Panorama des prix de l’immobilier en République dominicaine : comprendre Punta Cana, Saint-Domingue et les principales zones

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché immobilier de la République dominicaine en 2026 est en train de changer de catégorie. Après des années d’essor rapide, la hausse des prix se calme mais reste solide, le tourisme bat des records, les infrastructures se multiplient et les rendements locatifs figurent parmi les meilleurs au monde. Pour un investisseur ou un acheteur qui hésite entre Punta Cana, Saint-Domingue ou les autres grands pôles comme la Côte Nord ou Samaná, l’enjeu n’est plus seulement de trouver une bonne affaire, mais surtout le bon type d’actif au bon endroit.

Bon à savoir :

Cet article vise à dresser un tableau clair et chiffré des prix de l’immobilier en 2026 dans le pays. Il se concentre sur Punta Cana, Saint-Domingue et les zones les plus dynamiques, tout en expliquant les règles, taxes et tendances qui structurent la valeur des biens.

Un marché national encore en hausse, mais plus sélectif

Au niveau national, les données convergent : les prix continuent d’augmenter en 2026, mais à un rythme plus modéré que les années précédentes. Les appartements se négocient en moyenne autour de 131 000 DOP par mètre carré (environ 2 200 USD), les maisons autour de 105 000 DOP/m² (environ 1 760 USD). La médiane nationale de prix au mètre carré tourne autour de 65 000 DOP (environ 1 030 USD), ce qui reflète la grande diversité entre zones urbaines, côtières et de l’intérieur.

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Progression des prix immobiliers en glissement annuel début 2026 selon Global Property Guide et Properstar, avec une hausse réelle ramenée à 0,33 % au premier trimestre 2026 après un cycle euphorique 2022-2025 dépassant 10 % par an en nominal.

Pour les acheteurs, cela signifie que l’on n’est plus dans un scénario de “tout monte partout”. Les biens situés dans les bons micro‑marchés — front de mer, quartiers d’affaires prisés, zones connectées à de nouveaux axes de transport — continuent de surperformer, alors que certains segments sur-offerts (condos banalisés, localisation moyenne) peuvent simplement stagner.

Un cadre légal très ouvert aux étrangers

Un élément central qui explique le dynamisme des prix tient au fait que la République dominicaine a choisi un modèle très libéral pour l’accès à la propriété des étrangers. La Constitution (article 25) et la loi 16‑95 garantissent aux non‑nationaux les mêmes droits de propriété que les Dominicains. Concrètement, un investisseur étranger peut acheter 100 % d’un appartement, d’une villa ou d’un terrain en son nom propre, sans obligation d’associé local, de structure spécifique ou de résidence préalable.

Attention :

Le processus est identique pour un Dominicain ou un étranger : sélection du bien, vérification du titre (Certificación del Estado Jurídico auprès du Registro de Títulos), promesse de vente notariée, acte définitif, paiement de la taxe de transfert de 3 % sur la valeur du bien et enregistrement pour obtenir le Certificado de Título. Le certificat de titre, délivré en général en 30 à 60 jours, fait foi unique de propriété.

Les seules limites vraiment significatives concernent les terres à moins de 60 km de la frontière haïtienne (autorisation présidentielle requise) et les zones militaires ou protégées. Sur les côtes, une bande maritime de 60 mètres à partir de la laisse de haute mer impose des règles de permis de construire plus strictes, mais cela s’applique aux nationaux comme aux étrangers.

Bon à savoir :

La fiscalité de l’acquisition reste relativement compétitive dans la région : 3 % de taxe de transfert sur la valeur la plus élevée entre prix de vente et valeur fiscale, payable dans les six mois sous peine de ne pas pouvoir enregistrer le titre. En parallèle, la taxe annuelle sur le patrimoine immobilier (IPI) ne s’applique qu’au-delà d’un seuil de 10,695 millions de DOP en 2026. Beaucoup d’appartements « standard » restent en dessous et ne paient donc aucun impôt foncier annuel.

Pour les projets touristiques bénéficiant du régime CONFOTUR (loi 158‑01), la donne est encore plus favorable : exonération de la taxe de transfert de 3 %, de l’IPI et de l’impôt sur les revenus locatifs pendant jusqu’à 15 ans. C’est un point décisif pour de nombreux programmes à Punta Cana et sur certains fronts de mer.

La nouvelle donne fiscale : Law 30‑26 et capital gains

Depuis juin 2026, la loi 30‑26 redessine en partie le paysage fiscal. Elle prévoit notamment un impôt unique de 10 % sur les plus‑values immobilières des particuliers lors de la revente, ce qui simplifie et clarifie le traitement des gains en capital. La même loi annonce aussi la réduction progressive, puis la suppression, de certaines taxes de transactions immobilières et d’enregistrement hypothécaire à partir de 2027 et 2028, même si tous les décrets d’application ne sont pas encore publiés.

Astuce :

Pour un investisseur qui projette une valorisation de 30 à 45 % sur cinq ans — projections couramment avancées pour les meilleurs micro‑marchés sous hypothèse d’un tourisme stable — ce forfait de 10 % sur la plus‑value reste globalement compétitif au regard de nombreux marchés comparables.

Un pays champion du rendement locatif

C’est l’autre face de la médaille : derrière les prix en hausse, la République dominicaine offre des rendements bruts moyens qui attirent les capitaux du monde entier. Les chiffres de Global Property Guide placent le pays autour de 8 à 8,5 % de rendement brut résidentiel moyen en 2026, avec une progression régulière depuis 2024. Mieux, dans certains classements internationaux, la République dominicaine apparaît première des Amériques et quatrième sur 75 pays analysés pour les rendements locatifs brut, devant le Costa Rica, le Panama, le Mexique, le Brésil ou le Chili.

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Le rendement net se situe souvent entre 4,5 et 6,5 % pour des biens correctement gérés, après déduction des charges, un peu plus dans certains segments de la location saisonnière à forte intensité.

Le contraste entre les deux grands pôles du pays illustre bien cette dynamique.

Saint-Domingue : cœur urbain, prix en reflux réel mais rendement au sommet

Saint-Domingue, métropole de plus de trois millions d’habitants, reste le plus grand marché résidentiel du pays et de tout le bassin caribéen. C’est une ville de classes moyennes et supérieures, de grandes entreprises, d’universités et d’administrations. L’essentiel de la demande y est permanente : familles locales, cadres, diplomates, étudiants, diaspora, expatriés de longue durée.

En 2026, la médiane nationale pour un logement typique tourne autour de 6,175 millions de DOP (près de 98 000 USD) pour un appartement de 95 m², mais les quartiers phares de la capitale, eux, affichent des prix largement supérieurs. Dans le Distrito Nacional, les secteurs de La Esperilla, Piantini ou Ensanche Naco se situent respectivement autour de 166 000, 161 000 et 149 000 DOP/m², ce qui positionne certains tronçons au‑delà de 3 500 USD/m².

Bon à savoir :

Les données officielles montrent que le prix moyen au mètre carré à Saint-Domingue a reculé d’environ 8 % en nominal sur un an, soit environ 12 % en termes réels. Il ne s’agit pas d’un krach, mais d’un changement de mix : davantage d’unités plus petites et plus accessibles arrivent sur le marché, tandis que les mégaprojets luxueux marquent le pas. Les prix restent néanmoins nettement supérieurs à leur tendance pré-pandémie, de l’ordre de 15 à 25 % dans les meilleurs quartiers.

Côté rendement, la capitale tire son épingle du jeu. Les enquêtes locatives montrent un rendemnt brut moyen voisin de 9 % à l’échelle de la ville, avec des pics à près de 9,9 % pour certains deux‑pièces et trois‑pièces. Dans le Distrito Nacional, les loyers au mètre carré sont les plus élevés du pays, autour de 590 DOP/m² par mois, soit environ le double de Santiago ou de Santo Domingo Este. Un trois‑chambres bien placé dépasse volontiers les 2 000 USD mensuels.

On peut résumer ainsi la structure de prix et de loyers de la capitale :

Indicateur (Santo Domingo)Valeur typique 2026
Prix médian logement (national, réf.)≈ 6,175 M DOP (~98 000 USD)
Prix médian m² (national, réf.)≈ 65 000 DOP (~1 030 USD)
Prix m² – La Esperilla≈ 166 000 DOP
Prix m² – Piantini≈ 161 000 DOP
Prix m² – Ensanche Naco≈ 149 000 DOP
Rendement brut moyen ville≈ 9 %
Loyer moyen 3 chambres (zone centrale)≈ 2 000 USD/mois

Pour un investisseur, Saint-Domingue se comporte comme un marché de capitales : moins spectaculaire qu’un front de mer en phase spéculative, mais plus résilient, plus profond, avec une demande locative liée à l’économie réelle. Les quartiers comme Piantini, Naco, La Esperilla ou Bella Vista combinent rareté du foncier, proximité des emplois, nouvelles stations de métro (ligne 2C ouverte en 2026 vers Los Alcarrizos) et offre croissante de bureaux et de services. C’est typiquement l’univers des baux annuels, des locataires corporate, des stratégies de préservation du capital.

Punta Cana : vitrine touristique, prix élevés et rendement porté par le tourisme

À l’autre extrémité du pays, Punta Cana joue dans une autre ligue : celle des destinations balnéaires mondialisées. Plus de quatre millions de touristes y transitent chaque année, l’aéroport international (PUJ) dessert plus de 40 villes d’Amérique du Nord et d’Europe, et la majorité des programmes résidentiels sont explicitement pensés pour la location de vacances, l’usage secondaire ou la combinaison des deux.

Les chiffres de 2026 sont parlants. Le prix médian d’un bien à Punta Cana gravite autour de 262 000 USD, l’équivalent d’environ 16,5 millions de DOP. L’essentiel des transactions se situe dans une fourchette d’environ 100 000 à 450 000 USD pour 80 % des achats, avec une grosse dominante de condos : environ 55 % des annonces concernent des appartements, le reste étant constitué de villas, lots et quelques biens commerciaux.

161500

La médiane du prix des appartements atteint environ 161 500 DOP/m² début 2026, alors que celle des maisons et villas se situe plutôt autour de 115 000 DOP/m².

Quelques repères illustrent cette hiérarchie :

Zone de Punta CanaFourchette indicative de prix au m² (USD)
Verón (inland)~1 000 – 1 600
Downtown Punta Cana~1 600 – 2 400
Bávaro off‑plage~1 400 – 2 000
Bávaro plage accessible à pied~2 000 – 2 800
Punta Cana Village~2 200 – 3 200
Cap Cana non‑front de mer~2 500 – 4 000
Cap Cana front de mer~4 500 – 8 500

En termes de typologies, un studio à quelques centaines de mètres de la plage à Bávaro ou Cortecito oscille entre 95 000 et 165 000 USD, un deux‑pièces neuf “pré‑construction” marchant jusqu’à la plage se situe plutôt entre 175 000 et 260 000 USD, et un deux‑pièces dans Punta Cana Village monte entre 250 000 et 420 000 USD. Les villas dans les résidences de golf de Bávaro ou Cocotal commencent autour de 295 000 USD et peuvent grimper à 750 000 USD, tandis que les grandes villas avec piscine sur golf à Cap Cana ou Punta Cana Resort se comptent en millions (2,2 à près de 25 millions d’USD pour les plus spectaculaires).

Exemple :

Malgré des niveaux de prix élevés, la demande reste soutenue, portée par deux facteurs principaux. D’une part, de nombreux projets bénéficient du régime CONFOTUR, qui supprime les droits de transfert et l’IPI jusqu’à 15 ans. D’autre part, les revenus locatifs demeurent puissants, notamment sur les locations courte durée : à Bávaro ou Punta Cana, un un-chambre génère couramment entre 1 200 et 3 000 USD par mois en haute saison et entre 600 et 1 500 USD en basse saison. Les rendements bruts atteignent fréquemment 8 à 12 %, et parfois davantage sur le papier pour certains studios très optimisés, même si le rendement net réel, après charges, gestion et vacance, se situe plutôt entre 5 et 7 %.

En synthèse, Punta Cana offre :

Indicateur (Punta Cana / Bávaro)Valeur typique 2026
Prix médian logement≈ 262 000 USD
Médiane condos (oct. 2026)≈ 180 000 USD
Médiane villas (oct. 2026)≈ 326 500 USD
Prix moyen m² appartement≈ 2 200–2 300 USD
Rendement brut moyen≈ 8 % (7,98 % GPG)
Occupation locative courte durée≈ 55–70 % annuel, 80–90 % haute saison
Appréciation annuelle attendue≈ 6–10 % (jusqu’à 12–15 % dans les meilleurs spots)

Pour l’investisseur, la question n’est donc pas de savoir si Punta Cana est un marché cher — il l’est — mais si la combinaison prix d’entrée + rendement + perspective d’appréciation justifie l’exposition au cycle touristique. Tant que le flux de visiteurs (plus de 11 millions dans tout le pays en 2025) reste soutenu et que les grands chantiers — nouveau port de croisière entre Cabeza de Toro et Cap Cana, cinquième terminal de l’aéroport, infrastructures routières — continuent de renforcer l’accessibilité, la réponse reste largement positive.

Comparer Punta Cana et Saint-Domingue : deux écosystèmes immobiliers

Mettre face à face Punta Cana et Saint-Domingue n’a de sens que si l’on garde en tête qu’il s’agit de deux économies immobilières différentes. La capitale est un marché urbain structurel, tiré par l’emploi, le métro, les universités, les ministères ; Punta Cana fonctionne comme une plateforme touristique mondiale, adossée au dollar et au trafic aérien et croisiériste.

Bon à savoir :

Sur un segment précis comme le deux‑pièces, les prix se rapprochent : selon Global Property Guide, un deux‑chambres se vend en moyenne environ 286 000 USD à Punta Cana/Bávaro contre 244 000 USD à Saint‑Domingue. La différence est réelle, mais les avantages fiscaux CONFOTUR disponibles à l’est (exonération de 3 % de taxe de transfert et jusqu’à 15 ans d’IPI) atténuent cet écart à l’entrée.

Côté loyers, l’image s’inverse partiellement. Un trois‑chambres se loue en moyenne environ 2 000 USD par mois à Saint-Domingue et 1 850 USD à Punta Cana/Bávaro. Autrement dit, la capitale offre souvent un rendement brut légèrement supérieur à l’achat, mais sans la prime saisonnière — et sans la volatilité — liée au tourisme.

On peut schématiser ainsi :

CritèreSaint-DominguePunta Cana / Bávaro
Nature de la demandeUrbaine, permanente (corpo, familles, étudiants, diaspora)Touristique, saisonnière, seconde résidence
Prix moyen 2 chambres≈ 244 000 USD≈ 286 000 USD
Loyer moyen 3 chambres≈ 2 000 USD/mois≈ 1 850 USD/mois
Rendement brut moyen≈ 9 %≈ 8 %
Volatilité locativeFaible, baux 12–24 moisForte, dépendante de la saison et du remplissage
Avantages fiscaux CONFOTURRaresFréquents (nombreux projets agréés)
Profil type d’acheteurRésident, investisseur long termeInvestisseur rental, propriétaire de résidence secondaire

Dans un portefeuille, beaucoup d’investisseurs combinent les deux : un ou deux appartements compacts dans la capitale pour l’ancrage en revenus stables, complétés par un condo géré en mode vacances à Punta Cana pour maximiser la rentabilité brute et capter la croissance du tourisme.

Les autres grands pôles : Côte Nord, Samaná, Puerto Plata, Miches, Pedernales

Limiter l’analyse à Punta Cana et Saint-Domingue serait cependant réducteur. D’autres zones connaissent des dynamiques de prix très marquées en 2026, souvent tirées par les infrastructures et les nouveaux axes touristiques.

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Le prix médian d’un logement à Puerto Plata est environ 35 % moins élevé que certaines plages comparables de Punta Cana.

Dans les stations balnéaires plus petites mais très prisées des expatriés, comme Cabarete et Sosúa, les chiffres témoignent d’un marché déjà bien monté. Les appartements y affichent des médianes autour de 2 641 USD/m² pour Cabarete et 2 083 USD/m² pour Sosúa, avec des prix médians d’environ 285 000 et 175 000 USD respectivement. Les rendements bruts annoncés vont de 7 à 10 %, avec des nets de 5 à 7 % sur des stratégies mixtes (saisonnier + long terme). Pour des investisseurs disposant de 180 000 à 500 000 USD, ces marchés offrent souvent un meilleur rapport prix/m² – rendement que certains segments saturés de Punta Cana.

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Les appréciations annuelles récentes dans la zone nord-est, incluant la péninsule de Samaná et Las Terrenas, se situent autour de 12 à 15 %, ce qui en fait un des foyers de croissance les plus surveillés.

Enfin, deux zones plus émergentes méritent attention pour leurs effets potentiels sur les prix futurs : Miches, sur la côte nord‑est, et Pedernales, dans le sud‑ouest. Miches concentre déjà plus d’un milliard de dollars d’investissements projetés, plus de 3 400 chambres d’hôtel et 1 400 unités résidentielles, tandis que Pedernales s’appuie sur le méga‑projet Cabo Rojo (2,2 milliards USD, nouveau port de croisière, aéroport international, hôtels et résidences). Dans les deux cas, l’histoire récente montre comment une route ou un aéroport peut quadrupler le prix du mètre carré en quelques années : les terrains à Miches sont ainsi passés d’environ 15 USD/m² en 2020 à 60–80 USD/m² aujourd’hui, avant même la pleine mise en service des nouvelles infrastructures.

Infrastructure : le multiplicateur silencieux des prix

En République dominicaine, l’impact des grands chantiers se lit déjà sur les graphiques de prix. Les analyses sectorielles estiment qu’une annonce de nouvelle infrastructure majeure (autoroute, ligne de métro, port, aéroport) génère en moyenne une hausse de 5 à 10 % des valeurs des biens situés à proximité, suivie d’une sur‑appréciation supplémentaire de 10 à 15 % après mise en service. Sur la période 2025–2026, des sources comme GlobalValuation.com mesurent des croissances de 15 % à Punta Cana, 16 % à Cap Cana et 11 % à Santiago, trois zones toutes liées à des projets récemment achevés ou en cours.

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En milliards de DOP, l’Autoroute de l’Ambre reliant Santiago à Puerto Plata doit réduire le trajet de 90 à 30 minutes et stimuler une hausse des prix des condos de 5 à 9 % en 2026, voire 25 à 45 % sur cinq ans.

À Saint-Domingue, l’ouverture de la ligne 2C du métro jusqu’à Los Alcarrizos en février 2026 a déjà un effet sur les quartiers desservis. Les propriétés situées à distance de marche des nouvelles stations se négocient plus vite et plus cher ; les hausses constatées ou anticipées sur ces axes tournent souvent autour de 8 à 12 % en quelques années, dans des segments qui auraient sinon progressé plus modestement.

Bon à savoir :

Le futur port de croisière de Punta Cana, situé entre Cabeza de Toro et Cap Cana, accueillera jusqu’à quatre navires et plus d’un million de croisiéristes par an. Même avant l’arrivée du premier bateau, les condos et villas du secteur Cap Cana/Bávaro se négocient déjà avec une prime d’infrastructure intégrée, les promoteurs mettant explicitement en avant l’accès à cette nouvelle manne touristique.

Pour l’acheteur, le message est double. D’un côté, se positionner à temps dans le périmètre d’un projet crédible peut permettre de surperformer de 10 à 20 % la moyenne nationale. De l’autre, croire que toute parcelle située dans un rayon de 30 km d’une infrastructure en chantier va mécaniquement exploser en valeur est illusoire : l’effet dépend de la qualité du projet, de son intégration, du bruit, de la congestion, et surtout de la demande finale.

Rendements, fiscalité et coûts : ce que signifie vraiment “8 % brut”

Un rendement brut de 8 à 10 % sur une fiche marketing fait rêver. Encore faut‑il comprendre ce qu’il recouvre. Sur la plupart des marchés dominicains, le rendement brut se calcule simplement en divisant les loyers annuels théoriques par le prix d’achat. Dans la réalité, trois grands postes viennent rogner ce chiffre : les charges de copropriété et services (souvent 150–400 USD par mois dans les copropriétés avec piscine, sécurité et équipements), les frais de gestion (8–12 % pour une location longue durée, 15–25 % en courte durée), et la maintenance/renouvellement (mobilier, climatisation, repeints, réparations).

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Un rendement brut moyen de 8,5 % en location longue durée se traduit souvent par un rendement net avant impôt de 5 à 5,5 %, avec un écart de 2 à 3 points, pouvant atteindre 3 à 4 points pour la location saisonnière.

À cela s’ajoute l’IPI pour les biens dépassant le seuil de 10,7 millions de DOP, l’impôt sur le revenu locatif (taux pouvant atteindre 25–27 % sur le bénéfice net pour un non‑résident), les frais juridiques et de closing (environ 1 % du prix du bien), et la taxe de transfert de 3 % si l’on n’est pas en régime CONFOTUR ou logement social financé par prêt.

Bon à savoir :

Même après prise en compte de tous les éléments, la République dominicaine offre souvent des rendements nets de 4,5 à 6,5 % pour des produits locatifs bien gérés, supérieurs à de nombreux marchés sud-américains et caribéens. De plus, la plupart des loyers dans les zones touristiques et expatriées sont libellés en dollars, ce qui protège contre la dépréciation du peso.

Vers un marché de plus en plus professionnel

En parallèle de cette montée en gamme, les autorités dominicaines resserrent progressivement l’encadrement du secteur. Un projet de loi sur la licence des courtiers, en cours d’adoption en 2026, impose aux agents et agences immobilières d’être dûment enregistrés, à jour de leurs obligations fiscales, dotés de bureaux physiques et de systèmes comptables, avec formation et renouvellement annuel de licence. Une Direction de l’intermédiation immobilière, sous l’égide du ministère du Logement, doit superviser ce dispositif et gérer un registre public des intermédiaires autorisés.

Bon à savoir :

Les acheteurs étrangers peuvent désormais vérifier en ligne si un agent est licencié, s’il a été sanctionné ou suspendu, et si l’agence dispose d’une existence légale claire. À mesure que les prix augmentent, le marché se professionnalise, ce qui réduit certains risques de fraude ou de faux titres ayant longtemps affecté la réputation de la région.

Quels scénarios de prix pour les prochaines années ?

Les projections de prix jusqu’en 2030 restent, évidemment, soumises à la trajectoire du tourisme mondial, à la stabilité macroéconomique et aux taux d’intérêt internationaux. Néanmoins, la plupart des analyses sérieuses s’accordent sur quelques tendances lourdes.

À court terme (12–24 mois), le consensus parle d’une hausse annuelle de 6 à 9 % au niveau du pays, avec des variations selon les segments. Les meilleurs micro‑marchés (Cap Cana, certains gated communities de Punta Cana, Piantini et Naco à Saint-Domingue, quartiers en gentrification comme Gazcue ou Ciudad Juan Bosch, zones portuaires et aéroportuaires refondues) peuvent viser 3 à 8 % de hausse en un an, là où des condos standard en secteur suroffert pourraient n’enregistrer qu’un maigre 2 à 4 %, voire stagner en cas de choc sur le financement.

Bon à savoir :

Sur cinq ans, la fourchette la plus souvent citée pour le résidentiel est de 30 à 45 % d’appréciation cumulée, sous réserve que le pays continue d’attirer plus de 10–11 millions de visiteurs annuels, que les grands chantiers d’infrastructures (aéroports, ports, autoroutes, métro) se concrétisent et qu’aucun événement majeur (catastrophe naturelle d’ampleur, crise financière globale) ne vienne briser la dynamique.

Dans ce contexte, la différenciation intra‑marchés va probablement s’accentuer. Les condominiums situés à moins de 300 mètres des plages, dans des projets bien gérés et adossés à des infrastructures solides, ont déjà enregistré des hausses de l’ordre de 16 % sur certaines années et pourraient continuer à surperformer. À l’inverse, les projets trop nombreux, peu différenciés, loin des axes de transport ou des pôles économiques risquent de voir leur prime de nouveauté s’éroder rapidement.

Comment lire les prix de 2026 selon son profil d’acheteur ?

Pour un résident local cherchant sa résidence principale, la priorité restera souvent la proximité du travail, des écoles et des services, plus que la rentabilité locative pure. À Saint-Domingue, cela peut signifier cibler des secteurs comme Bella Vista ou Los Cacicazgos pour un environnement familial plus calme, ou des zones plus émergentes reliées au métro 2C pour optimiser le rapport prix/localisation.

Astuce :

Pour un investisseur étranger orienté revenus, les petits condos faciles à louer et à gérer concentrent l’essentiel des meilleurs rendements bruts. La clé est de ne pas se laisser éblouir par le seul chiffre de rendement, mais de vérifier les coûts de gestion, les charges, la saisonnalité et les règles de copropriété, car certains règlements limitent fortement la location de courte durée.

Pour un acheteur cherchant surtout l’appréciation du capital, les meilleurs candidats sont souvent les quartiers en début de cycle de gentrification ou fraîchement connectés à une nouvelle infrastructure : axes autour des nouvelles stations de métro, villes côtières reliées par autoroute ou aéroport agrandi, zones touristiques “secondaires” que les croisières et vols directs vont mettre sur la carte. C’est précisément ce que l’on observe à Puerto Plata avec l’Autopista del Ámbar, à Miches avec l’éco‑corridor routier vers Punta Cana, ou à Pedernales avec Cabo Rojo.

Conclusion : un marché qui récompense la sélectivité

Le signal de 2026 est clair : la République dominicaine n’est plus un marché d’aubaine généralisée, mais un environnement où la sélectivité fait la différence. Punta Cana affiche des prix de plus en plus élevés, mais adossés à des infrastructures touristiques en expansion et à des régimes fiscaux incitatifs. Saint-Domingue reste la colonne vertébrale résidentielle, avec des rendements bruts élevés dans un cadre urbain solide. La Côte Nord, Samaná, Miches ou Pedernales bénéficient d’un puissant effet d’entraînement des nouveaux ports, aéroports et autoroutes.

Bon à savoir :

Le couple prix/rendement reste exceptionnel selon les standards régionaux, à condition de raisonner sur le long terme, d’intégrer tous les coûts et d’analyser finement chaque sous‑marché. On observe 7–9 % par an de hausse attendue, 8–9 % de rendement brut moyen et une sécurité juridique offerte aux étrangers, formant une équation rare. Avant d’acheter, il faut choisir soigneusement entre la tour d’affaires de Saint-Domingue, le condo de plage à Punta Cana ou la villa près de la nouvelle autoroute du Nord, car c’est là qu’en 2026 se joue la différence de performance.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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