Guide complet pour s’installer au Togo en tant qu’expatrié

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Togo, c’est choisir un petit pays d’Afrique de l’Ouest au potentiel économique réel, à la culture chaleureuse et à la mer à portée de main. Mais c’est aussi accepter un environnement parfois difficile : infrastructures incomplètes, système de santé fragile, climat très humide, risques sécuritaires dans le nord, lenteur administrative. Ce guide rassemble, de façon pratique, les principaux éléments à connaître pour préparer une installation au Togo tant sur le plan administratif que du quotidien.

Comprendre le pays avant de partir

Avant d’envisager une expatriation, il est essentiel de situer clairement le Togo, son économie et son contexte politique, mais aussi le choc culturel qui attend la plupart des nouveaux arrivants.

Le pays est une mince bande de terre d’environ 57 000 km², coincée entre le Ghana, le Bénin et le Burkina Faso, avec un littoral de quelques dizaines de kilomètres sur le golfe de Guinée. La population tourne autour de 8 à 9 millions d’habitants, avec une forte concentration à Lomé, la capitale, dont l’aire urbaine dépasse largement le million d’habitants.

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L’agriculture représente environ 40 % du PIB du Togo.

Politiquement, le pays fonctionne officiellement comme une démocratie multipartite, mais reste marqué par une forte continuité du pouvoir au sommet, une opposition affaiblie et un ressentiment croissant d’une partie de la population. Ces tensions restent à surveiller, d’autant que des révisions constitutionnelles récentes et l’incertitude électorale entretiennent un climat politique parfois nerveux.

Un environnement sécuritaire contrasté

Pour un expatrié, la sécurité est à apprécier à deux niveaux. Globalement, le Togo est souvent perçu comme plus calme que certains voisins du Sahel, mais :

Attention :

La région des Savanes, au nord, est en état d’urgence face à la menace terroriste. Le golfe de Guinée connaît des actes de piraterie, bien que les eaux togolaises soient surveillées. À Lomé, une délinquance de rue (vols, agressions) est présente, notamment sur les plages et près des marchés.

La plupart des expatriés vivent néanmoins sans incident grave en adoptant des règles de prudence de base : déplacements limités la nuit, attention aux objets de valeur, vigilance dans les taxis et sur la plage, évitement des zones déconseillées au nord du pays.

Choc culturel et phases d’adaptation

Comme partout, l’expatriation au Togo suit souvent quatre grandes phases psychologiques :

Exemple :

L’adaptation culturelle au Togo suit souvent un parcours en quatre phases. La « lune de miel » initiale est marquée par l’enthousiasme pour la culture, la chaleur humaine, la vie près de l’océan, les marchés animés et la découverte de la cuisine locale (fufu, sauces épicées, fruits tropicaux). Vient ensuite la phase de négociation, où les difficultés comme la barrière linguistique (nécessité du français, rareté de l’anglais), les coupures de courant, la lenteur administrative, l’humidité permanente et le trafic désordonné génèrent de la lassitude et l’émergence de stéréotypes. La phase d’ajustement, après 6 à 12 mois, voit l’acquisition des codes sociaux, une meilleure maîtrise du français ou des langues locales, la constitution d’un réseau et l’apprentissage des démarches pratiques (courses, loyer, santé). Enfin, la phase d’acceptation transforme le Togo en un « chez soi » sans effacer le pays d’origine, conduisant à jongler entre deux univers avec une forme de nostalgie permanente, parfois qualifiée de « saudade ».

Les recherches sur l’adaptation des expatriés rappellent plusieurs bonnes pratiques : se renseigner activement avant de partir (histoire, coutumes, lois, systèmes de santé et d’éducation), apprendre au minimum les bases du français, se connecter à des communautés d’expats (InterNations, Expat.com, réseaux locaux), mais aussi à des Togolais à travers clubs, associations, sports ou bénévolat.

Démarches d’entrée, visas et séjour

L’une des erreurs fréquentes des nouveaux arrivants au Togo est de supposer qu’un visa peut s’obtenir à l’arrivée. Ce n’est plus le cas : le pays a basculé sur un système d’e‑visa obligatoire à demander avant le départ.

Types de visas et e‑visa

Plusieurs catégories existent : visa touristique, visa d’affaires, visa d’études, visa de travail. Pour la plupart des expatriés salariés, venir avec un visa d’affaires ou de travail est la voie logique, sachant que le permis de travail (work permit) est en principe pris en charge par l’employeur une fois sur place.

L’e‑visa se demande en ligne et nécessite :

Un passeport valable au moins six mois après la fin de séjour envisagée.

– Une photo d’identité récente sur fond clair.

Un justificatif d’hébergement (réservation d’hôtel, lettre d’invitation, bail).

– Un billet retour ou de continuation de voyage.

– Des preuves de moyens financiers.

Bon à savoir :

Les tarifs des visas dépendent de la durée et du nombre d’entrées. Par exemple : 25 000 XOF pour un visa touristique à entrée unique (15 jours), environ 45 000 XOF pour un multi-entrée (30 jours), et jusqu’à 65 000 XOF pour un multi-entrée (90 jours). Les délais de traitement sont généralement de 2 à 5 jours ouvrés, mais peuvent parfois atteindre une semaine. Des services privés payants proposent un traitement accéléré (« rush ») moyennant des frais supplémentaires.

Les citoyens de la CEDEAO (Ghana, Bénin, Sénégal, Nigeria, etc.) peuvent entrer sans visa pour de courts séjours avec simple carte d’identité ou passeport, mais doivent malgré tout remplir un formulaire de déclaration de voyage dans les 72 heures précédant le départ. Certains détenteurs de passeports diplomatiques ou de service (Chine, Russie, Afrique du Sud) bénéficient aussi d’exemptions.

Résidence et permis de travail

Une fois sur place, les séjours longs nécessitent un titre de séjour. On distingue généralement :

Astuce :

Pour séjourner légalement au Togo, deux principaux titres existent. Le titre de séjour temporaire, valable de 6 mois à 2 ans, nécessite un visa valide, un passeport, une adresse réelle sur place et, pour les salariés, un contrat de travail ou une attestation employeur. Le titre de séjour permanent est, quant à lui, réservé aux personnes résidant légalement depuis plusieurs années et pouvant justifier de revenus stables.

Les démarches se font auprès des services compétents du ministère de l’Intérieur (direction en charge de la documentation nationale). Il est vivement conseillé de lancer la demande de renouvellement au moins un mois avant l’expiration du visa ou du titre. Le dépassement de séjour expose à des amendes, voire à la détention ou à l’expulsion.

Exigences sanitaires d’entrée

Sur le plan sanitaire, une condition est non négociable : la vaccination contre la fièvre jaune, avec certificat international (« carte jaune ») valable, administrée au moins dix jours avant le voyage. Sans ce document, l’accès au territoire peut être refusé.

D’autres vaccins sont fortement recommandés : mise à jour DTP, poliomyélite, rougeole-oreillons-rubéole, hépatites A et B, typhoïde, méningite (le Togo se trouvant dans la « ceinture » africaine de la méningite), voire rage pour les séjours ruraux ou prolongés. Une prophylaxie antipaludique est également préconisée, la malaria étant endémique.

Vivre au quotidien à Lomé : logement, budget, transports

La plupart des expatriés s’installent à Lomé, en bord de mer, parfois à Kara au nord pour des missions spécifiques. Le coût de la vie y reste sensiblement plus bas que dans beaucoup de capitales africaines, mais il varie énormément selon le standing de logement, le style de vie et la consommation de services « internationaux » (santé privée, écoles étrangères, co‑working, loisirs type expatriés).

Coût de la vie : ordres de grandeur

Les différentes études donnent des fourchettes assez larges, mais convergentes. Pour un expatrié seul à Lomé :

Budget mensuel (loyer compris) : entre 700 et 1 200 USD selon le quartier et le mode de vie.

– Pour un couple ou une petite famille : entre 1 600 et 2 000 USD mensuels, l’essentiel de l’écart provenant du logement, de la scolarité et d’une assurance santé correcte.

Les données moyennes citées par plusieurs sources indiquent aussi :

Coût de vie mensuel pour un local : autour de 470 à 500 USD.

Coût pour un digital nomad : de 1 100 à 1 270 USD.

– La ville se situe dans le bas du classement mondial en termes de cherté, autour de la 6500e place sur plus de 9 000 villes évaluées.

Budgets Mensuels

Un aperçu des budgets mensuels recommandés pour différents postes de dépenses, exprimés en dollars.

Logement

Budget mensuel moyen pour le loyer ou l’hypothèque, incluant souvent les services publics de base.

Alimentation

Dépenses prévues pour les courses et les repas, que ce soit à domicile ou à l’extérieur.

Transport

Coûts associés aux déplacements : carburant, entretien du véhicule, transports en commun ou abonnements.

Loisirs & Sorties

Budget alloué aux activités de détente, restaurants, cinéma, abonnements culturels et loisirs.

Épargne & Investissements

Part du revenu mensuel systématiquement mise de côté pour les projets futurs ou la sécurité financière.

Santé & Assurances

Dépenses pour les soins médicaux, les médicaments et les primes d’assurance diverses.

ProfilFourchette basse (USD)Fourchette haute (USD)
Résident local469506
Expatrié seul7111 060
Digital nomad1 1171 274
Famille (4 personnes)1 6412 017

Ces montants incluent généralement le loyer. Ils restent indicatifs : un expatrié qui exige un appartement haut de gamme, climatisation permanente, sorties fréquentes et école internationale pour les enfants dépensera bien davantage.

Marché du logement à Lomé

Le logement est le poste qui fait le plus varier le budget. À Lomé, plusieurs options existent : location d’appartement nu ou meublé, villas avec jardin et parfois piscine, résidence sécurisée, hôtel long séjour, ou encore Airbnb.

Les données de marché donnent les ordres de grandeur suivants :

Type de logementLieuLoyer moyen mensuel (USD)Fourchette basse (USD)Fourchette haute (USD)
Appartement 1 chambre en centre-villeCentre de Lomé260 – 36040 – 123484 – 525
Appartement 1 chambre hors centrePériphérie100 – 22532324
Appartement 3 chambres en centre-villeCentre de Lomé455 – 760161 – 374968 – 1 070
Appartement 3 chambres hors centrePériphérie300 – 327194 – 212442 – 484
Airbnb (mois)Divers quartiers1 224 – 1 595
Hôtel (mois, tarif médian)Lomé599 – 646
Prix au m² à l’achat (centre)Centre de Lomé1 170 – 1 260726 – 7801 613 – 1 734
Prix au m² à l’achat (hors centre)Périphérie427 – 45948 – 52806 – 866

Dans la pratique, beaucoup d’expatriés ciblent des quartiers comme Adidogomé, Agoè, Djidjolé, Baguida, Avedji, voire des zones proches des ambassades ou de la plage, où l’on trouve :

Villas meublées avec 3 à 4 chambres, jardin, parfois piscine, autour de 500 000 à 1 000 000 XOF par mois.

Appartements meublés 2 ou 3 chambres entre 230 000 et 450 000 XOF.

Studios ou petites unités à partir d’environ 115 000 XOF.

Les plateformes comme Airbnb, Flatio ou African Land permettent de filtrer par quartier, budget et équipements, tandis que de nombreux biens sont proposés via des agences locales, des groupes Facebook ou le bouche-à-oreille.

Conseil pour la recherche de logement

Charges, internet et téléphonie

Aux loyers viennent s’ajouter les charges, souvent non comprises :

Électricité, eau, ordures pour un appartement de 85 m² : autour de 70 000 à 125 000 XOF par mois, soit 100 à 175 USD en moyenne.

Internet fixe illimité (50–60 Mbps annoncés) : entre 15 000 et 30 000 XOF, soit 45 à 65 USD par mois.

Forfait mobile incluant appels et au moins 10 Go de data : environ 12 500 XOF (20 à 22 USD).

En réalité, les débits effectifs sont souvent faibles (2 à 4 Mbps mesurés) et les coupures de courant fréquentes. Un invertisseur ou un petit groupe électrogène sont des investissements courants chez les expatriés qui travaillent à distance.

Se nourrir à Lomé

Manger au Togo peut coûter très peu si l’on consomme local, ou approcher les prix occidentaux dès qu’on privilégie les restaurants « internationaux » et les produits importés.

Quelques repères en ville :

Produit / ServicePrix moyen en XOFPrix moyen en USD (approx.)
Repas simple au restaurant local1 200 XOF2 – 2,5
Menu pour 2 dans un resto de gamme moyenne18 000 XOF29 – 31
Menu « fast-food » type combo3 000 XOF5 – 6
Bière pression locale (0,5 L)500 – 1 000 XOF0,8 – 1,6
Cappuccino≈ 3 300 XOF3,5 – 5,5
Bouteille d’eau 1,5 L (épicerie)≈ 500 XOF0,8 – 0,9

Sur le marché :

Produit (1 kg sauf mention)Prix moyen (USD)
Riz1,5 – 1,8
Pain (500 g)0,9 – 1,3
Œufs (12)1,7 – 2
Poulet6,5 – 8,6
Bœuf6 – 9
Pommes2,6 – 2,7
Bananes1,4 – 2
Oranges≈ 2,6 – 3
Lait (1 L)2 – 2,4
Bière locale (bouteille 0,5 L)1 – 1,4
Bouteille de vin « milieu de gamme »≈ 4,5

L’eau du robinet n’est pas potable : il faut prévoir un budget pour l’eau en bouteille ou un système de filtration. Les questions d’hygiène alimentaire (condition de conservation, chaîne du froid) sont un point d’attention, surtout en saison chaude.

Se déplacer : taxis, mototaxis et voiture personnelle

À Lomé, transports en commun organisés et ponctuels n’existent pas vraiment. La mobilité repose essentiellement sur :

Les taxis collectifs (voitures, parfois vieillissantes) qui suivent des itinéraires plus ou moins fixes. Un trajet simple coûte autour de 200 XOF (0,3–0,5 USD), mais il faut clarifier le prix avant de monter.

– Les mototaxis, omniprésents, souvent rapides mais risqués, surtout sans casque et de nuit.

La voiture personnelle ou de fonction, recommandée pour les expatriés qui doivent se déplacer souvent, surtout en dehors de Lomé.

Quelques chiffres utiles :

ÉlémentPrix moyen
Ticket de transport local200 XOF (≈ 0,3–0,6 USD)
Abonnement mensuel (rare)30 000 XOF (≈ 48–52 USD)
Essence (1 L)≈ 1,05 – 1,20 USD
Toyota Corolla neuve≈ 23 600 – 25 900 USD
VW Golf neuve≈ 12 900 – 13 900 USD

Les routes principales autour de Lomé et sur l’axe nord-sud sont asphaltées, mais la conduite est sportive : dépassements hasardeux, feux parfois ignorés, présence de piétons et animaux sur la chaussée. La nuit, les déplacements interurbains sont à éviter, en raison des risques de banditisme, de véhicules mal éclairés et de chaussées dégradées.

Les checkpoints policiers sont fréquents. On s’en sort mieux en restant calme, en allumant la lumière intérieure, en présentant spontanément papiers d’identité, permis et documents du véhicule.

Travailler, entreprendre et gérer son argent

Lomé est à la fois un hub logistique pour toute la région et un marché relativement petit. Les opportunités pour expatriés existent surtout dans les secteurs structurés (banque, télécoms, énergie, logistique, ONG, coopération internationale) et dans les niches entrepreneuriales.

Climat des affaires et secteurs porteurs

Les institutions financières internationales soulignent que le Togo figure parmi les meilleurs réformateurs africains pour la facilité de créer une entreprise. Le gouvernement mise, via sa feuille de route 2021‑2025, sur trois axes : transformer l’économie, développer les infrastructures et faire du pays un pôle financier, logistique et touristique.

Les secteurs en vue :

Agriculture et agro‑industrie : coton, cacao, café, anacarde, huile de palme, transformation alimentaire, intrants (engrais, bio‑intrants).

– Mines : phosphate (4e réserve mondiale), ciment, matériaux de construction.

– Logistique et services portuaires : le port en eau profonde de Lomé est un avantage stratégique majeur.

– Énergie et environnement : mini‑réseaux solaires, modernisation de la production, ciment bas carbone (un grand groupe comme Heidelberg y investit massivement).

– Tourisme et hôtellerie : plage, écotourisme, circuits café/cacao, lac et lagunes, même si le secteur reste encore peu développé.

– Technologies : petit écosystème de startups (agritech, services numériques, santé digitale, solaire…) en croissance.

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Nombre d’années d’exonération de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises agréées en zone franche industrielle.

Idées de petits business et freelancing

Pour les expatriés indépendants, le marché togolais peut sembler limité, mais il est possible de combiner clientèle locale et internationale. Parmi les activités viables :

Services à la communauté expat (coaching, conseil en relocalisation, gestion locative, traduction).

Prestations en ligne pour des clients étrangers : développement web et logiciel, montage vidéo, marketing digital, rédaction, SEO, assistance virtuelle.

– Commerce et restauration à petite échelle : food truck, snack « fusion » local‑international, boutique de produits importés niche.

– Services à forte valeur ajoutée pour les entreprises locales : formation, conformité, communication digitale, optimisation de processus.

Des listes d’idées rentables compilées à partir d’expériences internationales mentionnent notamment la coiffure, les agences de voyages, la photographie mobile, le dropshipping, les plateformes de freelances, les applis de fidélisation, ou encore de petits ateliers de réparation.

Système bancaire et gestion financière

Pour vivre au Togo, il est fortement conseillé d’ouvrir un compte bancaire local, ne serait‑ce que pour recevoir un salaire local, régler un loyer, payer des fournisseurs. Les étrangers sont autorisés à le faire, à condition de présenter :

100000

Le dépôt initial requis pour ouvrir un compte bancaire peut aller jusqu’à 100 000 XOF, selon la banque et le statut du client.

Les principaux acteurs incluent : Ecobank Togo, Union Togolaise de Banque, Coris Bank International Togo, Banque Atlantique, IB Bank, mais aussi des réseaux panafricains comme Bank of Africa. Des comptes courants, comptes épargne, comptes rémunérés « hybrides », ainsi que des produits pour la jeunesse ou les associations sont proposés.

Quelques points pratiques :

– Les distributeurs automatiques sont surtout concentrés à Lomé et dans quelques grandes villes, avec une prédominance de cartes Visa, la Mastercard progressant.

– La société reste très cash, surtout en dehors des hôtels, supermarchés et grandes enseignes. Avoir en permanence du liquide est indispensable.

– Le franc CFA (XOF) est indexé sur l’euro, avec un taux indicatif d’environ 1 000 XOF pour 1,65 à 1,78 USD selon les sources et le moment.

– Les transferts internationaux peuvent se faire via SWIFT, mais les services type Wise sont souvent moins coûteux et plus rapides.

Pour les entrepreneurs étrangers, les exigences d’ouverture de compte société sont plus lourdes (statuts, registre de commerce, NIF, liste de mandataires, capital minimum, etc.) et peuvent justifier l’assistance d’un cabinet spécialisé ou d’un service de conseil.

Santé et couverture médicale

Le système de santé togolais reste l’un des points les plus sensibles pour un expatrié. Se reposer uniquement sur l’offre publique locale serait imprudent pour qui est habitué aux standards européens ou nord‑américains.

Organisation du système de santé

Le secteur combine :

Des structures publiques : hôpitaux universitaires (comme le CHU Sylvanus Olympio à Lomé), hôpitaux régionaux, hôpitaux de district, centres de santé et dispensaires.

Un secteur privé : cliniques et polycliniques souvent mieux équipées, avec délais plus courts, mais plus chères.

– Des structures confessionnelles ou ONG, surtout en zone rurale.

Au total, on compte plus de 200 structures médicales, mais la densité de lits (environ 7 lits pour 10 000 habitants) et de soignants (3 professionnels de santé pour 10 000 habitants) reste très insuffisante. Les écarts entre ville et campagne sont considérables : Lomé concentre l’essentiel des spécialistes et des services avancés.

Bon à savoir :

Pour les expatriés à Abidjan, plusieurs cliniques privées sont des références pour la médecine générale, la maternité, la chirurgie de base et les examens. Il s’agit notamment de la Clinique Biasa, la Clinique du Golfe, la Polyclinique Saint Joseph, l’Hôpital CNSS et la Polyclinique de l’Atlantique.

Couverture santé : assurance locale et internationale

Seule une petite minorité de la population est couverte par une assurance maladie. Les dispositifs publics (CNSS pour les salariés du formel, INAM, et désormais un régime de couverture universelle en cours de déploiement) n’incluent pas spontanément les expatriés, à moins d’être employés localement.

Les dépenses de santé sont, pour plus de la moitié de la population, payées directement de leur poche. Pour un expatrié, la logique est différente : il est fortement recommandé de souscrire, avant le départ, une assurance santé internationale ou à défaut une bonne mutuelle locale complétée par un contrat d’évacuation.

Les contrats internationaux (MSH, AXA Global, April International, GeoBlue, etc., via des brokers spécialisés) peuvent couvrir :

Consultations et hospitalisations en privé.

Actes chirurgicaux.

Médicaments.

Maternité (sous conditions).

Évacuation médicale vers un pays mieux équipé (Ghana, Europe, etc.).

20000-30000

Coût en dollars d’une chirurgie cardiaque en Amérique du Nord, contre plus de 100 000 USD aux États‑Unis.

Principaux risques sanitaires

Le Togo combine les risques classiques des tropiques et ceux de pays à ressources limitées :

Paludisme (malaria) endémique : prophylaxie, moustiquaires, répulsifs (DEET), vêtements couvrants le soir sont essentiels.

Maladies entériques : typhoïde, choléra, diarrhées infectieuses, liées à une eau ou des aliments contaminés. Il faut éviter l’eau du robinet non bouillie ou non filtrée, les glaçons, certains aliments crus.

– Arboviroses : dengue, chikungunya.

– Fièvre jaune : vaccin obligatoire mais la circulation virale existe.

– Infections respiratoires et tuberculose (incidence très élevée, nombreux cas non diagnostiqués).

– VIH/Sida touchant environ 3 % des adultes.

– Rage, méningite, maladies parasitaires diverses (onchocercose, schistosomiase…).

Le climat chaud et humide, avec des températures ressenties pouvant atteindre 40 °C et un taux d’humidité souvent supérieur à 80 %, fatigue rapidement. L’hydratation, la protection solaire (UVI souvent très élevé) et la climatisation (lorsqu’elle est disponible) sont à surveiller.

Scolariser ses enfants

Pour les familles, la question de l’éducation est déterminante. Le système public togolais s’inspire du modèle français, mais les ressources sont limitées.

Éducation locale

La scolarité primaire est officiellement gratuite et obligatoire depuis la suppression des frais en 2008 avec l’appui de l’UNICEF. Le taux brut de scolarisation au primaire avoisine 90 %, mais l’accès au secondaire s’effondre (taux de 23 % au début des années 2000, et seulement une petite fraction des adolescents effectivement scolarisés).

Les freins sont multiples : coût réel (frais annexes, fournitures), qualité parfois insuffisante, inégalités géographiques, travail des enfants, mariages précoces pour les filles. À peine 4 % des jeunes en âge de fréquenter le secondaire étaient scolarisés dans certaines estimations récentes.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, sauf cas particuliers, l’école publique n’est généralement pas l’option privilégiée. Elle peut toutefois convenir pour une immersion volontaire en français à faible coût.

Les écoles internationales à Lomé

Lomé accueille plusieurs établissements internationaux, qui permettent une continuité pédagogique proche des systèmes anglo‑saxon ou français, avec souvent des cursus IB (International Baccalaureate). Les principaux :

Écoles internationales à Lomé

Présentation des principales écoles internationales de la capitale togolaise, offrant des cursus américain, britannique, bilingue et français.

American International School of Lomé (AISL)

École privée non lucrative fondée en 1967. Programme américain de la maternelle (2 ans) à la terminale. Accréditée MSA. Environ 70 élèves.

British School of Lomé (BSL)

Cursus Cambridge (IGCSE) puis Baccalauréat International (16-19 ans). Plus de 270 élèves et 40 nationalités. Internat possible. Résultats académiques solides pour l’accès aux universités étrangères.

École Internationale Arc‑en‑Ciel

École bilingue français/anglais de la maternelle au lycée. Programme du Baccalauréat International (IB). Internat disponible. Frais annuels : ~1,725M à 4M+ XOF.

Lycée Français de Lomé & École Charles de Gaulle

Réseau AEFE. Suit strictement les programmes officiels français, de la maternelle au baccalauréat. Nombreuses activités périscolaires en français et en anglais.

À côté de ces acteurs majeurs, des écoles bilingues comme Sares International Bilingual School proposent des cursus jusqu’à la 8e année, avec un accent sur les activités extra‑scolaires (sports, arts, danse, etc.).

Les frais de scolarité dans ces établissements représentent un poste budgétaire majeur pour une famille expatriée. Il est prudent de négocier, lorsque c’est possible, une prise en charge totale ou partielle par l’employeur dans le package d’expatriation.

Intégration sociale, culture et réseaux

L’un des atouts du Togo est la chaleur de sa population. Les salutations sont essentielles : ne pas dire bonjour est perçu comme très impoli, et certaines règles de politesse traditionnelle (éviter la main gauche pour donner ou manger, respect envers les aînés) demeurent importantes.

Langue et communication

Le français est la langue officielle et de travail. Dans le sud, l’éwé et le mina sont omniprésents dans la vie quotidienne, tandis que le nord utilise davantage le kabiyè ou le dagomba. La maîtrise d’un français opérationnel est pratiquement indispensable pour mener à bien démarches, négociations, vie sociale. L’anglais est peu parlé (estimations autour de 1 % de locuteurs).

Les codes de communication sont marqués par : la clarté, la concision, le contexte, la culture, et les conventions.

Exemple :

La communication professionnelle au Japon se caractérise par un mélange de franchise et d’évitement de la confrontation directe, en particulier envers les supérieurs. Une grande importance est accordée à la communication non verbale, incluant les gestes, les expressions faciales et le ton de la voix. Pour les affaires sérieuses, la préférence va au face-à-face, les emails et appels téléphoniques étant considérés comme utiles mais rarement suffisants sans rencontres physiques préalables.

Vie sociale et réseaux d’expatriés

Les réseaux d’expatriés peuvent énormément faciliter l’installation et l’accès aux bonnes adresses (médecins, logements, écoles, artisans fiables). Parmi les ressources utiles :

InterNations Togo (communauté Lomé) : propose rencontres, événements (dîners thématiques, sorties plage, etc.), forums d’échange sur visas, santé, logement.

Expat.com : profils d’expatriés, forums de questions/réponses, petites annonces.

Wooh App : application conçue pour créer des rencontres réelles à Lomé, basée sur les centres d’intérêt plus que sur l’apparence, avec l’objectif de rencontrer une nouvelle personne par semaine.

– Paguro, Expatriate Connection, divers blogs d’expats : témoignages, conseils pratiques, soutien émotionnel.

Bon à savoir :

Le Togo a mis en place plusieurs dispositifs pour renforcer les liens avec ses ressortissants à l’étranger, notamment une Maison de la Diaspora, un Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur, un guichet dédié, ainsi que des projets d’incubateurs et des fonds d’investissement spécifiques. Ces initiatives peuvent présenter un intérêt particulier pour les personnes binaires ou binationales.

Intégration et différences de valeurs

Les études sur l’intégration des expatriés distinguent plusieurs niveaux : économique (emploi, revenus), social (réseau local), culturel (compréhension des codes) et émotionnel (attachement profond au pays d’accueil). Le Togo, avec sa tradition d’hospitalité, facilite souvent les premiers niveaux, mais certains aspects peuvent être délicats :

Place de la religion et des croyances traditionnelles.

Rapport au temps et à la ponctualité.

Rôle des hiérarchies et des aînés.

Normes en matière de genre et de sexualité (homosexualité criminalisée, situation des femmes complexe).

Les personnes LGBTQ+ sont confrontées à un cadre légal et social hostile, ce qui rend l’expatriation compliquée et potentiellement dangereuse. Les femmes peuvent trouver le pays peu « friendly » en matière de sécurité individuelle, particulièrement la nuit ou dans certains contextes.

Aspects juridiques et sécurité personnelle

Comprendre les règles locales est crucial pour éviter les ennuis.

Points de droit à connaître

Relations homosexuelles : pénalisées par la loi, avec peines de prison possibles. Discrétion totale est de mise si l’on appartient à la communauté LGBTQ+.

– Drogues : détention, usage ou trafic de stupéfiants (marijuana, cocaïne, etc.) sont sévèrement punis.

– Pornographie : possession, production ou diffusion sont illégales.

– Photos : interdit de photographier installations militaires, certains bâtiments officiels et les infrastructures sensibles (aéroports compris).

Propriété foncière : très encadrée pour les étrangers. En principe réservée aux Togolais, aux Français (héritage de conventions anciennes), aux États étrangers ou à ceux ayant obtenu un statut spécial. Pour les autres, l’autorisation du Premier ministre est requise, en pratique surtout accessible aux investisseurs.

Attention :

Des affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre ont déjà eu lieu dans certaines villes de l’intérieur (Sokodé, Bafilo, Mango). À Lomé, il est recommandé de suivre l’actualité politique et d’éviter systématiquement tout rassemblement.

Criminalité courante

Les faits divers relevés mettent en avant : les enjeux sociaux et les défis contemporains.

Vols à l’arraché, agressions de nuit, notamment sur la plage et dans certains quartiers.

Cambriolages de domiciles et de commerces.

Car‑jackings parfois mis en scène via de faux accidents.

Escroqueries (emails de détresse, fausses opportunités d’affaires, arnaques sentimentales, « frais avancés » type 419).

La meilleure protection reste une combinaison de mesures simples : logement bien sécurisé, usage de taxis identifiés, limitation des déplacements nocturnes, copie des documents importants, méfiance face aux propositions trop alléchantes.

Climat, environnement et qualité de vie

Vivre au Togo, c’est vivre au chaud toute l’année. À Lomé, les températures diurnes varient globalement entre 27 et 32 °C, mais le ressenti peut grimper au‑delà de 40 °C en raison de l’humidité. L’air est souvent qualifié de « collant », la sueur permanente n’ayant rien d’exceptionnel.

Les pluies se concentrent d’avril à novembre, avec des pics de précipitations pouvant dépasser les 150 mm par mois. Des épisodes d’inondations surviennent régulièrement, affectant routes et quartiers peu drainés.

Attention :

Bien que la qualité de l’air soit généralement jugée ‘modérée’, elle se dégrade significativement pendant la saison de l’harmattan, de décembre à mars. Cette détérioration est causée par l’arrivée de poussières en provenance du Sahara et par la fumée des feux de brousse, qui saturent l’atmosphère.

La vie à Lomé reste toutefois perçue comme relativement agréable pour qui apprécie le climat tropical : plage accessible, ville plutôt étalée et moins congestionnée que d’autres capitales ouest‑africaines, peu de fumée de tabac et de consommation excessive d’alcool en comparaison d’autres contextes. En revanche, l’offre de loisirs culturels ou nocturnes est limitée, et les espaces de co‑working ou cafés « pour travailler » restent rares et parfois chers.

Faut‑il s’expatrier au Togo ?

S’installer au Togo en tant qu’expatrié n’est ni un paradis tropical ni une mission impossible. Le pays combine :

De réels atouts économiques (croissance stable, port stratégique, réformes pro‑business).

– Une population souvent accueillante, un coût de vie modéré, un climat chaud permanent.

– Mais aussi des défis sérieux : sécurité dégradée au nord, système de santé fragile, éducation locale limitée, infrastructures parfois défaillantes, climat extrêmement humide, faiblesse des droits LGBTQ+, place du cash et lenteur administrative.

Pour que l’expérience soit réussie, il est déterminant de :

Astuce :

Pour une expatriation réussie au Togo, il est crucial de bien préparer les démarches administratives (visa, titre de séjour, permis de travail, vaccination contre la fièvre jaune). Il est recommandé de négocier un package de départ incluant le logement, une assurance santé internationale et, pour les familles, la prise en charge des frais scolaires. Sur place, il faut accepter une certaine part d’improvisation et un rythme parfois plus lent. Investir dans l’apprentissage du français et la compréhension des codes culturels togolais facilite l’intégration. Enfin, s’appuyer sur des réseaux (expatriés, collègues, voisins, communautés associatives) est essentiel pour rompre l’isolement.

Pour ceux qui viennent avec un projet clair – professionnel, entrepreneurial ou solidaire – et une bonne préparation, le Togo peut offrir une expatriation intense, parfois rude, mais profondément enrichissante.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale vers le Togo pour réduire sa charge imposable, diversifier ses investissements en Afrique de l’Ouest et conserver un lien fort avec la France. Budget : 10 000 euros pour un accompagnement global (conseil fiscal, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Togo, Sénégal, Maroc, Île Maurice), la stratégie retenue vise le Togo, combinant fiscalité modérée, coût de vie très bas à Lomé, stabilité relative et accès à un marché régional (UEMOA). La mission couvre : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention du titre de séjour et acquisition d’une résidence principale, détachement CNAREFE/CPAM, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone (avocat, fiscaliste, agent immobilier) et structuration patrimoniale intégrant de possibles investissements immobiliers locatifs à Lomé et l’optimisation de la transmission.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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