La question revient chez beaucoup d’acheteurs étrangers : suffit‑il d’acheter un appartement ou une villa pour décrocher une carte de résident en République dominicaine, puis, pourquoi pas, un second passeport quelques années plus tard ? En 2026, la réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît. Oui, un investissement immobilier peut ouvrir la porte à la résidence, voire à la naturalisation accélérée. Mais non, il ne s’agit ni d’un « visa automatique », ni d’une citoyenneté vendue clé en main.
Cet article fait le point, à partir des textes de loi, des décrets et des pratiques administratives recensés pour 2026, sur ce qu’un étranger peut réellement obtenir grâce à un achat immobilier dans le pays.
Résidence par investissement : un programme, pas une citoyenneté à vendre
La République dominicaine a fait un choix clair : elle propose un programme de résidence par investissement, mais pas de citoyenneté par investissement. La nuance est cruciale. Là où certains États caribéens délivrent directement le passeport en échange d’un don ou d’un achat immobilier, les autorités dominicaines exigent d’abord une installation légale sous forme de résidence, puis une naturalisation ultérieure, soumise au pouvoir discrétionnaire de l’État.
Le cadre repose sur la Loi générale sur les migrations 285‑04, son règlement d’application (Décret 631‑11), le Décret 950‑01 (résidence d’investisseur accélérée), la Loi 16‑95 sur l’investissement étranger, la Loi 171‑07 pour les retraités et rentiers, et la Loi 1683 sur la naturalisation. La Dirección General de Migración (DGM) est l’organe clé côté immigration, tandis que ProDominicana (ex CEI‑RD) enregistre officiellement les capitaux étrangers côté investissement.
Autrement dit, on ne « paie » pas pour un passeport. On injecte des capitaux (immobilier, entreprise, obligations, dépôt bancaire, etc.), on obtient une résidence, généralement permanente dès le départ, puis on peut, sous conditions, demander la nationalité après une période de résidence et de présence physique.
Le seuil décisif : 200 000 dollars, ligne de partage
En 2026, le chiffre à retenir pour l’immobilier est clair : 200 000 dollars américains. Ce montant, confirmé par le Décret 631‑11 et repris par les documents officiels de la DGM, constitue le seuil minimal pour qu’un investissement ouvre droit au statut de résident investisseur. En pesos dominicains, on parle d’environ 12,5 millions de RD$, et autour de 170 000 euros, selon les taux évoqués dans les sources.
Ce seuil a des implications très concrètes :
| Montant du bien | Effet sur la résidence par investissement |
|---|---|
| 120 000 US$ | Aucun droit à la résidence d’investisseur |
| 150 000 US$ | Ne suffit pas seul pour le visa investisseur |
| ≥ 200 000 US$ | Peut fonder une demande de résidence investisseur (si correctement enregistrée) |
Un appartement à 120 000 dollars, même dans un beau projet en bord de mer, ne permet donc pas, à lui seul, de déposer un dossier de résidence d’investisseur. À l’inverse, un ensemble de plusieurs biens dont la valeur cumulée dépasse 200 000 dollars peut entrer dans les clous, à condition que l’investissement soit dûment enregistré comme capital étranger.
Le plancher général de la résidence d’investisseur reste fixé à 200 000 dollars en 2026, bien que certaines sources évoquent des seuils plus élevés comme 500 000 dollars pour des projets relevant d’un régime fiscal touristique spécifique (CONFOTUR).
Quels types de biens et d’actifs sont éligibles ?
Contrairement à un fantasme tenace, il n’existe pas de formule « j’achète n’importe quelle maison, j’obtiens un visa ». La réalité dominicaine est plus structurée. L’investissement peut prendre différentes formes, mais toutes ne se valent pas sur le plan migratoire.
L’immobilier reste l’option privilégiée des particuliers. Les biens éligibles sont des propriétés résidentielles ou commerciales dûment titrées, inscrites au Registro de Títulos, sans litiges de bornage. Un condo à Punta Cana, une villa à Las Terrenas ou un local commercial à Santo Domingo peuvent entrer dans le calcul, s’ils atteignent ensemble ou séparément le seuil requis.
Le programme laisse aussi la porte ouverte à d’autres actifs : parts dans une société dominicaine (SRL ou SA) correctement capitalisée, dépôts bancaires à terme, titres financiers locaux, obligations d’État, ou encore participation dans des projets touristiques approuvés. L’important n’est pas tant la forme juridique que la reconnaissance officielle de l’investissement comme capital étranger sous l’égide de la Loi 16‑95.
Pour un acheteur immobilier qui vise surtout la résidence, deux points techniques deviennent déterminants : la régularité du titre de propriété, et l’enregistrement de l’investissement auprès de ProDominicana.
Obtenir la résidence grâce à un bien immobilier : conditions précises
Sur le papier, le mécanisme paraît simple : vous investissez au moins 200 000 dollars dans un bien en République dominicaine, vous demandez le statut d’investisseur, et la DGM vous délivre une carte de résident permanent. Dans la pratique, plusieurs conditions supplémentaires viennent verrouiller le système.
L’argent utilisé doit provenir de l’étranger, et cette origine doit être traçable. Les virements doivent passer par une banque dominicaine, de sorte que ProDominicana puisse attester que le capital est bien un apport externe. Les autorités exigent également que la source des fonds soit licite, ce qui suppose des justificatifs (ventes d’actifs, revenus professionnels, héritage, etc.) et une narration de provenance.
Après l’achat immobilier, il est indispensable d’enregistrer formellement l’investissement comme investissement étranger. Le certificat de registre d’investissement (Constancia de Inversión Extranjera ou CRIE), délivré par ProDominicana, remplit ce rôle. Sans ce document, même un appartement à 300 000 dollars ne sera pas reconnu par la DGM comme base d’un dossier de résidence d’investisseur.
Dernière contrainte : le bien doit être au nom de la personne qui demande la résidence, et dûment « deslindé », c’est‑à‑dire avec un bornage approuvé par le tribunal foncier et inscrit au registre. Les montages via société peuvent être utilisés dans certains cas, mais le schéma le plus direct reste la propriété en nom propre, accompagnée d’un titre clair au Registro de Títulos.
Droit de propriété : un marché remarquablement ouvert aux étrangers
Avant même de parler de résidence, il faut rappeler que la République dominicaine est l’un des marchés fonciers les plus libéraux de la Caraïbe. En vertu de la Loi 16‑95, un étranger peut acheter et détenir un bien dans les mêmes conditions qu’un citoyen dominicain. Aucun sponsor local, aucune participation obligatoire d’un associé dominicain et aucun quota n’entravent les acquisitions.
Un étranger peut acquérir librement un bien immobilier en son nom propre, sans obligation de résidence préalable, et en disposer comme il le souhaite.
Un citoyen étranger peut acheter un appartement, une maison, une villa, un terrain urbain ou une parcelle destinée à la construction.
Il peut librement louer, vendre, hypothéquer ou léguer son bien, sans restriction liée à sa nationalité.
Aucune obligation de résidence préalable n’est imposée pour signer l’acte. Il est même possible d’acheter en simple touriste.
Deux restrictions spécifiques existent, mais elles relèvent davantage de la sécurité nationale que de la xénophobie économique : la frange de 60 mètres à partir de la ligne de marée haute le long du littoral, considérée comme domaine public, et la bande de 60 kilomètres à partir de la frontière haïtienne, où l’acquisition de terrains par des étrangers nécessite une autorisation spéciale. Dans la pratique, ces règles n’entravent quasiment pas les achats résidentiels dans les grands pôles comme Punta Cana, Cap Cana, Las Terrenas, Sosúa, Puerto Plata, Santiago ou Santo Domingo.
Comment se déroule l’achat d’un bien en vue de la résidence ?
Pour l’investisseur qui cible à la fois un rendement immobilier et un statut de résident, l’enchaînement des étapes demande un minimum de coordination.
D’abord, il faut identifier un bien ou un portefeuille de biens dont la valeur nette dépasse 200 000 dollars. Les zones touristiques (Punta Cana, Cap Cana, Las Terrenas, Sosúa, Cabarete, nord de l’île autour de Santiago) offrent des rendements locatifs attrayants, avec des estimations de 5 à 10 % de valorisation annuelle dans les quartiers les plus prisés, et des revenus locatifs bruts qui peuvent atteindre ou dépasser 8 % selon les données de 2025–2026. Au niveau national, des trackers de rendement situent la rentabilité brute autour de 8,5 %, avec des variations fortes entre Santo Domingo (plus de 9 % en moyenne) et les pôles balnéaires.
Une fois le projet sélectionné, le travail juridique est central. Il convient de vérifier l’existence d’un titre individuel au Registro de Títulos, de contrôler le « deslinde » (bornage), de s’assurer de l’absence d’hypothèques ou de charges, et de confirmer les éléments fiscaux (éventuelle certification CONFOTUR, valeur cadastrale, etc.). C’est également à ce stade que l’on prépare la documentation pour ProDominicana, afin que l’investissement soit bien qualifié comme capital étranger.
Le financement doit obligatoirement provenir de l’extérieur du pays. Il faut alimenter un compte bancaire dominicain au nom de l’acheteur, puis effectuer le paiement du bien. Les confirmations de virement constituent des pièces indispensables dans le dossier d’investissement et, ultérieurement, de résidence.
Une fois l’acte signé, la taxe de transfert de 3 % est payée à la DGII, sauf exemption particulière (par exemple dans certains projets CONFOTUR). Le transfert est ensuite enregistré au registre foncier. Ce n’est qu’une fois l’investissement correctement titré et enregistré comme investissement étranger que l’acheteur a, en main, la base juridique pour introduire une demande de résidence d’investisseur.
Taxation immobilière : comprendre l’impact financier réel
Un investissement immobilier destiné à soutenir une demande de résidence doit aussi être évalué sous l’angle fiscal. L’acheteur étranger fait face à plusieurs postes de coûts au moment de l’acquisition, puis chaque année.
La première charge majeure est la taxe de transfert, fixée à 3 % de la valeur reconnue du bien, que ce soit la valeur cadastrale ou le prix indiqué dans l’acte, selon le montant le plus élevé. Pour un bien de 200 000 dollars, la facture tourne autour de 6 000 dollars. Cette taxe conditionne la mise à jour du titre : tant qu’elle n’est pas payée, le changement de propriétaire ne peut pas être inscrit au registre.
L’IPI est un impôt annuel de 1 % sur la valeur totale des biens immobiliers détenus par une personne physique, applicable uniquement au-delà d’un seuil d’exonération. En 2026, ce seuil est fixé à un peu plus de 10,6 millions de pesos dominicains, soit environ 170 000 à 180 000 dollars selon les sources et les taux de change. En dessous de ce seuil, aucune IPI n’est due, ce qui signifie que beaucoup de logements de taille moyenne en sont exemptés.
Pour un bien de 400 000 dollars, l’IPI porte uniquement sur la portion au‑delà du seuil : on paiera environ 1 % de la différence entre 400 000 et le montant exonéré, soit un peu plus de 2 000 dollars par an dans cet exemple. Les terrains non bâtis sont traités plus durement : l’impôt de 1 % s’applique sur toute la valeur cadastrale, sans seuil de franchise.
Un condo neuf dans un programme touristique agréé dans le cadre de la loi CONFOTUR peut être exempté de la taxe de transfert et de l’IPI pendant une période pouvant aller jusqu’à 15 ans.
Les revenus locatifs perçus par un non‑résident sont en principe taxés comme revenus de source dominicaine. Des taux de l’ordre de 10 à 27 % sont mentionnés selon le statut du propriétaire (résident ou non, personne physique ou société) et le jeu des déductions et régimes spéciaux. Là encore, un projet sous CONFOTUR peut, pendant 10 à 15 ans, exonérer les revenus locatifs des impôts dominicains, ce qui change radicalement l’équation de rendement.
Enfin, le pays pratique un impôt sur les gains en capital en cas de revente. Une réforme de 2026 (Loi 30‑26) prévoit un taux unique de 10 % sur la plus‑value réalisée par les personnes physiques, en remplacement d’un système antérieur à 27 % sur le gain net. Certains textes plus anciens citent encore le taux de 27 %, signe d’une transition réglementaire en cours. Pour un investisseur, le message est surtout qu’une plus‑value reste taxée, mais à un niveau plus compétitif qu’auparavant.
Trois voies principales vers la résidence : investisseur, rentier, retraité
L’achat immobilier n’est pas la seule porte d’entrée vers la résidence dominicaine, mais c’est celle qui intéresse directement les investisseurs. Face à elle, deux autres catégories « fast‑track » existent : le statut de rentista et celui de pensionado.
Le pensionado est destiné aux retraités percevant une pension mensuelle d’au moins 1 500 dollars, versée par un gouvernement étranger ou une entité privée reconnue. Le rentista vise les personnes disposant de revenus passifs (loyers, dividendes, intérêts, royalties) d’au moins 2 000 dollars par mois, stables pendant au moins cinq ans. Dans les deux cas, la résidence obtenue est permanente dès le premier titre, sans longue période temporaire.
Un appartement de 200 000 dollars affichant 9 % de rendement brut (soit 18 000 dollars de loyers annuels, ou 1 500 dollars par mois) peut suffire, sur le papier, à satisfaire le critère de revenus d’un rentista ou d’un pensionado, si ces loyers sont effectivement perçus et justifiés par des relevés bancaires, ce qui permet à un même bien immobilier de servir à la fois de base à une résidence d’investisseur et à une résidence de rentista, même si, dans la pratique, on privilégiera l’un ou l’autre profil selon la situation globale du candidat.
La voie de l’investisseur reste néanmoins la plus directe pour un acheteur qui souhaite capitaliser sur un unique achat significatif. Avec 200 000 dollars de capital, il n’a pas besoin de démontrer un revenu passif structuré dans la durée : c’est la présence de l’investissement lui‑même, enregistré selon la loi, qui déclenche l’accès à la résidence permanente.
Cartes de résidence : durée, renouvellement, présence physique
L’un des atouts majeurs du régime dominicain tient au fait que les investisseurs qualifiés contournent la longue phase de résidence temporaire. Alors que la voie ordinaire impose souvent cinq années de titres temporaires avant de prétendre à une carte permanente, la catégorie investisseur prévoit une résidence classée permanente dès le départ.
La première carte de résident investisseur est valable un an. Elle est ensuite renouvelable par cycles de quatre ans, sans limite de reconduction tant que les conditions sont remplies. Aucune présence minimale n’est exigée par la loi : l’investisseur peut partager sa vie entre plusieurs pays, à condition de renouveler ses documents et de maintenir son investissement.
Le décor change toutefois dès que l’on parle de citoyenneté. Pour prétendre à la naturalisation, il ne suffit pas d’être résident permanent sur le papier, ni de détenir un bien immobilier. Le ministère de l’Intérieur et de la Police examine la réalité de la présence dans le pays, et la pratique montre que les demandes sont souvent rejetées quand les relevés d’entrées et de sorties ne reflètent pas un séjour substantiel. Plusieurs sources indiquent qu’il faut viser, de manière prudente, l’équivalent d’environ 183 jours par an sur le territoire pendant la période qualifiante, même si ce chiffre n’est pas gravé officiellement dans les textes.
On se retrouve donc avec un système à deux vitesses : très souple pour obtenir et conserver la résidence, beaucoup plus exigeant pour passer à la nationalité.
Analyse du système d’immigration
Chemin vers la citoyenneté : accélération possible, garantie inexistante
La grande originalité dominicaine réside dans le lien entre investissement immobilier et naturalisation. La Loi 1683 sur la naturalisation prévoit, comme principe général, une durée minimale de deux années de résidence permanente avant une demande de citoyenneté. Mais un article spécifique (souvent cité comme l’article 3(c)) ouvre une voie accélérée pour certains profils, notamment les propriétaires d’immeubles ou les entrepreneurs ayant établi une affaire dans le pays.
Plusieurs études de cas montrent qu’un investisseur immobilier ayant obtenu la résidence permanente via un investissement de 200 000 dollars a pu déposer une demande de naturalisation environ six mois après l’obtention de sa cédula de résident permanent. Le calendrier théorique séduisant se déroule ainsi : investissement, obtention de la résidence dans les 2 à 6 mois, dépôt du dossier de citoyenneté après six mois de résidence, puis décret présidentiel quelques mois plus tard.
Mais il faut garder deux garde‑fous en tête. D’abord, aucune loi ne consacre une citoyenneté automatique en échange d’un montant donné. Le gouvernement conserve un pouvoir discrétionnaire. Ensuite, la naturalisation suppose un faisceau de conditions : casier judiciaire vierge, capacité à se débrouiller en espagnol (entretien en langue espagnole, même sans examen formel), moyens financiers, et surtout continuité de la présence légale pendant la période de résidence.
Les délais varient selon les sources : comptez environ 2,5 ans entre l’entrée dans le programme de résidence et l’obtention du passeport, ou deux années de résidence permanente minimum pour la plupart des nationalités. Les ressortissants de pays sans relations diplomatiques étroites avec la République dominicaine peuvent attendre plus longtemps. Des raccourcis existent pour les ressortissants d’Amérique latine ou d’Espagne, ainsi que pour les conjoints de nationaux.
Dans ce paysage, un investisseur immobilier correctement conseillé peut néanmoins raisonnablement espérer un accès plus rapide à la naturalisation que via les voies classiques. Il s’agit plutôt d’un « accélérateur » que d’un guichet garanti.
Démarche administrative : de la propriété au carnet de résident
Le parcours complet, du virement d’achat jusqu’à la carte de résident, se déroule en plusieurs temps successifs qui combinent procédures consulaires, migratoires et d’investissement.
Tout débute en amont, dans le pays d’origine, avec la préparation de la documentation : casier judiciaire pour les cinq dernières années, actes d’état civil (naissance, mariage, etc.), preuves de fonds, pièces relatives à l’investissement projeté. Tous ces documents doivent être légalisés ou apostillés, puis traduits en espagnol par un traducteur assermenté.
Une fois l’investissement acté ou en passe de l’être, l’intéressé sollicite un visa de résidence (RS) auprès du consulat dominicain compétent. Ce visa, à entrée unique, donne en général 60 jours pour entrer dans le pays et engager la procédure de résidence.
À l’arrivée en République dominicaine, le dossier bascule à la DGM, via le portail en ligne (personal.migracion.gob.do) et la « ventanilla » de l’investissement étranger. L’investisseur téléverse ses documents scannés, paie les frais administratifs (on parle de l’ordre de 42 000 RD$ pour le dossier principal, plus les examens médicaux et la contribution à ProDominicana, ce qui représente au total quelque 4 000 à 6 500 dollars la première année en incluant les traductions, apostilles et honoraires d’avocat, mais hors investissement lui‑même), puis passe une visite médicale dans un centre agréé.
L’objectif réglementaire de la DGM est de délivrer la carte de résidence dans un délai de 45 jours ouvrables à compter de la réception du dossier complet, bien que des sources de terrain évoquent plutôt 3 à 6 mois selon la charge de travail des consulats et de l’administration.
Une fois la carte de résident remise, le nouveau résident se rend à la Junta Central Electoral pour demander sa cédula, un numéro d’identification national indispensable pour ouvrir un compte bancaire complet, contracter un crédit, signer certains contrats ou réaliser des démarches publiques. Du point de vue pratique, c’est ce duo carte de résident + cédula qui ancre la personne dans la vie quotidienne dominicaine.
Avantages concrets de la résidence pour un investisseur immobilier
Au‑delà du sésame migratoire, la résidence dominicaine apporte une série de bénéfices tangibles à un acheteur étranger.
Le pays applique une fiscalité à dominante territoriale : seuls les revenus de source dominicaine sont taxés. Les revenus perçus à l’étranger (salariaux, capitaux mobiliers ou locatifs) ne sont en général pas soumis à l’impôt dominicain. Les nouveaux résidents bénéficient couramment d’une exemption de trois ans sur les revenus étrangers durant les premières années de résidence. Les pensions étrangères des pensionados peuvent même bénéficier d’exemptions permanentes.
Sur le plan pratique, la résidence ouvre un droit de séjour illimité, évite de devoir jouer avec les extensions touristiques, et facilite grandement l’accès au système bancaire local. De nombreuses banques exigent en effet une cédula pour accorder une carte de débit, un compte courant complet ou un crédit immobilier. La résidence permet aussi, dans certaines configurations, d’accéder à des financements locaux pour l’achat d’autres biens.
La République dominicaine offre un coût de la vie relativement bas, un climat tropical et une infrastructure en nette amélioration, avec des hôpitaux privés modernes, des écoles internationales et des communautés expatriées bien établies dans les grandes villes et les zones côtières. La combinaison d’un actif générateur de rendement et d’un statut de résident permanent intéresse de plus en plus d’investisseurs nord-américains et européens à la recherche d’un pied-à-terre « plan B ».
Résidence sans investissement majeur : lorsque l’immobilier reste un simple atout
Il est important de souligner qu’en‑dessous de 200 000 dollars, la propriété immobilière ne déclenche, à elle seule, aucun droit à la résidence. Un appartement à 150 000 dollars peut représenter une belle opportunité de location saisonnière, mais il ne transforme pas automatiquement son propriétaire en résident.
Un bien immobilier n’est pas inutile sur le plan migratoire. Il peut renforcer un dossier de rentista ou de pensionado, en matérialisant un ancrage dans le pays et en générant des revenus locatifs qui viendront alimenter les preuves de solvabilité. Il peut également peser favorablement dans l’appréciation d’un dossier de résidence ordinaire, où la DGM examine la capacité du demandeur à subvenir à ses besoins.
Cependant, si l’objectif principal est d’obtenir le statut d’investisseur et de bénéficier de la voie accélérée vers la résidence permanente, la barre de 200 000 dollars reste non négociable en 2026. Les conseils d’immigration sérieux insistent d’ailleurs sur la nécessité de faire confirmer le seuil en vigueur au moment de la demande, car des ajustements périodiques peuvent intervenir.
Marché immobilier, rendements et risques spécifiques
La rentabilité affichée des biens dominicains est l’un des atouts qui expliquent l’engouement pour ce type d’investissement combinant résidence et rendement. Des analyses comparatives situent la République dominicaine en tête d’un groupe de pays offrant des rendements locatifs bruts supérieurs à 6 % sur l’ensemble du territoire, avec une moyenne nationale proche de 8,5 %, et des pics autour de 9 % pour Santo Domingo et de près de 8 % pour Punta Cana/Bávaro.
Plus de 10 millions d’arrivées touristiques sont attendues en 2025, un volume supérieur à celui de certains pays voisins réunis.
Pour autant, le marché n’est pas exempt de risques. Les litiges de titres (absence de deslinde, certificats falsifiés, charges non déclarées), la prolifération de promoteurs peu expérimentés après le boom de la construction 2022–2024, ou encore la lenteur des tribunaux en cas de contentieux imposent une vigilance renforcée. Les sources rappellent qu’il ne faut jamais se fier uniquement au certificat de titre papier présenté par un vendeur ou un agent, mais vérifier systématiquement l’état du bien auprès du Registro Inmobiliario, en recherchant les hypothèques, saisies ou inscriptions diverses.
Les dettes fiscales antérieures peuvent désormais suivre le bien plutôt que le propriétaire, exigeant un certificat de liberté de dettes tributaires avant l’achat. De plus, les règlements de copropriété peuvent limiter la location de courte durée, ce qui menace les modèles économiques basés sur des plateformes comme Airbnb.
Dans ce contexte, l’option la plus sûre pour un premier achat en vue d’une résidence reste un bien titré dans un projet établi, idéalement certifié CONFOTUR, accompagné par un avocat dominicain indépendant du promoteur ou de l’agent, et par un contrôle technique pour les bâtiments plus anciens.
Synthèse : peut‑on vraiment obtenir la résidence grâce à un achat immobilier en 2026 ?
Au terme de ce panorama, la réponse à la question de départ est nuancée, mais fondamentalement positive. Oui, en 2026, un étranger peut obtenir la résidence en République dominicaine grâce à un investissement immobilier, à condition que celui‑ci atteigne au moins 200 000 dollars, qu’il soit financé par des fonds étrangers dûment justifiés, et qu’il soit enregistré comme investissement étranger auprès de ProDominicana. Dans ce cadre, la résidence accordée est d’emblée permanente, avec une première carte d’un an puis des renouvellements sur quatre ans.
Au‑delà de la résidence, ce même investissement peut ouvrir une voie accélérée vers la naturalisation, potentiellement dès six mois de résidence permanente dans certains cas, même si la décision finale appartient toujours à l’État et suppose une présence physique réelle, un casier vierge et une intégration minimale (notamment linguistique).
En dessous du seuil de 200 000 dollars, l’immobilier reste un outil patrimonial et un argument de crédibilité, mais ne déclenche pas mécaniquement de droit à la résidence d’investisseur. Il faudra alors s’appuyer sur les catégories de rentier, de pensionado ou sur une résidence temporaire ordinaire, dont les exigences et les délais sont différents.
Le marché dominicain combine des rendements locatifs élevés, une fiscalité foncière modérée, surtout sous CONFOTUR, et un environnement légal globalement favorable aux capitaux étrangers. Pour un investisseur prêt à prendre au sérieux les volets juridiques, fiscaux et migratoires, la République dominicaine s’impose ainsi, en 2026, comme l’une des rares juridictions où un achat immobilier peut encore, à lui seul, constituer un véritable tremplin vers une résidence permanente – et, à moyen terme, vers une seconde citoyenneté potentielle.
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