La sécurité en Allemagne : clés pour une expatriation vraiment sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Allemagne, c’est souvent cocher beaucoup de cases à la fois : qualité de vie élevée, économie solide, soins médicaux excellents, villes dynamiques et campagnes tranquilles. Mais la question qui revient systématiquement avant de faire ses cartons reste la même : est‑ce un pays sûr, et comment s’y sentir en sécurité au quotidien quand on arrive de l’étranger ?

Bon à savoir :

L’Allemagne est l’un des pays les plus sûrs au monde, mais il convient de rester vigilant face à la hausse récente de certains délits, au sentiment d’insécurité dans les gares et à la menace terroriste persistante. Pour une expatriation sereine, le pays offre un cadre juridique solide, comprenant un droit du locataire protecteur, une assurance santé obligatoire, un système d’urgence performant, ainsi qu’une réglementation robuste en matière de cybersécurité et de protection des données.

Cet article propose une vue d’ensemble concrète, nourrie par les chiffres et la réalité du terrain, pour préparer votre installation en Allemagne sans naïveté, mais sans anxiété inutile.

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Un pays statistiquement sûr, malgré un regain de criminalité

La première chose à garder en tête est que l’Allemagne est, selon les spécialistes, « fondamentalement un pays sûr » et figure parmi les pays les plus sûrs au monde. Les enquêtes auprès de la population montrent d’ailleurs que le sentiment de sécurité a globalement augmenté au cours des trente dernières années.

Pour autant, les statistiques policières révèlent une évolution plus contrastée. En 2023, la police a enregistré près de six millions d’infractions pénales, en hausse par rapport aux quelque 5,4 millions de 2022. Depuis 2021, le volume annuel d’infractions a nettement augmenté, rompant avec la tendance à la baisse observée avant la pandémie. Certaines données plus récentes font même état d’une baisse significative du nombre total d’infractions sur une année donnée, mais avec en parallèle une progression continue des violences et des délits sexuels.

Une criminalité majoritairement non violente

L’essentiel de la criminalité détectée reste constitué de délits non violents : vols, infractions à la législation sur les stupéfiants, atteintes aux biens ou falsifications. Les actes réellement violents – ceux qui impliquent des coups, des menaces armées ou des agressions physiques – représentent une minorité des dossiers.

214100

En 2023, environ 214 100 faits de violence ont été enregistrés en Allemagne, marquant le niveau le plus élevé depuis 2007.

Un criminologue comme Dietrich Oberwittler, du Max-Planck-Institut, insiste sur plusieurs points essentiels pour relativiser ces chiffres. D’abord, les statistiques policières ne captent qu’une partie de la réalité, puisqu’elles reposent sur les infractions enregistrées et non sur l’ensemble des faits commis. Ensuite, la société s’est fortement « sensibilisée » aux violences, en particulier sexuelles, ce qui contribue à une meilleure dénonciation de faits autrefois moins souvent signalés. Enfin, selon lui, les « zones dangereuses » n’ont pas réellement augmenté en nombre ces dernières années, même si des cas choquants fortement médiatisés peuvent nourrir des peurs disproportionnées.

Ce que perçoivent les habitants et les expatriés

Les perceptions recueillies auprès de milliers de personnes sur plusieurs années offrent un contrepoint intéressant. Un indice participatif comme Numbeo attribue à l’Allemagne un niveau de criminalité perçue de l’ordre de 40 (sur 100), classé comme « modéré ». Les répondants jugent la criminalité globalement modérée, considèrent les agressions violentes comme un problème « faible » et estiment relativement rares les attaques motivées par l’origine, la religion ou le genre.

Attention :

Bien que la majorité des personnes se sentent en sécurité pour marcher seules en journée, elles perçoivent une hausse de la criminalité sur cinq ans, confirmée par les données officielles pour certains délits. La confiance diminue la nuit, et les préoccupations principales portent sur les drogues, les dégradations et les petits vols, jugés comme des problèmes d’ampleur moyenne.

Pour un expatrié, cela se traduit très concrètement par une réalité assez simple : vous pouvez circuler à pied, en transports en commun ou à vélo dans la grande majorité des quartiers, surtout de jour, avec un niveau de vigilance comparable – voire inférieur – à celui attendu dans d’autres pays développés. Mais vous devez prendre au sérieux les risques de vols opportunistes, en particulier dans les hubs de transport ou lors des grands événements.

Où se sent‑on le plus (et le moins) en sécurité ?

Toutes les villes allemandes ne se valent pas du point de vue de la criminalité ressentie. Là encore, les indices de sécurité, construits à partir de milliers de contributions, fournissent des repères utiles lorsqu’on choisit sa ville d’expatriation.

Comparaison de quelques grandes villes allemandes

Le tableau ci‑dessous résume les indices de criminalité et de sécurité perçus dans plusieurs grandes villes. Plus l’indice de criminalité est bas, plus la ville est considérée comme sûre ; l’indice de sécurité est son exact inverse.

VilleIndice de criminalitéIndice de sécurité
Bremen48,151,9
Hanover45,454,6
Frankfurt45,454,6
Berlin44,655,4
Cologne44,555,5
Leipzig43,156,9
Hamburg41,158,9
Bonn39,160,9
Karlsruhe36,563,5
Düsseldorf34,765,3
Nuremberg34,565,5
Freiburg im Breisgau32,967,1
Stuttgart32,867,2
Dresden29,870,2
Munich21,178,9

Munich se distingue nettement comme la grande ville où les habitants se sentent le plus en sécurité. Elle combine un très faible indice de criminalité avec une police jugée très efficace, des quartiers bien entretenus et une forte implication des habitants dans la vie locale. C’est aussi un argument de poids pour les familles ou les femmes voyageant seules, pour qui Munich est régulièrement présentée comme une destination particulièrement rassurante.

Astuce :

Des villes comme Brême, Hanovre ou Francfort présentent des indices de criminalité plus élevés, souvent liés à des problématiques locales de drogues, de dégradations ou de vols. Cela ne les rend pas nécessairement « dangereuses » au sens strict, mais exige une vigilance accrue, notamment autour de certaines gares, rues animées la nuit ou quartiers marginalisés.

Gares, trains et transports : un point de vigilance particulier

Pour la plupart des expatriés, les transports en commun sont le principal moyen de se déplacer, au moins au début. L’Allemagne dispose d’un réseau ferroviaire et urbain très dense – U‑Bahn, S‑Bahn, tramways, bus, trains régionaux et longue distance – globalement sûr et fiable. Pourtant, les gares sont aussi l’un des endroits où les statistiques de violence progressent le plus vite.

Une hausse marquée des violences dans les gares et les trains

D’après le rapport de la police fédérale pour 2024, les faits de violence commis dans les gares et à bord des trains ont augmenté de 6 % en un an et de plus de 50 % depuis 2019. Au total, 27 160 infractions violentes ont été enregistrées en 2024 dans ces lieux, soit en moyenne 74 par jour. Dans le même temps, le nombre global d’infractions dans ce périmètre a reculé d’environ 10 %, notamment en raison d’une baisse des infractions à la loi sur le séjour.

Violences dans les gares allemandes

Faits marquants sur les incidents violents recensés dans les principales gares d’Allemagne, basés sur les données de la police fédérale.

Gares les plus touchées

La gare centrale de Berlin arrive en tête, suivie de villes comme Dortmund, Hanover ou Cologne.

Profil des auteurs

Majoritairement des hommes (près de 8 sur 10), plus de la moitié étant sous l’influence d’alcool ou de drogues.

Statut des auteurs

Une légère majorité des auteurs n’a pas la nationalité allemande.

Agents blessés

Agressions contre les policiers fédéraux à un niveau historiquement élevé, avec plusieurs centaines de fonctionnaires blessés chaque année.

Les autorités n’ont pas laissé ces chiffres sans réponse. Les patrouilles et contrôles se sont multipliés, des zones interdites aux armes ont été définies dans certaines gares, et plus de 11 000 caméras de surveillance ont été installées. Pour un expatrié, cela signifie que votre trajet quotidien reste protégé par un dispositif sécuritaire important – mais qu’il est indispensable d’adopter quelques réflexes de prudence, surtout la nuit ou dans les nœuds ferroviaires les plus fréquentés.

Réduire les risques dans les transports du quotidien

Dans l’ensemble, moins de 1 % des faits signalés en Allemagne relèvent de la criminalité violente, et près de 80 % des délits sont des petits larcins. Sur les réseaux de transport, les incidents qui touchent le plus les voyageurs sont les vols de sacs, de portefeuilles et, de plus en plus, les vols de passeport sur les lignes très fréquentées.

Bon à savoir :

Pour votre sécurité, gardez toujours vos affaires sous contrôle et évitez d’exposer objets de valeur ou grosses sommes. Dans les transports, privilégiez les voitures occupées, restez près du conducteur ou des caméras, et utilisez les accès bien éclairés, surtout de nuit.

Les numéros d’urgence sont simples à retenir : 112 pour toute urgence médicale ou incendie, 110 pour la police, et 116 117 pour joindre un médecin de garde lorsque le cabinet habituel est fermé. Les opérateurs répondent gratuitement, même sans carte SIM, et la plupart peuvent basculer en anglais si nécessaire.

Menace terroriste et extrémismes : un risque réel mais maîtrisé

Comme la majorité des pays européens, l’Allemagne vit avec un risque terroriste qualifié de « persistant ». Les attaques récentes ont impliqué des armes blanches, des armes à feu ou des véhicules utilisés comme projectiles, visant des lieux publics très fréquentés : bars, lieux de culte, rues commerçantes, gares, marchés. Plusieurs attentats ou attaques graves survenus au cours des dernières années – dans des bars à chicha, près d’une synagogue, dans des trains régionaux – rappellent que ce risque est loin d’être théorique.

Exemple :

Les services de sécurité allemands démantèlent régulièrement des complots et renforcent la surveillance des réseaux islamistes et d’extrême droite. Des mesures de prévention sont appliquées dans les lieux sensibles, et les autorités proposent des applications d’alerte comme NINA et KATWARN pour notifier immédiatement les citoyens en cas de menace ou de catastrophe.

Pour un expatrié, il s’agit moins de vivre dans la crainte constante d’un attentat que d’intégrer ce risque comme un élément de contexte : éviter autant que possible les attroupements agressifs, garder un œil sur les issues de secours dans les grands lieux clos, se tenir informé des consignes de sécurité diffusées par les autorités locales et par les ambassades, et signaler tout comportement réellement suspect dans les transports ou autour des lieux de culte.

Une architecture juridique pensée pour la sécurité des personnes

La sécurité d’une expatriation ne se résume pas à l’absence d’agressions dans la rue. Elle tient aussi à la solidité des institutions, à la protection des données personnelles, à la stabilité du logement ou à la qualité des soins en cas de problème. Sur tous ces volets, l’Allemagne offre un cadre particulièrement protecteur.

Protection des données et cybersécurité : un État très encadré

L’Allemagne applique de manière rigoureuse le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Ce texte européen, complété par une loi nationale (BDSG) et par des lois sectorielles, encadre strictement la collecte, le stockage et l’utilisation de vos informations personnelles, qu’il s’agisse de vos données de santé, de votre dossier bancaire ou de vos traces en ligne.

Chaque Land dispose de sa propre autorité de protection des données, coordonnée au niveau fédéral, avec des pouvoirs de contrôle et de sanction. Les entreprises doivent désigner un délégué à la protection des données dans de nombreux cas, documenter leurs traitements, déclarer les failles de sécurité et intégrer la confidentialité « dès la conception » de leurs services. En cas de violation grave, les amendes peuvent atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial.

Bon à savoir :

Le BSI surveille les menaces (dont les attaques étatiques), impose des normes strictes aux infrastructures critiques (énergie, télécoms, santé, etc.), coordonne la réponse aux incidents majeurs, et diffuse des alertes via ses équipes d’intervention (CERT-Bund, Bürger-CERT) pour le public et les administrations.

Pour un expatrié, ce cadre se traduit par une relative tranquillité d’esprit lorsqu’il s’agit de confier ses données de santé à une caisse d’assurance maladie, d’ouvrir un compte bancaire, de souscrire un abonnement téléphonique ou de se connecter aux services publics en ligne. L’environnement n’est pas exempt de cybercriminalité – au contraire, l’Allemagne est une cible de choix – mais les garde‑fous sont nombreux et la régulation active.

Un système d’urgence très structuré

Autre pilier de la sécurité au quotidien : la qualité des secours et la clarté des procédures en cas de pépin. L’Allemagne s’appuie sur une organisation très codifiée des services de secours, avec des centres d’appel (Leitstellen) couvrant chacun un territoire, des ambulances dotées d’équipages formés, des médecins d’urgence spécialisés et une flotte d’hélicoptères de sauvetage répartis sur tout le pays.

Bon à savoir :

Les interventions d’urgence ciblent généralement 10 à 15 minutes. Les ambulances sont souvent équipées de paramédicaux (Notfallsanitäter), formés pendant plusieurs années et capables de réaliser des gestes avancés en attendant un médecin. Pour les cas les plus graves, des hélicoptères de secours, gérés par diverses organisations, permettent un transport rapide vers des hôpitaux spécialisés.

La loi impose à tout citoyen d’apporter assistance en cas d’urgence, dans la mesure de ses capacités et sans se mettre en danger lui‑même. Ne pas intervenir peut être pénalement sanctionné, tandis que les personnes qui portent secours bénéficient d’une protection juridique si elles agissent de bonne foi.

Les expatriés installés en Allemagne peuvent également s’appuyer sur un réseau impressionnant de lignes d’écoute et de services de soutien psychologique, souvent gratuits et parfois disponibles en plusieurs langues : aide aux victimes de violences, lignes d’écoute pour les femmes, les hommes, les enfants, soutien en cas de dépression ou de détresse, accompagnement spirituel pour les communautés musulmanes ou russophones, etc. Ce maillage contribue à la fois à la prévention des drames et à la prise en charge rapide des situations de crise.

Logement : un marché tendu mais très encadré

L’un des grands facteurs de stress des nouveaux arrivants en Allemagne est le logement. La difficulté à trouver un appartement, surtout dans les grandes métropoles (Berlin, Munich, Hamburg, Frankfurt), peut créer un sentiment d’insécurité psychologique, accentué par la peur des arnaques et la complexité administrative. Pourtant, une fois un bail signé, le locataire est l’une des figures les mieux protégées du droit allemand.

Un marché compétitif, avec beaucoup de garde‑fous

Le marché locatif allemand repose sur un socle juridique très protecteur pour le locataire. Les expulsions sont difficiles et encadrées, les hausses de loyer strictement réglementées (avec, dans de nombreuses villes, des mécanismes comme la « freinade des loyers »), et les contentieux se tranchent sur la base d’un code civil (BGB) précis.

Bon à savoir :

Les propriétaires allemands vérifient rigoureusement les dossiers. Ils exigent généralement une preuve de revenus suffisants, un historique de paiement des loyers sans retard, un rapport de solvabilité (SCHUFA) et une attestation d’absence de dettes locatives. Pour les expatriés sans historique local, il est possible de fournir des documents étrangers équivalents : relevés bancaires, lettres de recommandation, contrat de travail solide ou garanties familiales.

Le dépôt de garantie – limité légalement à trois mois de loyer hors charges – est lui aussi très encadré. Le propriétaire doit le placer sur un compte séparé et le restituer, intérêts compris, sauf à justifier des retenues pour dégâts ou arriérés. Ce cadre réduit fortement les abus et donne aux locataires une base juridique claire pour contester les retenues injustifiées.

L’Anmeldung, clé d’accès à de nombreux droits

D’un point de vue sécuritaire, la procédure de Anmeldung – l’enregistrement officiel de votre adresse auprès de la mairie (Bürgeramt) – joue un rôle central. Toute personne qui s’installe en Allemagne pour plus de trois mois a l’obligation de se déclarer dans les 14 jours suivant son emménagement. Cette inscription alimente les registres de population, sert au financement des communes et conditionne l’accès à une multitude de services : ouverture de compte bancaire, souscription d’une assurance maladie, signature de contrats de téléphonie ou d’internet, demande de titre de séjour, inscription à l’université, perception de prestations familiales, etc.

Astuce :

Pour un expatrié en Allemagne, l’enregistrement auprès des autorités (Anmeldung) est une étape administrative cruciale. Il permet d’obtenir le certificat de résidence (Meldebescheinigung) et, quelques semaines plus tard, le numéro fiscal (Steueridentifikationsnummer), qui constituent le socle de la sécurité administrative. Ne pas effectuer cette démarche en temps utile expose à des amendes, à des difficultés pour remplir ses obligations (comme le paiement de la redevance audiovisuelle ou la souscription d’assurances), et peut même compliquer le départ du pays si l’on omet de se désinscrire (Abmeldung).

Une assurance maladie obligatoire : sécurité sanitaire et financière

Autre pilier essentiel d’une expatriation sereine : le système d’assurance maladie. En Allemagne, toute personne résidant sur le territoire doit être couverte, sans exception, depuis une réforme entrée en vigueur en 2009. Moins de 0,1 % de la population reste sans assurance, un chiffre remarquablement bas qui reflète l’ampleur de la protection.

Un système universel et fortement régulé

Le système est universel, multi‑payeur et repose sur deux grands piliers : l’assurance maladie publique (GKV) et l’assurance privée (PKV). Environ 90 % des résidents sont couverts par le régime public, administré par des caisses indépendantes (Krankenkassen) mais très étroitement encadrées par la loi, tandis que 10 % relèvent de contrats privés, souvent pour des revenus plus élevés, des indépendants ou certaines catégories particulières (fonctionnaires, étudiants au‑delà d’un certain âge, etc.).

Bon à savoir :

Pour les salariés expatriés en Allemagne, l’affiliation à une caisse publique d’assurance maladie est obligatoire en dessous d’un certain seuil de revenu. La cotisation, d’environ 14,6 % du salaire brut plus une contribution additionnelle, est partagée à parts égales avec l’employeur. Cette assurance couvre les soins médicaux de base jugés « nécessaires et économiques » (consultations, hospitalisation en chambre partagée, médicaments sur ordonnance, soins dentaires de base, etc.), inclut les affections préexistantes et est complétée par une assurance dépendance obligatoire (Pflegeversicherung).

Les assurances privées, calculées non pas sur le revenu mais sur le risque individuel (âge, état de santé, niveau de garanties souhaité), peuvent offrir des services plus confortables (chambres individuelles, accès plus rapide à certains spécialistes, meilleurs remboursements dentaires ou optiques, couverture internationale, etc.), mais exigent une gestion plus fine (paiements directs puis remboursement) et peuvent exclure ou majorer les pathologies antérieures.

Une protection contre les catastrophes personnelles

Au‑delà du quotidien, ce système de santé vise à protéger chacun contre le risque de facture médicale écrasante. Il est conçu pour garantir l’accès aux soins indépendamment du revenu ou des antécédents médicaux, ce qui contribue fortement au sentiment de sécurité des résidents.

Attention :

Pour un expatrié en Allemagne, une affiliation correcte à l’assurance maladie est cruciale. Elle protège des coûts exorbitants en cas de grossesse, de cancer ou d’accident grave, à condition de respecter les procédures (déclarer son assureur, présenter sa carte eGK). À l’inverse, ne pas être assuré ou être mal assuré peut entraîner des factures importantes et l’obligation de payer rétroactivement des cotisations, parfois majorées de pénalités.

Criminalité organisée, cybermenaces et risques économiques : ce que cela signifie pour un expatrié

L’Allemagne n’est pas épargnée par les grands phénomènes criminels transnationaux : trafics de drogues, d’armes ou d’êtres humains, mafias étrangères, réseaux de blanchiment d’argent, cyberattaques d’ampleur, fraudes massives à la TVA. Des ports comme Hamburg ou Bremerhaven servent de portes d’entrée à des cargaisons illicites en provenance du monde entier, et plusieurs grandes métropoles constituent des points d’ancrage pour des groupes criminels structurés.

Un écosystème criminel complexe mais peu visible pour le quotidien

Du point de vue d’un expatrié, ces réalités sont largement invisibles, mais elles expliquent certains phénomènes observables : présence de drogues dans les quartiers de sortie nocturne, épiceries ou bars tenus par des clans, flux parallèles de tabac ou de contrefaçons, rumeurs sur les investissements immobiliers douteux dans telle ou telle ville. Elles contribuent aussi à la perception de Berlin, Bremen ou de la région de la Ruhr comme des zones où la criminalité serait plus présente.

Bon à savoir :

Les autorités renforcent leur dispositif contre le blanchiment d’argent, notamment en préparant la création d’une agence dédiée et en collaborant avec Europol, Interpol et le GAFI pour les dossiers transfrontaliers. Ce renforcement fait suite à l’identification de failles, comme l’absence de plafond strict pour les paiements en espèces.

Pour un expatrié, les implications pratiques sont relativement simples : éviter de s’impliquer dans des montages financiers obscurs, être vigilant face aux propositions d’emplois douteux, refuser de servir de « mule financière » pour des transferts d’argent inexpliqués, et préférer les circuits bancaires classiques pour les paiements de loyers, de dépôts de garantie ou de salaires.

Cybercriminalité et protection personnelle

Les menaces cyber – attaques de rançongiciels, espionnage économique, phishing sophistiqué, compromission de réseaux Wi‑Fi publics – sont en augmentation, avec une implication potentielle d’acteurs liés à des États. Là encore, le BSI et les autorités européennes tentent de colmater les brèches par des standards de sécurité renforcés, des exigences accrues pour les fournisseurs de services essentiels et des campagnes de sensibilisation.

Astuce :

Un expatrié doit adopter des pratiques universelles de sécurité numérique : effectuer des mises à jour logicielles régulières, activer l’authentification à deux facteurs pour les services sensibles, utiliser le Wi-Fi public avec parcimonie (et recourir à un VPN si nécessaire), vérifier scrupuleusement les emails provenant de banques ou d’assurances, et réaliser des sauvegardes régulières des données. Évoluer dans un pays très réglementé ne dispense pas de ces réflexes de base.

Vie quotidienne, normes sociales et sécurité informelle

La sécurité en Allemagne repose aussi sur un tissu de normes sociales très intériorisées. Punctualité, respect des règles, forte valorisation de l’ordre public et de la discrétion contribuent à un environnement globalement prévisible – ce qui, pour un expatrié, peut être extrêmement rassurant… une fois le « choc culturel » initial passé.

Punctualité, civilité et respect de l’espace d’autrui

Être à l’heure – voire en avance – est considéré comme naturel et respectueux. Arriver en retard à un rendez‑vous professionnel, ou même privé, peut être mal perçu. Dans les transports, le respect de certaines règles non écrites (laisser descendre avant de monter, se tenir à droite sur les escalators, parler à voix modérée, céder sa place aux personnes âgées ou enceintes) participe à une cohabitation apaisée.

Bon à savoir :

En Allemagne, le calme (Ruhezeit) et l’espace personnel sont des valeurs fondamentales. Il est important d’éviter le bruit le soir, le dimanche, et en dehors des horaires autorisés pour le bricolage. Organiser des fêtes bruyantes dans un immeuble peut entraîner des plaintes des voisins et, en cas de conflit persistant, une intervention de la police. Ces règles, bien que parfois perçues comme strictes, contribuent à un environnement de vie sécurisé et prévisible pour tous.

Thèmes sensibles et comportements à éviter

Certains sujets restent délicats en Allemagne, en particulier tout ce qui touche à l’époque nazie. Blagues, relativisation ou symboles associés au Troisième Reich ne sont pas seulement socialement inacceptables, mais peuvent être illégaux. De même, les manifestations ostentatoires de nationalisme hors contexte sportif sont regardées avec suspicion.

90

Une étude récente montre que 90 % des habitants reconnaissent la présence de racisme dans la société.

Transport, voiture et vélo : règles de sécurité à connaître

L’infrastructure routière allemande est réputée pour sa qualité, et le pays dispose d’un vaste réseau d’autoroutes (Autobahn), de routes secondaires bien entretenues et de pistes cyclables souvent très développées. Mais cette qualité s’accompagne de règles strictes, dont la méconnaissance peut avoir des conséquences lourdes.

Sur la route : vitesse, alcool et responsabilité

Sur certaines portions d’Autobahn, aucune limitation générale de vitesse n’est en vigueur – même si une vitesse conseillée de 130 km/h est officiellement recommandée. De très nombreux tronçons restent toutefois soumis à des limitations précises. S’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence pour une autre raison qu’un véritable incident est interdit, tout comme tomber volontairement en panne d’essence sur l’autoroute.

Attention :

La limite légale d’alcoolémie est de 0,05 g/l de sang pour la plupart des conducteurs, mais elle est fixée à zéro pour les jeunes conducteurs et les moins de 21 ans. Les sanctions en cas d’infraction sont sévères et peuvent inclure une amende, un retrait de permis, voire une peine de prison en cas d’accident grave.

Pour les cyclistes, la présence de nombreuses pistes dédiées offre une excellente alternative à la voiture, mais implique aussi le respect de règles précises (feux, priorités, marquages au sol). Rouler sur les trottoirs, ignorer les signalisations ou circuler ivre sont autant de comportements passibles d’amende et dangereux pour soi comme pour les autres.

Titres de transport et contrôles

Sur les réseaux urbains, la fraude n’est pas considérée comme une peccadille. Voyager sans titre de transport valide (Schwarzfahren) expose à des amendes standardisées, souvent autour de 60 €. Les contrôleurs, parfois en civil, peuvent intervenir à tout moment, et la répétition des fraudes peut conduire à des poursuites pénales pouvant peser sur un dossier de séjour. Le célèbre Deutschland‑Ticket, abonnement mensuel permettant de voyager sur l’ensemble des transports locaux et régionaux, reste une excellente option pour sécuriser ses déplacements quotidiens.

Ce qui contribue réellement à une expatriation sereine

Au fil de ces différents volets, une image se dessine : celle d’un pays où la criminalité existe, parfois en hausse dans certains secteurs, mais où le risque pour un expatrié reste maîtrisé, à condition d’adopter les bons réflexes. Ce qui fait la différence, ce sont autant les institutions que les comportements individuels.

Bon à savoir :

L’Allemagne dispose d’un environnement structurel très protecteur, incluant une obligation d’assurance maladie, un droit du logement strict, un système de secours performant et un cadre juridique robuste pour la vie privée. La police y est généralement efficace, avec un taux d’élucidation des crimes supérieur à 50%. Le pays participe activement aux dispositifs internationaux contre le terrorisme, la criminalité organisée et le blanchiment, et renforce continuellement ses défenses contre les cybermenaces.

Du côté des expatriés, la sécurité passe aussi par une bonne préparation : se renseigner sur les quartiers de sa future ville, comprendre la logique de l’Anmeldung, vérifier la possibilité de se déclarer dans son logement, s’assurer que l’on est correctement couvert par une assurance santé, sauvegarder dans son téléphone les numéros d’urgence, apprendre quelques phrases utiles en allemand, et intégrer progressivement les codes sociaux locaux.

Bon à savoir :

Les criminologues rappellent que quelques affaires médiatisées peuvent alimenter des peurs disproportionnées. Les études à long terme indiquent que les zones dangereuses ne se sont pas multipliées, le sentiment de sécurité s’est amélioré et l’Allemagne reste, en comparaison internationale, un pays sûr pour vivre et s’expatrier, à condition d’allier les protections du système avec une vigilance raisonnable au quotidien.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Allemagne pour optimiser sa charge imposable, sécuriser sa situation au sein d’une grande économie de la zone euro et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Allemagne, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Allemagne pour la stabilité fiscale et juridique, l’absence d’impôt sur la fortune au niveau fédéral, un système de santé performant, un coût de vie modéré hors grandes métropoles (certaines villes moyennes ~30% moins chères que Paris) et un accès direct au marché UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, plus-values latentes), obtention de la résidence et inscription au registre local, coordination CNAS/CPAM et assurance maladie allemande, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local francophone/anglophone et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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