autour de 25 000 à 30 000 USD pour une famille de quatre, avec suppléments par dépendant,
– des frais de due diligence : environ 7 500 à 8 500 USD pour le demandeur principal, 4 000 à 5 000 USD pour les adultes dépendants, 2 000 USD pour les enfants de 12 à 17 ans,
– un droit d’interview (environ 1 500 USD par dossier),
– 300 USD de frais de passeport par personne.
Les estimations globales donnent, par exemple :
| Profil de demandeur | Option | Coût total approximatif |
|---|---|---|
| Demandeur seul | NDF | ~250 000 USD |
| Famille de 4 | NDF | ~270 000 USD |
| Famille de 4 | Immobilier | ~340 000+ USD |
| Famille de 6 | UWI Fund | ~290 000 USD |
Le délai de traitement standard est de l’ordre de 3 à 7 mois, même si des retards peuvent intervenir.
Intérêt pour un entrepreneur expatrié
Obtenir la citoyenneté présente plusieurs avantages stratégiques :
Le passeport de la Dominique offre une grande liberté de voyage avec un accès sans visa à 140-160 pays, y compris l’UE et le Royaume-Uni. Il permet la double nationalité, l’achat de terrains sans licence spéciale, une intégration économique facilitée et la possibilité de devenir résident fiscal avec une présence physique adéquate.
En contrepartie, le pays exige un minimum de présence pour maintenir la citoyenneté (par exemple 5 jours dans les cinq premières années, avec la perspective possible d’un relèvement futur à 30 jours).
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Monter son entreprise : démarches pratiques, banque et conformité
Créer une entité ne suffit pas. Pour opérer, facturer, embaucher, il faut rester dans les clous des règles de conformité, de banking et de droit du travail.
Ouverture de compte bancaire : ce qu’attendent les banques
Le secteur bancaire est dual : banques domestiques supervisées par la Eastern Caribbean Central Bank (ECCB) et banques offshore supervisées par la Financial Services Regulatory Commission (FSRC). Dans les deux cas, la conformité KYC/AML est stricte : Antigua-et-Barbuda est membre du CFATF et applique les standards internationaux.
Les grands acteurs incluent :
– ACB Caribbean,
– Caribbean Union Bank,
– Eastern Caribbean Amalgamated Bank,
– Global Bank of Commerce,
– CIBC FirstCaribbean (présence régionale),
– Antigua and Barbuda Development Bank (plutôt financement de projets).
Les comptes peuvent être ouverts :
– en XCD (dollar des Caraïbes orientales, arrimé à 2,70 pour 1 USD),
– en USD, et parfois en EUR, GBP ou CAD.
Pour une société, les banques demandent généralement :
– certificat d’incorporation, statuts, registre des actionnaires et administrateurs,
– description détaillée de l’activité et business plan,
– pièces d’identité certifiées et justificatifs d’adresse de tous les UBOs, directeurs et signataires,
– preuves d’origine des fonds (relevés bancaires, contrats de vente, documents fiscaux),
– références bancaires antérieures,
– pour les entités étrangères : certificat de bonne conduite (good standing), TIN, etc.
Le dépôt initial requis pour certains comptes courants en USD, notamment dans des montages sophistiqués ou des banques offshore.
Compliance et secret des affaires
La confidentialité reste un argument : pour les IBC et certaines LLC internationales, les listes d’actionnaires et de directeurs ne sont pas publiques. Toutefois, l’agent enregistré doit connaître les bénéficiaires effectifs et communiquer ces informations aux autorités sur demande, dans le cadre des engagements internationaux de transparence.
Ne pas tenir à jour un registre d’actions au porteur peut exposer une société à une amende pouvant atteindre 50 000 USD. L’environnement légal impose aussi des obligations de tenue de livres comptables à jour, même si les comptes ne sont pas déposés publiquement pour les entités offshore.
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Embaucher localement : droit du travail, charges et organisation
Pour un expatrié qui veut exploiter un business tourné vers le marché local (hôtel, restaurant, centre de plongée, agence de voyages, BPO, services IT avec bureau sur place, etc.), le droit du travail et les charges sociales sont des paramètres essentiels.
Cadre légal du travail
La référence est le Labour Code (1975) complété par diverses lois (Workmen’s Compensation Act, Social Security Act, Occupational Safety and Health Act, etc.). Il régit :
– les contrats de travail (écrits obligatoires, durée indéterminée ou fixe),
– la période d’essai (généralement jusqu’à 3 mois),
– les horaires (standard autour de 40 h / semaine, maximum légal 48 h, avec plafonds quotidiens),
– les congés, la maternité, les jours fériés,
– les procédures de licenciement et les indemnités.
Le salaire minimum national est actuellement fixé à 9 XCD par heure, sous peine d’amendes pour l’employeur en cas de non-respect.
Les heures supplémentaires sont en principe majorées :
– 150 % du taux horaire normal au-delà des heures légales,
– 200 % les jours fériés ou jours de repos,
– parfois 125 % la nuit.
Les salariés ont droit à des congés annuels payés (généralement au moins 12 à 14 jours, avec augmentation selon l’ancienneté), à des congés maladie (jusqu’à 12 jours, avec extension via la sécurité sociale) et à un ensemble de jours fériés (Noël, Nouvel An, Fête du Travail, Emancipation Day, Independence Day, etc.).
Dès qu’une entreprise a des salariés, elle doit être enregistrée auprès de :
– Antigua and Barbuda Social Security Board (ABSSB)
– Medical Benefits Scheme (MBS)
– Board of Education
Présentation des différents taux d’intérêt applicables aux particuliers pour leurs opérations bancaires courantes.
Taux appliqué par la banque sur les sommes que vous lui devez, comme pour un découvert autorisé ou un crédit.
Taux de rémunération que la banque vous verse sur les sommes que vous déposez sur vos comptes d’épargne.
Coût total du crédit exprimé en pourcentage annuel, incluant les intérêts et les frais annexes.
Taux maximum légal que les établissements de crédit sont autorisés à pratiquer pour octroyer un prêt.
| Régime | Part employé | Part employeur | Base |
|---|---|---|---|
| Social Security | ≈ 6,5 % | ≈ 8,5 % | Jusqu’à 78 000 XCD/an |
| Medical Benefits Scheme | 3,5 % | 3,5 % | Sur salaire brut (taux réduits après 60 ans) |
Ces contributions donnent droit à des prestations retraite, santé, invalidité, congé maternité, etc. S’y ajoutent des contributions liées à l’éducation, et parfois des assurances privées complémentaires si l’employeur souhaite être attractif.
Priorité à l’emploi local et permis de travail
La politique de l’emploi favorise les citoyens d’Antigua-et-Barbuda. Pour recruter un étranger (hors certains régimes CARICOM / OECS), l’entreprise doit :
– prouver qu’aucun candidat local adapté n’a été trouvé,
– obtenir un permis de travail auprès du Department of Labour,
– fournir un contrat écrit détaillant salaire, fonctions, durée, conditions de rupture.
Pour un expatrié qui souhaite s’embaucher lui-même via sa société, cela signifie quasi systématiquement un passage par le permis de travail ou par une autre catégorie de résidence (investisseur, conjoint, etc.).
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Où sont les opportunités pour un expatrié entrepreneur ?
Avec un tourisme florissant (plus de 1,2 million de visiteurs en 2024, +17 % par rapport à 2023, des taux d’occupation hôtelière supérieurs aux niveaux pré-Covid), les opportunités sont nombreuses mais concentrées sur des niches où la valeur ajoutée est réelle et l’offre encore perfectible.
Tourisme, hôtellerie, loisirs : le socle historique
Le secteur reste le principal vivier d’opportunités :
– hébergements de niche (boutique hôtels, villas de luxe, écolodges),
– excursions spécialisées (plongée, voile, observation de la faune, visites culturelles),
– restauration thématique, catering haut de gamme, événements culinaires,
– services pour yachts et plaisance (logistique, conciergerie, maintenance).
L’exemple de Stingray City, proposant des excursions vers les raies pour les croisiéristes, illustre un modèle économique fonctionnel. Il cible intelligemment ce flux de visiteurs avec un prix maîtrisé (environ 50 USD) et une présence digitale efficace. Cependant, ce succès reste exposé à des risques importants : coûts d’assurance élevés, forte dépendance à l’industrie des croisières et manque de cadre réglementaire spécifique pour certaines activités.
Bien-être, éco-tourisme et tourisme communautaire
Antigua-et-Barbuda a été reconnu par la Wellness Tourism Association comme une destination officielle de bien-être. Le pays pousse aussi les initiatives d’éco-tourisme et de community-based tourism (CBT). Des études régionales montrent que, même si peu de touristes connaissent l’expression CBT, une large majorité (près de 80 % dans certains sondages nord-américains) seraient intéressés par des expériences :
– guidées par des communautés locales,
– axées sur les circuits courts (farm-to-table),
– autour de la cuisine traditionnelle, des visites de fermes, ateliers artisanaux, etc.
Un entrepreneur expatrié peut y trouver une place en : créant une entreprise, investissant dans des start-ups, offrant des services de conseil, développant des partenariats locaux, rejoignant des réseaux d’affaires internationaux, et en s’impliquant dans des événements économiques.
– structurant des expériences sûres, bien certifiées (bio, commerce équitable, hygiène),
– intégrant dans ses offres le transport, les guides, la logistique,
– développant un marketing digital en coopération avec l’office du tourisme et des influenceurs.
Services financiers, IT, digital et nomadisme
Le pays se positionne comme centre financier caribéen, avec :
La juridiction se caractérise par la présence de structures comme les International Business Companies (IBC) et les LLC internationales. Elle bénéficie d’une forte adoption des technologies de l’information, du e-gouvernement et d’infrastructures data. Cet écosystème est particulièrement propice au développement des fintech, des services B2B numériques et des entreprises orientées crypto/forex, sous réserve d’obtenir les licences appropriées.
Les entrepreneurs étrangers peuvent :
– utiliser le cadre des IBC / LLC internationales pour offrir des services à une clientèle globale,
– créer des plateformes numériques (SaaS, consulting IT, marketing digital, gestion de patrimoine),
– cibler les digital nomads via des services de coworking, coliving, accompagnement administratif, activités sociales.
Le Nomad Digital Residence attire déjà un flux de télétravailleurs à haut revenu (50 000 USD/an minimum), qui ont besoin de :
– logements moyens/longs séjours,
– espaces de travail adaptés (le pays dispose de coworkings comme Wadadli Spaces, business centres comme Canada Place, bureaux flexibles comme My Own Space),
– services à valeur ajoutée (coaching, bien-être, sports, événements networking).
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Coût de la vie, salaires et pricing : calibrer son business plan
Antigua-et-Barbuda est régulièrement décrite comme une destination chère, surtout pour l’hébergement et la consommation de produits importés, même si les coûts peuvent être modulés en s’appuyant sur les circuits locaux.
Quelques repères chiffrés :
| Indicateur | Montant typique |
|---|---|
| Loyer mensuel appartement 1 chambre centre-ville | ~1 200 USD |
| Coût mensuel d’un hot desk en coworking | ~235 USD |
| Repas simple au restaurant | ~9–22 USD |
| Bière en café | ~2–4 USD |
| Café en café | ~2–5 USD |
Pour un entrepreneur, cela implique : la prise de risques, la gestion des ressources, l’innovation constante, et la recherche de nouvelles opportunités.
Pour assurer la viabilité d’une activité dans une destination touristique, il est crucial de définir une politique de prix adaptée. Cela implique de proposer des salaires réalistes alignés sur le coût de la vie local, d’établir un positionnement tarifaire cohérent avec le pouvoir d’achat à la fois des touristes (notamment des marchés américain et britannique au fort pouvoir d’achat) et des résidents locaux, et de prévoir une marge suffisante pour absorber les coûts fixes et variables tels que les taxes indirectes, les charges sociales, les importations, ainsi que les aléas comme la saisonnalité touristique ou les risques climatiques (ex. : ouragans).
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Risques, contraintes et bonnes pratiques pour un expatrié
Créer sa société à Antigua-et-Barbuda reste, malgré les nombreux atouts, un projet qui doit être abordé avec lucidité.
Points de vigilance
– Dépendance au tourisme : une crise sanitaire, un ralentissement économique ou un ouragan peut faire chuter brutalement les arrivées.
– Coûts élevés : importations, loyers commerciaux, énergie peuvent peser sur la structure de coûts.
– Complexité réglementaire pour les secteurs régulés (banque, fintech, assurance, jeux en ligne), avec des exigences élevées de capital, de transparence et de gouvernance.
– Rigueur en matière d’AML/KYC : l’image offshore impose des contrôles importants ; la moindre zone grise sur l’origine des fonds peut bloquer des ouvertures de comptes ou des transactions.
– Contexte social : pour certains publics (femmes, personnes LGBTQ+), la perception de sécurité ou d’accueil peut être mitigée selon les sources ; il est crucial de comprendre la culture locale avant d’y projeter certains types de services ou de marques.
Bonnes pratiques
– Travailler avec un cabinet local (avocat, Corporate Management and Trust Service Provider, cabinet comptable) habitué aux expatriés.
– Structurer son implantation en plusieurs couches :
– holding ou IBC/LLC internationale pour l’activité globale,
– société locale pour l’exploitation sur place (hôtel, restaurant, excursions, services locaux),
– réflexion sur la résidence fiscale personnelle (183 jours vs. programme de résidence permanente).
– Anticiper la dimension bancaire : ouverture de compte, exigences documentaires, délais, choix d’une banque adaptée au profil de risque du business.
– Construire un business model résilient, capable d’absorber une saisonnalité forte et des chocs exogènes (par exemple en diversifiant les marchés, en combinant clientèle de croisière et séjours traditionnels, en ciblant aussi les expatriés et digital nomads).
– Prendre au sérieux le droit du travail : contrats en bonne et due forme, respect du salaire minimum, des heures supplémentaires, des contributions sociales, procédures de licenciement documentées.
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Conclusion : Antigua-et-Barbuda, un laboratoire caribéen pour l’entrepreneur global
Pour un expatrié, Antigua-et-Barbuda offre un mélange rare :
– une fiscalité personnelle ultra avantageuse,
– des outils sophistiqués de structuration (IBCs, LLC internationales, CBI),
– un environnement anglophone, juridique et bancaire aligné sur les standards internationaux,
– une économie dynamique malgré sa taille, portée par un tourisme en croissance et un positionnement de plus en plus fort sur le bien-être, l’écotourisme et les services financiers.
En contrepartie, l’entrepreneur doit accepter :
– un coût de la vie parfois élevé,
– une dépendance marquée au tourisme et aux flux internationaux,
– un niveau de conformité réglementaire élevé, notamment sur le plan financier.
Pour un consultant, un prestataire de services digitaux, un family office, un investisseur hôtelier ou un créateur de concept de bien-être ou d’écotourisme, Antigua-et-Barbuda peut devenir bien plus qu’une carte postale : un hub caribéen pour structurer ses affaires globales, optimiser sa fiscalité personnelle et profiter d’un cadre de vie tropical, à condition de préparer son projet avec une approche méthodique, informée et professionnelle.
Un chef d’entreprise français de 45 ans, expérimenté, avec un patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait diversifier ses activités en créant une société à Antigua-et-Barbuda pour optimiser sa fiscalité et développer une activité de holding internationale ou de services numériques liés au tourisme de luxe.
Budget alloué : 50000 à 100000 euros, couvrant capital initial, frais de création et mise en place opérationnelle, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs juridictions offshore (Malte, Chypre, Antigua-et-Barbuda), la stratégie retenue a consisté à opter pour une IBC (International Business Company), forme la plus courante et flexible pour les non-résidents, bénéficiant d’une fiscalité très attractive sur les revenus étrangers et d’une confidentialité accrue, tout en conservant un accès facilité aux flux internationaux. La mission a inclus : choix du secteur (IT, yachting, conciergerie haut de gamme), vérification du nom et rédaction des statuts en anglais, ouverture de compte bancaire international, enregistrement auprès du registre local en 5–10 jours, obtention des licences éventuelles, mise en relation avec un réseau local (avocat, comptable, agent enregistré et domiciliation ~3000 €/an) et choix de la structure (gérant français ou directeur local).
Ce type d’accompagnement permet de tirer parti du cadre fiscal d’Antigua-et-Barbuda (coût de création ~2000 €, environnement pro-business, absence d’impôt local sur certains revenus étrangers) tout en maîtrisant les risques (substance économique, réglementation bancaire internationale, conformité fiscale franco-antiguaise via les règles CFC et déclarations obligatoires) et en intégrant cette entité dans une stratégie patrimoniale globale de diversification internationale.
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