Les îles Salomon ne sont pas la première destination qui vient à l’esprit quand on parle d’écoles internationales. Pourtant, derrière l’image de lagons turquoise et de villages isolés, le pays s’est doté d’un petit mais solide réseau d’établissements capables d’offrir une éducation aux standards mondiaux. Pour les familles expatriées basées à Honiara, mais aussi pour les parents salomonais prêts à investir dans l’avenir de leurs enfants, ces écoles représentent une alternative à un système public encore fragilisé par le manque de moyens, la dispersion géographique et la pénurie d’enseignants qualifiés.
Deux établissements dominent l’offre éducative internationale à Honiara : la Woodford International School, reconnue pour ses programmes IB et Cambridge, et la New Hope Academy, prisée pour son approche axée sur les valeurs, son accessibilité financière et son innovation pédagogique. Le paysage est complété par des établissements secondaires historiques comme la King George VI School, qui servent de points de référence.
Comprendre ce micro‑écosystème suppose de le replacer dans le contexte éducatif du pays : une scolarisation non obligatoire, des taux d’achèvement encore fragiles et un gouvernement qui, malgré un engagement budgétaire élevé, peine à offrir partout une éducation de qualité. C’est justement dans cet entre‑deux que les meilleures écoles internationales aux îles Salomon ont trouvé leur place.
Un système éducatif sous tension, terrain fertile pour les écoles internationales
L’éducation reste l’un des grands chantiers nationaux. La scolarité n’est pas légalement obligatoire et moins de 60 % des enfants commencent l’école primaire. Parmi ceux qui entrent en Year 1, à peine un peu plus de sept sur dix vont jusqu’au bout du cycle primaire. La transition vers le secondaire est tout aussi délicate : les taux bruts d’inscription avoisinent 32 % pour les garçons et 27 % pour les filles.
Le système éducatif, structuré en 6 ans de primaire et 7 ans de secondaire, vise 9 ans d’enseignement de base gratuit et obligatoire. Cependant, la géographie archipélagique du pays, avec plus de mille îles souvent isolées, rend l’accès difficile pour de nombreux enfants. Pour y remédier, les autorités ont mis en place des « satellite schools » afin de rapprocher les salles de classe des communautés éloignées.
Malgré ces efforts, près d’un enfant sur cinq en âge d’aller au primaire reste hors de l’école, avec une légère surreprésentation des filles parmi les non‑scolarisées. Les défis sont connus : distances, coûts indirects, manque de sécurité sur certains trajets, mais aussi pression familiale pour contribuer aux tâches agricoles ou de pêche. Le pays consacre pourtant une part importante de ses ressources à l’éducation : autour de 31 % du budget national et environ 13 % du PIB, avec une aide notable de l’Australie et de la Nouvelle‑Zélande via le programme Education Sector Support Program.
Bien que les écoles publiques dominent, un segment privé, confessionnel et international s’est développé, notamment à Honiara. Ces écoles bénéficient de subventions publiques par élève et peuvent facturer des frais supplémentaires dans le cadre légal. Les écoles internationales, ciblant expatriés et élite locale, servent aussi de laboratoire pédagogique, leurs innovations influençant à terme l’ensemble du système éducatif.
Woodford International School : la référence IB et Cambridge des îles Salomon
Difficile de parler d’éducation internationale dans le pays sans commencer par Woodford International School. Installée à Honiara, sur la Kukum/Prince Philip Highway, non loin du campus de la Solomon Islands National University, l’école revendique sans détour le statut de « premier choix éducatif » du pays. L’histoire de l’établissement éclaire d’ailleurs l’évolution de l’éducation moderne dans l’archipel.
De petite école de Point Cruz à IB World School
Fondée au milieu des années 1950, l’école ouvre ses portes dans un bâtiment de Point Cruz, au centre de Honiara, avec une petite douzaine d’élèves. Elle s’appelle alors Honiara International School. Dans les années 1970, elle est intégrée au Plan national de développement, avec l’ambition assumée d’introduire un enseignement primaire aligné sur des standards internationaux afin d’attirer investissements et expertise étrangère.
Après l’indépendance de 1978, le Royaume‑Uni finance la construction de nouveaux bâtiments. L’école déménage sur son site actuel en 1979. Une année plus tard, une Board of Management composée de parents est légalement instituée, marquant la transition vers une gouvernance autonome. En 1989, l’établissement est rebaptisé Honiara International School, avant de prendre son nom actuel, Woodford International School, dans les années 1990, en hommage à Sir Charles Woodford, premier gouverneur britannique du Protectorat.
Année où l’école a obtenu l’autorisation officielle d’offrir le Primary Years Programme (PYP) du Baccalauréat International.
Une école indépendante, non lucrative et reconnue par l’État
Aujourd’hui, Woodford International School est une école indépendante, à but non lucratif, couvrant tout le parcours de Pre‑Kindergarten à Year 12. Elle est à la fois :
– IB World School pour le PYP
– école Cambridge International (Lower Secondary, IGCSE, AS/A Levels)
– autorité éducative reconnue par le ministère de l’Éducation (MEHRD)
– membre de la Solomon Islands Chamber of Commerce
Cette double reconnaissance – nationale et internationale – lui donne une place à part. Sur le plan juridique, l’école est administrée par un conseil d’administration de parents, sans actionnaires à rémunérer. Son financement repose principalement sur les frais de scolarité, complétés par une subvention de l’État. L’effectif dépasse désormais les 350 élèves, issus d’une trentaine de nationalités, avec environ 60 % de citoyens salomonais. La fréquentation a même culminé à près de 500 élèves à la période de la mission régionale RAMSI, signe de sa forte attractivité auprès des communautés expatriées.
Un continuum IB–Cambridge pensé pour la mobilité internationale
Le principal argument de Woodford est son offre curriculaire intégrée, qui couvre tous les niveaux avec des référentiels reconnus dans les universités du monde entier. L’école fonctionne sur un calendrier austral (année scolaire de janvier à décembre) et propose le schéma suivant :
| Niveau scolaire | Programme principal | Certification ou objectif |
|---|---|---|
| Early Years – Year 5 | International Baccalaureate Primary Years Programme | PYP, approche par unités de recherche |
| Years 6–8 | Cambridge Lower Secondary (curriculum Cambridge) | Préparation au Secondaire Cambridge |
| Years 9–10 | Cambridge IGCSE | International General Certificate of Secondary Education |
| Year 11 | Cambridge O‑Level et/ou examens nationaux SIF6C | Solomon Islands Form 6 Certificate ou équivalent Cambridge |
| Year 12 | Cambridge AS/A Levels et/ou SI Form 7 | Accès universités, filière nationale ou internationale |
Au primaire, le PYP structure l’apprentissage autour de thèmes transdisciplinaires et de projets d’enquête. À partir de Year 6, les élèves basculent sur le curriculum Cambridge, avec une montée en puissance de la spécialisation disciplinaire et une préparation explicite aux IGCSE en fin de Year 10. En Years 11 et 12, les élèves peuvent combiner filière nationale (examens Solomon Islands Form 6/7) et Cambridge AS/A Levels, ce qui laisse ouvertes à la fois les portes des universités régionales (Australie, Nouvelle‑Zélande, Pacifique) et celles des établissements plus lointains.
Un autre détail important, souvent apprécié par les familles asiatiques : du Year 2 au Year 8, les élèves suivent des cours de mandarin, en plus de l’anglais, langue d’enseignement, ce qui donne une coloration linguistique rare dans la région.
Climat scolaire, pédagogie et soutien aux élèves
La réputation de Woodford ne repose pas seulement sur la qualité du curriculum. L’école met fortement en avant une culture d’« attention et d’opportunités » où « chaque élève est connu et soutenu ». Les classes restent de taille raisonnable, notamment au secondaire où les groupes ne dépassent pas une quinzaine d’élèves dans certaines configurations, ce qui facilite un suivi individualisé.
Le système éducatif salomonais s’appuie sur un corps enseignant majoritairement local, renforcé par des professeurs néo-zélandais, fidjiens et d’autres nationalités. Dans le primaire, des assistants de classe permettent d’améliorer le ratio élèves-adulte. Pour une éducation inclusive, des services de soutien scolaire (« Student Support Services ») offrent un accompagnement spécifique aux élèves ayant des troubles d’apprentissage légers à modérés, à l’image des pratiques des écoles internationales.
L’offre est complétée par un large éventail d’activités extrascolaires, utilisant les infrastructures du campus : bibliothèque, salles de musique et d’arts, gymnase, laboratoires informatiques, terrains de sport. Même si la connectivité Internet peut parfois être capricieuse à Honiara, l’école tente de maintenir un niveau d’intégration des technologies comparable aux standards internationaux.
Procédure d’admission et profil des familles
L’admission à Woodford est officiellement non discriminatoire : aucune distinction n’est faite selon la nationalité, la religion, le genre, le handicap ou l’origine ethnique. La condition principale est la capacité de l’élève à suivre avec succès un cursus académique exigeant en langue anglaise, sous réserve de places disponibles.
La procédure se déroule en trois étapes :
1. Dossier de candidature comprenant formulaire, preuve de date de naissance (acte ou passeport), et, à partir de Year 1, les deux derniers bulletins scolaires. Des frais de candidature de 1 500 SBD sont exigés, non remboursables. 2. Test de positionnement, demandé au cas par cas pour vérifier l’adéquation entre niveau de l’élève et classe visée. 3. Entretien avec la direction pédagogique ou le coordinateur de cycle, avant validation finale par le Head of School.
Ce formalisme et le coût des frais (auxquels s’ajoutent les droits de scolarité, non détaillés publiquement) en font clairement une école de niche, ciblant les cadres expatriés, les personnels d’ONG, les diplomates, ainsi qu’une minorité croissante de familles salomonaises urbaines prêtes à consentir un effort financier majeur pour offrir à leurs enfants un passeport académique international.
New Hope Academy : l’alternative accessible et centrée sur les valeurs
Face à un modèle Woodford très tourné vers la préparation universitaire internationale, New Hope Academy incarne une autre voie : celle d’une école privée à frais modérés, portée par des organisations de la société civile et axée sur l’éducation du caractère autant que sur les résultats scolaires.
Une école née d’une réponse à l’urgence éducative
L’histoire de New Hope Academy commence bien avant l’ouverture officielle de l’école. Entre 2000 et 2005, les équipes salomonaises de plusieurs organisations – Women’s Federation for World Peace (WFWP), Family Federation for World Peace and Unification (FFWPU) et Universal Peace Federation (UPF) – conçoivent le projet d’un établissement scolaire accessible aux familles modestes, avec l’appui d’« Ambassadeurs de la Paix » et de sections japonaises et australiennes de la WFWP. Un terrain est acquis à Home Ground, à Honiara, dans un pays où moins de 3 % du budget public de l’éducation est consacré à la petite enfance.
En 2011, l’Academy ouvre ses portes dans un bâtiment rénové, avec trois petites classes de maternelle (3 ans, 4 ans, 5‑6 ans) et seulement 19 élèves. Les cloisons sont improvisées avec des étagères de bibliothèque. Le coût de rénovation et d’équipement atteint 200 000 dollars salomonais, principalement financés par WFWP Japon. L’année suivante, la demande explose : les effectifs passent à 90 élèves et une extension du bâtiment est construite.
Des frais plus bas que dans le public, au prix d’une forte solidarité internationale
Dès 2016, New Hope Academy est citée comme l’une des meilleures écoles du quartier, malgré des moyens matériels encore limités. Un chiffre illustre bien son positionnement : les frais de scolarité se situent alors autour de 350 SBD par trimestre, quand certaines écoles publiques demandent 450 SBD. Ce paradoxe s’explique par le soutien continu de WFWP Japon et Australie, qui subventionnent bâtiments, équipements et matériaux pédagogiques, permettant de maintenir des frais en dessous de ceux du secteur public.
Le tableau ci‑dessous résume cette spécificité :
| Établissement / type | Nature juridique | Niveau de frais (ordre de grandeur) | Principales sources de financement |
|---|---|---|---|
| New Hope Academy (maternelle, 2016) | École privée à but non lucratif | ~350 SBD / trimestre (sous le public) | Frais parentaux + soutien WFWP Japon & Australie |
| Écoles publiques Honiara (maternelle) | Publiques / HCC | ~450 SBD / trimestre (exemple) | Budget État + contributions parentales |
Dans un contexte où l’État reconnaît manquer de moyens pour la petite enfance, la création d’un préscolaire privé à frais réduits, destiné explicitement aux enfants de familles pauvres, vient combler un vide. L’initiative se place aussi en phase avec les Objectifs de développement durable, en particulier l’ODD 4 (éducation de qualité), l’ODD 5 (égalité des genres), l’ODD 10 (réduction des inégalités) et l’ODD 17 (partenariats).
Une montée en puissance méthodique : de la maternelle au secondaire
La croissance de New Hope Academy suit un plan par étapes assez rare pour une école locale :
| Période | Étape de développement | Faits marquants |
|---|---|---|
| 2010–2013 | Mise en place du préscolaire / maternelle | 3 classes, 19 élèves à l’ouverture ; soutien WFWP Japon |
| 2014–2020 | Création et consolidation du primaire | Ouverture officielle du Grade 1 en 2018 ; 210 élèves en 2020 |
| 2021–2026 | Extension vers le secondaire | Ouverture des Year 5 et 6 en 2021 ; premier Year 7 (Form 1) en 2023 |
| À partir de 2027 | Projet d’internat | Mise en place de structures de boarding prévues |
En 2017, la maternelle déménage dans un nouveau bâtiment à Kukum, doté de trois salles de classe spécialement conçues. L’école devient la première maternelle du pays à disposer d’un cours d’informatique grâce à un don d’iPads de WFWP Australie, dans un pays où l’accès aux technologies à l’école reste très inégal. La même année, 30 enfants sortent de la maternelle pour intégrer le primaire.
Nombre d’élèves que comptait New Hope Academy deux ans après l’ouverture de son Grade 1.
En 2021, l’inauguration du bâtiment SunHak marque une nouvelle étape : elle permet d’ajouter les Year 5 et 6, avec des salles de classe spacieuses, ventilées et équipées, des blocs sanitaires de bon niveau entretenus par un employé dédié, et une bibliothèque alimentée par un don massif de livres australiens. L’école fait à nouveau figure de pionnière en devenant la première du pays à adopter exclusivement tableaux blancs et marqueurs, abandonnant la traditionnelle craie.
En 2023, l’école a ouvert sa première classe de Year 7 (Form 1), marquant le lancement de sa section secondaire. Le programme comprend des matières clés : mathématiques, sciences, anglais, études sociales, informatique et économie familiale. La division secondaire a obtenu l’accréditation de la municipalité de Honiara, un statut prestigieux partagé avec une seule autre école de la ville. Le département de l’Éducation a affecté dix nouveaux enseignants à cette section, témoignant de la reconnaissance officielle croissante de l’établissement.
Un projet éducatif centré sur la famille et le caractère
L’un des atouts distinctifs de New Hope Academy est son orientation philosophique. L’école se définit comme « value and family centred ». Concrètement, cela signifie que le développement du « cœur » – par le partage, l’empathie, la compréhension – est considéré comme aussi important que l’acquisition des savoirs académiques.
Cette approche se traduit par :
– une forte implication des parents, via une association particulièrement active
– des événements de levée de fonds deux fois par an, souvent sous forme de déjeuners ouverts aux VIP, responsables politiques et membres de la communauté
– une attention portée à l’égalité de genre, en cohérence avec les engagements de WFWP
La directrice, Mme Selina Galo, est en poste depuis l’ouverture de l’école, assurant une continuité de vision rarement observée dans le contexte local.
Du point de vue pédagogique, New Hope ne revendique pas de label IB ou Cambridge. Son ambition est autre : offrir un enseignement solide, progressif, appuyé sur des matériels modernes (iPads, vidéoprojecteurs, bibliothèques fournies, machines à coudre et ordinateurs pour les cours technologiques) à un coût supportable pour les familles modestes. L’obtention d’enseignants financés par le gouvernement renforce ce modèle hybride, à la croisée du privé et du public.
King George VI School : un jalon historique pour l’éducation secondaire
Si King George VI School n’est pas à proprement parler une école internationale, son histoire éclaire la trajectoire de l’enseignement secondaire aux îles Salomon et sert de point d’ancrage pour comprendre ce que les écoles internationales apportent de nouveau.
De l’« école expérimentale » à la fabrique des élites locales
Située à l’origine à Aligegeo, près d’Auki sur l’île de Malaita, la future KGVI naît dans les années 1950 sur un ancien site de recherche agricole. Les débuts sont hésitants : ouverture retardée en 1950 pour cause de pénuries, fermeture rapide faute de financement, puis réouverture en 1952 sous le nom de King George VI School, donné par le Haut‑Commissaire britannique.
L’année où la section secondaire de l’école est devenue pleinement opérationnelle, marquant l’aboutissement de sa transformation en laboratoire de l’enseignement public.
Le projet est clair : préparer une nouvelle génération de leaders pour un pays en marche vers l’autonomie, en réunissant des élèves issus de diverses îles et traditions afin de forger un sentiment d’unité nationale. De fait, plusieurs personnalités politiques de premier plan, dont Solomon Mamaloni et Peter Kenilorea, y sont formées. L’école se hisse progressivement au rang de premier lycée public du pays, préparant ses meilleurs élèves au Cambridge Overseas School Certificate, sésame pour poursuivre des études supérieures à l’étranger.
Un modèle sélectif et académique, loin de la réalité de la majorité des élèves
Les classes secondaires de KGVI sont alors très réduites – une quinzaine d’élèves – avec un encadrement renforcé, une discipline stricte et un fort accent sur la réussite aux examens. Des enseignants expatriés, souvent jeunes, aux côtés de pionniers salomonais, y introduisent des méthodes nouvelles : augmentation du temps de classe, amélioration de la nutrition des élèves, mise en place d’un système de préfets, d’internats, de maisons, de compétitions sportives. L’école déménagera finalement à Honiara plus tard, pour devenir l’un des lycées nationaux les plus connus.
Comparé aux écoles internationales actuelles, ce modèle présente une continuité par la préparation aux examens de type Cambridge, déjà centrale. Cependant, il marque une rupture par son accès historiquement restreint à une minorité sélectionnée et majoritairement masculine jusqu’aux années 1960, et par une pédagogie axée sur la mémorisation et la discipline plutôt que sur l’apprentissage par projet.
Les écoles internationales comme Woodford ont hérité de l’ouverture mondiale incarnée par KGVI, mais elles en ont transformé la logique : classes plus mixtes culturellement, pédagogie plus active, évaluation plus diversifiée, et surtout, un financement qui repose sur les familles plutôt que sur l’État.
Choisir entre les meilleures écoles internationales aux îles Salomon : critères et arbitrages
Pour une famille nouvellement arrivée à Honiara ou pour des parents salomonais urbains pesant leurs options, le choix entre Woodford International School, New Hope Academy et, dans une moindre mesure, certains lycées locaux de haut niveau pose des questions très concrètes.
Curriculum et reconnaissance internationale
Le premier critère est souvent le curriculum. Sur ce terrain, Woodford domine clairement :
– IB PYP au primaire, reconnu dans plus de 150 pays
– Cambridge IGCSE et A‑Levels au secondaire, ouvrant les portes des universités anglo‑saxonnes
– possibilité de passer en parallèle les certificats nationaux Form 6 et Form 7
New Hope, elle, repose sur les référentiels nationaux, avec un enrichissement par des matériels importés, mais sans accréditation IB ou Cambridge. Pour un élève destiné à rester aux îles Salomon ou à poursuivre dans des universités régionales de proximité, cela peut suffire. Pour un projet d’études supérieures à long terme dans des pays comme l’Australie, la Nouvelle‑Zélande, l’Europe ou l’Amérique du Nord, l’alignement de Woodford avec les standards internationaux reste un avantage décisif.
Coût et accessibilité financière
Le second critère est bien sûr le coût. Les données publiques détaillant les frais annuels de Woodford ne sont pas fournies dans les sources disponibles, mais tout indique qu’ils se situent dans la fourchette haute des écoles internationales du Pacifique. À l’inverse, New Hope a clairement été conçue pour rester abordable, avec des frais historiquement inférieurs même à ceux de certaines écoles publiques de Honiara, grâce aux subventions extérieures.
Synthèse comparative des caractéristiques principales des deux écoles de pensée présentées.
Focalisée sur la rationalité et l’efficacité, avec une structure hiérarchique rigide et une recherche de l’optimisation des processus.
Centrée sur le facteur humain, la motivation et la dynamique de groupe, privilégiant le bien-être et la cohésion des équipes.
| Aspect | Woodford International School | New Hope Academy |
|---|---|---|
| Public principal | Expatriés, élite économique locale | Familles locales à revenus modestes ou moyens |
| Curriculum | IB PYP + Cambridge (IGCSE, AS/A) + examens nationaux | Curriculum national enrichi, sans label IB/Cambridge |
| Frais de scolarité | Élevés (niveau international) | Modérés, historiquement < écoles publiques locales |
| Aides extérieures | Subvention de l’État + frais | Fort soutien WFWP Japon & Australie + subventions locales |
| Objectif prioritaire | Préparation universitaire internationale | Accès à l’éducation de qualité + éducation du caractère |
Pédagogie, climat scolaire et valeurs
Un troisième critère, moins quantifiable, porte sur la culture d’établissement. Woodford met en avant la personnalisation des apprentissages, la rigueur académique et l’ouverture interculturelle – avec une trentaine de nationalités représentées. New Hope insiste sur la formation du caractère, le rôle de la famille et la solidarité communautaire, dans un environnement où les parents sont fortement impliqués et où les valeurs de partage et d’empathie sont explicites.
Dans le contexte local très communautaire, la dimension sociale de New Hope peut être un critère aussi important que le diplôme. Pour les familles expatriées engagées dans l’humanitaire ou le développement, cette orientation sociale constitue souvent un argument décisif, car elle correspond à leurs propres valeurs.
Enfin, la question du lien entre ces écoles et le système national mérite d’être posée. Woodford, en tant qu’« Education Authority » reconnue, bénéficie du soutien du MEHRD pour les salaires d’enseignants, tout en offrant un environnement académique qui sert souvent de vitrine du pays auprès des visiteurs internationaux. Son existence contribue à retenir certains cadres étrangers à Honiara, en leur offrant une solution éducative pour leurs enfants.
New Hope, de son côté, joue un rôle plus discret mais non moins stratégique : elle prend en charge une partie de la demande en petite enfance que l’État n’a pas les moyens de satisfaire, tout en maintenant des frais bas. En ce sens, elle agit comme un amortisseur social, limitant l’exclusion éducative des enfants de familles défavorisées en zone urbaine.
Vers quel avenir pour les écoles internationales aux îles Salomon ?
L’offre actuelle d’écoles internationales aux îles Salomon reste modeste en volume – essentiellement concentrée sur Honiara – mais riche en enseignements sur les transformations en cours dans le pays. Elle s’est construite à la croisée de plusieurs dynamiques :
– la volonté de l’État de moderniser son système éducatif et de l’aligner sur les agendas internationaux (ODD, PacREF, IB, Cambridge)
– la présence d’une communauté expatriée exigeante, à la recherche de référentiels familiers et de mobilité académique
– l’engagement d’organisations religieuses et de la société civile pour combler les manques, en particulier sur la petite enfance
Le nouveau cadre légal de 2023 impose aux écoles un renforcement de la qualité, de la transparence et de la protection des élèves, nécessitant une professionnalisation accrue. Parallèlement, des initiatives comme New Hope Academy montrent que l’internationalisation repose aussi sur des partenariats durables et l’ancrage dans les priorités locales (lutte contre les inégalités, égalité des genres, accès à la petite enfance), au-delà des seuls labels reconnus.
À plus long terme, un enjeu majeur sera la diffusion des pratiques pédagogiques issues de ces écoles pilotes vers le reste du système. L’usage intensif de l’anglais comme langue de scolarisation, l’introduction de l’apprentissage par projet, l’intégration des technologies et l’attention aux besoins spécifiques des élèves sont autant d’éléments qui pourront, s’ils sont adaptés, nourrir la réforme curriculaire nationale en cours.
Entre la rigueur formatée de Woodford International School et l’engagement social de New Hope Academy, les meilleures écoles internationales du pays proposent deux visions complémentaires d’un même pari : celui d’une jeunesse salomonaise capable, demain, de naviguer avec aisance entre ses racines insulaires et un monde de plus en plus globalisé.
Analyse des choix éducatifs aux îles Salomon
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Îles Salomon pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, pays d’Asie-Pacifique), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur imposition locale modérée, l’absence d’impôt sur la fortune, certaines opportunités en immobilier et économie bleue et un coût de vie inférieur à celui de la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions de non‑double imposition), obtention du titre de séjour, organisation de la protection sociale privée, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banques) et ajustement de la stratégie patrimoniale internationale afin de réduire la charge fiscale globale tout en maîtrisant les risques (contrôles français, cadre juridique local, adaptation culturelle insulaire).
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