Le coût de la vie en Équateur pour les expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à l’étranger est souvent une histoire de compromis entre budget, confort et qualité de vie. Dans ce trio, l’Equateur est devenu en une dizaine d’années un cas à part : un pays où il est possible, pour un revenu modeste venu d’Europe ou d’Amérique du Nord, de vivre bien mieux que “chez soi”. Pour de nombreux expatriés et retraités, le calcul est vite fait : avec un coût de la vie de 50 à 70 % inférieur à celui des États‑Unis ou de l’Europe de l’Ouest, la question n’est plus “est-ce abordable ?”, mais plutôt “quel style de vie puis-je m’offrir ?”.

Bon à savoir :

Ce guide détaille, chiffres à l’appui, les dépenses réelles pour un expatrié : logement, nourriture, transports, santé, loisirs, éducation et formalités. Il précise également les écarts de prix entre les différentes villes du pays.

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Combien faut-il pour vivre confortablement en Equateur ?

Les données issues de plusieurs enquêtes de terrain et bases de prix convergent vers les mêmes ordres de grandeur. Un couple peut mener une vie confortable pour moins de 23 000 dollars par an, soit environ 1 900 dollars par mois. À ce niveau de dépenses, on parle d’un mode de vie incluant un bon appartement en ville, des sorties régulières au restaurant, l’accès à une bonne couverture santé, une aide ménagère hebdomadaire, et même la possibilité de posséder une voiture (bien que beaucoup s’en passent).

Landscape budgétaire

Résumé des fourchettes de prix généralement constatées pour mieux situer le contexte financier.

Prestations de base

Les services essentiels démarrent généralement à partir de 500 €, selon la complexité et la durée.

Prestations intermédiaires

Pour des projets plus complets incluant du développement, les budgets se situent souvent entre 1 500 € et 5 000 €.

Projets sur mesure

Les solutions complexes et entièrement personnalisées peuvent représenter un investissement à partir de 8 000 €.

ProfilStyle de vieBudget mensuel typique
Personne seuleSerré / modeste800 à 1 200 $
Personne seuleConfortable1 000 à 2 500 $
CoupleConfortable “classique”1 200 à 1 800 $
CoupleTrès confortable / haut de gamme2 000 à 3 200 $
Famille de 4Voyage lent / Andes1 500 à 1 900 $
Famille de 4Confort urbain2 000 à 2 800 $

Dans la pratique, un retraité seul peut s’en sortir honorablement autour de 1 000 dollars par mois dans une ville andine moyenne, tandis qu’un couple à Cuenca vivant “plutôt bien” dépense autour de 1 900 dollars mensuels, détail que l’on verra plus loin.

À l’échelle macro, l’Equateur tourne autour d’un coût moyen de 844 dollars par mois pour une personne et un peu plus de 2 100 dollars pour une famille, quand les mêmes profils dépassent 2 500 et 5 700 dollars aux États‑Unis. La différence de pouvoir d’achat est telle qu’un revenu de 1 500 ou 2 000 dollars mensuels, modeste à New York ou Paris, donne ici un statut presque aisé.

Le logement : le poste clé, mais rarement ruineux

Le logement reste la principale dépense d’un expatrié, mais les montants n’ont rien à voir avec ceux de l’Amérique du Nord ou de l’Europe. Globalement, les loyers sont évalués 70 à 80 % moins chers que dans la plupart des grandes villes américaines.

Ranges de loyers selon les villes

Les variations entre villes, et même entre quartiers, sont très marquées. On peut cependant tracer quelques lignes directrices.

Ville (location type)1 chambre (hors centre)2 chambres typique3 chambres (hors centre)
Cuenca300 – 500 $350 – 800 $450 – 700 $
Quito350 – 600 $650 – 1 100 $750 – 800 $
Loja250 – 350 $250 – 400 $400 – 600 $
Vilcabamba300 – 350 $500 – 600 $ (maison)600 – 650 $
Salinas (côte)450 – 500 $700 – 1 200 $630 – 1 800 $
Manta (côte)450 – 500 $800 – 1 000 $1 200 – 1 300 $
Cotacachi250 – 280 $400 – 500 $400 – 450 $

Dans les quartiers prisés, on voit rapidement les prix grimper. À Quito, un trois-pièces meublé en plein centre se loue autour de 800 dollars, mais dans les quartiers haut de gamme comme Cumbayá ou Quito Tenis, les grandes maisons en lotissement sécurisé avec piscine dépassent facilement 2 000 dollars mensuels.

À Cuenca, ville star des retraités, un appartement moderne de deux chambres avec terrasse, vue sur les montagnes, internet et charges incluses tourne autour de 750 dollars. Ce niveau correspond déjà à un standing confortable : nombreux expatriés vivent avec des loyers compris entre 300 et 600 dollars, souvent pour de beaux deux ou trois-pièces.

400

Le loyer mensuel d’un appartement meublé d’une chambre dans le centre historique de Cotacachi, en Équateur.

Modestes appartements, penthouses et maisons avec terrain

Le spectre de l’offre est large :

Des appartements modestes de deux chambres dans des quartiers non touristiques à partir de 300 dollars par mois.

Des duplex ou penthouses de luxe dans les meilleurs quartiers urbains autour de 1 300 dollars.

– Des maisons avec jardin et arbres fruitiers en campagne (Vilcabamba, Cotacachi, vallée de Yunguilla, etc.) dans une fourchette de 500 à 800 dollars.

Un trait marquant : de nombreuses annonces de particuliers ou d’agences locales restent moins chères que les offres orientées vers les expatriés. Ceux qui cherchent sur les plateformes anglophones paient souvent une “prime gringo” que l’on évite en négociant en espagnol.

Meublé, non meublé, alícuota : les détails qui font varier la note

Dans la plupart des villes, un logement meublé coûte 100 à 200 dollars de plus par mois que le même bien nu. Et un “non meublé” équatorien signifie souvent “vide de tout” : pas de frigo, pas de cuisinière, parfois même pas de chauffe‑eau. Pour un projet de quelques mois, un meublé est donc plus rationnel, tandis que sur 3 à 5 ans il peut être intéressant d’acheter ses propres appareils électroménagers pour profiter d’un loyer plus bas.

Astuce :

Dans les immeubles en copropriété, l’alícuota est une contribution mensuelle aux frais communs (gardiennage, ascenseur, entretien des espaces partagés). Son coût peut varier entre 0,70 et 0,80 dollar par mètre carré. Il est crucial de vérifier si ce montant est inclus ou non dans le loyer annoncé, car cela impacte significativement le budget mensuel total.

Les équipements jouent aussi sur le prix : piscine, salle de sport, sécurité 24/7 et vues dégagées augmentent facilement la facture de 150 à 300 dollars par mois.

Acheter un bien : à partir de 600 $/m²

Pour ceux qui envisagent l’achat, les prix moyens sont, là encore, sans commune mesure avec les métropoles occidentales.

LocalisationPrix moyen au m² (achat appartement)
Centre-ville grande ville1 000 – 1 500 $
Hors centre600 – 900 $
Quito centre (donnée détaillée)1 666 $ / m²
Cuenca centre (donnée détaillée)1 333 $ / m²

On trouve encore des appartements ou même de petites maisons autour de 50 000 dollars, notamment dans certains quartiers de Quito ou dans des villes moyennes. Un condo de deux chambres et deux salles de bain à Cuenca, bien situé, se négocie plutôt entre 100 000 et 200 000 dollars.

La fiscalité locale est très clémente sur la propriété : certains propriétaires de maisons rurales témoignent de taxes foncières annuelles ridicules, de l’ordre d’une douzaine de dollars.

Les charges et services : un poste étonnamment léger

Dans un budget équatorien, les charges domestiques représentent bien moins qu’en Amérique du Nord ou en Europe. L’explication est simple : climat globalement doux, électricité peu chère, et usage limité du chauffage et de la climatisation, surtout dans les Andes.

Electricité, eau, gaz, internet, téléphone

Pour un appartement de surface moyenne, on observe souvent les montants suivants :

PosteFourchette mensuelle typique
Electricité30 – 60 $ (Andes), jusqu’à 80–100 $ si clim sur la côte
Eau5 – 15 $
Gaz (cuisine / chauffe‑eau)3 – 10 $
Internet fixe (60–100 Mbps)25 – 40 $
Téléphone portable (forfait data)10 – 20 $

À Cuenca, un couple rapporte des factures de gaz d’environ 3 dollars par mois, une facture d’électricité rarement au-delà de 20 dollars, et un abonnement internet à 25 dollars. Dans de nombreuses familles, le total des charges (hors loyer) reste inférieur à 100 dollars. Un exemple de budget global de services, incluant parfois téléphone fixe et télévision par satellite, tourne autour de 120 dollars mensuels.

0,097

Le prix du kWh résidentiel en France est d’environ 0,097 dollar, soit un peu plus de 60 % de la moyenne mondiale.

Eau potable : un point d’attention

L’eau du robinet n’est pas considérée comme potable dans la plupart des régions. Il faut donc prévoir l’achat d’eau en bonbonnes ou l’installation d’un système de filtration. Compter 10 à 20 dollars par mois pour une famille, selon la consommation.

Une exception notable : Cuenca. La ville dispose d’une usine de traitement et l’eau y est officiellement potable. Beaucoup de nouveaux arrivants préfèrent toutefois une période d’adaptation avant de la boire directement.

Se nourrir : entre marchés ultra bon marché et importations chères

La nourriture est l’un des postes où l’écart de coût est le plus perceptible pour un expatrié. Les produits frais locaux sont souvent étonnamment bon marché, tandis que les produits importés (céréales de marque, vins étrangers, snacks américains…) peuvent coûter plus cher que dans leur pays d’origine.

Budget alimentation à la maison

Les études de dépense aboutissent aux estimations suivantes :

ProfilBudget mensuel courses (hors alcool)
Personne seule150 – 250 $
Couple300 – 500 $
Famille de 4420 – 520 $

Un couple qui n’achète que des produits locaux et fréquente les marchés (“mercados”) peut maintenir sa facture autour de 350 à 400 dollars. Des expatriés très soucieux de la qualité (bio, viande de pâturage, produits laitiers de petite ferme) parlent de 200 à 300 dollars pour deux, en privilégiant la production andine.

En revanche, un couple qui remplit son caddie chez Supermaxi ou dans les grandes enseignes avec beaucoup de produits importés peut facilement atteindre les 500 dollars.

Pour se faire une idée des prix, voici quelques repères usuels.

Produit (env.)Prix typique
Mangues / avocats3 pour 1 $
Fraises1 $ / livre
Œufs (30)3,50 – 4,50 $ (marché)
Poulet (filet, 1 lb)2,50 – 3,50 $
Poisson frais (1 lb)3 – 5 $
Riz (1 kg)1,30 – 1,40 $
Pain (pain de mie / miche)1,50 – 2,50 $
Lait (1 L)~1,00 $
Fromage local (500 g)~3,60 $
Pommes (1 kg)~1,66 $
Laitue (1 tête)~0,67 $
Eau minérale (1,5 L)~0,85 $

Dans les zones rurales, les prix peuvent encore baisser. À Loja, par exemple, une douzaine d’œufs au marché peut descendre à 1,20 dollar, tandis qu’en supermarché de chaîne, la même boîte frôle parfois les 3 dollars.

Marchés contre supermarchés

La différence provient du circuit de distribution. Sur les marchés municipaux ou les petites “tiendas”, les aliments viennent directement de petits producteurs ou de grossistes locaux, sans frais de marketing ni d’emballage sophistiqué. À l’inverse, les chaînes comme Supermaxi importent une partie de leur assortiment, ce qui entraîne un surcoût de 10 à 25 % sur de nombreux produits, voire beaucoup plus pour certaines marques étrangères.

Exemple :

Pour optimiser son budget, une stratégie efficace consiste à acheter les produits frais sur les marchés, où ils sont souvent moins chers et de meilleure qualité, et à se rendre en supermarché uniquement pour certains produits spécifiques qui ne sont pas disponibles ailleurs.

Manger dehors : un luxe devenu quotidien

L’autre choc pour les nouveaux arrivants concerne les prix des restaurants. En Equateur, déjeuner à l’extérieur n’est pas réservé aux grandes occasions.

Les “almuerzos”, ces menus du midi proposés par de nombreux petits restos, sont emblématiques. Pour 2,50 à 4 dollars, on obtient :

une soupe,

un plat principal (souvent riz, viande ou poisson, salade),

un jus de fruit,

– et parfois un dessert simple.

Un repas du soir dans un restaurant local sans prétention coûte de 5 à 10 dollars par personne. Dans les établissements de gamme moyenne, on monte vers 15 à 25 dollars par tête, boissons incluses.

Quant aux adresses gastronomiques des grandes villes, même en “se faisant plaisir” avec entrée, plat, dessert, vin et pourboire, un couple dépasse rarement 70 à 80 dollars.

Type de repasPrix typique
Almuerzo (menu de midi)2,50 – 4 $
Repas simple dans un resto local5 – 12 $
Dîner dans un restaurant de gamme moyenne15 – 25 $ / personne
Repas dans un restaurant haut de gamme (couple, vin et pourboire)70 – 80 $ max
Cappuccino2 – 3 $
Bière locale (pinte)2 – 3 $

Résultat : beaucoup d’expatriés s’autorisent des repas dehors trois ou quatre fois par semaine sans exploser leur budget. Un couple raisonnable qui alterne cuisine maison et sorties peut ainsi consacrer 150 à 250 dollars par mois à la restauration, en restant dans des établissements locaux.

La seule véritable note salée concerne l’alcool, en particulier le vin importé, lourdement taxé. Une bouteille moyenne peut coûter le double du prix constaté en Europe ou en Amérique du Nord.

Transports : se passer de voiture sans se priver

La surprise se poursuit quand on regarde la mobilité. En Equateur, la voiture personnelle devient un choix, non une contrainte. Les transports publics urbains et interurbains sont bon marché, répandus et relativement efficaces.

Bus, tram et métro : quelques centimes le trajet

Dans la plupart des villes, le billet de bus urbain tourne autour de 0,30 à 0,35 dollar. À Cuenca, la ligne de tramway “Tranvía” facture environ 0,35 dollar le trajet avec une carte rechargeable. À Quito, le métro flambant neuf s’aligne sur des tarifs similaires.

Pour un usage quotidien, un pass mensuel de transport en commun se négocie autour de 20 à 27 dollars. Les retraités de plus de 65 ans bénéficient d’une remise de 50 % sur les transports publics et les billets d’avion au départ de l’Equateur, ce qui réduit encore la facture.

Bon à savoir :

Les taxis constituent une option de transport complémentaire. La prise en charge initiale se situe généralement entre 1,25 $ et 1,50 $. Pour une course en ville, le coût est souvent compris entre 2 $ et 5 $. Dans les grandes agglomérations, des applications comme Uber, Cabify ou InDrive sont également disponibles, proposant des tarifs comparables, voire légèrement inférieurs.

Voyager dans le pays : bus longue distance et avions intérieurs

Pour les déplacements interurbains, le bus reste le roi. Les liaisons entre grandes villes sont fréquentes et peu coûteuses. Un trajet Cuenca–Guayaquil (environ 4 heures) coûte une dizaine de dollars ; Quito–Cuenca (10 heures de route) se facture autour de 18 dollars.

Une règle empirique souvent vérifiée : compter à peu près un dollar par heure de route en bus.

Pour ceux qui préfèrent l’avion, le réseau intérieur (largement desservi par LATAM notamment) affiche des prix très raisonnables : 50 à 100 dollars l’aller simple entre les principales villes, selon la saison et la franchise bagages.

Voiture personnelle : chère à l’achat, économique à l’usage

Là où l’Equateur surprend, c’est sur le coût d’achat des véhicules. Les taxes d’importation font grimper les prix des voitures bien au-delà de ce que l’on pourrait attendre : un Hyundai Tucson d’occasion (8 ans, 100 000 km) peut se vendre autour de 25 000 dollars. Un SUV ou une berline neuve atteint sans peine le niveau d’un véhicule neuf en Europe, voire davantage.

40

De nombreux expatriés dépensent entre 40 et 50 dollars par mois pour l’essence à l’usage quotidien.

En ajoutant assurance (20 à 100 dollars mensuels selon la couverture), petit entretien (50 à 100 dollars) et stationnement (30 à 80 dollars), on reste dans une enveloppe de l’ordre de 140 à 200 dollars par mois pour posséder et faire rouler un véhicule. Mais nombre de résidents étrangers choisissent de s’en passer, surtout en ville, et se contentent d’un budget transport public/taxis de 25 à 50 dollars par mois.

Santé : soins de qualité pour une fraction du prix

Pour un expatrié, la question médicale est souvent cruciale. Sur ce terrain, l’Equateur cumule plusieurs atouts : un système public accessible aux étrangers, un secteur privé performant, et des tarifs globalement dix fois moindres que ceux pratiqués aux États‑Unis.

Système public (IESS) et assurances privées

Le système de sécurité sociale, l’IESS, est ouvert aux résidents étrangers. On peut y souscrire volontairement, moyennant une cotisation calculée en pourcentage du revenu déclaré. Dans la pratique, beaucoup d’expatriés se basent sur un revenu “minimum légal” pour réduire leur cotisation, ce qui place la prime mensuelle dans une fourchette de 70 à 80 dollars pour une personne, et autour de 95 dollars pour un couple selon certains témoignages.

L’IESS couvre largement :

hospitalisation,

soins en consultations,

médicaments (dans la limite des stocks disponibles),

certains soins dentaires et optiques,

– et même un forfait funéraire.

L’inconvénient : délais parfois longs, bureaucratie, équipements inégaux selon les établissements, et peu de personnel anglophone.

Attention :

Pour une couverture optimale, de nombreux expatriés combinent l’IESS avec une assurance privée ou souscrivent un contrat entièrement privé. Le coût de ces assurances privées varie généralement entre 50 et 200 dollars par mois, en fonction de plusieurs critères.

l’âge (forte hausse après 65 ans),

le niveau de couverture,

la franchise,

les exclusions.

Pour une personne de 50 à 70 ans en bonne santé, il est courant de trouver des polices entre 50 et 150 dollars mensuels, souvent avec une franchise annuelle inférieure à 500 dollars et une prise en charge de 75 à 100 % des coûts hospitaliers.

Coût des consultations, examens et interventions

Les exemples concrets abondent et parlent d’eux‑mêmes :

– une consultation chez un généraliste : souvent 25 à 40 dollars ;

– un spécialiste : 40 à 80 dollars ;

– une séance de kiné : autour de 20 dollars de l’heure ;

– un détartrage dentaire : 20 à 30 dollars ;

– une obturation : 25 à 45 dollars ;

– un examen sanguin complet : environ 195 dollars ;

– une IRM : entre 150 et 300 dollars selon l’établissement ;

– une visite aux urgences : autour de 120 dollars.

12000

Le coût d’une hystérectomie en Équateur, contre 100 000 dollars aux États-Unis.

Les médicaments suivent la même logique : les génériques coûtent quelques dollars par mois, et certaines molécules onéreuses aux États‑Unis deviennent abordables. Un exemple cité fait état d’un traitement annuel dont le ticket modérateur américain (co‑pay) avoisinait 850 dollars, acheté comptant à Cuenca pour 78 dollars l’année.

Budgéter la santé dans son plan de vie

En pratique, un couple qui choisit une assurance privée correcte avec une franchise modérée peut prévoir un budget santé mensuel de 150 à 300 dollars. Ajouter l’IESS comme “filet” revient à sécuriser encore davantage la situation, pour un supplément de l’ordre de 80 à 100 dollars.

Pour des retraités bénéficiant de Medicare ou d’une mutuelle d’entreprise, certains schémas combinent un contrat international à forte franchise (en cas de gros pépin) avec une couverture locale plus basique. Dans tous les cas, même avec une double assurance, le total reste très largement en deçà des primes américaines équivalentes.

Services à domicile, loisirs, éducation : le confort du “petit luxe”

Une particularité de la vie en Equateur est la possibilité, pour un budget moyen, de s’offrir des services et des loisirs qui seraient considérés comme luxueux dans d’autres pays.

Aide ménagère, garde d’enfants, petits travaux

Les salaires locaux étant relativement bas, l’emploi de personnel domestique est courant, y compris chez les classes moyennes équatoriennes. Pour un expatrié, cela se traduit par :

une journée complète de ménage, lessive et parfois cuisine pour 20 à 25 dollars ;

un service hebdomadaire pour 80 à 100 dollars par mois ;

un jardinier ou homme à tout faire une fois par semaine pour environ 120 dollars par mois.

250-400

C’est le coût mensuel en dollars pour une nanny à plein temps pour la garde d’enfants.

Loisir et culture : abondance de gratuit et de “pas cher”

Entre les parcs, les sentiers de randonnée, les marchés artisanaux, les concerts gratuits, les projections en plein air et une offre culturelle bien plus riche qu’on ne l’imagine, il est possible de se divertir sans vider son compte en banque.

Quelques repères de prix :

ActivitéCoût typique
Abonnement salle de sport25 – 40 $ / mois
Billet de cinéma5 – 7 $
“Mega pack” popcorn + boissons pour 3 au ciné~10 $
Mini‑golf (2 h)~7 $
Coupe de cheveux homme5 – 13 $
Coupe de cheveux femme10 – 15 $
Café/cappuccino dans un café branché2,50 – 4 $

Beaucoup de musées municipaux sont gratuits, notamment à Cuenca, et les concerts d’orchestre ou de chorales publiques ne coûtent souvent rien, ou symboliquement 1 ou 2 dollars.

200 à 300

C’est le budget mensuel en dollars qu’un couple peut consacrer aux loisirs en incluant plusieurs sorties au restaurant et des activités occasionnelles.

École et enseignement privé

Pour les familles, le tableau est plus nuancé. L’école publique est gratuite, mais l’enseignement privé de haute qualité peut vite représenter un gros poste budgétaire.

On trouve toutefois une large gamme de prix :

Type d’établissementCoût typique
Crèche / maternelle privée (temps plein)120 – 450 $ / mois
École privée “standard”100 – 800 $ / mois
École internationale primaire (anglophone, IB…)5 600 – 8 600 $ / an

En moyenne, une école primaire internationale facture autour de 6 000 à 7 000 dollars par an. Certaines familles optent pour des écoles privées bilingues moins onéreuses, ou pour des solutions d’enseignement à domicile complétées par des tuteurs (8 à 15 dollars de l’heure).

Exemples de budgets complets : du retraité frugal au couple “premium”

Pour bien visualiser comment se répartissent les dépenses, il est utile de regarder des budgets concrets compilés à partir d’expériences d’expatriés.

Budget d’un couple à Cuenca : environ 1 900 $ par mois

Un couple de retraités vivant confortablement à Cuenca décrit la structure suivante :

PosteMontant mensuel
Loyer (2 chambres, bon quartier, charges incluses)600 $
Charges (eau, électricité, gaz, internet, téléphone, TV)120 $
Aide ménagère (1 jour / semaine)100 $
Courses (hors alcool)500 $
Voiture (assurance, carburant, entretien, hors immat.)140 $
Santé (IESS pour 2)95 $
Dépenses personnelles diverses100 $
Loisirs / sorties resto (6 fois / mois)250 $
Total1 905 $

À ce tarif, il ne s’agit pas d’un mode de vie “au rabais” : appartement de qualité, repas réguliers au restaurant, voiture personnelle et assurances sont incluses. En rognant sur certains postes – voiture, sorties, logement plus simple – certains couples descendent vers 1 500 dollars, voire moins.

Budget solo “confortable” à Cuenca : autour de 1 400 $

Une personne seule disposant d’un bon revenu, mais sans excès, peut viser un budget de ce type :

PosteMontant mensuel approximatif
Loyer (1 chambre meublée)550 $
Charges100 $
Courses200 $
Restaurants100 $
Assurance santé privée150 $
Transports (bus, taxis)50 $
Loisirs150 $
Divers100 $
Total1 400 $

Couple à Quito, standard de vie urbain : autour de 2 300 $

Dans la capitale, avec un style de vie urbain un peu plus onéreux :

PosteMontant mensuel
Loyer (2 chambres meublé, bon quartier)850 $
Charges130 $
Courses350 $
Restaurants200 $
Santé (assurance privée couple)300 $
Transports80 $
Loisirs250 $
Divers150 $
Total2 310 $

Couple “premium” sur la côte : environ 4 000 $

Sur le littoral, un couple qui choisit un grand appartement face à la mer, plusieurs services domestiques et des assurances haut de gamme peut atteindre ce niveau :

PosteMontant mensuel
Loyer (3 chambres vue mer)1 500 $
Charges180 $
Courses450 $
Restaurants400 $
Santé (assurance premium)500 $
Transports (incl. voiture)150 $
Loisirs / voyages intérieurs400 $
Aide ménagère / jardinier200 $
Divers220 $
Total4 000 $

On reste pourtant loin des montants qu’un niveau de confort comparable impliquerait sur une côte américaine ou en Europe méditerranéenne.

Différences entre villes : Cuenca, Quito, côte et petites villes andines

Bien que le pays soit globalement abordable, toutes les villes ne se valent pas du point de vue du coût de la vie.

Coût de la vie en Équateur

Comparatif des budgets selon les principales villes et régions du pays pour les expatriés et les voyageurs.

Cuenca : la plus abordable

10 à 15 % moins chère que Quito avec le loyer, et jusqu’à 11 % sans. Restaurants (-14%) et courses (-15%) bien plus économiques.

Quito : capitale aux contrastes

Salaires locaux plus élevés et large offre de services, mais des quartiers haut de gamme très onéreux. Budget expatrié reste inférieur à une métropole occidentale.

Villes andines : budget très serré

Loja, Ibarra, Riobamba… proposent des loyers faibles, des marchés très bon marché et peu de produits importés.

Côte : contrastes marqués

Manta et Salinas deviennent coûteuses en front de mer. Portoviejo et Bahía de Caráquez restent très abordables en s’éloignant du littoral.

Dans toutes ces destinations, le budget est modulable selon trois leviers principaux : le type de logement, la fréquence des sorties au restaurant et le recours (ou non) à des services premium (assurance santé haut de gamme, voiture neuve, écoles internationales, etc.).

Visas, revenus exigés et impact sur le budget

Pour beaucoup d’expatriés, le coût de la vie ne peut être dissocié des conditions d’obtention d’un visa de résidence. L’Equateur est réputé pour la relative facilité de ses procédures, mais impose un niveau de revenus minimum indexé sur le salaire de base national (SBU).

Pour les visas de retraite (Jubilado), de rentier (Rentista), de digital nomad ou assimilés, la règle est généralement “trois fois le salaire minimum” comme revenu mensuel stable. Avec un SBU fixé autour de 470 dollars, cela signifie un seuil d’environ 1 410 dollars pour le candidat principal, auquel s’ajoutent 230 à 250 dollars par personne à charge.

Bon à savoir :

Un revenu mensuel compris entre 1 500 et 2 000 USD, provenant par exemple d’une pension de retraite ou d’activités en ligne, permet à la fois de satisfaire le seuil légal pour obtenir un visa et d’assurer un niveau de vie confortable dans la plupart des villes du pays.

Pour un visa investisseur, l’exigence porte non sur le revenu mais sur un montant investi, en dépôt à terme ou en immobilier, généralement un peu au-dessus de 42 000 dollars. Là encore, ce ticket d’entrée reste nettement inférieur à ce qui est demandé par d’autres pays offrant des statuts de résidence par investissement.

Où le budget dérape-t-il vraiment ?

Malgré l’image de “paradis bon marché”, certains postes peuvent rapidement faire grimper l’addition si l’on adopte sans filtre un style de consommation importé d’Amérique du Nord ou d’Europe.

Parmi ces pièges budgétaires fréquents :

Attention :

Plusieurs postes de dépenses, souvent liés à l’importation ou au secteur premium, peuvent alourdir considérablement le budget. Il s’agit notamment des vins et spiritueux importés (très taxés), de l’achat d’une voiture neuve ou récente (surtaxée à l’import), de la scolarité dans les écoles internationales les plus cotées, des locations saisonnières en zones très touristiques (ex: condos en front de mer en haute saison) et, de manière plus subtile, du recours systématique aux produits importés de marque en supermarché plutôt qu’aux alternatives locales.

À l’inverse, ceux qui adoptent des habitudes “locales” – marché couvert, transports publics, restaurants populaires, logement dans des quartiers moins gentrifiés – constattent souvent une baisse de 60 à 80 % de leurs dépenses par rapport à leur pays d’origine. Certaines estimations évoquent même des économies de 80 à 90 % sur les coûts du quotidien par rapport aux États‑Unis, pour un niveau de confort équivalent.

Un coût de la vie bas, mais une adaptation nécessaire

Derrière les chiffres flatteurs, l’Equateur n’est pas un décor figé où tout serait parfait et peu cher. Les expatriés doivent composer avec d’autres réalités : insécurité en hausse dans certaines zones, infrastructures inégales en dehors des grandes villes, lenteurs administratives, bruit, grèves ou manifestations ponctuelles, et une différence culturelle marquée.

Sur le plan économique, la corruption, l’instabilité politique et les écarts de revenus créent un environnement parfois déroutant. Le salaire moyen après impôts oscille entre 500 et 700 dollars, ce qui explique à la fois le coût très bas des services domestiques et certaines tensions sociales.

Astuce :

Pour les retraités ou les actifs en télétravail, la Colombie offre un excellent rapport coût/qualité de vie. Le pays séduit par son ‘printemps éternel’ dans les Andes, ses plages préservées, sa nature spectaculaire et un réseau de soins performant dans les grandes villes. Il est possible d’y vivre confortablement avec un budget qui, dans d’autres pays, ne couvrirait que les dépenses fixes.

La clé pour que l’équation fonctionne tient en peu de choses : accepter de s’adapter, intégrer les habitudes locales, et se construire un budget réaliste qui tienne compte non seulement des dépenses mensuelles, mais aussi des coûts de départ (meubles, visa, billets d’avion, voyages de reconnaissance) et des allers‑retours périodiques vers le pays d’origine.

Pour ceux qui sont prêts à ce compromis, la vie en Equateur peut réellement coûter “la moitié du prix” tout en offrant, paradoxalement, deux fois plus d’espace, de temps libre et de marge de manœuvre financière.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Équateur pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Équateur, Panama, Costa Rica, Portugal), la stratégie a consisté à cibler l’Équateur pour ses régimes favorables aux retraités étrangers (réductions d’impôts, exemptions partielles, avantages sur TVA), son coût de vie nettement inférieur à la France (Quito ou Cuenca souvent 40–50 % moins chers que Paris) et son cadre de vie stable en dollars US. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention de la résidence de retraité avec achat ou location longue durée, maintien/rupture maîtrisée des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), transfert bancaire et patrimonial, et mise en relation avec un réseau local francophone/anglophone (avocats, immigration, notaires) pour sécuriser investissements et transmission.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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