Vivre en Lettonie : comprendre et réussir ses démarches administratives

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer durablement en Lettonie ne se limite pas à trouver un logement ou un emploi à Riga. Le pays a construit, au fil de son adhésion à l’Union européenne et à l’espace Schengen, un système administratif dense qui mêle droit de séjour, obligations fiscales, assurance santé, déclaration de résidence et intégration linguistique. Pour un nouvel arrivant, ces règles peuvent sembler complexes, surtout que certaines évolutions importantes entreront en vigueur à partir de 2026 et concernent en particulier les ressortissants de pays tiers.

Bon à savoir :

Ce guide couvre l’ensemble des procédures essentielles pour la vie quotidienne en Lettonie, incluant le travail, l’accès aux soins, l’ouverture d’un compte bancaire, la scolarisation des enfants, ainsi que les démarches pour une installation durable et la naturalisation.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le cadre général : un État membre de l’UE et de Schengen

La Lettonie est un État balte, membre de l’Union européenne, de la zone euro, de l’espace Schengen, de l’OTAN et de l’OCDE. Cette appartenance a deux conséquences majeures pour les démarches des étrangers.

Attention :

Les citoyens de l’UE, de l’EEE et de la Suisse bénéficient de la liberté de circulation et de formalités simplifiées. Pour les ressortissants de pays tiers, la Lettonie applique un régime de visas et de permis de séjour strict, harmonisé avec le droit européen mais avec des spécificités nationales renforcées.

La Lettonie se caractérise aussi par une administration très structurée : l’Office de la citoyenneté et des affaires migratoires (OCMA, ou PMLP en letton) gère la quasi-totalité des questions de séjour et d’identification; le Registre des personnes physiques centralise les données sur les résidents; le Service national de santé (NVD) administre les droits à la couverture publique; le Service des impôts (VID) supervise la fiscalité et les cotisations sociales. Vivre en Lettonie implique donc d’interagir très tôt avec ces différentes institutions.

Séjourner et travailler légalement : visas, permis de séjour et réformes à venir

Toute personne souhaitant vivre en Lettonie plus de 90 jours sur une période de 180 jours doit, en principe, disposer d’un titre de séjour. La forme de ce titre dépend du statut du demandeur (citoyen UE ou non) et du motif de séjour (emploi, études, investissement, regroupement familial, etc.).

Citoyens de l’UE, de l’EEE et de la Suisse : une procédure allégée mais obligatoire au-delà de 3 mois

Pour les citoyens de l’UE/EEE/Suisse, l’entrée en Lettonie pour y travailler est très simple : il suffit d’un document de voyage valide et d’un contrat de travail, et l’activité professionnelle peut commencer immédiatement. Aucune autorisation préalable de travail n’est exigée, contrairement aux ressortissants de pays tiers.

En revanche, pour un séjour continu de plus de trois mois, la loi impose une formalité : l’obtention d’un certificat d’enregistrement de citoyen de l’UE auprès de l’OCMA. Dans la pratique, ce titre est généralement demandé dans un délai de 90 jours après l’arrivée si la personne compte s’installer. Ce certificat est la porte d’entrée vers la plupart des démarches administratives : obtention d’un numéro d’identification, enregistrement fiscal, inscription au système de santé public ou ouverture de certains comptes bancaires.

Après cinq années de résidence continue en Lettonie, les citoyens de l’UE peuvent prétendre au statut de résident permanent, avec un droit au séjour illimité et un accès étendu à certains avantages sociaux.

Ressortissants de pays tiers : visas, permis de séjour temporaires et carte bleue UE

Pour les ressortissants non européens, la situation est plus encadrée. Toute installation de plus de 90 jours passe par un visa national de long séjour (visa D) ou, plus fréquemment, par un permis de séjour temporaire assorti d’un droit au travail.

Astuce :

Le processus suit un schéma précis. L’employeur, l’université ou l’investisseur doit d’abord faire approuver son offre par l’Agence nationale pour l’emploi si nécessaire, puis soumettre une demande d’invitation ou de parrainage à l’OCMA. Une fois cette étape validée, le futur résident peut déposer sa demande, soit dans une ambassade lettonne, soit directement à l’OCMA s’il est déjà légalement présent dans l’espace Schengen. Après une décision positive, un visa D de 90 jours est généralement émis pour permettre l’entrée sur le territoire et le retrait de la carte de séjour biométrique.

Les titres les plus courants sont le permis de séjour temporaire avec droit au travail, valable jusqu’à cinq ans et renouvelable, et la carte bleue UE pour les professionnels hautement qualifiés, valable jusqu’à cinq ans ou pour la durée du contrat plus trois mois. Pour les missions plus courtes, un visa de travail saisonnier ou un visa Schengen C de 90 jours peut suffire, mais ces titres ne débouchent pas sur le droit au séjour de longue durée.

Les grands motifs de permis de séjour : emploi, investissement, études, famille

La législation lettone prévoit plusieurs dizaines de bases juridiques pour accorder un permis temporaire. Dans la pratique, quelques profils dominent.

Exemple :

Pour embaucher un ressortissant étranger sous contrat local en Lettonie, l’employeur doit d’abord publier l’offre d’emploi pendant au moins dix jours ouvrables sur le portail de l’Agence pour l’emploi. Cette démarche vise à prouver l’absence de candidats qualifiés en Lettonie, dans l’UE, l’EEE ou la Suisse. De plus, le salaire proposé au travailleur étranger doit généralement être égal ou supérieur à la moyenne des salaires en Lettonie.

Pour les profils très qualifiés, la carte bleue UE offre des conditions plus avantageuses : un seuil de salaire plus élevé mais une mobilité accrue au sein de l’UE, et la possibilité de rester dans le pays pendant trois mois comme chercheur d’emploi après une rupture de contrat intervenue après la première année.

L’investissement est l’autre grande porte d’entrée. La Lettonie propose un dispositif de « résidence par investissement » (souvent appelé golden visa) articulé autour de plusieurs options : achat d’un bien immobilier d’au moins 250 000 euros (voire 500 000 euros pour certains biens commerciaux), apport au capital d’une société lettone (50 000 ou 100 000 euros selon la taille de l’entreprise), dépôt bancaire de 280 000 euros sur cinq ans, ou achat de titres d’État de 250 000 euros. À chaque fois, des frais d’État non négligeables s’ajoutent à l’investissement lui-même.

Les étudiants admis en formation à temps plein dans une université lettone peuvent obtenir un permis couvrant la durée de leurs études, souvent renouvelable d’année en année, avec un droit au travail à temps partiel. Le regroupement familial, enfin, permet à un conjoint, à des enfants mineurs ou à certains enfants majeurs dépendants de rejoindre un résident letton, sous réserve de prouver un lien familial, un logement suffisant et un revenu stable.

Les nouvelles règles à partir de 2026 : langue, revenus et assurance santé

Le Parlement letton a adopté en 2024 une réforme d’ampleur de sa politique migratoire, applicable à compter de 2026. Ces nouvelles règles ne s’appliqueront pas aux permis délivrés avant leur entrée en vigueur, mais elles concernent toutes les nouvelles demandes et les renouvellements présentés au-delà d’une période transitoire courant jusqu’à fin 2026.

Trois grands volets se dégagent.

1805

Le revenu mensuel minimal exigé pour une famille de quatre personnes souhaitant obtenir un titre de séjour en France.

Ensuite, la langue. Le letton deviendra un passage obligé pour une large majorité de candidats. Un niveau A2 sera requis pour la plupart des nouveaux demandeurs de permis de séjour temporaire, tandis que le B1 sera exigé pour obtenir le séjour permanent. Le conjoint qui rejoint un résident au titre du regroupement familial devra, lui, attester d’un niveau A1. Quelques catégories seront dispensées de cette obligation initiale, notamment les experts très qualifiés au salaire d’au moins 2 800 euros, les grands investisseurs au-delà de 500 000 euros et les personnes âgées de plus de 65 ans.

Enfin, l’assurance santé. Le plafond de garantie minimal exigé pour une police d’assurance maladie couvrant les urgences, l’hospitalisation pour affections graves et le rapatriement passera à 30 000 euros, et la couverture devra s’étendre à l’ensemble de l’UE. Beaucoup d’assureurs proposent déjà ce type de produit, mais les candidats devront vérifier attentivement les conditions.

Ces nouvelles exigences témoignent d’un durcissement du contrôle des séjours, visant explicitement les contrats de travail fictifs, les mariages de complaisance et certaines filières étudiantes détournées vers des emplois peu qualifiés. Elles vont aussi de pair avec une montée en puissance de la vérification fiscale (absence de dettes, cohérence des revenus déclarés) lors du passage du séjour temporaire au séjour permanent.

De la demande de permis à la résidence permanente : la mécanique administrative

Obtenir un permis de séjour en Lettonie implique la constitution d’un dossier assez lourd, surtout pour les ressortissants de pays tiers. Beaucoup de délais et de démarches sont en réalité liés à la collecte et à la légalisation des documents étrangers.

Le contenu d’un dossier type et les délais de traitement

Un dossier standard de demande de permis de séjour comprend toujours plusieurs éléments incontournables : un passeport valable au moins 18 mois au moment du dépôt, deux photos d’identité au format 35 x 45 mm datant de moins de trois mois, un formulaire de demande (en letton ou en anglais) téléchargé sur le site de l’OCMA, un certificat médical récent, un extrait de casier judiciaire couvrant les cinq dernières années, légalisé ou apostillé, une preuve d’assurance santé conforme, des justificatifs de ressources pour les six derniers mois, un document attestant d’un logement en Lettonie (contrat de location ou titre de propriété) et un reçu du paiement des frais d’État.

Pièces justificatives requises

Les documents à fournir varient selon le motif de votre demande. Tous les documents dans une langue autre que le letton ou l’anglais doivent être traduits par un traducteur assermenté.

Contrat de travail

Pour un salarié : contrat de travail et attestation de l’Agence d’emploi.

Documents d’entreprise

Pour un entrepreneur : extrait du registre du commerce, business plan et prévisions financières.

Regroupement familial

Pour un membre de famille : actes d’état civil et preuve du statut du membre de la famille déjà installé.

La collecte de ce dossier prend généralement entre deux et quatre mois, le casier judiciaire étant souvent l’élément le plus long à obtenir. C’est pourquoi les avocats spécialisés recommandent de commencer à préparer les documents au moins six mois avant la date envisagée d’installation.

Une fois le dossier complet déposé auprès de l’OCMA ou de l’ambassade, la procédure classique peut prendre jusqu’à 90 jours ouvrables. Les demandes concernant les spécialistes hautement qualifiés doivent, à partir de 2026, être traitées en 45 jours, et celles d’investisseurs importants (plus de 500 000 euros) en 60 jours. Des options de traitement accéléré existent, moyennant des frais d’État pouvant dépasser 500 euros.

Les principaux coûts administratifs annoncés sont les suivants :

DémarcheMontant approximatif
Première délivrance d’un permis de séjour180 €
Renouvellement d’un permis temporaire120 €
Demande de résidence permanente170 €
Délivrance de la carte biométrique34 €
Procédure accélérée (examen prioritaire)≈ 560 €
Traductions officielles≈ 15 €/page

À ces montants s’ajoutent, le cas échéant, des honoraires d’avocats ou de conseils privés, qui peuvent rapidement gonfler la facture, notamment pour les programmes de résidence par investissement.

Numéro d’identification personnel et eID : la clé de toutes les procédures

Toute personne qui obtient un permis de séjour temporaire ou permanent se voit attribuer automatiquement un code d’identification personnel letton, un numéro unique de 11 chiffres enregistré dans le Registre des personnes physiques. Les six premiers chiffres correspondent à la date de naissance, le septième au siècle, les autres étant générés par un algorithme destiné à assurer l’unicité et à réduire les erreurs.

Ce code est indispensable pour ouvrir un compte bancaire, s’inscrire au système de santé, bénéficier de prestations sociales ou inscrire un enfant à l’école. Sans lui, la vie administrative reste très limitée. Il figure sur la carte de séjour biométrique ou sur la carte d’identité lettone (pour les citoyens).

Les étrangers peuvent également, dans certains cas, solliciter une carte d’eID de « non-ressortissant », distincte de la carte de séjour, dès lors qu’ils ont un lien juridique avec la Lettonie (propriété, activité économique, fiscalité, santé, etc.) et qu’ils sont inscrits au Registre des personnes physiques. Cette carte, délivrée pour cinq ans, n’est pas un titre de voyage ni un document donnant droit au séjour, mais elle permet d’accéder aux e-services de l’État et de signer électroniquement des documents, ce qui simplifie de nombreuses démarches à distance.

Déclarer son adresse en Lettonie (ou à l’étranger) : une obligation centrale

La Lettonie impose à tous ses résidents – citoyens, citoyens de l’UE, étrangers titulaires d’un permis – de déclarer leur lieu de résidence officiel. Cette obligation est loin d’être symbolique : tant qu’une adresse n’a pas été renseignée et validée dans le Registre des personnes physiques, il est quasi impossible d’ouvrir un compte bancaire, de scolariser un enfant ou de prétendre à la plupart des aides publiques.

Comment déclarer son lieu de résidence

La déclaration peut se faire de plusieurs manières. Le canal le plus pratique, surtout pour les personnes déjà dotées d’un eID ou d’un code d’identification, est le portail national www.latvija.lv, via le service en ligne dédié à la déclaration ou à la modification du lieu de résidence. L’accès nécessite une authentification forte (carte d’identité électronique, solution mobile de signature électronique ou application Smart-ID qualifiée).

Bon à savoir :

Il est possible de retirer sa carte de séjour ou d’effectuer des démarches en se présentant physiquement à la mairie du futur lieu de résidence, dans un centre de services commun État-collectivité, ou au guichet territorial de l’OCMA. Il faut se munir d’un document d’identité (passeport, carte d’identité ou carte de séjour), éventuellement d’un acte de naissance, et des pièces justifiant la qualité de représentant légal pour les mineurs.

Une redevance de 4,27 euros est normalement due pour une déclaration effectuée au guichet. Elle doit être payée avant le dépôt du formulaire, généralement par carte bancaire (les espèces et certaines cartes comme American Express ne sont pas acceptées), soit directement auprès de la collectivité locale, soit sur son compte bancaire. De nombreuses catégories de personnes bénéficient toutefois d’une exonération : premiers enregistrements d’enfants, personnes handicapées, personnes politiquement réprimées, pensionnés à faible revenu, personnes en situation de besoin, usagers qui déclarent leur adresse par voie électronique, et certaines personnes hébergées dans des structures sociales.

Bon à savoir :

Les résidents à l’étranger, dont la diaspora, peuvent déclarer une adresse hors de Lettonie à l’OCMA par courrier, email signé électroniquement ou via une ambassade. Toute adresse lettonne précédente devient alors caduque. Tout changement d’adresse à l’étranger doit être signalé sous 30 jours (3 jours pour certains titulaires de permis de séjour).

Adresse principale et adresse supplémentaire

Une particularité du système letton est la possibilité de mentionner, en plus de l’adresse principale de résidence, une adresse supplémentaire en Lettonie ou à l’étranger. Cette adresse complémentaire n’a pas le même statut juridique que le domicile déclaré, mais elle permet aux administrations de contacter la personne sur un autre lieu où elle est susceptible d’être joignable pendant une période déterminée. Pour les personnes de la diaspora, cette adresse supplémentaire lettonne peut, pour certains services, être traitée comme si elle était déclarée, ce qui facilite les démarches de réintégration.

Les propriétaires d’un bien immobilier ont la faculté de vérifier qui est officiellement déclaré dans leur logement via un e-service, et peuvent demander à la collectivité locale d’annuler la déclaration d’une personne qui n’y a en réalité aucun droit. Là encore, la décision est fondée sur un examen juridique de la situation par la mairie.

Se soigner en Lettonie : inscription au système de santé et assurances

Le système de santé letton, piloté par le ministère de la Santé et géré au quotidien par le Service national de santé, repose sur un financement par l’impôt et les contributions sociales. Sur le papier, les citoyens lettons bénéficient d’un accès gratuit aux soins de base, mais la réalité est plus nuancée : délais, pénurie de personnel et manque d’équipements modernes dans le secteur public poussent de nombreux résidents – en particulier les expatriés – vers des structures privées plus coûteuses mais mieux dotées.

Accès à la santé publique pour les étrangers

Pour les étrangers, l’accès au système public est conditionné au statut de résidence. Les ressortissants de pays tiers doivent d’abord obtenir un permis de séjour puis s’inscrire auprès du NVD, étape souvent couplée à l’affiliation au régime des cotisations sociales via leur employeur ou une activité indépendante. Une fois inscrits, ils choisissent un médecin généraliste référent, porte d’entrée vers la plupart des soins dans le cadre public, et reçoivent une carte de santé.

Attention :

Les citoyens de l’UE/EEE en séjour temporaire peuvent utiliser leur Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) pour les soins nécessaires, mais elle ne remplace pas une assurance voyage. Les personnes assurées dans un autre État européen mais résidant en Lettonie doivent généralement enregistrer un formulaire S1 auprès du NVD pour faire valoir leurs droits.

Les titulaires d’un permis de séjour temporaire non couverts par le régime public (par exemple certains étudiants non européens) sont tenus d’avoir une assurance privée, souvent exigée dès la demande de visa ou de permis. Dans tous les cas, une police d’assurance santé est un prérequis pour l’octroi du titre de séjour.

Coûts des soins et intérêt de l’assurance privée

Même au sein du système public, des participations financières sont souvent demandées, notamment pour les consultations spécialisées, les examens ou certains médicaments. Ces restes à charge annuels sont toutefois plafonnés à 570 euros, ce qui limite l’exposition financière en cas de maladies lourdes. En pratique, une consultation de médecin généraliste dans le privé coûte entre 15 et 40 euros, une visite chez un spécialiste de 50 à 100 euros, une journée d’hospitalisation de 100 à 500 euros, et des actes d’imagerie comme une IRM de 50 à 300 euros.

250-800

Les primes annuelles des assurances privées pour expatriés en Lettonie varient généralement entre 250 et 800 euros.

Les règles d’assurance sont aussi au cœur des procédures de visa :

Type de visa ou permisNiveau minimal de couvertureExigences principales
Visa Schengen C (court séjour)30 000 €Valable dans tout Schengen, pour toute la durée du séjour
Visa D / permis de séjour (actuel)≥ 15 000 € (avant 2026)Urgences, hospitalisation, rapatriement
Visa D / permis de séjour (règles 2026)≥ 30 000 €Couverture UE, urgences, hospitalisation, rapatriement

Le recours à des assureurs internationaux (Cigna, Aetna, AXA, April International, GeoBlue…) est fréquent chez les expatriés qui souhaitent des garanties valables au-delà de la Lettonie et l’accès à un réseau médical plus large.

Intégration linguistique : le letton au cœur du parcours administratif

Le letton est la langue officielle et sa maîtrise est progressivement devenue une condition formelle pour l’obtention de certains statuts de séjour, puis de la citoyenneté. Pour qui envisage de s’installer durablement en Lettonie, il ne s’agit plus seulement d’un atout d’intégration, mais d’un impératif administratif.

Examens de langue et niveaux requis

Aujourd’hui déjà, les candidats au séjour permanent doivent passer un examen officiel de langue lettonne, de même que les personnes souhaitant acquérir la nationalité. À partir de 2026, la barre sera placée plus haut et plus tôt : un niveau A2 sera demandé pour la plupart des nouveaux permis temporaires, un niveau B1 pour la résidence permanente, et un A1 pour les conjoints dans le cadre du regroupement familial.

Les examens sont organisés par des centres certifiés, dont la liste est publiée sur notre site. Les épreuves se déroulent selon les standards européens et la réussite donne lieu à un certificat officiel, seule preuve linguistique acceptée par les autorités migratoires.

Agence nationale de la langue (valoda.lv)

Cours gratuits et dispositifs d’apprentissage

Consciente que ce durcissement linguistique pourrait constituer un obstacle, la Lettonie a développé un vaste réseau de cours de letton, souvent financés par des fonds européens, destinés aux ressortissants de pays tiers, aux réfugiés, aux remigrants et à leurs familles.

Bon à savoir :

L’Agence nationale pour l’emploi propose des cours gratuits en petits groupes sur plusieurs semaines, avec une indemnité journalière pour certains publics vulnérables. Par ailleurs, des projets financés par le Fonds asile, migration et intégration offrent aux nouveaux arrivants, y compris les jeunes dès 13 ans, des cours intensifs de 120 à 150 heures combinés à des clubs de conversation.

Les remigrants (citoyens ou non-citoyens lettons revenant après un long séjour à l’étranger) et leurs proches peuvent, de leur côté, bénéficier de formations gratuites jusqu’au niveau C1, mises en place par des universités, des centres de langues et des associations locales.

Les cours s’appuient sur une riche panoplie de ressources en ligne, mises à disposition par l’Agence de la langue et le ministère de l’Intégration : plateformes d’exercices interactifs, jeux linguistiques, modules de préparation aux examens, applications mobiles consacrées au letton. Ces outils s’avèrent précieux pour maintenir un rythme d’apprentissage compatible avec une activité professionnelle.

Relations avec les banques : ouvrir un compte et gérer ses finances

L’ouverture d’un compte bancaire en Lettonie est souvent l’une des premières démarches concrètes après l’obtention du permis de séjour et du numéro d’identification personnel. Le pays dispose d’un secteur bancaire moderne, fortement régulé, où coexistent grandes banques régionales (Swedbank, SEB, Luminor, Citadele, Rietumu, etc.) et acteurs plus petits ou spécialisés. La plupart des établissements proposent des services en letton, en russe et en anglais.

Droit au compte et documents requis

Les résidents de Lettonie – y compris les citoyens de l’UE/EEE et les étrangers munis d’un titre de séjour – ont droit à l’ouverture d’un compte de paiement de base, en application de la directive européenne sur les comptes de paiement. Ce droit s’étend aussi, dans certaines conditions, aux personnes séjournant en Lettonie sans permis lorsque leur éloignement n’est pas juridiquement possible, notamment les personnes sous protection internationale, qui sont exonérées de frais pour ce type de compte.

Astuce :

Pour ouvrir un compte courant en France, il est généralement requis de fournir : un document d’identité en cours de validité (passeport ou carte d’identité), une preuve d’adresse récente (comme une attestation de résidence, une facture ou un relevé bancaire), et parfois une copie du permis de séjour ou du visa D pour les non-ressortissants. Il faut également indiquer son numéro d’identification fiscal et fournir une déclaration sur l’origine des fonds. Pour les clients non-résidents ou présentant un profil de risque plus élevé, les banques peuvent exiger un déplacement physique en agence et effectuer des vérifications renforcées.

Les étudiants, travailleurs indépendants et entrepreneurs étrangers peuvent également ouvrir des comptes spécifiques, souvent associés à des moyens de paiement (cartes Visa ou Mastercard) et à des services de banque en ligne multi-devise.

Les principaux frais liés aux comptes pour non-résidents ou nouveaux arrivants sont résumés ci‑dessous :

ServiceFourchette de prix typique
Ouverture de compte (non-résident)100 – 250 € (≈ 200 € fréquemment)
Frais de tenue de compte1 – 3 € / mois (voire gratuit)
Carte de débit0 – 2 € / mois
Retrait DAB autre banque2 – 5 € + % sur le montant
Virement internationalfrais fixes pouvant atteindre 50 €

Cette structure de frais incite certains expatriés à recourir à des banques en ligne ou à des services financiers comme Wise pour leurs paiements internationaux, tout en conservant un compte local pour percevoir un salaire en euros et régler leurs dépenses domestiques.

Comptes d’entreprise et exigences renforcées

Pour les entrepreneurs qui créent une société en Lettonie ou y implantent une filiale, l’ouverture d’un compte professionnel est presque systématiquement exigée, que ce soit pour déposer le capital social, payer les salaires ou régler les taxes. Les documents requis incluent les statuts de la société, un extrait du registre du commerce, les pièces d’identité des actionnaires et dirigeants, la preuve de l’ayant-droit économique et, souvent, une description détaillée de l’activité, des clients et du chiffre d’affaires attendu.

Bon à savoir :

Le contrôle anti-blanchiment est très strict, notamment pour les non-résidents et certains secteurs d’activité, ce qui peut conduire les banques à refuser les dossiers jugés risqués. Pour sécuriser l’ouverture d’un compte en quelques semaines, de nombreux investisseurs font appel à des cabinets spécialisés pour préparer leur dossier bancaire en amont.

Fiscalité et protection sociale : la bascule vers le statut de résident fiscal

S’installer en Lettonie ne se limite pas à obtenir un titre de séjour. Au-delà d’un certain temps passé sur le territoire, la personne devient résidente fiscale lettone et bascule dans le système d’impôt sur le revenu, de cotisations sociales et, potentiellement, de prestations.

Quand devient-on résident fiscal letton ?

La règle générale est celle, classique en Europe, du seuil des 183 jours. Une personne est considérée comme résidente fiscale lettone si son lieu de résidence déclaré se situe en Lettonie ou si elle y séjourne 183 jours ou plus sur une période de 12 mois. Les jours d’arrivée, de départ, les week-ends et congés passés dans le pays comptent, à l’exception des transits de moins de 24 heures.

À partir du moment où ce seuil est franchi, l’ensemble du revenu mondial de la personne – salaires, honoraires, dividendes, intérêts, certains gains en capital – devient imposable en Lettonie, sous réserve des conventions fiscales qui peuvent éviter une double imposition.

Bon à savoir :

Les non-résidents sont imposés uniquement sur leurs revenus d’origine lettone (ex: salaires pour travail en Lettonie, revenus immobiliers locaux). Cependant, un non-résident issu de l’UE/EEE dont au moins 75% du revenu total provient de Lettonie peut opter pour un régime fiscal similaire à celui d’un résident, bénéficiant ainsi de certaines déductions et crédits d’impôt.

Impôt sur le revenu et cotisations sociales

Le système letton combine un impôt progressif sur le revenu des personnes physiques et des cotisations sociales importantes, principalement prélevées à la source par l’employeur.

Pour l’impôt sur le revenu, plusieurs barèmes coexistent ou évolueront dans les années à venir. Dans la configuration récente, un taux de 25,5 % s’applique à la majeure partie des revenus jusqu’à 105 300 euros par an, puis un taux de 33 % au-delà, assorti d’une surtaxe de 3 % pour la fraction dépassant 200 000 euros. Des projets de réforme visent à simplifier cette structure à trois tranches (20 %, 23 %, 31 %), tout en conservant un principe de progressivité.

34,09

Taux global des cotisations sociales sur le salaire brut, réparti entre employeur et salarié.

Le respect des obligations fiscales fait désormais partie intégrante de l’examen des demandes de séjour permanent et, plus encore, de naturalisation. L’absence de dettes fiscales, la cohérence entre revenus déclarés et niveau de vie affiché, et la régularité des contributions sociales sont vérifiées par l’OCMA en coordination avec le Service des impôts.

Chemin vers la résidence permanente et la citoyenneté

Après cinq années de résidence légale et continue avec un permis temporaire, un étranger peut déposer une demande de résidence permanente. Le dossier doit prouver non seulement cette continuité (les absences supérieures à 183 jours dans une année annulant la prise en compte de l’année concernée, sauf motifs sérieux), mais aussi un niveau de letton suffisant (B1 à partir de 2026), des connaissances de base de la Constitution, de l’hymne et de l’histoire nationales, et l’absence d’infractions administratives ou fiscales graves.

Attention :

La résidence permanente offre un séjour illimité, un meilleur accès aux prestations sociales et une stabilité accrue, mais elle est soumise au respect des lois lettones. Des violations répétées des règles de séjour peuvent entraîner des amendes de 350 à 1 400 €, le retrait du permis, et une interdiction d’entrée dans l’espace Schengen de 1 à 5 ans, ces informations étant partagées entre les États membres.

Cinq années supplémentaires de séjour permanent (soit dix ans au total) ouvrent, sous réserve des conditions de langue, de loyauté envers la République de Lettonie et d’intégration, la possibilité de demander la citoyenneté. La Lettonie autorise dans certains cas la double nationalité, notamment avec les États membres de l’UE/AELE, les pays de l’OTAN, l’Australie, le Brésil ou la Nouvelle-Zélande, mais pas de manière générale.

Vivre au quotidien : effets concrets des démarches sur la vie en Lettonie

Toutes ces exigences bureaucratiques ne sont pas de simples formalités abstraites : elles façonnent très concrètement la vie quotidienne des personnes qui s’installent en Lettonie.

La déclaration d’adresse détermine par exemple la municipalité dont on dépend, donc l’accès à certains services comme les aides au logement, les places en crèche ou les programmes d’intégration locale. Le fait d’être automatiquement enregistré auprès du Service des impôts dès l’embauche conditionne la possibilité de bénéficier des abattements fiscaux pour enfants ou frais médicaux.

Astuce :

Le système d’enregistrement des résidents et l’attribution généralisée d’un numéro d’identification permettent, après les premières démarches, d’accéder aisément à de nombreux services en ligne. Cela inclut la prise de rendez-vous avec les administrations, la consultation de ses données dans le Registre des personnes physiques, les démarches fiscales, ou les déclarations de changement d’adresse. De plus, la possession d’une carte d’eID, qu’elle soit délivrée à un citoyen ou à un étranger, simplifie également les interactions avec les banques, les universités ou les professionnels de santé.

L’accès au système de santé dépend certes du statut de séjour et de l’inscription auprès du NVD, mais aussi, dans la pratique, du choix entre public et privé, avec des coûts beaucoup plus élevés pour certaines spécialités et des médicaments jugés chers par de nombreux expatriés. La mise en place d’une assurance complémentaire sérieuse devient rapidement un réflexe pour ceux qui s’installent pour plusieurs années.

Bon à savoir :

En Lettonie, le letton est la langue dominante dans l’administration, l’éducation et une partie du monde du travail. Ne pas l’apprendre peut limiter vos opportunités et, à terme, mettre en péril votre droit au séjour, d’autant que des cours gratuits sont désormais largement disponibles.

Préparer son installation : quelques conseils stratégiques

Vivre durablement en Lettonie suppose donc de combiner plusieurs dimensions administratives dès la phase de préparation : séjour, santé, logement, finances, fiscalité, langue. Pour limiter les mauvaises surprises, il est utile de raisonner en séquence.

Bon à savoir :

Pour une installation en Europe, vérifiez dès que possible votre catégorie juridique (UE ou pays tiers) et renseignez-vous sur le permis/visa requis, ainsi que sur les nouvelles règles applicables à partir de 2026 pour un projet à moyen terme. Anticipez également la collecte des documents étrangers (casier judiciaire, actes d’état civil, diplômes) et prévoyez le temps nécessaire pour leurs traductions et apostilles.

En parallèle, entamer des cours de letton dès que possible, même à distance, est un investissement précieux. Les nombreuses plateformes publiques et les cours subventionnés pour les nouveaux arrivants constituent un tremplin efficace pour affronter l’examen linguistique lorsqu’il deviendra obligatoire pour le renouvellement du permis.

Bon à savoir :

Une fois le permis et la carte de séjour obtenus, il est prioritaire de : déclarer son adresse de résidence, ouvrir un compte bancaire letton, s’enregistrer auprès d’un médecin généraliste et du NVD, et se familiariser avec les obligations fiscales et sociales correspondant à son statut (salarié, étudiant, entrepreneur, indépendant).

La Lettonie, souvent décrite comme un pays sûr, à faible criminalité, où les infrastructures méritent parfois d’être modernisées mais où le cadre de vie reste attractif, offre de belles perspectives aux personnes prêtes à se conformer à son cadre administratif exigeant. En maîtrisant les rouages de ce système et en anticipant les évolutions législatives, il devient possible de transformer une installation temporaire en un véritable projet de vie, voire de citoyenneté, au cœur de la Baltique.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Lettonie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Lettonie pour son impôt sur le revenu à taux proportionnel de 20 % (plus avantageux que la France pour certains profils), l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur à celui de Paris (Riga ~30 % moins chère) et le plein accès UE et Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local bilingue et intégration patrimoniale. Cet accompagnement permet de réaliser des économies fiscales significatives et d’optimiser la transmission tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition via convention FR‑LV, adaptation culturelle).

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :