S’installer aux îles Salomon, que ce soit pour un contrat de quelques mois, une mission humanitaire, un job dans les télécoms ou un projet de recherche, c’est souvent un rêve de carte postale qui se heurte à une réalité plus complexe. Entre le climat tropical, l’isolement géographique de l’archipel, le coût de la vie à Honiara et un univers culturel profondément différent, le mal du pays trouve vite de quoi s’alimenter.
De nombreux expatriés, volontaires et familles tissent des liens forts avec les Îles Salomon, au point d’en faire un deuxième foyer. Pour gérer le mal du pays, il est utile de s’appuyer sur des conseils concrets concernant la vie quotidienne, la culture, la santé mentale et la sociabilité dans le pays, sans minimiser les difficultés rencontrées.
Comprendre pourquoi le mal du pays s’installe si vite
Le mal du pays aux îles Salomon ne tient pas seulement à la distance. Il est aussi lié à la rupture brutale avec ses repères, à un environnement social et économique très particulier, et à la manière dont on se projette dans ce nouveau cadre.
Les îles Salomon forment un archipel de plus de 900 îles, avec une population majoritairement rurale – plus de 80 % des habitants vivent dans des villages isolés, souvent de moins de 200 personnes. Honiara, la capitale sur Guadalcanal, concentre une bonne part de la vie urbaine et administrative, mais reste une petite ville d’à peine 50 000 à 70 000 habitants, loin des standards occidentaux.
L’isolement du pays s’exprime sur trois plans : géographique (dispersion sur 1500 km de mer), numérique (accès Internet coûteux et inégal malgré les infrastructures) et économique (coût de la vie élevé contrastant avec des salaires très bas).
Lorsque l’on débarque avec sa famille ou seul pour un poste à Honiara, on confronte rapidement plusieurs réalités : climat humide, risques sanitaires comme le paludisme et la dengue, logement coûteux, services de santé limités, manque de loisirs “à l’européenne” et, surtout, une culture où les valeurs de communauté, de respect et de kastom (la coutume) structurent les relations.
Autrement dit, le mal du pays n’est pas un signe de faiblesse. C’est une réaction normale face à un changement de cadre profond, dans un pays où l’on ne maîtrise ni la langue véhiculaire (le Pijin), ni les codes sociaux, ni souvent les contraintes matérielles.
Se préparer mentalement : l’ajustement culturel n’est pas linéaire
Les spécialistes de l’adaptation culturelle rappellent que l’on ne “s’habitue” pas à un nouveau pays selon une courbe simple et régulière. L’ajustement se fait par phases, avec des hauts et des bas : enthousiasme des débuts, choc culturel, adaptation progressive, puis parfois rechutes. Aux îles Salomon, ces oscillations peuvent être accentuées par l’isolement insulaire et l’accès limité aux ressources.
Il est utile de considérer l’expérience interculturelle comme un processus d’apprentissage. Chaque quiproquo, malaise ou moment de solitude devient une source d’information sur la culture locale et sur soi-même. Tenir un journal où noter ses incompréhensions, frustrations et petites victoires aide à donner du sens à ce parcours. Cette pratique réflexive transforme le sentiment d’échec (« je n’y arrive pas ») en une prise de conscience active de son apprentissage (« voilà ce que je suis en train d’apprendre »).
La flexibilité devient alors une compétence centrale : accepter que les choses prennent du temps, que les décisions se prennent collectivement, que l’Internet tombe, que la pluie bloque un déplacement, que les horaires soient plus souples qu’annoncé. La capacité à relâcher le contrôle sur ce que l’on connaissait dans son pays d’origine diminue le stress de fond, et donc l’intensité du mal du pays.
Dans ce cheminement, la bienveillance envers soi-même est essentielle. Se dire que l’on a “le droit” d’être perdu, de se sentir seul, de ne pas comprendre, évite de rajouter une couche de culpabilité sur les difficultés déjà présentes.
Apprendre à lire la société salomonaise pour se sentir moins étranger
Une bonne partie du mal du pays vient du sentiment d’être en permanence “hors-jeu”, de ne pas saisir les sous-entendus, les attentes, les non-dits. Aux îles Salomon, certains repères culturels sont particulièrement utiles à intégrer pour ressentir moins de décalage.
La structure familiale de référence dépasse le noyau restreint occidental pour inclure le clan (laen) et le réseau de wantok (personnes de même langue ou origine). Ce système implique de fortes obligations réciproques, notamment pour la nourriture, l’hébergement et l’aide financière. Pour un expatrié, cela peut se traduire par des sollicitations fréquentes concernant l’argent ou le partage de biens, particulièrement en milieu urbain où les familles étendues cohabitent souvent dans un même logement.
Une autre clé, c’est la hiérarchie et le respect des aînés et des leaders traditionnels. Dans les villages comme dans les organisations, la prise de parole est rarement frontale. On privilégie les formulations indirectes pour ne pas froisser, on évite les conflits ouverts, on négocie patiemment en valorisant la relation avant le résultat. Pour un étranger, l’absence de “non” clair peut créer des malentendus. Comprendre que les silences, les nuances dans le ton, les détours par l’humour sont des messages en soi aide à ne pas se sentir constamment déstabilisé.
Le *kastom* (coutume) structure profondément la vie sociale, les rapports à la terre, les cérémonies et les échanges, y compris dans les zones urbaines comme Honiara. Les églises, les références aux ancêtres et aux esprits y sont omniprésentes. S’y intéresser respectueusement et poser des questions sur les coutumes est une manière de reconnaître et de respecter le cadre de vie de vos interlocuteurs, sans tomber dans l’exotisation.
Plus on s’approprie ces repères, moins on a l’impression de traverser des scènes incompréhensibles. Et plus le pays cesse d’être un décor d’affectation provisoire pour devenir un environnement intelligible.
Construire un réseau humain solide pour ne pas s’isoler
Toutes les recherches sur l’ajustement à l’étranger convergent : la qualité du réseau social que l’on se constitue sur place pèse plus lourd que la beauté du paysage pour limiter le mal du pays. Or, dans un archipel où les activités de loisirs “clé en main” restent rares, il faut souvent être proactif.
La capitale des Îles Salomon, Honiara, est le principal pôle pour rencontrer d’autres expatriés. On y trouve des communautés actives, des groupes en ligne comme « Expats Living In Solomon Islands » ou « The Solomon Islands Expat Social Network », et des réseaux internationaux comme InterNations. Ces plateformes organisent des événements et permettent d’échanger des conseils pratiques sur le logement, la santé, les écoles et les visas, tout en facilitant la création d’amitiés pour un soutien moral.
En parallèle, il existe de nombreuses organisations locales et ONG – par exemple le Solomon Islands Development Trust, la Solomon Islands Women In Business Association ou encore des acteurs comme Save the Children ou World Vision – qui travaillent au plus près des communautés. S’impliquer comme bénévole, même ponctuellement, dans l’une de ces structures permet de sortir du “ghetto expat” et de nouer des liens avec des Salomonais engagés. Le sentiment d’être utile sur place est un puissant antidote au mal du pays.
Des outils numériques spécifiques facilitent les rencontres hors écran en connectant des personnes partageant les mêmes centres d’intérêt, avec pour objectif explicite d’organiser des rendez-vous en face-à-face (café, sortie, visite). Ces solutions sont particulièrement utiles dans des contextes où l’offre de socialisation traditionnelle (soirées, clubs, bars) est moins développée qu’en Europe ou en Amérique du Nord.
Pour celles et ceux qui s’installent en famille, des groupes de mères ou de parents ont déjà existé à Honiara, par exemple des rencontres régulières dans certains hôtels disposant de piscines. Se renseigner auprès des expatriés déjà présents, des écoles internationales ou des communautés religieuses permet souvent de retrouver ces réseaux, même s’ils changent de lieu ou de forme au fil des années.
Utiliser les ressources numériques sans se couper du pays d’accueil
Pendant longtemps, la faible connectivité du pays renforçait le sentiment d’isolement. Les choses évoluent : câbles sous-marins internationaux, réseau 3G/4G en expansion, multiplication des tours rurales, montée en puissance de l’usage des smartphones. Malgré tout, les chiffres montrent des limites bien réelles : une part significative de la population n’a pas encore accès à Internet mobile, le haut débit fixe reste très marginal, et les forfaits illimités sont parmi les plus chers de la région, pouvant représenter une part importante d’un salaire moyen.
Pour quelqu’un qui arrive avec un pouvoir d’achat extérieur, ces coûts restent plus absorbables. Cela ouvre la possibilité d’utiliser intensivement les outils numériques comme “ligne de vie” avec le pays d’origine : appels vidéo réguliers, groupes familiaux, messageries, plateformes de streaming pour retrouver un peu de culture familière. Ces contacts réduisent la nostalgie, surtout au début.
Personne avec un pouvoir d’achat extérieur
Mais s’enfermer dans un cocon numérique peut aussi retarder l’intégration locale. La tentation est grande de se réfugier chaque soir derrière l’écran, surtout en saison des pluies ou lorsque la ville semble manquer de distractions. Pour gérer le mal du pays sur la durée, l’enjeu est de trouver un équilibre : maintenir fermement le lien avec “chez soi”, tout en se fixant des moments où l’on coupe pour s’ouvrir à la vie autour de soi – marché central de Honiara, match de football au Lawson Tama Stadium, visite au musée national, sortie plongée, marche jusqu’aux cascades proches de la capitale.
Des recherches ethnographiques montrent que dans les villages, les habitants utilisent les réseaux sociaux et les crédits téléphoniques pour maintenir des échanges économiques et familiaux avec les centres urbains. L’exemple des Salomonais, qui se saisissent de ces outils pour relier les îles, illustre une manière d’habiter la connectivité non comme une fuite, mais comme un levier pour mieux comprendre les dynamiques sociales locales.
S’immerger dans la culture pour créer de nouveaux repères
Le mal du pays se nourrit de la comparaison constante entre ce que l’on a quitté et ce que l’on découvre. Pour le faire reculer, il est utile de créer de nouvelles attaches symboliques et affectives dans le pays d’accueil. Aux îles Salomon, plusieurs portes d’entrée s’offrent à vous.
Le Pijin, la langue véhiculaire des Îles Salomon, est grammaticalement simple et son vocabulaire provient principalement de l’anglais. Apprendre quelques phrases de base, puis des expressions plus complexes, transforme profondément l’expérience de séjour. Utiliser cette langue permet de briser les barrières sociales et de changer la perception que les autres et soi-même ont du voyageur, dépassant ainsi le statut de simple ‘expatrié de passage’.
La culture quotidienne offre aussi un terrain fertile. Goûter aux plats locaux à base de poisson, de taro, de manioc, de fruits tropicaux, participer à un “mumu” (four enterré), observer les marchés où les femmes de différentes provinces vendent paniers tressés, coquillages et artisanat… Ces expériences sensorielles créent des souvenirs positifs qui rivalisent peu à peu avec les images idéalisées de la maison.
Les Provincial Days sont des jours fériés officiels où chaque province célèbre ses traditions à Honiara, la capitale. Des recherches menées lors de ces événements dans les provinces d’Isabel et de Choiseul ont montré que les participants retenaient durablement les messages partagés et en discutaient ensuite au sein de leurs communautés. Assister aux danses, écouter les panpipes, visiter les stands et échanger avec les organisateurs permet non seulement de mieux comprendre le pays, mais aussi d’inscrire son séjour dans le calendrier culturel local, renforçant ainsi l’ancrage mémoriel et social de l’expérience.
Il faut accepter, là encore, une certaine passivité au début : on ne comprend pas tout, les codes nous échappent, mais à force de présence et de questions, les explications viennent, et avec elles un sentiment croissant de familiarité.
Dompter le choc économique pour ne pas en faire une source d’angoisse
Le coût de la vie aux îles Salomon surprend souvent les nouveaux arrivants. Pour une personne seule, les dépenses mensuelles moyennes, logement inclus, dépassent largement le niveau des salaires locaux. La nourriture importée est chère, l’Internet fixe haut débit très coûteux, certaines factures (électricité, par exemple) peuvent même dépasser les niveaux observés en Australie ou aux États-Unis, alors que les revenus moyens sont sans commune mesure.
Voici, à titre indicatif, un tableau simplifié de quelques postes de dépenses pour un expatrié vivant à Honiara, à partir des données agrégées disponibles :
| Poste de dépense | Estimation mensuelle (USD) | Commentaire synthétique |
|---|---|---|
| Nourriture (personne seule) | ~460 | Plus élevé que la moyenne mondiale |
| Loyer + charges (studio / 1 chambre) | ~835 | Fortement dépendant du quartier et du standing |
| Internet fixe (débit élevé) | ~95 | Très cher au regard des revenus locaux |
| Transport local (bus, taxis) | ~31 | Billets bon marché, mais offre limitée |
| Total estimatif (hors loisirs) | ~1 420 | Pour un mode de vie relativement modeste |
Pour un expatrié payé par une organisation internationale, ces montants restent gérables. Mais la dissonance entre son niveau de vie et celui de la plupart des Salomonais peut créer un malaise supplémentaire, surtout si l’on est sollicité financièrement par des proches locaux. Sans repères clairs, cette tension économique nourrit le sentiment de ne pas “appartenir” à cet environnement, ni au pays d’accueil, ni complètement à son pays d’origine.
Quelques pistes pratiques pour maîtriser ses finances et éviter que le budget ne devienne une source d’anxiété supplémentaire lors d’une expatriation.
Identifier dès le départ les postes d’investissement prioritaire (connectivité, logement sécurisé, éducation) et ceux permettant des adaptations (consommation de produits locaux, loisirs moins coûteux).
Discuter ouvertement, en toute confiance, avec des collègues salomonais pour comprendre leurs propres arbitrages économiques et s’inspirer de leur manière de naviguer dans le contexte local.
Voici un autre tableau comparatif qui donne une idée de la structure budgétaire d’une personne seule, par rapport à un foyer de quatre personnes :
| Profil | Coût mensuel total (USD) | Dont loyer + charges (USD) | Part du logement dans le budget |
|---|---|---|---|
| Personne seule | ~1 419 | ~835 | Environ 59 % |
| Famille de quatre personnes | ~2 882 | ~1 269 | Environ 44 % |
Savoir que ces proportions sont “normales” dans le contexte salomonais permet de relativiser le choc initial et d’éviter de remettre en cause en permanence son choix de vie pour des raisons financières.
Prendre au sérieux sa santé mentale et connaître les ressources
Les îles Salomon restent un pays à faible revenu, marqué par des décennies de sous-investissement dans les services de santé, y compris en psychiatrie. Le conflit interne des années 1998–2003, les déplacements de population et les difficultés économiques qui en ont résulté ont accru le niveau de stress social. Dans ce contexte, la santé mentale est longtemps restée associée à des cas extrêmes – les “fous”, ceux que l’on envoie à Kilu’ufi, l’hôpital psychiatrique de Malaita – et non au mal-être diffus, à l’anxiété ou à la dépression.
Le budget alloué à la santé mentale ne représente qu’une petite fraction des dépenses de santé globales du pays.
Pour un expatrié confronté au mal du pays, cette réalité impose deux choses. D’abord, ne pas s’attendre à retrouver facilement des services de psychothérapie individualisée comme dans un grand centre urbain occidental. Ensuite, ne pas en conclure pour autant qu’aucune aide n’existe.
Plusieurs lignes téléphoniques ont été mises en place pour offrir un soutien en cas de crise, parfois à l’initiative d’ONG ou d’organisations religieuses : lignes pour la violence domestique, services de soutien aux jeunes, numéros d’urgence nationaux. Des initiatives comme celles d’un organisme de conseil installé au sein de l’hôpital de référence à Honiara montrent qu’une prise de conscience est en cours.
Pour gérer son bien-être mental à l’étranger, il est conseillé de mobiliser plusieurs ressources. Premièrement, sollicitez votre réseau personnel en partageant votre mal-être avec des amis, des collègues de confiance ou d’autres expatriés ayant vécu des expériences similaires. Deuxièmement, maintenez un lien avec des professionnels de santé de votre pays d’origine via la téléconsultation, tout en anticipant les éventuels problèmes de connexion. Enfin, sachez qu’en cas de crise aiguë, le système de santé local peut fournir une première réponse, même imparfaite, et que combiner des approches traditionnelles et modernes peut s’avérer complémentaire.
Le plus important reste d’éviter l’isolement silencieux. Dans un environnement où beaucoup de problèmes (alcool, violences, stress familial) sont connus, mais parfois tus, choisir de verbaliser son mal du pays constitue déjà un geste de protection.
Le wantok system, ce réseau dense de solidarités obligatoires fondé sur la parenté, la langue et l’origine villageoise, est souvent décrit comme un frein au développement économique ou à la bonne gouvernance. Pour un étranger, ce système est d’abord déroutant : il explique en partie pourquoi tant de personnes partagent le même logement, pourquoi les demandes d’aide financière circulent en permanence, pourquoi certaines décisions semblent prises “par loyauté” plutôt que par efficacité.
Contrairement à la tendance occidentale au repli sur le couple ou la famille nucléaire face au mal du pays, la société salomonaise repose sur un tissu d’obligations réciproques. Ce système, bien que contraignant, constitue une puissante protection collective et une source d’inspiration, rappelant que l’individu n’avance jamais seul.
Pour gérer son mal du pays, il est possible de s’en inspirer de manière à la fois respectueuse et pragmatique. Sans chercher à devenir soi-même un maillon du wantok (ce qui resterait artificiel), on peut identifier un “petit réseau” de personnes de confiance – collègues, voisins, membres d’une communauté religieuse, amis rencontrés via des associations – avec qui établir des habitudes de soutien mutuel : covoiturage, garde d’enfants ponctuelle, prêts de matériel, coups de main pour les démarches, visites en cas de coup dur. Ce micro-système, en partie importé des habitudes occidentales, en partie nourri par les logiques locales, atténue la sensation d’être “seul contre tous”.
Les fêtes, cérémonies, obsèques, mariages et levées de deuil ne sont pas de simples perturbations du calendrier. Ils mobilisent des ressources et de nombreuses personnes. Y participer avec tact, par une présence, un soutien matériel symbolique ou une aide logistique, renforce la confiance réciproque et consolide les liens sociaux, dont on bénéficiera en retour.
Quand on vient en famille : aider les enfants à traverser, sans dramatiser
Beaucoup de témoignages évoquent les interrogations de parents appelés à s’installer à Honiara avec un bébé, un enfant en bas âge ou des adolescents. Au-delà des questions de santé (vaccins, paludisme, dengue) et de sécurité, le mal du pays des adultes se double de celui des plus jeunes, qui quittent leurs amis, leur école, leurs repères.
Les écoles internationales proposent un cursus en anglais dans un cadre structuré, bien que coûteux, facilitant l’intégration des enfants. Pour les loisirs, les hôtels avec piscine, les plages proches et les écolodges accessibles en bateau offrent des activités comme le snorkeling ou l’observation de tortues, aidant à créer de nouveaux repères.
Là encore, la clé réside dans la création de liens. Les villages voisins des lieux d’hébergement voient souvent l’arrivée d’enfants étrangers comme une curiosité sympathique, et les interactions de jeu transcendent vite les barrières de langue. Du côté des parents, se rapprocher d’autres familles expatriées – par l’intermédiaire d’écoles, d’ambassades, d’ONG, de forums spécialisés – facilite l’organisation d’activités communes : fêtes d’anniversaire, sorties, groupes de jeu.
Les enfants s’adaptent souvent plus vite que les adultes à un nouvel environnement, en maîtrisant rapidement la langue locale et les codes sociaux. Ils peuvent ainsi servir de pont culturel pour la famille. Il est important de les laisser exprimer leurs manques (amis, famille, habitudes passées) sans minimiser leurs sentiments, afin de les aider à intégrer cette expérience dans leur histoire personnelle.
Transformer le territoire en terrain de découvertes plutôt qu’en simple décor
Le cliché du “paradis tropical” peut devenir un piège : on projette tant sur les îles Salomon avant d’arriver que la réalité – chaleur moite, infrastructures modestes, routes parfois dégradées, saison des pluies – semble décevante. Pour que le pays cesse d’être un simple arrière-plan à son contrat, il faut le parcourir autrement.
Même en restant basé à Honiara, il est possible de se fixer des objectifs d’exploration variés et accessibles. Cela inclut une marche vers les chutes de Mataniko avec un guide de Lelei, la visite du musée national, une promenade au marché central pour observer les produits de saison, une escapade à Bonegi pour plonger sur des épaves, la visite de mémoriaux de la Seconde Guerre mondiale, ou la participation à un festival ou événement culturel local.
Pour ceux qui peuvent se déplacer plus loin, les provinces offrent des expériences très contrastées : grandes lagunes, villages sur pilotis, réserves naturelles, lieux de nidification de tortues, manifestations coutumières particularisées. L’archipel est aussi un haut lieu de plongée, avec des récifs et des épaves mondialement reconnus. Se laisser étonner par cette diversité – de la panoplie d’oiseaux endémiques aux pirogues traditionnelles en passant par la musique de panpipes d’Are’are – nourrit un attachement positif au pays, qui pèse dans la balance face aux moments de nostalgie.
Cette démarche ne fait pas disparaître le mal du pays. Mais elle évite que tout ce que l’on associe à son séjour se réduise aux frustrations administratives, aux coupures de courant ou à la lenteur des démarches. Au retour, beaucoup d’anciens résidents salomonais ne se souviennent plus seulement des difficultés, mais d’un ensemble de lieux, de visages, de pratiques qui, sur le moment, avaient justement servi de contrepoids à leur blues.
Rester lucide sur les limites… et sur ce que l’on en retire
Gérer le mal du pays aux îles Salomon, ce n’est pas se convaincre que tout va bien dans le meilleur des mondes. Le pays fait face à des défis lourds : infrastructures fragiles, services publics limités, inégalités fortes, séquelles de conflits passés, violences domestiques, chômage important des jeunes. Le réseau de santé mentale est encore embryonnaire, l’accès au haut débit reste inégal, et l’isolement insulaire ne se corrige pas par quelques vols supplémentaires.
Vivre aux Îles Salomon, où la communauté prime sur l’individu, invite à reconsidérer ses repères. L’observation de l’organisation villageoise, des coopérations pour l’accès à l’eau ou à l’éducation, et de l’articulation entre coutumes, églises et institutions modernes, offre une perspective concrète et enrichissante sur le développement et la diversité des modèles sociaux.
Le mal du pays, dans ce cadre, devient parfois un indicateur : il signale les moments où l’on résiste encore, où l’on mesure ce qui compte vraiment pour soi, ce que l’on n’est pas prêt à abandonner et ce à quoi l’on tient moins qu’on ne le croyait. Savoir l’écouter, y répondre par des gestes concrets – renforcer un cercle d’amis, ajuster son budget, s’autoriser des escapades, demander de l’aide – permet de ne pas le laisser dicter sa trajectoire.
Au fil du temps, la nostalgie diminue souvent non pas parce que le pays d’origine perd de son importance, mais parce que les Îles Salomon se transforment d’un lieu provisoire en un véritable foyer, investi de relations, d’habitudes et de souvenirs. La meilleure manière de gérer le mal du pays est de laisser suffisamment de place au nouveau foyer pour qu’il coexiste avec l’ancien.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Îles Salomon, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur fiscalité privilégiant les non-résidents, l’absence d’impôt sur la fortune et la taxation limitée des revenus de source étrangère, combinant coût de vie modéré et environnement insulaire anglophone. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour via investissement immobilier résidentiel, couverture santé internationale en complément du détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire vers une place adaptée aux flux offshore, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), ainsi que mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, partenaires francophones/anglophones). Cet accompagnement permet au futur retraité de réduire de plus de 50 % sa fiscalité globale, d’exploiter des opportunités d’investissement international tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux, conventions de non‑double imposition, choc culturel et insularité).
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