Coincé entre l’équateur et le tropique du Capricorne, le pays aux îles Salomon déploie un long chapelet d’îles volcaniques et de récifs coralliens au cœur du Pacifique sud-ouest. Sa géographie est à la fois spectaculaire, complexe et stratégique : un « grand État océanique » à la terre émergée modeste, mais à l’espace maritime immense, en plein centre du fameux Triangle de Corail, l’un des bassins de biodiversité les plus riches de la planète.
C’est la superficie en kilomètres carrés de la zone économique maritime que les Îles Salomon doivent gérer, contre seulement environ 30 000 km² de terres émergées.
Un archipel double en plein Pacifique occidental
Le pays aux îles Salomon occupe une position charnière en Mélanésie, dans l’ouest de l’océan Pacifique. L’archipel s’étire entre 5° et 13° de latitude sud et 155° à 169° de longitude est, soit sur environ 1 450 à 1 500 km d’ouest en est, selon qu’on considère les îles les plus extrêmes. Il forme, avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée voisine, la limite orientale de la mer des Salomon.
L’archipel est bordé à l’ouest par la Papouasie-Nouvelle-Guinée, au sud-est par le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie, et au nord par les États fédérés de Micronésie et Nauru. Plus à l’est se trouvent Fidji et Tuvalu, tandis que l’Australie est située au sud-ouest, de l’autre côté de la mer de Corail.
Le pays est organisé autour d’une double chaîne d’îles qui suit un axe nord-ouest – sud-est. Cette structure en « double chapelet » aligne six grandes îles principales – Choiseul, Nouvelle-Géorgie, Santa Isabel, Guadalcanal, Malaita et Makira (ou San Cristobal) – auxquelles s’ajoutent plus de 900 îles secondaires, atolls et récifs, pour un total couramment évalué entre 990 et plus de 1 000 îles. Une partie de cet ensemble appartient politiquement à la Papouasie-Nouvelle-Guinée : c’est le cas de Bougainville, la plus vaste île du grand archipel géographique, mais distincte du pays aux îles Salomon en tant qu’État.
La zone économique exclusive (ZEE) du pays s’étend sur près de 1 589 477 km², faisant de lui l’un des grands États océaniques du Pacifique.
| Indicateur clé | Valeur approximative |
|---|---|
| Latitude / Longitude | 5°–13° S ; 155°–169° E |
| Nombre total d’îles | ≈ 990 à > 1 000 |
| Superficie terrestre | 28 000–28 900 km² |
| Longueur de côte | ≈ 5 313 km |
| Étendue de la ZEE | 1 589 477 km² (22ᵉ rang mondial environ) |
| Distance ouest–est des îles | ≈ 1 450–1 500 km |
Cette disproportion entre espaces maritimes et terrestres est au cœur de la géographie du pays : une grande partie des enjeux économiques, écologiques et politiques s’y joue en mer plutôt que sur la terre ferme.
Provinces insulaires et capitales littorales
Politiquement, le pays aux îles Salomon est subdivisé en neuf provinces et un territoire de capitale distinct. Honiara, ville principale, occupe la côte nord de Guadalcanal et dispose de son propre statut administratif, séparé de la province qui l’entoure.
Les provinces s’alignent elles-mêmes sur les principales îles et archipels. Chaque entité administrative est majoritairement insulaire, parfois répartie sur plusieurs îles et îlots, ce qui complique la gestion territoriale, le transport des personnes et des biens ou encore la fourniture de services publics de base.
| Province / Territoire | Capitale | Superficie (km²) |
|---|---|---|
| Central | Tulagi | 615 |
| Choiseul | Taro Island | 3 837 |
| Guadalcanal | Honiara* | 5 336 |
| Isabel | Buala | 4 136 |
| Makira-Ulawa | Kirakira | 3 188 |
| Malaita | Auki | 4 225 |
| Rennell et Bellona | Tigoa | 671 |
| Temotu | Lata | 868 |
| Western | Gizo | 7 509 |
| Territoire de la capitale | Honiara | 22 |
– Honiara est à la fois capitale nationale, capitale provinciale de Guadalcanal et territoire distinct.
La subdivision politique des Îles Salomon reflète sa géographie physique archipélagique. Chaque province correspond généralement à un groupe d’îles principales et à leurs satellites. Par exemple, les provinces occidentales regroupent les grands ensembles volcaniques comme la Nouvelle-Géorgie, Kolombangara et Vella Lavella. Les provinces centrales et orientales abritent les grandes îles de Guadalcanal, Malaita et Makira. Enfin, les zones les plus isolées, comme la province de Temotu, englobent les îles Santa Cruz ainsi que de petits îlots polynésiens éloignés, tels que Tikopia, Anuta ou Fatutaka, situés à plus de 200 km des autres terres habitées.
Montagnes volcaniques et atolls coralliens
La physionomie des îles du pays aux îles Salomon est dominée par un contraste frappant entre grandes îles volcaniques montagneuses et petits atolls de corail à peine émergés. Les six îles principales se dressent comme des épines dorsales rocheuses, sillonnées de vallées profondes et de versants abrupts plongeant directement dans l’océan.
L’île de Guadalcanal concentre les plus hauts sommets des Îles Salomon, dont le mont Popomanaseu (point culminant à environ 2 332 m). Ces reliefs créent un effet de foehn : les pentes au vent reçoivent des pluies abondantes, tandis que la côte nord, où se trouve Honiara, est relativement en déficit pluviométrique.
Sur les autres grandes îles, les reliefs restent marqués. Kolombangara, dans la province de l’Ouest, est un cône volcanique presque parfait qui s’élève à près de 1 770 m ; Santa Isabel, Choiseul ou Malaita sont striées de crêtes allongées et de vallées encaissées. À l’opposé, de nombreuses îles plus petites ne sont que des rubans de sable et de corail, souvent à quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, comme Ontong Java ou Sikaiana, ou encore les faiblement surélevés récifs des Indispensable Reefs, au sud.
| Type d’île | Caractéristiques principales | Exemples |
|---|---|---|
| Grandes îles volcaniques | Relief escarpé, sommets > 2 000 m, vallées profondes, sols volcaniques | Guadalcanal, Nouvelle-Géorgie, Choiseul, Santa Isabel, Malaita, Makira |
| Atolls coralliens bas | Anneaux de récif, motus sableux, altitude très faible, forte exposition à la mer | Ontong Java, Sikaiana, Tikopia, Anuta, Fatutaka |
| Atolls surélevés | Corail soulevé formant des plateaux calcaires, falaises côtières | Rennell, Bellona |
| Archipels mixtes | Mélange de volcans émergés, d’îlots coralliens et de lagons protegés | Îles Shortland, Russell, Florida, Santa Cruz |
Rennell illustre particulièrement bien la diversité géomorphologique du pays : c’est l’un des plus grands atolls coralliens surélevés du monde (environ 660 km²), dont la partie orientale, East Rennell, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au cœur de cette masse calcaire se niche le lac Tegano (ou Te Nggano), considéré comme le plus vaste lac insulaire du Pacifique.
Une frontière tectonique hyperactive
Si le relief est aussi vigoureux, c’est que le pays aux îles Salomon se trouve posé sur une zone de convergence tectonique parmi les plus actives au monde. La plaque indo-australienne et la plaque de la mer des Salomon s’enfoncent sous la plaque Pacifique le long d’un fossé océanique profond, le fossé New Britain–San Cristobal, situé au sud de l’arc insulaire. Les vitesses de subduction avoisinent 10 à 12 cm par an, des valeurs élevées à l’échelle mondiale.
La subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Australienne est à l’origine d’un arc volcanique actif ou récent. Cet arc s’étend depuis Bougainville jusqu’aux îles de la Nouvelle-Géorgie et aux environs de Guadalcanal, comprenant des volcans aussi bien terrestres que sous-marins. Parmi les édifices les plus connus de cet arc figurent les volcans des îles Salomon.
– Savo, volcan andésitique en forme de cône au nord-ouest de Guadalcanal, dont la dernière éruption remonte au XIXᵉ siècle.
– Tinakula, volcan-stratovolcan isolé dans les îles Santa Cruz, régulièrement en activité et surveillé pour ses panaches de cendres et glissements de terrain.
– Kolombangara et Nggatokae, massifs volcaniques dominants de la province de l’Ouest.
– Kavachi, volcan sous-marin au sud de Vangunu, parfois surnommé « le four de Kavachi » en raison de ses éruptions fréquentes qui font émerger, puis disparaître, de petites îles éphémères.
Magnitude du séisme majeur survenu au large de Gizo en 2007, dans la région des Îles Salomon.
Climat équatorial océanique : chaleur, humidité et saisons du vent
Le climat du pays aux îles Salomon est typiquement tropical océanique. La proximité de l’équateur et l’immensité du Pacifique qui l’entoure assurent des températures élevées et relativement stables toute l’année. La moyenne annuelle se situe autour de 26,5–27 °C, avec des journées entre 25 et 32 °C et des nuits rarement en dessous de 22 °C le long des côtes.
Les saisons ne se lisent pas dans le thermomètre, mais dans les vents et la répartition des pluies. Deux grands régimes s’alternent : une saison plus sèche dominée par les alizés de sud-est, et une saison humide portée par les flux de nord-ouest.
Deux régimes de vents marquent le climat. D’avril à novembre, les alizés du sud-est (*ara*) apportent un temps plus frais et stable, bien que pluvieux. D’octobre-novembre à mars-avril, la mousson du nord-ouest (*koburu*) s’installe, caractérisée par une chaleur lourde, une humidité maximale et des pluies abondantes, souvent orageuses.
Les cumuls pluviométriques annuels sont considérables : en général entre 3 000 et 5 000 mm, avec de fortes variations locales selon l’exposition et l’altitude. Dans des stations côtières comme Honiara, relativement abritée par le relief de Guadalcanal, les totaux tournent autour de 2 200 à 3 000 mm par an, alors que des points de montagne exposés peuvent recevoir jusqu’à 8 000–9 000 mm. Des stations comme Gizo ou Yandina affichent couramment plus de 3 000 mm de précipitations annuelles.
Le climat océanien est modulé par plusieurs systèmes atmosphériques : la mousson du Pacifique occidental, la zone de convergence intertropicale (ZCIT) et la zone de convergence du Pacifique Sud (ZCPS). Il est aussi fortement influencé par le phénomène El Niño–Oscillation australe (ENSO). Les phases El Niño tendent à apporter des conditions plus chaudes et plus sèches, augmentant les risques de sécheresse, tandis que les phases La Niña renforcent généralement les précipitations et peuvent accroître les risques d’inondations.
Les cyclones tropicaux se forment fréquemment dans la mer de Corail et à proximité du pays. Ils frappent moins souvent de plein fouet les grandes îles que les archipels plus au sud comme le Vanuatu ou la Nouvelle-Calédonie, mais les provinces méridionales – Makira-Ulawa, Rennell & Bellona, Temotu – sont régulièrement exposées aux vents violents, fortes pluies et fortes houles entre novembre et avril. La combinaison de cette exposition aux intempéries extrêmes et de la sismicité place le pays aux îles Salomon très haut dans les classements de risque de catastrophe : un rapport international le sit ue même au deuxième rang mondial en matière de vulnérabilité globale.
Forêts tropicales, mangroves et mosaïque écologique
La couverture végétale du pays reste très largement dominée par la forêt tropicale. On estime qu’entre 78 et 80 % de la superficie terrestre sont encore occupés par des formations forestières, ce qui en fait l’un des États les plus boisés de la planète en proportion. Les écosystèmes appartiennent majoritairement à l’écorégion des forêts pluviales des îles Salomon, intégrée à l’ensemble biogéographique mélanésien de Papuasie et d’îles voisines.
La diversité des milieux reflète le jeu combiné de l’altitude, de la géologie, du drainage et de l’exposition aux vents. On distingue ainsi plusieurs grands types de couverture végétale, du littoral aux sommets :
Panorama des écosystèmes forestiers et des formations végétales caractéristiques de l’archipel, des côtes aux montagnes.
Bandes de boisements tolérant le sel, souvent associées à des cocoteraies et à des fourrés près du rivage.
Écosystèmes des estuaires et baies abritées, ancrés dans la vase des zones de marée. Couvrent 47 000 à 65 000 ha avec une trentaine d’espèces (Rhizophora, Bruguiera, Avicennia).
Dominées par des arbres de grande taille comme Pometia pinnata, Vitex cofassus ou diverses espèces de Calophyllum.
Mélange d’espèces de basse et moyenne altitude, présentes sur des pentes plus marquées.
Couvert forestier compact, avec des arbres plus bas, recouverts de mousses et d’épiphytes.
Souvent dominées par le sagoutier (Metroxylon salomonense) et des espèces adaptées aux sols humides.
Fréquentes sur la côte nord de Guadalcanal, dominées par des graminées comme Imperata cylindrica ou Themeda triandra.
Cette mosaïque de milieux abrite une flore estimée à environ 4 500 à 5 000 espèces végétales, dont un grand nombre endémiques. Plus de 230 espèces et variétés d’orchidées et de fleurs tropicales y ont été recensées, tandis que la faune terrestre compte au moins 47 espèces de mammifères (surtout des chauves-souris et des rongeurs) dont plus de la moitié sont endémiques ou quasi endémiques, ainsi que près de 199 espèces d’oiseaux dont 69 endémiques.
Pourcentage estimé de dégradation et de perte des mangroves entre 1970 et 2000.
Un géant marin au cœur du Triangle de Corail
Si la forêt terrestre est spectaculaire, c’est surtout la mer qui fait du pays aux îles Salomon une pièce maîtresse de la biodiversité mondiale. L’ensemble de l’archipel est situé dans le Triangle de Corail, vaste région de près de 6 millions de km² englobant l’Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Philippines et plusieurs États du Pacifique, considérée comme l’épicentre mondial de la diversité corallienne.
Les récifs coralliens du pays couvrent au total plusieurs milliers de km² – les estimations varient, certains travaux avancent environ 5 700 à 6 700 km² de récifs, selon les méthodes de calcul. Une mission de référence, menée en 2004, a recensé environ 494 espèces de coraux appartenant à 76 genres dans les eaux du pays, dont neuf potentiellement nouvelles pour la science. Ce chiffre place le pays juste derrière l’archipel indonésien de Raja Ampat pour la richesse spécifique corallienne, un rang enviable mais également synonyme de responsabilité en matière de conservation.
Une campagne d’étude aux Îles Salomon a recensé plus de 1 000 espèces de poissons de récif, avec plusieurs dizaines d’espèces étendant leur aire de répartition connue. La richesse maximale a été observée dans la partie occidentale du pays, notamment autour de la Nouvelle-Géorgie et de ses lagons. Les récifs présentent une grande diversité de formes : frangeants, barrières, de plate-forme et atolls complets. Des habitats associés comme les herbiers marins, les mangroves, les baies vaseuses et les passes récifales abritent une multitude d’espèces, des crevettes aux baleines, en passant par les dugongs et les tortues marines.
Les herbiers marins eux-mêmes couvrent environ 10 000 hectares et rassemblent au moins une dizaine d’espèces de plantes marines. Ils jouent un rôle crucial dans la stabilisation des sédiments, la protection des littoraux contre l’érosion, mais aussi comme zones d’alimentation pour les tortues vertes et les dugongs, ces grands herbivores marins menacés. Les mangroves complètent cette ceinture semi-marine et servent à la fois de frayère, de nurserie et de filtre pour les eaux côtières.
Le lagon de Marovo, l’un des plus grands lagons d’eau salée au monde, s’étend sur environ 700 km².
| Milieu marin / côtier | Surface approximative | Rôle écologique majeur |
|---|---|---|
| Récifs coralliens | 3 500–6 700 km² | Habitat de biodiversité, protection côtière, pêche |
| Mangroves | ≈ 47 000–65 000 ha | Nurserie halieutique, filtre, protection des berges |
| Herbiers marins | ≈ 10 000 ha | Nourriture pour dugongs et tortues, fixation sédiments |
| Lagons majeurs (Marovo, Lau…) | > 700 km² pour Marovo | Concentration d’habitats, ressources pour les communautés |
La richesse biologique ne se limite pas aux invertébrés et poissons. On y trouve six espèces de bénitiers géants (Tridacna), trois espèces d’huîtres perlières, au moins cinq espèces de tortues marines, diverses espèces de dauphins et de baleines ainsi que de grands prédateurs comme le crocodile marin, présent dans de nombreuses zones de mangrove et d’estuaire.
Géographie humaine : dispersion, littoralisation et dépendance au milieu
La géographie humaine du pays aux îles Salomon est intimement liée à ces milieux. La population, estimée à un peu plus de 720 000 habitants lors du recensement de 2019 et projetée vers environ 830 000 à l’horizon 2025, est très majoritairement rurale, même si l’urbanisation progresse rapidement. La plupart des habitants vivent dans de petites localités littorales, rarement au-delà de quelques centaines d’âmes, réparties le long des côtes et dans les lagons plutôt que dans l’intérieur montagneux difficile d’accès.
Plus de 60 % de la population urbaine des Îles Salomon est concentrée dans la capitale, Honiara.
| Zone / Province | Densité de population (2019, hab./km²) |
|---|---|
| Moyenne nationale | ≈ 23,7 |
| Honiara (territoire) | > 5 900 |
| Rennell & Bellona | ≈ 6,1 |
| Autres provinces | Entre ≈ 10 et 60 selon les zones |
Cette dispersion spatiale renforce la dépendance au milieu naturel. Dans la plupart des villages, l’agriculture vivrière et la pêche côtière constituent l’essentiel des moyens de subsistance. Les jardins denrées – manioc, taro, patate douce, igname, banane – s’imbriquent dans le couvert forestier ; les cocoteraies s’étendent le long des rivages, et la récolte ou l’élevage de produits marins comme le trochus, le bénitier ou les poissons de récif complètent le régime alimentaire et les revenus.
Plus de 90 % des zones côtières en Nouvelle-Calédonie sont sous contrôle communautaire traditionnel, reconnu par la constitution.
Ressources, usage des terres et pression sur les milieux
Les ressources naturelles du pays – forêts, poissons, terres arables limitées, minerais – sont au centre des interactions entre géographie physique et occupations humaines. La majorité du territoire terrestre (près de 80 %) reste forestière, mais à peine 0,6–0,7 % des terres sont véritablement arables ; environ 2 à 3 % supportent des cultures permanentes (cocoteraies, palmiers à huile, cacaoyères), le reste étant composé de pâturages, jachères ou zones non cultivées.
Le bois, principale exportation historique des Îles Salomon, est extrait des grandes îles volcaniques comme Choiseul, Guadalcanal et Malaita. Cette activité a causé une érosion des sols, une sédimentation dans les cours d’eau et les lagons, ainsi qu’une turbidité accrue des eaux côtières. Ces changements fragilisent les récifs coralliens, qui nécessitent une eau claire et bien éclairée pour survivre.
Les minerais ajoutent une autre couche de contraintes géographiques. Le gisement aurifère de Gold Ridge, à l’intérieur de Guadalcanal, illustre la manière dont une exploitation minière dans une zone de fortes pluies et de relief accidenté peut générer des risques environnementaux majeurs, notamment via les barrages de résidus. Sur Rennell, l’extraction de bauxite a suscité de vifs débats quant à ses effets sur les terres coralliennes et les communautés insulaires. D’autres projets, comme le nickel sur Isabel, se heurtent au dilemme classique entre besoin de revenus monétaires et préservation des milieux.
La ZEE de l’archipel abrite d’importantes ressources halieutiques, notamment des thons, des poissons pélagiques et des coquillages (trochus, bénitiers, huîtres perlières). Le pays est le premier producteur de trochus du Pacifique, avec des captures annuelles de plusieurs centaines de tonnes, et la pêche thonière sous licence génère des recettes publiques significatives. Cependant, la surveillance difficile due à la dispersion des îles et aux capacités limitées entraîne un contrôle insuffisant des prélèvements. Les récifs côtiers sont menacés par la surpêche, les pratiques destructrices (comme la pêche à l’explosif) et l’apport de sédiments dû au déboisement.
Un archipel extrêmement vulnérable au climat et aux aléas
La géographie du pays aux îles Salomon – longues côtes basses, atolls à faible altitude, zones urbaines au bord des rivières, villages alignés sur d’étroites bandes littorales – amplifie sa vulnérabilité face aux changements climatiques et aux aléas naturels.
Élévation annuelle du niveau de la mer en millimètres mesurée par satellite depuis les années 1990 dans cette partie du Pacifique.
Les cyclones et tempêtes, bien que moins fréquents que dans certaines zones du Pacifique sud, provoquent régulièrement des inondations soudaines et des glissements de terrain, surtout sur les grandes îles au relief accidenté. Les crues éclair de rivières comme la Matanikau ou la Lunga, à Guadalcanal, ont déjà causé des dégâts considérables à Honiara, dont les quartiers les plus vulnérables s’étendent le long de lits de rivières encaissées ou dans des zones marécageuses. À l’échelle rurale, de nombreux villages sont installés au ras de l’eau, sur des cordons littoraux ou des îlots de récif, ce qui les expose aux vagues de tempête, aux tsunamis et aux surcotes.
Les épisodes de réchauffement anormal des eaux, notamment lors de forts événements El Niño, ont provoqué des épisodes prolongés de blanchissement corallien (2014-2017, et à nouveau en 2021 autour de Marovo Lagoon). Ces événements affaiblissent les récifs, réduisant leur capacité à protéger les côtes, à servir de nurserie pour les poissons et à soutenir les pêches artisanales.
La combinaison de ces facteurs a conduit divers organismes à classer le pays aux îles Salomon parmi les États les plus menacés par le changement climatique. C’est d’autant plus critique que l’essentiel des infrastructures de transport, des écoles et des services de base sont concentrés dans des plaines alluviales petites et basses, ou sur des littoraux restreints entourés de montagnes.
Espaces protégés, gestion coutumière et conservation « à la base »
Face à ce faisceau de pressions, la géographie de la conservation s’est elle aussi structurée autour des îles, des lagons et des versants forestiers. On dénombre plus d’une cinquantaine de sites côtiers et marins identifiés comme zones clés pour la biodiversité (Key Biodiversity Areas), ainsi qu’une trentaine de sites terrestres. À l’échelle nationale, on compte une cinquantaine d’aires marines protégées formellement reconnues et près de 30 aires protégées terrestres, ce qui reste modeste en proportion de la surface totale, mais significatif au regard des capacités du pays.
Certaines zones ont acquis une stature emblématique. L’aire marine communautaire d’Arnavon, située à mi-chemin entre Choiseul et Santa Isabel, couvre près de 158 km² de récifs et d’îles. Elle est reconnue comme l’une des plus importantes zones de nidification de tortues imbriquées du Pacifique. À terre, East Rennell figure depuis plusieurs décennies sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, en reconnaissance de son caractère d’atoll surélevé quasi intact et de la singularité de son lac Tegano.
Mais c’est peut-être le maillage d’initiatives locales qui caractérise le mieux la géographie de la protection dans le pays aux îles Salomon. Plus d’une centaine de zones marines localement gérées (Locally Managed Marine Areas, LMMAs) ont été délimitées par les communautés, avec en leur sein au moins 150 zones de non-prélèvement (no-take). L’île de Tetepare, non habitée, héberge la plus grande LMMA d’un seul tenant, avec un tronçon de 13 km de rivage en interdit permanent de pêche, qui sert de refuge à de nombreux poissons de récif et mégafaunes marines.
Ce modèle de gestion s’appuie sur la tenure coutumière, juridiquement reconnue, des mers et des terres. Les récifs appartenant à des clans ou lignages, les communautés peuvent décider de restreindre la pêche, d’interdire certains engins ou de créer des sanctuaires. Cette articulation entre droit coutumier et droit national forme un socle institutionnel original, faisant de la géographie culturelle un allié potentiel pour la préservation écologique.
Une géographie des infrastructures contrainte par le relief et la mer
Dans un archipel aussi dispersé, la question des transports est d’abord une affaire de géographie. À peu près 1 360 à 1 390 km de routes existent à l’échelle nationale, dont seulement une trentaine de kilomètres revêtus. La plupart de ces axes routiers se concentrent sur Guadalcanal et Malaita, sous la forme de corridors côtiers desservant les villages le long des plaines alluviales. À l’intérieur, le relief escarpé limite fortement les pistes, qui sont par ailleurs fragilisées par les pluies torrentielles, les glissements de terrain et l’absence de ponts pérennes sur certains cours d’eau.
Le réseau de circulation principal des Îles Salomon est maritime. Il repose sur des caboteurs, des navires mixtes passagers-fret, et de nombreuses pirogues motorisées et bateaux en bois locaux. Le pays compte deux ports internationaux : Honiara (port en eaux profondes sur Guadalcanal) et Noro (plus modeste, stratégique pour l’export de bois et de produits halieutiques). Un troisième port, à Yandina, offre des services limités. Une série de petits quais et mouillages (Auki, Gizo, Viru Harbour, Tulagi, Lofung, Kira Kira, etc.) complètent ce réseau, dont les connexions sont irrégulières et dépendantes des conditions météorologiques et de l’état des navires.
Le transport aérien vient compléter ce dispositif, avec Honiara International Airport comme principal portail vers l’extérieur, relié à Brisbane, Nadi ou Port-Vila, et environ 30 à 35 aérodromes secondaires répartis dans les provinces, presque tous dotés de pistes en herbe ou en latérite. Beaucoup ne reçoivent qu’un ou deux vols hebdomadaires de petits avions, ce qui renforce la perception d’isolement dans des provinces éloignées comme Temotu ou les îles les plus méridionales.
La géographie éclatée des infrastructures, combinée à leur vulnérabilité aux aléas naturels (crues, inondations, houles), complique considérablement la distribution des services de base (santé, éducation), ainsi que la mise en œuvre des politiques d’aménagement et de gestion des catastrophes.
Une géographie en tension : richesses naturelles, pressions humaines et avenir incertain
Dans sa globalité, la géographie du pays aux îles Salomon apparaît comme celle d’un archipel à la fois riche et fragile. Riche, parce qu’il concentre une diversité de paysages – montagnes, rivières, forêts, lagons, atolls – et une biodiversité de rang mondial, ancrée dans une matrice socio-culturelle où la coutume structure encore les droits sur l’espace. Fragile, car la conjonction de la tectonique active, de la montée des eaux, des cyclones, de la déforestation et de la surexploitation des ressources place l’environnement et les communautés dans une position délicate.
L’urbanisation rapide, notamment autour d’Honiara, entraîne le développement de quartiers informels dans des zones à risques (ravins, pentes instables, berges). Parallèlement, en milieu rural, la pression démographique et la commercialisation de l’agriculture provoquent l’expansion des cultures, la réduction des jachères et l’introduction de cultures comme le palmier à huile, transformant les paysages et accentuant l’érosion.
Dans le même temps, la mer reste au centre de la vie et des défis. Les récifs qui nourrissent les communautés et protègent les côtes sont mis à rude épreuve par le réchauffement des eaux, l’acidification de l’océan, la turbidité et la surpêche. La géographie maritime – ZEE immense, dispersion des îles, frontières parfois floues avec les voisins – rend aussi cruciale la coopération régionale, comme en témoigne l’accord signé avec l’Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour gérer conjointement l’écorégion Bismarck–Salomon.
L’avenir des Îles Salomon dépend de la manière dont sa géographie complexe est prise en compte. Cela implique d’intégrer une connaissance fine des milieux (forêts, sols, récifs, lagons) dans la planification territoriale, de renforcer les infrastructures en considérant le relief et les risques, de s’appuyer sur les structures coutumières pour étendre les zones gérées durablement, et d’anticiper les déplacements de populations depuis les atolls les plus menacés.
Observer la carte des îles Salomon, c’est ainsi lire bien plus qu’un alignement de points dans le Pacifique : c’est voir se dessiner les lignes de fracture tectonique, les routes de cabotage, les villages rivulaires, les zones de pêche communautaires et les fronts de déforestation. Autant de strates géographiques qui, superposées, dessinent le portrait d’un archipel où le territoire, la mer et le climat sont plus que jamais indissociables.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Îles Salomon pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, stratégie d’expatriation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Îles Salomon, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur niveau de fiscalité direct très modéré, l’absence d’impôt sur la fortune, l’accès facilité à des structures internationales d’investissement et un coût de vie nettement inférieur à celui de Paris. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du droit de séjour longue durée, organisation de l’assurance santé internationale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, comptable anglophone) et intégration patrimoniale globale.
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