Monaco fascine les entrepreneurs comme les particuliers fortunés : zéro impôt sur le revenu pour les résidents (hors Français), absence d’impôt sur la fortune, fiscalité des sociétés limitée aux activités réellement internationales. Mais derrière l’image de “paradis fiscal” se cache une réalité bien plus complexe, surtout dès qu’il s’agit de créer une structure offshore dans Monaco.
En 2026, le coût d’une société ne se limite plus au seul prix de création : il faut prévoir un budget global couvrant le passage des autorités, l’ouverture d’un compte bancaire, la démonstration d’une substance économique réelle et le maintien de la conformité face à une réglementation très exigeante.
Cet article décortique, en langage clair, l’ensemble des coûts liés à la création et au fonctionnement d’une société offshore dans Monaco en 2026, en s’appuyant uniquement sur les données factuelles disponibles.
Comprendre ce que signifie “offshore” dans Monaco
Avant de parler chiffres, il faut clarifier un point essentiel : Monaco n’est plus, depuis longtemps, une zone de sociétés boîtes-aux-lettres sans activité réelle. L’offshore, au sens monégasque, ne signifie pas “société fantôme” mais plutôt structure internationale opérant depuis le territoire, avec de vrais locaux, des salariés éventuels et une gouvernance conforme aux standards OCDE et FATF.
Si au moins 75 % du chiffre d’affaires d’une société est réalisé à Monaco, l’impôt sur les bénéfices est nul.
– tenir une comptabilité complète,
– déposer des comptes,
– tenir une assemblée générale annuelle,
– respecter les obligations de registre des bénéficiaires effectifs,
– s’enregistrer à la TVA (alignée sur la France à 20 %).
Dans ce contexte, créer “une société offshore dans Monaco” signifie généralement mettre en place une structure internationale (souvent une SARL ou une SAM) qui combinera avantages fiscaux (ou au moins absence de double imposition locale) et haute exigence de conformité.
Les principales formes de sociétés et leur impact sur le budget
Le choix de la forme sociale influe fortement sur la facture de départ et sur les coûts récurrents.
SARL : l’outil standard pour les petites et moyennes structures
La Société à Responsabilité Limitée (SARL) est la forme la plus accessible.
Les paramètres clés sont les suivants :
| Élément | Montant indicatif |
|---|---|
| Capital social minimum | 15 000 € |
| Nombre minimum d’associés | 2 |
| Capital à libérer à la constitution | 15 000 € (en pratique pleinement libéré) |
| Fourchette de coûts de constitution (hors capital) | 12 000 – 20 000 € |
| Frais annuels de maintenance (structure simple) | 3 500 – 8 000 € |
Une étude synthétise les postes de coûts d’une SARL “type” comme suit : environ 11 000 € de frais de création, auxquels s’ajoutent les 15 000 € de capital minimum à déposer, même si ce capital reste disponible ensuite pour l’activité.
Le détail indicatif des coûts de constitution d’une SARL ressort ainsi :
| Poste de coût | Fourchette ou montant moyen |
|---|---|
| Droit d’enregistrement (1 % de 15 000 €) | 150 € |
| Honoraires juridiques | 8 000 – 15 000 € |
| Émoluments du notaire | 2 000 – 3 000 € |
| Frais de registres et divers gouvernementaux | 1 500 – 2 000 € |
| Frais de formalités / annonces | incl. dans la fourchette globale |
| Total (hors capital) | 12 000 – 20 000 € |
Pour un projet type (cabinet de conseil, agence digitale), la combinaison minimale réaliste est donc :
– environ 11 000 € de frais de création pur (version basse, hors extras),
– 15 000 € de capital à bloquer temporairement,
– soit au moins 26 000 € mobilisés pour démarrer.
SAM : la structure lourde pour opérations de grande envergure
La Société Anonyme Monégasque (SAM) est l’équivalent local d’une société anonyme. Elle est conçue pour des opérations d’envergure, des levées de fonds significatives ou des activités très réglementées.
Les paramètres sont bien plus élevés, ce qui indique un écart significatif par rapport aux valeurs précédentes.
| Élément | Montant indicatif |
|---|---|
| Capital social minimum | 150 000 € |
| Capital à libérer à la constitution | au moins 25 % (37 500 €) |
| Fourchette de coûts de constitution (hors capital) | 20 000 – 40 000 € |
| Obligation d’audit | Oui |
| Nombre minimum d’actionnaires | 2 |
La ventilation des coûts d’une SAM, hors capital, peut être résumée ainsi :
| Poste de coût | Fourchette indicative |
|---|---|
| Droit d’enregistrement (1 % de 150 000 €) | 1 500 € |
| Honoraires juridiques | 15 000 – 30 000 € |
| Émoluments du notaire | 3 000 – 5 000 € |
| Frais gouvernementaux (registres, droits divers) | 2 000 – 3 000 € |
| Total (hors capital) | 20 000 – 40 000 € |
En pratique, on se situe donc rapidement dans une enveloppe de 60 000 € et plus, si l’on combine :
– 150 000 € de capital souscrit (dont une part significative à déposer en banque),
– 20 000 à 40 000 € de frais de mise en place.
Cette structure n’est justifiable que pour des opérations significatives, par exemple une holding de groupe, un véhicule de private equity ou une société active dans un secteur fortement régulé.
Autres structures : SCS, SNC, bureaux de représentation, succursales
Pour mémoire, d’autres formes existent :
– SCS (Société en Commandite Simple) et SNC (Société en Nom Collectif) : pas de capital minimum légal, mais les autorités exigent un capital “proportionné” au projet. Elles restent minoritaires pour une structuration offshore classique.
– Bureau administratif étranger (Foreign Administrative Office) et succursale : plusieurs prestataires chiffrent leur coût de création autour de 23 250 – 23 600 € (toutes prestations incluses), avec des frais annuels typiques de l’ordre de 2 600 à 9 000 € selon la structure.
Un tableau récapitulatif des coûts “packagés” donnés par un prestataire illustre l’ordre de grandeur :
| Type d’entité | Coût total de constitution (année 1) |
|---|---|
| LLC (SARL de type offshore) | 23 700 € |
| JSC | 27 350 € |
| LP (Limited Partnership) | 23 250 € |
| SAM | 21 900 € |
| Bureau administratif étranger | 23 250 € |
| Succursale | 23 600 € |
Ces montants intègrent généralement : constitution, siège social de base, estimation des frais d’État, et ouverture de compte bancaire.
Les couches de coûts : bien au‑delà de l’immatriculation
Créer une société offshore dans Monaco, c’est empiler plusieurs couches de dépenses. Les sources disponibles décrivent au moins cinq “strates” de coûts.
1. Autorisations et licences
Avant même d’aller chez le notaire, tout projet doit passer par la Direction du Développement Économique (ou Direction de l’Expansion Économique, DEE). Pour certains secteurs (assurance, finance, immobilier, santé, transport, etc.), une autorisation d’exercer est obligatoire.
La procédure implique :
– une déclaration d’intention d’exercer,
– un dossier détaillé (statuts, formulaire par associé, casier judiciaire, descriptif des locaux, bail ou attestation de domiciliation, business plan sur 3 ans, description détaillée de l’activité, du marché visé et des embauches envisagées).
Les coûts d’État pour ces autorisations restent relativement modestes en valeur absolue (quelques centaines d’euros), mais la préparation du dossier mobilise des honoraires juridiques :
Le budget total pour une activité réglementée ou une SAM avec plusieurs actionnaires peut atteindre des dizaines de milliers d’euros dans les cas complexes, contre quelques milliers d’euros pour une SARL simple.
2. Notaire, publication et registres
Une fois l’autorisation obtenue, les statuts doivent être finalisés devant notaire à Monaco, puis publiés au Journal de Monaco et enregistrés au Répertoire du Commerce et de l’Industrie (RCI).
Pour une société commerciale standard, les coûts directs s’établissent typiquement dans la fourchette suivante :
| Poste | Fourchette indicative |
|---|---|
| Dépôt des statuts | 1 000 – 1 500 € |
| Publication légale | 800 – 1 200 € |
| Enregistrement RCI | ≈ 350 € |
| Émoluments de notaire | 3 000 – 5 000 € (cas standards) |
Ces montants sont souvent inclus dans les grands packages de 6 900 € ou plus proposés par certains intermédiaires, mais il est clé de comprendre que ces frais viennent en sus de l’analyse juridique, du conseil et de la structuration.
3. Honoraires professionnels
C’est la variable la plus mouvante, mais aussi celle qui pèse le plus dans le budget global, surtout pour les structures complexes.
Les données recueillies montrent : les résultats significatifs de l’analyse.
– honoraires de constitution d’une SARL : 8 000 à 15 000 € ;
– honoraires de constitution d’une SAM : 15 000 à 30 000 € ;
– honoraires d’avocats pour dossiers transactionnels ou contentieux complexes : plusieurs dizaines de milliers d’euros ;
– coordination, due diligence, mise en place des conventions, pactes, etc. : fortement dépendants du cas.
Certains prestataires d’incorporation facturent des coûts de conformité supplémentaires, en plus de leurs services de base. Ces frais peuvent s’ajouter au prix initial et doivent être pris en compte lors de la comparaison des offres.
| Service de conformité | Tarif de base (indicatif) |
|---|---|
| Dossier de conformité standard (1 personne physique) | 385 € |
| Vérification d’une entité sous gestion GSL | 165 € par entité |
| Vérification d’une entité hors gestion GSL | 220 € par entité |
| Dossier “haut risque” | 495 € (1 personne incluse) |
| Frais de signature de documents | 110 € |
Ces frais sont facturés à chaque événement sensible : constitution, renouvellement, changement de directeur ou d’actionnaire, transfert, etc.
4. Banque et dépôt de capital : le vrai coût caché
La partie la plus sous‑estimée du budget est souvent l’accès au système bancaire monégasque.
Trois éléments ressortent des données :
– 1. Ouverture d’un compte bancaire professionnel avant l’immatriculation : c’est une obligation. Le capital doit être déposé sur un compte bloqué, et une attestation bancaire est exigée pour l’inscription au RCI. 2. Les banques monégasques appliquent désormais des seuils d’entrée très élevés :
– pour une société : dépôt initial attendu entre 500 000 et 2 000 000 €,
– pour une personne physique : souvent autour de 1 000 000 €,
– pour un family office : 5 000 000 € ou plus.
Ces montants ne sont pas des “frais” au sens strict, mais des capitaux immobilisés conditionnant l’accès au compte.
– 3. Des prestataires d’incorporation facturent en outre des frais d’ouverture de compte :
– à partir de 3 500 € selon la banque et le pays.
Par exemple, les frais de tenue de compte, les frais de carte bancaire ou encore les frais de prélèvement automatique peuvent représenter un coût annuel significatif, souvent sous-estimé par les clients.
– un établissement mentionne des frais de tenue de compte commercial de 1 500 € par semestre ;
– un autre facture des forfaits de garde et espèces de 100 à 500 € par trimestre selon les encours ;
– certains services privés appliquent un minimum de 500 € par semestre ou un pourcentage de l’actif (par exemple 0,35 % par an du portefeuille en conservation).
Pour une petite structure offshore qui utilise réellement le système bancaire monégasque, il est raisonnable d’anticiper 500 à 1 000 € par an de frais bancaires de base, sans compter les frais de gestion de portefeuille si l’on gère des actifs financiers.
5. Coûts de compliance et de fonctionnement courant
À peine la société est‑elle créée que commence la deuxième phase : tenir la route dans la durée face aux autorités fiscales, de régulation et de lutte anti‑blanchiment.
Les données disponibles évoquent, pour une petite structure :
| Catégorie de coût de conformité | Montant annuel indicatif |
|---|---|
| Comptabilité et préparation des comptes | 3 000 – 10 000 € |
| Audit (obligatoire pour certaines structures, ex. SAM) | à partir de 5 000 € par an |
| Mise en conformité RGPD initiale | ≥ 2 000 € |
| Formation et mise à jour compliance | ≈ 1 500 € par an |
Dans le cas d’une simple SARL de conseil à faible volume, une enveloppe d’environ 10 000 € par an pour la compliance seule est réaliste. Pour des sociétés régulées ou à fort volume de transactions, ce budget peut aisément dépasser 50 000 € par an.
Les offres “tout compris” : ce qu’elles couvrent (et ce qu’elles laissent de côté)
Plusieurs prestataires proposent des packages de création donnant une première indication de budget.
Un exemple fréquemment cité :
– 6 900 € pour un “package minimum” incluant :
– enregistrement clef en main,
– bail de siège social pour un an,
– secrétariat de base,
– paiement des droits et redevances nécessaires,
– traduction apostillée des documents constitutifs.
D’autres offres, souvent libellées en dollars, affichent :
| Package | Prix (USD) | Contenu type (année 1) |
|---|---|---|
| Express | 8 150 $ | Constitution accélérée, set de documents de base |
| Standard | 14 000 $ | Constitution + services administratifs étendus |
| Optimum | 14 610 $ | Tous frais de première année + 1 an complet de services nominee |
Un autre prestataire positionne la constitution d’une société monégasque à 6 900 €, en incluant :
– préparation des statuts standard en français,
– constitution du dossier et enregistrement au registre,
– paiement du droit de timbre et frais RCI.
Ces packages sont utiles pour baliser le plancher de coût, mais il faut bien comprendre qu’ils ne couvrent pas :
– le dépôt bancaire significatif exigé par les banques,
– le loyer de locaux réels au‑delà d’un simple siège administratif,
– les embauches locales,
– le coût de la vie et de résidence du dirigeant,
– la totalité de la compliance annuelle (audit, formations, RGPD, contrôles AML renforcés).
Un autre chiffrage met en avant une facture totale moyenne par mission à 23 700 €, englobant :
– constitution,
– siège social monégasque,
– estimation des frais d’État,
– compte bancaire.
On voit donc que, pour une structure réellement opérationnelle, les 6 900 – 23 700 € de start-up “juridique” ne sont que la pointe de l’iceberg.
Les coûts annuels de maintenance : SARL type vs structure active
Les données de 2025 donnent une bonne base de projection pour 2026.
Pour une SARL simple, non employeuse, sans activité lourde :
| Poste annuel “maintenance” | Montant indicatif |
|---|---|
| Comptabilité obligatoire | 2 500 € |
| Renouvellement au registre | 500 € |
| Déclarations fiscales | 500 € |
| Adresse légale / siège domicilié | 500 € |
| Honoraires juridiques / audit (optionnel) | ≈ 2 000 € |
Soit une fourchette globale de 3 500 à 8 000 € par an selon la complexité et les prestataires choisis. Cela concerne les sociétés de type “holding” ou “consulting” avec peu de flux et sans salariés.
En revanche, des simulations de “configuration active” montrent une tout autre réalité :
Coût opérationnel annuel maximal pour une structure active, incluant loyers, salaires, conformité et frais de résidence.
Dans un scénario illustratif, un projet d’implantation active avec :
– dépôt bancaire de 300 000 € (restitué en fin de relation),
– 70 000 € de coûts de mise en place,
– 5 années d’exploitation à 250 000 € par an,
aboutit à un coût opérationnel de 1,32 million d’euros hors capital restituable. C’est ce type d’ordre de grandeur qui explique pourquoi Monaco est plutôt pertinent pour des projets de taille significative.
Coût de la domiciliation et des bureaux
Monaco ne se contente pas d’une simple adresse de boîte postale : les autorités insistent de plus en plus sur la “substance” (bureau réel, personnel, activité démontrable).
Coûts mensuels (hors TVA) pour les SARL ou SCS/SNC sans employés, via des business centers
Formule de base : domiciliation légale, réception du courrier, et accès à une adresse prestigieuse.
Formule plus complète : domiciliation + service de mise à disposition de salles de réunion, et assistance administrative renforcée.
Option flexible : domiciliation sans engagement de longue durée, idéale pour les jeunes sociétés en phase de démarrage.
| Package de domiciliation | Public visé | Durée | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Start-up MC | Entrepreneurs individuels nationaux / conjoint | 1 an | 300 €/mois HT |
| Start-up | Entrepreneurs individuels résidents / non-résidents | 6 mois | 450 €/mois HT |
| Primo-R | Entrepreneurs individuels monégasques / résidents | Illimitée | 550 €/mois HT |
| Primo | Entrepreneurs individuels non-résidents | 3 ans | 800 €/mois HT |
| Primo Plus | Après Primo, non-résidents | Illimitée | 950 €/mois HT |
| Campus | SCS, SNC, SURL, SARL sans salariés (nouvelles) | 3 ans | 990 €/mois HT |
| Campus Plus | SCS, SNC, SURL, SARL sans salariés (après Campus) | Illimitée | 1 290 €/mois HT |
| Bureau privatif | Toutes entités, obligatoire en cas d’embauche et pour les SAM | Illimitée | à partir de 1 500 €/mois HT |
| Domiciliation SCI/SCP/associations | Structures civiles monégasques | Illimitée | 1 200 €/an HT |
Même pour une petite structure, la ligne “bureau/siège social” représente donc facilement 12 000 à 20 000 € par an lorsque l’on passe à un bureau privatif et qu’on se conforme aux attentes de substance.
Coûts opérationnels : salaires, charges, assurances
Une fois en fonctionnement, une société offshore dans Monaco qui emploie du personnel doit composer avec un niveau de charges élevé, cohérent avec le niveau de vie local.
Les principales données :
Coût annuel minimal du loyer et des charges pour un petit bureau de 12 m², représentant la dépense de base la plus faible parmi les postes de dépense annuels listés.
Pour une structure avec 2 à 3 salariés, les sources convergent vers un coût opérationnel annuel de 200 000 à 300 000 €, pouvant monter à plusieurs millions pour les projets les plus ambitieux.
Un autre chiffrage global indique : chiffrage global
– coût de première année pour une petite structure active : 300 000 à 500 000 €,
– pour un projet ambitieux : plus d’un million d’euros la première année.
Cadre fiscal : où se justifie une telle dépense ?
Si le coût d’entrée est si élevé, c’est que la fiscalité monégasque reste extrêmement attractive pour certains profils.
Impôt sur les bénéfices : un impôt ciblé sur l’international
– Aucune société n’est imposée par défaut.
– L’impôt sur les bénéfices à 25 % ne s’applique que :
– si plus de 25 % du chiffre d’affaires est réalisé hors de Monaco,
– ou si la société perçoit des revenus de propriété intellectuelle (brevets, marques, licences, droits d’auteur industriels ou artistiques).
– À l’inverse, une société dont au moins 75 % des ventes sont locales échappe totalement à cet impôt.
Pour les sociétés effectivement imposables, Monaco offre un régime de lancement très avantageux pour les nouvelles entreprises éligibles :
| Année d’activité | Fraction du bénéfice soumise à 25 % | Taux effectif sur le bénéfice |
|---|---|---|
| Année 1 | 0 % | 0 % |
| Année 2 | 0 % | 0 % |
| Année 3 | 25 % | 6,25 % |
| Année 4 | 50 % | 12,5 % |
| Année 5 | 75 % | 18,75 % |
| Année 6 et suivantes | 100 % | 25 % |
Les dividendes, intérêts, redevances ne supportent aucun impôt à la source à Monaco, et il n’existe pas de retenue à la source sur les distributions vers l’étranger. Les rémunérations de dirigeants sont, pour leur part, déductibles pour la société et non imposables pour les résidents monégasques (hors exception française), ce qui permet d’optimiser fortement la fiscalité globale d’un groupe.
TVA et autres droits
– TVA : 20 %, alignée sur la France.
– Droit d’enregistrement à la création : 1 % du capital.
– Droit de mutation sur biens immobiliers professionnels : 4,5 %.
– Droits de succession : 0 % en ligne directe, jusqu’à 16 % pour des héritiers sans lien de parenté.
Aucun impôt sur le revenu ni sur la fortune, exonération de la plupart des plus-values privées et absence de droits de succession entre conjoints et descendants.
Contexte 2026 : durcissement réglementaire et coût de la conformité
Le cadre monégasque en 2026 n’a plus grand‑chose à voir avec le Monaco des années 1990.
Le gouvernement a : géré la crise économique, mis en place des réformes sociales, promu des initiatives environnementales.
– mis en œuvre des lois anti‑blanchiment renforcées,
– remplacé l’ancienne cellule SICCFIN par l’Autorité Monégasque de Sécurité Financière (AMSF),
– étendu la surveillance à des secteurs comme le yachting, le luxe, certaines professions de services,
– appliqué les standards du GAFI (FATF) et de l’OCDE en matière de transparence et d’échange d’informations.
Monaco est jugé conforme à 39 des 40 recommandations GAFI, la crypto‑régulation restant le dernier point à parfaire. L’objectif clairement affiché est la sortie de la “liste grise” du GAFI, ce qui se traduit mécaniquement par :
– plus de contrôles,
– plus de reporting,
– plus de coûts de mise en conformité pour les entreprises.
Pour une société offshore dans Monaco, cela implique :
– un registre des bénéficiaires effectifs à jour, remis à jour à chaque changement,
– une traçabilité fine des flux, surtout si une banque privée gère des actifs ou accueille des dépôts significatifs,
– des contrôles internes (KYC clients, procédures anti‑blanchiment, politique de conservation des données, RGPD).
Les prestataires insistent sur un point : le coût de remise en conformité après un manquement est toujours plusieurs fois plus élevé que le coût d’une compliance entretenue dès le départ (reconstruction de comptabilité, déclarations tardives, négociations avec les autorités).
Combien faut‑il vraiment prévoir pour créer une société offshore dans Monaco en 2026 ?
Tout dépend de l’ampleur du projet. En résumé, en s’appuyant sur les données disponibles, on peut distinguer trois grands cas de figure.
1. SARL offshore “léger” (consulting, holding de base, sans salariés)
Hypothèses :
– activité de services ou holding simple,
– pas de personnel salarié sur place,
– locaux limités à une domiciliation de type “Campus” ou équivalent,
– chiffre d’affaires modéré.
Ordre de grandeur réaliste :
Le coût minimal de constitution juridique d’une société à Monaco, hors capital social.
En pratique, un entrepreneur qui souhaite créer une SARL offshore à Monaco, sans personnel mais en respectant toutes les obligations, doit viser un ticket d’entrée global de l’ordre de 40 000 à 70 000 € la première année si l’on inclut :
– constitution,
– capital,
– siège,
– compliance initiale,
– frais bancaires,
– accompagnement professionnel.
2. Structure active avec bureau et salariés
Dès qu’on ajoute des bureaux physiques et du personnel, la marche est beaucoup plus haute :
– coût opérationnel annuel : 200 000 – 300 000 € pour 2 ou 3 salariés, un bureau correct, l’assurance, la compliance, les frais bancaires, etc. ;
– coût de mise en place : au moins 70 000 € (constitution, autorisations, frais professionnels) hors dépôt bancaire.
Pour un projet réellement “onshore/offshore” – activité transfrontalière, bureau visible, plusieurs collaborateurs – il est raisonnable de prévoir :
– année 1 : 300 000 – 500 000 € de dépenses effectives (hors capital immobilisé),
– années suivantes : 250 000 – 400 000 € par an, selon le rythme de croissance.
3. Véritable implantation business + résidence privée
De nombreux projets offshore monégasques combinent :
– société opérationnelle,
– installation personnelle des dirigeants (résidence, carte de séjour, compte privé, etc.).
Dans ce cas, s’ajoutent :
– le coût de la résidence (location ou achat),
– un dépôt minimal de 500 000 € ou plus auprès d’une banque monégasque pour la carte de séjour,
– le coût de la vie (souvent estimé à 150 000 – 250 000 € par an pour un couple vivant modestement dans le standard monégasque).
Les études comparatives évoquent des coûts d’entrée pour la résidence autour d’1 à 2 millions d’euros la première année, l’essentiel étant immobilisé dans l’immobilier ou les dépôts bancaires, auxquels il faut ajouter les coûts de la société si elle existe.
En conclusion : Monaco, un offshore de “haute intensité capitalistique”
Créer une société offshore dans Monaco en 2026 n’a rien d’un montage à bas coût. Les chiffres disponibles convergent vers une réalité :
Le coût global minimal d’une installation offshore avec dimension résidentielle privée dépasse le million d’euros dès la première année.
En échange, Monaco offre un cocktail unique :
Les dirigeants résidents (hors Français) bénéficient de zéro impôt sur le revenu, de zéro impôt sur la fortune et sur la plupart des plus-values privées, ainsi que d’aucune retenue à la source sur les dividendes ou intérêts. L’impôt sur les bénéfices est limité à certaines activités et appliqué graduellement sur six ans pour les nouvelles entreprises éligibles. L’environnement financier et juridique est de premier plan, mais désormais encadré par les standards internationaux les plus stricts.
Pour un entrepreneur ou un groupe dont les enjeux fiscaux et patrimoniaux se chiffrent en millions d’euros, le coût de création et d’entretien d’une société offshore dans Monaco peut se justifier pleinement. Mais pour des projets modestes, la note globale – constitution, capital, dépôt bancaire, conformité et fonctionnement – fait clairement de Monaco une juridiction réservée aux opérations à forte intensité capitalistique.
Un projet patrimonial ou une question ? Contactez-nous dès maintenant pour échanger avec un expert en gestion de patrimoine.
Vous souhaitez créer une société à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.