S’installer à l’étranger avec l’envie de lancer son propre projet est à la fois excitant et risqué. en Equateur, le décor est particulièrement attirant : coût de la vie modéré, nature spectaculaire, économie dollarisée, boom de la tech et de l’agro-exportation, mouvements pro‑business du gouvernement. Mais c’est aussi un pays où la bureaucratie est dense, où la fiscalité est sophistiquée et où le marché local a ses propres codes.
Ce guide complet couvre l’essentiel pour un expatrié souhaitant créer son entreprise en Équateur : le choix de la ville, l’environnement économique, les structures juridiques, la fiscalité, les types de visas, l’ouverture de compte bancaire, les opportunités sectorielles et les principaux pièges à éviter.
Pourquoi envisager l’Equateur pour entreprendre
L’Equateur cumule plusieurs atouts rarement réunis dans un même pays d’Amérique latine. D’abord, son économie est entièrement dollarisée : le dollar américain est la monnaie officielle depuis 2000. Pour un investisseur étranger, cela supprime d’emblée le risque de change et la volatilité monétaire qui plombent souvent les projets dans la région.
L’Équateur est un marché émergent d’environ 17 millions d’habitants, stratégiquement situé sur l’équateur avec des ports sur le Pacifique.
Sur le plan macroéconomique, l’Equateur est la huitième économie d’Amérique latine, avec un PIB avoisinant 115 milliards de dollars en 2024. Après une décennie de croissance irrégulière, l’activité se stabilise : les prévisions tournent autour de 2 % à 3 % de croissance annuelle à moyen terme, avec une inflation faible (projections autour de 1,5 %). Le pays a reçu un important appui financier international (IMF, CAF, Banque mondiale, BID), ainsi que des flux d’investissements privés dépassant 1,3 milliard de dollars rien qu’en 2024.
L’Équateur produit plus de 500 000 barils de pétrole par jour, représentant environ 40 % de ses exportations et un quart de ses recettes publiques.
Un pays déjà très tourné vers l’international
L’Equateur n’est pas un marché isolé : il est inséré dans un dense réseau d’accords commerciaux. Il est membre de la Communauté andine (CAN), associé au Mercosur, et a signé des accords de libre‑échange avec la Chine, l’Union européenne, les États‑Unis et l’AELE. Résultat : un accès préférentiel à des marchés clés, une bonne base pour implanter une plateforme d’exportation ou une chaîne logistique régionale.
Pour un entrepreneur étranger, cela signifie que produire, transformer ou reconditionner en Equateur peut ouvrir la porte à de multiples marchés avec des droits de douane réduits, notamment pour les produits agroalimentaires, industriels ou certains services.
Bien choisir sa ville d’implantation
Le choix de la ville est stratégique. en Equateur, l’écart de climat, de culture et de dynamique économique entre la Sierra (montagne), la Costa (côte) et l’Amazonie est très marqué. Pour un expatrié, certaines villes sont plus adaptées que d’autres selon le type de projet.
Quito : capitale politique, hub business et tech
Quito est la capitale administrative et l’un des principaux pôles économiques du pays. Perchée à environ 2 850 mètres d’altitude, la ville combine centre historique classé à l’UNESCO, quartiers d’affaires modernes, universités de premier plan et une scène startup en plein essor.
Pour un entrepreneur, Quito présente plusieurs atouts concrets :
La capitale équatorienne offre un marché de l’emploi compétitif, riche en cadres, profils techniques et diplômés STEM, avec une augmentation de 25% des diplômés en sciences et ingénierie sur cinq ans. Son écosystème tech dynamique inclut des incubateurs et espaces de coworking comme IMPAQTO et Selina Quito, ainsi que la présence de grandes entreprises de services, télécoms et logiciels. L’infrastructure est solide, avec un aéroport international, de bonnes connexions routières et un réseau actif d’événements professionnels tels que l’AWS Community Day et des salons sectoriels.
Les coûts sont plus élevés que dans les petites villes, mais restent faibles par rapport à une capitale occidentale. Un appartement confortable se loue généralement entre 700 et 1 200 dollars par mois, les courses autour de 250 à 400 dollars, et un repas au restaurant entre 5 et 15 dollars. La ville est donc adaptée aux projets tech, B2B, services professionnels, éducation, conseil, ou toute activité nécessitant un bon accès aux institutions et aux talents.
Guayaquil : moteur commercial et logistique, mais vigilance sécurité
Guayaquil est la plus grande ville du pays et le poumon économique côtier. Située sur le fleuve Guayas, proche du littoral, elle concentre l’industrie, la logistique portuaire, une grande partie des exportations agroalimentaires et un écosystème startup en construction, notamment autour des fintech et de la logistique.
C’est un emplacement de choix pour :
– des activités liées à l’export (bananes, cacao, fleurs, crevettes, produits transformés) ;
– la logistique et les services portuaires ;
– la transformation alimentaire et la distribution.
La ville présente un niveau de criminalité parmi les plus importants d’Amérique du Sud, nécessitant une gestion rigoureuse de la sécurité, un choix prudent des quartiers (résidentiels fermés, zones d’affaires) et une vigilance accrue lors des déplacements.
Cuenca, Loja, villes andines et petits bourgs
Pour beaucoup d’expatriés, Cuenca est la “porte d’entrée” en Equateur. Ville coloniale de taille moyenne, très bien conservée, avec un coût de la vie contenu (1 500 à 2 500 dollars par mois pour un couple, loyer entre 500 et 800 dollars, courses 200 à 300 dollars), un climat de printemps permanent (15 à 26 °C), un bon niveau de sécurité et une forte communauté étrangère.
Cuenca accueille un grand nombre de retraités nord‑américains, mais aussi des entrepreneurs dans la restauration, le tourisme de niche, les services à la communauté expat, les contenus médias anglophones, etc. C’est une ville idéale pour des projets à taille humaine dans le tourisme, la culture, les services, voire pour piloter à distance une activité en ligne.
Pour une expérience plus authentique et économique, Loja est une alternative intéressante à Cuenca, avec un coût de la vie inférieur de 20 à 30 %. Elle attire un public étudiant et offre une scène culturelle active. Pour des projets très ciblés (bien-être, écotourisme, artisanat, agriculture de niche), des villes plus petites comme Cotacachi, Vilcabamba ou Ibarra présentent des opportunités, mais le marché local y est restreint.
Côte pacifique, Amazonie et villes secondaires
Les villes côtières comme Manta, Salinas, Playas, Olón ou Montañita proposent un cadre balnéaire, intéressant pour des projets touristiques (hébergement, restauration, surf camps, coliving, coworking côtier). Manta, avec plus de 200 000 habitants et un grand port, mêle vie de plage et infrastructures modernes.
L’Amazonie (Tena, Puyo, Coca) et des villes comme Baños, au pied des Andes, sont plutôt des terrains de jeu pour l’écotourisme, l’aventure, ou des projets liés à la biodiversité, à l’environnement ou à la recherche.
Pour un entrepreneur expatrié, il est vivement conseillé de passer d’abord plusieurs semaines sur place, idéalement avec le visa touristique de 90 jours, en louant à court terme et en visitant plusieurs régions avant de figer son choix.
Comprendre l’environnement économique et sectoriel
S’implanter en Equateur sans tenir compte de sa structure économique, c’est prendre le risque d’investir à contre‑courant. Or certains secteurs sont clairement porteurs, d’autres saturés ou trop dépendants d’une clientèle expat restreinte.
Les secteurs clés et les grandes tendances
Plusieurs filières se détachent comme particulièrement favorables aux investisseurs étrangers :
– Agro‑export et agro‑industrie : l’Equateur est le premier exportateur mondial de bananes, un acteur majeur pour le cacao, les fleurs coupées, les crevettes, l’huile de palme. Les non‑hydrocarbures représentent une part croissante des exportations, avec un excédent commercial non pétrolier proche de 4 milliards de dollars début 2025. Le gouvernement mise sur la montée en gamme (“Premium & Sustainable Strategy”) : produits bio, traçabilité, certifications internationales, transformation locale, logistique réfrigérée.
– Énergie et infrastructures : forte dépendance à l’hydroélectricité et déficit de capacité de base (thermique) ont provoqué une crise énergétique récente. Les autorités cherchent des investissements dans la production (gaz, renouvelables), le transport et la distribution électrique, ainsi que dans les grandes infrastructures via des partenariats public‑privé (raffinerie, ports, routes, lignes à haute tension).
L’Équateur possède un potentiel minier considérable et connaît une croissance rapide de ses exportations, devenant une destination attractive pour les investissements.
Le pays détient d’importantes réserves de cuivre, d’or et d’argent, estimées à plus de 220 milliards de dollars de ressources.
Les exportations minières sont passées de moins de 300 millions de dollars en 2018 à plus de 2,2 milliards en 2022.
L’Équateur est désormais l’un des pays les plus attractifs de la région pour les investissements miniers, malgré un contexte social sensible.
– Technologies et services digitaux : le marché des TIC pesait environ 4,45 milliards de dollars en 2022 et pourrait atteindre plus de 7,7 milliards à horizon 2027, avec une croissance annuelle supérieure à 11 %. Le nombre d’entreprises IT est passé d’environ 500 à plus de 3 000 en une décennie, dont une cinquantaine de fintech. Des startups emblématiques comme Kushki (fintech), Infinitum (e‑commerce), Bioáctica (biotech) ont levé des tours à plusieurs dizaines de millions de dollars. L’État investit aussi dans l’IA (santé, sécurité, environnement) et dans le haut débit.
– Tourisme : paradoxalement, il ne pèse qu’environ 3 % du PIB, un des taux les plus faibles de la région, ce qui laisse un vaste potentiel. Avant la pandémie, 57 % des touristes venaient de pays à hauts revenus et dépensaient près de 1 500 dollars par séjour. Le pays veut développer un tourisme plus structuré, sécurisé et durable (guidelines nationales, plan de sécurité touristique, mise à niveau des standards).
Avec une main-d’œuvre jeune et formable, une économie dollarisée et des coûts salariaux modérés, l’Équateur présente des opportunités dans plusieurs secteurs : les services B2B, l’externalisation (BPO, support client, services financiers partagés), l’éducation en ligne et la santé privée (télésanté).
Dans ce contexte, un entrepreneur expatrié a intérêt à s’aligner sur ces grandes vagues plutôt qu’à créer une énième micro‑entreprise ciblant exclusivement les expatriés.
Attention aux business “d’expats pour expats”
Plusieurs témoignages d’expatriés installés en Equateur convergent : ouvrir un bar, un restaurant ou un service pensé uniquement pour la communauté étrangère peut sembler simple, mais la taille de ce marché est limitée. À Cuenca, par exemple, même si l’on parle de milliers de résidents nord‑américains, cela reste une goutte d’eau par rapport à la population totale.
La pandémie a révélé la fragilité de ces modèles : beaucoup de commerces dédiés aux étrangers ont fermé quand une partie de cette clientèle est repartie. Des comparaisons chiffrées montrent qu’un freelance travaillant en ligne pour un client d’un pays développé peut gagner dix fois plus que s’il vendait le même type de prestation au marché local.
Pour un expatrié, la stratégie la plus solide consiste souvent à :
– soit continuer à travailler à distance pour des clients étrangers (et bénéficier de la vie moins chère en Equateur) ;
– soit bâtir un business ancré dans la demande locale équatorienne ou dans l’export, en utilisant le pays comme base de production/logistique.
Visas et statuts de résidence adaptés aux entrepreneurs
On ne crée pas une entreprise durable en Equateur avec un simple tampon touristique. Le pays a mis en place un système de visas relativement transparent, articulé autour de la résidence temporaire (deux ans) et permanente. Pour un entrepreneur, plusieurs options existent.
Le visa d’investisseur (Inversionista)
C’est le sésame le plus direct pour un créateur d’entreprise ou d’actifs en Equateur. Ce visa de résidence temporaire (valable deux ans, renouvelable) donne le droit de vivre et de travailler légalement dans le pays. Il ouvre un chemin vers la résidence permanente (en environ trois ans) et la citoyenneté (en quatre ans de résidence, sous conditions de présence sur le territoire et de maîtrise de l’espagnol).
Le principe : réaliser un investissement minimum indexé sur le salaire de base unifié (SBU). Le seuil est fixé à 100 fois ce salaire. Les montants évoluent donc régulièrement, mais la barre se situe récemment autour de 45 000 à près de 50 000 dollars.
Plusieurs types d’investissement sont éligibles :
Pour obtenir un visa d’investisseur en Équateur, plusieurs options sont possibles : déposer un certificat de dépôt à terme d’au moins 730 jours dans une institution financière locale, acquérir un bien immobilier d’une valeur minimale (environ 80 000 $ pour une personne seule), détenir une participation dans une société équatorienne (au moins 10 000 $ de capital), ou conclure un contrat d’investissement ou de délégation de gestion avec l’État ou une entité publique.
Condition importante : l’investissement doit être maintenu pendant toute la durée de la résidence temporaire. La revente ou le retrait anticipé peuvent faire tomber le visa, sauf si le statut a déjà évolué vers la résidence permanente.
Autres visas utiles aux entrepreneurs
– Visa de professionnel : pour les titulaires de diplômes universitaires reconnus. Le diplôme doit être apostillé et enregistré auprès des autorités académiques équatoriennes (SENESCYT). Il faut aussi justifier d’un revenu mensuel d’au moins un salaire de base (par exemple autour de 480 dollars selon les années). Ce statut est intéressant pour les indépendants (consultants, ingénieurs, médecins, etc.).
Ce visa est destiné aux personnes travaillant à distance pour une entreprise ou des clients étrangers. Pour l’obtenir, il faut prouver un revenu mensuel stable, généralement équivalent à trois fois le salaire de base (soit environ 1 400 à 1 500 dollars), auquel s’ajoute un supplément par personne à charge. C’est une option idéale pour tester le pays tout en conservant une activité professionnelle internationale.
Dans tous les cas, la procédure est intégralement dématérialisée via un portail officiel (e‑visa). Elle est réputée technique, avec peu de marge pour des erreurs. Les documents étrangers doivent être apostillés, traduits par un traducteur assermenté en Equateur et datés de moins de six mois. Un examen médical, des casiers judiciaires des cinq dernières années de résidence et des justificatifs d’assurance peuvent être exigés selon le type de visa.
Les autorités peuvent demander des entretiens en personne et la présentation d’originaux. Travailler avec un avocat ou un cabinet spécialisé (plusieurs en Equateur accompagnent déjà de nombreux expatriés) est fortement recommandé.
Choisir la bonne structure juridique
En Équateur, le droit des sociétés offre plusieurs formes adaptées aux différentes tailles et ambitions de projet. Le choix de la structure influe sur la responsabilité, la fiscalité, l’accès aux incitations et la lourdeur administrative.
Panorama des principales formes
Trois grandes familles concentrent l’essentiel des créations :
| Forme juridique | Abréviation locale | Nombre de fondateurs | Capital minimum indicatif | Responsabilité | Profil type |
|---|---|---|---|---|---|
| Société par actions simplifiée | S.A.S. | 1 actionnaire possible | Pas de minimum légal (400 $ recommandés) | Limitée aux apports | Startups, PME, entrepreneurs solos |
| Société à responsabilité limitée | S.R.L. / Cía. Ltda. | 2 à 15 associés | 400 $ | Limitée aux apports | Petites et moyennes entreprises classiques |
| Société anonyme | S.A. | Au moins 2 actionnaires | 800 $ | Limitée aux apports | Entreprises plus grandes, levées de capitaux |
À cela s’ajoutent :
– la succursale de société étrangère, qui permet à une entreprise déjà existante à l’étranger d’ouvrir un établissement en Equateur sans créer une entité totalement nouvelle (capital requis d’environ 2 000 dollars, obligation de nommer un représentant légal local) ;
– la entreprise individuelle (persona natural con negocio), particulièrement simple à mettre en place mais où l’entrepreneur est indéfiniment responsable.
Pour un expatrié, la S.A.S. est souvent la voie royale : elle peut être créée avec un seul actionnaire, sans capital minimum imposé, avec des statuts souples et une procédure d’enregistrement plus légère (essentiellement auprès de la Superintendencia de Compañías). C’est l’outil typique pour un projet en phase de test, une startup tech, une petite structure de conseil ou de commerce.
Démarches de création : étapes clés
Même si le détail exact varie selon la forme choisie, le parcours de base ressemble à ceci :
La première étape pour créer une société au Portugal est de sélectionner la forme juridique appropriée (S.A.S., S.R.L., S.A., succursale, etc.). Ce choix crucial doit tenir compte de plusieurs facteurs : le nombre d’associés fondateurs, le besoin de flexibilité dans la gestion et les statuts, l’éventuelle recherche d’investisseurs externes, ainsi que les obligations légales spécifiques à certains secteurs d’activité. Une analyse de ces éléments est essentielle pour poser des bases solides.
2. Désigner un représentant légal résidant en Equateur. Si tous les actionnaires sont étrangers, le représentant doit être résident équatorien (ou étranger avec résidence en règle). Ce point est crucial : tout lien avec l’administration passera par cette personne.
3. Réserver le nom de la société auprès de la Superintendence de Compagnies pour éviter les doublons et verrouiller l’identité de l’entreprise.
4. Rédiger les statuts et l’acte constitutif, qui précisent l’objet social, le capital, la répartition des parts, les règles de gouvernance. Ces documents sont ensuite soumis pour approbation à la Superintendence. Les délais habituels tournent autour de 5 à 10 jours ouvrables pour cette phase.
5. Enregistrer la société au Registre du Commerce (Registro Mercantil) : c’est l’acte qui donne une existence légale pleine et entière à la société.
6. Obtenir le numéro fiscal (RUC) auprès de l’administration fiscale (SRI). Délai usuel : 1 à 3 jours. Sans RUC, impossible de facturer, de déduire la TVA ou de payer les impôts.
Pour ouvrir un compte bancaire professionnel en Équateur, les banques exigent généralement des documents spécifiques tels que l’acte de constitution de la société, la nomination du représentant légal, la liste des associés, le numéro RUC et parfois des informations financières prévisionnelles.
8. Demander les licences et permis municipaux : licence d’activité économique (LUAE), autorisations sanitaires, environnementales, permis d’import/export, selon la nature de l’activité.
9. S’enregistrer auprès de la sécurité sociale (IESS) si l’on embauche du personnel, et respecter les obligations sociales (déclarations, cotisations, couverture santé et retraite).
En pratique, les délais annoncés pour une création d’entreprise bien pilotée vont d’environ deux à quatre semaines à un mois, mais ils peuvent s’allonger si les documents étrangers ne sont pas en règle ou si la structure est complexe. Les honoraires d’accompagnement (avocats, comptables) représentent un budget qu’il est prudent d’anticiper.
Coûts de constitution et de fonctionnement
Les montants varient fortement selon la structure, la complexité du dossier et la qualité des prestataires choisis. Quelques ordres de grandeur issus de cabinets spécialisés :
| Type d’entité / service | Coût indicatif (USD) |
|---|---|
| Création S.R.L. (LLC) | 1 200 – 3 000 |
| Création S.A. (société anonyme) standard | ~ 15 200 |
| Création de succursale de société étrangère | ~ 16 200 |
| “Package” LLC avec services additionnels | ~ 20 110 |
| Mise en place express + 6 mois de reporting fiscal | ~ 40 710 |
| Frais annuels légaux (domiciliation, obligations de base) | ~ 1 100 |
| Frais annuels comptables et fiscaux | ~ 2 300 |
S’ajoutent des taxes municipales récurrentes :
– taxe de licence commerciale (montant annuel allant de 10 à 25 000 dollars, en fonction des fonds propres) ;
– taxe municipale sur les actifs (“1,5 pour mille”, soit 0,15 % de la valeur nette des actifs).
Ce cadre pousse beaucoup d’expatriés à démarrer petit – par exemple en S.A.S. – ou à tester le marché via une solution alternative comme l’Employer of Record avant de monter une structure complète.
Fiscalité des entreprises : ce qu’un expatrié doit savoir
Le système fiscal équatorien est assez sophistiqué, mais relativement transparent si l’on s’appuie sur un bon cabinet comptable.
Impôt sur les sociétés et autres taxes majeures
Les points principaux :
– impôt sur les sociétés : taux standard de 25 %. Il peut grimper à 28 % si la société a des actionnaires dans des paradis fiscaux ou si la chaîne de propriété jusqu’au bénéficiaire effectif n’est pas pleinement déclarée. À l’inverse, des réductions (jusqu’à 22 %) existent pour les micro et petites entreprises ou certains exportateurs.
– TVA (IVA) : taux normal de 12 % sur la plupart des biens et services, avec des exceptions (taux zéro ou exonérations). Les déclarations sont mensuelles. Les entreprises récupèrent la TVA payée sur leurs intrants, à condition d’être dûment enregistrées.
– partage des bénéfices : particularité équatorienne, 15 % du bénéfice comptable (avant impôt) doivent être distribués aux salariés. Cette charge est déductible du calcul de l’impôt sur les sociétés.
– impôt sur les plus‑values : en général, les gains sont incorporés au résultat imposable. Toutefois, la cession de parts de sociétés équatoriennes est soumise à un taux forfaitaire de 10 % sur la plus‑value. En cas de vendeur étranger, c’est souvent la société équatorienne qui agit comme “substitut” pour verser cet impôt.
Pour les dividendes versés entre sociétés résidentes françaises, l’exonération est la règle. En revanche, un versement à une société non-résidente est généralement soumis à une retenue à la source de 10 %. Pour les associés personnes physiques résidentes en France, les dividendes sont imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, sur une base forfaitaire correspondant à une fraction du montant perçu.
– impôt sur la sortie de capitaux (ISD) : 5 % sur les transferts de fonds à l’étranger, avec des exonérations ciblées (par exemple pour certains biens d’équipement importés pour des projets d’investissement). Cet impôt n’est plus imputable en crédit d’impôt sur l’IS, ce qui renforce l’importance de bien structurer ses flux internationaux.
– taxation de la vente immobilière : en plus de l’impôt sur la plus‑value, il existe une taxe municipale spécifique, avec un taux de base de 10 % sur le gain, diminué de 5 % par année de détention (après 20 ans, la cession est exonérée). Une taxe de mutation de 1 % (alcabala) est également due sur toute transaction immobilière.
Employer du personnel en Equateur implique de respecter un ensemble de règles sociales strictes :
Le salaire minimum national en Équateur est fixé à 21,95 % du salaire brut, représentant le total des cotisations obligatoires à la sécurité sociale (IESS) partagées entre employeur et salarié.
Le non‑respect du droit du travail et des obligations envers l’IESS est l’une des principales sources de contentieux pour les entreprises, en particulier étrangères. C’est un domaine où il faut absolument éviter l’improvisation.
Conventions fiscales et prix de transfert
L’Equateur a signé une vingtaine de conventions de non‑double imposition avec des pays européens, asiatiques, américains. Les règles s’inspirent généralement du modèle OCDE (sauf pour la convention andine), avec des réductions possibles de retenues à la source sur les intérêts, redevances et dividendes, sous réserve de fournir un certificat de résidence fiscale et de démontrer la substance économique des opérations.
Les transactions avec des entités liées, notamment situées dans des juridictions à fiscalité privilégiée, sont soumises à des règles de prix de transfert alignées sur les standards OCDE. Au‑delà d’un certain volume, un rapport de documentation de prix de transfert doit être déposé chaque année.
Pour un expatrié qui structure un groupe de sociétés, ou qui facture depuis l’étranger des services à sa filiale équatorienne, ces règles sont cruciales pour éviter les redressements.
Alternatives à la création d’une entité : Employer of Record
Dans de nombreux cas, surtout au début, un entrepreneur étranger n’a pas besoin immédiatement de sa propre société en Equateur. S’il veut tester le marché, embaucher un commercial, un country manager ou une petite équipe technique, il peut passer par un Employer of Record (EOR).
Le principe : une société spécialisée, déjà implantée en Equateur, devient l’employeur légal de vos collaborateurs locaux. Elle gère toute la paie, les cotisations, les contrats, les obligations légales. De votre côté, vous pilotez le travail, la stratégie, les objectifs, mais vous n’assumez pas directement la relation employeur‑employé vis‑à‑vis de l’État équatorien.
Les avantages :
Pour tester un nouveau marché sans s’engager lourdement, une entreprise peut opter pour une entité sans immatriculation initiale. Cela permet de recruter rapidement en quelques jours, de transformer les coûts de conformité en frais forfaitaires prévisibles, et de faciliter la sortie si le marché ne répond pas aux attentes.
C’est particulièrement adapté à :
– un éditeur de logiciel étranger qui souhaite constituer une petite équipe de développeurs à Quito ou Guayaquil ;
– une entreprise de services qui veut un représentant local avant d’ouvrir une filiale ;
– un fondateur solo qui veut commencer à vendre et apprendre le marché sans se surcharger de formalités.
Une fois que le business prend de l’ampleur, il reste possible de basculer les salariés de l’EOR vers votre propre société équatorienne.
Bancarisation : ouvrir un compte en Equateur
Pour une entreprise comme pour un particulier résidant, disposer d’un compte en Equateur est quasiment indispensable. Là encore, les procédures se sont durcies ces dernières années, sous l’effet de la lutte contre le blanchiment et le financement illicite.
Pays dollarisé, système bancaire prudent
Le système financier est solide et conservateur. On compte une vingtaine de banques, menées par des établissements comme Banco Pichincha, Banco de Guayaquil, Produbanco, Banco del Austro, plus un réseau dense de coopératives d’épargne et de crédit. Les dépôts sont couverts par un fonds de garantie publique (COSEDE), avec un plafond d’environ 32 000 dollars par déposant dans les banques.
C’est le taux d’intérêt attractif, en pourcentage, offert sur les certificats de dépôt à deux ans au Canada, dépassant parfois ce niveau dans certaines coopératives.
Comptes professionnels : documents et délais
Pour ouvrir un compte professionnel au nom de votre société, la plupart des banques demanderont :
Pour ouvrir un compte bancaire d’entreprise au Pérou, il est généralement nécessaire de fournir plusieurs documents, notamment : l’acte de constitution et les statuts de la société ; une preuve de la nomination du représentant légal, attestée par son inscription au Registre du Commerce ; la pièce d’identité et, le cas échéant, la cédula du représentant ; le numéro de Registre Unique du Contribuable (RUC) de l’entreprise ; la liste des actionnaires ; une facture de service public (électricité ou eau) servant de justificatif d’adresse ; ainsi que des formulaires de « connaissance du client » (KYC) détaillant l’activité de l’entreprise, l’origine des fonds et les prévisions de flux financiers.
Les délais annoncés vont de quelques jours à deux semaines, selon la réactivité de la banque et la complexité du dossier. Il est courant que les établissements limitent d’abord certaines opérations (montants, types de virements) jusqu’à ce qu’un historique soit établi.
Ressources, réseaux et événements pour entrepreneurs étrangers
Un des grands points forts de l’Equateur pour un créateur d’entreprise est la densité d’événements professionnels et de réseaux mixtes (locaux/internationaux), en particulier dans et autour de Quito et Guayaquil.
Des chambres de commerce binationales, comme les chambres équatoriano‑américaines de Quito et de Guayaquil (AmCham), organisent régulièrement :
– rencontres de réseautage ;
– formations sur la fiscalité, les marchés publics, la conformité ;
– missions commerciales vers les États‑Unis et d’autres marchés.
De grands salons sectoriels structurent aussi les écosystèmes :
| Événement | Ville | Secteur | Intérêt pour un entrepreneur |
|---|---|---|---|
| Oil&Power – Energías Renovables | Guayaquil | Énergie, pétrole, renouvelables | Rencontrer opérateurs énergétiques, fournisseurs et décideurs publics |
| World Congress of Aquaculture (AQUAEXPO) | Guayaquil | Aquaculture, crevette, technologies marines | Comprendre une filière d’export clé (crevettes) et ses besoins en innovation |
| Expominas | Quito | Mines, équipements, services | Cartographier les opportunités dans la mine responsable et les services connexes |
| Expo Flor Ecuador | Quito | Fleurs, horticulture durable | Accès direct aux grands exportateurs, aux acheteurs internationaux et aux innovations logistiques |
Dans le numérique, des rendez‑vous comme AWS Community Day Ecuador ou les nombreux “expos” business et tech qui se tiennent dans les grands hôtels de Quito (Le Parc, GO Quito, etc.) permettent de nouer des contacts dans l’écosystème IT, cloud et startup.
Pour un expatrié, intégrer ces réseaux dès l’arrivée aide à :
– rencontrer des partenaires potentiels (distributeurs, avocats, comptables, techniciens) ;
– s’informer sur les appels d’offres publics ;
– comprendre les codes culturels du business local.
Règles du jeu informelles : culture d’affaires et écueils
Au‑delà des lois et des chiffres, réussir en Equateur impose de décoder un certain nombre de réalités culturelles et pratiques.
Le poids des relations et de la confiance
Le monde des affaires équatorien accorde une place essentielle aux relations personnelles. Les décisions se prennent rarement uniquement sur la base de dossiers techniques ou d’offres écrites. D’où quelques implications :
– investir du temps dans les rencontres physiques, les déjeuners, les événements professionnels ;
– éviter les négociations trop agressives ou purement transactionnelles ;
– comprendre que les engagements verbaux comptent fortement, même si, juridiquement, seul le contrat écrit fait foi.
Pour franchir efficacement les barrières administratives et sociales, il est souvent décisif de se doter d’un partenaire local crédible. Celui-ci peut prendre la forme d’un associé, d’un représentant ou simplement d’un conseiller.
Bureaucratie, instabilité réglementaire et corruption
Le cadre légal et fiscal a tendance à changer fréquemment : nouveaux décrets, réformes fiscales, ajustements de taux. Les règles peuvent être appliquées de manière inégale entre régions ou administrations, et la corruption reste un risque identifié par les institutions internationales.
Pour limiter l’exposition :
Pour sécuriser ses investissements à l’international, il est crucial de suivre de près les évolutions législatives et fiscales via un cabinet d’avocats ou de conseil. Il faut également refuser toute « solution rapide » proposée en dehors des canaux officiels, même sous la pression. Enfin, pour les gros contrats, il est recommandé de recourir à des clauses d’arbitrage ou de médiation et de privilégier les conventions d’investissement qui offrent une certaine stabilité fiscale.
Sécurité et risques physiques
Globalement, en Equateur, la sécurité est très variable selon les villes et quartiers. Certaines zones côtières ou quartiers urbains connaissent une criminalité élevée, parfois liée au trafic de drogue. Des manifestations politiques peuvent dégénérer. Les routes de montagne peuvent être dangereuses par mauvais temps.
Pour un entrepreneur, cela implique : s’engager pleinement dans son projet, prendre des risques calculés, développer une vision à long terme et s’adapter rapidement aux changements du marché.
– de bien choisir le lieu d’implantation de son entreprise et de son logement ;
– d’investir dans des mesures de sécurité adaptées (contrôle d’accès, transports sécurisés, assurances) ;
– de prévoir des plans de continuité pour les activités critiques (pannes de courant, blocages routiers).
Stratégie concrète pour un expatrié : par où commencer ?
Face à la richesse – et à la complexité – de l’environnement équatorien, la question clé est : comment structurer sa démarche, étape par étape, pour maximiser ses chances de succès tout en limitant le risque ?
Un cheminement pragmatique pourrait ressembler à ceci :
1. Phase d’exploration (3 à 6 mois) Arriver avec un visa touristique (90 jours) ou un statut de nomade digital, louer meublé, passer du temps dans plusieurs villes (Quito, Cuenca, une ville côtière, éventuellement Loja ou Manta). Pendant cette période, travailler éventuellement en remote pour un client étranger pour sécuriser un revenu.
2. Étude de marché ciblée Plutôt que de se fier uniquement à l’intuition, recourir à un cabinet d’étude de marché local ou international (plusieurs opérateurs sont présents en Equateur) pour valider la demande, la concurrence, les prix, les canaux de distribution. Cela peut être crucial dans des secteurs comme l’agro‑transformation, la tech B2B, la logistique ou le tourisme.
Le visa dépend du projet : investisseur pour un investissement important, professionnel pour un métier réglementé, nomade digital si l’activité reste internationale. Prévoyez 3 à 4 mois pour préparer le dossier (apostilles, traductions, casier judiciaire).
4. Décision structurelle : EOR ou société locale Si l’objectif est d’abord de tester le marché avec un ou deux employés, un Employer of Record peut suffire. Si l’on souhaite louer des bureaux, signer des contrats locaux, bénéficier d’incitations fiscales ou demander un visa d’investisseur via l’entreprise, la constitution d’une S.A.S. ou d’une S.R.L. devient nécessaire.
5. Mise en place opérationnelle En s’appuyant sur un avocat et un comptable, créer la société, ouvrir le compte bancaire, demander les licences municipales, installer une comptabilité conforme aux normes IFRS locales, embaucher au minimum un administrateur‑comptable (interne ou externe).
Pour assurer la pérennité de votre entreprise en Équateur, structurez-la d’abord pour le marché local. Cela implique de mener toutes vos communications, votre service client et de concevoir votre site web en espagnol. Ciblez en priorité la clientèle équatorienne et explorez les opportunités d’exportation permises par les accords commerciaux du pays. Considérez la clientèle expatriée comme un avantage complémentaire, et non comme le cœur de votre modèle économique.
7. Intégration progressive dans les réseaux économiques Adhérer à une chambre de commerce, participer aux grands salons de son secteur, multiplier les rencontres avec les institutions publiques (ministères, agences de promotion, banques de développement). Repérer les programmes d’appui (crédits verts, formation, subventions à l’innovation).
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Créer son entreprise en Equateur n’est ni un eldorado facile, ni un terrain impraticable. C’est un pays à fort potentiel, où l’on trouve une main‑d’œuvre motivée, une économie stabilisée par le dollar, des niches encore peu exploitées (tourisme haut de gamme, agro‑industrie durable, services numériques, BPO, énergies propres), mais aussi un environnement administratif exigeant et une culture d’affaires très relationnelle.
Pour un expatrié, la clé réside dans trois éléments : prendre le temps de comprendre le pays avant d’y investir lourdement, s’entourer de professionnels locaux fiables (avocats, comptables, partenaires), et construire un projet tourné vers la réalité économique équatorienne – ses besoins, ses forces, ses contraintes – plutôt que de chercher à reproduire à l’identique un modèle importé de l’étranger.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer en Équateur, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Panama, Uruguay, Équateur), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Équateur pour sa fiscalité modérée sur les revenus étrangers, son coût de vie nettement inférieur à la France (Quito et Cuenca souvent 30 à 50 % moins chères que Paris) et ses régimes de visas favorables aux retraités. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un visa retraité avec achat ou location de résidence principale, structuration de la couverture santé locale et internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), coordination avec un réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et restructuration patrimoniale internationale pour limiter les risques de double imposition et préparer la transmission.
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