S’installer à l’étranger, ce n’est pas seulement choisir un pays, c’est choisir une ville… et, plus finement encore, un quartier. En Equateur, où le coût de la vie reste nettement inférieur à celui de l’Amérique du Nord ou de l’Europe, cette question est cruciale : selon que l’on vise une retraite paisible, une vie de digital nomad, un emploi en ville ou un quotidien les pieds dans le sable, les quartiers recommandés changent complètement.
Les étrangers s’installent principalement dans les grandes villes andines (Quito, Cuenca), les villes de taille moyenne (Loja), les bourgs de montagne (Cotacachi, Vilcabamba) et sur la côte pacifique (Manta, Salinas, Montañita, Puerto López). Dans chaque lieu, certains quartiers sont particulièrement prisés et reviennent souvent dans les discussions entre expatriés.
Cet article propose un tour d’horizon détaillé des quartiers les plus prisés par les expatriés en Equateur, en expliquant pour chacun le profil des habitants, le type de logement, l’ambiance de rue, les coûts moyens et les atouts pratiques (santé, transports, services).
Comprendre le contexte : pourquoi ces quartiers attirent autant
L’Equateur se classe régulièrement parmi les dix meilleures destinations mondiales pour la retraite. L’un des gros arguments reste le coût de la vie : un couple peut vivre confortablement avec moins de 23 000 dollars par an, soit environ 1 900 dollars par mois, logement, santé, sorties et même aide ménagère incluses dans des villes comme Cuenca. Les utilités sont modestes, les transports publics très abordables, la santé publique ou privée reste à une fraction du prix nord-américain, et beaucoup de retraités bénéficient de réductions (transport, spectacles, parfois services publics).
La monnaie officielle est le dollar américain. Le climat varie principalement avec l’altitude (printanier dans les Andes, chaud et humide sur la côte ou en Amazonie). Bien qu’accueillant, le pays connaît des tensions sécuritaires liées au trafic de drogue sur le littoral, rendant essentiel le choix du quartier, la consultation de résidents locaux et la vérification de la situation avant de s’engager.
Enfin, le paysage des visas s’est professionnalisé et complexifié. Beaucoup d’expatriés ont recours à des cabinets spécialisés comme EcuaPass, EcuaAssist ou « Ecuador Visas with Attorney Sara Chaca » pour naviguer entre visa Retraité, Investisseur, Professionnel, Rentista ou Nomade numérique. Le niveau de revenu exigé tourne autour de trois salaires de base pour un retraité, et la résidence temporaire est en général la première étape avant la résidence permanente.
Ces quartiers se distinguent en combinant plusieurs atouts essentiels : un coût de la vie raisonnable, la présence de services, un bon réseau social et une ambiance de vie agréable.
Cuenca : la capitale officieuse des retraités étrangers
Cuenca est souvent décrite comme la « ville de l’éternel printemps » et, pour beaucoup de Nord-Américains ou d’Européens, c’est la porte d’entrée en Equateur. La ville elle-même est un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, renommé pour ses églises coloniales, ses toits de tuiles rouges, ses marchés animés et ses rivières qui traversent la ville. On parle d’une population métropolitaine autour de 600 000 habitants, dont 8 000 à 10 000 expatriés, majoritairement anglophones.
La vie quotidienne y est nettement moins chère qu’à Quito : le coût de la vie, hors loyer, est estimé à environ 11 à 12 % de moins, et la restauration environ 14 % moins chère. On peut louer un bel appartement moderne avec vue sur les montagnes pour 500 à 800 dollars par mois, et un couple retire souvent tout son budget (logement, nourriture, sorties, assurance santé publique, même une voiture) pour environ 1 800 à 2 000 dollars. Pas étonnant que certains guident parlent de Cuenca comme du « hub » principal des retraités en Equateur.
El Centro (le centre historique)
Le centre historique, El Centro, concentre les cartes postales : cathédrales, places, ruelles pavées, marchés colorés. Pour un expatrié, vivre ici, c’est être au cœur de la vie culturelle : cafés, petites galeries d’art, concerts, fêtes religieuses, manifestations publiques.
Les bâtiments sont anciens et il peut être difficile de trouver un appartement moderne, bien isolé et silencieux. De nombreux logements donnent sur des rues animées et bruyantes, avec un trafic de bus concentrant la pollution au diesel. Les expatriés choisissent souvent ce quartier pour quelques années, appréciant la vie très animée et la possibilité de tout faire à pied, avant de chercher un cadre plus calme dans les quartiers périphériques.
On trouve néanmoins dans El Centro une offre d’appartements rénovés, souvent dans des immeubles anciens transformés en résidences modernes, à partir de 350 à 700 dollars selon la taille, l’état et le niveau d’ameublement.
Avenida Ordoñez Lasso, « Gringolandia »
Le surnom dit tout : cette grande artère, bordée de tours résidentielles modernes, concentre une très forte proportion d’expatriés. On y trouve des immeubles de moyenne à grande hauteur, avec portier, ascenseur, parfois salle de sport, et des appartements souvent lumineux, avec de grandes baies vitrées.
Ce coin offre un compromis apprécié : infrastructures modernes, accès facile au centre en taxi ou en bus, présence de commerces et services, et surtout un fort réseau d’expatriés déjà installés. D’où ce surnom de « Gringolandia ». Les prix s’étalent typiquement entre 500 et 800 dollars pour un deux pièces bien placé, et jusqu’à 700 dollars pour un trois pièces confortable.
Ceux qui apprécient un environnement où l’anglais se parle fréquemment, où les commerces sont déjà habitués à la clientèle étrangère et où les voisins sont souvent à la même étape de vie (retraite, télétravail, etc.) s’y sentent rapidement chez eux.
Puertas del Sol : calme, verdure et familles
Juste au sud d’Ordoñez Lasso, Puertas del Sol marque un léger changement d’ambiance. On quitte la grande avenue pour un quartier plus résidentiel, composé de condos modernes, mais aussi de maisons plus anciennes, alignées le long de la rivière Tomebamba. Beaucoup de familles équatoriennes aisées s’y installent, et les expatriés y trouvent une atmosphère plus paisible.
Les principaux atouts sont la proximité immédiate d’un grand parc au bord de la rivière, des rues relativement calmes et une impression de quartier « habité » toute l’année. Il est moins marqué par le flux des arrivées et départs de courte durée que certains secteurs plus touristiques.
Les loyers restent raisonnables par rapport à la qualité : un couple expatrié a par exemple loué une grande maison sur trois niveaux dans un lotissement sécurisé pour 600 dollars par mois, eau et électricité incluses. L’offre condo, elle, se situe dans des gammes similaires à Ordoñez Lasso.
El Vergel : central, pratique, très recherché
El Vergel est souvent cité comme l’un des quartiers les plus pratiques pour un quotidien urbain sans voiture. On y trouve une bonne densité de restaurants, boutiques, services médicaux, supermarchés et hôpitaux, tout en restant à distance de marche d’El Centro sans subir son agitation permanente.
Pour beaucoup d’expatriés, c’est le quartier idéal pour « poser ses valises » après une période de test dans un Airbnb. Les logements vont du petit appartement meublé à la résidence haut de gamme avec terrasse, et les loyers varient fortement selon l’état du bien. Une fourchette classique pour un deux pièces moderne, bien situé : 500 à 750 dollars, parfois tout inclus (internet, charges de copropriété, voire même électricité).
Yanuncay et Primero de Mayo : résidentiel et familial
Plus au sud, le long du fleuve Yanuncay, des quartiers comme Yanuncay et Primero de Mayo séduisent particulièrement les familles. On y trouve des rues plus larges, moins de trafic, des parcs et un accès relativement aisé à un grand centre commercial. C’est le genre d’endroit où les enfants peuvent jouer plus facilement dehors, où l’on croise des joggeurs le long des berges et où les animaux de compagnie sont monnaie courante.
C’est le prix mensuel en dollars pour un deux-pièces meublé dans cette zone, illustrant l’attractivité des loyers.
San Joaquín et Challuabamba : campagne chic, à dix minutes de la ville
Pour les expatriés qui veulent l’air de la campagne sans renoncer complètement aux services urbains, San Joaquín (en altitude, plus frais et plus humide) et Challuabamba (plus bas, plus ensoleillé et plus chaud) offrent des options intéressantes.
San Joaquín donne l’impression d’un village rural à dix minutes de taxi des commodités de Cuenca. On y trouve de grandes maisons avec terrain, vues imprenables sur la vallée, et une tranquillité très appréciée. Challuabamba, plus en aval, propose un microclimat plus doux, recherché par ceux qui ont du mal avec les nuits fraîches de Cuenca centre.
Côté budget, louer une maison avec terrain peut rester étonnamment abordable par rapport aux standards nord-américains, même si l’on dépasse fréquemment les 600 dollars pour ce type de bien en bon état.
Aperçu comparatif des quartiers clés de Cuenca
| Quartier | Ambiance principale | Profil d’expats dominant | Loyer typique (2–3 pièces) | Points forts majeurs |
|---|---|---|---|---|
| El Centro | Historique, animé, touristique | Mélange, plutôt urbains | 350–700 $ | Architecture coloniale, tout à pied |
| Ordoñez Lasso | Tours modernes, urbain | Forte concentration d’anglophones | 500–800 $ | Confort moderne, « Gringolandia » |
| Puertas del Sol | Résidentiel, riverain, calme | Familles aisées, retraités | 500–700 $ (appart), ~600 $ (maison) | Parc au bord de la rivière, sécurité |
| El Vergel | Central, pratique | Retraités, pros, nomades | 500–750 $ | Commerces, soins, proximité du centre |
| Yanuncay / 1ro de Mayo | Familial, parcs, résidentiel | Familles, télétravailleurs | 350–700 $ | Calme, proximité d’un mall, parcs |
| San Joaquín | Semi-rural, très calme | Retraités, éco-sensibles | >600 $ (maison) | Vue, campagne, à 10–15 min de la ville |
| Challuabamba | Périurbain, plus chaud | Familles, classe moyenne | >600 $ (maison) | Microclimat plus ensoleillé, maisons spacieuses |
Quito : la capitale aux quartiers contrastés
Quito est la deuxième plus haute capitale du monde, perchée à environ 2 850 mètres, avec plus de deux millions d’habitants. C’est aussi un puissant aimant pour les expatriés qui cherchent un grand marché de l’emploi, un environnement culturel riche et un hub aérien pratique. La ville est immense, étirée le long d’une vallée andine, et les quartiers varient radicalement d’une colline à l’autre.
Les expatriés représentent une part significative de la population – jusqu’à 20 % selon certaines estimations incluant les migrants régionaux – et on y trouve une communauté internationale très diversifiée : coopérants, diplomates, professeurs, entrepreneurs et nomades du numérique.
Le coût de la vie reste inférieur à celui de nombreuses grandes villes occidentales, mais plus élevé que dans des villes andines secondaires : un couple doit plutôt prévoir entre 2 000 et 2 500 dollars par mois, surtout dans les quartiers haut de gamme. La sécurité varie beaucoup selon les zones, ce qui explique la popularité de quelques quartiers bien spécifiques.
La Mariscal : le cœur touristique et festif
La Mariscal est connue comme le centre névralgique de la vie nocturne de Quito. Autour de la Plaza Foch, on trouve bars, restaurants, boîtes de nuit, auberges, écoles de langue, agences de voyage et de nombreuses options d’hébergement courte durée (Airbnb, hôtels, hostales).
Pour un expatrié, c’est le quartier typique de l’arrivée : pratique, connecté, facile pour rencontrer du monde (y compris lors d’échanges linguistiques ou d’événements d’expats). Les loyers pour un studio ou un petit une pièce meublé se situent souvent entre 300 et 600 dollars par mois.
La vie nocturne peut être bruyante et la petite délinquance (pickpockets, opportunistes) reste à surveiller, particulièrement en soirée. Les personnes recherchant un cadre familial ou plus tranquille ont tendance à déménager vers des zones plus résidentielles après quelques mois.
La Floresta : bohème, créative et conviviale
La Floresta est un quartier très en vue parmi les expatriés amateurs de culture et de vie de quartier. On y trouve des cinémas indépendants, des galeries, des bars à concerts, des cafés qui font aussi espace de coworking, ainsi qu’une programmation régulière de marchés d’artisans et d’événements culturels.
Ce quartier boho-chic reste central tout en étant nettement plus calme que La Mariscal, avec un fort sentiment de communauté. Les logements vont d’appartements modernes à de grandes maisons néocoloniales. Le loyer moyen pour un studio ou un petit deux pièces meublé tourne autour de 400 à 700 dollars. Pour un deux chambres meublé, les annonces se situent souvent entre 450 et 650 dollars.
La Floresta attire beaucoup de digital nomads, de jeunes couples et de familles qui apprécient pouvoir aller à pied au café du coin, au marché bio ou au cinéma d’art et d’essai.
La Carolina, Iñaquito et El Batán : centre moderne et parc géant
Autour du grand parc La Carolina se déploie un Quito très contemporain : bureaux de multinationales, banques, ambassades, centres commerciaux (Quicentro, Megamaxi, Supercines), résidences neuves et cafés branchés. Le secteur d’Iñaquito, en particulier, est considéré comme le centre financier de la ville, très sûr et très cosmopolite.
Les expatriés bénéficient à La Carolina d’une qualité de vie urbaine comparable aux standards nord-américains, avec des immeubles récents, une sécurité 24h/24, des parkings souterrains et un accès rapide au métro et aux bus. Les loyers en sont impactés, un deux pièces près du parc pouvant coûter entre 650 et 900 dollars, particulièrement dans les constructions neuves. Le quartier voisin d’El Batán offre, quant à lui, une ambiance plus résidentielle tout en restant proche de La Carolina.
Pour les familles, la présence du parc (terrains de sport, aires de jeux, jogging, vélo) et la proximité d’écoles privées constituent un atout majeur. Pour les télétravailleurs, l’accessibilité des cafés, des coworkings et des transports est également déterminante.
Gonzales Suárez : chic avec vue
Sur les hauteurs du nord de Quito, la zone de Gonzales (ou González) Suárez aligne des immeubles de standing avec vues panoramiques sur la ville et la vallée. Le quartier est réputé pour sa tranquillité, sa sécurité relative et ses logements haut de gamme. C’est un choix fréquent pour les expatriés professionnels et les retraités au budget confortable.
On y trouve des appartements spacieux, souvent avec balcons, grandes baies vitrées et services intégrés (conciergerie, salle de sport, sécurité). Un studio ou un petit une pièce se négocie plutôt entre 500 et 800 dollars, et les grands appartements montent largement au-dessus. L’absence de lignes de bus importantes amène un air plus propre, mais oblige souvent à recourir aux taxis et VTC pour les courses quotidiennes.
Cumbayá et Tumbaco : la banlieue verte et ensoleillée
De plus en plus d’expatriés quittent la vallée principale de Quito pour s’installer dans les vallées orientales de Cumbayá et Tumbaco. Ces zones, plus basses en altitude, bénéficient d’un climat plus chaud et plus sec, avec davantage de journées ensoleillées. Cumbayá est devenue une petite ville à part entière, avec centres commerciaux, écoles de haut niveau, la prestigieuse Universidad San Francisco de Quito, des restaurants, cafés, salles de sport et quartiers résidentiels sécurisés.
Ce secteur semi-suburbain de Quito est très apprécié des familles équatoriennes aisées et des expatriés pour son calme, ses lotissements sécurisés avec jardins et ses country clubs. La location d’une maison spacieuse dans des urbanisations comme La Católica ou Primavera y est accessible, avec des prix généralement compris entre 500 et 700 dollars.
Tumbaco, un peu plus loin, offre une ambiance similaire mais à des coûts légèrement plus bas. On y retrouve des résidences fermées, des terrains agricoles, des lotissements récents, ainsi qu’un climat subtropical propice aux jardins luxuriants. Ces secteurs sont aussi appréciés parce qu’ils se situent sur la route de l’aéroport international, ce qui facilite les déplacements fréquents.
Guápulo et autres quartiers prisés
Guápulo, accroché sur les flancs d’une vallée verdoyante, attire un public un peu bohème, amoureux de vues spectaculaires et d’architecture pittoresque. Les murs couverts de fresques, les petites ruelles en pente et les maisons imbriquées dans la végétation en font un quartier à part. Les loyers y sont très variables, de 400 à 1 000 dollars selon la taille et la vue.
D’autres noms circulent régulièrement dans les discussions d’expats : La Paz, Quito Tenis, El Bosque ou encore des secteurs comme República del Salvador (juste à côté de La Carolina), souvent choisis pour leur sécurité, leur proximité avec les bureaux et leurs immeubles modernes.
Quito vs Cuenca : un rapide comparatif pour situer les quartiers
| Ville / Quartier type | Type de vie | Loyer moyen (2–3 pièces « agréable ») | Profil d’expats dominant |
|---|---|---|---|
| Cuenca – Ordoñez Lasso | Ville moyenne, calme | 500–800 $ | Retraités, nomades, couples |
| Cuenca – El Centro | Historique, très vivant | 350–700 $ | Amateurs d’architecture, artistes |
| Quito – La Floresta | Bohème, culturel | 400–700 $ | Digital nomads, créatifs |
| Quito – La Carolina / Iñaquito | Business, urbain moderne | 650–900 $ | Pros, familles expat |
| Quito – Cumbayá / Tumbaco | Suburbain, ensoleillé | 500–700 $ (maison) | Familles, cadres, classes aisées |
Loja et Vilcabamba : immersion andine, rythme ralenti
Au sud du pays, loin des grandes métropoles, la petite ville de Loja et la vallée de Vilcabamba attirent des expatriés en quête de calme, de nature et d’authenticité.
Loja : la « nouvelle Cuenca » plus intime
Loja se présente comme une ville de montagne d’environ 180 000 habitants, réputée comme capitale culturelle de la musique en Equateur. On y retrouve un centre historique charmant, une vie culturelle active, des universités, mais avec une densité de population et une présence d’expatriés bien plus modestes qu’à Cuenca.
Un couple peut vivre confortablement à Vilcabamba pour un budget mensuel de 1 200 à 1 500 dollars, soit 20 à 30 % de moins qu’à Cuenca.
Loja ne se découpe pas (encore) en « quartiers expatriés » clairement établis comme à Cuenca ou Quito. Les étrangers se répartissent plutôt dans quelques zones résidentielles calmes proches du centre, afin de rester à distance de marche des marchés, des cafés et des lieux culturels.
Vilcabamba : la vallée du « longévité »
À 45 minutes au sud de Loja, Vilcabamba est célèbre pour son image de « Vallée de la longévité ». Ce petit bourg d’environ 5 000 habitants accueille une importante communauté d’expatriés au regard de sa taille (environ 500 personnes), souvent attirés par un mode de vie axé sur la santé, l’agriculture bio, le yoga, le développement personnel et la vie en communauté.
Le village est organisé autour d’un centre-ville animé avec places et commerces, entouré de propriétés isolées et de lotissements résidentiels. De nombreuses maisons, parfois avec terrain et vue sur la montagne, sont disponibles à la location dans la campagne environnante pour environ 500-600 dollars par mois, voire moins pour des logements plus modestes.
La vie y est nettement plus rurale : pas de grand supermarché, une offre de soins limitée (les cas sérieux sont dirigés vers Loja), un réseau de services plus restreint. En échange, la convivialité au village, le marché du dimanche, les activités de plein air (randonnée, équitation, permaculture) et les rencontres informelles sur la place principale structurent la vie sociale.
Les quartiers ne portent pas forcément de noms précis comme dans une grande ville, mais les expatriés distinguent souvent le « centre » (très pratique pour ceux qui ne conduisent pas) et les zones plus en hauteur ou plus reculées, offrant davantage d’espace, de vues et de tranquillité, mais nécessitant un véhicule.
Manta : la côte urbaine, condos et quartiers balnéaires
Sur la côte pacifique, Manta s’affirme comme l’une des villes les plus attractives pour les expatriés. C’est un port majeur, une ville moyenne dynamique (plus de 200 000 habitants), avec un climat sec et ensoleillé quasiment toute l’année, de bons restaurants de fruits de mer, un aéroport et un grand hôpital IESS récent. De plus en plus de retraités et d’investisseurs y voient une alternative balnéaire plus « urbaine » que les petits villages de pêcheurs.
Murciélago : front de mer animé
Le secteur d’El Murciélago est sans doute le plus connu : c’est la plage principale de Manta, bordée de restaurants, d’hôtels, de tours de condos avec vue sur l’océan. Les expatriés qui choisissent ce quartier misent principalement sur la vue mer et la proximité immédiate de la plage.
Les appartements avec vue directe sur le Pacifique sont plus chers, mais souvent moins onéreux que dans les stations nord-américaines. Pour un condo moderne de 2 ou 3 chambres meublé, les loyers varient entre 600 et 1 500 $ selon le standing, la taille et les équipements (piscine, salle de sport). Le quartier est animé la nuit, un atout ou un inconvénient selon vos préférences.
Barbasquillo : zone hôtelière et résidentielle chic
Au sud de Murciélago, le secteur de Barbasquillo s’est développé comme une zone à la fois touristique et résidentielle haut de gamme. On y trouve plusieurs hôtels, des immeubles comme Mykonos ou Niza, des restaurants réputés, des cafés, un club de tennis (Umiña Tennis Club) et un centre commercial (La Qadra).
Barbasquillo attire particulièrement les expatriés à la recherche d’un environnement sûr et bien équipé : résidences sécurisées, piscines, salles de sport, ascenseurs, parkings souterrains. Les loyers annoncés vont souvent de 550 à 1 700 dollars pour des appartements de bonne taille avec vue, piscine et sécurité 24/7.
Ciudad del Mar et urbanisations privées
Plus au sud, Ciudad del Mar incarne un autre visage de Manta : celui des urbanisations privées en bord de mer, avec maisons et villas modernes, certaines avec piscine et vue dégagée sur l’océan. On y trouve une vie plus « enclavée », typique des gated communities côtières : jardins bien entretenus, allées privées, terrains de sport, surveillance permanente.
Le prix d’achat minimum pour une maison de standing dans ce type de quartier résidentiel prisé des expatriés.
Manta en chiffres immobiliers
Plusieurs données de marché montrent que l’on trouve à Manta :
– des appartements à louer à partir d’environ 200 dollars (offre très basique) jusqu’à 1 700 dollars pour des biens de luxe ;
– un « bel » deux chambres à l’achat vers 100 000 dollars, et un trois chambres autour de 150 000 dollars ;
– un grand choix de logements avec piscine, salle de sport, parking, souvent meublés, surtout dans les quartiers précisés.
Salinas : la petite « Miami » des retraités balnéaires
Salinas, sur la péninsule de Santa Elena, est une station balnéaire très populaire auprès des Equatoriens aisés et d’une communauté expatriée certes plus petite que celle de Cuenca, mais bien présente. Sa skyline de tours en front de mer rappelle effectivement certains coins de Miami, surtout sur le Malecón, l’avenue qui longe la plage principale.
La ville compte autour de 40 000 habitants permanents, mais sa population explose pendant la haute saison touristique. Le climat est chaud, avec environ 340 jours de soleil par an, des températures oscillant pour l’essentiel entre 18 et 29 °C, et un vent côtier quasi constant.
Le Malecón : tour à condos et vie touristique
Le front de mer de Salinas, avec ses tours de condos dont le Phoenix Luxury Tower est un exemple emblématique, concentre la majorité des expatriés. Vivre ici, c’est avoir la plage à ses pieds, profiter d’un large choix de restaurants, de bars, d’activités nautiques (surf, jet-ski, pêche sportive, sorties baleines) et de la vie nocturne.
Le montant annuel des taxes foncières pour un condo en front de mer à Malecón peut être aussi bas que 257 dollars.
L’inconvénient : le bruit, surtout en haute saison, l’affluence le week-end, et une part de délinquance de rue (vols à la tire, sacs arrachés), accentuée par la situation générale de sécurité sur la côte équatorienne. Les expatriés recommandent de faire preuve de prudence la nuit et d’éviter d’exposer des signes de richesse.
Porto Lucia et les zones plus calmes
À une quinzaine de minutes du Malecón, Porto Lucia offre un tout autre visage : celui d’un quartier résidentiel plus calme, avec des immeubles modernes en bord de mer, moins de bruit, moins de trafic. C’est une option appréciée par ceux qui veulent la mer et le style de vie balnéaire sans subir l’agitation constante de la zone touristique.
Pour trouver des loyers plus abordables sans sacrifier le confort, il est conseillé de s’éloigner légèrement du centre de Salinas. On peut ainsi souvent bénéficier d’un niveau de confort similaire, parfois dans des immeubles récents offrant des équipements comme une piscine et un accès direct à la plage.
Salinas : coût de la vie et communauté
Un couple d’expatriés peut généralement s’en sortir avec 1 500 à 2 000 dollars par mois, logement inclus, tout en menant une vie confortable (restaurants réguliers, sorties, loisirs nautiques). Une partie des expatriés vit même avec moins, en choisissant un appartement modeste hors front de mer et en tirant parti des marchés locaux et des transports publics bon marché.
La communauté étrangère est plus réduite qu’à Cuenca, mais assez soudée : on retrouve des clubs de lecture, des ligues de poker ou de cribbage, des sorties organisées, des événements caritatifs pour les associations locales, des rencontres régulières dans certains bars et cafés de référence.
Autres villes et quartiers à surveiller
Au-delà des poids lourds que sont Quito, Cuenca, Manta ou Salinas, plusieurs villes et bourgs offrent des poches de quartiers appréciés des expatriés.
Montañita et Olón : surf, fête et lâcher-prise
Montañita est sans doute l’endroit le plus connu des surfeurs : petite ville côtière, ambiance backpacker, fêtes jusqu’au petit matin, colivings pour nomades (Selina, CoworkSurf, Casa del Sol, etc.). L’offre se concentre sur les auberges de jeunesse, les Airbnb, les petits appartements, souvent à quelques minutes à pied de la plage.
Un télétravailleur peut vivre à Montañita avec un budget mensuel compris entre 1 000 et 1 800 dollars, selon son style de vie. Pour ceux qui recherchent un environnement plus calme mais à proximité, la ville voisine d’Olón, à quelques minutes, offre une atmosphère familiale, une plage immense et une communauté d’expatriés établie de longue date.
Puerto López : pêche, nature et petits budgets
Puerto López, village de pêcheurs situé près du parc national Machalilla, séduit des expatriés en quête de nature brute, de baleines en saison, de plongée et d’une vie très simple. Les loyers peuvent y descendre à 300–400 dollars pour un logement correct, et un couple peut s’en sortir avec un budget mensuel de 800 à 1 500 dollars.
La contrepartie, c’est une offre de services plus limitée (santé, éducation, culture), obligeant parfois à se rendre dans des villes plus grandes pour certains besoins.
Cotacachi : artisanat, cuir et petite ville andine
Au nord de Quito, près d’Otavalo, Cotacachi est devenue une sorte de « secret bien gardé » des retraités, connue comme capitale du cuir. Ce bourg de moins de 10 000 habitants déploie une vie de petite ville andine avec un centre paisible, une place principale, des boutiques artisanales et une proximité avec la lagune de Cuicocha et les montagnes environnantes.
Les loyers sont très modérés : un appartement meublé d’une chambre en centre-ville coûte environ 400 dollars, et des maisons plus grandes, parfois avec terrain, se louent entre 400 et 700 dollars. La communauté d’expatriés, bien que petite, est soudée et souvent bien intégrée aux activités locales.
Le coût de la vie par ville : quelques repères chiffrés
Pour mieux situer l’attrait de ces quartiers, il est utile de comparer quelques postes de dépenses entre Quito et Cuenca, les deux principaux pôles andins.
| Poste de dépense | Quito (approx.) | Cuenca (approx.) |
|---|---|---|
| Repas bon marché au restaurant | 4,25 $ | 3,50 $ |
| Repas pour 2 (gamme moyenne) | 38,00 $ | 30,00 $ |
| Bière locale (pinte) | 2,50 $ | 2,00 $ |
| Cappuccino | 2,83 $ | 2,50 $ |
| Ticket de transport local | 0,35 $ | 0,35 $ |
| Taxi – prise en charge | 1,50 $ | 0,65 $ |
| Loyer 1 ch. centre-ville (moyenne) | 445,79 $ | 372,73 $ |
| Loyer 3 ch. centre-ville (moyenne) | 735,94 $ | 692,86 $ |
| Salaire net moyen local | 679,80 $ | 503,33 $ |
Ces chiffres résument bien la tendance : Quito reste plus cher de 10 à 15 % sur plusieurs postes, mais offre aussi un marché du travail plus large et des salaires locaux un peu plus élevés. Cuenca gagne sur le rapport coût / qualité de vie pour les retraités ou les télétravailleurs payés depuis l’étranger.
Comment choisir son quartier en Equateur
Face à cette mosaïque de quartiers, comment trancher ? Plusieurs paramètres ressortent de l’expérience des expatriés :
Pour bien s’installer en Équateur, il est crucial de sélectionner une région en fonction de cinq facteurs clés. Le climat varie fortement : les villes andines comme Quito ou Cuenca peuvent être froides, tandis que la côte est chaude et humide ; des vallées comme Cumbayá offrent des microclimats. L’accès à la santé est meilleur près des grandes villes (Quito, Cuenca, Guayaquil, Manta), qui concentrent les hôpitaux. Pour la vie sociale, des communautés étrangères actives existent à Cuenca, dans certains quartiers de Quito, ou à Manta et Salinas, tandis que Loja ou Cotacachi favorisent l’immersion locale. Le budget est un critère déterminant : Loja, Vilcabamba ou des villages côtiers sont économiques, Cuenca est compétitive, et Quito ou certains condos côtiers sont plus chers. Enfin, la sécurité demande de la vigilance sur la côte (privilégier les résidences sécurisées), alors que les villes andines de taille moyenne inspirent généralement un meilleur sentiment de sécurité.
La recommandation qui revient sans cesse dans les témoignages est de profiter des 90 jours de séjour touristique pour tester plusieurs villes et quartiers : louer un meublé à court terme, changer de quartier après quelques semaines, aller au marché, tester les transports publics, fréquenter les hôpitaux ou les cliniques, participer à des événements d’expats et échanger avec ceux qui vivent déjà là depuis longtemps. Deux à quatre semaines dans chaque ville potentielle donnent une vision beaucoup plus juste que n’importe quel article ou vidéo.
En résumé
Les quartiers les plus prisés par les expatriés en Equateur ne se ressemblent pas : des rues pavées d’El Centro à Cuenca aux tours vitrées de La Carolina à Quito, des villas de Ciudad del Mar à Manta aux copropriétés tranquilles de Porto Lucia à Salinas, chacun incarne un compromis différent entre coût, confort, climat et culture.
L’Équateur offre diverses options de retraite adaptées à différents profils. Cuenca, avec ses quartiers comme Ordoñez Lasso, Puertas del Sol ou El Vergel, est un choix sûr pour les retraités, offrant une communauté dense et des coûts de vie contenus. Quito, dans des secteurs comme La Floresta, La Mariscal, La Carolina ou Cumbayá, propose le dynamisme d’une capitale moderne, avec vie nocturne et écoles internationales. Sur la côte, Manta (Murciélago, Barbasquillo, Ciudad del Mar) et Salinas (Malecón, Porto Lucia) attirent ceux qui recherchent la mer et le soleil. Enfin, des lieux comme Vilcabamba, Loja ou Cotacachi séduisent les personnes privilégiant la nature, un rythme de vie lent et une immersion culturelle.
La bonne nouvelle, c’est qu’en Equateur, changer de quartier – voire de ville – est souvent simple et peu coûteux. Beaucoup d’expatriés commencent dans une zone très touristique et connecté, puis se déplacent vers un quartier plus résidentiel une fois le pays apprivoisé. L’essentiel est de garder une approche progressive : louer avant d’acheter, tester avant de s’engager, et laisser du temps pour que le « bon » quartier se révèle de lui-même.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros, bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Équateur pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations (Portugal, Panama, Costa Rica, Équateur), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Équateur pour son coût de vie très inférieur à la France, son usage du dollar américain, la possibilité de visas retraités attractifs et un environnement favorable aux investissements immobiliers locatifs. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions de non‑double imposition), obtention du visa pensionado et de la résidence, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), intégration via un réseau local francophone (avocat, immigration, notaire) et restructuration patrimoniale internationale. Ce dispositif lui permet de réduire fortement sa fiscalité globale tout en maîtrisant les risques de contrôle et d’optimiser sa transmission.
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