Villeurbanne n’est plus la petite voisine discrète de Lyon. Avec plus de 150 000 habitants, une population en croissance, un tissu universitaire majeur et des projets urbains XXL, la ville est devenue en quelques années l’un des marchés immobiliers les plus stratégiques de la métropole. Les prix y restent en moyenne 15 à 20 % inférieurs à ceux de Lyon, mais la tension locative est comparable, voire plus forte dans certains secteurs, avec un niveau de demande évalué à 9/10 et des rendements bruts qui oscillent en général entre 4,2 % et 6,8 %.
Pour investir à Villeurbanne, l’enjeu est de choisir le bon type de bien (ancien ou neuf), la bonne cible locative (studio étudiant ou colocation) et le quartier adéquat (central ou en mutation). Ce dossier s’appuie sur les données récentes de la FNAIM, MeilleursAgents, SeLoger, l’INSEE et des observatoires du marché pour proposer une analyse approfondie et des stratégies gagnantes.
Villeurbanne, “10e arrondissement de Lyon” devenu place forte de l’investissement
Adossée aux 3e et 6e arrondissements de Lyon, prolongée jusqu’au canal de Jonage et voisine de Bron à l’est, Villeurbanne est souvent surnommée le “10e arrondissement de Lyon”. Cette proximité géographique, combinée à un réseau de transport dense (métro A et B, tramways T1, T3, T4, Rhônexpress, bientôt T6 et T9, une vingtaine de lignes de bus, maillage de pistes cyclables, stations Vélo’v), explique en grande partie l’attrait du marché immobilier.
La ville compte entre 150 000 et plus de 160 000 habitants, ce qui en fait la commune la plus peuplée de France hors préfecture.
Cette jeunesse se traduit par un parc de logements très majoritairement locatif : autour de 63 % des habitants sont locataires de leur résidence principale, contre environ 35 % de propriétaires. Les appartements dominent écrasement le paysage : plus de 90 % du parc, les maisons individuelles ne représentant que 5 à 6 %. Les T2 et T3 concentrent près de la moitié de l’offre, avec un poids très fort des 3 pièces (près de 30 % des résidences principales).
Cette ville présente des caractéristiques très favorables : une population en croissance (+0,9 % par an, un taux supérieur à celui de Lyon), une forte proportion de jeunes actifs et d’étudiants, une majorité de locataires, ainsi qu’une tension locative élevée. Ces atouts s’accompagnent de prix immobiliers inférieurs à ceux de la ville centre, offrant un potentiel intéressant.
Des prix en repli récent mais toujours dynamiques, des rendements supérieurs à la moyenne
Après une décennie de flambée (+45,6 % sur 10 ans, +40 % environ sur 5 ans selon certains indices), le marché villeurbannais a connu, comme ailleurs en France, une phase de respiration. Les données les plus récentes situent le prix moyen entre 3 600 et 3 900 €/m² selon les sources et les méthodologies, avec un recul de l’ordre de 5 à 6 % sur deux ans, mais une légère remontée sur les derniers mois.
Niveaux de prix : anciens, neufs, maisons, appartements
Les dernières références convergent autour des ordres de grandeur suivants :
| Indicateur (janvier 2026, sauf mention) | Valeur approximative |
|---|---|
| Prix moyen tous biens confondus (FNAIM) | 3 616 €/m² |
| Prix moyen tous biens (autres sources, fin 2025) | 3 830 – 3 932 €/m² |
| Prix médian (tous biens) | 4 058 €/m² |
| Prix médian appartements | 4 070 €/m² |
| Prix moyen appartements (MeilleursAgents) | ~3 749 €/m² |
| Prix moyen maisons | ~4 772 – 4 918 €/m² |
| Prix moyen ancien | ≈ 3 300 €/m² |
| Prix moyen neuf (efficity / programmes) | ≈ 4 750 – 5 260 €/m² |
Les fourchettes de marché pour les appartements montrent une grande amplitude selon le secteur et l’état du bien, avec des estimations autour de 2 600–2 800 €/m² en bas de fourchette et plus de 5 500 €/m² dans les quartiers prime ou pour des programmes neufs.
Pour les maisons, beaucoup plus rares, les prix sont structurellement plus élevés et plus volatils, avec des pointes au-delà de 6 000 €/m² dans certains microsecteurs.
La typologie influe aussi fortement sur les prix : les studios et petits T2 se paient nettement plus cher au m², surtout en neuf, car ils s’adressent à un marché d’investisseurs à la recherche de rendement.
| Appartements anciens – prix médians par typologie | Prix €/m² approx. |
|---|---|
| Studio / 1 pièce | ~4 200 €/m² |
| 2 pièces | ~3 750 €/m² |
| 3 pièces | ~3 350 €/m² |
| 4 pièces | ~3 300 €/m² |
| 5 pièces et + | ~3 250 €/m² |
| Appartements neufs – prix médians par typologie | Prix €/m² approx. |
|---|---|
| Studio / 1 pièce | ~5 600 €/m² |
| 2 pièces | ~5 300 €/m² |
| 3 pièces | ~4 800 – 4 900 €/m² |
| 4–5 pièces | ~4 900 €/m² |
Rendements locatifs : un avantage net sur Lyon
Les données de plusieurs observatoires convergent : Villeurbanne offre des rendements bruts supérieurs à la moyenne des grandes métropoles françaises. Selon les sources, la rentabilité brute moyenne se situe entre 4,2 % et 6,8 % selon les quartiers et les stratégies. Un tableau de comparaison des grandes villes la positionne à environ 5,27 % (prix moyen 3 641 €/m², loyer 16 €/m²).
En pratique, les meilleurs rendements se trouvent généralement :
– sur les petites surfaces (studios, T1, T2 meublés),
– à proximité des pôles universitaires (campus de la Doua, Gratte-Ciel, Charpennes / Tonkin),
– sur des colocations bien structurées (T3 transformés en T4 ou T5, par exemple).
Les studios gardent un rendement particulièrement résilient : entre 2016 et 2021, leur rentabilité brute est restée autour de 4,9–5 %, alors que la moyenne tous biens confondus baissait de 4,3 % à 3,7 % sous l’effet de la hausse des prix plus rapide que celle des loyers.
C’est la progression annuelle moyenne des loyers sur le marché immobilier sur une période longue.
Loyers : encadrement, niveaux, évolution
Villeurbanne est soumise à l’encadrement des loyers depuis novembre 2021, en même temps que Lyon. Un arrêté préfectoral fixe les loyers de référence (au m² de surface habitable), avec un loyer de référence, un minoré et un majoré (ce dernier correspondant au plafond légal, sauf complément de loyer justifié par des caractéristiques exceptionnelles).
Les statistiques récentes indiquent :
| Type de logement (appartements) | Loyer médian HC €/m² |
|---|---|
| Tous types confondus | 14 €/m² |
| T1 | 17 €/m² |
| T2 | 14 €/m² |
| T3 et plus | 12 €/m² |
| Moyenne générale observée (2024) | ≈ 16 €/m² |
Sur cinq ans, les loyers ont augmenté de l’ordre de 4,5 % pour les T1, près de 9 % pour les T2 et un peu moins de 9 % pour les T3 et plus. Les petites surfaces restent donc la locomotive des hausses, dopées par la demande étudiante et de jeunes actifs.
L’encadrement des loyers impose cependant de surveiller finement le marché : le loyer hors charges d’un nouveau bail (ou d’un renouvellement) ne peut pas dépasser de plus de 20 % le loyer de référence majoré. Un simulateur officiel, accessible sur le site de la Métropole de Lyon, permet de vérifier la conformité d’un projet de loyer. En cas d’infraction, l’amende peut atteindre 5 000 € pour un particulier et 15 000 € pour une personne morale.
Ancien ou neuf : deux logiques d’investissement très différentes
La structure du parc villeurbannais, composé en grande majorité de bâtiments des années 1950 à 1990, explique que l’offre en anciens soit très abondante. Dans le même temps, la ville dispose encore de foncier disponible ou de friches à reconvertir, ce qui a permis l’émergence de nombreux programmes neufs, notamment dans les quartiers en mutation (Grandclément, Buers, Poulettes, Zola‑Pressence, Léon Blum…).
L’immobilier ancien : décote à l’achat, travaux et rendement
Les appartements anciens se négocient en moyenne autour de 3 300–3 500 €/m², soit un rabais significatif par rapport au neuf. Les grandes copropriétés des années 60–70 autour de Charpennes, Tonkin, Buers ou Cusset offrent souvent des tarifs encore plus attractifs, parfois entre 2 300 et 2 800 €/m² dans les secteurs populaires.
Cette décote s’explique par plusieurs facteurs : performances énergétiques parfois médiocres (DPE F ou G dans de nombreux immeubles), charges d’ascenseur et de chauffage collectif, travaux à prévoir en façade ou en parties communes. Mais elle représente aussi une opportunité importante pour qui est prêt à investir dans la rénovation.
Les ordres de grandeur des coûts de travaux, relevés par des professionnels, permettent de structurer un plan d’investissement :
| Type de rénovation d’un appartement | Coût indicatif €/m² |
|---|---|
| Relooking / rafraîchissement | ≈ 240 €/m² |
| Rénovation légère | ≈ 490 €/m² |
| Rénovation complète | ≈ 860 €/m² |
| Rénovation lourde | ≈ 1 200 €/m² |
Pour un T3 de 70 m², une rénovation complète tourne ainsi autour de 50 000 €. Ce montant peut paraître élevé, mais il permet souvent de :
Pour un bien locatif, une rénovation permet de remonter significativement la note DPE (évitant ainsi les futures interdictions de location pour les classes F et G), d’augmenter le loyer de 10 à 15% lors de la modernisation des pièces d’eau (cuisine et salle de bain), et de valoriser le bien à la revente, particulièrement si le quartier est en cours de gentrification.
À ces coûts s’ajoutent les frais d’acquisition, plus lourds en ancien : généralement 7 à 8 % du prix, contre 2 à 3 % dans le neuf. Un exemple chiffré montre qu’un T3 ancien acheté 301 355 € supporte environ 21 500 € de frais de notaire, là où un bien neuf au même prix n’en supportera qu’environ 6 000 €.
Pour les investisseurs en location nue, ces frais ne sont pas déductibles des revenus fonciers, mais ils entrent dans le calcul de la plus-value à la revente. En location meublée (LMNP au réel), ils peuvent être amortis, tout comme le coût des travaux et du mobilier, ce qui ouvre la voie à une quasi‑exonération d’impôt sur les loyers pendant 10 à 15 ans.
L’immobilier neuf : confort, fiscalité, mais entrée de gamme plus chère
À Villeurbanne, le neuf se négocie en moyenne autour de 4 700 à 5 300 €/m². Dans les programmes les mieux situés ou les plus qualitatifs, on dépasse aisément 6 000 €/m² :
Quelques références de prix au mètre carré pour des biens neufs dans différents quartiers de Villeurbanne, pour donner un ordre d’idée du marché.
Un appartement T3 neuf de 64 m² est proposé autour de 415 000 €, soit environ 6 484 €/m².
Un T3 neuf de 70,6 m² est disponible à 367 000 €, ce qui représente un prix d’environ 5 200 €/m².
Un 2 pièces neuf de 33,5 m² est affiché à 232 000 €, soit approximativement 6 930 €/m².
Les studios en résidence étudiante dans ce secteur atteignent des prix avoisinant 7 500 à 7 800 €/m².
Cette prime de prix reflète le confort (ascenseurs modernes, espaces extérieurs, parkings, prestations contemporaines), la performance énergétique (RT 2012, puis RE 2020), les garanties légales (parfait achèvement, biennale, décennale) et des frais d’acquisition réduits (2–3 % du prix).
Les dispositifs fiscaux ont également longtemps renforcé l’attractivité du neuf. Le Pinel, désormais clos aux nouvelles souscriptions mais encore en vigueur pour les investissements passés, et désormais la location meublée (LMNP) ou d’autres régimes (Denormandie pour l’ancien à rénover, PTZ pour les primo‑accédants), ont contribué à dynamiser ce segment.
Le revers de la médaille est une rentabilité brute plus faible à l’achat, surtout dans les quartiers déjà chers. À Gratte‑Ciel ou République, par exemple, le prix au m² peut approcher ou dépasser 4 500–4 700 €/m² pour l’ancien et bien davantage pour le neuf, ce qui limite les rendements bruts autour de 4,5–5 % sur des produits standards.
L’équation est donc claire : le neuf se justifie par une stratégie patrimoniale long terme, une recherche de tranquillité (moins de travaux, moins de gestion technique) et un levier fiscal ; l’ancien se prête mieux aux stratégies de rendement et de création de valeur via la rénovation ou la colocation.
Cartographie des quartiers : où investir à Villeurbanne selon votre stratégie
Villeurbanne ne forme pas un marché homogène. D’un quartier à l’autre, et parfois d’une rue à l’autre, les niveaux de prix, la perception de sécurité, la demande locative et le profil des habitants peuvent radicalement changer. Pour investir intelligemment, il est indispensable de raisonner à l’échelle des micro‑marchés.
Gratte‑Ciel / République : le centre historique, entre valorisation et rendement correct
Le secteur Gratte‑Ciel / République est le cœur historique de la ville, organisé autour de l’avenue Henri‑Barbusse et de la place Lazare‑Goujon. C’est un quartier très vivant, avec une forte concentration de commerces, de restaurants, d’équipements culturels et de services. Le métro A dessert directement le secteur (station Gratte‑Ciel), mettant le centre de Lyon à moins de 15 minutes.
Les chiffres du marché montrent des prix supérieurs à la moyenne villeurbannaise, en particulier pour les appartements, qui tournent autour de 4 200–4 300 €/m² d’après plusieurs sources, avec des pointes autour de 4 500 €/m² et plus pour les biens les mieux placés ou rénovés.
Pour autant, ce quartier reste pertinent pour l’investissement locatif, en particulier sur les petites surfaces :
– le ticket d’entrée au m² est élevé mais inférieur à celui des quartiers centraux de Lyon,
– la demande est très soutenue de la part des étudiants et des jeunes actifs,
– les studios et petits T2 meublés se louent en moyenne 17 à 19 €/m², soit un rendement brut souvent compris entre 5 et 6,5 %.
Le grand projet “Gratte‑Ciel Centre‑Ville” va encore changer le visage du secteur. À l’horizon 2030, il prévoit la création de près de 900 à 1 800 logements supplémentaires (selon les périmètres considérés), environ 40 commerces, 19 000 m² d’équipements publics (dont un lycée, un groupe scolaire, un pôle jeunesse, une crèche, un cinéma), 4 000 à 4 900 m² de bureaux et services, et 2,7 hectares d’espaces publics végétalisés. Avec la mise en service du tram T6, qui passera à proximité, on peut anticiper une poursuite de la valorisation à long terme.
Pour un investisseur, l’enjeu principal dans le quartier de Gratte-Ciel n’est pas de trouver un locataire, en raison d’une tension locative très forte. L’essentiel est de bien acheter : il faut éviter les copropriétés très énergivores, anticiper les futurs appels de fonds, et privilégier les immeubles déjà rénovés ou ceux offrant un bon potentiel de valorisation après travaux.
Charpennes / Tonkin : hub de transports et eldorado de la colocation
Situé à la jonction entre Villeurbanne et le 6e arrondissement de Lyon, le secteur Charpennes / Tonkin cumule les avantages : double desserte métro (lignes A et B), proximité immédiate du parc de la Tête d’Or, accès rapide au campus de la Doua et aux pôles d’emplois (Part‑Dieu, Cité Internationale, hôpitaux).
Les immeubles datent souvent des années 60–70, avec des copropriétés de grande taille, parfois énergivores mais offrant des surfaces généreuses à des prix plus raisonnables que dans le 6e lyonnais. Les prix moyens se situent, selon les sources, autour de 3 200–3 800 €/m² pour les appartements, avec des disparités fortes selon l’état des copropriétés et la proximité immédiate de Lyon.
C’est un terrain de jeu privilégié pour la colocation. Des T3, T4 ou T5 anciens, acheté entre 2 900 et 3 400 €/m², peuvent être restructurés et meublés pour accueillir 3 ou 4 colocataires. Chaque chambre se loue assez facilement entre 500 et 600 € selon la surface, les prestations et l’emplacement exact. La rentabilité brute peut alors atteindre 6 à 7 %, voire davantage si les charges sont bien maîtrisées et si l’on optimise la fiscalité via le régime LMNP au réel.
La vigilance porte sur deux points : la qualité du bâti (isolation, ascenseurs, réseaux) et les potentielles futures obligations de rénovation énergétique, qui seront plus lourdes dans ces immeubles d’après‑guerre.
La Doua : le moteur étudiant, royaume du studio meublé
Au nord de Villeurbanne, le campus de la Doua constitue un pôle universitaire unique par sa taille et sa concentration d’écoles et de laboratoires. Université Claude Bernard Lyon 1, INSA, écoles d’ingénieurs et organismes de recherche attirent chaque année des milliers d’étudiants français et internationaux.
Dans ce périmètre, plus de 80 % des habitants sont locataires. Les studios et petits T2 meublés trouvent preneur très rapidement, avec des loyers moyens pour un studio meublé autour de 500–600 € par mois, parfois plus pour des résidences de standing ou très proches du campus.
Rendement brut régulier des studios bien positionnés dans ces quartiers.
La contrepartie de ce profil très étudiant est un turn‑over élevé (baux 9 mois, changements annuels), avec un risque de vacance estivale si l’on ne repense pas le mode de location (par exemple via une location saisonnière/regroupée l’été dans le respect de la réglementation). La gestion locative y est plus intensive, mais la vacance structurelle reste faible compte tenu de la tension sur le logement étudiant.
Buers / Croix‑Luizet : quartier populaire à fort potentiel de rendement
À l’est du campus, les quartiers Buers et Croix‑Luizet constituent un tissu plus populaire, longtemps délaissé par les investisseurs lyonnais mais de plus en plus scruté. Les prix d’acquisition y sont parmi les plus accessibles de Villeurbanne : on trouve couramment des appartements entre 2 300 et 2 700 €/m², parfois moins dans les copropriétés les moins cotées.
La demande locative est soutenue, portée par plusieurs publics : étudiants au budget serré qui s’éloignent légèrement du campus central, jeunes actifs, familles modestes. Un T2 se loue en moyenne entre 650 et 750 € par mois, ce qui permet des rendements bruts de 6 à 7 % si l’on maîtrise le coût des travaux et des charges.
Ce secteur n’est toutefois pas homogène. Certaines rues souffrent encore d’une perception négative en termes de sécurité ou de qualité de vie, et la qualité des copropriétés est très variable. Une bonne connaissance du terrain, ou l’appui d’un chasseur local, est ici précieuse pour distinguer les poches à potentiel des immeubles à éviter.
L’arrivée du parc Roger‑Planchon (2 hectares) et du tram T6 à proximité, ainsi que la reconversion d’anciens sites industriels, devraient peu à peu tirer l’image du quartier vers le haut et soutenir la valorisation à moyen terme.
Cusset / Grandclément : le “family friendly” en mutation
Plus à l’est, les secteurs de Cusset et Grandclément forment un tissu urbain plus résidentiel, avec une population de familles, d’employés et de cadres. Les prix y sont légèrement inférieurs à ceux du centre, avec des moyennes autour de 2 800–3 200 €/m² pour les appartements anciens.
Cette stratégie privilégie les T3 et T4, loués à des familles ou ménages stables en location nue, plutôt que les studios et colocations. Un T3 se loue généralement entre 850 et 1 000 € par mois. Les rendements bruts, bien qu’un peu plus modestes (environ 4,5–5,5 %), sont compensés par une rotation des locataires plus faible et un meilleur entretien des logements.
Le potentiel de valorisation est réel : le secteur Grandclément‑Gare fait l’objet d’une importante opération d’aménagement, avec environ 1 100 logements en construction, 50 000 m² d’activités tertiaires et 23 000 m² d’activités productives prévus. Le futur tram T6 améliorera également la desserte, tout comme le maillage des Voies Lyonnaises pour les vélos.
Autres quartiers à surveiller : Saint‑Jean, La Soie, Zola‑Pressence, Les Poulettes
Plusieurs secteurs en périphérie du centre historique offrent des perspectives intéressantes :
– Saint‑Jean, au sud‑est, est en pleine requalification, avec un vaste projet de ZAC qui prévoit environ 1 800 logements à l’horizon 2030, des commerces, un groupe scolaire, une crèche et un équipement sportif. Dans ces quartiers encore abordables aujourd’hui (prix autour de 3 400 €/m² en moyenne), la valorisation à moyen terme peut être significative.
– Villeurbanne‑La Soie, à la frontière de Vaulx‑en‑Velin, s’inscrit dans l’extension du grand projet Carré de Soie : 1 600 logements, 57 000 m² de bureaux (3 800 emplois), commerces, groupe scolaire, crèche, équipements sportifs. Bien desservi par le tram et le métro, ce secteur mêle vocation tertiaire et résidentielle.
– Zola‑Pressence et Les Poulettes, proches des grands axes et du tram T3, concentrent plusieurs programmes neufs, souvent haut de gamme, avec des prix au m² qui s’envolent (plus de 6 000 €/m² pour certaines petites surfaces). Ce sont des secteurs de choix pour un investissement neuf patrimonial ou en LMNP dans des résidences étudiantes ou gérées.
Dans tous ces quartiers de projet, on observe un phénomène classique : les programmes neufs situés à proximité immédiate des futures stations de tram ou des nouveaux parcs se vendent 15 à 20 % plus cher que le parc ancien existant, mais bénéficient d’une perspective de valorisation accélérée à mesure que les équipements sortent de terre.
Étudier la rentabilité : quelques repères chiffrés
Pour comparer des scénarios d’investissement, il est utile de garder en tête les ordres de grandeur suivants.
Rendement brut et net : méthode et niveaux
Le rendement brut se calcule en divisant le loyer annuel (hors charges) par le coût total d’acquisition du bien (prix + frais de notaire + travaux + mobilier + honoraires divers).
Le rendement net retranche de ce revenu brut les charges non récupérables (taxe foncière, assurance propriétaire non occupant, entretien, petits travaux, frais de gestion, etc.). En pratique, ces charges représentent souvent 15 à 25 % des loyers, selon que l’on gère en direct ou via une agence, la qualité de la copropriété, la nature des travaux…
À partir du prix médian de l’immobilier à Villeurbanne (environ 3 944 €/m²) et des loyers moyens observés, des simulations sur des appartements T1, T2 et T3 permettent d’estimer la rentabilité locative nette (charges déduites, avant impôt). Ces calculs donnent un ordre de grandeur pour évaluer la performance d’un investissement dans cette commune.
| Typologie | Surface type | Revenu net annuel après charges (approx.) |
|---|---|---|
| Studio | 25 m² | ≈ 2 020 € |
| T2 | 50 m² | ≈ 4 040 € |
| T3 | 70 m² | ≈ 5 650 € |
Après impôt, en supposant un taux marginal de 30 % et 17,2 % de prélèvements sociaux (régime foncier classique), les revenus réellement perçus sont évidemment plus faibles (autour de la moitié). D’où l’intérêt d’optimiser le régime fiscal (meublé LMNP au réel, déficit foncier via travaux lourds, etc.).
Rentabilité par type de bien : studios, T2, colocations
En croisant les prix par typologie et les loyers moyens à Villeurbanne, on retrouve une hiérarchie classique :
Pour un investissement locatif, les studios et T1 meublés près des transports et universités offrent la meilleure rentabilité brute (5,5–7 %), mais exigent une gestion intense avec un fort taux de rotation. Les T2 meublés présentent un équilibre entre rendement (5–6 %) et stabilité (couples, jeunes actifs). Les T3 et plus ont un rendement plus faible en location familiale (4–5 %), sauf en colocation, ce qui permet de se rapprocher de la performance des petites surfaces tout en partageant le risque d’impayés.
Un exemple type en colocation à Charpennes illustre bien ce potentiel : un T4 ancien de 80 m² acheté 3 200 €/m² (256 000 € hors frais), rénové et meublé pour 60 000 €, loué à quatre colocataires à 550 € chacun. Les loyers annuels atteignent 26 400 €, soit un rendement brut proche de 8 % sur un coût total d’environ 330 000 € (sans même tenir compte de l’effet du financement). Une fois les charges, la taxe foncière et la gestion déduites, on reste facilement au‑dessus de 6 % net avant impôt.
Contraintes réglementaires et risques à intégrer
Investir à Villeurbanne ne consiste pas simplement à surfer sur la demande locative. Plusieurs contraintes peuvent peser sur la rentabilité et doivent être anticipées.
Encadrement des loyers et plafonds de zones tendues
En plus du plafonnement spécifique de l’encadrement des loyers (référence majorée à ne pas dépasser), Villeurbanne se situe en zone A des dispositifs de logement (ex‑Pinel, PTZ, etc.). Dans ce cadre, les plafonds de loyers pour certains régimes (comme le Pinel lorsqu’il était en vigueur) tournaient autour de 13 €/m², calculés sur une “surface utile” et modulés par un coefficient, ce qui pouvait limiter les loyers dans les programmes neufs.
Même si le Pinel est arrivé à son terme, l’existence de ces plafonds dans l’ancien stock continue d’influencer certains investisseurs, par exemple lorsqu’ils rachètent un bien sous engagement Pinel ou réfléchissent à la reconversion d’un bien déjà loué sous ce régime.
Performance énergétique et interdiction progressive de louer
Comme partout en France, la montée en puissance des normes énergétiques pèse fortement sur les immeubles des années 50–70, nombreux à Villeurbanne. Les logements classés F et G sont progressivement bannis du marché locatif :
– impossibilité d’augmenter le loyer pour les F et G depuis 2022,
– interdiction de louer les G à partir de 2025, puis les F en 2028, puis les E en 2034.
Coût moyen estimé par mètre carré pour améliorer un logement de la classe énergétique F ou G à la classe E.
Hétérogénéité des quartiers et perception de sécurité
Villeurbanne souffre, comme beaucoup de grandes communes, d’une image contrastée. Si des secteurs comme Gratte‑Ciel, Charpennes ou Cusset sont plutôt bien perçus, d’autres, comme des portions de Buers, Croix‑Luizet ou Poudrette – Les Brosses, traînent une réputation plus difficile, liée à la délinquance ou à la vétusté des logements.
Malgré les investissements municipaux en vidéoprotection et aménagements publics, il est crucial pour un investisseur de visiter le quartier à différentes heures, d’échanger avec les commerçants et les habitants pour en saisir précisément l’ambiance.
Fiscalité locale et coûts annexes
La taxe foncière villeurbannaise reste pour l’instant modérée (autour de 480 € pour un T2 de 40 m², 700 € pour un T3 de 65 m²), mais elle est en lente progression. À cela s’ajoutent les charges de copropriété, parfois élevées dans les grandes résidences avec chauffage collectif et ascenseurs.
En location nue, la plupart de ces dépenses ne sont pas directement déductibles du revenu imposable (sauf intérêts d’emprunt, frais de gestion, travaux d’entretien, etc.). En revanche, en location meublée au régime réel (LMNP), une grande partie peut être amortie ou déduite, ce qui transforme radicalement le niveau d’imposition sur les loyers.
Stratégies gagnantes pour investir à Villeurbanne
En combinant l’ensemble des données de marché, plusieurs stratégies ressortent particulièrement adaptées au contexte villeurbannais.
Miser sur les petites surfaces proches des transports et des campus
Studio ou T2 meublé à La Doua, Gratte‑Ciel, Charpennes ou Tonkin reste la figure de proue de l’investissement villeurbannais. La demande y est structurellement forte, alimentée par les étudiants, les jeunes actifs et les chercheurs. Les niveaux de loyers (17–19 €/m² pour des T1/T2 bien placés) et la prime de micro‑surface sur le prix au m² assurent un rendement attractif.
Pour optimiser cette stratégie, il est conseillé de :
– cibler les immeubles bien entretenus, avec un DPE correct ou améliorables,
– proposer des logements entièrement meublés et équipés, en soignant particulièrement la cuisine et la salle d’eau,
– privilégier les localisations à moins de 10 minutes à pied d’une station de métro ou de tram,
– arbitrer entre résidence étudiante gérée (plus de sécurité, mais loyers plafonnés et charges de gestion) et logement classique (plus de liberté, mais plus de gestion).
Transformer des T3 en colocations rentables
Dans les quartiers bien desservis mais aux prix plus raisonnables (Charpennes, Tonkin, Buers, Cusset, Grandclément), la colocation est un outil puissant pour booster la rentabilité. En divisant un T3 ou T4 en autant de chambres que possible tout en respectant les règles de décence, on augmente fortement le loyer total, tout en s’adressant à un public très demandeur (étudiants avancés, jeunes salariés).
La clé du succès réside dans :
La clé du succès
– le choix du plan (double exposition, séjour transformable, grandes chambres),
– la qualité des travaux (isolation phonique, salles d’eau, rangements),
– la maîtrise des charges (préférer les chauffages individuels, les petites copropriétés bien gérées),
– la gestion (règles claires de cohabitation, sélection des profils, suivi régulier).
S’implanter tôt dans les quartiers de projet
Les secteurs en pleine transformation, comme Saint‑Jean, l’ancien site ACI à Croix‑Luizet ou Villeurbanne‑La Soie, offrent aujourd’hui des prix encore proches de la moyenne (voire en dessous) pour une qualité de vie appelée à évoluer à la hausse avec la création de parcs, d’écoles, de crèches et de lignes de tram.
En achetant soit dans l’ancien à rénover, soit dans les premiers programmes neufs bien situés, l’investisseur peut cumuler :
– un rendement correct à court terme, sous réserve d’un positionnement tarifaire pertinent,
– un potentiel de plus‑value significatif sur 10–15 ans, à mesure que le quartier se “requalifie”.
Cette stratégie comporte des incertitudes (délais, acceptation populaire, clientèle solvable) mais s’inscrit dans le mouvement de métropolisation lyonnaise, qui déplace la demande hors du centre historique.
Optimiser la fiscalité : LMNP, déficit foncier, financement
Enfin, quelle que soit la stratégie choisie, la rentabilité nette dépendra largement de l’optimisation fiscale et financière. À Villeurbanne, où la rentabilité brute dépasse souvent 5 %, il est possible de transformer un investissement “moyen” en opération très performante grâce aux bons outils :
– le régime LMNP au réel permet d’amortir le bien (hors valeur du terrain), les travaux et le mobilier, neutralisant presque totalement l’imposition des loyers pendant une décennie ou plus,
– les travaux lourds dans l’ancien créent un déficit foncier imputable sur le revenu global (dans certaines limites), réduisant les impôts de l’investisseur,
– le recours à un financement bancaire à taux encore attractif permet de profiter de l’effet de levier du crédit, surtout si l’on parvient à faire couvrir tout ou partie des mensualités par les loyers.
La clé reste cependant de ne pas surpayer le bien au départ. Dans un marché aussi tendu que Villeurbanne, la tentation est forte de se précipiter. Les données montrent pourtant que les délais pour conclure une acquisition peuvent être raisonnables si l’on reste discipliné, avec des acteurs de chasse et de courtage capables de sécuriser une opération en une quarantaine de jours en moyenne, contre plus de deux mois pour un parcours classique.
Conclusion : un marché solide, à condition d’acheter au bon endroit et au bon prix
Investir dans l’immobilier à Villeurbanne, c’est se positionner sur un marché de grande couronne… qui se comporte de plus en plus comme un centre‑ville métropolitain. La ville cumule des atouts structurels difficiles à retrouver ailleurs : adossement direct à Lyon, plus grand campus universitaire de la région, population jeune et majoritairement locataire, projets urbains massifs, transport en commun de haut niveau, offre culturelle dense.
Les chiffres montrent un marché très tendu (tension locative 9/10), avec des loyers en hausse sur cinq ans et des rendements bruts attractifs, soutenus par des prix encore inférieurs d’environ 20% à ceux de Lyon. Cependant, ce dynamisme masque des défis importants : un parc immobilier vieillissant, des contraintes réglementaires croissantes (normes énergétiques, encadrement des loyers), une perception de la sécurité inégale selon les quartiers, et une demande d’investisseurs qui tire les prix du neuf à la hausse.
L’investisseur qui réussit à Villeurbanne est celui qui :
Pour un investissement immobilier réussi à Villeurbanne, il est crucial de : comprendre la micro-géographie de la ville et de choisir un quartier aligné sur sa stratégie (rentabilité courte, valorisation longue, colocation, patrimonial…) ; accepter de consacrer du temps (ou un budget pour des prestataires) à l’ingénierie des travaux et à l’optimisation fiscale ; et raisonner sur une période de 10 à 15 ans en intégrant l’impact des grands projets d’aménagement (comme Gratte-Ciel Grand Centre, ZAC Saint-Jean, Carré de Soie, extensions des lignes de tram T6 et T9, et les Voies Lyonnaises) sur la valeur future des biens.
Dans ce cadre, que l’on soit primo‑investisseur à la recherche d’un premier studio meublé ou investisseur aguerri visant un portefeuille de colocations, Villeurbanne offre aujourd’hui un terrain de jeu parmi les plus intéressants de la façade est française. À condition, comme toujours en immobilier, de garder la tête froide face aux chiffres et de ne jamais perdre de vue l’essentiel : l’emplacement, la qualité du bâti et la capacité du bien à rester attractif pour ses locataires dans la durée.
Cas pratique : un investisseur français qui diversifie à Villeurbanne
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Villeurbanne pour rechercher du rendement locatif et profiter du dynamisme de la métropole lyonnaise. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs secteurs de la région lyonnaise (Lyon intra-muros, Villeurbanne, Vénissieux), la stratégie retenue a consisté à cibler un ou deux appartements dans des quartiers en forte demande locative (Gratte-Ciel, Charpennes, République), combinant un rendement locatif brut cible de 5 à 6 % – en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 500 000 euros.
La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notaire, expert-comptable), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via SCI) et définition d’un plan de diversification patrimoniale à l’échelle de la métropole.
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