Pays discret coincé entre mer Baltique et grandes forêts, la Lettonie a longtemps vécu dans l’ombre de ses voisins. Pourtant, ce petit État balte aligne une densité étonnante de trésors : châteaux médiévaux, palais baroques, centre‑ville Art nouveau, parcs nationaux spectaculaires, villages historiques, musées à ciel ouvert et chutes d’eau uniques en Europe. Voyager en Lettonie, c’est passer en quelques heures de ruines de croisades à des falaises de grès rose, d’un palais digne de Versailles à une plage infinie de sable blond.
Pour prendre la mesure de cette diversité, on peut parcourir le pays par grands thèmes et par lieux emblématiques. De Riga à Cēsis, de Kuldīga au parc national de la Gauja, du palais de Rundāle aux dunes de la Baltique, voici un panorama des sites touristiques incontournables en Lettonie, appuyé sur ce que l’on sait de plus précis à leur sujet.
Riga, cœur historique et vitrine Art nouveau
Capitale et plus grande ville du pays, Riga concentre à elle seule une bonne partie des incontournables lettons. Son centre historique, posé sur la rive droite de la Daugava, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et résume huit siècles d’histoire européenne.
La Vieille Ville, labyrinthe médiéval et symbole national
Fondée comme port en 1201, Riga a rapidement pris de l’ampleur en devenant un maillon majeur de la Hanse entre le XIIIᵉ et le XVᵉ siècle, puis la plus grande ville provinciale du royaume de Suède au XVIIᵉ siècle. Ce passé se lit encore dans Vecrīga, la Vieille Ville, un dédale de ruelles pavées, de maisons marchandes et de places animées.
Autour de la cathédrale et de la place de l’Hôtel de ville, les façades multicolores côtoient d’anciens ensembles monastiques transformés. Les Trois Frères, groupe de trois maisons accolées, offrent un condensé d’architecture résidentielle du XVe au XVIIᵉ siècle. Un peu plus loin, la Maison des Têtes noires, reconstruite à l’identique après la guerre, rappelle le rôle des riches confréries de marchands.
La silhouette de Riga est marquée par ses clochers. La cathédrale, débutée en 1211, est le plus grand édifice religieux médiéval des pays baltes, mêlant les styles roman, gothique, baroque et Art nouveau, et abritant un orgue monumental du XIXᵉ siècle. L’église Saint-Pierre, de style gothique en brique, offre depuis sa tour (accessible par ascenseur) un panorama permettant d’apprécier la compacité du centre ancien et l’étendue de l’agglomération.
La Vieille Ville concentre aussi plusieurs musées clés : musée de la Guerre dans la tour de la Poudrière, musée d’Histoire et de Navigation, musées de la Grande et de la Petite Guilde, sans oublier le musée de l’Occupation, qui documente les décennies soviétiques et nazies. La densité de témoignages est telle que le noyau ancien de Riga est décrit par l’UNESCO comme une “illustration vivante de l’histoire européenne”.
Art nouveau à Riga : la plus grande collection au monde
Au-delà du cœur médiéval, Riga doit sa renommée internationale à sa fabuleuse ceinture Art nouveau. À la fin du XIXᵉ siècle, la croissance industrielle et démographique de la ville est fulgurante : entre 1897 et 1913, la population augmente de près de 90 % pour atteindre environ 530 000 habitants. Les fortifications sont abattues, un système de boulevards et de canaux est aménagé, de nouveaux quartiers sortent de terre. Les règlements limitent la hauteur des immeubles à une vingtaine de mètres, mais la demande de logements bourgeois explose : on construit alors entre 300 et 500 bâtiments par an, principalement dans le style du moment, le Jugendstil.
Riga compte plus de 800 immeubles de style Art nouveau, représentant environ un tiers des bâtiments de son centre.
Le “quartier calme”, à une dizaine de minutes à pied de la Vieille Ville, concentre les rues les plus célèbres. Alberta iela, tracée au début du XXᵉ siècle et dédiée à l’évêque fondateur de la ville, aligne des façades spectaculaires. Huit de ses immeubles sont classés monuments d’importance nationale. On y retrouve les œuvres les plus audacieuses de Mikhaïl Eisenstein, ingénieur et architecte russe, qui tapisse ses façades de visages sculptés, de masques, de guirlandes, d’animaux fantastiques et de vitraux colorés. Elizabetes iela et Strēlnieku iela prolongent ce festival de créativité.
Pour comprendre de l’intérieur ce décor, le musée Art nouveau de Riga, installé dans l’ancien appartement de l’architecte Konstantīns Pēkšēns à Alberta iela 12, reconstitue une demeure bourgeoise du début du XXᵉ siècle. C’est le seul musée baltique entièrement consacré à ce mouvement, avec mobilier, plafonds peints, vitraux et objets du quotidien.
Riga n’abrite pas seulement un ensemble Art nouveau exceptionnel, mais aussi une collection remarquable de maisons en bois et d’immeubles des XIXᵉ et XXᵉ siècles, dans des styles allant du romantisme au modernisme.
UNESCO
Marchés, monuments et vie urbaine
Riga ne se résume pas à ses façades. Le marché central, installé dans cinq anciens hangars à dirigeables, est l’un des plus vastes d’Europe. Il fait partie intégrante du site UNESCO, en raison de son architecture industrielle réaffectée. On y trouve fruits, légumes, poissons de la Baltique, viandes fumées, pâtisseries et spécialités comme les harengs ou les pois gris. À quelques rues, le “Corner House”, ancien siège du KGB, rappelle l’ombre du XXᵉ siècle.
Le paysage urbain est structuré par un arc de parcs et de boulevards qui remplace l’ancienne enceinte. C’est là que se dresse le monument de la Liberté, obélisque de près de 43 mètres inauguré en 1935. Surmonté d’une figure féminine tenant trois étoiles symbolisant les régions historiques, il a survécu à l’époque soviétique et fait aujourd’hui office de lieu de rassemblement, avec relève de la garde.
Autre repère contemporain : la Bibliothèque nationale, dite “Château de la lumière”, un grand vaisseau de verre posé sur la rive opposée de la Daugava. L’édifice dialogue visuellement avec les flèches de la Vieille Ville et consacre l’ancrage de Riga dans la modernité culturelle.
Cēsis : un château médiéval vivant au cœur de la Gauja
À environ 80 kilomètres au nord‑est de la capitale, Cēsis déploie l’un des ensembles médiévaux les mieux préservés des pays baltes. La ville, l’une des plus anciennes de Lettonie, a grandi autour d’une forteresse qui reste aujourd’hui l’un des sites les plus visités du pays.
Cēsis Castle, 800 ans d’histoire et de légendes
Édifié au début du XIIIᵉ siècle à proximité d’un ancien château en bois de la tribu des Vendes, le château de Cēsis est intimement lié à la conquête germanique du territoire. Il naît sous l’égide des Frères de l’Épée, ordre militaire religieux qui mène la croisade dans la région, puis devient un centre majeur de l’Ordre teutonique en Livonie.
Au fil des siècles, Cēsis sert de résidence aux maîtres de l’ordre et de lieu de grandes assemblées. L’édifice connaît son apogée sous Wolter von Plettenberg, chef de l’ordre entre la fin du XVe et le milieu du XVIᵉ siècle. C’est à cette période qu’il adopte pour l’essentiel son visage architectural actuel, avec de puissantes tours et un plan régulier.
Durant la guerre de Livonie, la forteresse est assiégée en 1577 par les troupes d’Ivan le Terrible. Environ 300 défenseurs, préférant la mort au massacre, font exploser les stocks de poudre. Cet épisode marquant illustre les violents conflits régionaux (russe, polonais, suédois) qui, avec l’évolution de l’artillerie, rendent le château obsolète. Après la Grande Guerre du Nord, il est abandonné et sert de carrière de pierres.
Il faut attendre le XIXᵉ siècle et l’essor du romantisme pour que l’on redécouvre sa valeur patrimoniale. Les ruines gagnent alors un statut pittoresque et inspirent artistes et voyageurs. Aujourd’hui, Cēsis Castle est considéré comme l’un des plus beaux vestiges médiévaux de Lettonie et des États baltes, avec environ 100 000 visiteurs certaines années.
Un parcours de visite immersif
Le château occupe toujours le centre historique de Cēsis, à quelques minutes à pied de la gare routière et ferroviaire. L’ensemble comprend les ruines médiévales, un “nouveau château” de type manoir du XVIIIᵉ siècle et un vaste parc paysager aménagé il y a plus de 170 ans, ponctué de collines, ravins, ponts et pavillons.
L’expérience de visite est pensée comme un voyage dans le temps. On explore les tours à la lumière de lanternes allumées à la bougie, prêtées par le centre d’accueil. La tour ouest abrite la chambre du maître, reconstitution rare d’un intérieur du XVIᵉ siècle avec voûtes étoilées, consoles en pierre artificielle et fragments de peintures murales. Depuis les combles, une vue panoramique embrasse les jardins, le parc et les toits de la ville.
La tour sud, dite « Long Herman », abrite un ancien cachot en sous-sol et, de mai à septembre, une exposition multimédia nommée « Vivre sur un baril de poudre » qui retrace, à l’aide de sons et de projections, la vie en temps de guerre dans une forteresse assiégée.
Les abords du château sont traités comme un écomusée du Moyen Âge. Un potager médiéval rassemble légumes, herbes aromatiques et plantes médicinales reconstitués d’après les sources historiques. En été, une aire d’activités propose jeux anciens et démonstrations d’artisanat : travail de la pierre, du métal et de l’argile, tressage de cordes, imprimerie traditionnelle. Dans la basse‑cour, des ateliers accueillent un tourneur sur bois, un forgeron, un graveur, ou encore un artisan spécialisé dans l’os et le bois de cerf.
Une ancienne bijouterie, dirigée par l’artisan Daumants Kalniņš, présente des reconstitutions de parures latgaliennes anciennes et offre même la possibilité de frapper soi‑même une petite monnaie de Cēsis. L’ensemble forme un rare exemple de château où les savoir‑faire historiques ne sont pas seulement exposés, mais pratiqués quotidiennement.
Le “nouveau château” accolé aux ruines, construit à la fin du XVIIIᵉ siècle par le comte Karl Gustav von Sievers, abrite aujourd’hui le musée d’Histoire et d’Art de Cēsis. On y découvre notamment une bibliothèque circulaire de nobles, une salle de café singulière et une exposition permanente intitulée “Cēsis – symbole de l’histoire lettone”. Une tour de guet, la tour Lademaher, complète le dispositif avec une vue large sur la vieille ville.
Informations pratiques et restauration du site
Le château est géré par le musée de Cēsis. Les horaires varient selon la saison : globalement, les ruines médiévales ouvrent tous les jours de 10 h à 18 h en été, et du mardi au dimanche en basse saison, avec fermeture le lundi. Les billets sont proposés à la carte ou en formule combinée, avec des tarifs différenciés entre été et hiver.
Un aperçu des prix applicables de mai à septembre
Tarifs les plus élevés, généralement en juillet et août, correspondant à la période de plus forte affluence.
Tarifs intermédiaires, souvent appliqués en juin et septembre, offrant un bon compromis.
Prix pouvant varier lors des ponts et des événements locaux majeurs pendant l’été.
| Type de billet | Adultes | Élèves / Étudiants / Retraités | Famille (2 adultes + enfants <16 ans) |
|---|---|---|---|
| Complexe complet (château + musée…) | 12 € | 8 € | 24 € |
| Château médiéval uniquement | 8 € | 5 € | 16 € |
| Nouveau château (musée) uniquement | 6 € | 4 € | 15 € |
| Tour Lademaher | 3 € | 2 € | – |
En hiver (octobre à avril), les tarifs sont divisés par deux environ pour le billet complet. Des visites guidées peuvent être réservées en letton, russe, allemand ou anglais.
Derrière l’apparence romantique, Cēsis Castle a fait l’objet d’un chantier de conservation conséquent. Maçonneries, planchers des tours, enduits et structure de la chapelle ont été consolidés ; une passerelle piétonne, un atelier de bijouterie, des échafaudages en bois et un abri multifonction ont été ajoutés. L’investissement global approche 1,5 million d’euros, financés en grande partie par des fonds européens (près de 950 000 €), complétés par l’État et la municipalité.
À l’échelle de la ville, la forteresse s’inscrit dans un tissu urbain ancien qui a étonnamment peu changé malgré les guerres. On y trouve l’hôtel de ville, des maisons de marchands, la “maison de la princesse”, et l’église Saint‑Jean, grand monument gothique. C’est dans le nouveau château de Cēsis qu’a été créée en 1918 la première unité de l’armée nationale lettone, ce qui confère au lieu une dimension mémorielle supplémentaire.
Le parc national de la Gauja, laboratoire de nature et de patrimoine
Autour de Cēsis et de Sigulda s’étend le plus ancien et le plus vaste parc national de Lettonie : le parc de la Gauja. Créé en 1973, il couvre plus de 900 km² le long de la vallée de la rivière Gauja, entre Sigulda et Valmiera. C’est la troisième destination la plus visitée du pays après Riga et les plages de Jūrmala.
Un relief façonné par 350 millions d’années
Le paysage du parc doit sa singularité à une histoire géologique longue. Les couches de grès, formées il y a quelque 350 millions d’années, ont été sculptées par l’érosion glaciaire et fluviale. La vallée de la Gauja, les ravins affluents, les sources et les falaises de grès rouge, jaune ou gris composent un décor spectaculaire, ponctué de grottes naturelles.
Le parc se distingue par sa richesse écologique exceptionnelle : environ la moitié, voire plus, de sa superficie est couverte de forêts, dont certaines de pins quasi vierges. Il abrite près de 900 espèces de plantes, 150 espèces d’oiseaux et une cinquantaine de mammifères, servant de refuge à une faune variée comme l’ours brun, l’élan, le cerf, le sanglier, le lynx et divers rapaces. Ouvert en continu et gratuitement, il constitue un terrain de jeu privilégié pour les activités de plein air telles que la randonnée, le cyclisme, le kayak ou le ski de fond.
Parmi les sites naturels les plus remarquables figurent les falaises de Sietiniezis, longues d’un demi‑kilomètre, le rocher de Zvartes, haut d’une quarantaine de mètres, ou encore les falaises d’Ergļi, surplombant de 22 mètres les méandres de la Gauja. La grotte de Gutmanis, proche de Sigulda, affiche un autre record : c’est la plus large et la plus haute grotte des pays baltes, avec une voûte atteignant une dizaine de mètres. Creusée par les eaux de fonte glaciaire il y a plus de 10 000 ans, elle est tapissée d’inscriptions gravées au fil des siècles. Elle est considérée comme le plus ancien site touristique du pays.
Longueur en kilomètres du sentier de randonnée modéré le long de l’Amata, le plus rapide affluent de la Gauja.
Châteaux, villages et activités de plein air
Le parc de la Gauja ne se limite pas au paysage ; il rassemble aussi une densité de châteaux médiévaux et de sites historiques qui font de la région une leçon d’histoire à ciel ouvert.
Autour de Sigulda, trois forteresses dominent la vallée : le château médiéval de Sigulda, commencé en 1207 par les Frères de l’Épée ; le château de Turaida, construit en brique rouge à partir de 1214 et restauré comme réserve muséale ; et les ruines du château de Krimulda, bâties au XIIIᵉ siècle. Un itinéraire dit “Route des trois châteaux”, d’une dizaine de kilomètres, relie ces sites, souvent couplé à une traversée en téléphérique de la vallée.
La région abrite des villages au caractère unique. Līgatne, ancien village papetier, conserve l’architecture ouvrière du début du XXᵉ siècle avec ses maisons alignées et caves creusées dans la roche. Ses sentiers de nature (4-5 km) permettent d’observer en semi-liberté des animaux emblématiques de Lettonie : ours, sangliers, renards, élans, chevreuils, lynx et oiseaux nocturnes. Le parc archéologique d’Āraiši, avec sa forteresse lacustre reconstituée, est candidat au patrimoine UNESCO.
Les activités proposées dans le parc reflètent cette variété. Sentiers de randonnée thématiques, itinéraires cyclistes, tyroliennes au‑dessus de la Gauja, pistes de luge ou de bobsleigh à Sigulda, téléphérique offrant des vues sur les châteaux et les falaises, centre de vol en chute libre vertical Aerodium : la destination se prête autant au tourisme contemplatif qu’aux sensations fortes.
Le tableau ci‑dessous illustre quelques itinéraires phares et leurs caractéristiques :
| Itinéraire / Site | Distance approximative | Activité principale | Particularité |
|---|---|---|---|
| Sentier de l’Amata | 15,5 km | Randonnée | Vallée encaissée, grès, difficulté modérée |
| Route des trois châteaux | 10 km | Randonnée / visite | Sigulda, Krimulda, Turaida |
| Piste Cēsis – Valmiera (vélo) | 45 km | Cyclisme | Vallée de la Gauja, sections sportives |
| Sentiers de la nature de Līgatne | 4–5 km | Randonnée / faune | Observation d’animaux locaux |
| “Hold your breath” (Sigulda) | Variable | Randonnée | Descente vers le ravin de Vējupīte |
Les villes de Sigulda, Cēsis et Līgatne servent de portes d’entrée et proposent hébergements, restaurants et services. Des applications mobiles comme Enter Gauja ou des outils nationaux de randonnée permettent de préparer ses itinéraires, même si l’on recommande d’emporter batterie externe et provisions : sur de nombreux sentiers, aucune boutique ni point d’eau n’est disponible.
Kuldīga et la Venta : un joyau historique autour de la plus large chute d’Europe
Dans l’ouest du pays, en Courlande, Kuldīga offre un visage plus intimiste de la Lettonie. Cette petite ville d’environ 13 500 habitants, à quelque 150 kilomètres de Riga, séduit par son centre ancien presque intact et par un phénomène naturel rare : une chute d’eau aussi large qu’un stade de football.
Une ancienne ville hanséatique au charme intact
Mentionnée pour la première fois en 1242, Kuldīga devient ville hanséatique en 1368, puis l’une des capitales du duché de Courlande à la fin du XVIᵉ siècle, aux côtés de Jelgava. Implantée au croisement de routes fluviales et terrestres, elle se développe autour d’un château de l’ordre livonien élevé sur les rives de la Venta.
Au fil des siècles, la cité bénéficie de privilèges commerciaux, installe un marché hebdomadaire dès le XVe siècle, puis s’industrialise modérément au XIXᵉ siècle avec des entreprises comme la fabrique d’allumettes “Vulkāns”, active jusqu’au début des années 2000. Les guerres, les incendies et les inondations marquent son histoire, mais son centre historique sort relativement épargné des destructions massives du XXᵉ siècle.
Aujourd’hui, le cœur ancien de Kuldīga est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et la ville a été désignée “destination d’excellence” européenne. Ses rues pavées, ses maisons en bois ou en brique des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, son église Sainte‑Catherine – la plus ancienne, fondée au XIIIᵉ siècle – et son ancien hôtel de ville composent un ensemble unique dans les pays baltes. Certains surnomment Kuldīga la “Venise de Lettonie”, en référence à la petite rivière Alekšupīte qui serpente littéralement entre les maisons, longeant parfois leurs murs.
Ventas Rumba, la chute la plus large d’Europe
Le clou du spectacle se trouve au bord de la rivière Venta : Ventas Rumba, ou le seuil de la Venta, est le plus large rideau d’eau naturel d’Europe. Sa hauteur n’impressionne pas, avec moins de 2,5 mètres, mais sa largeur moyenne tourne autour de 249 mètres et peut atteindre 275 mètres en période de crue printanière. La chute repose sur un banc de dolomie du Dévonien, roche dure qui résiste mieux à l’érosion que les couches inférieures plus friables, ce qui explique à la fois la formation du seuil et sa lente migration vers l’amont au fil des millénaires.
Inscrite comme monument naturel de Lettonie et intégrée à la réserve de la vallée de la Venta, la chute attire environ 130 000 visiteurs par an. Une passerelle en bois longe la rive, des plateformes permettent d’observer les remous et, en été, la zone devient un vaste site de baignade en plein air. Lorsque le niveau le permet, certains traversent le sommet de la chute à pied, de rocher en rocher. En hiver, la scène change complètement : l’eau gèle partiellement, créant un mur de glace et de stalactites.
Depuis le XVIIᵉ siècle, la cascade a entravé la navigation, suscitant divers projets de canaux. Une légende attribue au duc Jacob de Courlande une tentative infructueuse de destruction à l’explosif. Au XIXᵉ, l’Empire russe initia la construction d’un canal avec des prisonniers de guerre turcs, mais l’abandonna en 1831 face à la roche dure et aux dimensions fluviales inadéquates. Un canal plus modeste fut finalement réalisé plus tard, dont les vestiges sont encore observables aujourd’hui.
Mais Ventas Rumba est surtout célèbre pour un phénomène spectaculaire : la migration des poissons. Au printemps et en automne, des espèces comme la vimba tentent de remonter la rivière et se lancent littéralement à l’assaut du seuil, bondissant hors de l’eau pour franchir les 2 mètres d’obstacle. Au XVIIᵉ siècle, le duc Jacob aurait imaginé un système de pêche ingénieux, en plaçant des paniers en osier dans des entailles du rocher pour recueillir les poissons qui échouaient dans leur saut, valant à Kuldīga le surnom de “ville où l’on attrape le saumon dans les airs”. La pêche est aujourd’hui interdite pendant la période de fraie, mais les sauts de poissons continuent de fasciner les visiteurs.
Pont de briques, cascades urbaines et caves de sable
À deux pas de la chute, un pont de briques rouge, construit dans les années 1870, complète le tableau. Avec ses sept arches, ses 164 mètres de long et ses 8 mètres de large, il est considéré comme le plus long pont en briques encore en service en Europe. Modélisé sur un ouvrage de la Moselle romaine, il a été suffisamment dimensionné pour laisser passer deux voitures hippomobiles de front. Endommagé pendant la Première Guerre mondiale, restauré ensuite, il offre aujourd’hui l’un des plus beaux points de vue sur la chute. Une tradition insolite y a pris racine : une course annuelle de “nus” pendant la nuit de la Saint‑Jean.
C’est la hauteur en mètres de la cascade de l’Alekšupīte, la plus haute chute d’eau naturelle de Lettonie.
Aux alentours, d’autres curiosités méritent le détour. Les grottes de sable de Riežupe forment le plus long labyrinthe souterrain du pays, avec près de 2 km de galeries creusées dans le sable fin, dont une partie se visite. Durant l’époque ducale, ce sable était exporté pour servir de matière première à la verrerie. Une ancienne synagogue monumentale, bâtie au XIXᵉ siècle, transformée en cinéma sous l’ère soviétique, abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale et une salle de spectacle, avec une plaque rappelant l’histoire de la communauté juive locale.
Le tableau suivant résume quelques points d’intérêt de Kuldīga :
| Site | Particularité principale |
|---|---|
| Ventas Rumba | Chute d’eau la plus large d’Europe (≈ 249–275 m de large) |
| Pont de briques de Kuldīga | Plus long pont de briques en service en Europe (164 m) |
| Centre historique | Ensemble urbain des XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles, patrimoine UNESCO |
| Alekšupīte et sa cascade | Chute d’environ 4 m, canal historique d’énergie hydraulique |
| Grottes de Riežupe | Plus long réseau de grottes de sable de Lettonie (≈ 2 km) |
| Ruines du château | Ancienne résidence des ducs de Courlande |
Entre promenades le long de la Venta, petites adresses gastronomiques et musées locaux, on recommande de dormir sur place pour profiter de l’atmosphère en soirée, lorsque les bus de touristes repartent et que la ville retrouve son calme.
Rundāle : le “Versailles” letton
À l’extrême sud de la région de Zemgale, non loin de la frontière lituanienne, Rundāle incarne le visage aristocratique de la Lettonie. Ce palais baroque et rococo, entouré de jardins à la française, est l’un des monuments les plus spectaculaires du pays.
Un palais de cour au cœur de la plaine de Zemgale
Commandé au XVIIIᵉ siècle par Ernst Johann von Biron, duc de Courlande et favori de la tsarine Anna Ivanovna, le palais de Rundāle est conçu comme résidence d’été. L’architecte chargé du projet est Francesco Bartolomeo Rastrelli, figure majeure du baroque impérial, à qui l’on doit notamment le palais d’Hiver de Saint‑Pétersbourg.
Les travaux se déroulent en deux grandes phases. À partir de 1736, l’ancien château médiéval du site est rasé et les premières ailes s’élèvent. Mais les ressources sont partagées avec un autre projet ducal, le palais de Jelgava, et la disgrâce de Biron en 1740, exilé en Sibérie, interrompt le chantier. Lorsque le duc revient en grâce dans les années 1760, les travaux reprennent sous la direction du même Rastrelli et aboutissent vers 1768. Biron s’y installe alors pour y passer ses étés jusqu’à sa mort quelques années plus tard.
Après l’annexion de la Courlande par l’Empire russe en 1795, Catherine II offre le domaine de Rundāle au comte Valérian Zoubov. Il passe ensuite à la famille Shuvalov par mariage et y reste jusqu’à la Première Guerre mondiale. Le palais sert d’hôpital pour les troupes napoléoniennes en 1812, puis pour l’armée allemande en 1914-1918. Il subit d’importants dommages en 1919, lors des combats pour l’indépendance lettone, lorsqu’il est en partie incendié par des troupes pro-russes.
La réforme agraire des années 1920 transforme Rundāle en propriété d’État. Une école y est installée, des appartements sont créés pour les anciens combattants, les salles de réception deviennent gymnase ou grenier à céréales. Ce n’est qu’à partir des années 1960, en pleine période soviétique, que les autorités décident de restaurer le palais, sous la pression des historiens de l’art. En 1972, un musée autonome est créé pour coordonner le chantier. Pendant plus de quarante ans, une équipe dirigée par l’historien et peintre Imants Lancmanis consacre ses efforts à restituer les décors originaux, jusqu’à l’annonce officielle de la fin des restaurations majeures en 2015.
Architecture, décors et collections
L’ensemble de Rundāle couvre environ 85 hectares, dont un corps de logis de 138 pièces et un grand jardin. Le palais lui‑même est considéré comme l’un des meilleurs exemples de résidence baroque et rococo en Europe du Nord, avec un taux d’authenticité décorative estimé à 85 %. Les boiseries, stucs et peintures ont été patiemment restaurés à partir des archives et de fragments retrouvés.
Les salles d’apparat, richement ornées de stucs de Johann Michael Graff et de plafonds peints par Francesco Martini et Carlo Zucchi, se trouvent dans l’aile est. Le corps central abrite les appartements du duc, tandis que l’aile ouest contient ceux de la duchesse. Les intérieurs sont meublés avec des objets du XVIIIᵉ siècle évoquant la vie de cour.
À côté des appartements, le musée déploie des expositions thématiques couvrant plusieurs siècles de culture matérielle : arts décoratifs européens et lettons du gothique à l’Art nouveau, portraits de nobles courlandais, costumes du XVIIIᵉ siècle, histoire de la construction du palais, ferronneries et sculptures en pierre, rites funéraires aristocratiques. Une salle dite “des souverains” rassemble des portraits de grandes figures européennes de l’époque, de Frédéric II de Prusse à Catherine II en passant par Marie‑Thérèse.
En tout, les travaux de restauration engagés entre 1972 et 2014 représentent un coût d’environ 8,4 millions d’euros, financés successivement par l’État letton, des donateurs privés puis, après 1992, par des fonds structurels européens. Rundāle a été intégré au Canon culturel letton en 2009 et fait l’objet d’une candidature au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Jardins à la française et parc historique
À l’extérieur, Rundāle se distingue par un vaste jardin à la française de 10 hectares, conçu dès l’origine par Rastrelli et réalisé dans les années 1730 par les jardiniers Christopher et Michael Weyland. Comme beaucoup de jardins baroques européens, il se dégrade au XIXᵉ siècle, avant d’être restauré à partir de 1972 sur la base de plans anciens.
Au début des années 2000, le parc a restauré son théâtre de verdure, un élément caractéristique des jardins de grand style. Ce lieu a été inauguré avec une représentation de l’opéra baroque ‘Rinaldo’ de Haendel, illustrant la réhabilitation des codes classiques comme les bosquets, les haies et les allées en étoile qui structurent le site.
Une roseraie, aménagée à partir de 2005, s’étend de part et d’autre des parterres sur environ un hectare. Elle rassemble plus de 2 200 variétés de roses, dont près de 600 anciennes. Des collections d’arbres et d’arbustes ornementaux, ainsi que des fleurs typiques du XVIIIᵉ siècle complètent le décor, offrant au printemps et en été une palette de couleurs saisissante.
Un canal de 2 kilomètres ceinture l’ensemble palais‑jardins‑écuries, relié à un étang ponctué d’une île artificielle où l’on élevait autrefois des lapins. Aujourd’hui, un “château des lapins” plus ludique amuse les visiteur·euse·s. Au sud, l’ancien parc de chasse, réduit à environ 32 hectares, conserve ses allées radiales caractéristiques.
Les vergers historiques font aussi l’objet d’une renaissance : on sait qu’en 1739, on y comptait déjà près d’une centaine de poiriers, plus de 150 pommiers, 40 pruniers et 20 cerisiers. Sous le duc Pierre de Courlande, dans les années 1770, deux vergers supplémentaires et un jardin de houblon sont ajoutés. À la fin du XVIIIᵉ siècle, on mentionne aussi des jardins d’abricotiers et de pêchers, entretenus grâce à des serres chauffées dont certains dispositifs (conduits d’air chaud) ont été récemment mis au jour.
Le tableau suivant synthétise quelques données clés de Rundāle :
| Élément | Donnée principale |
|---|---|
| Superficie du complexe | ≈ 85 hectares |
| Nombre de pièces | 138 |
| Style architectural | Baroque et rococo |
| Surface du jardin à la française | 10 hectares |
| Roseraie | ≈ 2 230 variétés de roses, dont ~600 historiques |
| Canal périphérique | ≈ 2 km de longueur |
| Périodes de construction | 1736–1740 et 1764–1768 |
Aujourd’hui, Rundāle est l’un des hauts lieux du tourisme letton, régulièrement utilisé pour des concerts de musique ancienne, des festivals de jardins et même, ponctuellement, pour l’accueil de dignitaires étrangers.
Le musée ethnographique en plein air : la Lettonie rurale à ciel ouvert
À une dizaine de kilomètres seulement du centre de Riga, au bord du lac Jugla et au cœur d’une pinède, se déploie l’un des musées de plein air les plus anciens et les plus vastes d’Europe : le Musée ethnographique en plein air de Lettonie (Latvijas Etnogrāfiskais brīvdabas muzejs).
Créé en 1924, durant la première indépendance du pays, le musée répond à une préoccupation très moderne : préserver les traces de la culture rurale traditionnelle alors qu’industrialisation et urbanisation gagnent du terrain. Inspiré des expériences scandinaves – en particulier le Skansen de Stockholm –, le Conseil des monuments décide de rassembler en un même lieu des fermes, ateliers, églises et habitations représentatifs des quatre grandes régions lettones : Courlande (Kurzeme), Vidzeme, Zemgale et Latgale.
Dès les années 1920, l’État acquiert un terrain autour du lac Jugla. En 1928, le premier bâtiment – une grange du XVIIIᵉ siècle venant de la paroisse de Vestiena – est démonté puis reconstruit sur place. Lorsque le musée ouvre au public, en 1932, il compte déjà un petit ensemble de six bâtiments formant une ferme de Vidzeme. En 1939, une quarantaine de structures ont été réinstallées.
La Seconde Guerre mondiale épargne matériellement le site mais disperse son équipe scientifique par la déportation ou l’exil, et cause la perte d’archives. Sous l’ère soviétique, le musée est d’abord suspecté idéologiquement avant de retrouver un rôle actif à la fin des années 1960 grâce à de jeunes professionnels. Après 1991, il peut enfin documenter la période de l’entre-deux-guerres, notamment via la ‘Maison du nouveau paysan’ illustrant les réformes agraires des années 1920.
Un village géant de 100 bâtiments historiques
Étendu sur environ 90 hectares de forêt et de clairières, le musée rassemble plus d’une centaine de bâtiments historiques déplacés de toutes les régions de Lettonie. Selon les sources, on évoque 102 à 118 constructions, abritant plus de 3 000 objets visibles, pour une collection globale avoisinant 150 000 pièces.
La construction la plus ancienne du musée en plein air, l’église en bois Bornes Baznica, date de cette année.
Chaque bâtiment est présenté dans son environnement reconstitué, avec mobilier, outils, textiles et ustensiles correspondant à une période et à une occupation précise. On passe ainsi d’une petite maison de pêcheur de Rucava, sur la côte courlandaise, à une ferme de nouveaux colons des années 1930 en Vidzeme, en traversant un moulin à vent de Latgale ou une taverne de Zemgale. L’ensemble forme une sorte de village éclaté, où l’on circule à pied à travers la forêt, le long du lac.
Artisanat vivant, fêtes traditionnelles et médiation
L’un des atouts du musée tient à la présence de véritables artisans sur le site. De mai à septembre, potiers, tisserandes, forgerons, menuisiers et autres métiers traditionnels occupent les ateliers. Ils travaillent pour de bon, expliquent leur geste et initient les visiteurs : modelage de céramique, vannerie, fabrication de miel, frappe de pièces commémoratives, jeux populaires.
Le musée organise plus de vingt événements culturels annuels liés aux traditions lettones et chrétiennes.
En hiver, loin de se figer, le site se prête au ski de fond, aux promenades en traîneau, à la pêche sous glace sur le lac. Une auberge, Priedes Krogs, sert des plats lettons dans un cadre rustique, un espace de jeux pour enfants, un coin bébé et une boutique de souvenirs complètent l’offre. Des visites guidées, en letton, russe, anglais ou allemand, peuvent être réservées, de même que des ateliers pédagogiques thématiques pour les écoles et les familles.
Sur le plan pratique, le musée est facilement accessible en transport en commun depuis Riga, dispose d’un parking gratuit et ouvre toute l’année, avec des horaires adaptés selon la saison. L’entrée est gratuite lors de la fête nationale du 18 novembre. Une application mobile permet même de pré‑visualiser les bâtiments et de s’orienter sur le terrain.
Le tableau ci‑dessous résume quelques chiffres clefs :
| Élément | Donnée principale |
|---|---|
| Année de création | 1924 |
| Superficie | ≈ 87–97 hectares |
| Nombre de bâtiments historiques | 100+ (≈ 102–118) |
| Période couverte | XVIᵉ siècle – années 1930 |
| Nombre d’objets dans les collections | ≈ 150 000 |
| Visiteurs annuels | ≈ 250 000 |
Pour qui souhaite comprendre les racines rurales du pays, ce musée offre une synthèse incomparable, sans quitter l’agglomération de la capitale.
La côte baltique : dunes, stations balnéaires et parcs côtiers
En marge des villes et des châteaux, la Lettonie se distingue par un littoral long d’environ 500 kilomètres, partagé entre la mer Baltique ouverte et le golfe de Riga. Près de 200 kilomètres de cette côte sont des plages de sable bordées de dunes, parfois encadrées de falaises ou de rochers, offrant un visage plus maritime du pays.
Jūrmala, Liepāja, Ventspils : trois visages du littoral
Jūrmala, au voisinage immédiat de Riga, incarne la station balnéaire la plus célèbre : plus de 25 kilomètres de plage continue, de sable clair, bordés de pins et de villas en bois parfois Art nouveau. Ancienne station thermale de l’empire russe, développée au XIXᵉ siècle sous le nom de Bad Kemmern, elle a conservé son patrimoine de maisons d’été, aujourd’hui converties en hôtels, pensions et centres de bien‑être. De nombreux établissements proposent encore des soins à base de boues et d’eaux minérales.
Les ports lettons de Ventspils et Liepāja illustrent la reconversion réussie d’infrastructures industrielles en pôles touristiques. Ventspils mise sur le familial avec une plage Pavillon bleu, un parc d’attractions, un musée maritime en plein air et un train à voie étroite. Liepāja, ‘la ville où naît le vent’, attire les sportifs de glisse grâce à ses vastes plages et son quartier militaire historique de Karosta, où d’anciens forts et une prison navale reconvertie en musée plongent les visiteurs dans l’histoire militaire.
Des petites localités comme Pāvilosta, réputée pour le surf et son ambiance bohème, Engure ou Mērsrags, tournées vers l’observation des oiseaux et les plages tranquilles, ou encore Saulkrasti, plus proche de Riga avec sa dune blanche et son sentier du coucher de soleil, complètent la mosaïque côtière. À l’extrême pointe du Kurzeme, le cap Kolka marque la rencontre visible entre les vagues de la Baltique ouverte et les eaux plus calmes du golfe, dans un ballet de courants, d’édies et de troncs blanchis par le sel échoués sur la plage.
Dunes, falaises et parcs côtiers
La diversité paysagère se lit aussi dans les parcs côtiers. Le parc national de Slītere, près du cap Kolka, protège dunes, forêts littorales et villages livoniens, témoins de la minorité ethnolinguistique autochtone de la côte. Plus au sud, le parc de Pape associe plage, lac, tourbières et prairies pâturées par des chevaux sauvages et des bovins rustiques, recréant des écosystèmes anciens.
Le lac Engure, une ancienne lagune, est un site ornithologique majeur où chevaux et bovins entretiennent les prairies humides. Le parc national de Ķemeri, proche de la côte, protège de vastes tourbières bombées parcourues par une passerelle en bois prisée des photographes à l’aube. Ces tourbières sont emblématiques de l’identité naturelle lettone.
Le littoral de Vidzeme est, lui, plus rocheux. Entre Tūja et Vitrupe, une zone protégée présente une bande de rivage jonchée de galets et de rochers, avec les fameuses falaises de Veczemju, mur de grès rouge atteignant six mètres de haut percé de grottes d’érosion marine. À Saulkrasti, une dune blanche de 18 mètres de haut offre un point de vue sur le golfe, reliée au village par un sentier piéton de 3,5 km.
Les activités le long de la côte vont de la simple baignade estivale (eau autour de 21–23 °C en juillet) à la randonnée sur le “Baltic Coastal Trail”, partie lettone du grand sentier européen E9, en passant par le cyclotourisme sur l’itinéraire EuroVelo 10. La plage est accessible gratuitement partout, et le camping sauvage reste autorisé dans de nombreux secteurs, sous réserve de respecter les règles de préservation.
Autres sites majeurs : Sigulda, Turaida, Kuldīga, Ventas Rumba et au-delà
La Lettonie ne se résume pas à quelques lieux ; le pays compte une multitude d’autres sites qui complètent ce panorama des incontournables.
À Sigulda, surnommée ‘la Suisse lettone’, le noyau touristique comprend un château médiéval du XIIIᵉ siècle, des ruines de l’ordre livonien, un manoir néogothique du XIXᵉ siècle, une piste de bobsleigh olympique et un téléphérique traversant la vallée de la Gauja. En face, la réserve de Turaida propose un château de brique rouge, une église en bois du XVIIIᵉ siècle, un parc de sculptures sur les chants populaires et la tombe de la ‘Rose de Turaida’, héroïne d’une légende d’amour tragique.
Dans l’est, la basilique d’Aglona, plus grand sanctuaire catholique du pays, attire pèlerins et visiteurs lors de grandes célébrations. En Latgale, la région des “lacs bleus”, les étendues d’eau et les villages de Vieux‑croyants russes offrent une Lettonie plus rurale et religieuse.
Enfin, dans la périphérie de Riga, un ancien bunker nucléaire à Līgatne, construit en pleine guerre froide sous un centre de réhabilitation, se visite aujourd’hui avec, pour prolonger l’expérience, un restaurant resté figé dans les années 1980. À l’autre bout du spectre, des complexes culturels modernes comme Zuzeum, le palais de la Culture VEF ou le centre “Ziemeļblāzma” témoignent de la vitalité artistique contemporaine.
Lire la Lettonie à travers ses lieux
Dans un pays de la taille d’une petite région française, la Lettonie concentre un éventail de sites qui, mis bout à bout, dessinent une véritable histoire en accéléré de l’Europe du Nord : ville hanséatique et capitale Art nouveau, forteresses de croisades et palais baroques, villages de pêcheurs livoniens et fermes en bois, chutes d’eau sur des roches dévoniennes et tourbières millénaires.
Le château de Cēsis, avec ses lanternes et ses tours évoquant l’épopée livonienne, illustre la couche médiévale. Le palais de Rundāle, orné de stucs de Rastrelli et de ses jardins reconstitués, représente l’aristocratie baroque intégrée à l’Empire russe. Kuldīga et la cascade de Ventas Rumba incarnent la mémoire hanséatique, la période ducale et la puissance des paysages fluviaux. Enfin, le musée ethnographique en plein air établit le lien entre ces époques et le monde paysan, fondement de cet héritage.
En parcourant ces sites incontournables, on mesure que la Lettonie, loin d’être une simple étape baltique, offre une densité rare de patrimoine et de nature, encore relativement épargnée par le tourisme de masse. Un terrain idéal pour qui aime prendre le temps, explorer, et relier le dessin des façades à la texture des forêts et au bruit sourd de la mer sur les plages du golfe de Riga.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Lettonie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Lettonie pour sa fiscalité modérée sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, un cadre stable au sein de la zone euro et un coût de vie inférieur à celui de Paris (Riga ~30–40 % moins chère). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, reports d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs bilingues) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
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