Vivre aux îles Salomon : décoder le coût de la vie pour les expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux îles Salomon fait rêver : lagons translucides, air pur, chaleur toute l’année, population anglophone et villes loin de la frénésie des grandes métropoles. Mais derrière la carte postale, le choc est souvent financier. Pour un expatrié, le coût de la vie peut paraître paradoxalement élevé dans ce pays classé parmi les moins développés.

En pratique, tout se joue à Honiara, capitale et principale porte d’entrée du pays, où se concentrent emploi, services, écoles et hôpitaux. C’est aussi là que se forment les prix qui déterminent, concrètement, le budget d’un étranger.

Cet article propose une lecture détaillée et chiffrée du coût de la vie aux îles Salomon pour les expatriés, en se basant sur les données disponibles pour Honiara. Objectif : vous permettre de bâtir un budget réaliste, sans idéaliser ni dramatiser.

Un pays peu riche… mais pas bon marché

Les îles Salomon forment un archipel mélanésien d’environ 1 000 îles, peuplé de peu plus de 700 000 habitants, dont 80 % vivent en zone rurale. Le PIB par habitant tourne autour de 1 900–2 000 dollars US par an, ce qui place le pays dans la catégorie des économies à faible revenu.

Bon à savoir :

Le coût de la vie peut sembler bas pour les services locaux, mais il devient significativement plus élevé si l’on souhaite maintenir un mode de vie occidental, incluant un logement moderne, un Internet haut débit, une alimentation variée avec des produits importés, une scolarité internationale et des soins de santé privés.

Les chiffres le confirment : à l’échelle du pays, le coût de la vie est environ 1,24 fois plus élevé que la moyenne mondiale, et Honiara est classée parmi les villes relativement chères d’Océanie. Le pays se situe au 41ᵉ rang mondial par niveau de prix, mais très loin derrière en termes de salaires et de qualité de vie. D’où un décalage massif entre revenus locaux et coûts supportés par un expatrié.

Honiara, centre névralgique et référence pour les prix

Honiara concentre le pouvoir politique, économique et administratif, ainsi que la quasi-totalité des services dont dépend un expatrié : aéroport international, meilleure offre de logement, écoles privées, hôpitaux et cliniques, supermarchés, coworking, cafés « expat friendly ».

84000

Estimation moyenne de la population de la ville, qui reste de petite superficie (22 km²) et peu dense comparée aux grandes capitales.

C’est donc Honiara qui sert de base pour toutes les estimations de coût de la vie. Si vous vivez ailleurs dans l’archipel, certains postes de dépenses pourront être moins élevés (logement, loyer) mais d’autres exploseront (transport, logistique, accès aux services).

Combien prévoir par mois ? Les grandes fourchettes de budget

Les différentes plateformes de données (Numbeo, Expatistan, sites pour nomades) convergent vers la même conclusion : pour un expatrié, Honiara est une ville qui peut coûter très cher si l’on cherche du confort et un standard international.

Les ordres de grandeur suivants donnent une bonne idée du budget à prévoir, en dollars US :

ProfilBudget « serré » (incl. loyer)Budget moyen expat (incl. loyer)Niveau confortable / haut de gamme
Célibataire≈ 950–1 400 $≈ 2 000–2 400 $≈ 3 100 $ et plus
Couple≈ 1 400 $≈ 2 400 $≈ 4 500 $ et plus
Famille (4 pers.)≈ 2 000 $≈ 3 400–3 800 $≈ 6 300 $ et plus
Nomade digital≈ 3 400–3 800 $

Un point crucial : les coûts supportés par un expatrié sont sans commune mesure avec le niveau des salaires locaux. Le salaire net moyen, selon les sources, oscille entre 170 et 700 dollars par mois, et dans certains calculs il ne couvre que 0,1 à 0,4 mois de dépenses types à Honiara. La ville est donc vivable pour un étranger uniquement si celui-ci bénéficie d’un salaire ou d’allocations indexés sur des standards internationaux.

Le logement, poste de dépense déterminant

Pour un expatrié, le logement est souvent le premier choc. Le parc immobilier est limité, la demande expat concentrée, et les loyers s’alignent davantage sur les salaires d’ONG, d’agences internationales ou de grosses entreprises que sur les revenus locaux.

Niveaux de loyers à Honiara

En moyenne, pour des logements simples mais corrects :

Type de logementLoyer mensuel moyen (USD)Range typique (USD)Équivalent en SBD (approx.)
Studio / 1 chambre centre600–660 $425–730 $4 500 SBD (3 500–6 000)
1 chambre hors centre570–670 $360–1 215 $5 250 SBD (3 000–10 000)
3 chambres centre1 100–2 750 $1 820–4 860 $10 300 SBD (6 500–40 000)
3 chambres hors centre870–1 500 $610–3 040 $7 000 SBD (4 000–25 000)

L’amplitude des fourchettes n’a rien d’anecdotique : certaines maisons ou appartements pour diplomates, cadres d’ONG ou missions internationales peuvent atteindre des loyers très élevés, parfois au niveau de métropoles occidentales, surtout lorsqu’ils incluent gardiennage, générateur, groupe électrogène et équipements de confort.

30

Pourcentage moyen des dépenses d’un expatrié consacré au loyer et aux charges.

835 $ / mois pour une personne seule

1 270 $ / mois pour une famille

Ce qui signifie qu’un célibataire au budget de 2 300 $ par mois consacre facilement plus d’un tiers de ses revenus à son logement.

Achat immobilier : peu attractif pour un expatrié

Pour un étranger, l’achat immobilier est rare et compliqué (cadre foncier, titres de propriété, etc.). Les données disponibles montrent des prix théoriques élevés :

Autour de 1 465 $ / m² en centre-ville

– Environ 932 $ / m² en périphérie

Prix médians de maison autour de 182 000 $

Astuce :

Les indicateurs du marché immobilier sont actuellement très défavorables à l’achat (ratio prix/revenus > 600, taux hypothécaires élevés à 13-15%, rendement locatif parfois inférieur à 0,2%). Pour un expatrié, la location est la solution la plus rationnelle, d’autant que de nombreux contrats incluent une allocation logistique (« housing allowance ») pouvant couvrir 30 à 40% du package total.

Alternatives courte durée : hôtels et Airbnb

Pour les missions temporaires ou en phase de repérage :

Hôtel médian : environ 119 $ la nuit, soit 2 350–2 550 $ le mois

Airbnb médian : 139 $ la nuit, soit 3 300–4 250 $ le mois

Certains séjours courts en hôtels ou guesthouses sont facturés autour de 250 $ par jour en milieu de gamme, ce qui rend vite le logement de long séjour prohibitif sans négociation ou forfait spécifique.

Charges, énergie, Internet : le coût caché du confort

La facture énergétique n’a rien d’anodin à Honiara. Le courant est délivré en 230 V / 50 Hz, mais l’électricité reste chère et parfois instable. S’y ajoutent eau, gestion des déchets, et surtout Internet.

Pour un expatrié, il faut distinguer deux niveaux de lecture : les montants payés et la qualité obtenue.

Factures mensuelles typiques

Pour un appartement moyen (85 m²) ou une petite maison :

PosteCoût mensuel (USD) pour expatRemarques
Électricité, eau, ordures, etc.100–250 $ (parfois bien plus)Facture moyenne annoncée : 163 $ pour 1 pers, 254 $ pour une famille
Internet fixe illimité (~50–60 Mbps annoncés)≈ 95–100 $Débit réel moyen très faible, autour de 0,5 Mbps dans certains relevés
Forfait mobile (voix + data)50–55 $À distinguer de la data seule (environ 12 $ pour 10 Go)

Des données locales en SBD illustrent le même phénomène : un accès Internet illimité peut coûter entre 450 et 1 000 SBD par mois, soit 725 SBD en médiane, ce qui, rapporté aux salaires locaux, est énorme.

Exemple :

En pratique, de nombreux expatriés cumulent un emploi local dans leur pays de résidence avec une activité professionnelle exercée à distance pour un employeur ou des clients situés dans leur pays d’origine. Cette situation hybride peut complexifier leur régime fiscal et social.

– Une connexion fixe, chère mais relativement stable

– Plusieurs forfaits mobiles (SIMs multiples) pour se « sécuriser » face aux coupures et aux variations de couverture

Malgré cela, les retours utilisateurs parlent d’un Internet « inutilisable » pour des usages exigeants (vidéos, télétravail intensif), avec un débit moyen autour de 0,5 Mbps. Pour un nomade digital, c’est un point de friction majeur.

Manger aux îles Salomon : la schizophrénie des prix

L’alimentation est un poste ambivalent. En s’appuyant sur les filières locales (marchés, produits frais simples), on peut vivre correctement avec un budget raisonnable. Mais dès que l’on mise sur les produits importés, la facture grimpe vite.

Budgets mensuels indicatifs

Les statistiques établissent grosso modo :

460 $ / mois de nourriture pour une personne

1 194 $ / mois pour une famille de quatre

Certains calculs plus détaillés tablent sur 350 $ de courses mensuelles de base, hors restaurants, pour un expatrié.

Prix des produits du quotidien

Pour un panier orienté « supermarché » :

ProduitPrix moyen
Lait (1 L)≈ 2,6–2,7 $
Pain blanc (500 g)≈ 1,4 $
Riz (1 kg)≈ 1,4 $
Œufs (12)≈ 5,5 $
Fromage (1 kg)≈ 4 $ (mais certains relevés montent beaucoup plus)
Blanc de poulet (1 kg)≈ 9,5 $
Bœuf (1 kg, rond)≈ 14,8 $
Pommes (1 kg)≈ 6,5 $
Bananes (1 kg)≈ 2,6 $
Oranges (1 kg)≈ 7,8 $
Tomates (1 kg)≈ 3,8 $
Pommes de terre (1 kg)≈ 2,0 $
Oignons (1 kg)≈ 3,3 $
Bouteille d’eau 1,5 L≈ 1,6 $
Bouteille de vin moyen (750 ml)≈ 10,9 $
Bière locale 0,5 L (en magasin)≈ 2,2 $
Paquet de cigarettes≈ 4,1–4,8 $

Les études sur l’environnement alimentaire montrent une particularité : les marchés ouverts (comme le Honiara Central Market) restent relativement abordables et les prix de fruits et légumes y ont parfois baissé entre 2020 et 2021, alors que de nombreux produits importés (poulet congelé, lait, etc.) ont vu leurs tarifs grimper, notamment sous l’effet des perturbations logistiques liées au Covid-19.

200

C’est le montant moyen en SBD dépensé par visite au grand marché de Honiara par les consommateurs urbains.

Manger dehors : du snack au restaurant « expat »

La restauration suit la même logique : tout dépend du type de lieu fréquenté. Plusieurs niveaux de prix coexistent.

À découvrir à Honiara

Un aperçu des principales attractions et activités de la capitale des Îles Salomon.

Musée National

Découvrez l’histoire et la culture riche des Îles Salomon à travers des artefacts traditionnels et des expositions.

Marché Central

Plongez dans l’atmosphère locale et découvrez les produits frais et l’artisanat au marché animé de Honiara.

Plages et Récifs

Profitez des magnifiques plages de sable et explorez les récifs coralliens riches en vie marine aux alentours de la ville.

Sites Historiques de la Guerre

Visitez des sites clés de la Seconde Guerre mondiale, comme la piste de Kokoda et les épaves, témoins de l’histoire.

Menu simple à midi dans un restaurant modeste : ~7–8 $

– Repas « bon marché » en ville, version locale : 7–10 $

– Menu fast-food type McDonald’s : 11–15 $

– Dîner pour deux dans un restaurant de gamme moyenne : 44–45 $ pour trois plats

– Bière pression au bar : 2,8–4,1 $

– Cappuccino dans un café fréquenté par les expatriés : 3,3–4,1 $

Un expatrié prêt à manger souvent au marché ou chez des gargotiers locaux, et à cuisiner des produits de base, peut limiter ses dépenses. Celui qui multiplie cafés à la mode, restaurants internationaux et alcool importé verra vite son budget mensuel s’envoler au-dessus des 600–700 $ rien que pour la nourriture.

Se déplacer : petit budget, grandes contraintes

Côté transport, les îles Salomon offrent un paradoxe plus favorable aux expatriés : les coûts restent plutôt faibles, même s’ils reposent sur des infrastructures fragiles et très dépendantes des importations de carburant.

Transports du quotidien à Honiara

Pour une personne :

Budget transport moyen : ~31 $ / mois

– Pour une famille : ~87 $ / mois

Ce bas niveau s’explique par :

Des tickets de bus locaux très bon marché (en pratique, minibus informels)

Une ville relativement petite où les distances restent limitées

Quelques repères chiffrés :

PostePrix typique
Ticket de bus local (trajet simple)≈ 0,35–0,40 $
Abonnement mensuel transport local≈ 22–30 $
Taxi ~3 km≈ 4 $
Taxi 8 km≈ 11 $
Litres d’essence≈ 1,25–1,30 $

En réalité, la plupart des expatriés combinent :

Attention :

Les déplacements peuvent s’effectuer via différents moyens, adaptés au contexte : minibus locaux (économiques mais inconfortables), taxis (recommandés pour les trajets sensibles ou professionnels), ou véhicule de fonction/location (pour les postes nécessitant des déplacements fréquents et sécurisés).

Hors de Honiara, les déplacements se font surtout par bateau, parfois par petits avions, ce qui augmente significativement les coûts dès qu’on doit voyager d’île en île de manière régulière.

Santé : faible qualité, coût potentiellement très élevé pour un expatrié

Sur le papier, une consultation chez le médecin à Honiara peut paraître abordable : autour de 29 $ pour une visite simple, less de 4 $ pour un médicament contre le rhume, 8 $ pour quelques jours de traitement de base. Mais ces montants reflètent surtout le secteur public et des prestations relativement rudimentaires.

Les rapports sur place sont beaucoup moins rassurants : hôpitaux publics jugés « mauvais », équipement limité, pénurie fréquente de médicaments, manque de spécialistes, et fortes disparités entre la capitale et les provinces. Le meilleur établissement public reste le National Referral Hospital à Honiara, et certains hôpitaux régionaux comme Gizo ou Auki, mais le niveau demeure loin des standards occidentaux.

Pour un expatrié, la règle est donc claire : les procédures administratives et fiscales doivent être respectées afin d’éviter des complications et des pénalités.

– Ne pas compter sur le système public pour les cas graves

– Souscrire une assurance santé internationale incluant l’évacuation médicale d’urgence vers l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou un autre pays mieux équipé

Les assureurs internationaux recommandés (MSH, April, Cigna, Allianz, etc.) offrent des formules autour de 140 $ / mois pour une couverture basique, mais ce chiffre monte dès qu’on demande des plafonds élevés, une prise en charge des maladies chroniques ou une famille entière.

Les coûts d’évacuation médicale peuvent atteindre des dizaines de milliers de dollars. Un expatrié non assuré s’expose donc à un risque financier massif en cas d’accident de la route, de complication infectieuse ou de problème cardiaque sérieux.

Enfants et scolarité : la facture cachée des familles

Pour une famille expatriée, la scolarisation est l’un des postes les plus sensibles du budget. L’offre éducative locale est limitée et la qualité de l’enseignement public est jugée faible. Les familles se tournent donc vers les écoles internationales.

Les chiffres disponibles pour Honiara indiquent :

École maternelle / crèche privée : autour de 96–120 $ / mois

École primaire internationale : entre 2 700 et 6 800 $ par an selon l’établissement ; plusieurs sources convergent autour de 3 600–3 700 $ annuels pour certains programmes

23000

En SBD, le coût annuel d’une année de primaire internationale par enfant peut atteindre ce montant, représentant une charge financière importante par rapport aux salaires locaux.

Pour une famille de deux enfants en primaire internationale, on dépasse vite les 6 000–8 000 $ par an uniquement en frais de scolarité, sans compter :

Uniformes

Matériel

Sorties scolaires

Frais d’examens internationaux éventuels

Les entreprises qui détachent des expatriés incluent souvent une « education allowance » pour couvrir ces coûts, mais les indépendants ou ceux rémunérés par des structures plus modestes doivent les intégrer dans leur propre budget.

Loisirs, sport, habillement : petites dépenses, grandes différences

Sur le papier, certains postes loisirs paraissent doux :

Abonnement mensuel à une salle de sport : ≈ 90–92 $

Billet de cinéma : 3–4 $

Coupe de cheveux simple : ≈ 12–13 $

Tennis une heure le week-end : 5–6 $

Bon à savoir :

L’offre de loisirs est limitée et de nombreuses activités comme les plages, le snorkeling ou les randonnées, bien que souvent présentées comme gratuites ou bon marché, entraînent en réalité des coûts supplémentaires pour le transport, la location de bateaux ou l’équipement nécessaire.

Côté vêtements, la situation reflète également l’isolement du pays :

ArticlePrix moyen
Jean de marque≈ 25–35 $ (certains relevés en SBD indiquent l’équivalent de 70–80 $)
Baskets de marque (Nike, etc.)≈ 110–120 $
Chaussures de ville en cuir≈ 110–120 $

Les vêtements importés de marque sont nettement plus chers que dans de nombreux pays, parce qu’ils arrivent par des circuits logistiques coûteux et en petites quantités. Beaucoup d’expatriés préfèrent arriver avec une garde-robe complète et ne racheter des vêtements sur place qu’en cas de nécessité.

Comparaisons régionales : Honiara plus chère que Suva et Port Moresby

Pour mieux situer Honiara dans la région Pacifique, plusieurs comparaisons de coût de la vie sont instructives.

Face à Suva (Fidji)

Les données indiquent que le coût de la vie à Honiara est environ 70 % plus élevé qu’à Suva pour un niveau de vie comparable. Quelques exemples illustratifs :

Loyer 1 chambre en centre-ville : ~600 $ à Honiara vs ~494 $ à Suva

Internet illimité : ~95 $ vs ~24 $ à Suva

Utilités (électricité, eau, etc.) pour un appartement standard : 100–250 $ vs 38–58 $ à Suva

La conclusion est nette : Fidji, pourtant loin d’être un pays « bon marché », reste significativement plus abordable sur de nombreux postes, notamment Internet, électricité et scolarité internationale (malgré des frais élevés).

Conclusion de l’analyse comparative des coûts

Face à Port Moresby (Papouasie-Nouvelle-Guinée)

Les comparaisons soulignent également :

Honiara ~22 % plus chère que Port Moresby

Restaurants, épicerie, transport, logement : quasiment tous ces postes sont plus coûteux à Honiara

– Par exemple, un appartement 1 chambre en centre-ville coûte en moyenne plus du double à Honiara par rapport à Port Moresby

En clair, pour un expatrié familier de Suva ou Port Moresby, un transfert à Honiara s’accompagne en général d’une hausse sensible des dépenses courantes, sauf à accepter une baisse de niveau de vie.

Qualité de vie : un équilibre délicat

Les indicateurs agrégés de « quality of life » situent Honiara dans le bas de nombreux classements mondiaux. Un indice autour de 32–37/100 traduit une combinaison de facteurs :

Points positifs fréquemment remontés :

Sentiment de sécurité relatif pour certains profils (peu de délinquance de rue massive)

Air d’excellente qualité (mesures autour de 4,9 µg/m³)

– Ville peu dense et peu congestionnée

Climat chaud toute l’année, températures réelles entre 27 et 28 °C, ressenti 30–32 °C

Mais les aspects négatifs pèsent lourd dans le vécu des expatriés :

Attention :

Le cadre de vie présente plusieurs difficultés significatives, notamment un coût de la vie élevé pour un standard occidental, des infrastructures numériques et routières défaillantes (internet très lent et routes dangereuses), et un système de services publics fragile (santé et éducation). L’environnement socioculturel est perçu comme limité en loisirs et peu sûr pour les femmes ainsi que pour les personnes LGBTQ+.

Pour un célibataire ou un couple sans enfant, proche de la mer et adepte de plongée, cet environnement peut rester attractif malgré ses limites. Pour une famille, la combinaison écoles, santé, sécurité routière et loisirs pour enfants exige un examen beaucoup plus approfondi, souvent compensé uniquement par un package d’expatriation généreux.

Pourquoi la vie est-elle si chère pour un expatrié ?

Plusieurs mécanismes expliquent pourquoi le coût de la vie aux îles Salomon paraît démesuré par rapport au niveau général de développement du pays, en particulier pour les étrangers.

D’abord, l’isolement géographique. Presque tout ce qui n’est pas produit localement — produits alimentaires transformés, biens de consommation, équipements électroniques, matériaux de construction — doit être importé, souvent par petits volumes, ce qui renchérit drastiquement les prix. L’électricité elle-même dépend largement d’importations de carburants, d’où des factures élevées.

Bon à savoir :

Le marché se caractérise par une forte dualité : une majorité de la population a des revenus modestes de subsistance, tandis qu’une petite frange (expatriés, employés d’ONG, diplomates, cadres) dispose de revenus alignés sur les standards internationaux. Cela crée un ‘sur-marché’ distinct pour le logement, les écoles, les loisirs et les services, déconnecté du reste de l’économie locale.

Les données agrégées montrent ainsi que le coût de la vie à Honiara peut représenter jusqu’à 8 fois le revenu moyen local, et que les loyers sont, en proportion des salaires, bien plus lourds qu’en Europe ou en Australie.

Stratégies concrètes pour maîtriser son budget d’expatrié

À partir des données disponibles, plusieurs leviers se dégagent pour contenir les coûts sans sacrifier l’essentiel.

Dans le logement, la localisation et le type de résidence sont déterminants. Un appartement 1 chambre en périphérie plutôt qu’en plein centre peut économiser quelques centaines de dollars par mois, à condition de rester à distance raisonnable des lieux de travail et de services. Beaucoup d’expatriés partagent aussi de grandes maisons à plusieurs, dans des quartiers sécurisés, pour mutualiser loyer, gardiennage et générateur.

Astuce :

Pour une alimentation plus saine et économique, il est conseillé de favoriser les achats sur les marchés locaux (fruits, légumes, poisson frais), qui restent relativement abordables et dont certains prix ont même baissé. Il est également important de limiter la consommation de produits très transformés ou importés, souvent plus chers, et de cuisiner davantage à la maison.

Pour la connectivité, il est utile de combiner un abonnement fixe (même imparfait) avec plusieurs cartes SIM locales et des forfaits data raisonnables. Selon le besoin professionnel, certains négocient avec leur employeur la prise en charge d’options plus coûteuses (satellite, liaisons dédiées) lorsqu’un débit stable est vital.

140-200

Budget mensuel recommandé en dollars pour une assurance santé internationale incluant l’évacuation médicale pour un expatrié.

Pour la scolarité, les familles doivent intégrer dès le départ le coût d’une école internationale dans leurs discussions de package. Un salaire attractif peut être vidé de sens si l’employeur ne couvre pas une part substantielle de ces frais.

Enfin, dans les loisirs, le pays offre un avantage précieux : la nature. Randonnées, plongée, snorkeling, observation de la faune et de la flore, sorties en bateau peuvent composer un mode de vie riche avec des coûts plus raisonnables que les loisirs urbains sophistiqués. Les dépenses les plus importantes restent souvent les transports vers les sites les plus reculés, mais un usage malin des réseaux locaux et des saisons permet d’optimiser ces sorties.

Ce que signifient les chiffres pour un projet d’expatriation

Pris dans leur ensemble, les données sur Honiara et les îles Salomon dessinent un cadre très clair :

Attention :

Le pays n’est pas une destination bon marché pour un étranger recherchant un confort et des services internationaux. Les postes de dépenses comme le logement, la connectivité, la scolarité et la santé alourdissent considérablement le budget, bien au-delà des seuls prix alimentaires ou des transports locaux. L’écart important entre les revenus locaux et le coût de la vie explique pourquoi un expatrié ne peut généralement pas ‘vivre comme un local’ sans renoncer aux spécificités de son statut, notamment en matière d’éducation, de sécurité médicale et de logement protégé.

Pour un contrat d’expatriation classique, les chiffres montrent que :

Un célibataire devrait viser un package total (salaire + avantages) lui permettant de dégager au moins 2 000–2 500 $ par mois pour ses dépenses sur place, hors épargne.

Un couple sans enfant devrait tabler sur 2 400–3 000 $ mensuels de budget de vie locale.

– Une famille de quatre personnes devrait viser un budget mensuel effectif de 3 500–4 000 $ au minimum, en supposant que le logement et l’école soient partiellement ou entièrement pris en charge par l’employeur.

Bon à savoir :

Sans un niveau de ressources suffisant, le risque est de vivre dans une tension constante entre le coût de la vie et la qualité de vie. Cette situation fragilise à moyen terme tout projet d’installation.

À l’inverse, pour des expatriés correctement rémunérés, les îles Salomon peuvent offrir un équilibre particulier : un environnement naturel exceptionnel, un air pur, une vie moins dense et moins stressante, au prix d’une infrastructure limitée et d’un coût de confort bien plus élevé que ce que laisserait présager la carte des revenus.

Comprendre ces ordres de grandeur avant de partir, c’est se donner une chance de transformer une mission ou une installation aux îles Salomon en expérience vécue pleinement, plutôt qu’en succession de surprises budgétaires.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers Honiara, aux Îles Salomon, pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et garder un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations (Asie du Sud‑Est, Pacifique, Caraïbes), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon – Honiara, combinant fiscalité locale modérée, coût de la vie inférieur à la France, environnement en devise étrangère (dollar des Îles Salomon) et implantation dans une zone en croissance régionale. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions fiscales applicables), obtention du visa de long séjour, structuration de la résidence principale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, partenaires francophones/anglophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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