Trouver un logement aux îles Salomon : conseils et astuces pour s’installer sereinement

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux îles Salomon ne consiste pas seulement à décrocher un toit avec vue sur le lagon. Dans cet archipel isolé du Pacifique, trouver un logement adapté signifie composer avec un marché locatif minuscule, des infrastructures fragiles, des usages fonciers marqués par la coutume et un environnement naturel parfois rude. Pour un expatrié, un volontaire, un chercheur ou un nomade digital, la réussite d’un séjour repose autant sur le choix du quartier et du type d’hébergement que sur la préparation administrative, le budget et les questions de sécurité.

Bon à savoir :

Cet article fournit les principaux repères, chiffres et conseils pratiques pour trouver, visiter, négocier et vivre dans un logement aux îles Salomon, que ce soit à Honiara ou sur une île plus reculée.

Comprendre le pays avant de chercher un logement

Avant même de scruter les annonces, il est essentiel de saisir le contexte dans lequel vous allez vivre. Les îles Salomon forment un État mélanésien d’Océanie, composé de six grandes îles et de plus de 900 îlots, pour une superficie terrestre d’environ 28 400 km². La capitale, Honiara, se trouve sur l’île de Guadalcanal, connue pour la bataille du même nom pendant la Seconde Guerre mondiale.

700000-800000

La population des îles Salomon compte entre 700 000 et 800 000 habitants, dont près de 80 % vivent dans des villages ruraux difficiles d’accès.

Le climat est chaud et humide toute l’année, avec des températures moyennes autour de 26–28 °C, une saison des pluies et des cyclones marquée et un environnement sismique actif, l’archipel se trouvant sur la ceinture de feu du Pacifique. À cela s’ajoutent quelques dangers naturels peu familiers aux nouveaux arrivants, comme les crocodiles marins ou certains requins, particulièrement près des côtes et des mangroves.

Cette combinaison d’isolement, de climat tropical, de risques naturels et de forte empreinte coutumière pèse directement sur le marché du logement : accès difficile aux matériaux de construction, réseaux électriques et internet peu fiables, foncier majoritairement coutumier, et inégalités marquées entre la capitale et les provinces.

Honiara, épicentre du marché locatif pour expatriés

Pour la plupart des étrangers, la recherche de logement commence – et souvent se termine – à Honiara. La capitale, qui compte environ 65 000 habitants, concentre la quasi-totalité des opportunités professionnelles formelles, des services administratifs, des grandes entreprises, des banques, des hôpitaux de référence et des écoles privées. C’est aussi là que l’on trouve la majorité des logements modernes, des hôtels avec espaces de travail et des espaces de coworking.

Attention :

La zone concentre des infrastructures majeures comme l’aéroport international Henderson, le port principal, le musée national et le grand marché central, essentiel pour l’approvisionnement en produits frais. Cependant, cette centralité s’accompagne de problèmes urbains prononcés : chômage des jeunes, fortes inégalités, habitats précaires en périphérie et insécurité ponctuelle.

Certains quartiers ou zones sont régulièrement déconseillés la nuit, en raison des vols, agressions ou tensions : White River, Burns Creek, Sun Valley, les abords de certains ponts (Lungga, Mataniko), les zones de squats, les environs du marché central, Point Cruz, Chinatown, Kukum, Borderline ou encore le mémorial japonais de Mt Austin. Pour un expatrié, ces réalités imposent de réfléchir à la localisation du logement non seulement en termes de distance au bureau ou à l’école, mais aussi de sécurité, de réputation du quartier et de facilité d’accès en journée comme après la tombée de la nuit.

Vivre en province : immersion totale, services limités

En dehors de Honiara, d’autres centres peuvent attirer des étrangers, en particulier ceux qui travaillent dans le secteur humanitaire, la recherche, le tourisme d’aventure ou les missions religieuses. Parmi eux, Gizo (Province de l’Ouest), Munda (île de New Georgia), Auki (capitale de Malaita) ou encore Tulagi (ancienne capitale) reviennent régulièrement.

Ces petites villes régionales disposent de quelques services : un hôpital ou un centre de santé de référence, quelques banques ou distributeurs, des administrations provinciales et de petits commerces. Elles offrent une ambiance plus détendue, un environnement naturel souvent spectaculaire – lagons, forêts, sites de plongée – et une vie communautaire très dense.

Mais s’y installer durablement signifie accepter :

Astuce :

Dans les territoires insulaires comme la Nouvelle-Calédonie, prévoyez une connexion internet souvent limitée ou instable (même si certains lodges ou bureaux proposent des solutions comme Starlink). L’accès aux services spécialisés (soins, enseignement international, banques) peut être restreint. De plus, les approvisionnements dépendent fortement des cargos, ferries ou petits avions, et sont donc sensibles aux aléas météorologiques.

Les îles et lagons les plus célèbres, comme Marovo Lagoon, Rennell ou Tetepare, sont encore plus éloignés des services essentiels. Ils sont parfaits pour un séjour de quelques semaines ou mois dans le cadre d’un projet précis, mais rarement adaptés à une installation familiale à long terme, sauf si le logement est directement organisé par un employeur ou un projet encadré.

Quels types de logements trouve-t-on aux îles Salomon ?

Le parc de logements accessibles aux étrangers est réduit mais diversifié, avec de fortes différences entre Honiara et les provinces. Globalement, on peut distinguer plusieurs grandes catégories.

À Honiara : appartements, villas, colocations et résidences sécurisées

Dans la capitale, l’offre pour expatriés comprend : l’accès à des écoles internationales, des clubs de loisirs, et des services d’accompagnement pour faciliter l’intégration.

des studios et appartements meublés, souvent avec climatisation, petite cuisine équipée, internet et service de ménage ;

des maisons individuelles ou villas, en ville ou en périphérie (par exemple à Lungga, Tasahe Ridge, Point Cruz), parfois avec jardin, parking et vue sur mer ;

– des espaces de coliving, où plusieurs locataires partagent cuisine, salon, parfois bureau et terrasse, avec une chambre privée ;

– des hôtels et appart-hôtels avec services (réception, nettoyage, restauration, parfois piscine et salle de sport).

Dans les résidences les plus recherchées, on trouve fréquemment : les espaces verts, des installations modernes, une sécurité renforcée et proximité des commodités.

Équipements et Services

Découvrez les équipements et services essentiels proposés pour garantir votre confort et votre sécurité durant votre séjour.

Confort des pièces

Climatisation dans les chambres, voire dans toutes les pièces pour un environnement agréable.

Cuisine équipée

Équipée d’un réfrigérateur, de plaques, d’un micro-ondes et de la vaisselle de base.

Connexion & Espace de travail

Connexion internet (Wi-Fi local ou via Starlink) et parfois un espace de travail dédié.

Extérieurs & Loisirs

Accès à une piscine, des jardins, un barbecue et des terrasses pour la détente.

Sécurité & Stationnement

Parking sécurisé avec un service de gardiennage disponible 24 heures sur 24.

Autonomie Énergétique

Générateur de secours et réservoirs d’eau pour pallier les coupures et sécuriser l’approvisionnement.

Les locations se font au mois, au trimestre ou à l’année, avec une certaine souplesse selon les propriétaires et les agences. Les plateformes comme Airbnb, Booking ou Flatio, ainsi que des agences locales, permettent de repérer ces biens et de réserver sans déposer systématiquement une lourde caution.

Parmi les exemples concrets recensés, on peut citer des studios indépendants à Honiara avec transfert gratuit depuis l’aéroport, eau filtrée, Wi-Fi, kitchenette, salle de bain privée et buanderie partagée, ou encore Bilikiki Hideaway, un studio à 3 km du centre, dans un jardin clôturé avec sécurité permanente, lit king-size, clim, Starlink et TV avec streaming.

En province : guesthouses familiales, écolodges, bungalows simples

Sur des îles comme Gizo, Munda, Auki ou Peava, l’offre se compose surtout de :

pensions de famille gérées par des habitants ;

éc lodges, souvent dédiés à la plongée ou à l’écotourisme ;

petits resorts avec bungalows au bord de l’eau ;

maisons simples à louer ;

logements fournis par l’employeur (ONG, mission religieuse, projet de recherche).

Bon à savoir :

L’hébergement va du bungalow rustique sur pilotis, avec sanitaires partagés et éclairage solaire, à la villa confortable avec plusieurs chambres, cuisine et accès direct au lagon. Dans les villages, le confort est très basique, souvent sans eau courante ni électricité en continu. Certains hébergements peuvent proposer le Wi-Fi.

Des hébergements comme Water Bungalow Pepele Lodge dans la lagune de Marovo illustrent cette formule : petite structure familiale, activités nature (kayak, snorkeling, marches en brousse), immersion dans la vie insulaire… mais équipements limités et dépendance aux ressources locales.

Louer dans un village : immersion culturelle et contraintes logistiques

Certains étrangers optent pour un séjour prolongé dans une communauté villageoise. Cela peut prendre la forme d’une chambre chez l’habitant, d’un bungalow simple ou d’une petite maison. L’intérêt principal est l’immersion dans le kastom et le quotidien local, avec des liens forts tissés avec les familles et les chefs.

En revanche, ce type de logement suppose :

d’accepter l’absence d’intimité telle qu’on la conçoit en Occident ;

– de respecter des codes vestimentaires et comportementaux stricts (modestie, pas d’alcool ostentatoire, pas de manifestations d’affection en public) ;

– de s’habituer à un rythme de vie communautaire et religieux (dimanche sacré, réunions de village, cérémonies coutumières) ;

– de composer avec des infrastructures très rudimentaires (eau de pluie, latrines, pas de réseau mobile fiable).

Combien coûte un logement aux îles Salomon ?

Le marché locatif est caractérisé par des loyers élevés rapportés au niveau de revenu local et une grande amplitude de prix selon le standing et la localisation. Les chiffres disponibles, exprimés en dollars salomonais (SBD), donnent quelques repères.

Ordres de grandeur des loyers mensuels

Les données de terrain et les bases de coût de la vie indiquent les fourchettes suivantes :

Type de logementLocalisationLoyer mensuel (SBD)Observations
Studio / 1 chambreCentre-ville3 500 – 6 000Moyenne autour de 4 300 SBD
1 chambreHors centre3 000 – 10 000Forte variation selon sécurité et confort
Appartement / maison 3 chambresCentre-ville5 000 – 40 000Inclut des biens très haut de gamme
Appartement / maison 3 chambresHors centre4 000 – 25 000Villas, logements de staff, quartiers résidentiels
Appartement « luxueux » sécuriséHoniara (compound)Jusqu’à ~1 700 USDGardiennage 24/7, générateur, vue mer, etc.

Pour replacer ces montants dans le contexte local, le salaire net moyen tourne autour de 2 987,50 SBD par mois, ce qui signifie que les loyers ciblés par les expatriés sont souvent hors de portée de la majorité des habitants.

En parallèle, les dépenses de base hors loyer restent élevées, avec une estimation courante de 1 400 à 2 000 USD par mois pour une personne seule, et jusqu’à 2 800–3 700 USD pour une famille de quatre souhaitant un niveau de confort « occidental ».

Coût du logement dans le budget global

Pour un expatrié, le logement représente l’un des postes les plus lourds, mais il faut aussi intégrer les charges (électricité, eau, déchets, internet), qui peuvent grimper rapidement en raison des générateurs, des coupures de courant et des abonnements internet coûteux.

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Moyenne mensuelle en SBD des factures de services de base (courant, eau, ordures) pour un appartement de 85 m² aux Îles Salomon.

Un tableau synthétique aide à visualiser ces coûts :

Poste de dépenseFourchette mensuelle (SBD)Commentaire
Loyer studio/1 ch. centre Honiara3 500 – 6 000Expat standard
Loyer 3 ch. centre Honiara5 000 – 40 000Très variable selon standing
Charges électricité/eau/déchets (85 m²)1 000 – 6 000Moyenne ~4 333 SBD
Internet haut débit (60 Mbps théorique)450 – 1 000Moyenne ~817 SBD, plus élevé à Honiara
Forfait mobile (10 Go+)100 – 400Environ 120 SBD à Honiara

En résumé, pour un expatrié seul vivant dans un studio correct à Honiara, un budget mensuel logement + charges + internet peut aisément atteindre l’équivalent de 800 à 1 200 USD, avant même de compter la nourriture, les transports et les loisirs.

Acheter un bien aux îles Salomon : mission (presque) impossible pour un expatrié

Les données financières sur l’achat immobilier aux îles Salomon sont encore plus déroutantes que celles de la location. Les indicateurs de marché indiquent des prix au mètre carré exorbitants et une accessibilité budgétaire quasi nulle pour un ménage moyen.

À titre indicatif, les chiffres compilés indiquent :

IndicateurValeur estimée
Prix/m² appartement centre-ville~700 000 SBD
Prix/m² appartement hors centre~500 000 SBD
Price to Income Ratio1 004,18
Taux d’intérêt moyen crédit immobilier (20 ans)16,33 % par an (10–20 %)
Gross rental yield centre-ville0,15 %
Gross rental yield hors centre0,18 %
Loan Affordability Index0,01

Le message est clair : le marché de la propriété est extrêmement peu accessible en regard des revenus locaux, avec des taux d’intérêt très élevés et des rendements locatifs bruts dérisoires. Ajoutez à cela le fait qu’environ 95 % des terres relèvent du droit coutumier, détenues par des clans ou lignages, et que les baux commerciaux de long terme (jusqu’à 75 ans) sont complexes à obtenir et sujets à litiges fonciers récurrents, et vous obtenez un contexte où l’achat direct par un particulier étranger relève davantage de l’exception que de la règle.

Bon à savoir :

Pour un expatrié classique, l’option la plus réaliste est de louer un logement, éventuellement via un bail de longue durée dans un compound sécurisé, plutôt que de chercher à devenir propriétaire.

Où chercher son futur logement ?

Dans un pays où l’offre est limitée et la part d’informel importante, la phase de recherche doit combiner plusieurs canaux.

Les plateformes internationales comme Airbnb, Booking ou Flatio servent surtout à organiser les premières semaines : studio meublé, appart-hôtel ou guesthouse servant de base le temps de comprendre la ville, repérer les quartiers et rencontrer des interlocuteurs locaux. Elles ont l’avantage de proposer des biens déjà notés, de limiter la paperasse initiale et d’éviter de verser d’emblée de fortes cautions.

Exemple :

Pour un séjour de moyenne ou longue durée à Honiara, notamment pour une villa ou un appartement de standing, il est conseillé de passer par les agences immobilières locales ou les gestionnaires de résidences sécurisées. De plus, les employeurs (comme les ONG, entreprises ou institutions) ont souvent des contacts fiables et des logements réservés au personnel ; utiliser ce réseau est plus judicieux que de chercher seul.

Enfin, dans les provinces, ce sont les guesthouses, écolodges et réseaux communautaires qui font office de « marché immobilier ». Une simple recherche en ligne mettra en avant des structures comme La lagune Haus ou Kajoro Sunset Lodge, mais beaucoup d’hébergements villageois ne sont référencés que via le bouche-à-oreille, les organisations locales ou les prestataires touristiques spécialisés.

S’installer étape par étape : stratégie pour les premiers mois

Au vu de l’isolement du pays, des risques sanitaires et des contraintes administratives, la période d’installation doit être planifiée avec soin.

Assurer d’abord son statut légal et son assurance

Pour un séjour court, de nombreux ressortissants (Schengen, UE, États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Canada, Japon et plusieurs États du Pacifique) bénéficient d’un permis de visite délivré à l’arrivée à Honiara, généralement pour 30 jours, prolongeable jusqu’à 90 jours sur 12 mois. Certains pays ont directement droit à 90 jours sans visa. Il faut alors présenter un passeport valable encore au moins six mois, un billet retour ou de continuation et des preuves de moyens financiers.

Bon à savoir :

Le permis de visite ne permet pas de travailler, de faire du commerce local ou d’exercer une mission religieuse rémunérée. Pour un séjour de plus de trois mois incluant une activité professionnelle, un investissement, des études ou un volontariat formalisé, il est nécessaire de demander à l’avance un visa de long séjour. Pour travailler, un permis de travail sponsorisé par un employeur local est requis. Les délais de traitement sont de 4 à 8 semaines pour le permis de travail, plus 2 à 4 semaines supplémentaires pour le visa d’entrée une fois le permis approuvé.

Les autorités peuvent exiger un examen médical, notamment un test de dépistage VIH pour des séjours dépassant 90 jours. Un refus peut conduire à une interdiction d’entrée ou à une expulsion. Il est donc déconseillé d’improviser son statut une fois sur place.

Sur le plan santé, les services hospitaliers sont limités et inégaux. Le National Referral Hospital de Honiara souffre de sous-équipement, les structures provinciales sont rudimentaires, et les évacuations médicales vers l’Australie sont coûteuses. Souscrire une assurance internationale incluant l’évacuation sanitaire n’est pas une option, mais une condition de prudence élémentaire pour toute personne venant s’installer.

Commencer par un logement temporaire

Compte tenu de la rareté des biens de qualité et de la nécessité de juger un quartier sur pièces (bruit, sécurité, voisins, fréquentation nocturne), il est pertinent d’arriver avec une réservation temporaire d’un mois ou deux dans un studio meublé, une guesthouse ou un appart-hôtel. Ceci permet :

Astuce :

Avant de signer un bail, il est crucial de visiter physiquement le logement. Testez ensuite les temps de trajet vers votre travail, l’école ou les services quotidiens. Vérifiez également des aspects pratiques comme la qualité de la connexion internet, la stabilité de l’électricité et la qualité de l’eau. Enfin, sollicitez les conseils de collègues, de voisins ou d’autres expatriés pour identifier les secteurs les mieux adaptés à vos besoins.

Des studios comme ceux de Tasahe Ridge (Ridgeback Oceanview) illustrent cette fonction de logement-pivot : complexe clôturé, vue sur l’océan, sécurité 24/7, générateur, proximité relative du quartier d’affaires et de l’aéroport. En parallèle, un studio plus simple en ville, mais bien connecté, peut convenir à un budget plus serré tout en permettant d’explorer les alentours.

Évaluer la vraie valeur d’un logement

Dans un environnement où les coupures d’électricité, les pannes d’eau et les connexions erratiques sont la norme, la valeur d’un logement ne se résume pas au loyer affiché ou à la surface. Avant de décider, il est utile d’auditer ce que l’on pourrait appeler la « valeur d’usage » réelle du bien.

Cela suppose de vérifier :

la présence d’un générateur et son bon fonctionnement ;

– l’existence de réservoirs d’eau, la qualité de l’eau filtrée ou la disponibilité d’eau en bouteilles ;

– la stabilité d’internet, idéalement en demandant un appel vidéo en direct depuis le logement pour tester le débit et la latence, et en contrôlant la portée du Wi-Fi dans toutes les pièces ;

– la sécurité des accès : clôture, éclairage extérieur, portes et fenêtres avec serrures ou grilles, présence de gardiens ;

– l’exposition aux risques naturels : proximité d’une rivière sujette aux crues, d’une zone côtière vulnérable aux tsunamis, ou de zones connues pour la présence d’engins explosifs non désamorcés.

Il est recommandé de visiter le logement à différents moments de la journée, voire le soir, pour sentir le niveau de bruit, la circulation, la fréquentation des rues, la luminosité et les habitudes du voisinage.

Négocier son bail : marge de manœuvre et leviers à Honiara

Même si le marché reste étroit, certains principes généraux de négociation s’appliquent aux îles Salomon, surtout lorsque l’on traite directement avec un propriétaire ou une petite agence.

Astuce :

S’engager sur une durée de bail plus longue que la norme (ex. : deux ans au lieu d’un an) peut justifier une réduction de loyer. De même, proposer un paiement anticipé de plusieurs mois, voire d’une année entière, est un argument de poids. Cette pratique peut conduire à une baisse de prix de 5 à 20 %, à condition de sécuriser le contrat et de vérifier l’identité de son interlocuteur.

Accepter de prendre en charge certains petits travaux d’entretien (jardinage, menues réparations non structurelles) en échange d’un loyer modéré est parfois discuté, en particulier pour des maisons avec terrain. L’essentiel est de consigner précisément ces accords dans le bail pour éviter toute ambiguïté.

Enfin, présenter un profil de locataire stable et rassurant – contrat de travail, visa de résidence en règle, références de précédents bailleurs, assurance – renforce la crédibilité et la capacité de négociation, surtout dans un contexte où la rotation des expatriés peut être importante.

Sécurité : choisir un logement sans fermer les yeux

Les statistiques et retours d’expérience convergent : les îles Salomon sont souvent décrites comme « plutôt sûres » à l’échelle de la région, mais Honiara affiche un niveau de criminalité perçu comme élevé, avec un indice de crime dépassant 60 et une insécurité ressentie particulièrement forte la nuit.

Les risques incluent vols à l’arraché, pickpockets, cambriolages de domiciles et de véhicules, agressions physiques ou sexuelles, et harcèlement, surtout à l’égard des femmes. Les forces de police disposent de moyens limités et peuvent mettre du temps à intervenir. La criminalité tend à augmenter à l’approche de Noël ou lors de périodes de tension politique (élections, débats parlementaires, crises).

Attention :

Privilégier un compound avec clôture, gardiens, éclairage extérieur et procédures d’accès strictes est une stratégie clé de protection pour les expatriés.

verrouiller systématiquement portes et fenêtres, même en journée ;

– éviter d’exposer objets de valeur (ordinateurs, appareils photo, bijoux) près des ouvertures ;

– organiser ses déplacements nocturnes en véhicule ou en groupe, en évitant certaines zones sensibles ;

– se tenir informé de la situation locale via la presse (Solomon Star News, Island Sun) et les réseaux d’expatriés.

Pour les personnes LGBT+, il faut ajouter un risque juridique et social spécifique : les relations homosexuelles sont criminalisées, avec possibilité de peine de prison, et l’hostilité publique peut être forte. Cela pèse sur le choix du quartier, du type de colocation, et sur la façon de se comporter en couple dans l’espace privé comme semi-privé.

Vivre au quotidien dans son logement : eau, électricité, internet

Une fois installé, le défi n’est plus de trouver un logement, mais de le faire fonctionner au quotidien dans un pays où les infrastructures restent fragiles.

L’électricité fonctionne en 230/240 V – 50 Hz, mais les coupures sont fréquentes, parfois plusieurs fois par semaine, voire par jour. Beaucoup de résidences prisées des expatriés disposent d’un générateur, mais il faut vérifier qui paie le carburant, les horaires de fonctionnement et la capacité réelle en cas d’usage intensif (climatisation, congélateurs, etc.).

Attention :

L’eau du robinet n’étant pas potable, il faut prévoir un budget pour l’eau en bouteille ou un système de filtration fiable. Même pour les logements indiquant une filtration en trois étapes, il est essentiel de vérifier le suivi de maintenance des filtres.

La connectivité est l’un des principaux points noirs. En moyenne, les débits peuvent tomber à 0,5 Mbps, ce qui rend très difficile toute activité de télétravail exigeant de la visioconférence en haute définition. Dans les meilleures conditions, des pointes à 10 Mbps sont possibles, mais l’instabilité et la latence restent problématiques. Certaines solutions comme Starlink, déjà utilisées par des studios ou des écolodges, apportent une amélioration notable, mais elles ont un coût.

Pour un télétravailleur, il est prudent, avant de signer un bail, de demander un test de connexion en direct depuis le logement (appel vidéo, test de débit), de vérifier la couverture 4G comme solution de secours et d’identifier les espaces de coworking disponibles à Honiara ou Gizo.

Culture locale, foncier coutumier et vie de voisinage

Habiter aux îles Salomon, ce n’est pas seulement vivre dans une maison ou un appartement : c’est aussi s’inscrire dans un tissu social structuré par le système du « wantok », réseau d’entraide fondé sur l’appartenance à une même langue ou un même clan. Pour un étranger, respecter la hiérarchie coutumière, les chefs et les anciens est décisif, surtout en dehors de la capitale.

Bon à savoir :

La plupart des terres, plages, chemins et lagons appartiennent à des clans. L’accès n’est jamais totalement libre. Il est nécessaire, surtout en province, de demander l’autorisation au chef ou à un représentant du clan avant d’utiliser un sentier, une plage ou un site de plongée. Une petite contribution (redevance coutumière ou cadeau) peut être attendue.

Cette réalité foncière a aussi un impact indirect sur le logement : les litiges autour des droits sur une parcelle sont fréquents et peuvent compliquer des baux de longue durée. Passer par un employeur ou une structure déjà implantée, qui a sécurisé ses droits d’usage, est un moyen de se prémunir contre ces situations.

Astuce :

Pour faciliter votre intégration au quotidien, adoptez quelques principes de base : saluez chaleureusement par une poignée de main et un sourire, utilisez les titres de respect, et habillez-vous de manière modeste, en couvrant les épaules et les genoux, particulièrement dans les villages et les églises. Respectez l’intimité des personnes en évitant de les photographier sans leur permission. Enfin, sachez que certains gestes sont à proscrire : ne touchez jamais la tête de quelqu’un et évitez de pointer du doigt de manière accusatrice.

Le dimanche est jour sacré : la plupart des commerces ferment, et la participation à un office religieux est la norme. Vivre dans un quartier résidentiel, c’est donc aussi accepter les chants, les sonneries et les rassemblements dominicaux comme faisant partie du paysage sonore.

Logement et mobilité : se déplacer sans se mettre en danger

Le choix du lieu de résidence et le mode de déplacement sont étroitement liés. La quasi-totalité du réseau routier asphalté se concentre sur Guadalcanal et Malaita, principalement autour de Honiara. Ailleurs, routes de terre, pistes de corail et ponts précaires dominent. Conduire de nuit est déconseillé : absence d’éclairage, piétons, animaux, trous dans la chaussée, comportements imprévisibles.

Bon à savoir :

Pour un expatrié à Honiara, un véhicule 4×4 est souvent nécessaire, notamment pour circuler sur les routes dégradées pendant la saison des pluies. Concernant le permis de conduire, l’usage du permis national accompagné d’un permis international est généralement accepté pendant une durée de quatre mois. Passé ce délai, il est obligatoire d’obtenir un permis de conduire local auprès de l’administration fiscale.

Les transports publics se résument à des minibus informels et des taxis, utiles mais peu fiables et parfois associés à des vols à la tire. Pour les liaisons inter-îles, ferries et petits bateaux sont essentiels, mais souvent surchargés et insuffisamment équipés en matériel de sécurité ; les autorités recommandent même d’emporter son propre gilet de sauvetage.

Toutes ces contraintes doivent être prises en compte lors du choix de résidence : proximité du lieu de travail, facilité de rejoindre l’aéroport, accès aux écoles pour les enfants, mais aussi éviteme nt des tronçons jugés dangereux ou inondables.

Gérer son budget logement dans un pays au coût de la vie élevé

Les indices de coût de la vie situent les îles Salomon parmi les pays les plus chers du Pacifique, plus onéreux que l’Australie ou la Nouvelle-Zélande pour les biens de consommation hors loyer, même si les loyers restent globalement plus bas dans l’absolu. Cet écart est dû en grande partie au fait que de nombreux produits sont importés et fortement taxés, dans un pays au pouvoir d’achat local très faible.

Pour un expatrié, la bonne pratique consiste à dissocier clairement :

Bon à savoir :

Pour bien budgétiser votre vie sur place, anticipez ces quatre budgets clés : le loyer, qui varie selon le niveau de confort et de sécurité ; les charges (énergie, eau, internet), souvent plus élevées qu’attendu ; l’alimentation, où les produits locaux sont abordables mais les importés très coûteux ; et le transport, selon le besoin d’un véhicule, l’usage des taxis et les déplacements entre les îles.

Une personne seule visant un niveau de vie confortable, avec un logement sécurisé à Honiara, doit envisager sérieusement une enveloppe globale de 1 400 à 2 000 USD par mois, loyer non « ultra-luxe » inclus. Pour une famille, les seuils supérieurs de 2 800 à 3 700 USD sont rapidement atteints dès lors qu’on ajoute les frais d’école internationale, les primes d’assurance et les éventuels déplacements réguliers vers l’Australie ou d’autres hubs régionaux.

En conclusion : un logement à la mesure de son projet

Trouver un logement aux îles Salomon exige une vision plus large que la simple comparaison de loyers. Entre l’isolement de l’archipel, la fragilité des infrastructures, la prédominance de la terre coutumière et les enjeux de sécurité à Honiara, le choix du quartier, du type de logement et du bail s’inscrit dans un ensemble plus vaste : statut de résidence, couverture santé, organisation des transports, intégration à la communauté locale.

En pratique, la démarche la plus solide consiste à : réunir les données nécessaires, analyser les tendances, et formuler des recommandations éclairées.

Astuce :

Pour un séjour réussi, préparez votre visa et votre assurance en tenant compte des spécificités médicales et administratives du pays. Réservez un logement temporaire à l’arrivée pour évaluer les services (eau, électricité, internet, sécurité) et explorer les quartiers. Privilégiez les compounds sécurisés ou les logements gérés par des acteurs locaux établis, notamment à Honiara. En province, acceptez un confort plus simple pour une immersion culturelle et un environnement naturel exceptionnels. Intégrez toujours la logique coutumière dans vos relations à la terre, aux plages et aux espaces naturels.

Aux îles Salomon, un bon logement n’est pas seulement un abri : c’est un élément clé d’un « écosystème de vie » qui doit rester fonctionnel malgré les aléas du climat, des infrastructures et de la politique. En prenant le temps d’évaluer cet écosystème dans son ensemble, de négocier avec pragmatisme et de respecter les usages locaux, il devient possible de transformer une affectation lointaine en expérience de vie rare, plutôt qu’en suite d’improvisations coûteuses.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Îles Salomon pour optimiser sa charge imposable, diversifier géographiquement ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Pacifique Sud, Asie, Europe du Sud), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur fiscalité directe modérée, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie sensiblement plus faible qu’en France et l’accès à des régimes offshore régionaux. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions internationales), obtention d’un titre de séjour longue durée avec achat ou location de résidence principale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones/anglophones) et restructuration patrimoniale internationale. Cela permet d’obtenir des économies fiscales significatives tout en maîtrisant les risques (double imposition, contrôles, adaptation culturelle et insularité).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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