S’installer ou investir en Micronésie fait rêver de plus en plus d’expatriés en quête de lagons turquoise, d’îles préservées et de projets à taille humaine. Mais derrière la carte postale, le cadre juridique est l’un des plus restrictifs du Pacifique pour les étrangers, notamment sur la propriété foncière. Impossible d’y improviser un achat comme on le ferait en Europe ou en Amérique du Nord.
Ce guide détaille le fonctionnement du marché immobilier micronésien pour les expatriés, en précisant les droits et interdictions définis par la Constitution. Il présente les structures juridiques à utiliser, les rendements potentiels à espérer et les principaux pièges à éviter pour un investissement réussi.
Comprendre le contexte micronésien avant d’investir
La Micronésie, officiellement États fédérés de Micronésie, est un archipel de plus de 600 îles réparties en quatre États : Yap, Chuuk, Pohnpei et Kosrae. Environ 104 000 habitants, un PIB d’environ 400 millions de dollars, une économie très dépendante de l’aide américaine via le Compact of Free Association (COFA), du produit des licences de pêche, des envois de fonds et d’un tourisme encore modeste.
Taux de croissance annuel projeté pour l’archipel jusqu’en 2028.
Dans ce contexte, la pierre – au sens strict – ne se négocie pas comme ailleurs : la terre est au cœur des liens familiaux et coutumiers, et le droit constitutionnel verrouille son accès aux étrangers.
Propriété foncière : ce que la Constitution autorise (et interdit)
Le point de départ de tout projet immobilier en Micronésie tient en une phrase : la Constitution interdit explicitement la propriété foncière aux non‑citoyens. Aucun expatrié, même résident de longue durée, ne peut être propriétaire du sol. C’est un verrou juridique clair, qui distingue la Micronésie d’autres destinations insulaires plus ouvertes.
En pratique, cela signifie que : la mise en œuvre des nouvelles politiques doit être effectuée avec soin et attention aux détails pour garantir leur succès.
Un étranger ne peut pas acheter de terrain, que ce soit en zone urbaine ou rurale. La seule voie d’accès à l’immobilier pour un non‑citoyen repose sur le **bail à long terme** (leasehold). En revanche, il est possible de posséder un bâtiment, une structure ou une entreprise construite sur un terrain loué.
Le système foncier combine trois grandes catégories :
– terres privées, généralement détenues par des familles, clans ou individus citoyens ;
– terres publiques, contrôlées par l’État ou des collectivités pour un usage public ;
– terres coutumières, gérées selon des règles traditionnelles, souvent sans enregistrement formel mais socialement reconnues.
Dans les zones rurales et les îles extérieures, la coutume domine largement. Les droits se transmettent par lignées, les décisions passent par les chefs de clan ou les anciens, et les accords oraux comptent souvent autant que les contrats écrits. Pour un expatrié, ignorer cette dimension culturelle revient à prendre un risque majeur, même avec un bail estampillé « légal ».
Un marché immobilier de niche, stable mais peu liquide
Le marché immobilier micronésien reste de petite taille, sans base de données exhaustive ni réseau d’agences développé. Pas de MLS, peu d’annonces en ligne, beaucoup de transactions conclues de gré à gré. L’historique des prix est fragmentaire, mais certaines tendances se dégagent.
Entre 2010 et 2015, l’activité immobilière était limitée et locale, avec une appréciation annuelle de 1 à 2 %. La montée en puissance du tourisme entre 2015 et 2020 a accéléré cette progression à 2 à 3 % par an. La pandémie a ensuite brisé cette dynamique, limitant la hausse à seulement 0 à 1 % entre 2020 et 2022. Depuis 2023, une reprise timide est observée, avec des augmentations de 2 à 3 %, stimulée par un intérêt croissant des nomades digitaux et des projets d’amélioration de la connectivité internet.
La caractéristique majeure du marché reste sa faible volatilité. On est loin des cycles spéculatifs des grandes métropoles : la valeur dépend principalement de la qualité du bail, des infrastructures, des améliorations apportées au bien, de la santé du tourisme local et de la durée restante du bail, plus que d’un « jackpot » sur le terrain lui‑même, auquel de toute façon l’étranger n’a pas accès en pleine propriété.
Les zones les plus dynamiques sont les capitals d’États – Kolonia (Pohnpei), Colonia (Yap), Weno (Chuuk), Lelu/Tofol (Kosrae) – ainsi que certains sites touristiques de plongée ou d’écotourisme.
Les baux à long terme, cœur de la stratégie pour expatriés
En l’absence de propriété foncière pour les étrangers, toute stratégie immobilière repose sur la structuration du bail. Trois grandes formules dominent : bail standard, bail de développement et joint‑venture avec des partenaires locaux.
Bail standard : s’assurer une base solide
Le bail standard est la forme la plus courante pour louer un terrain à des fins résidentielles ou commerciales. Sa durée se situe généralement entre 25 et 55 ans selon l’État, avec parfois une option de renouvellement.
Ce type de bail :
– doit être rédigé et signé dans les formes prévues par la loi locale ;
– est en principe enregistrable auprès des services fonciers de l’État ;
– peut nécessiter des approbations administratives, surtout en présence de droits coutumiers.
Ce document contractuel définit les éléments essentiels d’un projet (durée, loyers, indexation, droits de construire, transfert, entretien). Sa rédaction détermine directement la valeur de revente du droit au bail.
Bail de développement : pour les projets ambitieux
Le bail de développement vise les opérations plus lourdes : resort, eco‑lodge, petit complexe commercial, exploitation agricole structurée. Il offre souvent :
– une durée pouvant aller jusqu’à 55 ans ;
– des engagements de développement (investissements, délais de construction, nombre de chambres, etc.) ;
– éventuellement des incitations fiscales ou des facilités administratives ;
– un niveau d’examen et d’approbation plus élevé, parfois jusqu’au gouvernement de l’État.
Dans certains États, comme Kosrae, les projets touristiques durables bénéficient de procédures accélérées et d’avantages fiscaux, offrant une meilleure rentabilité à long terme.
Dans certains États, comme Kosrae, les projets touristiques « verts » bénéficient d’une procédure administrative accélérée.
Ce type de bail, bien que complexe à négocier, sécurise votre position sur le long terme.
La rentabilité globale est améliorée grâce à des allègements fiscaux spécifiques.
Joint‑venture avec des partenaires locaux
Pour contourner certains blocages d’accès à des secteurs ou des opportunités réservées aux citoyens, beaucoup d’expatriés se tournent vers des joint‑ventures avec des personnes ou sociétés micronésiennes.
Ce montage, qui peut prendre la forme d’une corporation locale détenue majoritairement par des citoyens, présente plusieurs atouts :
– meilleure acceptation sociale et politique du projet ;
– accès à des terrains ou des activités réservées aux nationaux ;
– intégration plus fluide dans les réseaux locaux.
Mais il suppose une gouvernance soigneusement cadrée : droits de vote, répartition des profits, clauses de sortie, protection contre les blocages. Dans un environnement où les relations personnelles pèsent autant que les textes, choisir son partenaire local est au moins aussi crucial que choisir son terrain.
Ce que coûtent les baux et les projets selon les États
Les ordres de grandeur varient nettement selon l’État, la localisation et l’usage du terrain. Le tableau ci‑dessous donne une vue synthétique des fourchettes observées pour les loyers annuels de bail et les investissements de développement associés.
| État / Zone | Type de bien | Loyer annuel de bail (USD) | Investissement de développement (USD) |
|---|---|---|---|
| Pohnpei – Kolonia | Local commercial | 10 000 – 30 000 | 150 000 – 400 000 |
| Pohnpei – côtes | Terrain resort / tourisme | 5 000 – 20 000 | 200 000 – 1 500 000 |
| Pohnpei – zones rurales | Terrain agricole | 2 000 – 8 000 | 50 000 – 200 000 |
| Chuuk – Weno | Commercial / mixte | 8 000 – 15 000 | 100 000 – 300 000 |
| Chuuk – îles du lagon | Terrain resort plongée | 6 000 – 25 000 | 250 000 – 800 000 |
| Yap – Colonia | Petit commercial | 5 000 – 12 000 | 80 000 – 250 000 |
| Yap – îles extérieures | Terrain écotourisme | 2 000 – 8 000 | 100 000 – 400 000 |
| Kosrae – Lelu/Tofol | Commercial / résidentiel | 4 000 – 10 000 | 75 000 – 200 000 |
| Kosrae – côtes | Terrain éco‑resort | 3 000 – 15 000 | 150 000 – 600 000 |
Pour un expatrié, ces chiffres se combinent avec des coûts de construction élevés (200 à 350 dollars par pied carré, soit nettement plus qu’en zone continentale) et une logistique chère : l’acheminement des matériaux augmente la facture de 30 à 60 %, tandis que les équipements sont en moyenne 20 à 40 % plus coûteux.
Résidentiel, tourisme, commerce : quels rendements espérer ?
La rentabilité d’un projet dépend avant tout du segment choisi, du site et de la capacité à gérer un actif isolé. Les données collectées donnent une image relativement cohérente des rendements bruts possibles une fois le projet stabilisé.
| Segment | Rendement locatif attendu (brut) |
|---|---|
| Propriétés touristiques | 5 – 8 % |
| Immobilier commercial | 6 – 10 % |
| Opérations de plongée | 7 – 12 % |
| Terres agricoles | 4 – 7 % |
| Locations résidentielles | 3 – 5 % |
Les prévisions d’appréciation à cinq ans demeurent modestes, mais positives, surtout sur les actifs les mieux positionnés.
| Type d’actif | Appréciation annuelle prévue (5 ans) |
|---|---|
| Commercial à Pohnpei | 2 – 4 % |
| Propriétés touristiques | 1 – 3 % |
| Terrains en front de mer | 2 – 5 % |
| Terres agricoles | 0 – 2 % |
| Terrains non aménagés | 1 – 3 % |
En combinant rendement locatif et plus‑value, certaines études de cas illustrent le potentiel :
| Projet type | Horizon | Rendement total estimé |
|---|---|---|
| Immeuble commercial à Pohnpei | 5 ans | 45 – 50 % |
| Boutique resort de plongée à Chuuk | 5 ans | 50 – 55 % |
| Eco‑lodge à Kosrae | 5 ans | 40 – 45 % |
| Exploitation agricole structurée | 5 ans | 30 – 35 % |
| Projet mixte (commerce + hébergement) à Yap | 5 ans | 50 – 55 % |
Ces chiffres supposent toutefois une phase de montée en puissance de 2 à 3 ans, notamment pour les projets touristiques affectés par la saisonalité, les limites de desserte aérienne et la visibilité encore réduite de la Micronésie sur le marché international.
Retour annuel sur investissement pour un éco-resort de 6 unités à Kosrae, incluant l’appréciation de l’actif.
Le cadre légal des investissements étrangers
Au niveau fédéral, l’investissement étranger est encadré par le Foreign Investment Act, complété par les règles propres à chaque État. Ce texte définit notamment trois catégories de secteurs :
– une « liste rouge » nationale, totalement fermée aux capitaux étrangers (fabrication d’armes, frappe de monnaie, nucléaire, etc.) ;
– une « liste ambre », soumise à des critères spécifiques d’agrément ;
– une « liste verte », ouverte sans conditions particulières, qui inclut notamment les télécoms, certaines activités bancaires et la pêche dans la zone économique exclusive.
Pour les activités immobilières et touristiques, la compétence est déléguée aux États, chacun ayant ses propres procédures et priorités. Par exemple, Pohnpei a adopté en 2023 de nouvelles lignes directrices pour uniformiser les dossiers d’investissement étranger, et Kosrae a mis en place un traitement accéléré pour les projets touristiques écologiquement responsables.
En pratique, un expatrié doit :
– obtenir un Foreign Investment Permit auprès de l’État concerné (et parfois au niveau national pour certains secteurs) ;
– constituer si besoin une société locale ou enregistrer une succursale ;
– demander un business license pour l’activité envisagée.
Les permis d’investissement sont en général valables un an et renouvelables. Ils ne sont pas librement cessibles : un changement d’activité ou de structure peut imposer un nouveau dossier.
Processus d’investissement : de la prospection à l’enregistrement du bail
L’absence de MLS et de marché structuré change profondément la façon de chercher un bien. La plupart des expatriés passent par un faisceau de sources :
– bureaux gouvernementaux (State Land Offices, Foreign Investment Boards) ;
– avocats locaux, chambres de commerce, communautés d’expatriés ;
– forums en ligne, quelques plateformes internationales, contacts directs avec des exploitants ou propriétaires.
Une fois un site identifié, le processus suit plusieurs grandes étapes.
1. Négociation et ancrage local
La négociation du bail ne se limite pas au rapport propriétaire/locataire. Dans de nombreuses zones coutumières, les chefs de clan, les anciens ou les conseils traditionnels doivent être consultés. Les discussions peuvent inclure :
– la durée du bail et les options de renouvellement ;
– le montant et l’échéancier des loyers ;
– les engagements de développement pris par l’investisseur ;
– les bénéfices attendus pour la communauté (emplois, infrastructures, contributions diverses).
La réussite des projets dépend autant de la qualité des relations tissées avec les communautés que des indicateurs financiers.
Michael Terlep, Islander Consulting Group
2. Due diligence juridique et coutumière
Dans un pays où les frontières foncières sont parfois mal documentées et où les registres restent incomplets, la due diligence doit être particulièrement rigoureuse. Elle comprend :
– la vérification du droit du bailleur à louer la parcelle, en recoupant titres formels, cadastre (lorsqu’il existe) et témoignages locaux ;
– l’identification des ayants droit coutumiers, notamment dans les zones où la terre est gérée par les clans ;
– la vérification des servitudes, restrictions d’usage, protections environnementales, éventuelle valeur culturelle ou historique du site ;
– la validation des limites et de la superficie par un arpentage certifié.
Engager un avocat local expérimenté est considéré comme indispensable. Beaucoup de litiges naissent de chevauchements entre droits coutumiers et enregistrements modernes ou d’accords oraux non mis par écrit.
3. Étude environnementale et risques climatiques
La Micronésie est exposée aux typhons, aux inondations, à l’érosion côtière et à la montée du niveau de la mer. Les projets d’envergure requièrent en général une étude d’impact environnemental dont le coût se situe entre 1 500 et 5 000 dollars.
Pour évaluer les risques côtiers d’un bien, il est recommandé d’interroger les anciens habitants. Leurs témoignages sur les épisodes de tempêtes passés, les zones historiquement inondées et les mouvements du rivage observés sur plusieurs décennies fournissent des informations précieuses. Ces connaissances orales constituent un complément utile aux cartes officielles et aux rapports techniques existants.
Dans les secteurs protégés ou sensibles, les exigences peuvent être plus strictes, avec des restrictions fortes sur les constructions, les rejets et l’occupation des sols.
4. Autorisations, permis et enregistrement
Une fois le bail négocié et les vérifications faites, vient le temps des formalités :
– dépôt du dossier d’investissement étranger (avec plan d’affaires, identité des bénéficiaires effectifs, structure choisie) ;
– obtention du Foreign Investment Permit (250 à 1 000 dollars de frais) ;
– constitution éventuelle d’une société locale (articles d’incorporation, résolution autorisant l’investissement, etc.) ;
– délivrance du business license (300 à 1 000 dollars par an) ;
– enregistrement du bail auprès des services fonciers (frais de 100 à 500 dollars).
L’ensemble du processus, de la négociation à l’enregistrement du bail, prend généralement entre 3 et 6 mois pour un dossier relativement simple, parfois plus pour un projet complexe ou impliquant plusieurs niveaux d’autorité.
Coûts d’acquisition, de construction et d’exploitation
Au‑delà du bail lui‑même, un projet immobilier en Micronésie implique une série de dépenses initiales et récurrentes.
Coûts initiaux typiques
Les données disponibles permettent de dresser un ordre de grandeur des coûts au démarrage d’un projet classique.
| Poste de dépense | Fourchette indicative (USD) |
|---|---|
| Premier paiement de bail | 5 000 – 30 000 |
| Permis d’investissement étranger | 250 – 1 000 |
| Honoraires juridiques | 2 000 – 5 000 |
| Arpentage foncier | 1 000 – 3 000 |
| Enregistrement du bail | 100 – 500 |
| Étude d’impact environnemental | 1 500 – 5 000 |
| Frais de facilitateur / intermédiaire | 5 – 10 % de la valeur du projet |
À ces montants s’ajoutent les coûts de construction et de viabilisation, beaucoup plus élevés que dans des économies continentales, du fait de l’isolement et de l’importation massive de matériaux.
Frais d’exploitation annuels
Une fois le bien en service, les principaux postes récurrents ressemblent à ceci :
| Poste de dépense | Fourchette annuelle (USD) |
|---|---|
| Loyer de bail | 5 000 – 30 000 |
| Renouvellement de licence business | 300 – 1 000 |
| Assurance (typhons, responsabilité, etc.) | 2 000 – 10 000 |
| Électricité (0,40 – 0,60 USD/kWh) | 3 600 – 36 000 |
| Réserve maintenance (3–5 % valeur bien) | Variable |
| Gestion locale (si non auto‑géré) | 15 000 – 35 000 |
| Internet haut débit | 1 800 – 6 000 |
| Voyages et supervision du propriétaire | 5 000 – 15 000 |
La fiscalité sur l’activité repose surtout sur une Gross Revenue Tax de 2 à 3 % du chiffre d’affaires, à laquelle s’ajoutent d’éventuelles taxes hôtelières (5 à 10 %) selon les États, des droits de douane de 3 à 5 % sur les importations, une taxe sur les salaires (6 à 10 %) et des contributions de sécurité sociale (15 % au total, part employeur + employé).
Il n’existe pas de taxe foncière nationale généralisée en France. Cependant, certains États ou collectivités peuvent appliquer des prélèvements spécifiques sur les terrains ou les activités touristiques.
Financer un investissement : cash ou crédit étranger
Le système bancaire local est limité. La Bank of the Federated States of Micronesia et la Bank of Guam assurent l’essentiel des services, complétées par quelques petites coopératives de crédit. L’accès au crédit pour les étrangers est extrêmement restreint :
– intérêts de 8 à 12 % lorsque le financement est accordé ;
– durées courtes, de 5 à 10 ans ;
– préférence marquée pour les emprunteurs citoyens.
En pratique, la majorité des investisseurs étrangers s’appuient sur :
– des fonds propres (cash) ;
– des lignes de crédit ou hypothèques obtenues dans leur pays d’origine (par exemple, refinancement d’un bien résidentiel).
Mécanismes de financement liés au développement durable, à l’adaptation climatique ou au tourisme responsable, disponibles via certains programmes américains ou banques de développement régionales.
Recours à des subventions ou à des financements concessionnels, spécifiquement orientés vers le développement durable, l’adaptation climatique ou le tourisme responsable.
Disponibles via certains programmes américains ou par l’intermédiaire de banques de développement régionales.
Ces mécanismes nécessitent un montage de dossier lourd et une approche de type quasi institutionnelle.
À noter, l’usage du dollar américain élimine le risque de change pour les investisseurs en USD et simplifie la projection des flux financiers.
Statuts de séjour et visas pour investisseurs
Le COFA offre un avantage majeur aux citoyens américains : ils peuvent entrer, résider et travailler en Micronésie sans visa et sans limite de durée. Pour eux, la question du statut migratoire est presque inexistante.
Pour les autres nationalités, plusieurs options existent :
Panorama des principales options de séjour légal pour explorer, gérer ou investir dans le pays.
Valable 30 jours, prolongeable jusqu’à 90 jours. Idéal pour une phase d’exploration et de repérage. Ne permet pas d’exercer une activité commerciale.
Valable jusqu’à un an et renouvelable. Autorise les démarches d’investissement, la gestion d’activité et des entrées multiples dans le pays.
Lié à un investissement approuvé (généralement à partir de 50 000 $). Droit de résidence de 5 ans, renouvelable. Inclut souvent la famille et permet d’exploiter son entreprise sur place.
Il n’existe pas de programme officiel de citoyenneté par investissement. L’investissement immobilier, même significatif, ne conduit donc pas à la naturalisation.
Gérer un bien à distance dans un archipel isolé
La gestion d’un resort, d’un immeuble ou même d’une simple maison de location en Micronésie est loin d’être passive. La distance, les liaisons aériennes limitées, le coût des pièces détachées et la difficulté à trouver des techniciens qualifiés transforment chaque panne de générateur ou chaque fuite de toiture en casse‑tête logistique.
Trois modèles de gestion se retrouvent fréquemment :
Coût annuel en dollars pour un représentant local salarié, chargé de la gestion quotidienne d’un actif en Micronésie.
Quel que soit le modèle, un contrat de gestion détaillé et des procédures claires de reporting sont essentiels, d’autant plus dans une économie très liquide en cash. Les experts recommandent une période de passation de 2 à 3 semaines lorsqu’on change de gérant, afin d’assurer la continuité des relations avec la communauté et les autorités locales.
Principaux risques et façons de les atténuer
Investir en Micronésie n’a rien d’un « placement parking » dénué de risques. Certains sont structurels, d’autres peuvent être partiellement maîtrisés.
Parmi les risques majeurs :
Les principaux obstacles identifiés incluent : l’insécurité des droits fonciers due aux chevauchements entre droit coutumier et enregistrements officiels ; la faible liquidité du marché, allongeant et rendant incertaines les sorties (6 à 12 mois en moyenne) ; l’exposition aux aléas climatiques (typhons, montée des eaux, érosion) ; les limites d’infrastructures (énergie coûteuse, internet inégal, transport inter-îles contraint) ; la dépendance du tourisme à la conjoncture mondiale et aux liaisons aériennes ; la dépendance macroéconomique à l’aide américaine via le COFA ; et les incompréhensions culturelles avec la sous-estimation des attentes non écrites des communautés locales.
Les stratégies de mitigation qui reviennent chez les professionnels incluent :
Pour un investissement foncier sécurisé à l’étranger, il est crucial de : collaborer avec un avocat local expert en droit foncier et investissement étranger ; réaliser une due diligence approfondie sur l’historique du terrain ; structurer des joint-ventures documentées avec des partenaires locaux réputés ; intégrer des mesures de résilience climatique dès la conception ; entretenir une relation continue avec les autorités et chefs locaux ; et adopter des projections financières prudentes.
Pour les investissements significatifs, la souscription d’une assurance de risque politique ou de risque pays peut également être envisagée.
Combiner opportunités et contraintes : pour quel profil d’expatrié ?
La Micronésie ne s’adresse ni aux investisseurs pressés, ni à ceux qui cherchent un produit purement financier sans implication personnelle. Elle convient davantage :
– aux expatriés ou entrepreneurs prêts à vivre sur place ou à y passer de longues périodes ;
– aux opérateurs de niche : plongée, écotourisme, recherche environnementale, agriculture spécialisée ;
– aux profils à la recherche de projets à taille humaine, intégrés dans une communauté locale, avec un horizon d’investissement de long terme.
La promesse n’est pas celle d’un rendement spéculatif sur la terre – inaccessible aux étrangers – mais d’une exploitation durable d’un bail long, dans un environnement naturel exceptionnel, moyennant une forte dose de patience, de diplomatie et de respect des usages.
Pour les expatriés acceptant ce « contrat moral », l’investissement immobilier en Micronésie peut devenir plus qu’un placement : un projet de vie, au cœur d’îles encore largement en dehors des radars, mais pleinement ancrées dans leurs traditions et leurs paysages.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Micronésie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au dollar américain. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs zones (États fédérés de Chuuk, Pohnpei, Kosrae), la stratégie retenue a consisté à cibler une maison individuelle ou un petit immeuble résidentiel dans une ville portuaire ou touristique en croissance, combinant un rendement locatif brut cible proche de 10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification internationale dans le temps.
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