S’installer en Equateur, c’est gagner un nouveau pays et, très vite, une nouvelle assiette. Entre Andes, Amazonie, côte Pacifique et Galápagos, la gastronomie locale change d’un climat à l’autre, d’un marché à l’autre, parfois d’une vallée à la suivante. Pour un expatrié, comprendre ce que l’on mange est l’un des moyens les plus rapides de décoder la culture, se faire des amis et se sentir « d’ici ».
Ce guide est conçu pour les résidents et propose des conseils concrets : les lieux à visiter, les plats à goûter, comment choisir un cours de cuisine, les marchés à privilégier, ainsi que des astuces pour profiter de la street food tout en préservant sa santé.
Comprendre la cuisine équatorienne quand on s’installe
Vivre en Equateur, c’est manger au croisement de plusieurs mondes culinaires. La cuisine mêle ingrédients indigènes, héritage colonial espagnol et influences afro-équatoriennes, le tout réinventé par une nouvelle génération de chefs et de cuisiniers de quartier.
L’Équateur se divise en quatre grandes régions culinaires distinctes. Sur la côte, la cuisine est centrée sur les fruits de mer, le riz, la noix de coco et la banane plantain. Dans la Sierra andine, les plats mettent à l’honneur la pomme de terre sous toutes ses formes, le maïs, le quinoa, le porc, parfois le cuy (cochon d’Inde grillé) et de nombreuses soupes roboratives. En Amazonie, les bases sont le manioc, les poissons de rivière, la banane et des protéines plus inhabituelles comme la larve de palmier chontacurro. Enfin, l’archipel des Galápagos se distingue par ses poissons ultra-frais et un café réputé.
Malgré ces différences, quelques piliers reviennent partout : pommes de terre, maïs et hominy (mote), riz, yuca (manioc), plantains, haricots, ainsi qu’un foisonnement de fruits tropicaux. Les protéines varient selon la région : poulet, bœuf, porc, chèvre, fruits de mer, mais aussi cuy dans la Sierra.
Pour un expatrié, la première habitude à prendre est d’inverser mentalement les repas : ici, le déjeuner (almuerzo) est le point central de la journée, servi entre midi et 16h. Beaucoup de petites cantines (huecas) n’ouvrent que le matin et ferment en fin d’après-midi. Le soir, on grignote plus léger.
Le meilleur moyen de comprendre la cuisine locale sans exploser son budget est de fréquenter les huecas et leurs menus du jour. Pour 2 à 5 dollars, on obtient en général :
– une soupe,
– un plat principal (viande ou poisson avec riz, pommes de terre, plantain, salade, mote),
– un jus de fruit,
– parfois un petit dessert.
Même dans les grandes villes comme Quito, Cuenca ou Guayaquil, la formule des plats typiques reste la norme. Cette approche culinaire permet de goûter un nombre impressionnant de spécialités en quelques semaines, telles que le locro de papa, les menestras, l’encebollado, le seco de pollo ou le seco de chivo, la fritada, l’hornado et le bolón de verde.
Autre détail culturel important : la cuisine équatorienne n’est pas naturellement très pimentée. Le piquant est « à part », dans une petite coupelle de sauce appelée ají, posée sur la table. On la compose souvent avec du piment local, de la tomate d’arbre (tomate de árbol), de la coriandre, du citron vert et parfois de la cacahuète ou du fruit de la passion. C’est cette sauce qui permet d’ajuster le feu dans l’assiette.
Quito : capitale andine, laboratoire culinaire
La capitale, perchée à 2 850 mètres dans la Sierra, est un vrai terrain de jeu pour un expatrié gourmand. Sa haute altitude rallonge la cuisson des soupes et ragoûts, mais surtout concentre dans une seule ville toutes les régions du pays.
Manger Quito : du marché à la table gastronomique
L’éventail est large. Dans le centre historique, les marchés comme le Mercado Central, San Francisco, Santa Clara ou San Roque débordent de stands où l’on sert des plats typiques pour quelques dollars : hornado, llapingachos, caldo de gallina, ceviche en version populaire ou locro de papa fumant. À quelques rues de là, des cafés historiques comme Cafetería Modelo ou Fabiolita perpétuent les snacks classiques – humitas, quimbolitos, empanadas – que les Quiteños prennent au petit déjeuner ou au goûter.
Dans les quartiers modernes comme La Mariscal, La Floresta, La Carolina ou Cumbayá, des restaurants contemporains revisitent ces mêmes recettes avec des produits bio, des dressages soignés et des cartes de vins et de bières artisanales. Plusieurs tables citées dans les guides – Urko, Zazu, Somos, Nuema, Quitu – construisent même leurs menus dégustation autour des produits de l’Amazonie, de la côte et de la Sierra, avec une forte dimension de terroir.
Pour un expatrié, cela permet un double apprentissage : manger comme les habitants dans les huecas à midi, puis observer, le soir, comment les chefs de la capitale réinterprètent la même base de produits.
Les quartiers à connaître pour bien manger
Le centre historique (Centro Histórico) est idéal pour débuter : on y trouve les marchés les plus anciens, les dulcerías et une foule de petits établissements très abordables, souvent plus authentiques que dans les zones touristiques. À La Mariscal, plus orientée vers les voyageurs, les options s’élargissent aux cuisines internationales, aux brasseries modernes et aux restaurants de cuisine « équatorienne moderne ». La Floresta, plus bohème, cumule cafés de spécialité, petites adresses végétariennes, magasins bio et restaurants d’auteurs.
Dans le District Métropolitain, les marchés couverts sont omniprésents dans chaque barrio. Ils sont ouverts du matin jusqu’au milieu de l’après-midi, souvent équipés d’une bonne réfrigération et d’un espace dédié aux stands de repas, ce qui en fait des points de vente essentiels pour les produits.
Cours de cuisine à Quito : apprendre par les mains
Pour un expatrié, suivre un cours de cuisine est un raccourci formidable pour comprendre la gastronomie locale. Rien que dans la ville et ses alentours, l’offre est étonnamment riche et très structurée autour de l’expérience culturelle.
Plusieurs formats reviennent sans cesse : visite guidée d’un marché, explication des produits (plantain, maïs, nombreuses variétés de pommes de terre, quinoa, fromages frais, herbes médicinales), puis atelier pratique et repas partagé. La plupart des cours accueillent aussi bien des débutants que de bons amateurs et se déroulent en petit comité, souvent même en privé.
Parmi les expériences citées dans les recherches, on trouve :
Description détaillée de la première expérience de recherche mentionnée.
Description détaillée de la deuxième expérience de recherche mentionnée.
– des ateliers complets avec chef et tour de marché, débouchant sur un menu en trois temps autour de plats comme Locro Quiteño, encocado de poisson et desserts au chocolat,
– une classe « premium » incluant un cocktail traditionnel, le canelazo, plus empanadas locales, ceviche équatorien et figues au sirop de caramel,
– des expériences interactives avec des chefs comme Edwin ou Andres, très liés aux marchés (le premier est même surnommé « Samurai » par les vendeurs), qui guident les participants dans le choix des ingrédients puis orchestrent une séance de cuisine entièrement participative.
Les recettes mises en avant parlent d’elles-mêmes : ceviches de différentes régions, locro de papa, llapingachos, empanadas, encocado de poisson ou de crevettes, soupes de quinoa, desserts vapeur comme les quimbolitos ou cakes de maïs humitas, sans oublier la mise en scène du chocolat – avec autant d’importance donnée au cacao qu’au plat salé.
Ces cours, dispensés en anglais ou espagnol, offrent une expérience pratique et sociale. Ils proposent des options alimentaires adaptées (végétarien, végan, sans lactose, sans gluten), incluent souvent le transfert depuis l’hôtel, et permettent de se faire des contacts dans une ambiance conviviale autour de la préparation et du partage du repas.
Entre gastronomie et boissons : café, chocolat et bières artisanales
Quito offre aussi le contexte idéal pour comprendre deux piliers de la culture gastronomique locale : le chocolat et le café. L’Equateur produit une part importante du cacao fin de saveur mondial, notamment grâce à des variétés comme le Nacional. Dans le centre historique, des « expériences cacao » permettent de suivre tout le processus, de la fève au chocolat chaud, en passant par la dégustation de fèves, de fondue, de bières ou de liqueurs au cacao.
Les marques premium – Pacari, Yumbos, República del Cacao, Hoja Verde, To’ak – proposent dégustations comparatives de crus issus de différentes régions, un terrain de jeu idéal pour tout expatrié amateur de chocolat noir. Côté café, des ateliers bean-to-cup permettent de comprendre la différence entre arabica et robusta, les origines de Salango, Zaruma, Paute ou Loja, et les méthodes d’extraction les plus appréciées en ville.
Enfin, la capitale a vu fleurir les microbrasseries, avec des dégustations de bières artisanales où l’on goûte plusieurs échantillons avant de choisir sa pinte, souvent accompagnée de snacks locaux.
Cuenca, Guayaquil, côte et Amazonie : élargir le terrain de jeu
S’installer en Equateur ne signifie pas forcément vivre à Quito. Beaucoup d’expatriés choisissent Cuenca, plus calme et culturelle, ou Guayaquil et la côte pour le climat chaud, voire l’Amazonie pour une expérience très différente. Gastronomiquement, ces choix ont un impact direct sur le quotidien.
Cuenca : l’Andes dans l’assiette, en douceur
À Cuenca, les marchés comme « 10 de Agosto » jouent un rôle central. On y trouve des étages entiers consacrés à la restauration bon marché, ainsi que des fruits, légumes, épices et produits laitiers. C’est l’endroit rêvé pour goûter le hornado accompagné de llapingachos, ou encore des soupes locales comme le locro de papas.
Cuenca s’est aussi positionnée sur l’offre de cours de cuisine. Plusieurs ateliers d’« Andean cooking » proposent :
– visite du marché pour sélectionner des produits bio,
– session de cuisine en maison privée,
– apprentissage de recettes comme locro de papas, empanadas de viento, ceviche de montagne (ceviche serrano), desserts à la figue (dulce de higo avec fromages) et variantes contemporaines du canelazo.
Certains cours vont jusqu’à huit recettes en une seule séance, avec dégustation de chocolat sélectionné en fin de menu. Pour un expatrié installé sur place, ces ateliers sont une excellente porte d’entrée dans la culture cuencana, réputée pour son rythme serein et sa forte identité andine.
Guayaquil et la côte : royaume du poisson et du cacao
Sur le littoral et dans la grande ville portuaire de Guayaquil, l’ambiance change. La cuisine est plus iodée, plus citronnée, plus généreuse en banane plantain et en noix de coco. Le ceviche se décline à l’infini, le poisson se fait encocado, les soupes comme l’encebollado ou le viche de poisson ou de fruits de mer servent autant de brunch que de remède aux lendemains de fête.
Plusieurs excursions au départ de Guayaquil combinent découverte agricole et expérience culinaire. Elles incluent notamment la visite de fermes de cacao pour observer la récolte, apprendre la transformation des fèves en tablette et partager un déjeuner maison à base de produits du potager et du verger. Certains circuits se prolongent vers la forêt de nuages (cloud forest), associant randonnée, visite de plantations de canne à sucre avec démonstration de presse traditionnelle (trapiche), et un repas typique souvent conclu par un dessert au chocolat.
D’autres excursions associent demi-journée historique à Guayaquil (centre colonial, musées du cacao) et atelier culinaire, ou encore trip dans les mangroves avec navigation en pirogue, visite de finca cacaoyère et repas de poissons ou de fruits de mer.
Pour un expatrié installé sur la côte, ces activités sont l’occasion de lier contacts avec de petits producteurs, de mieux comprendre la filière cacao – très importante dans l’économie locale – et d’apprendre à cuisiner ce que l’on trouve au marché : encocados, ceviches de crevettes ou de poisson, bananes vertes en bolón, beignets ou galettes.
Amazonie et Galápagos : cuisines de bord du monde
Dans l’Amazonie équatorienne, la gastronomie est d’abord une affaire de contexte. Certaines communautés indigènes accueillent les visiteurs pour leur faire goûter des plats comme le maito (poisson ou poulet enveloppé de feuilles et grillé), le pain de yuca, des soupes de poissons de rivière ou, pour ceux qui aiment repousser leurs limites, des larves de palmier (chontacurros) grillées.
La boisson traditionnelle reste au cœur de la vie communautaire. Longtemps préparée en mâchant le manioc avant fermentation, elle se fait aujourd’hui plutôt par macération, mais garde un statut de boisson rituelle.
Chicha de yuca ou de maïs
Aux Galápagos, l’offre alimentaire se structure surtout dans les îles principales comme Santa Cruz ou San Cristóbal. Là encore, l’approche est simple et très tournée vers la fraîcheur : poissons – parfois entiers – grillés sur les quais, ceviches à base de thon ou de fruits de mer, soupes de fruits de mer, café local. Des tours culinaires sur plusieurs jours combinent cours de cuisine, promenades au marché, dégustation de fruits de mer et, bien sûr, observation de la faune marine.
S’initier à la street food en restant prudent
La street food fait partie intégrante de la vie quotidienne en Equateur. Fêtes, marchés hebdomadaires, places le week-end, arrêts de bus, plages : partout on trouve des stands proposant empanadas, salchipapas, huevitos chilenos, jus de fruits, glaces artisanales, cevichocho, plantains grillés, helado de paila, gâteaux frits, boissons à base de maïs, etc.
Les autorités disposent d’une agence nationale chargée de la surveillance sanitaire, mais dans les faits, la rigueur des contrôles varie beaucoup d’un lieu à l’autre et d’un vendeur à l’autre. Pour un expatrié, surtout au début, quelques réflexes permettent de profiter de cette culture sans multiplier les jours au lit.
Il est recommandé de privilégier les stands très fréquentés où la nourriture est renouvelée rapidement, de vérifier l’hygiène générale (ustensiles, couverture des aliments, lavage des mains) et de choisir des plats servis très chauds et fraîchement préparés. À l’inverse, il faut éviter les salades crues, les viandes à prix suspect et les produits à base de mayonnaise laissés plusieurs heures à température ambiante.
Fruits et légumes doivent être bien lavés, même lorsqu’ils viennent de supermarchés, et la règle « éplucher, cuire, bouillir ou s’abstenir » reste valable pour qui a l’estomac fragile. L’eau du robinet n’est pas considérée comme potable : il est conseillé de ne boire que de l’eau en bouteille ou filtrée, et de s’assurer que les glaçons sont faits avec de l’eau traitée, notamment hors des grandes villes.
L’expérience varie selon les personnes : certains ne tombent jamais malades, tandis que d’autres peuvent avoir des problèmes, souvent liés à l’eau ou aux fruits prédécoupés. Votre constitution et vos habitudes influent. Il est prudent d’emporter des médicaments de base comme des anti-diarrhéiques, des sels de réhydratation et des probiotiques.
Marchés : le cœur de la vie culinaire
Qu’il s’agisse des marchés couverts de Quito, des halles de Cuenca ou des grands marchés indigènes comme Otavalo ou Guamote, ces lieux concentrent tout ce qui compte dans l’alimentation du pays : produits bruts, plats préparés, remèdes, sociabilité, négociation.
Quito : un archipel de marchés
Dans la capitale, presque chaque quartier possède son marché, la plupart ouverts six jours sur sept, souvent de 7h à 17h. Si l’on prend l’habitude de fréquenter toujours les mêmes stands, la relation change rapidement : les vendeurs mettent de côté les meilleurs mangues, glissent discrètement une « yapa » – une petite quantité en plus offerte pour fidéliser le client – et parfois donnent des conseils de cuisson.
Découvrez les marchés emblématiques de Quito, où se mêlent saveurs authentiques, produits frais et artisanat local.
Entre les rues Esmeraldas et Manabí. Réputé pour ses plats locaux et économiques, notamment au niveau inférieur avec ses comptoirs de ceviche, soupes et ragoûts.
Le plus ancien. Allie stands alimentaires, herboristerie traditionnelle et artisans, offrant une expérience culturelle unique.
Santa Clara, Iñaquito, La Floresta, Calderón et Cotocollao. Autant de repères pour trouver fruits, légumes, viande, épices, fromages frais et plats cuisinés.
Certaines municipalités organisent aussi des marchés bio hebdomadaires dans des parcs comme La Carolina, La Floresta, Parque Bicentenario ou encore dans le quartier de La Mariscal (Mercado Saludable). Pour un expatrié attentif à la qualité nutritionnelle, ces marchés d’agriculteurs sont une aubaine : on y trouve produits sans pesticides, céréales en vrac, herbes rares et parfois même des produits importés plus difficiles à dénicher ailleurs.
Marchés andins, marchés côtiers, marchés d’Amazonie
Hors de la capitale, chaque grande ville a au moins un marché de référence. Cuenca s’appuie notamment sur « 10 de Agosto », où l’on vient autant pour faire ses courses que pour déjeuner. Guayaquil, elle, a modernisé une partie de son offre avec un grand espace de restauration type mercado gastronómico sur le Malecón, où plus de 500 options alimentaires coexistent, du plus traditionnel au plus fusion.
Au-delà de l’artisanat traditionnel (ponchos, instruments, chapeaux), les marchés indigènes d’Équateur comme Otavalo, Saquisili, Zumbahua ou Guamote offrent une riche expérience culinaire. On y trouve des spécialités locales telles que des beignets sucrés (chilenos) et du cuy grillé, ainsi que des produits du quotidien comme des cochons d’Inde, des fromages, des plantes médicinales et des plats à emporter.
Sur la côte, les marchés de poisson comme celui de Puerto Ayora (Galápagos) ont leur propre atmosphère : pêcheurs débarquant la prise du jour, otaries et pélicans en embuscade, stands de découpe et petits bars de ceviche improvisés. C’est là que l’on mesure vraiment à quel point les fruits de mer sont omniprésents dans la diète locale.
Négocier, observer, apprendre
Pour un expatrié, les marchés sont aussi des lieux d’apprentissage social. Dans les marchés de produits, la négociation reste modérée, sauf si l’on achète en gros. Mieux vaut demander une yapa que chercher à faire baisser agressivement les prix. Sur les marchés d’artisanat, en revanche, le marchandage fait partie du jeu, avec l’idée d’atterrir souvent autour de 50 à 75 % du premier prix annoncé.
Une règle implicite : rester respectueux. La plupart des vendeurs sont des familles modestes ; obtenir quelques centimes de réduction en se montrant cassant n’a guère de sens. Mieux vaut utiliser ces espaces pour pratiquer son espagnol, poser des questions sur les produits, noter les noms locaux des fruits, des variétés de pommes de terre ou des herbes.
Cours de cuisine : un outil d’intégration
Pour un expatrié, surtout au début, il est facile de se cantonner à quelques plats rassurants – ceviche, soupes de pomme de terre, poulet grillé, empanadas – et de rester à distance des recettes plus méconnues. Les cours de cuisine permettent de franchir cette barrière.
À quoi ressemblent les cours typiques
Qu’ils se déroulent à Quito, Cuenca ou sur la côte, la majorité des ateliers suivent une même trame :
L’exemple typique commence par un rendez-vous matinal, suivi d’une marche jusqu’à un marché local (comme Central, Santa Clara ou 10 de Agosto). Il inclut une visite guidée des stands avec des explications sur les produits de saison, leurs usages culinaires et les remèdes traditionnels. Le groupe retourne ensuite en cuisine (dans un restaurant, une école, une maison ou sur un toit-terrasse) pour préparer collectivement un menu complet : entrée, plat principal, dessert, et parfois une boisson traditionnelle comme le *canelazo*. L’activité se conclut par le repas partagé et une discussion sur les recettes, leurs variantes régionales et la façon de les reproduire chez soi.
Les organismes qui organisent ces expériences mettent en avant le côté « fait main » et la transmission de recettes authentiques. Certains, comme Traveling Spoon, se spécialisent dans les repas et cours chez l’habitant, après avoir soigneusement sélectionné leurs hôtes. D’autres s’appuient sur des chefs certifiés, des restaurants partenaires ou des agences locales.
Ce qu’un expatrié y gagne
Au-delà de la technique, ces cours offrent une compréhension concrète de la cuisine équatorienne. On découvre comment transformer du maïs frais en humitas, quelles variétés de pommes de terre conviennent au locro, pourquoi les ceviches de la côte diffèrent de ceux de la Sierra, comment utiliser les herbes – coriandre, hierba luisa, cedrón – ou quels fruits se prêtent mieux aux jus, aux desserts ou aux sauces.
De nombreux ateliers de cuisine fournissent un livret de recettes, un tablier et une toque. Ils proposent également des conseils pour adapter les plats en cas d’allergies ou de convictions personnelles, comme des versions végétariennes ou véganes, le remplacement du lait de vache par des laits végétaux, ou la gestion du gluten. Ces éléments sont précieux pour les expatriés souhaitant conserver leurs repères alimentaires tout en découvrant la cuisine locale.
Enfin, ces moments constituent souvent des bulles sociales : on y rencontre d’autres étrangers, mais aussi des locaux curieux, on échange sur la vie quotidienne, les bons plans de marchés ou de restaurants, voire sur les fêtes et événements culinaires (soupes de Fanesca à Pâques, colada morada et guaguas de pan pour la Toussaint, rôtis de cochon pour le Nouvel An).
Comparer quelques formats
Même si chaque cours a sa personnalité, on peut distinguer quelques grandes catégories utiles pour choisir en tant qu’expatrié :
| Type d’expérience | Contenu principal | Pour quel profil d’expatrié ? |
|---|---|---|
| Cours marché + cuisine en restaurant | Menu complet, chef pro, visite d’un grand marché urbain | Nouveaux arrivants, curieux, anglophones |
| Atelier chez l’habitant (ex. chez Maria à Sangolquí) | Recettes familiales, jardin, boisson de bienvenue | Chercheurs d’authenticité, hispanophones |
| Rooftop ou lieu « surprise » avec vue | Buffet de spécialités, cocktail traditionnel, ambiance | Groupes d’amis, expatriés de longue durée |
| Excursion à la journée (ferme de cacao, rose, etc.) | Agriculture + atelier cuisine + balade | Amateurs de terroir, familles avec enfants |
| Séjours multi-jours (Galápagos, tours privés) | Cuisine + visites nature + rencontres de producteurs | Expats en vacances internes, foodies passionnés |
Gérer son alimentation au quotidien
Vivre en Equateur sur le long terme pose des questions différentes d’un simple séjour touristique. Comment composer des repas équilibrés quand les menus sont très riches en féculents ? Où trouver des produits « santé » ou proches de ceux de son pays d’origine ? Comment concilier curiosité gastronomique et tolérance digestive ?
Trop de riz, trop de pain ? Adapter l’assiette
Le almuerzo standard cumule facilement riz, pommes de terre, banane plantain et parfois maïs, le tout accompagné d’un morceau de viande. Pour certains expatriés, cette combinaison répétée finit par peser, littéralement et symboliquement.
Il est possible d’ajuster en douceur : demander une portion plus petite de riz, favoriser les plats à base de soupes de légumes ou de quinoa, s’orienter vers des restaurants qui proposent plus de légumes (nombreux à Quito et Cuenca, y compris des adresses végétariennes ou véganes), ou simplement varier les lieux de repas pour alterner cuisine traditionnelle et options plus légères.
Pour réintroduire des aliments sains comme les céréales complètes, les laits végétaux, les graines, les fruits secs ou des produits spécifiques (sans gluten, bio), privilégiez les supermarchés et épiceries spécialisées. À Quito, visitez Supermaxi, Megamaxi, Yuniq, Superfoods ou Bhumi. À Cuenca, tournez-vous vers Supermercados El Olivo ou certaines delicatessen. Pour les fruits et légumes frais, les marchés locaux offrent une grande variété à intégrer dans vos salades, soupes et jus.
Entre produits locaux et produits d’importation
Une chose surprend souvent les expatriés au rayon alimentation : certaines choses sont extraordinairement bon marché et fraîches – fruits, légumes, œufs, herbes, café, chocolat –, d’autres deviennent des produits de luxe – beurre de cacahuète importé, fromages affinés, sirop d’érable, céréales de petit déjeuner « à l’américaine », sauces très spécifiques.
Des boutiques spécialisées à Quito (Pacari Store, Hoja Verde, épiceries fines) et à Cuenca (Cuenca Shop, La Yunta Deli, Italdeli, etc.) ciblent justement cette clientèle en proposant un assortiment de produits importés (huiles, condiments, céréales, sauces, chocolats, cafés de spécialité). Les prix restent supérieurs à ceux du pays d’origine, mais permettent des compromis pratiques.
Pour optimiser son budget et son bien-être alimentaire à l’étranger, basez l’essentiel de votre alimentation sur les produits frais locaux, souvent très abordables et de qualité. Complétez ensuite avec une sélection restreinte de produits importés qui vous sont chers ou familiers, comme une bonne huile d’olive, un fromage sec, un muesli, du thé ou du café spécifique, ou quelques épices introuvables localement.
Santé, vaccins et trousse de secours
Sur le plan médical, les recommandations générales pour l’Equateur sont claires : eau embouteillée ou filtrée uniquement, fruits dont on enlève la peau soi-même, aliments bien cuits. Les autorités sanitaires de plusieurs pays conseillent une vaccination à jour contre le tétanos, la diphtérie, la typhoïde et l’hépatite A, et un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé pour certaines nationalités ayant séjourné dans d’autres pays tropicaux voisins.
Pour l’Amazonie, un vaccin contre la fièvre jaune est recommandé, de même que des mesures contre les moustiques (répulsif, moustiquaire) du fait de la présence du paludisme ou du virus Zika dans certaines zones. Avoir une assurance voyage ou santé couvrant l’Equateur est fortement conseillé, même lorsqu’on réside sur place.
Enfin, conserver une petite trousse de secours dédiée aux soucis digestifs (anti-diarrhéiques, antibiotiques sur prescription, probiotiques, sels de réhydratation, charbon actif, paracétamol) évite de devoir chercher en urgence une pharmacie en pleine nuit après un ceviche un peu douteux.
Boissons pour comprendre le pays
On ne découvre pas la gastronomie équatorienne sans prêter attention à ce que l’on boit. Au-delà des jus de fruits omniprésents, plusieurs boissons structurent le calendrier et le quotidien.
Boissons non alcoolisées
Dès le matin, les jugos naturales – jus pressés de naranjilla, maracuyá, goyave, tomate d’arbre, ananas, babaco, mora – accompagnent souvent le petit déjeuner. On peut demander con leche (version milk-shake) ou con agua (simple jus).
Dans la Sierra, on croise souvent : des paysages à couper le souffle, des animaux sauvages, et des randonneurs passionnés.
– le morocho, boisson épaisse à base de maïs blanc concassé cuit dans le lait avec sucre, cannelle et parfois raisins secs,
– la colada de avena, mélange d’avoine, de panela, de cannelle et de naranjilla, servie chaude ou froide,
– la horchata lojana, infusion de dizaines de fleurs et herbes médicinales, traditionnellement originaire de Loja, bue chaude ou glacée.
Le soir, dans certaines villes andines, il est courant de consommer une tasse de leche con morocho (proche d’un riz au lait liquide), des infusions d’herbes (camomille, verveine citronnée, toronjil, menthe) ou des tisanes plus élaborées appelées aguas de remedio ou agua de pitimas, souvent préparées par des religieuses cloîtrées à Quito.
Boissons festives et saisonnières
Quelques boissons sont indissociables de fêtes précises. La colada morada, boisson violette et épaisse à base de maïs noir, fruits rouges, épices et panela, se boit avec les guaguas de pan autour de la fête des défunts début novembre, à la maison, dans la rue ou au cimetière. La Fanesca, riche soupe de grains et de morue, a également sa saison à Pâques, accompagnée parfois de jus de fruits spécifiques.
À Noël, le rompope, une boisson proche du lait de poule, est traditionnellement servi. Pour la fête de Quito ou les grands événements dans la Sierra, le canelazo est populaire : un mélange chaud d’aguardiente (alcool de canne à sucre), d’eau, de panela, de cannelle et de naranjilla, servi dans des gobelets sur les comptoirs et les stands nocturnes pour réchauffer les rues et les terrasses.
Alcool local : à consommer en connaissance de cause
L’aguardiente – souvent vendu sous la marque Zhumir ou sous forme artisanale – constitue le socle de nombreux cocktails. Sa force varie, mais peut atteindre 60 degrés, d’où la nécessité de le consommer avec mesure. Des déclinaisons aromatisées, à la lime ou à la passion, existent également. Dans certains villages, on fabrique encore des alcools à partir de sève d’agave (mishke) ou de canne à sucre (chaguarmishqui, guarapo), parfois légèrement fermentés.
La bière reste la boisson alcoolisée la plus courante, avec des marques nationales comme Pilsener ou Club, mais un nombre grandissant de microbrasseries explore les styles ambrés, IPA, stouts, etc. Pour les amateurs de vin, l’essentiel de l’offre vient d’Argentine ou du Chili.
Repères culturels à table
Comprendre la gastronomie locale, c’est aussi assimiler quelques codes sociaux. L’Equateur reste un pays plutôt conservateur, attaché aux formes de politesse et aux valeurs familiales.
On salue toujours avant de parler – buenos días, buenas tardes, buenas noches – et il est bien vu de lancer ou de répondre à un buen provecho en entrant ou en sortant d’un restaurant. À table, le service commence généralement par la soupe ; la refuser peut surprendre. Les repas sont des moments sociaux où l’on s’attarde après avoir fini de manger, surtout le midi.
Dans les situations formelles ou professionnelles, l’utilisation de ‘usted’ et des titres (Señor, Señora, Doctor, etc.) reste de mise. Concernant la ponctualité, il est courant d’arriver avec environ trente minutes de retard dans un cadre social (comme un dîner entre amis), alors que la ponctualité est davantage attendue pour les rendez-vous professionnels.
Par ailleurs, l’usage du couteau et de la fourchette s’étend à de nombreux aliments qu’on mangerait volontiers avec les doigts ailleurs. Quant au partage des additions, il reste moins automatique que dans certains pays : celui qui invite a souvent l’intention de payer.
Ce que les cours de cuisine changent pour un expatrié
Au fil des mois, beaucoup d’expatriés constatent la même chose : ce qu’ils retiendront le plus de l’Equateur, ce ne sont pas seulement les volcans ou la forêt, mais ce locro de papa mangé un matin brumeux au marché, ce premier cuy affronté en tremblant, ce ceviche pris au comptoir sur le port, ou ce canelazo partagé sur un rooftop en regardant la vieille ville de Quito.
Participer à des cours de cuisine en Équateur permet de transformer l’appréciation d’un plat comme l’encebollado en une compétence concrète : savoir choisir le poisson, doser le citron et mijoter le manioc. De même, la simple impression laissée par le marché de San Francisco devient une connaissance pratique : reconnaître les variétés de pommes de terre, identifier les meilleurs vendeurs et connaître les jours les plus calmes pour faire ses achats.
La cuisine devient alors bien plus qu’une succession de plats : c’est un langage. Un expatrié qui apprend à le parler – même avec un accent – s’intègre plus vite, comprend mieux les rythmes du pays, les hiérarchies implicites, les fêtes, les deuils, les joies partagées autour d’une cocotte ou d’une marmite.
Et l’Equateur, petit par sa superficie mais immense par sa diversité culinaire, offre un terrain d’apprentissage quasi inépuisable. Entre marchés, cours de cuisine, huecas de quartier, restaurants innovants, fermes de cacao, cafés de spécialité et échoppes de street food, il y a suffisamment de matière pour remplir des années de vie d’expatrié – assiette après assiette.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Équateur, Costa Rica, Panama, Portugal), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Équateur pour son coût de vie très bas (Quito ou Cuenca ~50% moins cher que Paris), ses programmes favorables aux retraités étrangers (réductions sur transports, services), et la possibilité d’optimiser l’imposition via une planification internationale (conventions fiscales, choix du pays de taxation des revenus financiers). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa retraite et de la résidence, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseiller bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
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