La Lettonie mise de plus en plus sur les transports collectifs pour réduire la place de la voiture et limiter les émissions de CO₂. Entre bus régionaux très denses, trains en plein renouvellement et réseau urbain piloté par des applis mobiles, le pays offre un système relativement simple à apprivoiser pour un visiteur francophone, à condition d’en connaître les clés. Ce guide pratique rassemble les informations essentielles pour se déplacer en transports en commun, avec un focus particulier sur Riga, sans oublier les liaisons interurbaines et les questions d’accessibilité.
Comprendre l’organisation des transports en Lettonie
Le système letton repose sur plusieurs niveaux de responsabilité. À l’échelle nationale, le ministère des Transports et l’Administration du transport routier planifient les services régionaux de bus et de trains, accordent les licences aux transporteurs et financent une grande partie de l’offre via des subventions. Le rail de passagers est exploité par l’opérateur national ViVi (marque de Pasažieru vilciens), tandis que les trains de fret relèvent de Latvijas dzelzceļš (Chemins de fer lettons).
À Riga, les transports en commun (bus, trolleybus, tramways) et les parkings payants sont gérés par la société publique Rīgas satiksme. Dans les autres villes lettonnes, les services de transport urbain sont organisés par les municipalités, souvent confiés à des opérateurs locaux tels que Ventspils Reiss, Liepājas busu parks ou Dautrans.
Au-dessus de ce dispositif, plusieurs stratégies nationales fixent la feuille de route: Stratégie de développement durable de la Lettonie à l’horizon 2030, Plan national de développement 2021‑2027 (NDP2027) et Lignes directrices pour le développement des transports 2021‑2027. L’objectif est clair: faire baisser l’usage de la voiture individuelle, développer la multimodalité, renforcer la place du vélo et du transport collectif, et réduire l’empreinte carbone du secteur de 90 % d’ici 2050, dans l’esprit du Green Deal européen.
Se déplacer à Riga : bus, trams, trolleybus et minibus
À Riga, l’essentiel des déplacements en transports se fait en surface. Le projet de métro prévu à l’époque soviétique a été abandonné, et la ville s’appuie aujourd’hui sur un maillage dense de bus, trolleybus et tramways. Les services commencent généralement vers 5 h–5 h 30 et s’arrêtent peu avant minuit, avec des renforts nocturnes les week-ends sur certaines lignes.
Le réseau dessert à la fois le centre historique (Vieille Ville), les quartiers art nouveau, les grands boulevards, les faubourgs résidentiels et les zones industrielles. Les arrêts sont nombreux, les fréquences serrées en heures de pointe, et l’information voyageur est disponible en letton et souvent en anglais dans les véhicules récents.
Les différents modes à Riga
Les trois piliers du réseau sont les suivants: les bus, qui assurent l’essentiel des liaisons radiales et de rocade; les trolleybus, héritage du XXe siècle mais modernisés; et les tramways, qui structurent plusieurs grands axes. Des minibus complètent l’offre sur certaines liaisons, avec un tarif légèrement différent.
Pour les transferts vers les aéroports et l’accès aux principaux quartiers touristiques, il est conseillé de se concentrer sur les lignes de transport les plus adaptées, bien que l’offre globale soit vaste.
| Mode | Nombre de lignes (approx.) | Particularités principales |
|---|---|---|
| Bus (Riga) | ~51–52 | Réseau le plus étendu, dessert toute l’agglomération |
| Trolleybus | ~22 | 100 % accessibles en fauteuil à Riga |
| Tramway | 6–8 suivant le comptage | Modernisation en cours, plusieurs rames à plancher bas |
| Minibus | quelques lignes | Tarifs proches des bus, flexibilité de desserte |
Les services de jour fonctionnent en continu jusqu’à la fin de soirée. Les nuits de week‑end, des lignes spécifiques (N1, N4, N6, etc.) partent du centre toutes les heures, pour desservir les grands quartiers résidentiels comme Imanta, Jugla, Teika ou Pļavnieki. Ce service nocturne est exploité comme une offre commerciale à part, avec des règles tarifaires spécifiques (réductions limitées, billets généralement vendus uniquement à bord).
Comment trouver horaires et itinéraires à Riga
Pour préparer vos trajets, plusieurs outils existent. Le site officiel de Rīgas satiksme (www.rigassatiksme.lv) propose cartes, horaires et calcul d’itinéraires, en letton et en anglais. Il peut toutefois être temporairement difficile d’accès depuis certains serveurs hors UE pour des raisons de cybersécurité.
L’application mobile « Rīgas satiksme », bien qu’utile pour le suivi en temps réel et l’achat de billets, nécessite un numéro de téléphone letton, estonien ou lituanien pour l’enregistrement, la rendant difficilement utilisable pour les touristes d’autres pays.
Pour contourner cette contrainte, beaucoup de voyageurs se tournent vers Mobilly, une autre appli très répandue en Lettonie, ou tout simplement vers des apps généralistes comme Google Maps ou Trafi qui intègrent les données de transport.
| Outil | Fonctions principales | Remarques pratiques |
|---|---|---|
| rigassatiksme.lv | Horaires, plans, calcul d’itinéraire | Langues: letton, anglais |
| Appli Rīgas satiksme | Achat de « code tickets », suivi en temps réel, info parkings | Enregistrement limité aux numéros Baltes |
| Mobilly | Billets bus/tram/train, parking, autres services | Disponible aussi sur AppGallery (Huawei) |
| 1188.lv | Horaires trains/bus nationaux et régionaux | Carte interactive des trajets |
| NAVITIME Transit | Plans et moteur d’itinéraires multimodaux (offline) | Intègre les principaux réseaux lettons |
Billets et tarifs à Riga : bien utiliser l’e-talons
Riga a mis en place un système tarifaire unifié pour les bus, trams et trolleybus. La clé de voûte en est l’e‑talons, une carte électronique multifonction.
Les différents types de titres
L’e‑talons se décline en trois versions: une carte personnalisée (avec nom et photo) destinée aux résidents et aux usagers réguliers; une carte plastique non personnalisée, rechargeable; et un titre cartonné jaune, valable sur une période limitée. À cela s’ajoutent les « code tickets », billets dématérialisés achetés via l’appli.
Plusieurs familles de titres existent, avec des durées et des usages différents.
| Type de billet | Prix indicatif (€) | Validité et usage |
|---|---|---|
| Billet 90 minutes | 1,50 | Trajets illimités pendant 90 min sur bus/tram/trolleybus |
| 24 heures | 5,00 | Voyages illimités sur tout le réseau pendant 1 jour |
| 3 jours | 8,00 | Idéal pour un week-end prolongé |
| 5 jours | 10,00 | Séjour court avec déplacements fréquents |
| Mensuel « tout réseau » | 30,00 | Abonnement pour tous les modes Rīgas satiksme |
| Ticket à bord (conducteur) | 2,00 | Billet papier acheté directement au chauffeur |
| Trajet standard avec e‑talons | 1,15 | Prix unitaire lorsque chargé en trajets simples |
L’achat d’un billet directement auprès du conducteur reste possible, mais plus cher que via e‑talons ou distributeur. Sur la ligne 22 (aéroport–centre), il est même possible de payer uniquement par carte bancaire à bord pour un ticket papier spécifique.
Où et comment acheter ses billets
Les billets et cartes e‑talons se trouvent dans un grand nombre de points de vente: kiosques Narvesen, bureaux de poste, certaines grandes surfaces (Maxima, Rimi), automates aux arrêts importants, centres de service clientèle Rīgas satiksme, et bien sûr via les applications mobiles.
Lors d’un trajet en transport en commun avec un ticket de 90 minutes, il est impératif de valider son titre à chaque montée dans un véhicule à l’aide d’un valideur électronique jaune. La première validation déclenche le décompte du temps. Chaque correspondance nécessite une revalidation. Le trajet reste entièrement couvert tant que la dernière validation a lieu avant la 89e minute, même si l’heure totale du voyage dépasse légèrement les 90 minutes au moment de l’arrivée finale.
Les contrôles sont fréquents et les amendes dissuasives: un passager sans titre valable risque une pénalité comprise entre 15 et 30 euros. Il est donc prudent de garder son ticket jusqu’à la fin du trajet et de vérifier à chaque montée que la validation a bien été enregistrée.
Réductions et gratuités à Riga
Riga applique une politique sociale assez large via des réductions sur les abonnements ou la gratuité pour certains publics. Les grands invalides (groupes I et II) et les mineurs en situation de handicap bénéficient de la gratuité totale sur les transports municipaux, tout comme leur accompagnateur dans certains cas. Les personnes du groupe III domiciliées à Riga voyagent aussi sans payer.
C’est le prix mensuel en euros de l’abonnement le plus avantageux, réservé aux étudiants à temps plein.
Pour les visiteurs étrangers, la formule la plus pratique reste souvent le pass 24, 72 ou 120 heures, qui offre une grande souplesse pour un coût modéré.
Riga : lignes utiles, aéroport et déplacements nocturnes
Certaines lignes sont particulièrement stratégiques pour les voyageurs, en particulier celles qui relient l’aéroport, les quartiers touristiques et les zones de loisirs.
Rejoindre le centre depuis l’aéroport
L’aéroport international de Riga (code RIX), principal hub du pays et de la compagnie airBaltic, se situe à une trentaine de minutes du centre-ville. La solution la plus économique est le bus urbain n° 22, opéré par Rīgas satiksme. Il part du parking P1, entre les sorties E et C de la zone Arrivées, et rejoint le centre en environ une demi-heure, avec une fréquence de 10 à 30 minutes selon la période de la journée.
Informations sur les modalités d’achat d’un billet directement à bord du véhicule
Un billet peut être acheté directement auprès du conducteur par carte bancaire.
Toutes les autres formules e‑talons restent valables si elles ont été chargées au préalable.
Les voyageurs à mobilité réduite peuvent aussi recourir à un service de taxi adapté, comme RedCab, qui dispose de véhicules accessibles en fauteuil roulant. Il est conseillé de réserver 3 à 4 heures à l’avance; le trajet vers le centre coûte autour de 22 euros.
Explorer la ville en tram et en bus
Le tramway reste un moyen agréable de traverser Riga. La ligne 11 est emblématique: elle relie le centre au vaste quartier boisé de Mežaparks en 30 minutes environ. D’autres lignes structurent des axes importants, comme la n° 5 ou la n° 7, même si ces dernières ne sont pas encore entièrement accessibles en fauteuil.
Les bus 4, 7 et 8 desservent le quartier d’Āgenskalns, quartier de marché et de cafés de la rive gauche, à quelques minutes du centre historique. Les lignes nocturnes, numérotées N1 à N10 selon les périodes, prennent le relais les nuits de week‑end depuis la gare centrale, avec des départs réguliers à heure fixe.
Ces services de nuit fonctionnent sur un modèle légèrement différent: ils constituent une offre commerciale spéciale, avec billetterie vendue à bord et réductions limitées (les gratuités liées au handicap restant toutefois en vigueur). Les bus, souvent des midibus jaunes, marquent les arrêts à la demande: il suffit de signaler sa volonté de descendre.
Accessibilité : fauteuils roulants, déficience visuelle et aides
La Lettonie s’est engagée à appliquer les normes européennes d’accessibilité, mais leur mise en œuvre reste parfois inégale, surtout dans les zones rurales et les centres historiques aux rues pavées.
À Riga : bus et trolleybus largement accessibles
Les progrès sont les plus visibles à Riga. La grande majorité des bus urbains sont abaissés (plancher bas) et disposent d’un emplacement réservé aux fauteuils roulants. L’accès se fait par une rampe électronique (ou parfois manuelle), généralement à la porte centrale ou arrière. Un bouton portant le pictogramme fauteuil roulant, placé sur la carrosserie, permet de signaler au conducteur qu’il doit déployer la rampe.
Selon les données disponibles, environ 80 % des bus de Riga étaient déjà accessibles en 2021, et tous les trolleybus le sont. Ces derniers offrent un plancher bas et des aménagements spécifiques pour les personnes en fauteuil, en plus d’annonces sonores et visuelles des arrêts.
Trams et obstacles spécifiques
La situation est plus contrastée pour les tramways. Riga exploite encore deux générations de matériel: d’anciens trams à plancher haut, inaccessibles aux fauteuils, et des rames modernes à plancher bas (Škoda 15T) équipées de plateformes élévatrices mécaniques. Seules ces dernières permettent l’accès en fauteuil, via la porte avant, après avoir activé le bouton signalant la demande de déploiement.
L’embarquement de plain-pied n’est pas systématique : une plateforme soulève le fauteuil depuis la chaussée. De plus, de nombreux arrêts, situés au milieu de la rue, obligent à traverser la chaussée et les rails, parfois en recherchant un passage piéton équipé d’une rampe abaissée.
Des travaux de reconstruction des voies sont en cours sur plusieurs lignes, avec pour objectif d’acheter ensuite uniquement des trams à plancher bas. Certaines lignes restent toutefois non accessibles ou partiellement seulement, les lignes 5 et 7 étant souvent citées comme exceptions.
Interurbain, trains et autres villes
À l’échelle nationale, les nouveaux contrats de desserte régionale imposent que plus de 60 % des bus soient adaptés aux personnes à mobilité réduite. Ces véhicules récents affichent en moyenne 3,7 ans d’âge, et intègrent ceintures, Wi‑Fi, paiement sans contact, annonces sonores et visuelles des arrêts. Les conducteurs suivent une formation spécifique sur l’accompagnement du handicap, valable cinq ans.
Pour les lignes interurbaines, un bus accessible doit être réservé au moins 36 heures à l’avance, via la gare routière de Riga (par téléphone ou e-mail). Les personnes handicapées des groupes I et II voyagent gratuitement sur ces lignes (à l’exception des taxis) sur présentation de leurs justificatifs.
Du côté ferroviaire, l’accessibilité reste limitée. Seules certaines rames et quelques gares (Rīga, Jelgava, Daugavpils, Sigulda, Saulkrasti, Dubulti, etc.) sont aménagées pour un accès de plain‑pied aux trains les plus récents (Škoda 16Ev, PESA 730 ML). Une assistance doit être demandée au moins 36 heures avant le départ auprès de ViVi. Là encore, les personnes lourdement handicapées voyagent gratuitement, billets compris.
Enfin, plusieurs villes prennent le virage de l’accessibilité. Liepāja s’est dotée d’une flotte de 43 bus à plancher bas, spécialement conçus pour les fauteuils et les poussettes, avec annonces sonores et visuelles à bord et aux arrêts. Jurmala offre une plage équipée de cheminements accessibles près de la salle de concert Dzintari, ainsi que des parkings journaliers à faible coût.
| Aspect | Riga (capitale) | Régions / autres villes |
|---|---|---|
| Bus urbains | Majoritairement accessibles | 61 % des bus régionaux adaptés |
| Trolleybus | 100 % accessibles | Non présents partout |
| Trams | Accessibilité partielle (rames modernes) | Accessibilité ferroviaire limitée, gares spécifiques |
| Intercités (bus) | Réservation bus accessible 36 h avant | Gratuité handicap groupes I & II |
| Trains | Assistance à réserver 36 h à l’avance | Quelques lignes et gares avec embarquement de plain‑pied |
Transports régionaux : bus interurbains et trains
En dehors de Riga, les voyages s’effectuent surtout en bus interurbains, complétés par un réseau ferroviaire qui relie la capitale à la plupart des régions historiques.
Réseau de bus interurbains
La Lettonie se distingue par une couverture très dense en lignes régulières. Huit grandes routes régionales autour de Riga ont été identifiées comme axe prioritaire pour des services plus fréquents, confortables et parfois gratuits. Les bus relient non seulement les villes entre elles (Riga–Liepāja, Riga–Valmiera, Riga–Sigulda, etc.), mais aussi de nombreux bourgs ruraux.
Les horaires, trajets, durées et tarifs sont affichés dans les gares routières et disponibles en ligne (autoosta.lv, 1188.lv) en letton, russe et anglais. Les billets s’achètent aux guichets, aux automates (ouverts en continu à la gare centrale de Riga), via l’application Mobilly, ou, en dernier recours et si des places sont disponibles, directement auprès du conducteur.
Les plateformes de comparaison comme CheckMyBus, Wanderu ou Busbud recensent aussi les dessertes, y compris internationales (FlixBus et autres opérateurs). On peut y trouver, par exemple, jusqu’à 30 départs quotidiens Riga–Valmiera, une vingtaine de liaisons quotidiennes avec Vilnius ou Tallinn, et de nombreux trajets vers Berlin, Varsovie ou Prague.
Trains : structure du réseau et dessertes
Le réseau ferré letton compte environ 2 300 km de lignes à écartement russe (1 520 mm), dont une partie électrifiée, et quelques dizaines de kilomètres de voie étroite touristique. Les trains de passagers relient Riga à toutes les grandes villes et à de nombreuses localités plus petites:
Le nœud ferroviaire de Riga dessert plusieurs directions principales : vers l’ouest en direction de Liepāja via Jelgava ; vers le nord-ouest jusqu’à Tukums II, desservant également les stations balnéaires de Jurmala (Dubulti, Sloka, Ķemeri) ; vers le nord, la ligne de Skulte passe par les stations balnéaires de Carnikava et Saulkrasti ; vers le nord-est en direction de la frontière estonienne via Sigulda, Valmiera et Valga ; et vers l’est et le sud-est, la grande radiale d’Aizkraukle vers Krustpils, Daugavpils, Rēzekne et Zilupe, avec des embranchements vers Madona ou Gulbene.
Les horaires sont consultables dans les gares, sur le site Pv.lv (ViVi), sur 1188.lv et via Mobilly. Les billets s’achètent au guichet, à bord auprès du contrôleur si le guichet est fermé, ou sur l’appli. Des symboles sur les tableaux horaires indiquent les particularités: surcharges pour places réservées, voitures « confort » ou trains express, jours de circulation (codes DARBD. pour les jours ouvrables, BRĪVD. pour les week‑ends et jours fériés).
Les nouveaux trains électriques et à batteries, progressivement introduits entre 2024 et 2029, visent à rendre le rail plus attractif, avec des fréquences cadencées (arrivées et départs à intervalles réguliers) et des conditions d’embarquement plus modernes.
| Lignes principales au départ de Riga | Quelques destinations desservies |
|---|---|
| Ligne de Tukums | Dubulti, Sloka, Ķemeri, Tukums II |
| Ligne de Skulte | Carnikava, Saulkrasti, Skulte |
| Ligne de Sigulda / Valga | Sigulda, Cēsis, Valmiera, Valga (frontière estonienne) |
| Ligne de Jelgava / Liepāja | Jelgava, Liepāja |
| Ligne d’Aizkraukle / Daugavpils | Ogre, Lielvārde, Aizkraukle, Krustpils, Daugavpils, Rēzekne, Zilupe |
Intégration vélo–transports en commun
Les politiques nationales et locales insistent fortement sur le développement du vélo comme mode complémentaire aux transports publics. Une part non négligeable de la population utilise déjà la bicyclette, et l’objectif est d’en faire un élément clé de la mobilité quotidienne.
Politiques cyclables en Lettonie
Un Plan de développement du trafic cyclable (2018‑2020) a fixé un premier cap: permettre à 30 % des Lettons de faire du vélo au moins un jour par semaine. Il s’articulait autour de deux axes: aménagements d’infrastructures et promotion/éducation. Depuis, le ministère des Transports prépare un Plan de micro‑mobilité plus large, intégrant trottinettes, vélos électriques et autres solutions.
Selon une enquête commandée par le ministère de l’Environnement, près de la moitié des Lettons utilisent la voiture quotidiennement, 26 % se déplacent à pied, 19 % en transport public et 5 % à vélo. Dans les grandes villes, la part de la voiture monte à plus de 50 %, tandis que la part des transports publics diminue légèrement. Le défi consiste donc à renforcer les liaisons multimodales, en particulier autour des gares et grands arrêts.
C’est la longueur totale estimée, en kilomètres, des pistes cyclables et voies vertes recensées avant la réforme territoriale de 2021.
Riga : vers des hubs multimodaux
À Riga, la pratique du vélo explose, y compris en hiver. Entre 2014 et 2019, le nombre de cyclistes sur les grands ponts a fortement augmenté, et la part des habitants utilisant un vélo au moins une fois par semaine a atteint 27 %. La ville s’est dotée d’un concept de développement du trafic cyclable jusqu’en 2030, puis d’une nouvelle stratégie d’infrastructures vélo, qui visent à quadrupler le nombre de cyclistes et à réduire les accidents impliquant des vélos de 40 %.
Dans ce cadre, Riga développe des « points de mobilité » autour de plusieurs gares ferroviaires: Zemitāni, Sarkandaugava, Dauderi, Ziemeļblāzma, Bolderāja, Šķirotava, etc. Ces lieux doivent réunir parkings vélo couverts, bornes de location de vélos et trottinettes, connexions directes avec bus et tram, voire services complémentaires (bancs solaires, capteurs de qualité de l’air, consignes intelligentes). Le projet VEF Mobility Point, inauguré en 2020 dans le quartier VEF, sert déjà de vitrine à ces concepts.
L’entreprise NOVALITY développe des abris de stationnement sécurisés et alimentés par panneaux solaires. Accessibles via une application, ces modules offrent des loges individuelles pour stocker et recharger vélos et trottinettes électriques. Cette innovation vise à encourager le report de la voiture vers la micro-mobilité, en complément des transports publics.
Trains et bus accueillant les vélos
Les trains lettons prennent généralement les vélos, avec des symboles de pictogramme vélo sur les voitures concernées. Cela permet d’envisager des escapades à la journée en combinant rail et cyclotourisme: de Riga à Sigulda ou Cēsis pour rejoindre la vallée de la Gauja, vers Valmiera et le nord, ou vers les stations balnéaires de la Baltique.
Certaines compagnies de bus interurbains, comme Lux Express ou Ecolines, annoncent aussi la possibilité d’embarquer un vélo dans la soute, sous conditions et parfois moyennant supplément. Il est prudent de vérifier directement auprès du transporteur ou sur son site pour connaître les modalités.
Les grandes villes comme Jurmala, Ogre, Jelgava ou Tukums sont accessibles en train depuis la gare centrale de Riga, et proposent des services de location de vélos, permettant de visiter plages, parcs naturels et centres historiques sans voiture.
Études de cas : au‑delà de Riga
Si Riga concentre l’essentiel des flux et des innovations, d’autres villes lettones expérimentent de nouveaux modèles de mobilité et montrent comment transports publics et micro‑mobilités peuvent se compléter dans des contextes plus petits ou ruraux.
Valmiera : vers une gouvernance intégrée du vélo
Valmiera, environ 25 000 habitants, a fait l’objet d’une recherche approfondie sur le développement du vélo comme mode de transport. La ville s’est dotée d’un concept de développement des infrastructures de transport en 2019, avec un volet cyclable, intégré à sa stratégie de développement durable. L’objectif: en faire une « ville verte » où marche, vélo et modes actifs sont prioritaires.
Des avancées sont visibles avec de nouvelles pistes, du stationnement près des écoles et des parcs couverts en projet. Cependant, la continuité du réseau et l’intermodalité avec les bus restent problématiques, avec peu de supports ou de parkings aux arrêts. L’exemple montre qu’une petite ville peut structurer sa politique autour d’infrastructures, d’animation et d’une gouvernance impliquant les ONG.
Jurmala, Cēsis, Vidzeme : tests de partage et transport à la demande
Le littoral de Jurmala, accessible en train depuis Riga, expérimente aussi des solutions de mobilité innovantes. La ville envisage de créer des « hubs » où l’on trouverait transports publics, services de partage (vélos, trottinettes, voitures partagées) et navettes à la demande, voire des véhicules autonomes à terme. Elle propose déjà deux billets de train gratuits par jour à ses résidents pour les trajets Jurmala–Riga, afin d’encourager le recours au rail.
Nombre de passagers transportés par un service de bus à la demande en 11 mois dans des zones peu denses de Vidzeme.
Des systèmes de partage de vélos électriques ont enfin été testés à Valmiera et Cēsis dans le cadre de projets européens, avec des stations judicieusement placées près des gares ferroviaires et routières pour maximiser l’intermodalité.
Réglementation, sécurité et bonnes pratiques
Voyager en transports en commun en Lettonie ne nécessite pas de préparation complexe, mais quelques règles et usages méritent d’être connus.
Comportement à bord et objets autorisés
Les passagers sont tenus de valider systématiquement leur titre à chaque montée. Il est demandé de laisser la priorité aux personnes âgées, femmes enceintes et personnes handicapées sur les sièges réservés, et de ne pas bloquer les portes ni les couloirs avec des bagages volumineux.
Certains objets sont strictement interdits: substances inflammables ou explosives, produits toxiques ou à odeur forte, armes et objets tranchants non protégés. Les vélos sont en principe proscrits à bord des bus et tramways urbains (exception faite des draisiennes et tricycles pour enfants), à l’inverse des trains qui les acceptent dans des voitures spéciales.
Les animaux sont acceptés sous conditions, principalement en cage ou petite caisse de transport. Les chiens doivent généralement être tenus en laisse courte, porter une muselière et être à jour de vaccination. À Liepāja, par exemple, les animaux autorisés (chiens, chats, oiseaux décoratifs) voyagent gratuitement, mais sous la responsabilité totale de leur maître.
Règles de transport des animaux
Billets de train, groupes et surcharges
Sur le rail, le billet sert de preuve de contrat de transport et doit être conservé jusqu’à la descente. Il peut être complété en cours de route si l’on décide de prolonger son trajet au‑delà de la destination initialement achetée, moyennant parfois une petite surtaxe réglée au contrôleur.
Les trains offrant une réservation de siège ou un compartiment confort imposent un supplément modeste (de l’ordre de 1 à 1,50 euro). Des codes (E, K, P, R) apposés sur les horaires signalent ces particularités, les trains express, ou les circulations suspendues pour maintenance.
Les groupes d’au moins dix personnes peuvent bénéficier de règles spécifiques, mais ne peuvent pas cumuler les réductions individuelles. Les billets de certains abonnements ou cartes multi‑jours cessent d’être vendus quelques minutes avant le départ du train à cause des procédures de contrôle.
Sécurité et assistance
La sécurité dans les transports lettons est globalement bonne. Des contrôleurs et personnels de conduite sont présents dans la plupart des trains et bus régionaux. Pour les déplacements de nuit, surtout en ville, les autorités recommandent de planifier son retour (bus de nuit, taxi, VTC) plutôt que de marcher longtemps dans des zones peu éclairées.
Les applications de VTC comme Bolt sont très utilisées. Les taxis classiques sont disponibles près des gares et de la Vieille Ville. Privilégiez les véhicules clairement identifiés et équipés d’un taximètre. Si ce n’est pas le cas, convenez du prix avant le départ. Un trajet en ville coûte généralement quelques euros, tandis qu’une course du centre vers la périphérie se situe souvent entre 5 et 10 euros.
En cas de problème, le numéro d’urgence reste le 112, valable dans tout le pays. Concernant les objets perdus, il est possible de s’adresser directement au conducteur ou au service client de Rīgas satiksme, y compris via les réseaux sociaux.
Tendances et perspectives : vers un système plus intégré
La Lettonie se trouve à un moment charnière pour ses transports publics. D’un côté, la motorisation a explosé depuis la fin des années 1990, le parc automobile ayant triplé en une décennie. De l’autre, la fréquentation des bus et trains repart à la hausse depuis la fin de la pandémie, même si elle n’a pas encore retrouvé tout à fait son niveau de 2019.
Le gouvernement et les régions veulent capitaliser sur cette dynamique: renouvellement massif des trains, rajeunissement des flottes de bus régionaux, mise en place de cadencements réguliers, développement de titres uniques combinant bus, tram, train et micro‑mobilité autour de Riga, réduction progressive des doublons bus/rail pour concentrer les ressources sur des services complémentaires plutôt que concurrents.
La capitale lettone engage plusieurs projets pour améliorer sa mobilité : extension de la ligne de tram 7, acquisition de nouveaux trolleybus et trams, création de parkings-relais, modernisation de l’application Rīgas satiksme, et participation à des projets européens sur les véhicules autonomes, la logistique du dernier kilomètre et les villes intelligentes.
Pour le visiteur ou le résident étranger, cela se traduit déjà par un système de transport relativement lisible, des tarifs abordables, une transition numérique bien engagée (billets sur smartphone, infos en temps réel), et une attention croissante à l’accessibilité et à l’intermodalité avec le vélo. En prenant le temps de se familiariser avec les quelques notions clés — e‑talons, lignes structurantes, sites d’info (1188.lv, Pv.lv, rigassatiksme.lv) —, les transports en commun constituent une porte d’entrée efficace pour découvrir la Lettonie sans voiture.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Lettonie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Lettonie pour son impôt sur le revenu à taux compétitif, son régime favorable pour certains revenus de capitaux, l’absence d’impôt sur la fortune et l’accès complet à l’UE et à la zone euro. Le coût de vie à Riga est nettement inférieur à Paris, pour un cadre de vie européen stable. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration) et intégration patrimoniale globale.
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