Archipel méconnu du Pacifique, les îles Salomon concentrent quelques‑uns des paysages les plus spectaculaires du monde, une biodiversité exceptionnelle et une histoire marquée à la fois par les traditions mélanésiennes et par les combats de la Seconde Guerre mondiale. Entre lagons immenses, forêts tropicales, volcans actifs et épaves de guerre tapissant les fonds marins, la destination offre un éventail de sites touristiques rares, loin du tourisme de masse.
Les îles Salomon forment un archipel diversifié où chaque province possède une identité unique : Guadalcanal pour son histoire, la Western Province pour ses lagons, Malaita pour sa culture monétaire traditionnelle, Rennell pour son atoll classé à l’UNESCO, ainsi que les îles reculées de Makira et Santa Isabel. La découverte du pays mêle sites historiques, trésors naturels et richesses culturelles.
Guadalcanal et Honiara : entre mémoire de guerre et nature luxuriante
Capitale du pays, Honiara est souvent la porte d’entrée des voyageurs puisqu’elle jouxte l’aéroport international Henderson, construit sur l’ancien aérodrome stratégique de la campagne de Guadalcanal. L’île elle‑même fut l’un des plus féroces champs de bataille du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, les collines, les plages et les villages portent encore la trace de ces combats, tout en offrant de superbes randonnées, cascades et sites de plongée.
Honiara, vitrine urbaine des îles Salomon
Au premier abord, Honiara ressemble à une petite ville agitée du Pacifique, coincée entre la mer et une chaîne de montagnes escarpées. Mais derrière le trafic et les marchés se cachent plusieurs lieux de visite qui aident à comprendre le pays.
Le Honiara Central Market, installé entre Mendana Avenue et le front de mer de Point Cruz, constitue un passage obligé. On y trouve fruits tropicaux, poissons, légumes, mais aussi des objets artisanaux : nattes tressées, bijoux en coquillages, paniers ou petites sculptures. C’est l’endroit idéal pour prendre le pouls de la vie quotidienne et observer l’importance du système de parenté wantok dans les échanges.
Quelques rues plus loin, le National Museum and Cultural Centre rassemble des expositions sur les cultures insulaires, la diversité linguistique (plus de 60 langues locales), la période missionnaire et la guerre du Pacifique. L’entrée est gratuite, les dons encouragés, ce qui en fait un excellent point de départ pour appréhender les codes du kastom, la coutume qui structure encore la vie villageoise.
À proximité de la capitale, les jardins botaniques de Honiara sont réputés pour leur collection d’essences tropicales et constituent un site prisé pour l’observation des oiseaux. La ville abrite également le Parlement national, reconnaissable à son dôme conique et à sa grande tapisserie ornant l’intérieur, ouvert aux visites en semaine. Enfin, la Holy Cross Cathedral, située en surplomb de la mer, témoigne de l’héritage chrétien de l’archipel.
Quelques repères de la capitale et de ses alentours peuvent être résumés ainsi :
| Site / lieu | Intérêt principal | Localisation approximative |
|---|---|---|
| Honiara Central Market | Marché alimentaire et artisanal | Centre-ville, front de mer |
| National Museum & Cultural Centre | Histoire, ethnographie, Seconde Guerre mondiale | Mendana Avenue, Honiara |
| Jardins botaniques | Flore tropicale, observation d’oiseaux | Honiara |
| Parlement national | Architecture et symbolique politique | Colline proche du centre |
| Holy Cross Cathedral | Lieu de culte, vue sur la mer | Honiara |
Les champs de bataille de Guadalcanal : un musée à ciel ouvert
La campagne de Guadalcanal, entre 1942 et 1943, fut un tournant de la guerre dans le Pacifique. Les forces japonaises y perdirent pour la première fois un territoire au profit des Américains. Près de 38 000 vies furent sacrifiées sur terre, en mer et dans les airs, et les vestiges de ce conflit jalonnent encore l’île.
Le Skyline Ridge domine Honiara et abrite l’American War Memorial, également appelé Guadalcanal American Memorial. Des murs de pierre y retracent les grandes phases de la bataille, tandis qu’un panorama saisissant s’ouvre sur Iron Bottom Sound, ce bras de mer transformé en cimetière de plus de 50 navires et d’innombrables avions. Non loin se trouve le Coast Watchers Memorial, hommage aux guetteurs et éclaireurs locaux qui transmettaient des informations cruciales aux forces alliées.
La crête de Bloody Ridge, aussi connue sous le nom d’Edson’s Ridge, est un autre site essentiel. Ce relief, aujourd’hui classé parc national, a été le théâtre d’assauts nocturnes particulièrement meurtriers. Un centre d’interprétation et un petit musée y mettent en perspective le rôle clé de cette position dans la défense d’Henderson Field.
Sur le mont Austen, la guerre laisse place à un point de vue sur la plaine de Honiara, mais l’endroit n’en abrite pas moins un mémorial japonais, dédié aux soldats tombés dans la région. Les tranchées, abris et grottes d’observation qui parsèment les hauteurs rappellent que la colline était un observatoire stratégique.
Les principaux sites liés à la bataille de Guadalcanal autour de Honiara sont souvent visités via des circuits spécialisés, permettant une découverte organisée des lieux emblématiques.
| Champ de bataille / mémorial | Particularité historique |
|---|---|
| Skyline Ridge – American Memorial | Hommage aux forces alliées, vue sur Iron Bottom Sound |
| Coast Watchers Memorial | Reconnaissance du rôle des guetteurs et scouts locaux |
| Bloody Ridge (Edson’s Ridge) | Position cruciale dans la défense d’Henderson Field |
| Mount Austen – Mémorial japonais | Site d’observation japonais, combats intenses |
| Henderson Field / aéroport | Ancien aérodrome stratégique, aujourd’hui aéroport |
| Red Beach, Alligator Creek | Lieux de débarquements et affrontements majeurs |
Plusieurs opérateurs, comme Guadalcanal Travel Solomons (GTS) ou des agences locales répertoriées par Tourism Solomons, proposent des visites des fronts Est et Ouest, souvent sur une demi‑journée ou une journée, combinant plages de débarquement, mémoriaux et petits musées privés.
Musées de guerre et reliques à ciel ouvert
Au-delà des mémoriaux, l’île abrite de véritables collections d’objets de guerre, parfois à ciel ouvert. Le Vilu War Museum, situé à une vingtaine de kilomètres de Honiara, présente canons japonais, épaves d’avions américains et australiens, ainsi que des plaques commémoratives. On y découvre notamment un hydravion japonais restauré, posé en pleine végétation, ainsi que des batteries antiaériennes et des pièces lourdes.
Plus à l’est, le Betikama Museum fait partie d’un vaste terrain où sont exposés des restes d’avions américains et divers matériels. Sur la plage de Tetere, à environ 40 kilomètres de la capitale, une trentaine de véhicules amphibies, abandonnés à la fin du conflit, reposent dans la végétation ou près du rivage. Un petit musée de la Seconde Guerre mondiale, le Tetere Beach WWII Museum, permet de replacer ces engins dans leur contexte historique.
Les rivières et les collines elles‑mêmes réservent leur lot de découvertes. Dans les environs de la Lunga River ou de Koli Point, des grottes, tranchées et nids de mitrailleuses subsistent. Honiara étant littéralement construite sur l’ancien champ de bataille, il n’est pas rare de croiser, au détour d’un sentier, un vieux char américain, une jeep rouillée ou une carcasse d’avion envahie par la jungle.
Plages, cascades et randonnées sur Guadalcanal
L’image de Guadalcanal ne se résume pas à ses champs de bataille. La côte nord aligne de superbes plages de sable, parfois blanc, parfois noir, bordées de cocotiers et de récifs coralliens.
À Bonegi Beach, près d’Honiara, deux cargos japonais, le Hirokawa Maru (Bonegi 1) et le Kinugawa Maru (Bonegi 2), reposent près du rivage. Le Hirokawa Maru présente une proue peu profonde, idéale pour les débutants, et une poupe profonde dépassant 190 mètres. Le Kinugawa Maru descend à environ 85 mètres à l’arrière, mais ses superstructures émergent dès les premiers mètres, permettant l’observation des coraux et des poissons en snorkeling.
À l’intérieur des terres, les cascades constituent une autre facette incontournable de l’île. Les Mataniko Falls (ou Matanikau Falls) se rejoignent en une à deux heures de marche depuis un village situé à l’arrière de China Town. La rivière se fraie un chemin entre des parois rocheuses, alimentant grottes et bassins naturels où il est possible de se baigner. L’endroit fut aussi le théâtre d’épisodes dramatiques pendant la guerre, certains soldats y ayant trouvé refuge ou y ayant été pris au piège.
Plus sauvage encore, Tenaru Falls se mérite au terme d’une randonnée de plusieurs heures à travers la forêt depuis le centre de l’île, souvent en partance du Parangiju Mountain Lodge. La chute, haute d’une soixantaine de mètres, surgit d’une gorge sombre pour se jeter dans un bassin émeraude, offrant l’une des images iconiques de Guadalcanal. La météo, les crues et la nature privée des terrains rendent l’accompagnement par un guide local indispensable.
Les principaux sites naturels accessibles depuis Honiara peuvent être résumés ainsi :
| Site naturel | Type de lieu | Temps d’accès depuis Honiara |
|---|---|---|
| Bonegi Beach | Plage, plongée | ~30–40 min en voiture vers l’ouest |
| Tetere Beach | Plage, reliques | ~1 h en voiture vers l’est |
| Mataniko/Matanikau Falls | Cascade, grottes | 10–15 min de route + 1–2 h de marche |
| Tenaru Falls | Grande cascade | ~1 h de route + 2–3 h de marche |
| Mont Austen | Colline, vue, oiseaux | ~45 min en voiture |
La Western Province : lagons, épaves et sanctuaires culturels
À l’ouest de Guadalcanal, la Western Province concentre certains des paysages marins les plus célèbres du pays. Lagons géants, îlots couverts de jungle, villages sur pilotis, sanctuaires de crânes et épaves de guerre forment une mosaïque de sites qui attirent plongeurs, passionnés d’histoire et voyageurs curieux de cultures anciennes.
Marovo Lagoon : le plus grand lagon salé du monde
Marovo Lagoon est souvent décrit comme le joyau des îles Salomon. Situé entre les îles de Vangunu et Nggatokae, au cœur des îles New Georgia, ce lagon double‑barrière couvre environ 700 km² pour une longueur d’environ 140 kilomètres, ce qui en fait le plus vaste lagon d’eau salée fermé au monde. Le site est inscrit sur la liste indicative de l’UNESCO dans le cadre du complexe Marovo‑Tetepare, en raison de sa biodiversité extraordinaire.
Les récifs entourant le lagon présentent une couverture corallienne vivante parmi les plus élevées du pays, avec des études indiquant près de 49 % de recouvrement à certains sites exposés, un taux exceptionnel pour la région. Plus de 900 espèces de poissons tropicaux et plus de 1 000 autres espèces marines y ont été recensées, parmi lesquelles des raies manta, des requins de récif, des tortues, des dugongs, des dauphins à long bec et différentes espèces de cétacés comme les orques ou les globicéphales. La visibilité dépasse souvent les 30 mètres et peut atteindre 50 mètres, dans des eaux comprises entre 26 et 30 °C toute l’année.
Le lagon est un espace culturel important où une vingtaine d’îles habitées, ainsi que d’autres désertes, abritent des villages où l’on parle la langue marovo. La population vit principalement d’agriculture vivrière et de pêche artisanale. Les hommes sont particulièrement renommés pour leurs sculptures en bois (ébène, bois dur, kerosène wood), créant des pièces fines représentant des poissons, des esprits, des scènes de la vie quotidienne ou des canoës de guerre miniatures.
Parmi les expériences possibles dans le lagon figurent la plongée sur récifs et épaves de la Seconde Guerre mondiale, notamment des avions immergés, des tombants spectaculaires couverts de gorgones géantes, mais aussi des excursions en pirogue traditionnelle, du kayak entre îlots, de la randonnée vers des cascades ou la découverte de villages où les habitants partagent volontiers leurs savoir‑faire (tressage de feuilles, préparation de mets locaux, fabrication de paniers).
Quelques îles et points d’accès structurent la découverte de Marovo :
| Lieu / île | Particularité pour le visiteur |
|---|---|
| Seghe (aérodrome) | Porte d’entrée par avion, transferts bateau vers lodges |
| Uepi Island | Île‑barrière, resort spécialisé plongée/snorkeling |
| Lola Island | Îlot avec récifs et hébergements, proche de Skull Island |
| Matikuri Island | Petite île isolée, plage de sable blanc |
| Tetepare Island | Grande île inhabitée, réserve marine et forestière |
| Charapoana, Buchi, etc. | Villages, cascades et sites de randonnée |
Les hébergements vont du lodge familial sur pilotis (Marovo Sea Lodge, Pepele Lodge, Kopikorapa Eco Holiday Destination) au resort de plongée plus structuré (Uepi Island Resort). Des croisières en catamaran ou en bateau de plongée comme MV Bilikiki ou certains voiliers permettent de rayonner plus largement.
Skull Island : sanctuaire de crânes et mémoire du headhunting
Au sein de la Vonavona Lagoon, voisine de Marovo, se trouve l’un des lieux culturels les plus impressionnants des îles Salomon : Skull Island, connue localement sous le nom de Nusa Kunda. Il s’agit d’un minuscule îlot couvert d’arbres, aménagé en sanctuaire à ciel ouvert. Sur une plateforme de pierres ou de coraux sont disposés une cinquantaine de crânes humains, parfois protégés par des abris de chaume ou des boîtes en bois sculpté.
Ces restes proviennent principalement de chefs guerriers, de meneurs tribaux et d’ennemis tués lors de raids de chasse aux têtes. Cette pratique, courante autrefois aux îles Salomon, avait pour but de capturer le mana (force spirituelle) de l’adversaire et de protéger la communauté. Elle a cessé à la fin du XIXe et au début du XXe siècle sous l’influence des missions chrétiennes et de l’administration coloniale. Les crânes visibles sur l’îlot ont été rassemblés à cette époque depuis différents sites environnants.
L’accès à Skull Island n’est pas libre : il se fait en bateau, généralement depuis Munda ou depuis des hébergements voisins comme Zipolo Habu Resort sur Lola Island, puis avec l’autorisation d’un chef local. Une redevance coutumière (kastom fee), de l’ordre de quelques dizaines de dollars salomonais, est versée à la communauté, et un rituel d’entrée est parfois effectué par le guide pour demander la permission aux esprits.
Ce caractère sacré impose une attitude respectueuse : il est recommandé de suivre les indications du guide, de demander avant de photographier et de se déplacer calmement. La visite est généralement courte – de l’ordre de 20 minutes – mais marque durablement la mémoire des visiteurs, tant l’endroit condense à la fois la violence de l’histoire régionale et la force des croyances ancestrales.
Munda, Gizo et les épaves de la Western Province
Sur l’île de New Georgia, la petite ville de Munda est un autre point central pour explorer la Western Province. Elle dispose d’un aérodrome et d’hébergements comme l’Agnes Gateway Hotel, qui sert de base aux excursions historiques et aux sorties plongée. La région fut occupée par les Japonais avant de devenir un important camp allié. L’ancien aérodrome de Munda fut même, à une époque, la plus longue piste du sud de l’hémisphère.
Dans les environs immédiats, le Peter Joseph WWII Museum, un musée privé fondé par le collectionneur local Barney Paulsen, illustre la campagne de New Georgia. Sa collection comprend casques, armes, pièces d’avion, radios et divers instruments. À l’extérieur, des canons antiaériens sont encore visibles près de l’aéroport. De nombreux circuits proposent également un « New Georgia WWII day trip » combinant la visite de ces sites terrestres et des épaves sous-marines alentours.
Pour les plongeurs, la Western Province est un terrain de jeu quasi inépuisable. Autour de Munda et Gizo, les épaves de navires comme le Kashi Maru ou le Toa Maru reposent à des profondeurs accessibles, souvent recouvertes de coraux durs et mous, fréquentées par une abondante vie marine. Des sites comme « Grand Central Station », près de Gizo, offrent des « carrefours » de gros pélagiques : bancs de carangues, barracudas, thons à dents de chien ou perroquets à bosse.
La province concentre également plusieurs îles emblématiques, de Kennedy Island – où John F. Kennedy fut sauvé après le naufrage de son patrouilleur PT‑109 – à l’île de Tetepare, la plus grande île inhabitée du Pacifique sud, devenue un laboratoire de conservation géré par l’association des descendants de Tetepare. Ce groupe supervise une aire marine protégée, des zones de non‑prélèvement de 13 kilomètres et une éco‑lodge simple permettant de séjourner au cœur d’une forêt primaire, parmi tortues, dugongs et oiseaux endémiques.
Malaita et Langa Langa Lagoon : berceau de la monnaie de coquillage
À l’est de Guadalcanal, l’île de Malaita est réputée pour sa forte identité culturelle. Elle est le berceau de la monnaie de coquillage, encore utilisée aujourd’hui pour certaines transactions symboliques, notamment le prix de la mariée, les compensations et les cérémonies de réconciliation. La Langa Langa Lagoon, sur la côte ouest de l’île, est au cœur de cette tradition.
Les îles artificielles de Langa Langa
La Langa Langa Lagoon abrite une série d’îles artificielles construites il y a environ 150 ans par les ancêtres de la population langalanga. Faute de terres arables sûres sur la côte – en raison de conflits ou de risques naturels – ces communautés ont édifié leurs villages en amas de corail, créant des plateformes surélevées où se dressent maisons et structures communautaires. Certaines de ces îles, comme Laulasi, sont ouvertes aux visiteurs et proposent démonstrations culturelles et hébergements en homestay.
Les Langalanga se sont spécialisés dans la fabrication de monnaies de coquillage, appelées tafuliae ou bata. Selon une tradition orale, ce savoir aurait été transmis par une femme venue de Bougainville, passée par Guadalcanal et Small Malaita avant de s’installer dans la lagune. La production repose sur quatre types de coquillages : le romu (huître à lèvre rouge), le ke’e (coquille blanche), le kurila (moule noire) et le kakadu (disque blanc des mangroves). Les hommes plongent pour récolter les coquilles et les polissent, tandis que les femmes les brisent, percent et préparent les perles.
Une tafuliae complète se compose de dix cordons de petites perles rouges, blanches et noires, parfois terminés par des extrémités de tissu rouge. Leur longueur varie de six à neuf pieds et leur valeur reste significative dans la société malaitaine. Aujourd’hui, ces perles servent aussi à fabriquer colliers, bracelets ou boucles d’oreilles destinés au marché touristique, mais elles conservent une dimension rituelle forte lors des mariages ou des compensations coutumières.
Les visiteurs peuvent vivre plusieurs expériences immersives liées à la tradition du shell money. Ils peuvent observer des démonstrations de fabrication dans des villages comme Busu, séjourner dans des hébergements locaux tels que le Bataiasi Homestay ou Serah’s Hideaway, et participer au Shell Money Festival. Ce festival de deux jours célèbre la tradition par des danses, des chants et des repas communautaires.
Marchés et culture vivante à Auki
Auki, chef‑lieu de Malaita, sert de point d’entrée pour rejoindre la Langa Langa Lagoon (compter environ une heure de bateau). Son marché est l’un des plus riches de l’archipel en produits locaux : tubercules, fruits, poissons, coquillages, mais aussi monnaies de coquillage et objets artisanaux. On peut y observer, en direct, les échanges entre différentes communautés malaitaines, et parfois repérer les fameux colliers de tafuliae circulant comme moyen de paiement dans certaines transactions.
Les alentours de Malaita abritent par ailleurs d’autres lagunes comme Lau Lagoon, où plus de 60 îles artificielles et maisons sur pilotis prolongent la tradition de la vie sur l’eau. La province est également renommée pour ses ensembles de flûtes de Pan, notamment chez les Are Are, dont la musique, à la fois complexe et hypnotique, accompagne souvent les cérémonies.
Les îles de la guerre : Tulagi, Iron Bottom Sound et les épaves de la Seconde Guerre mondiale
Au nord de Guadalcanal, le bras de mer appelé Iron Bottom Sound – littéralement « le son au fond de fer » – doit son nom aux dizaines de navires de guerre et d’avions qui y gisent. Il sépare l’île principale de Savo et des Florida Islands (Nggela), où se trouvait l’ancienne capitale, Tulagi. Pour les amateurs d’histoire et de plongée, c’est l’un des secteurs les plus fascinants des îles Salomon.
Tulagi et les Florida Islands
Tulagi fut, avant Honiara, le centre administratif du Protectorat britannique. Pendant la guerre, l’île et les petites îles avoisinantes, comme Gavutu et Tanambogo, ont été le théâtre de combats acharnés. Aujourd’hui, le calme est revenu, mais les traces du conflit sont partout : grottes fortifiées, ruines de bunkers, croix commémoratives et épaves d’avions.
Découvrez l’histoire de la Seconde Guerre mondiale à travers des visites guidées et des plongées sur des épaves emblématiques, organisées par des opérateurs locaux expérimentés.
Organise des visites combinant découverte historique et sessions de plongée pour explorer les sites maritimes de la région.
Spécialiste des excursions de plongée pour explorer les épaves historiques, notamment dans les eaux de Tokyo Bay.
Explorez des vestiges sous-marins comme le destroyer japonais Kikuzuki et divers avions immergés dans cette baie des Nggela Islands.
Excursions au départ de Honiara pour découvrir Gavutu Island, Tokyo Bay et Savo Island, riches en histoire et en sites de plongée.
Iron Bottom Sound : cimetière sous‑marin
Iron Bottom Sound concentre un nombre impressionnant d’épaves, estimé à plus de 200 navires et près de 700 avions pour l’ensemble de la campagne. Certains sites emblématiques ne sont accessibles qu’aux plongeurs expérimentés, en raison de la profondeur, tandis que d’autres se prêtent au snorkeling.
Parmi les épaves remarquables figurent le destroyer américain USS Aaron Ward, reposant à environ 230 pieds de fond, toujours dressé, ses canons en position, ou encore des navires comme LST342, des cargos japonais et des pétroliers. Des hydravions Kawanishi, des chasseurs américains F4F Wildcat, des bombardiers en piqué SBD Dauntless ou des chasseurs Corsair jalonnent les fonds dans un rayon plus large autour de Guadalcanal.
Les épaves de la région témoignent des combats navals et aériens de la guerre. Elles constituent également des récifs artificiels spectaculaires, colonisés par les coraux et peuplés de poissons tropicaux, ce qui explique l’engouement des plongeurs internationaux pour ces sites.
White Beach et les dépotoirs de guerre sous-marins
Dans d’autres zones de l’archipel, les Américains ont intentionnellement rejeté à la mer d’énormes quantités de matériel en fin de guerre. White Beach, site historique plus qu’une plage au sens classique, abrite ainsi un « cimetière » de camions, bulldozers, caisses de munitions et autres engins, aujourd’hui posés sur le fond marins. Ces dépôts forment des paysages sous‑marins surréalistes, particulièrement appréciés des plongeurs en quête de photographie d’ambiance.
De façon générale, les îles Salomon comptent plus de 400 sites de plongée identifiés, dont une forte proportion liée à la Seconde Guerre mondiale. Des liveaboards comme Bilikiki Cruises ou Solomons Master naviguent entre Guadalcanal, Florida Islands, Russell Islands, Mary Island, Marovo et Gizo, proposant plusieurs plongées quotidiennes, de jour comme de nuit, avec une eau claire (souvent plus de 30 m de visibilité) et des températures oscillant entre 26 et 31 °C.
Au-delà des lagons célèbres et des champs de bataille, les îles Salomon abritent une mosaïque de réserves terrestres et marines où la biodiversité atteint des niveaux remarquables. Les programmes de conservation et les aires gérées par les communautés locales ouvrent la voie à un écotourisme encore confidentiel, mais plein de promesses.
Rennell et Lake Tegano : l’unique site UNESCO du pays
Rennell Island, dans la province de Rennell et Bellona, est le plus grand atoll de corail surélevé du monde. Sa partie orientale, East Rennell, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au centre de l’île s’étend le Lake Tegano (ou Te Nggano), ancienne lagune devenue le plus vaste lac insulaire du Pacifique. Bordé de falaises calcaires, de forêts denses et de petites îles, le site est réputé pour ses oiseaux endémiques et ses paysages austères.
Le lac abrite des reliques de la Seconde Guerre mondiale, comme des restes de Catalina, hydravions alliés utilisés pour les patrouilles. Les visiteurs peuvent pagayer en pirogue, observer les oiseaux, camper dans des villages et découvrir la relation intime entre les habitants et leur environnement lacustre.
Tetepare : la grande île inhabitée
Tetepare, déjà mentionnée comme partie du complexe Marovo‑Tetepare, est la plus grande île inhabitée du Pacifique sud, avec environ 46 miles carrés de forêts primitives, mangroves et plages désertes. Abandonnée il y a quelque 150 ans pour des raisons encore discutées, l’île n’est aujourd’hui occupée que par les rangers de l’association des descendants de Tetepare (TDA) et par quelques installations de l’éco‑lodge.
Les plages de Tetepare sont des sites de ponte cruciaux pour des tortues menacées, comme la tortue imbriquée. Des rangers patrouillent pour protéger les nids. Des programmes scientifiques surveillent aussi les dugongs, les coraux et la faune forestière. Les visiteurs peuvent participer à ces activités de conservation, ainsi qu’à des randonnées, de la plongée, pour une expérience immersive en nature.
Entre les îles de Santa Isabel et Choiseul se trouvent les Arnavon Islands, au cœur de l’Arnavon Community Marine Conservation Area, créée en 1995. Cette aire marine d’environ 169 km² abrite la plus grande colonie de tortues imbriquées du Pacifique Sud. La saison de ponte, qui atteint un pic entre juin et août, offre l’occasion d’observer les femelles venant nidifier sur les plages de sable, ainsi que l’émergence des nouveau‑nés.
Cette aire protégée est cogérée par les communautés locales, illustrant un modèle de gestion participative. Elle abrite une riche biodiversité, incluant des tortues, une variété de poissons, des invertébrés et des coraux. Cette richesse naturelle en fait une destination privilégiée pour le snorkeling et la plongée, activités pratiquées dans le cadre d’un écotourisme régulé.
Kolombangara et les montagnes intérieures
Sur l’île de Kolombangara, un volcan éteint de forme presque parfaite, la Kolombangara Forest Reserve couvre environ 28 % de la surface, formant la plus vaste zone forestière protégée du pays. Les sommets comme le mont Veve (1 779 m) ou le mont Rano (1 698 m) abritent des forêts montagnardes et une avifaune endémique, raison pour laquelle des lodges comme Imbu Rano accueillent les ornithologues et randonneurs.
Plus largement, l’archipel compte au moins 199 espèces d’oiseaux, dont près de 70 endémiques ou quasi endémiques, ainsi qu’un cortège de mammifères, reptiles et plantes rares. Des sentiers de randonnée existent également sur Guadalcanal (jusqu’au mont Popomanaseu, plus haut sommet du pays), à Santa Isabel ou Makira, mais demandent souvent plusieurs jours de marche et une bonne logistique locale.
Santa Isabel, Makira et les îles les plus reculées : traditions vivantes et festivals
Certaines îles des Salomon restent très éloignées des circuits classiques et demandent davantage de temps et d’efforts pour être atteintes. En échange, elles offrent des expériences culturelles d’une intensité rare, où le visiteur est souvent l’un des seuls étrangers présents.
Santa Isabel : villages sur pilotis et concerts de flûtes de Pan
Santa Isabel est la plus longue île de l’archipel, avec environ 200 km de longueur. Elle est réputée pour sa culture villageoise encore très vivante : maisons sur pilotis le long des lagunes, danses traditionnelles, musique de flûtes de Pan et sanctuaires de crânes, témoins des anciennes pratiques de chasse aux têtes. Les habitants parlent parfois jusqu’à huit langues différentes sur l’île.
Les points d’accès de Suavanao ou Fera sont les portes d’entrée pour des séjours dans des lodges comme le Papatura Island Retreat. Ce lodge est réputé pour organiser des sessions de surf guidées et des excursions de pêche. Il cible particulièrement les voyageurs recherchant des rencontres authentiques, des activités de surf ou de pêche, et l’observation des oiseaux.
Makira-Ulawa : crocodiles, requins et festival des lances
La province de Makira‑Ulawa, longtemps restée isolée, recèle des traditions singulières. Sur l’île de Santa Catalina, le Wagosia Festival met en scène un impressionnant rituel de purification : des groupes d’hommes s’affrontent à la lance sur la plage, puis traversent un feu ardent avant de partager un grand repas communautaire. Le nombre de visiteurs est volontairement maintenu faible pour préserver l’intégrité de la cérémonie.
D’autres pratiques étonnantes survivent dans certains villages de Makira et d’Ulawa, comme le « crocodile wrestling », un art consistant à capturer les reptiles dans les mangroves, ou l’existence d’un « trou à requins » sous l’autel d’une église à Suholo, lieu où les fidèles viennent observer les requins affleurant dans l’obscurité.
Makira est également connue pour la qualité de ses fèves de cacao, à l’origine de chocolats artisanaux en plein essor dans l’archipel.
Quand partir et comment découvrir ces sites ?
Les îles Salomon bénéficient d’un climat tropical chaud et humide toute l’année, avec des températures oscillant en moyenne entre 21–22 °C la nuit et 30–32 °C le jour. La mer reste chaude, généralement au‑dessus de 26 °C. On distingue toutefois des périodes plus sèches et plus humides.
La saison sèche, de mai à octobre, est idéale avec moins de pluie, une humidité supportable et une mer calme facilitant les déplacements et la plongée. Les mois de juin à septembre sont populaires auprès des Australiens et Néo-Zélandais, ce qui peut augmenter les prix. La saison humide, de novembre à avril, connaît des pluies importantes, surtout entre décembre et mars, période officielle des cyclones, bien que le pays soit généralement épargné par les plus violents.
Pour la plongée, les conditions restent bonnes toute l’année, mais de nombreux opérateurs recommandent la période d’avril à novembre. Pour l’observation des tortues imbriquées aux Arnavon Islands, la fenêtre de juin à août est considérée comme optimale. La randonnée en altitude, en revanche, se pratique plus confortablement pendant les mois les plus secs.
L’aéroport international de Honiara est la principale porte d’entrée, avec des vols depuis Brisbane, Nadi, Port Vila et Port Moresby. Un réseau de petits aéroports (Munda, Gizo, Seghe, etc.) relie les îles par des vols intérieurs. Pour de nombreuses destinations, le bateau (canot, ferry ou pirogue) reste le seul moyen d’accès.
Un tourisme encore confidentiel, mais en plein devenir
Avec un peu moins de 30 000 visiteurs annuels avant la pandémie, les îles Salomon restent à l’écart du tourisme de masse. L’offre d’hébergement se compose principalement de lodges écologiques, pensions familiales, bungalows sur la plage et quelques hôtels en ville. L’infrastructure est parfois rustique, la connexion internet capricieuse, mais c’est précisément ce qui fait le charme de la destination pour de nombreux voyageurs.
Les autorités locales promeuvent l’écotourisme et le tourisme communautaire, incluant hébergement chez l’habitant, petits groupes, et découvertes culturelles encadrées par les villages. Des festivals comme la Weaving Festival à Guadalcanal, le Shell Money Festival à Malaita, le Lagoon Festival de Munda ou le Kennedy Island Swim près de Gizo valorisent la culture vivante, au même titre que les sites naturels et historiques.
Pour le visiteur, cela implique de respecter quelques principes simples : passer par des guides locaux pour accéder à certains sites (champs de bataille, cascades, villages coutumiers), accepter le paiement éventuel de petites redevances coutumières, privilégier les hébergements et opérateurs impliqués dans la protection de l’environnement, et se renseigner sur les usages locaux avant de photographier personnes, objets sacrés ou cérémonies.
Découvrez les principaux grands types de sites à visiter aux Îles Salomon, une destination riche en histoire et en nature.
Explorez des épaves historiques de la Seconde Guerre mondiale et des récifs coralliens d’une biodiversité exceptionnelle.
Partez à la rencontre des communautés locales et découvrez leurs modes de vie, leurs artisanats et leurs coutumes ancestrales.
Visitez des musées en plein air, des aérodromes et des monuments qui témoignent des batailles du Pacifique.
Randonnez dans des écosystèmes préservés, abritant une faune et une flore uniques au monde.
Profitez de plages de sable blanc immaculées et d’eaux turquoise pour une détente absolue.
| Catégorie de site | Exemples marquants | Expérience clé pour le visiteur |
|---|---|---|
| Champs de bataille & mémoriaux | Bloody Ridge, Skyline Ridge, Henderson Field, Tulagi, Iron Bottom Sound | Comprendre la campagne de Guadalcanal, visiter épaves et mémoriaux |
| Lagons & récifs | Marovo Lagoon, Vonavona Lagoon, Langa Langa, Lau Lagoon | Plongée, snorkeling, kayak, village life |
| Sanctuaires culturels | Skull Island, skull shrines de Santa Isabel, Langa Langa shell money | Approcher les anciens cultes et symboles du kastom |
| Sites UNESCO / protégés | East Rennell/Lake Tegano, Tetepare, Arnavon Islands, Kolombangara Reserve | Écotourisme, observation de la biodiversité |
| Cascades & montagnes | Tenaru Falls, Mataniko Falls, Mt Austen, Mt Popomanaseu | Randonnée, baignade en rivière, birdwatching |
| Villages & festivals | Wagosia (Santa Catalina), Shell Money Festival (Malaita), Lagoon Festival (Munda) | Immersion culturelle et cérémonielle |
De Guadalcanal à Marovo, de Malaita à Rennell, les îles Salomon offrent ainsi une constellation de sites touristiques qui n’ont rien à envier aux destinations plus célèbres du Pacifique. Ce qui les distingue toutefois, c’est la sensation d’être en permanence au tout début d’une histoire touristique encore en train de s’écrire, au contact direct des habitants, dans des paysages où la nature et la mémoire semblent, partout, reprendre leurs droits.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Îles Salomon, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur fiscalité avantageuse sur les revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, la possibilité de structurer des investissements internationaux via des véhicules locaux, et un coût de vie bien inférieur à celui de la France, tout en offrant un environnement insulaire préservé. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention d’un titre de résidence avec achat de résidence principale, coordination couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et intégration patrimoniale. Ce dispositif a permis de réduire de plus de 50 % la pression fiscale globale tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôle français.
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