S’installer aux îles Salomon, c’est débarquer sur près de mille îles entourées d’un océan d’un bleu presque irréel, dans un pays où la mer nourrit autant les assiettes que l’imaginaires collectif. Pour un expatrié, la gastronomie locale est l’une des portes d’entrée les plus directes vers la culture, le mode de vie et les relations humaines. Ici, manger n’est pas seulement se nourrir : c’est participer à la kastom, ce socle de coutumes qui structure la société, et au système de solidarité wantok, où l’on partage ce que l’on pêche et ce que l’on cultive.
Ce guide complet est conçu pour les expatriés s’installant à long terme. Il couvre la découverte des produits locaux, l’explication des plats traditionnels, les usages culturels à table, des recommandations de bonnes adresses et des conseils pour une alimentation saine et économique.
Comprendre le paysage culinaire des îles Salomon
L’archipel est situé en Mélanésie, à l’est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, avec plus de 900 îles habitées ou non. Cette géographie éclatée explique en grande partie la diversité culinaire : chaque province, chaque lagon, chaque village ou presque a ses variantes de recettes, ses produits phares, ses techniques de pêche ou de culture.
Plus de 80 % des habitants des Îles Salomon pratiquent la pêche ou l’agriculture à petite échelle.
Au fil de plus de 5 000 ans d’occupation humaine, cette base mélanésienne a absorbé d’autres influences. Les Espagnols ont introduit le bétail, les marchands et travailleurs asiatiques ainsi que les Indiens ont apporté épices, nouvelles variétés de légumes et fruits, puis la colonisation britannique a laissé une trace dans certaines habitudes (thé, pâtisseries, plats à base de farine et de riz). Résultat : une cuisine profondément locale, mais qui n’hésite pas à marier poisson cru mariné et curry au lait de coco, ou taro traditionnel et riz importé.
Les ingrédients qui structurent l’assiette salomonaise
Pour apprivoiser la gastronomie locale, il faut d’abord connaître les grands repères de la “carte des ingrédients”. Très vite, vous remarquerez que presque tous les repas tournent autour de quelques familles de produits.
La mer comme garde-manger quotidien
Le poisson constitue la principale source de protéines et le “viande” du quotidien. Les espèces varient selon les zones et les saisons, mais certaines reviennent sans cesse sur les étals des marchés.
| Catégorie de produits | Exemples courants |
|---|---|
| Thon et pélagiques | Thon jaune, skipjack (bonite/Island bonito), thon à dents de chien, wahoo |
| Poissons récifaux | Trout corallien, red bass, giant trevally, rosy jobfish |
| Autres poissons | Spanish mackerel, mahi-mahi, marlin, sailfish |
| Fruits de mer | Homard, crevettes, crabes (dont crabe de cocotier), bénitiers, coquillages variés |
Dans les zones côtières, la pêche de subsistance reste centrale. On fume le poisson avec des coques de noix de coco, on le sèche au soleil, on le cuit à la braise ou à la vapeur dans des feuilles de bananier. Dans les villes, le poisson frais arrive chaque jour au marché central ou dans les petits marchés de quartier, souvent conservé dans de simples glacières ou grâce à la “maison de glace” du marché.
Pour un expatrié, la richesse des ressources marines implique une responsabilité. La pression sur les stocks augmente avec la croissance démographique et le changement climatique. Un geste culinaire responsable consiste à privilégier les poissons locaux bien valorisés et à éviter de soutenir la pêche illégale ou les méthodes destructrices comme l’usage de la dynamite ou de certains filets.
Les racines, colonne vertébrale du repas
Aux îles Salomon, le “féculent” ne rime pas d’abord avec riz, mais avec tubercules et fruits farineux. Ils tiennent au corps, nourrissent longtemps, et structurent chaque repas.
| Famille | Produits principaux |
|---|---|
| Tubercules | Taro, taro Xanthosoma, patate douce (kumara), manioc (cassava), igname |
| Fruits féculents | Ulu (fruit à pain), plantain et bananes à cuire |
| Autres | Giant swamp taro, parfois appelé puraka ou kape selon les zones |
Ces racines sont bouillies, écrasées, râpées, parfois fermentées. Elles entrent dans des préparations emblématiques comme le poi (pâte fermentée de taro ou manioc) ou les puddings de cassava cuits dans des feuilles de bananier.
Une profusion de fruits tropicaux
Dans ce pays tropical, la liste des fruits semble infinie : papaye (appelée pawpaw), bananes de multiples variétés, mangues, ananas, goyaves, pastèques, ramboutans, agrumes (oranges, mandarines, limes de brousse, citrons tahiti), corossol, mangoustan, jacquier, sans oublier la noix de coco omniprésente.
Une spécificité intéressante pour l’expatrié attentif au gaspillage : presque tout est utilisé, et à tous les stades de maturité. La papaye verte devient ainsi la star d’un curry parfumé, tandis que la papaye bien mûre se mange en dessert ou se transforme en jus. Cette logique de “zéro déchet” alimentaire, très liée à la kastom, est un bon fil conducteur pour adopter de nouvelles habitudes.
L’empreinte du cocotier
Impossible d’aborder la cuisine locale sans parler du cocotier, véritable “arbre de vie” de l’archipel. Sa chair râpée donne le lait et la crème de coco, bases de la plupart des currys, soupes et ragoûts. Son eau, bue fraîche dans la noix encore verte, désaltère et remplace avantageusement les boissons industrielles. Son huile, parfois produite en “virgin coconut oil” par des petites coopératives villageoises, sert à la cuisson mais aussi aux cosmétiques.
Légumes-feuilles et produits “du jardin”
Une part importante de l’assiette est composée de “greens” : feuilles de patate douce, feuilles de taro, choux locaux, cresson d’eau, jeunes pousses de citrouille, fougères comestibles, et la fameuse “slippery cabbage”, un légume-feuille très courant. Au marché de Honiara, beaucoup de ces légumes-feuilles sont simplement regroupés sous l’appellation générique de “cabbage”.
Dans les Îles Salomon, des noix comme les ngali nuts (canarium) et les cutnuts sont récoltées, souvent sur des arbres existants plutôt que cultivées. Elles sont traditionnellement consommées grillées ou incorporées dans diverses préparations culinaires, illustrant une utilisation durable des ressources forestières indigènes.
Enfin, les épices comme le piment, le gingembre, le curcuma ou le poivre, souvent apportées historiquement par les influences asiatiques et indiennes, se marient à merveille avec le profil doux et riche du lait de coco.
Plats incontournables : ce qu’il faut goûter pour comprendre le pays
Pour un expatrié, quelques recettes jouent le rôle de “vocabulaire de base” culinaire. Les connaître permet non seulement de mieux lire les menus, mais aussi d’engager la conversation avec vos collègues ou voisins de village.
Poi, cassava pudding, laplap : le cœur amidonné de la table
Le poi est souvent présenté comme le plat national officieux. À la différence du poi polynésien à base de taro fermenté très liquide, la version salomonaise est une pâte plus consistante, élaborée à partir de taro ou de manioc, parfois légèrement fermentée ce qui lui donne une note acidulée. On le sert volontiers avec de la crème de coco, en accompagnement de plats de poisson ou de viande.
Le cassava pudding est une préparation à la frontière du salé et du sucré. Il est préparé en râpant du manioc et souvent de la patate douce, puis en les mélangeant avec du lait de coco et parfois du sucre. Le tout est cuit enveloppé dans des feuilles de bananier. Selon les proportions et les ajouts (comme le sucre ou des fruits), il peut être servi comme un plat principal consistant ou comme un dessert. Une variante anti-gaspillage, le kara, réutilise les restes de manioc râpé en les agrémentant de corned-beef avant une cuisson à la vapeur dans des feuilles.
Le laplap (ou lap lap) est un autre grand classique mélanésien : une sorte de “gratin” de racines râpées (taro, igname, manioc), mélangées à du lait de coco, parfois au poisson ou au poulet, puis cuites longuement, enveloppées dans des feuilles de bananier, souvent dans un four de terre.
Kokoda et poissons au lait de coco : la mer dans l’assiette
Difficile de vivre aux îles Salomon sans adopter rapidement le kokoda, ceviche local à base de poisson cru (souvent du thon ou un poisson récifal), mariné dans le jus de citron vert puis lié avec une généreuse quantité de lait de coco. On y ajoute tomates, oignons, parfois du piment. Servi bien frais, c’est probablement l’un des plats les plus appréciés des visiteurs comme des locaux.
Autour de ce plat phare, une myriade de variantes de currys de poisson au lait de coco rythment le quotidien : curry de thon, curry de papaye verte, ou simples filets grillés servis avec une sauce coco-citron.
Palusami, raro, faikakai : la force des feuilles
Les feuilles de taro ne servent pas qu’à emballer les plats. Elles forment aussi la base de recettes à forte identité. Le palusami en est un bon exemple : des paquets de feuilles de taro enserrant crème de coco, oignons, ail, parfois poisson ou viande, puis cuits doucement à la vapeur ou dans un four de terre. La texture finale est fondante, la sauce au coco est très parfumée.
Découvrez deux spécialités culinaires emblématiques de l’archipel, à base de produits locaux comme le taro et le lait de coco.
Un plat à base de feuilles de taro cuites dans du lait de coco avec des oignons, de l’ail, et parfois accompagné de viande ou de poisson.
Des boulettes ou ravioles cuites à la vapeur, fourrées de poisson ou de viande, souvent servies lors des repas festifs.
Snacks, accompagnements et douceurs
En marge des gros plats, la cuisine salomonaise regorge de petits en-cas que l’on croise au marché ou aux barbecues de rue : chips de taro, bananes plantain frites, beignets de manioc, petites gâteaux de cassava sucrés au lait de coco. Les desserts restent en général simples : tuluk (purée de banane mûre au lait de coco et sucre), loli (dessert collant à base de cassava et coco), ou simples assiettes de fruits frais.
Pour vous repérer, il peut être utile de garder en tête quelques préparations phares et leurs ingrédients dominants.
| Plat / préparation | Ingrédients clés | Mode de cuisson principal |
|---|---|---|
| Poi | Taro ou manioc, eau, parfois fermentation, lait de coco | Bouilli puis pilé, légèrement fermenté |
| Cassava pudding | Manioc râpé, patate douce, lait de coco, sucre (optionnel) | Cuit dans feuilles de bananier |
| Laplap | Taro/manioc/igname râpés, lait de coco, viande ou poisson | Cuit dans feuilles, four de terre |
| Kokoda | Poisson cru, citron vert, lait de coco, légumes crus | Marinade à froid |
| Palusami | Feuilles de taro, crème de coco, oignon, ail, poisson/viande | Vapeur ou four de terre |
| Kara | Manioc râpé (restes), corned-beef, feuilles de bananier | Vapeur |
Comment et où manger : du marché aux restaurants
En tant qu’expatrié, votre paysage alimentaire quotidien sera façonné autant par vos habitudes personnelles (cuisine à domicile, sorties régulières) que par l’endroit où vous vivez (Honiara, Gizo, village plus isolé, station balnéaire).
Honiara Central Market : le cœur battant de l’approvisionnement
Le marché central de Honiara, souvent décrit comme le “cœur” de la capitale, est le plus grand marché de produits frais du pays. Il se situe sur Mendana Avenue, au bord de l’eau, avec son propre accès maritime. On y trouve poissons, crabes de mangrove, fruits, légumes, noix, noix de coco, mais aussi quelques stands de plats cuisinés à petits prix.
Les chiffres donnent la mesure de son importance : environ 1 000 vendeurs, dont près de 83 % sont des femmes, et une grande majorité vend sa propre production. Les produits affluent depuis l’est et l’ouest de Guadalcanal, mais aussi de Malaita, Savo ou des îles voisines. Pour les habitants de la capitale, le marché nourrit jusqu’à 90 % de la population locale.
En tant qu’expatrié, s’y rendre tôt le matin permet de profiter des produits les plus frais et d’éviter la foule et la chaleur. Le vendredi et surtout le samedi, l’endroit se transforme en ruche : forêts d’étals colorés, poisson encore brillant, piles de noix de coco, papayes, feuillets de “cabbage” locaux, mais aussi artisanat et fleurs coupées.
Quelques habitudes à prendre rapidement :
– venir avec de petites coupures, les marchands ayant rarement beaucoup de monnaie ;
– apporter ses propres sacs ;
– choisir les étals les plus fréquentés, indicateur de fraîcheur et de rotation rapide des produits ;
– éviter de toucher aux produits sans que le vendeur y consente, surtout pour le poisson.
Les prix y sont globalement considérés comme justes et la négociation agressive est mal vue. Ce n’est pas un marché de touristes, mais un centre névralgique de l’économie urbaine.
Autres marchés et “kai bars”
En dehors de Honiara, des marchés de taille plus modeste structurent aussi l’approvisionnement local, à Gizo, Auki ou Noro par exemple. On y retrouve la même logique : production locale, forte présence des femmes, abondance de racines, fruits et poissons.
À côté des marchés, les “kai bars” — petites gargotes locales — proposent des plats simples et bon marché : poisson frit avec riz, curry de poulet, ragoût de légumes au coco. Ils n’ont pas toujours des horaires stricts, ce qui peut surprendre un expatrié habitué à une restauration très cadrée. Il est donc souvent prudent de vérifier les heures d’ouverture, surtout en dehors des grandes villes.
Au bord des routes et des plages de Polynésie, il est courant de trouver des barbecues improvisés où l’on grille des brochettes de poisson ou de la viande. Ces plats sont souvent accompagnés de manioc ou de taro, et d’une noix de coco fraîche ouverte sur place pour les clients.
Restaurants, cafés et hôtels
Dans les zones plus touristiques ou dans la capitale, la palette s’élargit. Les hôtels et resorts proposent souvent des buffets matinaux très copieux, qui peuvent largement couvrir petit-déjeuner et parfois même déjeuner. Les restaurants haut de gamme, souvent adossés à des complexes hôteliers, servent une cuisine fusion mêlant produits locaux (thon, langouste, coco) et techniques internationales (japonaises, françaises, chinoises, européennes).
On trouve également des cafés et restaurants plus modestes, certains dans le quartier chinois de Honiara, où les influences asiatiques sont très présentes : riz sauté, nouilles, currys, poissons en sauce, etc. Beaucoup de ces établissements mettent néanmoins en avant des ingrédients salomoniens frais, et une tendance “farm-to-table” ou “sea-to-table”, avec des produits de saison issus de pêcheries ou de jardins locaux, se développe.
Il est utile de retenir que le pourboire n’est pas une habitude locale. Le personnel n’attend pas de tips, même si un petit geste peut être apprécié dans les lieux très touristiques. En revanche, la politesse, la patience et la modestie vestimentaire (surtout en dehors des complexes fréquentés par les étrangers) sont de rigueur.
Cuisiner chez soi : sains, local et économique
Pour la plupart des expatriés, cuisiner à domicile devient vite la meilleure option pour à la fois maîtriser son budget, mieux contrôler la qualité nutritionnelle des repas et s’immerger dans le système alimentaire local.
Dans les villes, beaucoup de logements expatriés disposent d’une cuisine privée ou partagée. Les marchés ouverts assurent l’achat des produits frais, tandis que les supermarchés vendent riz, farine, conserves, huiles, produits d’importation (y compris beaucoup de produits ultra-transformés : nouilles instantanées, snacks sucrés, etc.).
Pour une alimentation adaptée à l’environnement local, structurez vos repas autour de trois éléments : un féculent local (taro, manioc, patate douce ou fruit à pain), des légumes (notamment des légumes-feuilles) et une source de protéines locales (poisson, œufs ou poulet local). Agrémentez l’ensemble avec des produits locaux comme le lait de coco, le citron vert, des herbes et des épices pour relever les saveurs.
Coût, budget et arbitrages
Les études sur les marchés locaux montrent que les habitants urbains dépensent une part très importante de leur revenu en nourriture, notamment en céréales importées (riz, farine). Pour un expatrié, la tentation peut être forte de reproduire un régime très “occidental” basé sur le pain, les pâtes et le riz, mais cela coûte cher et n’est pas aligné sur la logique de durabilité que prônent de plus en plus les autorités et ONG locales.
Le coût d’un repas local typique aux Îles Salomon, comprenant une noix de coco, un poisson grillé et des racines cuites, peut être inférieur à 30 SBD.
Un tableau simple permet de visualiser l’écart entre les grandes catégories de restauration.
| Option de repas | Caractéristiques principales | Impact sur le budget |
|---|---|---|
| Street food / kai bar | Poisson frit, currys, riz, racines. Simple, copieux. | Très abordable |
| Repas au marché (stands de plats cuisinés) | Menus basés sur poisson/racines, boissons locales (coco, jus) | Très abordable |
| Restaurants “internationaux” | Cuisine inspirée d’Europe ou d’Asie, ingrédients importés | Nettement plus onéreux |
| Cuisine à la maison avec produits locaux | Achats au marché, préparation personnelle | Le plus économique à moyen terme |
| Buffet d’hôtel ou de resort | Grande variété, petit-déjeuner souvent très riche | Inclus ou relativement cher, selon contrat |
Pour un expatrié qui reste longtemps, l’idéal est souvent un mix : cuisine quotidienne à la maison avec produits du marché, complétée par des visites régulières aux kai bars, et de temps à autre un restaurant plus sophistiqué pour les occasions.
Boissons : entre tradition, fraîcheur et prudence
L’univers des boissons reflète lui aussi les contrastés entre pratiques ancestrales, produits industriels importés et créations contemporaines.
La boisson la plus saine et la plus simple reste l’eau de coco fraîche, directement bue dans la noix encore verte, omniprésente sur les marchés. Les jus de fruits à base de mangue, ananas, fruit de la passion, corossol complètent la palette des boissons non alcoolisées locales, auxquels s’ajoutent les laits et crèmes de coco utilisés dans les smoothies maison.
La bière locale incontournable est la Solbrew, disponible en plusieurs variantes comme la Lager, la Pacific Ale et l’Island Lager. On la trouve dans les bars, restaurants et hôtels.
Deux boissons traditionnelles méritent cependant une attention particulière de la part des expatriés : le kava, infusion de racines d’une plante aux propriétés relaxantes, et le kwaso, alcool de fabrication domestique souvent très fort et peu contrôlé. Les autorités comme les professionnels de santé recommandent d’être particulièrement prudent avec ces boissons, en raison de leur puissance et des risques potentiels pour le foie ou la sécurité (alcoolisation rapide).
À table : codes, rites et étiquette culturelle
Aux îles Salomon, le repas est bien plus qu’un simple acte nutritionnel. Il participe du lien social, de la hiérarchie, de la spiritualité. Pour un expatrié, respecter ces codes est essentiel pour ne pas froisser ses hôtes sans le vouloir.
Accepter et goûter un plat offert est un signe de respect et d’appréciation de l’hospitalité. Refuser peut être perçu comme une offense. Il est conseillé de goûter au moins une petite portion et d’exprimer sa gratitude, même en cas de surprise gustative.
Avant de passer à table, il est d’usage de se laver les mains ; dans certains contextes, un bol d’eau est proposé pendant ou après le repas. Dans de nombreuses zones rurales, on mange encore avec les doigts plutôt qu’avec des couverts, surtout pour les plats traditionnels. Il est de bon ton d’utiliser uniquement la main droite, la gauche étant historiquement liée à l’hygiène intime. Observer les autres convives et imiter leurs gestes reste la meilleure façon de faire.
Les repas débutent souvent par une prière. Il est poli d’attendre que tous soient servis et que l’hôte donne le signal pour commencer. Dans certaines familles, les hommes sont servis en premier et les femmes assurent le service, une pratique locale qu’il est préférable de comprendre et de respecter en tant qu’expatrié, en choisissant ses interventions avec discernement.
Enfin, la modestie vestimentaire est importante, surtout en village ou dans des contextes religieux : épaules et genoux couverts sont une bonne règle de base. Les démonstrations d’affection en public restent inhabituelles.
Santé, alimentation et “retour aux sources” des produits locaux
Les îles Salomon, comme beaucoup de pays du Pacifique, traversent une crise sanitaire liée à l’augmentation rapide de la consommation d’aliments importés ultra-transformés : riz raffiné, farine blanche, nouilles instantanées, boissons sucrées. Ces changements de régime sont associés à la montée en flèche des maladies non transmissibles : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, mais aussi dénutrition infantile.
Face à la prévalence des maladies liées à l’alimentation, il est recommandé d’adopter un régime plus traditionnel, centré sur les produits locaux comme le poisson, les fruits, les légumes-feuilles et les racines. Ce conseil est particulièrement important pour les expatriés, qui ont souvent un budget plus élevé mais pourraient, par facilité, se tourner vers un régime occidental plus coûteux et moins sain. Des organisations comme la Kastom Gaden Association, des ONG internationales et les autorités sanitaires soutiennent cette approche.
Intégrer davantage de produits locaux dans son alimentation quotidienne, ce n’est pas seulement “faire local”, c’est aussi contribuer à la soutenabilité du système alimentaire. Le secteur agricole soutient plus de 85 % de l’économie rurale, et les ventes de poissons, cultures vivrières et artisanat représentent plus de 40 % des revenus de nombreux foyers. Chaque assiette composée de poisson local, de tubercules et de légumes de saison soutient ce tissu économique.
Quelques pistes concrètes pour un quotidien plus sain
Sans dresser de listes, on peut résumer une approche équilibrée en quelques principes : privilégier le poisson frais et les légumes-feuilles plutôt que les viandes importées bon marché, limiter les boissons sucrées au profit de l’eau et de l’eau de coco, faire des racines locales la base énergétique au lieu du riz, et profiter de l’abondance de fruits pour les desserts plutôt que des biscuits et gâteaux industriels.
Les marchés urbains sont dominés à 80–90 % par des vendeuses, qui sont cruciales pour l’accès aux produits frais et l’autonomie économique des femmes.
Expériences immersives : cuisine, villages et pêche
Pour un expatrié, la gastronomie locale ne se découvre pas seulement dans l’assiette ou en cuisine, mais aussi sur les sites de production et dans les gestes du quotidien.
Dans la région de Seghe, des opérateurs organisent des aventures « foodie » en immersion. Les participants partent chercher du poisson frais et des produits du jardin locaux, puis apprennent à préparer des recettes de fusion salomonienne contemporaine. Ce type d’homestay permet de partager la vie d’une famille, de participer à la préparation des repas et de découvrir des techniques traditionnelles comme les fours de terre (umu) ou le fumage du poisson avec des coques de coco.
La pêche de loisir est elle aussi une porte d’entrée privilégiée : dans des lieux comme Seghe, Suavanao, Ramata, Munda ou Kagau, il est possible de sortir en mer, puis de cuisiner sa prise le jour même avec une famille locale ou un cuisinier. On prend alors la mesure du lien profond entre les communautés et leur lagon, mais aussi des inquiétudes liées à la baisse des stocks de poissons sur certains récifs, du fait de la pression humaine et du changement climatique.
Sécurité, hygiène et quelques réalités à garder à l’esprit
Comme partout, manger dans un pays que l’on ne connaît pas implique quelques précautions. Sur les marchés ou les stands de rue, mieux vaut privilégier les échoppes très fréquentées, où la nourriture ne reste pas longtemps à température ambiante. Les produits de la mer doivent être bien cuits si vous avez des doutes sur la chaîne du froid ; le kokoda, délicieux ceviche au lait de coco, sera à réserver aux adresses de confiance où la rotation du poisson est visible.
L’ambiance au marché peut être chaotique, bruyante et parfois sale (absence de toilettes publiques, déchets organiques, sols glissants et tachés de jus de bétel). Il est conseillé de garder ses effets personnels près de soi, de se déplacer d’un pas décidé sans s’attarder et d’adopter une tenue discrète.
Enfin, la question de l’eau potable reste importante. Beaucoup de voyageurs et expatriés choisissent d’utiliser des gourdes filtrantes plutôt que d’acheter de l’eau en bouteille, afin de limiter les déchets plastiques. Dans tous les cas, pour éviter les infections digestives, il est pertinent de boire une eau que l’on sait traitée, de bien se laver les mains et de préférer les fruits que l’on peut éplucher soi-même.
Gastronomie et “kastom” : au-delà du goût
Au fil des semaines et des mois, ce qui apparaît d’abord comme un ensemble de saveurs exotiques se révèle être une véritable grammaire culturelle. La façon dont on prépare le poi ou le laplap, la participation aux grandes fêtes où se succèdent montagnes de taro, cochons rôtis, poissons entiers, la réutilisation créative des restes (kara de manioc, papaye à tous les stades) : tout cela raconte une vision du monde où le lien au sol, à la mer et au groupe prime sur l’individu.
Participer à un festival comme un fish festival ou un événement centré sur les jardins traditionnels (Kastom Gaden) révèle l’importance symbolique de la nourriture dans les célébrations de l’identité salomonaise. Les cérémonies, les discours et les distributions de nourriture y sont des éléments aussi significatifs que l’acte de manger lui-même.
Pour un expatrié, la gastronomie devient alors moins un folklore à consommer qu’un langage auquel on s’initie. Apprendre quelques mots de pijin pour demander un produit au marché, partager un plat de poisson fumé avec des collègues, accepter une noix de coco tendre dans un village, tenter de préparer soi-même un curry de papaye verte ou un kokoda en utilisant les conseils d’une voisine : ce sont autant de petites scènes qui, mises bout à bout, tissent une forme d’appartenance.
Privilégier les produits locaux de saison, fréquenter les marchés et s’intéresser aux histoires des plats permet à l’expatrié de soutenir les économies locales, de préserver un patrimoine culinaire menacé et de vivre une immersion culturelle plus authentique que par le tourisme classique.
Aux îles Salomon, la gastronomie n’est pas un décor : c’est une voie d’accès directe au pays réel, à ses défis, à ses forces et à sa créativité. Celui qui prend le temps de la découvrir gagne beaucoup plus qu’un carnet de bonnes adresses : il gagne une autre manière d’habiter l’archipel.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Îles Salomon pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements dans la région Pacifique et conserver un lien étroit avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Îles Salomon, Fiji, Vanuatu, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur fiscalité territoriale (imposition centrée sur les revenus de source locale), l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie sensiblement inférieur à la France et un environnement propice aux investissements immobiliers et touristiques. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales applicables), obtention de la résidence avec bail ou achat de résidence principale, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, et mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, notaire, agents immobiliers) pour une intégration patrimoniale et culturelle sécurisée.
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