Les quartiers les plus prisés par les expatriés aux îles Salomon

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux îles Salomon n’a rien d’un déménagement anodin. Archipel de plus de 900 îles au cœur du Pacifique, pays encore peu développé, parfois instable, mais doté de lagons superbes et d’une communauté expatriée très ciblée, il oblige à choisir son quartier avec soin. Pour la quasi‑totalité des étrangers, ce choix se fait dans et autour d’une seule ville : Honiara.

Bon à savoir :

Honiara, la capitale, concentre la majorité des emplois qualifiés, des logements aux standards internationaux, des écoles internationales et des services de santé les plus complets. En dehors de la capitale, dans des villes comme Gizo ou Auki, les opportunités se limitent principalement à des expériences touristiques, de terrain ou humanitaires, rarement adaptées à une installation familiale durable d’expatriés.

Cet article propose un panorama des zones les plus recherchées par les expatriés, en expliquant concrètement ce qu’on y trouve, combien cela coûte, et quels compromis accepter entre sécurité, confort, accessibilité et environnement.

Sommaire de l'article masquer

Honiara, cœur névralgique de la vie expatriée

Honiara est à la fois capitale, plus grande ville et principal port d’entrée du pays. Située sur la côte nord-ouest de Guadalcanal, elle comptait 92 344 habitants au recensement de 2021 et dépasserait largement les 110 000 habitants aujourd’hui. Si l’on inclut sa périphérie, la « Greater Honiara Area » regrouperait déjà plus de 100 000 habitants et pourrait atteindre 235 000 personnes à l’horizon 2035.

Dans les faits, pour un expatrié salarié d’une organisation internationale, d’une grande entreprise ou d’une ONG, Honiara représente presque l’unique option résidentielle réaliste. C’est là que se situent :

Exemple :

À Honiara, la capitale des Îles Salomon, on retrouve les principales infrastructures administratives, médicales et économiques du pays, telles que les ministères et le Parlement, le principal hôpital (National Referral Hospital) et l’aéroport international. La ville concentre également les services financiers avec les banques et compagnies d’assurance, ainsi que le centre d’affaires. Pour les expatriés, elle offre des services adaptés comme les écoles internationales (dont la Woodford International School) et la plupart des logements sécurisés conçus pour leur accueil.

La ville se déploie le long du Kukum Highway, axe routier principal qui relie le centre à l’aéroport en longeant la côte. Les quartiers recherchés par les étrangers se répartissent pour l’essentiel en trois grandes zones : le centre (Point Cruz / Chinatown élargi), la frange est (Naha, Panatina, Vura, Lau Valley) et la frange ouest (White River, Tanaghai et zones voisines). À cela s’ajoutent des ensembles immobiliers particuliers, souvent fermés et sécurisés, qui fonctionnent presque comme des « micro‑quartiers » dans la ville.

Centre de Honiara : proximité, services… et tensions

Le cœur de Honiara, autour de Point Cruz, Chinatown et du marché central, est à la fois le centre des affaires et l’une des zones les plus sensibles en matière de sécurité et de tensions politiques. Pourtant, c’est aussi là que se concentrent hôtels, restaurants fréquentés par les expatriés, institutions publiques, sièges de banques et bureaux de nombreuses organisations.

Un centre dense et stratégique

Point Cruz abrite le port principal, le marché central très animé, plusieurs hôtels connus des étrangers (Mendana Hotel, Heritage Hotel, King Solomon Hotel, Honiara Hotel), ainsi que des cafés et restaurants qui servent de points de rencontre informels, comme le Garden Bar and Restaurant ou le Lime Lounge, très apprécié pour le café 24/7.

Le secteur concentre également nombre d’immeubles de bureaux, services gouvernementaux (dont la Banque centrale, la Chambre de commerce, des ministères) et lieux culturels comme le National Museum et son Cultural Centre, ou encore la National Art Gallery.

Astuce :

Pour un expatrié travaillant dans une administration, une ambassade, une grande ONG ou une entreprise située au centre-ville, choisir un logement à quelques minutes à pied ou à une courte distance en voiture est un réel atout. Ceci permet d’éviter les inconvénients majeurs liés aux routes souvent dégradées et à un trafic routier parfois chaotique, améliorant ainsi significativement les conditions de déplacement quotidien.

Logement au centre : petits appartements et loyers élevés

Le cœur de ville offre surtout des appartements et studios, rarement des maisons avec jardin. Les surfaces sont modestes, mais répondent à la demande de célibataires, couples sans enfants ou consultants de passage.

Les données disponibles montrent que les loyers au centre peuvent varier fortement. On observe, en pratique, deux segments bien distincts : le marché local et le marché expatrié/professionnel.

Type de logement au centre de HoniaraFourchette indicative de loyer mensuelProfil typique d’occupant
Studio ou 1 chambre « local »3 500 – 6 000 SBDJeunes actifs locaux
1 chambre « standard expat » (centre)~ 600–650 USDConsultants, solo expats
2 chambres en immeuble récent18 000 – 22 000 SBDCadres, couples
3 chambres/maison de ville expat26 000 – 29 000 SBD et plusFamilles, diplomates

À l’échelle du pays, on estime que la location d’un studio en centre‑ville tourne autour de 658 USD par mois, et qu’un appartement de trois chambres peut dépasser 1 300 USD. Ces ordres de grandeur se vérifient dans le cœur d’Honiara, où la tension entre une forte demande expatriée et une offre limitée de logements « aux normes » entraîne des loyers qui paraissent très élevés au regard des salaires locaux.

Sécurité : un centre à fréquenter prudemment

Le centre n’est pas l’option la plus tranquille. Les autorités et plusieurs gouvernements étrangers signalent régulièrement des risques de vols, agressions, harcèlement, et un regain d’incidents à l’approche de Noël, lors des élections ou en période de tensions politiques.

Attention :

Des zones comme Central Market, Point Cruz, l’ancien pont de Mataniko à Chinatown, Kukum, Burns Creek, Borderline ou Kombito Market sont identifiées comme particulièrement exposées, surtout après la tombée de la nuit.

Pour autant, certains expatriés choisissent de vivre au centre, précisément pour :

réduire les temps de trajet,

bénéficier de la proximité des commerces et services,

profiter d’un réseau social dense (bars, cafés, réunions professionnelles).

Ceux qui optent pour cette solution privilégient généralement des immeubles bien gardés, parfois situés sur des hauteurs, avec vigiles 24h/24 et éclairage renforcé.

Les « compounds » sécurisés : le modèle privilégié par les expats

Plus que le nom des quartiers, ce sont souvent des adresses précises – des ensembles résidentiels sécurisés – qui structurent la géographie de l’habitat expatrié. Ces « compounds » offrent ce qui manque au tissu urbain classique : sécurité, maintenance, électricité plus fiable, parfois générateur privé, internet mieux maîtrisé, et un environnement semi‑communautaire où l’on croise surtout d’autres étrangers et des classes moyennes locales.

Ridgeback Oceanview et assimilés : la bulle sécurisée

Parmi les résidences régulièrement citées, les unités Ridgeback Oceanview ressortent comme un exemple représentatif : un complexe clôturé, surveillé en continu, souvent équipé d’un générateur de secours. Ce type de résidence accueille surtout des employés d’ONG internationales, des consultants, parfois des diplomates de rang intermédiaire.

Bon à savoir :

L’offre comprend des studios, des appartements de une à trois chambres et parfois des maisons mitoyennes. Ces logements sont souvent situés dans des micro-quartiers fermés, une caractéristique commune dans les capitales du Pacifique. Ces ensembles permettent de compenser partiellement les défaillances des infrastructures locales, telles que les coupures d’électricité et d’eau, ainsi que l’insécurité nocturne.

Prestige Apartments et immeubles privés

Prestige Apartments illustre cette vague de résidences ciblant explicitement les expatriés : un ensemble d’une vingtaine d’unités de deux à quatre chambres. Le gestionnaire indique que le renforcement de la sécurité extérieure – notamment l’éclairage – est une priorité, en particulier après l’hébergement de policiers australiens au moment des émeutes de 2021.

Bon à savoir :

Ces logements, souvent situés près du centre mais à l’écart de l’agitation de Chinatown ou du marché, offrent une gestion centralisée (sécurité, maintenance, nettoyage). Cela évite aux expatriés des négociations complexes avec des propriétaires privés.

Ruaniu Subdivision : un « nouveau quartier » pensé pour le futur

À environ 15 minutes à l’ouest de Honiara, Ruaniu Subdivision est présentée comme une grande opération de lotissement mêlant résidentiel et touristique, avec près de 400 parcelles pour l’habitat et environ 190 pour des activités commerciales et touristiques. Situé hors du cœur urbain actuel mais connecté au Kukum Highway, ce projet illustre l’orientation du développement urbain vers la périphérie ouest.

Pour les expatriés, Ruaniu représente moins un quartier déjà établi qu’un pari sur l’avenir : un environnement plus aéré, théoriquement mieux planifié, mais encore en construction. Les investisseurs y voient des rendements locatifs potentiellement élevés sur le segment « résidentiel standard expatrié », estimés entre 9 et 14 %, au prix d’un risque plus grand lié à la jeunesse du marché.

Honiara Est : Naha, Panatina, Vura, Lau Valley… les quartiers résidentiels de classe moyenne

À l’est du centre, de l’autre côté de la Matanikau River, des quartiers comme Naha, Panatina, Vura ou Lau Valley forment une bande résidentielle où cohabitent classes moyennes locales et quelques enclaves expatriées. On y trouve notamment des écoles primaires gérées par la ville, et des axes routiers structurants qui relient le centre à l’aéroport.

Un tissu mixte entre habitat local et logements plus « standardisés »

Ces quartiers ne sont pas des « ghettos d’expats ». On y croise surtout des familles salomonaises urbaines, des fonctionnaires, des employés d’entreprises ou de missions religieuses. Cependant, au milieu de ce maillage de petites maisons, certaines rues et ensembles immobiliers sont loués à des étrangers, souvent à proximité des écoles ou des grandes artères.

0

Les loyers dans ces zones sont moins élevés qu’en plein centre mais restent très supérieurs au budget d’un foyer local.

des 1 à 2 chambres « correctes » entre 3 000 et 10 000 SBD par mois selon l’emplacement,

des maisons de 3 chambres pouvant atteindre 15 000 à 25 000 SBD, surtout si elles sont adaptées aux attentes expatriées (clôture, grille, réservoir d’eau, générateur, climatisation, gardiennage).

Atouts : accès aux écoles et à l’aéroport

L’un des points forts de l’est d’Honiara est la proximité d’établissements scolaires et d’infrastructures de transport :

des écoles primaires publiques à Naha, Panatina, Vura, Lau Valley,

des collèges communautaires (Naha Community High School, Panatina Community High School, Vura Community High School),

l’accès relativement rapide à l’aéroport international, situé à environ 11 km du centre sur le Kukum Highway.

Bon à savoir :

Pour les familles expatriées dont les enfants fréquentent la Woodford International School ou un établissement privé voisin, résider à l’est de la ville permet de réduire significativement les temps de trajet scolaire, tout en conservant une proximité acceptable avec le centre-ville.

Limites : urbanisation rapide et services sous tension

Le revers de la médaille, c’est une urbanisation très rapide, souvent mal planifiée. Honiara connaît un taux de croissance urbaine de l’ordre de 4,7 % par an, et environ 35 % de ses habitants vivent déjà dans des quartiers informels, parfois à proximité immédiate de zones plus aisées.

Les services de base — eau, assainissement, collecte des déchets, électricité — peinent à suivre. Les quartiers de l’est ne font pas exception : coupures fréquentes, routes dégradées, drainage insuffisant lors des saisons de pluies abondantes sont le lot commun. D’où l’importance, pour un expatrié, de vérifier très concrètement la réalité des services dans la rue où il compte s’installer (pression d’eau, stabilité du réseau électrique, qualité de la route d’accès).

Honiara Ouest : White River, Tanaghai et périphérie, entre contrastes et projets

La partie ouest d’Honiara, autour de White River et jusqu’à Tanaghai, reflète de manière particulièrement visible les contrastes de la ville : plages et lagons à quelques minutes, histoire riche (c’est là que se sont installées des communautés bellonaises dès les années 1960), mais aussi squats, pauvreté et insécurité ponctuelle.

White River : une périphérie en mutation

White River est à la fois un faubourg historique – marqué par l’installation de familles venues d’autres provinces – et une zone de forte croissance démographique. On y trouve des écoles primaires et secondaires, des églises, quelques commerces, mais également des quartiers informels denses.

White River : un pôle attractif pour les expatriés

Découvrez les principaux atouts de White River, une destination prisée pour son accessibilité et son potentiel de développement.

Porte d’entrée vers la côte ouest

White River est considérée comme l’une des portes d’entrée vers les célèbres plages de la côte ouest, un atout majeur pour le cadre de vie.

Prix d’accès plus abordables

Les prix des terrains et des maisons y sont perçus comme plus accessibles que dans le centre ou l’est proche de l’île.

Développement structuré en cours

Des projets comme Ruaniu Subdivision, à l’ouest, visent à organiser et accompagner la croissance de la zone.

Cependant, la sécurité y est plus aléatoire, surtout la nuit. Certaines zones de White River figurent dans la liste des secteurs que les autorités recommandent d’éviter après le coucher du soleil. Les expatriés qui choisissent d’y vivre privilégient donc généralement des propriétés bien clôturées, avec gardien et générateur, plutôt sur des hauteurs ou dans des mini-compounds.

Vers l’ouest au-delà de la ville : « semi‑rural » recherché

À mesure qu’on s’éloigne de Honiara vers l’ouest, la densité diminue, les paysages deviennent plus verdoyants, et la sensation d’isolement augmente. C’est précisément ce qui attire une minorité d’expatriés à la recherche d’un cadre plus calme : quelques maisons ou écolodges en bord de mer, des projets d’hébergement touristique, parfois des logements de longue durée pour consultants ou entrepreneurs dans l’hôtellerie.

Bon à savoir :

Les zones côtières éloignées peuvent offrir des rendements locatifs élevés en ciblant une clientèle internationale (touristes plongeurs, nomades digitaux). Cependant, pour un expatrié en poste classique, elles présentent des inconvénients majeurs : éloignement des écoles, hôpitaux et bureaux, une logistique très dépendante de la voiture et une route côtière vulnérable aux intempéries.

Les atouts transversaux des quartiers prisés : sécurité, réseau, services

Au‑delà des noms de quartiers, ce sont quelques critères transversaux qui déterminent l’attractivité d’une zone résidentielle pour les expatriés aux îles Salomon.

La sécurité, premier filtre

Les autorités locales comme les chancelleries étrangères convergent : Honiara reste « globalement » praticable, mais certains secteurs présentent un risque accru de vols, agressions, harcèlement, notamment pour les femmes et les personnes LGBTQ+, ces dernières étant explicitement confrontées à une hostilité sociétale importante.

Cela se traduit par un tri implicite des quartiers :

fort attrait pour les compounds sécurisés (Ridgeback, Prestige, résidences fermées diverses),

prudence vis‑à‑vis de zones déjà identifiées comme sensibles en soirée ou en cas de tension politique (Chinatown, certaines parties de White River, Borderline, Burns Creek, marchés périphériques),

– préférence pour des rues plus calmes en hauteur, avec bonne visibilité, éclairage et présence policière ou communautaire structurée.

Ce filtre sécuritaire explique en partie le niveau très élevé de certains loyers « expatriés » : on ne paie pas seulement une surface, mais aussi des dispositifs de protection (gardiennage 24/7, clôtures, caméras, éclairage, générateurs).

Les services indispensables : eau, électricité, internet

Le quotidien d’un expatrié aux îles Salomon se joue aussi sur la fiabilité des réseaux. Honiara dispose de l’essentiel des infrastructures du pays, mais leur état reste fragile.

L’eau du robinet n’est pas potable. Il faut compter sur l’eau en bouteille ou sur la filtration domestique.

L’alimentation électrique subit des coupures fréquentes, parfois longues, surtout hors des axes centraux. Les compounds haut de gamme s’équipent donc de générateurs privés.

– L’internet fixe est notoirement lent : la vitesse moyenne autour de 0,5 Mbps suffit à peine pour une visioconférence stable. Certains logements compensent avec des solutions hybrides (modems 4G, multiples fournisseurs), mais l’archipel reste très en retrait par rapport aux standards d’Australie ou de Nouvelle‑Zélande.

Les quartiers préférés des expatriés sont donc ceux où :

Bon à savoir :

L’eau arrive suffisamment régulièrement pour alimenter des cuves, le réseau électrique est relativement stable ou doublé par un générateur collectif, la couverture mobile est correcte (Telekom, Bemobile) et un fournisseur haut débit est disponible, même si cher.

Les écoles, un critère décisif pour les familles

Pour les familles expatriées, la carte scolaire limite beaucoup les options. Woodford International School, fondée dans les années 1950, propose un programme primaire IB et va jusqu’au secondaire, selon un cursus inspiré des standards australiens. C’est le choix quasi automatique des expatriés avec enfants, au prix de frais élevés.

Les autres écoles, comme New Hope Academy ou Chung Wah School (avec enseignement du mandarin), intéressent aussi certains profils, mais peu d’expatriés installés à long terme scolarisent leurs enfants dans le système public ordinaire, en raison du niveau jugé faible de l’éducation et du manque de moyens.

De fait, les quartiers situés à une distance raisonnable de Woodford (et des quelques autres établissements privés réputés) gagnent mécaniquement en attractivité : centre élargi, certains secteurs de l’est (Panatina, Vura, Naha) et quelques poches de l’ouest mieux connectées.

Combien coûte la vie dans ces quartiers pour un expatrié ?

Vivre dans un quartier prisé par les expatriés aux îles Salomon a un coût élevé, d’autant plus si l’on compare au pouvoir d’achat local. Le pays est classé 41e sur 197 pour le coût de la vie, avec un niveau global 1,24 fois supérieur à la moyenne mondiale. Honiara, en particulier, est plus chère que de nombreuses villes africaines ou sud-américaines, voire que plusieurs villes régionales de Nouvelle‑Zélande.

On peut résumer les grands postes comme suit, pour un profil expatrié vivant à Honiara dans un quartier ou logement « populaire » auprès des étrangers :

ProfilCoût mensuel estimé à Honiara (USD, logement inclus)Commentaire
Expatrié seul≈ 2 100 – 2 400Inclut loyer, nourriture, transport, loisirs basiques
Digital nomad≈ 3 400 – 3 800Besoin accru en logement confortable, coworking, sorties
Famille (4 pers.)≈ 3 700 – 3 800Sans compter les frais scolaires internationaux complets
Résident local moyen≈ 1 000 – 1 100Forte pression car salaire moyen très bas

Les loyers constituent la variable clé. Un expatrié isolé peut difficilement descendre en dessous de 600–800 USD par mois pour un logement conforme à ses attentes (sécurité, équipement de base). Une famille visant une maison de trois chambres dans un bon quartier peut aisément atteindre 26 000–29 000 SBD par mois, soit plus de 3 000 USD, dans les résidences les plus haut de gamme.

À cela s’ajoutent :

des factures d’électricité importantes (entre 35 et 170 USD par mois en moyenne, plus si climatisation et générateur),

– une connexion internet souvent chère (90 à 240 USD par mois pour du haut débit),

– une alimentation coûteuse (on évalue les dépenses alimentaires d’un célibataire autour de 460 USD par mois, près de 1 200 USD pour une famille).

Ces niveaux sont à mettre en perspective avec un salaire local moyen parfois estimé à 172 USD par mois net. Le décalage est tel que la plupart des expatriés dépendent d’un salaire étranger ou d’indemnités de vie chère versées par des institutions internationales.

Gizo, Munda et les villes de province : lieux de mission plus que quartiers d’expats

En dehors de Honiara, quelques centres urbains accueillent régulièrement des étrangers : Gizo et Munda dans la Western Province, Auki à Malaita, Tulagi ou Buala dans d’autres provinces. Ces villes ne disposent toutefois pas de « quartiers internationaux » structurés comme on peut en voir dans certaines capitales.

Gizo et Munda : paradis des plongeurs, base des nomades de passage

Gizo, deuxième ville du pays, est réputée pour ses eaux claires, ses récifs coralliens et son atmosphère décontractée. On y trouve des écolodges, des guesthouses, quelques petites structures plus confortables destinées aux touristes plongée et aux digital nomads.

Les expatriés qui y vivent à l’année sont souvent : non seulement des professionnels en quête de nouvelles opportunités, mais aussi des familles cherchant un meilleur cadre de vie. Ils s’intègrent à la communauté locale et contribuent à la diversité culturelle de la région.

des opérateurs touristiques,

des responsables de projets marins ou environnementaux,

des missionnaires ou personnels d’ONG.

Exemple :

Les expatriés à Madagascar résident principalement dans des logements fournis par leurs employeurs, comme des maisons de mission ou des bungalows en location longue durée, ou dans des hébergements touristiques reconvertis en location au mois. Leur implantation ne forme pas un quartier homogène, mais plutôt un réseau dispersé de maisons disséminées dans la ville et ses environs.

Auki, Tulagi, Buala : centres secondaires

Auki, petite ville de Malaita, Buala sur l’île Isabel, ou encore Tulagi disposent chacune d’un hôpital provincial, de quelques services de base et d’une présence limitée de fonctionnaires, de personnels de santé ou d’ONG étrangers. Là encore, les expatriés résident majoritairement dans des maisons louées directement à des familles locales ou mises à disposition par des projets internationaux.

Bon à savoir :

En dehors de la capitale Honiara, les infrastructures sont plus rudimentaires : routes limitées, accès à l’eau et à l’électricité aléatoire, et services bancaires restreints. Les loyers y sont plus modestes, mais le confort est inférieur. Il est déconseillé de s’y installer en famille, en raison de l’absence d’école internationale, de structures de santé avancées et d’un réseau social expatrié développé, ce qui complique le quotidien. Ces postes conviennent généralement à des missions spécifiques sans accompagnement familial.

Communautés et réseaux : un facteur invisible dans le choix du quartier

Un autre paramètre, moins visible sur une carte, influence fortement les choix résidentiels : la présence de communautés actives d’expatriés, de digital nomads et de professionnels étrangers.

À Honiara, plusieurs groupes et plateformes jouent un rôle de « boussole sociale » :

– le groupe Facebook « Expats Living In Solomon Islands »,

– des groupes WhatsApp thématiques,

– le réseau InterNations, qui regroupe des expatriés de toute la Mélanésie,

– des applications dédiées comme Wooh App, qui aide à organiser des rencontres en personne à partir de valeurs communes.

Exemple :

Dans les villes d’accueil, les quartiers abritant des lieux de sociabilité prisés des expatriés, comme le Garden Bar and Restaurant ou le Lime Lounge, deviennent des pôles d’attraction. Cette concentration d’événements et de rencontres informelles en fait des zones réputées et très demandées, entraînant une hausse des prix des loyers. Le phénomène s’amplifie par un effet de mimétisme : les nouveaux arrivants, rassurés par la présence d’expatriés installés, s’orientent naturellement vers ces mêmes quartiers.

Pour un célibataire ou un couple sans enfants, s’installer à proximité de ces « hotspots » sociaux – même au prix d’un loyer plus élevé – peut faire la différence entre une expérience très isolée et une vie sociale riche.

Entre risques et opportunités : pourquoi ces quartiers restent attractifs

Malgré les faiblesses évidentes du pays en matière d’infrastructure, de sécurité, de santé et d’éducation, les quartiers prisés par les expatriés aux îles Salomon continuent d’attirer des profils variés : diplomates, coopérants, spécialistes techniques, entrepreneurs du tourisme, chercheurs, digital nomads aventureux.

Plusieurs raisons expliquent cette attractivité :

Les atouts des Îles Salomon

Découvrez les principaux éléments qui caractérisent cet archipel du Pacifique et en font une destination unique.

Nature exceptionnelle

Offre des expériences uniques comme la plongée, l’exploration des forêts et la découverte des lagons.

Population accueillante

Souvent décrite comme généreuse, curieuse et chaleureuse envers les visiteurs.

Marché immobilier émergent

Présente des opportunités avec des rendements locatifs élevés sur les biens ciblant la clientèle expatriée.

Rôle géopolitique stratégique

Honiara, la capitale, accueille de nombreuses missions étrangères en raison de son importance dans les enjeux du Pacifique.

Les quartiers les plus recherchés – compounds sécurisés, centre élargi de Honiara, franges est et ouest bien desservies – sont en quelque sorte les lieux où ces opportunités peuvent s’exercer avec un minimum de risques et de contraintes logistiques.

Conclusion : choisir son quartier, un exercice d’équilibriste

Aux îles Salomon, plus encore que dans des capitales mieux dotées, le choix du quartier résume toute la complexité de l’expatriation : arbitrer entre proximité du travail, accès à l’école, qualité de l’environnement, sécurité, coût du logement et fiabilité des services.

Pour la plupart des expatriés, la carte se dessine ainsi :

Bon à savoir :

Pour un séjour de longue durée, Honiara est la base quasi incontournable. Il est recommandé de privilégier des résidences sécurisées ou des rues spécifiques dans les quartiers du centre, de l’est ou de l’ouest de la capitale. Gizo et quelques centres provinciaux peuvent convenir pour des missions ou séjours temporaires, mais sont rarement choisis comme base familiale permanente.

Les quartiers les plus prisés ne sont pas forcément les plus beaux ni les plus calmes, mais ceux qui offrent le meilleur compromis entre la réalité parfois rude des îles Salomon et les exigences de vie et de travail d’un étranger. Comprendre cette géographie fine – plus faite d’adresses, de compounds et de rues sûres que de grands noms de quartiers – est sans doute la première étape pour envisager sereinement une installation dans cet archipel aussi exigeant que fascinant.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers Honiara, aux Îles Salomon, pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements en zone Asie-Pacifique et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Asie du Sud-Est, Pacifique, Caraïbes), la stratégie retenue a consisté à cibler Honiara pour sa fiscalité relativement modérée, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie sensiblement inférieur à la France et l’accès à une zone en développement. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention de la résidence et installation à Honiara, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire).

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube