Guide pour obtenir le passeport du pays aux îles Salomon

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Obtenir le passeport du pays aux îles Salomon n’a rien d’improvisé. Entre les règles de nationalité, les formulaires à remplir à la main, les photos très encadrées et les délais de traitement incompressibles, il vaut mieux savoir où l’on met les pieds avant de se lancer. Ce guide rassemble et réorganise toutes les informations officielles disponibles pour expliquer, étape par étape, comment décrocher ou renouveler un passeport du pays aux îles Salomon, que vous soyez déjà citoyen, candidat à la naturalisation ou membre de la diaspora installé à l’étranger.

Bon à savoir :

Ce guide ne remplace pas les autorités, mais clarifie le parcours : les organismes délivrant les passeports, les conditions d’accès à la citoyenneté, la liste des documents à préparer, la procédure en cas de perte, les coûts associés et les démarches à effectuer depuis l’étranger.

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Comprendre qui délivre le passeport et dans quel cadre

Le passeport du pays aux îles Salomon est un document d’État, géré de manière très centralisée. La seule autorité compétente est la Division de l’immigration, rattachée au Ministry of Commerce, Industry, Labour and Immigration (MCILI). En pratique, c’est l’unité spécialisée appelée « Passport Unit » qui traite les demandes et imprime les documents.

Attention :

Toutes les décisions relatives aux passeports s’appuient sur le Passports Act 2012 et ses règlements, ainsi que sur l’Immigration Act 2012. Ces lois régissent les conditions d’obtention, les pièces à fournir, la gestion des pertes et les motifs de refus ou d’annulation. La citoyenneté, prérequis pour obtenir un passeport, est quant à elle régie par la Constitution de 1978 (amendée) et la Citizenship Act 2018.

La centralisation a une conséquence importante : même quand vous déposez un dossier dans une mission diplomatique à l’étranger (par exemple à Wellington), le passeport lui-même est toujours imprimé à Honiara, puis acheminé par courrier sécurisé. C’est l’une des raisons majeures des délais parfois longs.

Types de passeports et documents de voyage

Le système de documents de voyage aux îles Salomon est assez complet. Pour les citoyens, plusieurs options existent, selon le statut et la fonction :

Type de documentBénéficiaires principauxParticularités majeures
Ordinary PassportCitoyens pour les voyages courantsPasseport standard, valable 10 ans (≥16 ans) ou 5 ans (<16 ans)
ePassportCitoyens, même usage que l’ordinaireDemande obligatoirement en personne devant un officier d’immigration
Official PassportFonctionnaires en mission officielleNécessite approbation préalable du Ministry of Foreign Affairs
Diplomatic PassportHauts responsables et diplomatesAppro­bation du Ministry of Foreign Affairs obligatoire
Travel Identity DocumentCitoyens à l’étranger (perte de passeport) et nourrissons nés hors paysSert de document de voyage de secours pour rentrer ou pour le premier déplacement

Les non-citoyens ne sont pas totalement dépourvus de solutions en cas d’urgence. Deux documents spécifiques existent :

Document pour non‑citoyensUsage principalLimites
Emergency CertificatePermet à un étranger de retourner d’urgence dans son paysDocument temporaire uniquement pour le trajet de retour
Certificate of IdentityDélivré aux étrangers dont le passeport a été perdu/volé aux îles Salomon, sans possibilité de remplacement par leur ambassadeValable seulement pour le retour vers l’État d’origine, à remettre à l’arrivée

Ces dispositifs montrent que le passeport du pays aux îles Salomon n’est qu’un maillon d’un ensemble plus vaste de documents gérés par la même unité.

Être éligible : la citoyenneté comme point de départ

On ne peut obtenir un passeport du pays aux îles Salomon que si l’on est citoyen. La citoyenneté est régie par la Constitution, la Citizenship Act 2018 (modifiée en 2023) et quelques textes complémentaires. Le pays combine le droit du sang (jus sanguinis) et, dans certains cas, des éléments de droit du sol.

Devenir citoyen à la naissance

Le principe central est simple : toute personne ayant au moins un parent citoyen des îles Salomon acquiert la nationalité à la naissance, quel que soit le lieu où elle naît. C’est crucial pour les enfants de la diaspora : une naissance en Nouvelle‑Zélande, en Australie ou ailleurs n’interdit pas l’accès ultérieur au passeport, à condition de prouver la filiation avec un citoyen.

Bon à savoir :

Historiquement, à l’indépendance en 1978, l’acquisition automatique concernait principalement les personnes indigènes nées dans le pays avec au moins deux grands-parents issus d’une société autochtone de la région (îles Salomon, Papouasie‑Nouvelle‑Guinée, Nouvelles‑Hébrides). Le cadre a depuis été modernisé pour plus d’égalité, notamment par la réforme de 2018 qui a supprimé plusieurs discriminations fondées sur le genre.

Naturalisation : devenir citoyen plus tard dans la vie

Pour les étrangers souhaitant obtenir, à terme, un passeport du pays aux îles Salomon, la voie passe par la naturalisation. La procédure est instruite par la Citizenship Commission, qui examine plusieurs critères cumulatifs.

Les grands paramètres sont les suivants :

Condition principaleExigence générale
ÂgeAu moins 18 ans au moment de la demande
RésidenceRésider habituellement dans le pays, avec en principe 10 ans de résidence au total avant la demande (sauf exceptions)
Lien durableIntention de continuer à vivre dans le pays ou de garder un lien étroit et continu
CaractèreBon comportement, absence de casier problématique
LangueConnaissance suffisante de l’anglais, du pidgin ou d’une langue vernaculaire locale
IntégrationRespect de la culture et compréhension des droits et devoirs du citoyen

Pour prouver le fameux « lien étroit et continu », plusieurs éléments peuvent être pris en compte : contrat de travail de longue durée, historique d’emploi sur au moins cinq ans, cotisations au National Provident Fund, propriétés foncières, investissements dans une société locale, etc.

La loi prévoit des voies facilitées pour certains profils : conjoints de citoyens natifs (après cinq ans de mariage), personnes ayant au moins un parent, grand-parent ou arrière-grand-parent citoyen de naissance, enfants mineurs inclus dans le dossier d’un parent, ou encore personnes ayant dû renoncer à leur nationalité d’origine et souhaitant la reprendre.

Bon à savoir :

Une fois la demande acceptée, le candidat doit, sauf incapacité médicale grave, prêter serment ou faire une affirmation d’allégeance et prononcer un engagement de citoyenneté lors d’une cérémonie. La citoyenneté prend effet à la date de cette cérémonie. Le nouveau citoyen reçoit alors un certificat de citoyenneté, un document indispensable pour pouvoir solliciter un passeport par la suite.

Dual citizenship et conséquences sur le passeport

Depuis l’amendement constitutionnel de 2018, la double citoyenneté est admise. Les personnes d’origine salomonienne qui avaient perdu leur nationalité en se naturalisant ailleurs peuvent demander à la reprendre, sous conditions, et ainsi redevenir éligibles à un passeport du pays aux îles Salomon.

Deux points méritent d’être soulignés :

un citoyen bi‑national ne peut pas se présenter aux élections législatives nationales ;

un double citoyen doit produire son document de double nationalité lorsqu’il dépose une demande de passeport.

Pour ceux qui ont officiellement renoncé à la citoyenneté pour en acquérir une autre (par exemple en Nouvelle‑Zélande), la loi impose une démarche formelle de « resumption of citizenship » auprès du Ministry of Home Affairs à Honiara avant tout renouvellement de passeport.

Les types de passeports et leur puissance pour voyager

Le passeport ordinaire du pays aux îles Salomon est celui qui intéresse la grande majorité des citoyens, que ce soit pour du tourisme, des études, des affaires ou des visites familiales à l’étranger. Il présente des caractéristiques standard mais représente un outil de mobilité non négligeable.

Validité et durée

La durée de validité dépend de l’âge du titulaire :

Catégorie de titulaireDurée de validité du passeport
Citoyen âgé de 16 ans ou plus10 ans
Enfant de moins de 16 ans5 ans

Les enfants de 16 ans et plus doivent obligatoirement avoir leur propre passeport. En dessous de 16 ans, deux options sont possibles : un passeport individuel ou l’inscription sur le passeport du parent ou du tuteur légal, avec une limite stricte – l’enfant ne peut voyager qu’en compagnie de ce parent ou tuteur s’il ne possède pas de passeport séparé.

Force du passeport et mobilité internationale

Selon des indicateurs internationaux récents, le passeport ordinaire des îles Salomon permet un accès sans visa préalable ou avec visa à l’arrivée à environ 135 pays, y compris le Canada, le Royaume‑Uni, les pays de l’espace Schengen, la Chine, les Émirats arabes unis, Hong Kong ou encore Singapour. Dans certains classements, il se situe autour de la 88e place mondiale, ce qui positionne le pays dans une catégorie moyenne mais honorable en matière de liberté de voyage.

Astuce :

Les conditions de séjour dans l’espace Schengen varient selon les États. Il est fortement recommandé de contacter l’ambassade ou le consulat du pays de destination pour connaître la durée de séjour autorisée et les éventuelles conditions particulières (comme le travail ou les études).

La demande de passeport : formulaires, pièces et recommandation

La procédure de demande d’un passeport du pays aux îles Salomon reste largement papier. Même si des outils numériques se développent pour les visas, le cœur du processus passe toujours par des formulaires manuscrits et une présence physique au guichet.

Les formulaires obligatoires

Pour un passeport ordinaire, officiel ou diplomatique, plusieurs formulaires sont nécessaires :

un formulaire principal de demande (souvent référencé comme Form 1/2 ou Form A) pour les renseignements personnels, la citoyenneté, l’objet du voyage, les enfants à inclure, etc. ;

un ou deux formulaires de déclaration sous serment (Statutory Declaration Form), permettant de certifier des informations, notamment en cas d’impossibilité de produire certains documents (acte de naissance introuvable, par exemple) ;

– un formulaire spécifique de notification de perte (Lost & Stolen Notification, parfois appelé Form LS01) en cas de passeport égaré ou volé.

Les sections du formulaire sont structurées pour couvrir tous les cas. Les parties 1, 2, 5 et 6 doivent être remplies par tous les demandeurs. D’autres parties ne concernent que certaines situations : mariage, enfants à ajouter, passeport perdu ou détérioré, consentement parental pour les mineurs, etc.

L’administration insiste sur un point : le formulaire doit être rempli lisiblement, à l’encre, en lettres majuscules, et autant que possible par le demandeur lui‑même. Si ce n’est pas possible (analphabétisme par exemple), une autre personne peut aider, mais doit alors signer une déclaration sous serment attestant qu’elle a écrit sur la base des informations fournies par l’intéressé. Quand la signature est impossible, une empreinte du pouce gauche, montrant des lignes nettes, peut être acceptée.

Documents à fournir : un socle commun, des variantes selon les profils

Au-delà des formulaires, la liste d’annexes dépend de la situation personnelle du demandeur. Quelques grandes catégories se détachent.

Exemple :

Pour un citoyen indigène, la preuve d’identité et de naissance peut être apportée de plusieurs façons, notamment par des documents d’état civil, des certificats délivrés par les autorités traditionnelles ou communautaires, ou d’autres formes de reconnaissance légale spécifiques à sa situation.

acte de naissance délivré aux îles Salomon ;

– ancien passeport du pays aux îles Salomon ;

– à défaut, deux déclarations sous serment, l’une signée par un parent ou un proche, l’autre par un ami connu depuis au moins cinq ans, confirmant la date et le lieu de naissance.

Pour un citoyen issu d’un parent naturalisé, les services d’immigration attendent :

l’acte de naissance de l’intéressé ;

l’éventuel passeport précédent ;

deux déclarations sous serment (parent/proche et ami de longue date) ;

le certificat de mariage des parents (le cas échéant) ;

la copie du certificat de citoyenneté du parent naturalisé.

Pour un citoyen naturalisé lui‑même, la combinaison suivante est habituellement requise :

acte de naissance ;

ancien passeport du pays aux îles Salomon (s’il existe) ;

– deux déclarations sous serment confirmant les éléments d’état civil ;

– copie du certificat de citoyenneté délivré à la naturalisation.

Pour les enfants nés à l’étranger d’un parent citoyen, le dossier inclut :

l’acte de naissance de l’enfant, délivré dans le pays de naissance ;

– le certificat de mariage des parents, si applicable ;

les preuves de la citoyenneté du parent salomonien (acte de naissance, certificat de citoyenneté, passeport, etc.).

En matière de changement de nom, plusieurs scénarios sont encadrés :

Raison du changement de nomPièces attendues
MariageCertificat de mariage ou déclaration sous serment indiquant la date et le type de mariage
Divorce/séparationDécision de justice ou tout document attestant de l’usage d’un nouveau nom ou du retour à l’ancien
Autre (usage, adoption de nom coutumier, etc.)Ordonnance judiciaire, certificat officiel de changement de nom, extraits de compte bancaire, carte NPF ou registre scolaire, accompagnés d’une déclaration sous serment

Tout document rédigé dans une langue étrangère doit être traduit en anglais et la traduction certifiée par un Commissioner of Oaths.

La photo : un point de contrôle très strict

La photo d’identité est l’un des éléments les plus contrôlés du dossier. Les autorités détaillent minutieusement les exigences, qui varient légèrement selon que la demande est déposée au pays ou dans une mission à l’étranger, mais reposent sur les mêmes principes.

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Nombre de photos identiques, récentes et en couleur requises pour une demande classique au pays

pas plus grandes que 2,5 pouces × 2 pouces (64 mm × 51 mm) ;

pas plus petites que 2 pouces × 1,5 pouce (51 mm × 38 mm).

Elles doivent être prises de face, sans chapeau, casquette ni lunettes de soleil, sur papier photographique fin, non glacé au verso.

Pour les demandes gérées par la Haute Commission à Wellington, les photos doivent mesurer 3,5 cm × 4,5 cm. Dans tous les cas, les consignes sont les mêmes :

photo prise depuis moins de six mois ;

image nette, bien exposée, sans reflet, ni ombre marquée, ni effet « yeux rouges » ;

– fond uni, blanc ou gris très clair, contrastant avec le visage ;

– visage centré, regard vers l’objectif, tête droite, cheveux dégagés des contours du visage ;

– expression neutre, sans sourire ni grimace, bouche fermée, yeux bien visibles.

Les retouches numériques (effacement de cicatrices, modification du fond, adoucissement) sont interdites. Les accessoires doivent être limités : pas de casquette, pas de tenue militaire ou de camouflage, pas de débardeurs. Les lunettes correctrices ne sont tolérées que si les verres ne provoquent aucun reflet et si la monture ne masque pas les yeux.

Pour les nourrissons, si le bébé ne tient pas assis, la photo est souvent faite allongé sur un fond uni ; aucune main ou support ne doit apparaître, même partiellement.

Une des photos doit obligatoirement être signée au verso par le « Recommender », avec une mention du type : « I certify that this is a true likeness of [nom] », puis sa signature.

Le rôle central du Recommender

Le système repose sur la validation sociale de l’identité du demandeur par une personne fiable, appelée Recommender. Ce garant doit remplir une partie spécifique du formulaire (souvent la partie 7) et attester que le demandeur est bien celui qu’il prétend être.

Attention :

Pour un passeport ordinaire, le Recommandant doit obligatoirement cumuler trois caractéristiques spécifiques.

être citoyen des îles Salomon ;

appartenir à une catégorie professionnelle reconnue (Member of Parliament, médecin, avocat, magistrat, ministre du culte, cadre bancaire, fonctionnaire de niveau 5 ou plus, officier de police d’au moins le grade d’inspecteur, etc.) ;

connaître le demandeur personnellement.

Pour les passeports officiels ou diplomatiques, l’exigence est encore plus stricte : la recommandation doit émaner du Minister of Foreign Affairs lui‑même.

Ce système de recommandation renforce la sécurité et limite les risques de fraude, mais suppose de trouver, dans son entourage, une personne répondant à ces critères.

Cas particuliers des enfants

Les demandes impliquant des mineurs obéissent à des règles particulières. Tout d’abord, comme rappelé, les enfants âgés de 16 ans ou plus doivent disposer de leur propre passeport. En dessous de cet âge, les parents ou tuteurs disposent du choix entre un passeport individuel ou une inscription sur leur propre document.

Dans tous les cas, un parent ou un tuteur légal doit signer une déclaration de consentement (généralement en partie 9 du formulaire) pour autoriser la délivrance du passeport. Si l’enfant est sous la garde d’un tuteur différent des parents, une décision de justice attribuant la garde doit être jointe.

Lorsque l’enfant est né à l’étranger, une attention particulière est portée à la preuve de filiation avec le parent citoyen. C’est ce lien qui fonde le droit à la citoyenneté et, par ricochet, au passeport.

Déposer une demande au pays : déroulé et coûts

Pour un citoyen résidant aux îles Salomon, l’interlocuteur unique est la Passport Unit de la Division de l’immigration à Honiara. Toutes les demandes – nouvelles, renouvellement, remplacement – doivent être déposées en personne au guichet.

Étapes de la demande d’un passeport ordinaire

Le schéma général est le suivant :

Exemple :

La procédure comprend plusieurs étapes : télécharger et imprimer les formulaires officiels sur le site de la Division de l’immigration ; les remplir à la main, préparer les déclarations sous serment, rassembler les pièces justificatives et les photos ; régler les frais au Ministry of Finance and Treasury ; déposer le dossier au Passport Counter de l’Immigration Office, avec une présentation en personne pour la photo, les empreintes digitales et la signature électronique ; puis le traitement interne par la Division de l’immigration.

Le traitement suit une chaîne interne assez standard : l’agent reçoit le dossier, réalise une première évaluation, une équipe effectue un « vetting » (vérification approfondie), un responsable prend une décision de principe, puis les données sont saisies dans le système et le passeport est imprimé à Honiara.

Frais et suppléments éventuels

Les coûts sont encadrés par la réglementation sur les passeports. Les principaux montants exprimés en dollars salomoniens (SBD) sont les suivants :

Nature de la demandeMontant indicatif (SBD)
Délivrance ou renouvellement de passeport ordinaire1 000
Remplacement d’un passeport perdu, volé ou fortement endommagé1 300
Certificat d’identité ou autre document de voyage300
Emergency Certificate300
Service express (traitement sous 5 jours ouvrables)300 supplémentaires

Les frais doivent être intégralement réglés avant tout lancement de fabrication du passeport. Les paiements se font habituellement auprès du Ministry of Finance and Treasury, qui délivre un reçu à joindre au dossier.

Délais de traitement

Les autorités annoncent un délai minimum incompressible de deux semaines pour tout type de document de voyage. Ce laps de temps ne tient pas compte d’éventuels retards liés à des dossiers incomplets, à des vérifications supplémentaires ou à des périodes de forte affluence.

Astuce :

Pour des motifs urgents, il est possible de bénéficier d’un service express en cinq jours ouvrables, moyennant des frais additionnels. La disponibilité de ce service dépend toutefois des capacités du moment de la Passport Unit.

Renouvellement, perte, détérioration : gérer la suite de vie du passeport

Un passeport du pays aux îles Salomon n’est pas qu’un sésame ponctuel. Au fil des années, il peut arriver à expiration, se perdre, être volé ou subir des dommages. Chaque situation suit un protocole spécifique.

Renouveler un passeport arrivé à expiration

Le renouvellement ressemble beaucoup à une première demande. Le demandeur doit :

remplir tous les formulaires requis ;

joindre son passeport expiré ;

fournir les photos au format requis ;

payer les frais de renouvellement (1 000 SBD au pays, 210 NZD par exemple à Wellington) ;

se présenter en personne au guichet pour la prise d’empreintes et l’enregistrement.

La règle est claire : un passeport en cours de validité doit être restitué avant l’émission d’un nouveau. L’exception concerne les situations de perte ou de vol, où le passeport n’est plus physiquement disponible.

Bon à savoir :

Dans certaines missions à l’étranger, il est recommandé de renouveler son passeport avant la date d’expiration, parfois jusqu’à deux ans à l’avance, pour éviter des difficultés lors de voyages planifiés, suivant les conseils des autorités et des campagnes d’information.

Remplacer un passeport perdu ou volé

La marche à suivre est plus lourde pour un passeport égaré ou volé. La première étape est toujours de signaler la perte à la police locale et d’obtenir un rapport officiel attestant la disparition du document. Si l’incident a lieu à l’étranger, il faut aussi avertir la mission diplomatique la plus proche des îles Salomon et se procurer le rapport de la police du pays concerné.

Lors de la demande de remplacement, il faut :

remplir le formulaire de demande de passeport ;

– compléter la section spécifique (souvent Partie 8) décrivant le passeport perdu et les circonstances de la perte ;

– remplir, le cas échéant, un formulaire distinct de notification de passeport perdu ou volé ;

– joindre le rapport de police ;

– s’engager par écrit à retourner immédiatement aux autorités le passeport, si jamais il était retrouvé après délivrance du nouveau.

Bon à savoir :

Les autorités détruisent automatiquement tout passeport déclaré perdu ou volé, même s’il est ensuite retrouvé et rapporté à la police ou au bureau des passeports. Il n’est jamais restitué à son titulaire, une mesure visant à prévenir tout risque d’usage frauduleux.

Le coût de remplacement d’un passeport perdu est plus élevé qu’un simple renouvellement : par exemple, 1 300 SBD au pays, ou 310 NZD si la démarche est réalisée auprès de la Haute Commission à Wellington.

Remplacer un passeport endommagé

Une procédure similaire existe pour les passeports fortement endommagés, déchirés, brûlés ou rendus illisibles. La différence majeure est que le document doit cette fois être remis physiquement au Passport Officer, même en très mauvais état. Il est joint au formulaire de demande, et la section dédiée (souvent Partie 8) doit expliquer la nature du dommage.

Les frais appliqués sont identiques à ceux d’un passeport perdu ou volé. Là encore, le document endommagé est détruit une fois le nouveau émis.

Faire les démarches depuis l’étranger : l’exemple de la Haute Commission à Wellington

Pour les citoyens établis hors des îles Salomon, certaines missions diplomatiques jouent le rôle de relais. L’exemple le plus détaillé est celui de la Haute Commission à Wellington, en Nouvelle‑Zélande, qui traite les renouvellements et remplacements pour les nombreux Salomoniens installés dans le pays.

Comment se déroule la procédure à Wellington

La Haute Commission, située au 15‑17 Murphy Street (niveau 7, Thorndon, Wellington 6145), accueille le public en semaine, de 9 h à 16 h (hors week‑ends et jours fériés). Les services de passeport y ont été officiellement ouverts en 2021, avec prise de rendez‑vous.

Les grandes lignes du processus sont les suivantes :

Astuce :

Pour déposer une demande de passeport aux Îles Salomon en Nouvelle-Zélande, suivez ces étapes : contactez d’abord la Haute Commission par téléphone ou courriel pour obtenir les formulaires. Rassemblez les pièces nécessaires : deux photos couleur 3,5 × 4,5 cm conformes, une copie ou le numéro de votre ancien passeport, une copie certifiée de votre visa de résidence permanente ou titre de séjour, et, le cas échéant, l’acte de naissance pour les enfants nés en Nouvelle-Zélande. Effectuez le paiement des frais par virement bancaire vers le compte ‘SOLOMON ISLANDS HIGH COMM TO NZ’ (01‑0902‑0286212‑02) en indiquant votre nom en référence. Imprimez la confirmation de virement. Enfin, rendez-vous en personne à la Haute Commission au jour convenu pour déposer votre dossier, signer, laisser vos empreintes et faire vérifier la conformité de vos photos.

Les paiements sont non remboursables, même en cas de dossier incomplet ou refusé. La présence physique est impérative pour des raisons de sécurité (prise d’empreintes).

Coûts depuis la Nouvelle‑Zélande et délais

Les frais sont exprimés en dollars néo‑zélandais :

Nature de l’opérationMontant (NZD)
Renouvellement de passeport210
Remplacement de passeport perdu/détérioré310

Les autorités insistent sur la durée de traitement : comme tous les passeports sont imprimés à Honiara puis renvoyés, il faut prévoir au minimum deux mois avant la remise du document. Les contraintes de vols et de logistique peuvent allonger ce délai.

Attention :

Les citoyens bi‑nationaux doivent présenter leur certificat de double citoyenneté. Les personnes ayant antérieurement renoncé à la citoyenneté salomonienne doivent d’abord obtenir une reprise de citoyenneté auprès du Ministry of Home Affairs à Honiara, avant que la Haute Commission puisse procéder au renouvellement d’un passeport.

Enfants nés en Nouvelle‑Zélande

Pour les bébés et enfants nés en Nouvelle‑Zélande, les parents ou tuteurs peuvent déposer la demande de passeport. Le certificat de naissance néo‑zélandais est indispensable, ainsi que les preuves de citoyenneté du parent salomonien et, le cas échéant, les documents de mariage. Le schéma de citoyenneté par filiation permet, dans la majorité des cas, de reconnaître rapidement la nationalité de l’enfant.

Certificats d’identité, documents d’urgence et cas des étrangers

L’administration ne gère pas uniquement les passeports des citoyens. Elle délivre également d’autres documents de voyage, à la fois pour ses ressortissants et pour certaines catégories d’étrangers.

Travel Identity Document pour les citoyens

Un Travel Identity Document peut être émis pour deux types de situations impliquant des citoyens :

un citoyen se trouvant à l’étranger a perdu son passeport et doit rentrer aux îles Salomon ;

un bébé est né à l’étranger de parents citoyens et doit effectuer un premier déplacement avant que son passeport ne soit prêt.

Dans le cas d’un citoyen à l’étranger ayant perdu son passeport, l’ambassade ou la mission consulaire peut lui joindre un Travel Identity Document si les éléments suivants sont fournis :

lettre de couverture expliquant la situation ;

copie de la page biodata de l’ancien passeport (si disponible) ;

rapport de police local attestant de la perte ou du vol ;

règlement de frais (par exemple, 100 dollars dans certains barèmes).

Pour un nourrisson né à l’étranger, la demande doit inclure :

l’acte de naissance de l’enfant ;

la page biodata du passeport du parent ;

les documents de citoyenneté du parent (le cas échéant) ;

les frais exigés.

Emergency Certificate et Certificate of Identity pour les étrangers

Les non‑citoyens peuvent aussi avoir besoin d’assistance quand il est impossible de contacter leur ambassade ou d’obtenir un document de voyage normal. Deux instruments existent :

Bon à savoir :

Les autorités des îles Salomon peuvent délivrer deux documents de voyage spécifiques aux étrangers en situation difficile. Le premier est l’Emergency Certificate, destiné aux personnes qui doivent retourner d’urgence dans leur pays d’origine. Le second est le Certificate of Identity, utilisé lorsque le passeport d’un étranger a été perdu ou volé sur place et qu’il ne peut pas en obtenir un nouveau auprès de sa représentation diplomatique.

Dans tous les cas, le Certificate of Identity est strictement limité à un usage : permettre le voyage de retour vers l’État d’origine. Il doit être rendu aux autorités de ce pays à l’arrivée.

Les personnes se trouvant dans ce type de situation doivent contacter la Passport Section de la Division de l’immigration au numéro (+677) 22179 pour connaître les démarches et fournir les justificatifs nécessaires.

Le passeport comme pièce d’identité interne et comme clé fiscale

Au‑delà de sa fonction de document de voyage, le passeport du pays aux îles Salomon est également un justificatif d’identité de haut niveau à l’intérieur du pays. L’Inland Revenue Division, par exemple, le classe dans la catégorie A des pièces d’identité, au même titre qu’un Emergency Travel Document ou qu’un Certificate of Identity.

Bon à savoir :

Le passeport est l’un des documents les plus solides pour justifier de votre identité lors de démarches administratives. Il est notamment accepté par les services fiscaux pour obtenir un numéro d’identification fiscale (TIN) et par les services routiers pour une demande de permis de conduire ou d’immatriculation de véhicule.

Un futur programme de citoyenneté par investissement en préparation

Même s’il n’est pas encore en vigueur, un élément majeur d’évolution est en cours de discussion : un programme de Citizenship by Investment (CBI). Le gouvernement a finalisé un projet de loi spécifique, actuellement examiné par l’Attorney General’s Chambers avant son passage en Cabinet.

Bon à savoir :

Un programme permet à des investisseurs étrangers de plus de 18 ans, ayant un casier judiciaire vierge et une bonne réputation, d’obtenir la citoyenneté et un passeport salomonais en contrepartie d’un investissement qualifiant substantiel. Les fonds sont destinés à financer des projets nationaux prioritaires dans les secteurs des infrastructures, de l’agriculture, de la santé et de l’environnement.

Les contours envisagés s’inspirent de programmes proches dans la région, comme ceux de Vanuatu ou de Nauru, qui exigent des contributions de l’ordre de 100 000 à 130 000 dollars américains. Au-delà de l’investisseur principal, les membres de la famille proche (conjoint, enfants, parfois parents) pourraient être inclus dans la demande.

Tant que la loi n’est pas adoptée et que les règlements d’application ne sont pas publiés, cette voie n’existe pas encore dans la pratique. Les seules manières d’accéder à la citoyenneté – et donc au passeport – restent aujourd’hui la naissance, la filiation, le mariage, ou la naturalisation classique.

Conseils pratiques et points de vigilance

Face à la complexité des règles, quelques bonnes pratiques se dégagent pour maximiser les chances de succès d’une demande de passeport du pays aux îles Salomon.

D’abord, anticiper. Les délais officiels de deux semaines au pays, ou de deux mois à l’étranger, ne tiennent pas compte des imprévus. Il est prudent de déposer son dossier longtemps avant un voyage prévu, surtout si le passeport doit être renouvelé ou si l’on a récemment changé de nom, de statut matrimonial ou de pays de résidence.

Astuce :

L’administration est très exigeante sur la forme du dossier. Il est impératif de remplir les formulaires en lettres majuscules, d’apposer des signatures manuscrites, de fournir des photos aux dimensions requises et de joindre la traduction certifiée de tout document en langue étrangère. Un dossier incomplet ou mal présenté entraîne inévitablement un retard dans son traitement.

Il faut également choisir avec soin son Recommender, s’assurer qu’il remplit toutes les conditions (statut professionnel, citoyenneté, connaissance personnelle du demandeur) et qu’il comprend son rôle, notamment la certification de la photo.

Astuce :

Pour les personnes ayant des parcours de citoyenneté complexes (naturalisation à l’étranger, renonciation ancienne, adoption, filiation partagée, etc.), il est recommandé de contacter à l’avance les services de citoyenneté ou d’immigration pour clarifier leur statut. La disponibilité d’un certificat de citoyenneté ou la nécessité d’effectuer une demande de reprise de citoyenneté peuvent en effet avoir un impact significatif sur le calendrier de vos démarches.

Enfin, pour les citoyens établis à l’étranger, il est indispensable de vérifier si une mission diplomatique proche traite effectivement les demandes de passeport. Certaines ambassades, comme celle de Bruxelles, n’offrent pas ce service, tandis que la Haute Commission de Wellington en fait une spécialité, avec des procédures bien balisées.

En résumé, le passeport du pays aux îles Salomon est au croisement de plusieurs systèmes – citoyenneté, immigration, finances publiques, relations extérieures. Bien maîtriser ces dimensions et respecter scrupuleusement les exigences formelles constitue la meilleure stratégie pour l’obtenir, le renouveler ou le remplacer sans mauvaise surprise.

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Après analyse de plusieurs destinations attractives (Îles Salomon, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur fiscalité avantageuse sur les revenus de source étrangère, l’absence d’impôt sur la fortune et un environnement offshore favorable à la détention de portefeuilles internationaux, combinant coût de vie modéré et éloignement des centres fiscaux européens. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location longue durée, structuration internationale des comptes bancaires, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, banquier) et intégration patrimoniale globale. Ce dispositif lui permet de réaliser des économies fiscales substantielles et d’optimiser transmission et protection de patrimoine tout en maîtrisant les risques (contrôles français, conventions fiscales, adaptation culturelle insulaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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