Expatriation avec des animaux de compagnie en Allemagne : démarches, coûts et conseils pratiques

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Allemagne avec un chien ou un chat, c’est possible, mais certainement pas à improviser. Entre règles européennes, particularités allemandes, frais vétérinaires, taxes municipales et assurances obligatoires, un déménagement avec un animal demande autant de préparation que celui d’un enfant… voire plus. L’Allemagne reste pourtant l’un des pays les plus pet‑friendly d’Europe, avec une culture très ancrée du bien‑être animal et un cadre légal précis, parfois strict, mais lisible pour qui s’y penche en amont.

Bon à savoir :

Ce guide détaille les étapes essentielles pour une expatriation réussie avec votre animal de compagnie vers l’Allemagne. Il couvre les formalités d’entrée, les spécificités selon le pays d’origine, l’organisation du transport aérien, le choix d’une assurance, l’estimation des coûts de la vie quotidienne, les obligations légales locales et les aspects pratiques de la vie avec un animal dans le nouveau pays de résidence.

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Comprendre le contexte allemand : pays très pet‑friendly, mais très réglementé

L’Allemagne compte plus de 34 millions d’animaux de compagnie, dont environ 15 millions de chats et plus de 10 millions de chiens. Près de la moitié des foyers possèdent au moins un animal, ce qui se ressent partout : présence de chiens en terrasse, nombreux parcs, cliniques vétérinaires bien réparties, assurance santé animale développée, et associations de protection très actives.

Attention :

La protection animale est constitutionnelle en Allemagne (article 20a). La loi fédérale (Tierschutzgesetz) impose des normes strictes de bien-être (espace, équipements, chiens dangereux), complétées par des règlements locaux (Länder, communes) qui varient selon le lieu de résidence.

Pour un expatrié, cela signifie deux choses : l’Allemagne est globalement accueillante pour les animaux, mais la tolérance repose sur un prérequis non négociable : être un propriétaire responsable, informé et en règle.

Avant le départ : maîtriser les règles d’entrée en Allemagne

Les conditions d’entrée en Allemagne pour les animaux de compagnie reposent sur le règlement européen (UE) n°576/2013, applicable aux chiens, chats et furets – y compris les chiens d’assistance. L’ensemble des démarches doit être réalisé dans le pays d’origine, avant le voyage. Il n’existe pas de quarantaine pour les animaux qui respectent toutes les exigences, mais en cas de non‑conformité, les autorités peuvent imposer une quarantaine, un renvoi ou, en dernier recours, l’euthanasie, aux frais du propriétaire.

Identification : la micro‑puce, étape zéro

La première exigence est l’identification de l’animal :

Micro‑puce électronique non chiffrée de 15 chiffres, conforme à la norme ISO 11784/11785

– Dans certains cas, l’Allemagne accepte aussi des micro‑puces de type AVID 9 ou AVID 10

– Un tatouage lisible apposé avant le 3 juillet 2011 reste reconnu, à condition que les vaccins antirabiques aient ensuite été maintenus sans interruption

Point crucial : la vaccination antirabique n’est considérée comme valide que si elle a été réalisée après la pose ou la lecture de la puce. Un vaccin fait avant le marquage ne compte pas aux yeux des autorités européennes.

Vaccination contre la rage : calendrier à ne pas rater

La rage est au cœur de la réglementation :

12

L’âge minimum en semaines pour qu’un animal reçoive son premier vaccin antirabique.

L’Allemagne n’autorise pas l’entrée des jeunes animaux non protégés : aucun chiot ou chaton de moins de 12 semaines non vacciné ne peut entrer, et un animal vacciné doit avoir dépassé le délai de 21 jours post‑vaccination. En pratique, cela signifie qu’un animal provenant de l’UE ou d’un pays listé a au minimum 15–16 semaines au moment de l’entrée.

Pays listé, non listé : ce qui change pour la sérologie de la rage

L’Union européenne classe les pays en trois grandes catégories :

États membres de l’UE et territoires associés

Pays tiers listés (partie 1 ou 2)

Pays tiers non listés (dits “non listés” ou “à risque plus élevé”)

Pour les pays non listés ou à risque élevé de rage, une étape supplémentaire s’ajoute : le test de titrage rabique.

La procédure est stricte :

1. Puce + vaccination antirabique primaire 2. Attendre au minimum 30 jours après cette vaccination 3. Faire un prélèvement sanguin chez un vétérinaire habilité 4. Faire analyser l’échantillon dans un laboratoire agréé par l’UE 5. Attendre 3 mois à compter de la date du prélèvement avant d’entrer dans l’UE

Bon à savoir :

Le taux d’anticorps contre la rage doit être d’au moins 0,5 UI/ml. Une fois ce seuil atteint et si le vaccin est renouvelé dans les délais, le test est valable à vie et n’a pas besoin d’être répété. Pour les animaux provenant de pays comme l’Inde, la Thaïlande, le Maroc ou la Tunisie, l’âge minimal d’entrée est d’environ 7 mois, calculé à partir de la vaccination à 12 semaines, suivie d’un délai de 30 jours et d’une période d’attente de 3 mois.

Cas particuliers : Russie, Biélorussie, Malaisie, Australie

Les autorités européennes ont ajouté des exigences spécifiques pour certains pays :

– Depuis septembre 2024, un test de titrage rabique est explicitement requis pour les chiens et chats en provenance de Russie et de Biélorussie.

– Depuis la Malaisie péninsulaire, l’animal doit ne pas avoir été en contact avec des porcs, ne pas provenir d’une zone touchée par le virus Nipah, et un test sérologique spécifique doit être réalisé.

– Pour les chats venant d’Australie, l’animal ne doit pas avoir séjourné dans une zone avec Hendra virus durant les 60 jours précédant l’export.

Ces cas montrent combien la vérification pays par pays est indispensable avant de planifier un départ.

Documents à obtenir avant le voyage

Les documents diffèrent selon que vous venez d’un pays de l’UE ou de l’extérieur.

Pour un animal résidant déjà dans l’UE :

Passeport européen pour animal de compagnie, délivré par un vétérinaire habilité dans un État membre

– Ce document regroupe identité de l’animal, numéro de micro‑puce ou tatouage, vaccinations (dont la rage), coordonnées du propriétaire et du vétérinaire

– Il est valable à vie tant que les rappels antirabiques sont faits à temps

Pour un animal venant d’un pays hors UE :

Astuce :

Pour voyager avec un animal de compagnie dans l’Union européenne, un certificat sanitaire conforme au modèle européen (EU Animal Health Certificate) est requis. Ce document doit être délivré par un vétérinaire officiel ou accrédité dans le pays de départ, puis visé par l’autorité compétente (par exemple, l’USDA APHIS pour les États-Unis ou la CFIA pour le Canada). Il est valable 10 jours pour l’entrée dans l’UE, puis jusqu’à 4 mois pour voyager à l’intérieur de l’Union tant que la vaccination antirabique reste valide. Il doit impérativement être accompagné d’une déclaration écrite attestant du caractère non commercial du déplacement, c’est-à-dire l’absence de vente ou de changement de propriétaire.

Depuis le Royaume‑Uni (hors Irlande du Nord), les anciens passeports européens ne permettent plus l’entrée dans l’UE : un certificat de santé (Animal Health Certificate) est nécessaire pour chaque voyage.

Nombre d’animaux, transport commercial ou non

Le règlement européen distingue deux types de mouvement :

Transport non commercial :

– Jusqu’à 5 chiens, chats ou furets par personne

– L’animal voyage avec son propriétaire ou une personne désignée, dans un délai maximum de 5 jours avant ou après le voyage du propriétaire

– Pas de changement de propriété, ni vente prévue

– Transport commercial :

Plus de 5 animaux (sauf s’ils ont plus de 6 mois et participent à une compétition ou exposition)

– Ou voyage sans le propriétaire/mandataire dans la fenêtre de 5 jours

– Ou transfert de propriété, adoption, vente

Dans le cas d’un transport commercial, les formalités se durcissent : inscription dans la base TRACES (système européen de contrôle des échanges), certificat sanitaire commercial valable seulement 48 heures, entrée via un poste d’inspection frontalier, et transport généralement en fret.

Races interdites et restrictions de races : le sujet sensible

L’Allemagne applique une politique très stricte sur certaines races canines. Au niveau fédéral, l’importation et même le transit des chiens suivants et de leurs croisements sont interdits :

Pit Bull Terrier

American Staffordshire Terrier

Staffordshire Bull Terrier

Bull Terrier

Exemple :

Certaines dérogations à l’enregistrement canin existent, comme pour un séjour de moins de quatre semaines ou le retour d’un chien déjà enregistré dans le pays, mais elles sont exceptionnelles et strictement encadrées. Par ailleurs, plusieurs Länder appliquent des règles spécifiques pour des races considérées dangereuses (ex. : Rottweiler, mastiffs, cane corso), imposant des tests de caractère, un permis, le port de la muselière et une taxation plus élevée.

Qu’un chien soit de travail, d’assistance ou de compagnie ne change pas l’application de ces règles : c’est la race et l’apparence de l’animal qui déterminent le régime juridique. Avant de planifier un départ avec un chien de race puissante ou croisée, il est indispensable de vérifier les listes de votre futur Land (Bavière, Bade‑Wurtemberg, Berlin, Hambourg, Hesse, etc.) pour éviter de vous retrouver dans une impasse juridique à l’arrivée.

Arrivée en Allemagne : aéroports, contrôles, frais

Les chiens et chats venant de pays hors UE doivent, sauf exception, entrer par un poste frontalier agréé (Border Inspection Post). Parmi les principaux aéroports concernés figurent :

Francfort

Munich

Berlin

Hambourg

Hanovre

Cologne, Hahn

Leipzig‑Halle

Schoenefeld

À l’arrivée, deux cas de figure :

Bon à savoir :

Si votre animal voyage en cabine ou soute comme bagage accompagné, présentez-vous avec lui et ses documents au couloir rouge pour vérification (puce, vaccins, certificat de santé, tests). S’il voyage en fret, il est directement inspecté au poste vétérinaire frontalier, ce qui engendre des frais spécifiques.

Les montants varient légèrement selon les sources, mais on retrouve des ordres de grandeur cohérents. Un tableau permet de les visualiser.

Type de frais à l’entréeMontant indicatif
Frais de contrôle douanier / vétérinaire (accompagné)≈ 35 € à 55 €
Frais de contrôle vétérinaire (non accompagné)≈ 55 € (majoration possible week‑end/jours fériés de +50 %)
Frais d’importation additionnels (examen + formalités, certains cas)≈ 200 €

Ces frais viennent s’ajouter au coût du billet animal (compagnie aérienne) et, en cas de fret, aux coûts de manutention et de services d’un transitaire ou d’une société spécialisée.

Transport aérien : cabine, soute, fret, conditions et coûts

Pour rejoindre l’Allemagne, la majorité des expatriés voyagent en avion. Les principales compagnies opérant vers l’Allemagne (Lufthansa, KLM, autres compagnies européennes) appliquent des règles assez proches, avec quelques nuances.

Cabine ou soute : une question de poids et de taille

Le principe général est le suivant :

– Voyage en cabine réservé aux petits chiens et chats

– Poids maximum animal + sac de transport souvent autour de 8 kg (Lufthansa, KLM)

– Dimensions maximales du sac permettant de le glisser sous le siège (de l’ordre de 55 × 40 × 23 cm, suivant la compagnie)

– Au‑delà de ce poids ou de ces dimensions, l’animal voyage en soute, dans la partie cargo climatisée, comme bagage enregistré ou en fret

Attention :

En règle générale, un passager peut transporter jusqu’à deux animaux (cabine + soute), sous réserve de disponibilité. Attention : certaines compagnies aériennes refusent les races brachycéphales (comme les carlins, bouledogues ou persans) en soute pour des raisons de santé, mais peuvent les accepter en cabine.

Conteneur de transport : normes IATA à respecter

Les caisses de transport pour la soute doivent être conformes aux règles IATA (Live Animal Regulations) :

Structure rigide (plastique dur, métal, bois robuste)

Aération sur plusieurs faces, porte à verrouillage sécurisé

– Taille permettant à l’animal de se tenir debout, tourner sur lui‑même et se coucher confortablement

– Mention visible “LIVE ANIMALS” et flèches indiquant le haut

– Gamelles d’eau et de nourriture fixées à l’intérieur, accessibles de l’extérieur

Pour des animaux habitués à vivre en liberté, il est essentiel de les accoutumer progressivement à cette caisse plusieurs semaines avant le départ, afin de limiter le stress.

Réservation et tarifs

Les compagnies exigent une réservation spécifique pour le transport d’animaux :

Voyager avec son animal

Informations essentielles et prérequis pour organiser le transport de votre animal de compagnie par avion.

Anticipez l’enregistrement

Prévoyez de réserver le transport de votre animal plusieurs jours à l’avance, souvent avec un délai minimum de 48 à 72 heures.

Places limitées

Le nombre de places pour animaux est limité par vol, particulièrement pour le transport en cabine.

Tarification variable

Les tarifs dépendent de la compagnie aérienne, du mode de transport (cabine, soute ou fret) et de la destination.

Sur certaines routes, des barèmes typiques sont observés :

Mode de transportFourchette de prix (trajet simple)
Animal en cabine (Europe)≈ 60–150 €
Animal en soute comme bagage≈ 100–150 € (par segment)
Fret international (cargo)≈ 400–2 000 US$ selon poids / distance

Les chiens d’assistance officiellement reconnus voyagent généralement gratuitement en cabine, sans caisse, mais avec harnais ou laisse, sur présentation de justificatifs et après enregistrement préalable.

Conseils pratiques pour limiter le stress et les risques

La plupart des associations vétérinaires déconseillent la sédation, sauf indication très spécifique, car elle augmente les risques cardio‑vasculaires et respiratoires. Pour préparer un animal au vol :

Habituer progressivement au sac / à la caisse, en y associant des expériences positives

Glisser une couverture ou un jouet familier à l’intérieur

– Donner un repas léger quelques heures avant le départ, tout en s’assurant d’une bonne hydratation

– Privilégier les vols directs, éviter les escales longues dans des aéroports très chauds ou très froids

En cas de températures extrêmes sur le tarmac, certaines compagnies peuvent refuser le transport en soute pour des raisons de sécurité.

Vie quotidienne en Allemagne avec un animal : ce que cela coûte vraiment

Préparer une expatriation avec un animal ne se limite pas à franchir la frontière : il faut aussi intégrer le coût du quotidien dans un pays où le niveau de vie est intermédiaire en Europe, mais où la protection animale se traduit par des postes de dépenses spécifiques (taxe canine, assurances, soins vétérinaires).

Coût de la vie générale : un cadre de référence

Pour situationner le contexte budgétaire :

– Coût mensuel réaliste pour une personne seule (hors loyer) : 1 800 à 2 500 €

– Pour une famille de quatre : environ 3 274 € (hors loyer)

– Dépenses moyennes d’un ménage : 2 846 € par mois, dont 36 % pour le logement + énergie, et 15 % pour l’alimentation, boissons et tabac

– Salaire net moyen mensuel : près de 2 963 €

Dans ce contexte, ajouter un chien ou un chat représente un budget non négligeable, mais relativement prévisible.

Nourriture et dépenses courantes pour un chien ou un chat

Les dépenses alimentaires des animaux sont intégrées dans la rubrique “alimentation” des ménages. Les estimations courantes sont les suivantes :

Type d’animalBudget mensuel nourriture
Chat≈ 30–50 €
Chien (petite race, gamme basique)≈ 10–30 €
Chien (grande race ou alimentation premium)jusqu’à ≈ 300 €

Le large éventail pour les chiens s’explique par la diversité de tailles et de gammes (croquettes de supermarché vs alimentation vétérinaire ou barf).

Au‑delà de la nourriture, il faut ajouter :

Litière pour chat

Jouets, accessoires, laisse, collier, harnais

Frais ponctuels : pension ou pet‑sitting en cas de voyage, toilettage éventuel

Assurances : santé et responsabilité civile

En Allemagne, les coûts vétérinaires sont encadrés par un barème officiel (GOT), mais restent élevés, surtout en urgence. Quelques ordres de grandeur :

Type de soin ou situationCoût indicatif
Consultation d’urgence≈ 100–300 € (voire plus)
Chirurgie (selon acte)≈ 500–2 000 €
Traitement d’une maladie chronique (par an)> 1 000 €
Dentaire (détartrage, soins)≈ 150–600 €

Sans assurance, le propriétaire assume 100 % de ces frais. D’où le succès de la Tierkrankenversicherung (assurance santé animale) et de la Hundehaftpflichtversicherung (responsabilité civile pour les chiens).

Pour les expatriés, plusieurs assureurs proposent des services en ligne, parfois en anglais. Les fourchettes de prix se structurent ainsi :

Type d’assurancePrix mensuel moyen
Assurance santé complète chien≈ 20–60 €
Assurance chirurgie seule chien≈ 10–20 €
Assurance santé complète chat≈ 10–30 €
RC chien (Hundehaftpflicht)≈ 4–10 € (plus pour races listées)

Certaines régions (Berlin, Hambourg, Basse‑Saxe, Schleswig‑Holstein, Thuringe, Saxe‑Anhalt) imposent légalement une assurance responsabilité civile pour tous les chiens ; d’autres ne l’exigent que pour les chiens classés dangereux ou de grande taille. Qu’elle soit obligatoire ou non, elle reste fortement recommandée : les dommages causés par un chien peuvent atteindre des montants très élevés (des dizaines de milliers d’euros dans les dossiers les plus graves).

Taxe canine (Hundesteuer) : un impôt à ne pas oublier

L’un des postes spécifiques au chien en Allemagne est la Hundesteuer, taxe municipale annuelle obligatoire pour chaque chien, quel que soit son statut (sauf rares exemptions, par exemple chiens guides ou chiens de travail).

Bon à savoir :

Les montants peuvent varier en fonction de la ville concernée. Il est important de vérifier les informations spécifiques à votre localité.

Exemple de villeHundesteuer pour le 1er chien
Berlin≈ 120 €/an
Villes moyennes (fourchette moyenne)≈ 90–150 €/an
Races listées (certaines villes comme Munich)jusqu’à ≈ 800 €/an

Les chiens dits dangereux ou de races listées sont souvent taxés plus lourdement. À l’inverse, certains municipes accordent des réductions voire des exonérations temporaires pour les chiens adoptés en refuge (Tierheim), parfois pendant 36 mois.

Une fois votre chien déclaré, la ville délivre une plaque (Hundemarke) à fixer au collier pour tout déplacement en public.

Bilan budgétaire annuel minimal pour un chien

En combinant nourriture, taxations et assurances, voici une estimation de budget annuel de base pour un chien “standard” (hors frais vétérinaires exceptionnels) :

Poste de dépenseMontant annuel estimatif
Nourriture (ex. 50 €/mois)≈ 600 €
Taxe canine (ville moyenne)≈ 120 €
RC obligatoire / recommandée≈ 60–120 €
Assurance santé (formule moyenne à 30 €/mois)≈ 360 €
Divers (jouets, accessoires, litière, etc.)≈ 100–200 €

Total : entre 1 240 et 1 400 € par an, sans incident médical majeur. Pour un chat, l’absence de taxe spécifique et la nourriture moins coûteuse abaissent sensiblement la note, mais un budget santé reste prudent.

Logement et animaux : ce que les propriétaires étrangers doivent savoir

Le logement sera souvent votre principal poste de dépense en Allemagne, et la présence d’un animal peut compliquer la recherche, surtout dans les grandes villes comme Berlin, Munich, Francfort ou Hambourg.

Règles juridiques en matière de location

Le droit locatif allemand (Mietrecht) considère la détention d’animaux comme un usage normal de l’appartement, mais dans certaines limites. Quelques principes clés :

Astuce :

Les clauses de bail interdisant tout animal sont généralement jugées invalides. Les petits animaux en cage (rongeurs, oiseaux, poissons) sont le plus souvent autorisés sans accord préalable. Pour les chiens et chats, le propriétaire peut exiger une autorisation au cas par cas, mais son refus doit être justifié par des motifs concrets (nuisances, risque avéré, nombre excessif d’animaux) et ne peut être arbitraire.

Dans les copropriétés, l’assemblée des copropriétaires peut aussi fixer des règles (nombre maximum d’animaux par lot, obligation de tenir les chiens en laisse dans les parties communes, etc.).

Astuce :

Pour trouver un logement explicitement ‘pet-friendly’ dans un marché tendu, adoptez une approche transparente et proactive. Préparez-vous à faire des concessions, comme proposer un dépôt de garantie légèrement plus élevé. Il est également très utile de fournir une lettre de recommandation écrite par un ancien propriétaire, attestant du bon comportement et de la propreté de votre chien.

Rappels sur les prix de location

Les loyers varient énormément d’une ville à l’autre. Quelques repères pour un appartement 1 chambre en centre‑ville :

VilleLoyer moyen 1 pièce centre‑ville
Munich≈ 1 436 €/mois
Francfort≈ 1 283 €/mois
Berlin≈ 1 220 €/mois
Stuttgart≈ 1 115 €/mois
Hambourg≈ 1 097 €/mois
Cologne≈ 1 027 €/mois
Saarbrücken≈ 486 €/mois

Il est souvent plus économique de s’éloigner du centre ou de viser des villes de l’est (Leipzig, Dresde, Chemnitz) où les loyers au mètre carré restent nettement en deçà des grandes métropoles de l’ouest.

Obligations après l’installation : enregistrement, assurances, règles de conduite

Une fois arrivé et installé, de nouvelles démarches s’imposent, en particulier pour les chiens.

Enregistrer son chien auprès de la commune

Dans la plupart des villes, vous disposez de 2 à 4 semaines après l’acquisition ou l’arrivée du chien pour le déclarer à l’administration locale (Bürgeramt, service des impôts locaux ou registre canin central selon la ville). La procédure est souvent accessible en ligne dans les grandes métropoles. Des frais d’inscription modestes sont généralement perçus (10 à 35 €).

L’enregistrement permet de calculer la Hundesteuer et aboutit à la délivrance de la fameuse médaille (Hundemarke) que le chien doit porter en public.

Assurance responsabilité civile : une quasi‑obligation de fait

Même dans les Länder où elle n’est pas légalement obligatoire, la Hundehaftpflichtversicherung est fortement conseillée. Les assureurs recensent environ 80 000 sinistres par an liés aux chiens, pour un coût moyen de 1 000 € par dossier, et des cas dépassant 50 000 € chaque année.

Attention :

Dans certaines régions allemandes (Berlin, Hambourg, Basse‑Saxe, Schleswig‑Holstein, Thuringe, Saxe‑Anhalt), cette assurance est exigée pour tous les chiens. En Rhénanie‑du‑Nord‑Westphalie, elle n’est obligatoire que pour les chiens de plus de 40 cm au garrot ou de plus de 20 kg. Le contrat couvre les dommages causés par l’animal.

Les dommages corporels à des tiers (frais médicaux, indemnisation)

Les dégâts matériels causés aux biens d’autrui

– Certaines pertes financières consécutives

Les frais de défense en justice en cas de réclamation infondée

Nombre de contrats prévoient également une couverture à l’étranger, ce qui rassure les expatriés amenés à voyager.

Licence et test de compétence (Hundeführerschein, Sachkunde)

Plusieurs Länder exigent un permis ou un certificat de compétence pour certains chiens :

Basse‑Saxe : licence pour tous les chiens

Rhénanie‑du‑Nord‑Westphalie : test de compétence pour les chiens de plus de 40 cm ou 20 kg

Dans la plupart des Länder : obligation pour les races classées dangereuses

Ce test, souvent disponible en anglais, vérifie les connaissances théoriques du propriétaire (comportement canin, droit, sécurité). Les chiens dangereux doivent en plus passer un test de caractère auprès d’une structure agréée.

Règles dans l’espace public : laisse, muselière, nuisances

Les règles de tenue du chien dans l’espace public sont largement du ressort des communes et Länder :

Attention :

Le port de laisse est généralement obligatoire en ville et dans certains parcs. Pour les chiens classés dangereux, la muselière et la laisse sont requis presque partout, y compris dans les parties communes des immeubles. Dans certains Länder comme Berlin ou la Basse‑Saxe, une autorisation (Hundeführerschein) est nécessaire pour promener son chien sans laisse dans les zones dédiées.

Le non‑respect de ces règles peut entraîner des amendes substantielles, allant jusqu’à 5 000 € pour les infractions les plus graves.

À cela s’ajoute l’obligation universelle de ramasser les déjections. De nombreuses municipalités mettent des distributeurs de sacs gratuits, mais l’absence de ramassage est passible d’amendes entre 10 et 150 €.

Côté nuisances sonores, l’Allemagne applique des plages de calme (Ruhezeiten), généralement la nuit (22 h–6 h) et l’après‑midi (13 h–15 h). Les aboiements prolongés dans ces tranches horaires peuvent donner lieu à des plaintes officielles, voire à l’obligation de prendre des mesures correctives.

Santé et bien‑être : exigences légales et bonne pratique

Au‑delà de la réglementation d’entrée, l’Allemagne encadre aussi la manière dont les animaux peuvent être détenus.

Quelques points notables :

Attention :

L’utilisation de colliers électriques, à pointes ou anti-aboiement à stimulation, ainsi que de clôtures électriques, est interdite. La mise en cage d’un chien est limitée à un maximum de 2 heures par jour, excluant toute vie en cage permanente. Les chenils doivent respecter des normes minimales d’espace selon la taille de l’animal (ex. : ~6 m² pour un chien jusqu’à 50 cm au garrot). Il est interdit de maintenir un chien attaché en permanence, et les attaches temporaires sont soumises à des règles strictes.

Les autorités et associations rappellent également des standards de bien‑être tels que :

Au moins deux heures de contact quotidien entre le chien et son propriétaire (balades, jeux, interaction sociale)

Possibilité pour un chien logé en chenil d’avoir accès à deux séances quotidiennes de sortie libre d’une heure chacune

Même si tous ces éléments ne sont pas vérifiés systématiquement, ils traduisent l’esprit d’une législation qui considère légalement que les animaux ne sont pas de simples objets, mais des êtres protégés.

Transport et mobilité interne : trains, bus, voitures

Une fois installé en Allemagne, vous constaterez que les chiens sont assez bien intégrés aux déplacements du quotidien.

Astuce :

Les chiens sont généralement admis dans les transports publics (bus, tram, métro, trains régionaux et grandes lignes). Les petits chiens transportés dans un sac ou un panier fermé voyagent souvent gratuitement. Les grands chiens doivent généralement avoir un billet (souvent au tarif réduit ou demi-tarif) et être tenus en laisse, parfois muselés selon l’opérateur. Sur les trains longue distance (comme ceux de la Deutsche Bahn), les règles peuvent varier selon le type de train et le trajet, il est donc conseillé de vérifier les conditions avant le départ.

En voiture, l’animal doit être sécurisé (harnais, caisse, filet) pour ne pas représenter un danger en cas de freinage ou d’accident. Cette exigence relève à la fois de la sécurité routière et de la protection animale.

S’installer sur la durée : vétérinaires, enregistrement des puces, adoption locale

Dès votre installation, il est recommandé :

Astuce :

Pour une installation en Allemagne en toute sérénité avec votre animal, trois démarches sont essentielles. Premièrement, identifiez un vétérinaire local, en privilégiant un professionnel anglophone si votre maîtrise de l’allemand est limitée. Deuxièmement, faites immédiatement enregistrer le numéro de puce électronique de votre animal sur un registre gratuit comme **TASSO**, qui fournit également une médaille avec un numéro de téléphone de contact, augmentant considérablement les chances de retrouver votre animal en cas de fugue ou de perte. Enfin, conservez soigneusement tous les documents d’importation, les certificats de vaccination et, le cas échéant, les preuves de test de titrage (obligatoire pour les animaux en provenance de pays non listés), car ils pourront vous être demandés pour tout futur voyage vers un autre pays ou en vue d’un éventuel retour dans votre pays d’origine.

Pour ceux qui envisageraient d’adopter un animal après leur arrivée, les refuges (Tierheime) sont très nombreux. Ils demandent souvent :

Une contribution financière (Schutzgebühr) de l’ordre de 150 à 400 €

– Un entretien pour vérifier la compatibilité du foyer

– Une preuve que vous avez l’accord de votre propriétaire ou bailleur, le cas échéant

Les animaux y sont en général vaccinés, identifiés et stérilisés ou castrés, ce qui limite les frais initiaux.

Bien préparer son projet : check‑list synthétique

Sans entrer dans un inventaire exhaustif, quelques repères permettent de sécuriser votre projet d’expatriation en Allemagne avec un animal :

Astuce :

Pour voyager avec votre chien en Allemagne, vérifiez d’abord la classification de votre pays d’origine (UE, pays listé ou non listé) car elle détermine si un test de titrage antirabique est nécessaire. Planifiez la vaccination antirabique avec un délai minimal de 21 jours avant le départ (ou 30 jours suivis d’une attente de 90 jours pour les pays non listés). Assurez-vous que votre chien est identifié par une micro‑puce ISO 11784/11785. Obtenez le certificat sanitaire européen (EU Animal Health Certificate) et faites-le valider par l’autorité compétente dans les délais requis. Vérifiez les interdictions de races au niveau fédéral allemand et des Länder. Pour le transport aérien, réservez en considérant les limites de poids, les contraintes de caisse et les restrictions pour les races brachycéphales. Budgétisez l’ensemble : frais vétérinaires, billet animal, contrôle à l’arrivée, taxe canine, assurance et éventuels dépôts de garantie pour le logement. À l’arrivée, enregistrez le chien auprès de la mairie locale, souscrivez une assurance responsabilité civile obligatoire et mettez à jour les enregistrements liés à la puce électronique.

Une fois ces étapes franchies, l’Allemagne offre un cadre stable, prévisible et souvent très agréable pour vivre avec un animal. Entre les parcs, la qualité des soins vétérinaires, la densité de services spécialisés (pensions, éducateurs, toiletteurs), et une culture qui valorise la responsabilité et le respect des animaux, beaucoup d’expatriés constatent que leurs chiens ou chats s’adaptent aussi bien, voire mieux, qu’eux à leur nouvelle vie.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Allemagne pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Allemagne, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Allemagne pour son système fiscal stable, sa sécurité juridique et son marché financier profond, combinant niveau de vie élevé, excellente couverture santé publique et plein accès UE/Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, affiliation à l’assurance maladie allemande, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, conseiller patrimonial) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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