Pratiques religieuses et “kastom” aux îles Salomon : guide essentiel pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux îles Salomon, c’est entrer dans un monde où la foi chrétienne, les esprits des ancêtres, la nature et la vie communautaire s’entrelacent au quotidien. Pour un expatrié, comprendre ce tissage serré entre religion et “kastom” (la coutume) n’est pas seulement une question de politesse : c’est la clé pour gagner la confiance, éviter les faux pas et participer pleinement à la vie locale.

Bon à savoir :

Aux îles Salomon, le christianisme est majoritaire mais coexiste avec des croyances ancestrales vivaces. Il est important d’adopter un comportement respectueux, de porter une tenue adaptée, et de savoir quand il convient de parler ou de rester silencieux pour naviguer harmonieusement dans ce contexte spirituel.

Un pays profondément chrétien… mais pas uniquement

Aux îles Salomon, la très grande majorité de la population se réclame du christianisme. Les différentes sources convergent : environ 90 à 93 % des habitants se disent chrétiens, avec une prédominance des Églises protestantes et une forte présence catholique. Pourtant, réduire la vie spirituelle locale au seul christianisme serait une erreur. Les religions et rituels ancestraux, qualifiés d’animistes ou “kastom”, restent bien ancrés, surtout dans certaines communautés comme les Kwaio de l’île de Malaita.

On peut résumer ainsi la mosaïque religieuse du pays :

Courant religieux / groupePart estimée de la populationParticularités principales
Christianisme (total)~90–93 %Religion dominante, très visible dans la vie publique
Protestantisme~73 %Ensemble de plusieurs Églises historiques et évangéliques
Église anglicane de Mélanésie~31–33 %Plus grande dénomination, structure très implantée
Église catholique romaine~19–20 %Présente à travers 3 diocèses, forte infrastructure éducative et sanitaire
South Seas Evangelical Church~17 %Influence marquée sur Malaita
Église adventiste du septième jour~10–12 %Sabbat observé du vendredi soir au samedi soir
United Church (méthodiste)~10 %Héritière de missions méthodistes historiques
Religions indigènes (animistes)~4–6 %Surtout chez les Kwaio et dans des zones de l’intérieur
Autres religions (islam, bahaïsme, Témoins de Jéhovah, LDS, etc.)~3 %Minoritaires, présence surtout urbaine
Sans religion~0,03 %Statistiquement marginal
Non déclaré~0,1 %Données incomplètes

Le christianisme est omniprésent dans l’espace public : sonneries de cloches, temples colorés le long des routes, cultes dominicaux très fréquentés, prières en ouverture de réunions, fêtes de Noël et de Pâques célébrées à l’échelle nationale. Pourtant, derrière les façades d’église, les liens avec les esprits des ancêtres, les tabous de la terre et de la mer, les rêves et les présages, demeurent structurants pour beaucoup de familles.

Astuce :

Pour un expatrié, il est crucial d’appréhender ce double registre : la parole chrétienne affichée, et la trame plus discrète des croyances « kastom » qui continue de modeler les comportements, les peurs, les solidarités et certains conflits.

“Kastom” et “wantok” : deux clés pour comprendre la vie religieuse

La religion aux îles Salomon ne se réduit pas à la fréquentation du culte. Elle est intimement liée au “kastom” – l’ensemble des coutumes, tabous, rituels et anciennes cosmologies – et à la notion de “wantok”, ce réseau d’obligation mutuelle entre personnes parlant la même langue ou venant de la même région.

70

Le Vanuatu compte plus de 70 langues locales, selon les sources, ce qui illustre sa diversité culturelle et linguistique.

Le concept de “wantok” signifie littéralement “one talk”, “une même langue”. Il structure une sociabilité très dense : on aide son wantok pour le logement, la nourriture, les frais d’école, les conflits fonciers ou les cérémonies. Sur le plan religieux, cela se traduit souvent par des communautés entières adhérant à la même Église ou aux mêmes pratiques ancestrales. Un expatrié qui comprend ce système et le respecte gagne un accès privilégié à la vie quotidienne, mais doit aussi accepter que les décisions importantes soient souvent négociées à l’échelle du clan ou du village, et pas seulement avec un individu.

Les grandes Églises : “piliers” de la société

Aux îles Salomon, cinq grandes Églises – parfois appelées les “cinq piliers” – dominent historiquement le paysage chrétien : l’Église anglicane de Mélanésie, l’Église catholique, la South Seas Evangelical Church, l’Église adventiste du septième jour et la United Church (méthodiste). Elles forment, avec d’autres, l’Association chrétienne des îles Salomon (SICA), qui joue un rôle de premier plan dans la vie publique.

La répartition est globalement la suivante :

Église principalePart estimée de la populationZones et rôles marquants
Église anglicane de Mélanésie~31–33 %Forte implantation dans de nombreuses provinces ; rôle majeur dans la paix et la réconciliation
Église catholique~19–20 %3 diocèses (Honiara, Gizo, Auki), réseau dense d’écoles et de centres de santé
South Seas Evangelical Church~17 %Très présente sur Malaita, forte dimension évangélique et pentecôtiste
Église adventiste du 7e jour~10–12 %Influence sur les pratiques du sabbat, notamment dans certaines lagunes et villages
United Church (méthodiste)~10 %Héritage méthodiste, base à Munda (Western Province)

Pour un expatrié, ces Églises ne sont pas seulement des lieux de culte. Elles font office de relais communautaires, de structures de formation, de fournisseurs de services de santé et d’éducation, parfois d’intermédiaires entre la population et l’État. Approx. un quart des services éducatifs et plus de 10 % des services de santé sont assurés par des institutions religieuses. Lors de crises politiques ou de catastrophes naturelles, ces structures deviennent aussi des acteurs de première ligne pour l’aide humanitaire et la médiation.

Bon à savoir :

Participer à la vie d’une paroisse locale est un excellent moyen de s’intégrer, de tisser un réseau de confiance et de mieux comprendre les tensions ou les solidarités qui traversent la société.

Un cadre légal très favorable à la liberté religieuse

La Constitution des îles Salomon garantit explicitement la liberté de religion. Chaque individu a le droit de pratiquer sa foi, de la changer, de prêcher et d’ouvrir des écoles religieuses. Les autorités sont généralement respectueuses de ce principe et, selon des évaluations internationales récentes, le pays obtient la note maximale en matière de liberté religieuse.

Attention :

Toutes les organisations religieuses doivent s’enregistrer auprès de l’État, les frais étant officiellement supprimés pour ces groupes. L’État subventionne les écoles et dispensaires gérés par les Églises et collabore avec elles via un ministère dédié aux affaires traditionnelles, à la paix et aux affaires ecclésiastiques.

Pour un expatrié, ce contexte signifie une grande latitude pour pratiquer sa propre religion, assister aux offices locaux, voire contribuer à des projets portés par des Églises. En revanche, le prosélytisme agressif ou dénigrant les croyances locales, surtout ancestrales, peut être très mal perçu socialement, même s’il est légalement possible de partager sa foi.

Dimanche sacré, sabbat et rythme de la semaine

Aux îles Salomon, le calendrier de la semaine se vit à travers un prisme spirituel marqué. Pour la plupart des confessions chrétiennes, le dimanche est un jour sacré, consacré au culte et au repos. Beaucoup de commerces ferment ou fonctionnent au ralenti, les transports peuvent être moins fréquents et l’organisation des activités sportives ou professionnelles ce jour-là est parfois mal vue.

Exemple :

Dans certaines régions influencées par les adventistes du septième jour, comme des villages de Marovo Lagoon, le sabbat est strictement observé du vendredi soir au samedi soir. Cette observance se manifeste par des interdictions locales, telles que celle de débarquer d’un bateau ou d’organiser des activités bruyantes pendant cette période, reflétant une forte sensibilité religieuse.

S’aligner sur ce rythme ne signifie pas forcément aller à l’église chaque semaine, mais au minimum éviter de planifier des réunions professionnelles importantes ou des activités perçues comme profanes (musique forte, travaux de construction) pendant les heures de culte, surtout dans les zones rurales. Demander à vos collègues locaux quels sont les jours et horaires de service religieux dominants dans la zone est un réflexe précieux.

Participer à un culte : codes vestimentaires et attitudes attendues

Assister à un service religieux est l’une des meilleures portes d’entrée pour comprendre la vie locale. Les chants polyphoniques, les prières en Pijin, les sermons parfois très longs, la ferveur collective : tout concourt à une expérience marquante. Encore faut-il respecter certains codes.

En matière de tenue, la modestie est la règle. Même si le climat est chaud et humide, les attentes sont claires : épaule et genoux couverts, vêtements amples plutôt que moulants, couleurs plutôt sobres pour les offices les plus formels. Dans beaucoup de paroisses, les femmes portent de longues jupes ou des robes, parfois des “meri blouses” amples ; les hommes optent au minimum pour un pantalon long et une chemise à col, même légère.

Un résumé utile :

SituationTenue recommandée pour les femmesTenue recommandée pour les hommesDétails importants
Culte dominical ou grande fête religieuseRobe ou jupe longue, épaules couvertes, vêtement non moulantPantalon long, chemise à col (manches courtes admises), parfois sandales ferméesChapeau retiré, pas de débardeur, pas de mini-jupe, éviter les décolletés
Visite d’un village (hors plage)Jupe ou robe couvrant les genoux, T-shirt ou chemise couvrant les épaulesShort au-dessus du genou possible selon le lieu, mais pantalon préférable, T-shirtS’informer localement : certaines communautés sont plus strictes
Plage publique hors zones touristiquesParéo ou robe par-dessus le maillot, éviter le bikini en dehors de la baignadeShort long et T-shirt en dehors de l’eauLe maillot de bain se limite à la plage, jamais en ville ou au village

À l’intérieur d’une église, retirer son chapeau est impératif. Dans certaines communautés, on se déchausse aussi en entrant dans un espace considéré comme sacré, surtout dans des édifices plus traditionnels ou des maisons de prière villageoises ; il suffit d’observer ou de demander calmement avant d’entrer.

Astuce :

Pendant le service, adoptez une attitude recueillie : mettez votre téléphone en mode silencieux, évitez toute conversation durant le sermon et limitez vos déplacements. Si une prière est prononcée, même en tant qu’expatrié non croyant, une posture respectueuse est attendue : inclinez légèrement la tête, gardez le silence, et levez-vous ou asseyez-vous avec l’assemblée si nécessaire. Vous n’êtes pas tenu de réciter les textes, mais suivre le mouvement collectif témoigne d’un réel respect.

“Kastom” religieux : ancêtres, esprits et tabous

Derrière l’omniprésence des croix et des Bibles, le socle des croyances ancestrales reste puissant. Dans de nombreuses régions, les villageois vivent dans un univers où les ancêtres et les esprits non humains sont perçus comme constamment présents. On leur attribue des protections, des malheurs, des maladies, des récoltes abondantes ou ratées.

Bon à savoir :

Ces systèmes reposaient sur la médiation avec les ancêtres et les esprits, via sacrifices et rituels. La notion centrale de *mana*, force spirituelle, était contrebalancée par le tabou (*abu*), dont la transgression pouvait entraîner la perte de cette protection et provoquer des malheurs.

Aujourd’hui, même chez des populations largement christianisées, ces catégories demeurent souvent en arrière-plan. Beaucoup interprètent encore les rêves comme des visites des ancêtres, les malheurs soudains comme le résultat d’un sort ou d’une transgression d’interdit. Des animaux comme les requins, les serpents ou certains oiseaux sont parfois vus comme des messagers spirituels. Certains villages conservent des sites sacrés – forêts, grottes, récifs, pierres – associés à des esprits protecteurs ou dangereux.

Attention :

Pour un expatrié, il est essentiel de ne pas ridiculiser les croyances locales et de prendre très au sérieux les interdits, car des actes comme une baignade dans un lieu sacré ou une plaisanterie sur un artefact peuvent être perçus comme une violence symbolique grave.

Tabous, sites sacrés et accès au territoire

La question de la terre est particulièrement sensible aux îles Salomon. La plupart des terrains appartiennent à des clans ou des familles, parfois depuis des générations à travers des titres coutumiers matérialisés par des pierres sacrées, des “bibi” ou d’autres marques de possession. Certaines plages, lagunes, forêts, rivières ou récifs sont ainsi “contrôlés” par des communautés précises, avec des règles d’accès et d’usage.

Bon à savoir :

Certains espaces, appelés ‘tabu sites’, ont un accès strictement restreint, parfois réservé aux hommes ou interdit aux personnes étrangères au clan. Dans certains cas, l’interdiction vise spécifiquement les femmes, en lien avec des rituels anciens autour des crânes, des maisons d’ancêtres ou des lieux associés au sang (naissance, menstruation). Ces règles, bien que pouvant sembler déroutantes de l’extérieur, sont prises très au sérieux et doivent être respectées.

Un comportement adapté repose sur quelques réflexes simples :

Astuce :

Lors de vos explorations, demandez systématiquement la permission avant d’emprunter un sentier quittant la route principale, d’utiliser une plage isolée ou de pénétrer dans une forêt non clairement publique. En milieu rural, présentez-vous au chef de village ou à un aîné reconnu avant d’explorer les environs. Acceptez que certains lieux vous soient refusés, sans insister ni débattre. Enfin, ne prélevez jamais d’objets sur un site pouvant avoir une dimension sacrée, tels que des crânes, des pierres particulières ou des coquillages disposés en cercle.

Dans certains cas, l’accès à une plage ou à un récif se négocie contre le paiement d’un “kastom fee”, une contribution coutumière. Elle est généralement modeste mais symboliquement très importante : elle reconnaît la légitimité du propriétaire coutumier et satisfait à une forme d’échange ritualisé.

Saluer, parler, se taire : l’étiquette relationnelle

La religion aux îles Salomon imprègne aussi les manières de se comporter avec les autres. La politesse formelle, le respect des aînés et le rejet des comportements agressifs sont intimement associés à l’idéal de “bonne conduite chrétienne” et à des notions plus anciennes de respect coutumier.

Bon à savoir :

La salutation de base combine une poignée de main légère, un sourire franc et un contact visuel mesuré. Les formules courantes en Pijin sont « halo » ou « morning lo yu ». La poignée de main s’échange généralement entre personnes du même sexe ; un homme serrant directement la main d’une femme qu’il ne connaît pas bien peut surprendre en milieu rural, où un signe de tête ou un geste de la main est souvent préféré.

Un détail qui compte : poser la main gauche sur l’avant-bras droit pendant la poignée de main. Ce geste discrete signale un respect particulier, souvent apprécié lors d’une première rencontre ou avec un aîné. On évite en revanche les embrassades et les contacts physiques démonstratifs en public, réservés à la sphère intime.

Bon à savoir :

Les aînés et les responsables religieux occupent une place centrale et doivent être traités avec une déférence particulière. Il convient de les saluer en premier, de ne pas les interrompre et de les consulter pour les décisions importantes concernant la terre, la famille ou la communauté. Dans un cadre formel, l’utilisation de titres de politesse comme ‘Mister’, ‘Miss’, ‘sir’ ou ‘madam’ suivis du nom de famille est attendue.

La conversation est généralement calme, sans hausse de ton. L’agressivité verbale, les éclats de voix, les insultes publiques choquent fortement et peuvent même, dans certains cas, relever d’infractions (le recours à un langage grossier peut donner lieu à des plaintes et à des compensations). Dans une société où l’équilibre communautaire est vital, la maîtrise de soi est valorisée.

Partager un repas : dimension spirituelle et codes d’usage

Aux îles Salomon, le repas dépasse largement la simple nutrition. Partager la nourriture est un acte de lien social, et souvent une occasion de prière commune. Être invité à manger dans une maison ou lors d’un événement communautaire est un signe de confiance, parfois aussi une obligation coutumière lorsqu’on a reçu une aide ou un service.

Astuce :

Refuser catégoriquement de la nourriture proposée peut être perçu comme un rejet relationnel. Même sans faim ou face à un plat inhabituel, il est préférable d’accepter une petite portion, de goûter et de remercier. De plus, une prière avant le repas est courante, notamment dans les foyers pratiquants ou lors de grands rassemblements familiaux : il convient alors de rester silencieux, éventuellement en baissant la tête, jusqu’à la fin de la bénédiction.

Dans de nombreux villages, on mange encore avec les mains, en particulier lors de grands festins communautaires où la nourriture est servie sur de grandes feuilles ou dans des plats partagés. Il est alors important d’utiliser uniquement la main droite pour porter la nourriture à la bouche, la main gauche étant culturellement associée à l’hygiène intime. Le lavage des mains avant de manger, parfois dans un bassin ou avec une cruche d’eau apportée à chacun, a souvent une dimension à la fois pratique et symbolique.

Dire “merci” pour le repas, voire mentionner que la nourriture était “naes tumas” (très bonne), est une manière simple de reconnaître l’hospitalité généreuse, d’autant plus dans un contexte où les ressources restent limitées.

Offrir un cadeau : geste social et écho coutumier

La pratique du cadeau est profondément enracinée aux îles Salomon, qu’il s’agisse de dons coutumiers dans des cérémonies traditionnelles ou de cadeaux plus modestes lors de visites informelles. Arriver les mains vides chez quelqu’un, surtout en milieu rural, peut être perçu comme un manque de finesse, voire d’égards.

Exemple :

Dans la coutume salomonaise, les cadeaux d’accueil privilégient la pensée et l’utilité plutôt que la valeur monétaire. Des présents comme des fruits, un sac de riz, des boîtes de poisson, du tabac, une petite somme d’argent ou des fournitures pour enfants (crayons, ballons) sont particulièrement appréciés. Le geste, qui symbolise la reconnaissance d’une relation, est central. Il est d’usage de présenter l’offrande avec les deux mains, parfois en accompagnant le geste de quelques mots en Pijin pour exprimer gratitude ou respect.

Dans certaines démarches plus formelles — par exemple, demander l’accès à un terrain, solliciter une autorisation auprès d’un chef — ce petit don prend la forme d’une “kastom gift”, inscrite dans une logique d’échange rituel. Il est essentiel de ne jamais considérer cela comme un simple pourboire ou un bakchich : dans la logique locale, c’est un marqueur de lien social et symbolique.

Photographie, cérémonies et espaces sacrés : prudence absolue

L’envie de photographier les paysages, les cérémonies religieuses, les crânes anciens ou les danses traditionnelles est compréhensible. Mais aux îles Salomon, l’appareil photo est perçu comme un objet potentiellement intrusif, particulièrement dans les contextes religieux ou coutumiers.

Attention :

Il est essentiel de toujours demander la permission avant de photographier quelqu’un, particulièrement en milieu rural. Pour les cérémonies religieuses ou rituelles, l’accord explicite des organisateurs ou des aînés est requis. Certains objets sacrés (crânes d’ancêtres, pierres sacrées, autels) ne doivent pas être photographiés, car certaines communautés craignent que l’image ne capture ou ne déplace une partie de leur pouvoir spirituel.

Dans les églises, la tolérance varie. Pendant la liturgie, photographier peut être mal perçu, à moins que l’assemblée n’y soit habituée (dans certains contextes touristiques, la flexibilité est plus grande). En cas de doute, un discret “mi save tekem photo?” (puis-je prendre une photo ?) adressé au responsable ou à un fidèle proche vaut mieux que l’hypothèse.

Prendre un objet sur un site sacré – coquillage, pierre, morceau de bois particulier – est fortement déconseillé, même s’il ne semble pas explicitement protégé. Pour les habitants, ces éléments peuvent participer d’un ensemble symbolique invisible à l’œil non initié.

Consommation d’alcool, langage et comportements jugés offensants

Si l’on regarde la société salomonienne avec un prisme religieux, certains comportements occidentaux courants prennent une coloration différente. La consommation d’alcool en est un exemple frappant. Bien que l’alcool ne soit pas entièrement absent de la vie locale, il ne fait pas partie du quotidien pour beaucoup de familles, et certains villages l’interdisent purement et simplement pour des raisons à la fois religieuses et coutumières.

Attention :

L’ivresse publique est condamnée car elle contrevient aux valeurs chrétiennes et à l’idéal de maîtrise de soi du ‘kastom’. Pour un expatrié, il est essentiel de boire avec modération, d’éviter de paraître ivre en public et de respecter les interdictions locales afin de préserver sa réputation et celle de son organisation.

Le langage grossier est également encadré. Dans certains cas, des insultes proférées en public peuvent relever d’infractions, déboucher sur des réclamations financières ou même des peines d’emprisonnement. Les discours discriminatoires ou moqueurs envers d’autres religions — y compris les pratiques ancestrales ou les minorités musulmanes et bahaïes — nourrissent des tensions latentes et renforcent l’image de divisions religieuses.

Les démonstrations d’affection en public, notamment les baisers et embrassades romantiques, restent rares et volontiers jugées déplacées, même si tenir la main de son partenaire peut être toléré. Là encore, la double référence à un christianisme conservateur et à des normes coutumières de pudeur explique cette retenue.

Femmes, corps et spiritualité : zone hautement sensible

Dans de nombreuses cosmologies mélanésiennes, le corps féminin, surtout dans ses dimensions liées à la menstruation et à la naissance, est perçu comme détentrice d’une puissance ambivalente : profondément créatrice, mais aussi potentiellement dangereuse ou “polluante” sur le plan rituel. Ces représentations, toujours présentes dans certaines régions, génèrent une série de tabous autour des lieux où les femmes accouchent, saignent, se reposent.

Bon à savoir :

Historiquement, des huttes étaient réservées aux femmes menstruées ou en couches et interdites aux hommes. Certains lieux entiers pouvaient être déclarés « tabu » pour les femmes. Aujourd’hui, ces pratiques évoluent, mais une vigilance particulière est toujours requise, notamment autour des maisons d’ancêtres, des grottes et de certains récifs.

Pour une expatriée, cela se traduit par : la nécessité de s’adapter à une nouvelle culture, de se faire de nouveaux amis et de gérer un environnement parfois inconnu.

la nécessité de respecter les interdictions d’accès, même si elles semblent “injustes” ou incompréhensibles à première vue ;

l’importance d’échanger de manière respectueuse et patiente avec des femmes locales, qui seront souvent les meilleures médiatrices pour expliquer ce qu’il est possible ou non de faire ;

– la conscience que des sujets comme les menstruations, la grossesse ou la sexualité restent très sensibles, rarement évoqués en public.

Du côté des hommes expatriés, cela implique de se garder de blagues ou de références directes à ces questions, et de respecter les séparations de genre parfois observées dans les espaces de culte ou lors de certaines cérémonies.

Entre christianisme et croyances ancestrales : le syncrétisme au quotidien

En pratique, beaucoup de Salomonniens vivent une forme de double appartenance : ils se déclarent chrétiens, fréquentent assidûment l’église, mais continuent à consulter des intermédiaires coutumiers, interprètent leurs rêves comme des messages des ancêtres ou utilisent des objets “bénis” à la frontière entre sacré chrétien et sacré traditionnel.

Des mouvements religieux locaux ont d’ailleurs institutionnalisé ces mélanges, combinant symboles bibliques, références à Israël ou à la fin des temps, et pratiques de bénédictions d’objets ou de “pierre protectrice”. Des responsables d’Église eux-mêmes reconnaissent l’ampleur de ce syncrétisme, parfois en s’en inquiétant, parfois en choisissant de l’accompagner prudemment.

Pour un expatrié, ce paysage hybride invite à la nuance. Classer trop vite une pratique comme “superstition” ou “paganisme” sans tenir compte du rôle identitaire et psychologique qu’elle joue peut blesser profondément. À l’inverse, flatteusement présenter ces croyances comme un “folklore” sympathique sans en percevoir la profondeur spirituelle n’est pas plus respectueux.

L’attitude la plus constructive consiste souvent à poser des questions ouvertes : “Qui protège ce lieu ?”, “Que signifient ces objets ?”, “Comment vos grands-parents faisaient-ils avant l’arrivée des missionnaires ?” Ces conversations, conduites avec tact, ouvrent souvent des espaces de partage très riches.

Conseils pratiques pour les expatriés : se repérer sans se perdre

Au fil de ce panorama, quelques principes simples se dégagent pour naviguer sereinement dans l’univers religieux des îles Salomon :

Astuce :

Considérez toute invitation à un événement religieux ou coutumier comme un honneur, et répondez-y avec ponctualité, une tenue modeste et une attitude disponible. Renseignez-vous systématiquement sur les pratiques locales (Églises présentes, horaires des cultes, sites tabous). Témoignez une déférence marquée aux aînés, aux chefs et aux responsables religieux, en évitant les confrontations frontales sur la foi. Veillez à une cohérence absolue entre vos paroles et vos actes, car l’incohérence est très mal perçue. Enfin, l’utilisation de quelques phrases de salutation en Pijin transmet un message immédiat de respect culturel.

Enfin, garder en tête que la religion, au-delà des statistiques et des doctrines, est aux îles Salomon un langage quotidien de sens, de consolation et de justice. Comprendre ce langage — ou, à défaut, accepter humblement d’en saisir seulement des fragments — est sans doute l’un des plus beaux gestes que peut faire un expatrié envers ses hôtes.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Îles Salomon pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, juridictions du Pacifique), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur fiscalité personnelle modérée, l’absence d’impôt sur la fortune, certaines opportunités d’investissement offshore et un coût de vie inférieur à la France (Honiara nettement moins chère que Paris), ainsi qu’un environnement tropical propice à la retraite. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention d’un titre de séjour de long terme avec achat de résidence principale, organisation de la couverture santé internationale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable anglophone) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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