S’installer aux îles Salomon : comprendre et réussir les démarches administratives

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Vivre aux îles Salomon ne se résume pas à un simple changement de décor tropical. Pour un expatrié, un investisseur ou un travailleur étranger, le projet repose d’abord sur un socle administratif solide : visas, permis de travail, résidence, fiscalité, santé, importation de biens, cadre bancaire et, à plus long terme, éventuelle demande de citoyenneté. Le tout dans un pays insulaire de plus de 900 îles, au système juridique inspiré du droit britannique, avec des infrastructures limitées et une administration encore largement papier.

Bon à savoir :

Avant de s’installer aux îles Salomon, il est crucial de bien comprendre et préparer les formalités administratives. Cela permet de gagner du temps, d’éviter des refus coûteux et d’assurer une installation dans les meilleures conditions possibles pour un séjour durable.

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Comprendre le contexte : un État insulaire exigeant avec les étrangers

Les îles Salomon forment une monarchie parlementaire du Commonwealth, avec Honiara pour capitale et environ 700 000 habitants. Le pays fonctionne sur un modèle de démocratie de type Westminster, avec un droit largement fondé sur la common law anglaise. L’anglais est la langue officielle des institutions et des affaires, ce qui simplifie les échanges pour de nombreux étrangers.

Attention :

Le pays, classé comme ‘moins avancé’, présente des obstacles structurels pour les expatriés, avec un faible PIB par habitant, une économie basée sur l’agriculture, la pêche et la foresterie, un territoire insulaire dispersé et une administration non entièrement dématérialisée.

les autorités protègent de façon active l’emploi local et le contrôle des investissements étrangers ;

les démarches sont souvent plus longues, plus fragmentées et plus sensibles aux erreurs qu’en Europe ou en Amérique du Nord.

Vivre légalement aux îles Salomon impose donc une double discipline : bien choisir son statut (visiteur, salarié, investisseur, résident de long terme) et suivre, étape par étape, un enchaînement de procédures auprès de plusieurs ministères.

Entrer, rester, travailler : le triptyque visa – permis de travail – résidence

Aux îles Salomon, trois blocs juridiques structurent la présence d’un étranger : le visa d’entrée/séjour, le permis de travail et, pour ceux qui s’installent durablement, le statut de résident de long terme, voire la citoyenneté.

Le visa de court séjour : point de départ, jamais une porte d’entrée vers le travail

La plupart des nouveaux arrivants découvrent les îles Salomon via un simple permis de visite. Plusieurs régimes coexistent selon la nationalité :

certains pays bénéficient d’un permis de visite gratuit délivré à l’arrivée, valable jusqu’à trois mois sur une période de douze mois (c’est le cas notamment de nombreux États du Pacifique, d’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de pays européens, d’Amérique du Nord et d’Asie) ;

les citoyens de l’Union européenne (sauf l’Irlande), ainsi que ceux de la Norvège, de l’Islande, du Liechtenstein et de la Suisse, peuvent séjourner sans visa 90 jours sur toute période de 180 jours, en vertu d’un accord de suppression de visas ;

des accords spécifiques accordent 30 ou 60 jours sans visa à certains pays comme la Malaisie, Singapour ou les États membres du Melanesian Spearhead Group (Fidji, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Vanuatu) ;

– d’autres nationalités doivent, avant même d’embarquer, obtenir un accord préalable du Directeur de l’immigration.

Dans tous les cas, certains prérequis sont incontournables à l’arrivée : passeport valable au moins six mois, billet retour ou de continuation, moyens financiers suffisants et visas nécessaires pour les destinations suivantes.

Le permis de visite interdit formellement de travailler, de faire du commerce, de pratiquer une activité religieuse structurée ou de mener des recherches sans autorisation. Il peut exceptionnellement être prolongé jusqu’à six mois au total en cas de « circonstances particulières », mais il n’ouvre aucune voie automatique vers le travail ou la résidence.

Les visas de long séjour : choisir la bonne catégorie

Pour vivre réellement aux îles Salomon, il faut quitter le régime de visiteur et basculer vers un visa de long séjour. Ces visas sont traités par la Division de l’immigration et doivent être demandés avant l’arrivée dans le pays, sauf cas particuliers. Parmi les principales catégories :

Exemple :

Le système d’immigration des Îles Salomon propose plusieurs types de visas de long séjour, chacun avec des critères spécifiques. Le **visa de long terme pour emploi** est destiné aux personnes recrutées par une entreprise locale, d’une durée initiale maximale de deux ans et conditionné par l’obtention d’un permis de travail. Le **visa étudiant de long terme** permet de suivre une formation longue dans une institution reconnue. Le **visa de long terme de « but spécial »** couvre souvent les volontaires, chercheurs ou participants à des projets de coopération. Le **visa de dépendant (long terme)** est pour le conjoint et les enfants mineurs accompagnant un titulaire de visa long séjour. Le **visa de relation familiale** s’applique aux proches d’un citoyen salomonais. Enfin, le **visa de résident de long terme** est délivré après cinq ans de résidence continue, valable cinq ans et renouvelable.

La demande se fait auprès du Directeur de l’immigration, par courrier ou via les canaux officiels, avec un dossier assez classique : formulaire, photos, passeport, lettre expliquant le motif du séjour, preuves de ressources, certificat de police, certificat médical. Des frais parfois élevés s’appliquent, surtout pour les catégories liées au travail ou à la résidence longue durée.

Le permis de travail : un filtre strict pour protéger l’emploi local

Impossible de travailler légalement aux îles Salomon sans permis de travail, sauf rares exceptions (diplomates, personnels d’organisations internationales, fonctionnaires de certains États du Commonwealth, mineurs). Ce permis n’a rien d’une formalité : il constitue le cœur du dispositif de protection du marché du travail.

Le dossier est instruit par la Labour Division, sous l’autorité du Commissaire au travail. Il existe une logique générale :

Labour Division du ministère du Commerce, de l’Industrie, du Travail et de l’Immigration

l’employeur doit démontrer qu’aucun Salomonais qualifié n’est disponible pour le poste ;

– il doit prouver que le candidat étranger est réellement qualifié (diplômes, expérience, références) ;

– il lui est demandé de présenter un plan de formation et de « localisation » des compétences (programme pour transmettre le savoir-faire à des salariés locaux) ;

– le poste doit avoir été proposé localement, avec justification de la non-sélection des candidats nationaux.

Les formulaires (notamment LAB IMM 14) doivent être accompagnés de plusieurs pièces : contrat de travail, curriculum vitae, copies certifiées des diplômes, lettres de recommandation, certificat d’enregistrement de la société, certificat d’investissement étranger si l’employeur est contrôlé par des non-résidents, schéma d’organisation de l’entreprise, programme de formation des Salomonais.

Les délais annoncés varient : certains documents parlent de 7 jours pour un investisseur et 14 pour un salarié, mais dans la pratique, plusieurs semaines – voire deux mois – sont fréquents, surtout si des compléments sont demandés.

Coût et durée du permis de travail

Le système de frais est structuré selon la durée du permis. Les montants suivants (en dollars locaux, avec correspondance indicative en dollars américains) donnent un ordre de grandeur :

Type de fraisMontant SBD / USDCommentaire principal
Formulaire de demandeenv. 5 USDAchat du formulaire officiel
Frais de dépôt de demandeenv. 200 USDNon remboursable, à payer à la soumission
Approbation < 3 moisenv. 150 USDPermis court terme
Approbation 3–6 moisenv. 200 USD
Approbation 6–8 moisenv. 350 USD
Approbation 8–12 moisenv. 500 USDPermis annuel classique
Approbation 12–15 moisenv. 650 USD
Approbation 15–18 moisenv. 950 USD
Approbation 18–20 moisenv. 1 000 USD
Approbation 20–24 moisenv. 1 100 USDDurée maximale, deux ans
Frais de recours (appeal)env. 500 USDEn cas de refus de permis
Frais de variation (changement)env. 500 USDChangement de poste ou d’employeur

Les textes citent directement les montants en USD, l’équivalent exact en SBD varie selon le taux de change.

Une fois le permis de travail approuvé « en principe », l’employeur paie les frais d’approbation définitive. Le document est ensuite transmis à l’Immigration, qui délivre le visa de long terme correspondant.

Visa long terme pour emploi : le prolongement du permis de travail

Le visa d’emploi de long terme est la pièce qui permet au détenteur du permis de travail de vivre et d’entrer/sortir du pays. Son modèle est le suivant :

Caractéristiques du visa de travail

Principales informations concernant la validité, les conditions de séjour et les possibilités de renouvellement de ce visa.

Validité initiale

Le visa est valable pour une durée de base de deux ans.

Modalités d’entrée

Ce visa permet des entrées multiples sur le territoire pendant sa période de validité.

Conditions de séjour

La durée et les conditions du séjour sont strictement alignées sur celles du permis de travail délivré.

Prolongation

Le visa peut être prolongé tant que le permis de travail associé est renouvelé.

Les pièces exigées incluent : passeport, permis de travail, certificat de police, certificat médical, attestation de mariage pour un conjoint, lettre d’indemnité de l’employeur. Des frais d’environ 450 USD s’appliquent pour la délivrance initiale, auxquels s’ajoutent des frais de traitement et des coûts pour les éventuelles prolongations.

Dépendants : vivre sur place sans travailler

Les conjoints et enfants de moins de 18 ans peuvent demander un visa de dépendant, adossé au statut du titulaire principal. Ce visa permet de résider légalement, d’inscrire les enfants à l’école et de bénéficier d’une certaine stabilité familiale. En revanche, il ne donne pas droit au travail. Si un conjoint souhaite exercer une activité professionnelle, il doit solliciter son propre permis de travail et le visa correspondant.

Pour les dépendants, les autorités vérifient en particulier :

la réalité du lien familial (actes de mariage, de naissance) ;

la capacité financière du titulaire principal à subvenir aux besoins de la famille ;

l’absence de casier judiciaire et la situation médicale.

Respecter les conditions : un impératif absolu

Le système des visas et permis de travail est étroitement surveillé. En pratique :

toute activité professionnelle non déclarée, ou pour un employeur différent de celui qui sponsorise le permis, est illégale ;

un étranger qui reste au-delà de la durée autorisée s’expose à une expulsion immédiate, des amendes et un bannissement de fait ;

– les employeurs peuvent être sanctionnés en cas d’emploi de travailleurs en situation irrégulière ou de non-respect des engagements de formation de la main-d’œuvre locale.

Les autorités effectuent parfois des contrôles sur les lieux de travail. La prudence consiste donc à toujours aligner la réalité (poste, localisation, durée, employeur) avec ce qui figure sur les permis.

Investir, créer une entreprise, acheter un bien : la dimension « business »

Pour les expatriés qui s’installent dans une logique entrepreneuriale ou d’investissement, l’aspect administratif est encore plus dense. Il combine au minimum trois volets : enregistrement comme investisseur étranger, création d’une structure et obtention éventuelle de droits sur un terrain ou un immeuble.

Devenir investisseur étranger : l’indispensable certificat

Toute activité économique détenue ou contrôlée par des étrangers doit passer par la Foreign Investment Division du ministère du Commerce. Le point de départ est l’obtention d’un Foreign Investment Certificate (FIC). Sans lui, il est théoriquement interdit de :

lancer une activité économique ;

signer des contrats liés à un investissement ;

– entamer plusieurs démarches connexes (work permits, licences, etc.).

La demande repose sur :

un formulaire spécifique (souvent appelé Form 2) ;

un business plan succinct mais crédible ;

– une description de la structure juridique envisagée (entreprise individuelle, société à responsabilité limitée, succursale, coentreprise) ;

– les pièces d’identité et CV des fondateurs ;

– le paiement d’un droit d’enregistrement, aux alentours de 2 400 SBD.

Astuce :

L’administration vérifie trois critères essentiels : que le projet n’entre pas dans un secteur réservé aux nationaux, que l’investisseur est solvable, et que l’activité s’insère dans la stratégie de développement du pays. Lorsque le dossier est complet, le délai de traitement annoncé est d’environ cinq jours ouvrables, mais il dépend fortement de la qualité de sa préparation.

Enregistrer sa société : l’étape Company Haus

Une fois le certificat d’investissement obtenu, il faut créer la structure légale via la plateforme officielle Solomon Islands Business Registry, gérée par Company Haus. Le schéma le plus courant pour un étranger est la Private Limited Company, équivalent local de la SARL.

Les grandes lignes du processus :

choisir et réserver une dénomination sociale conforme aux règles locales ;

déposer les statuts (constitution), la liste des actionnaires et des administrateurs, l’adresse du siège social ;

– payer les frais de constitution, de l’ordre de 1 500 SBD pour une société locale (plus pour une société étrangère enregistrant une succursale) ;

– obtenir un certificat d’incorporation.

Les sociétés doivent ensuite déposer chaque année un « annual return », s’acquitter d’une redevance correspondante et tenir leur registre à jour. Dans cette séquence, on constate déjà que l’administration demande souvent les mêmes informations à différents niveaux : CV du dirigeant, copie de passeport, plan d’affaires, etc. D’où l’intérêt de préparer un dossier numérique complet réutilisable.

Licences, fiscalité, numéro d’identification : la couche réglementaire

Créer une société et obtenir un certificat d’investisseur étranger ne suffit pas. Selon l’activité et l’implantation, viennent s’ajouter :

2000

Le barème annuel des droits de licence d’activité peut dépasser 2000 SBD pour certains secteurs aux Îles Salomon.

La fiscalité des entreprises repose sur un taux de 30 % pour les sociétés résidentes (35 % pour les non-résidentes) appliqué au bénéfice net. Il n’existe pas d’impôt général sur la fortune ni de taxe sur la plupart des plus-values, mais des taxes sur les biens et les ventes peuvent atteindre 10 à 15 %.

Acheter ou louer un bien immobilier : un terrain miné pour les étrangers

Le système foncier des îles Salomon est l’un des plus sensibles de la région. Environ 87 % des terres sont coutumières, c’est-à-dire détenues collectivement par des clans, selon des règles traditionnelles. Les étrangers ne peuvent pas acheter directement ces terres, et même les accords de location y sont complexes, soumis à l’approbation d’une communauté plutôt que d’un propriétaire unique.

Le reste du territoire est constitué de terres enregistrées dans un cadastre national, divisées en deux catégories principales :

Perpetual Estate (proche d’un droit de propriété perpétuel) ;

Fixed-Term Estate (bail à durée déterminée, souvent jusqu’à 75 ans).

Les étrangers ne peuvent pas acquérir de Perpetual Estate, mais ils peuvent détenir un bail de longue durée (Fixed-Term Estate) sur une parcelle enregistrée, notamment pour y construire, exploiter un hôtel ou une structure touristique. Toute transaction doit être approuvée par le Commissaire aux terres, enregistrée au registre foncier et, bien souvent, validée par la Division de l’investissement étranger.

Dans la pratique, la prudence recommande :

de privilégier des terrains déjà immatriculés, avec un titre clair ;

de faire vérifier tous les documents par un avocat local expérimenté ;

de tenir compte des risques naturels (cyclones, séismes, inondations) qui pèsent sur la valeur et l’assurabilité du bien.

Importer ses biens, un véhicule ou un animal : le filtre des douanes

L’autre pilier administratif d’une installation réussie, ce sont les douanes. Aux îles Salomon, la Customs and Excise Division (SICED) gère non seulement la perception des droits et taxes, mais aussi la sécurité des frontières et la conformité environnementale.

Effets personnels et déménagement : pas de franchise automatique

Contrairement à certains pays qui offrent des franchises de droits pour les effets personnels d’un nouvel arrivant, les îles Salomon sont plutôt restrictives. La règle générale est la suivante :

seules les personnes disposant d’un statut diplomatique ou d’un mandat d’aide/projet bénéficiant d’exemptions formelles peuvent importer leurs effets personnels sans droits de douane ;

les autres expatriés et résidents de retour doivent payer droits et taxes sur la base de la valeur CIF (coût + assurance + fret) fixée par les douanes.

La plupart des compagnies de déménagement spécialisées recommandent :

– de ne pas mélanger dans un même envoi effets personnels et marchandises commerciales ;

– de préparer un inventaire détaillé (Declaration of Contents) accompagné de factures ou, à défaut, d’évaluations réalistes ;

– de veiller au respect de la norme ISPM15 pour les emballages en bois ;

– d’anticiper des frais de quarantaine et des taxes portuaires.

Bon à savoir :

Les biens personnels utilisés depuis plus de six mois peuvent parfois bénéficier d’allégements fiscaux. Cependant, cette possibilité est soumise à la présentation d’une preuve d’usage antérieur convaincante et ne dispense pas du paiement des taxes de port.

Marchandises interdites ou strictement contrôlées

La liste des produits interdits à l’importation est relativement large. On y trouve notamment :

drogues et stupéfiants, armes et explosifs, munitions sans autorisation policière ;

– pornographie, littérature jugée subversive ou offensante, appareils de jeu illégaux, feux d’artifice ;

– certains produits chimiques, pesticides, engrais non déclarés, solvants, produits corrosifs ou facilement inflammables ;

– aliments frais (fruits, légumes, viandes) et produits animaux non autorisés, sauf exceptions (par exemple, certains fruits en provenance de Nouvelle-Zélande) ;

graines, plantes vivantes et certains produits agricoles sans permis phytosanitaire.

D’autres biens, comme l’alcool ou le tabac, sont tolérés dans des limites précises, avec des franchises en quantité : typiquement 200 cigarettes ou l’équivalent en tabac, et deux litres d’alcool pour les voyageurs majeurs.

Véhicules : une procédure lourde, à réserver aux cas particuliers

Importer une voiture n’est pas interdit, mais décrit comme « compliqué », voire dissuasif pour un particulier. En résumé :

Attention :

Seuls les diplomates bénéficient d’une franchise complète de droits à l’importation. Tous les autres importateurs doivent régler des droits et taxes, calculés sur la valeur CIF à des taux souvent élevés. La procédure administrative est complète et comprend : la fourniture des documents de transport (comme le connaissement), le dépôt d’une déclaration d’importation (SAD), une inspection des marchandises, le paiement des droits, l’obtention des autorisations de sortie du port et le paiement des redevances portuaires.

Avant d’envisager l’envoi d’un véhicule, la plupart des cabinets de logistique conseillent de consulter un transitaire local expérimenté pour vérifier la pertinence économique de l’opération.

Animaux de compagnie : conditions draconiennes

Importer un animal de compagnie est possible, mais soumis à des règles très strictes :

– un permis d’importation doit être obtenu avant le départ ; la simple présence d’un certificat vétérinaire ne suffit pas ;

– les animaux doivent voyager en fret manifesté, sous lettre de transport aérien ; le voyage en cabine ou en soute comme « bagage accompagné » est exclu ;

– seuls les animaux provenant d’Australie, de Nouvelle-Zélande et de Grande-Bretagne peuvent, en principe, être admis ;

– vaccin antirabique et certificats sanitaires complets sont obligatoires ;

– une quarantaine pouvant aller jusqu’à quatre mois dans une installation agréée est imposée, selon le pays d’origine.

Cette barrière sanitaire, très élevée, s’explique par la volonté de protéger un écosystème insulaire fragile de la rage et d’autres maladies animales.

Ouvrir un compte bancaire et gérer son argent

Vivre aux îles Salomon suppose très vite de pouvoir payer un loyer, des factures d’électricité, de téléphone, ou encore de recevoir un salaire. Le système bancaire local reste relativement restreint, mais plusieurs acteurs internationaux sont présents, comme ANZ ou des établissements régionaux (BSP, Pan Oceanic Bank).

Conditions d’ouverture de compte

Les banques exigent un dossier d’ouverture assez détaillé, inspiré des standards internationaux de lutte contre le blanchiment :

Bon à savoir :

Pour ouvrir un compte bancaire, il faut généralement fournir : un formulaire de demande rempli en lettres capitales, une copie du passeport (et parfois d’un autre document d’identité), un justificatif d’adresse locale ou à défaut une attestation de l’employeur ou d’un tiers client, des informations sur l’emploi, les revenus, l’origine des fonds et l’objectif du compte (salaire, épargne, etc.), et parfois une lettre de référence bancaire d’un établissement précédent.

La banque BRED, par exemple, distingue trois catégories de documents (A, B, C) et demande une combinaison (deux pièces de type A, ou une A et une B/C). Les documents de type A sont des pièces d’identité officielles avec photo (permis de conduire, carte d’électeur, carte de pension, titre de séjour, etc.). Ceux de type B sont des justificatifs sans photo mentionnant l’adresse. Les documents de type C sont des lettres ou attestations officielles récentes, avec coordonnées complètes.

Un dépôt minimum assez modeste, parfois autour de 20 SBD pour un compte courant individuel, est généralement exigé.

Contrôles de change et transferts internationaux

Les îles Salomon appliquent des contrôles de change stricts. Le dollar salomonais (SBD) n’est pas librement convertible sur toutes les places financières, et la Banque centrale surveille de près les flux sortants. Pour les particuliers, tout envoi important vers l’étranger nécessite :

Bon à savoir :

Pour effectuer un transfert de fonds depuis les Îles Salomon, plusieurs documents peuvent être exigés : un justificatif de l’origine des fonds (bulletins de salaire, contrats, relevés bancaires). Au-delà d’un certain montant (ex. 30 000 SBD pour un individu, plus pour une entreprise), une autorisation de la Banque centrale est nécessaire. Pour certaines transactions spécifiques (dividendes, remboursements de prêts, redevances), un certificat de solvabilité fiscale (tax clearance) délivré par l’administration fiscale est obligatoire.

Dans ce contexte, beaucoup d’expatriés conservent par prudence un compte dans leur pays d’origine ou dans un centre financier régional (Australie, Nouvelle-Zélande, Singapour), de manière à gérer leurs économies, leurs investissements et leurs opérations en devises fortes.

Santé, assurance et risques sanitaires : un volet administratif à ne pas négliger

Les textes décrivent un système de santé salomonais gratuit dans son principe, mais très limité dans ses moyens. Le Ministry of Health and Medical Services pilote un réseau de structures primaires rurales, d’hôpitaux provinciaux et, au sommet de la pyramide, de l’hôpital de référence national à Honiara. Les difficultés sont connues : manque de personnel qualifié, ruptures fréquentes de médicaments, équipements insuffisants, inégalités entre zones urbaines et rurales.

Pour un expatrié, la démarche incontournable est la souscription, avant le départ, d’une assurance santé internationale couvrant :

Bon à savoir :

L’assurance inclut les soins hospitaliers et ambulatoires sur place, les médicaments et analyses courantes. Elle couvre surtout les évacuations médicales vers l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou un autre pays en cas de pathologie grave ou de chirurgie complexe.

Des assureurs spécialisés comme Cigna, Allianz, MSH International ou April International proposent des contrats pensée pour les expatriés du Pacifique. Les autorités locales n’imposent pas légalement cette assurance, mais en pratique, beaucoup d’employeurs et de missions internationales la rendent obligatoire dans leurs contrats.

Par ailleurs, il est vivement recommandé de :

voyager avec une réserve de médicaments personnels en quantité suffisante, dans leur emballage d’origine, accompagnés d’une lettre explicative de son médecin ;

respecter les recommandations de prévention contre le paludisme, la dengue, le chikungunya et le Zika (moustiquaires, répulsifs, traitements prophylactiques) ;

– éviter de boire l’eau du robinet, jugée non potable, et privilégier l’eau bouillie ou en bouteille.

Résidence longue durée et citoyenneté : l’horizon lointain

Certains étrangers projettent non seulement de vivre plusieurs années aux îles Salomon, mais aussi d’y obtenir un statut de résident de long terme, voire, à terme, la citoyenneté.

Résident de long terme : un sésame cinq ans renouvelable

Le visa de résident de long terme est destiné aux personnes qui peuvent prouver au moins cinq années de présence continue dans le pays. Ce statut, valable cinq ans et renouvelable, facilite la vie au quotidien : moins de formalités de renouvellement, stabilité juridique renforcée, parfois un accès plus simple à certaines démarches administratives. Il n’est toutefois pas synonyme de citoyenneté et reste soumis à des conditions de moralité, de ressources et de respect des lois.

Devenir citoyen : un processus exigeant

La nationalité des îles Salomon est encadrée par la Constitution de 1978 et la Citizenship Act révisée en 2018. Elle peut être obtenue :

– par naissance, lorsqu’au moins un parent est citoyen ;

– par naturalisation, sur demande auprès de la Citizenship Commission.

Exemple :

Pour obtenir la naturalisation française, plusieurs conditions doivent être remplies simultanément. Par exemple, un demandeur doit justifier d’une durée de résidence suffisante en France, démontrer son assimilation à la communauté française (notamment par la maîtrise de la langue), et prouver son insertion professionnelle et son respect des valeurs républicaines. Ces exigences sont cumulatives ; le non-respect d’une seule peut entraîner le rejet de la demande.

avoir au moins 18 ans ;

résider habituellement dans le pays et totaliser au moins cinq années de présence sur les dix précédant la demande ;

– présenter un casier judiciaire vierge ;

– maîtriser l’anglais, le pidgin local ou une langue vernaculaire suffisamment pour tenir une conversation ;

– démontrer le respect de la culture locale et la connaissance des droits et devoirs du citoyen.

Des catégories spécifiques existent pour le conjoint d’un citoyen (après cinq ans de mariage), les personnes ayant un grand-parent ou arrière-grand-parent né aux îles Salomon, ou les personnes adoptées. Les demandeurs doivent soumettre un dossier très complet : formulaire, certificats de police, certificat médical, actes de naissance et de mariage, permis de travail et de résidence, relevés bancaires, photos et quittance de paiement de frais substantiels (par exemple 10 000 SBD pour la naturalisation classique).

Attention :

Une commission examine chaque dossier et peut refuser l’octroi de la citoyenneté, même si toutes les conditions de durée de séjour sont remplies.

Un futur programme de citoyenneté par investissement ?

Le gouvernement travaille par ailleurs à un projet de loi sur la citoyenneté par investissement (CBI). L’idée serait d’attirer des capitaux étrangers en échange de la nationalité, à la manière de Vanuatu ou Nauru. Les grandes lignes envisagées parlent de :

contribution financière significative au budget ou à des projets d’infrastructure, de santé, d’agriculture ou d’environnement ;

contrôle approfondi des antécédents des candidats pour préserver la réputation du passeport ;

– possibilité d’inclure conjoint, enfants et parents dans la demande.

Aucune grille de montants n’est encore officielle, mais les comparaisons régionales laissent supposer des tickets d’entrée supérieurs à 100 000 dollars américains. À ce stade, ce programme reste en gestation : aucun investisseur ne peut légalement obtenir aujourd’hui la citoyenneté des îles Salomon par simple apport de capitaux.

Travailler, payer ses impôts, respecter le droit du travail

Pour vivre aux îles Salomon en tant que salarié ou entrepreneur, il faut enfin composer avec un environnement social et fiscal spécifique.

Un droit du travail protecteur, mais peu détaillé

Le ministère du Travail applique plusieurs lois encadrant l’emploi, la santé et la sécurité, les syndicats et la résolution des conflits. Sans entrer dans le détail de chaque texte, quelques règles structurantes méritent d’être intégrées dès la signature d’un contrat :

8

Le salaire minimum horaire national aux Îles Salomon est fixé à environ 8 dollars salomoniens (SBD).

Les contrats de travail peuvent prévoir une période de préavis d’un mois. À défaut, la loi impose en général un délai raisonnable ou le versement d’une indemnité en lieu et place du préavis.

Fiscalité des personnes physiques

Un étranger devient, en principe, résident fiscal s’il passe plus de 183 jours par an dans le pays ou s’il y a établi le centre de ses intérêts économiques. Dans ce cas :

Astuce :

Les résidents fiscaux sont imposés sur leurs revenus mondiaux selon un barème progressif pouvant atteindre 40 %. Un abattement de base, dont le montant varie selon les guides fiscaux (généralement plusieurs milliers de dollars des Caraïbes orientales, SBD), est applicable. Les salaires sont généralement soumis à une retenue à la source par l’employeur, qui reverse ensuite le montant à l’Inland Revenue Division.

Les personnes dont le seul revenu est constitué de salaires déjà intégralement imposés n’ont pas toujours à déposer une déclaration annuelle, sauf demande expresse de l’administration. En revanche, les indépendants ou ceux qui reçoivent plus de 60 000 SBD d’autres sources doivent déposer une déclaration d’impôt avant le 31 mars de l’année suivante.

Conclusion : anticiper, documenter, se faire accompagner

S’installer aux îles Salomon, que ce soit comme salarié expatrié, indépendant, investisseur ou futur résident, suppose de composer avec un environnement administratif dense, où chaque autorisation dépend souvent d’une autre : pas de visa long terme sans permis de travail, pas de permis de travail sans certificat d’investisseur ou contrat valide, pas de reconnaissance de bail immobilier sans enregistrement au cadastre, pas de transfert de fonds importants sans feu vert de la Banque centrale.

Dans ce contexte, la réussite du projet repose sur quelques principes simples :

Astuce :

Pour réussir vos démarches administratives à Maurice, préparez un dossier complet incluant passeports, diplômes, attestations de police, documents bancaires et certificats médicaux. Renseignez-vous systématiquement auprès des autorités compétentes (Immigration, Labour Division, Douanes, Inland Revenue, Business Registry), en tenant compte des changements fréquents de formulaires et de barèmes. Anticipez des délais souvent plus longs qu’annoncés et prévoyez une marge de temps et de budget suffisante. Enfin, pour les enjeux financiers importants (investissement immobilier, création d’entreprise, projet touristique), entourez-vous de professionnels locaux : avocat, comptable, transitaire ou conseiller en immigration.

Les îles Salomon offrent un cadre de vie spectaculaire, une nature encore largement préservée et un environnement culturel riche. Mais elles exigent, en contrepartie, une rigueur administrative et une préparation rarement nécessaires dans les pays plus développés. C’est le prix d’une installation légale, durable et sereine dans cet archipel du Pacifique.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Îles Salomon pour optimiser sa charge imposable, diversifier géographiquement ses investissements et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs juridictions (Portugal, Maurice, Panama, Émirats), la stratégie retenue consiste à cibler les Îles Salomon, pays à fiscalité directe limitée, sans impôt sur la fortune et offrant des opportunités en structuration offshore sous contrôle des conventions internationales. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention du droit de résidence longue durée, organisation de la protection sociale privée, transfert de la résidence bancaire et plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours hors de France, centre des intérêts économiques). L’accompagnement couvre la mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque) et l’intégration patrimoniale internationale, afin de profiter des avantages fiscaux tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôles français.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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