Au-delà des plages de carte postale et des villas sur pilotis, le pays que l’on appelle aujourd’hui les Maldives possède une histoire dense, complexe, souvent méconnue. Archipel de 26 atolls et de plus de 1 000 îles coralliennes posé au cœur de l’océan Indien, il a servi pendant des millénaires de carrefour entre l’Inde, le monde arabe, l’Asie du Sud-Est, l’Afrique orientale et, plus tard, l’Europe. De royaumes bouddhistes aux sultanats islamiques, de la tutelle coloniale à la république moderne, l’itinéraire historique de cet État insulaire éclaire aussi bien la géopolitique de l’océan Indien que les mutations du monde musulman contemporain.
Des premières populations à la naissance des royaumes insulaires
Les traces les plus anciennes suggèrent une habitation des îles maldiviennes depuis plus de 2 500 ans, voire dès 1 500 voire 2 000 ans avant notre ère selon certaines interprétations archéologiques. Cette ancienneté ne surprend pas lorsque l’on considère la position de l’archipel sur le « couloir maritime » reliant la Mer d’Arabie au golfe du Bengale, puis au détroit de Malacca et à l’Asie du Sud-Est.
Les premiers habitants connus seraient des populations indo-aryennes apparentées à celles qui colonisent également le Sri Lanka à la même époque. Les traditions orales évoquent les Dheyvis ou Dheevis, installés d’abord dans l’atoll de Haddhunmathi avant de s’étendre plus au sud vers Suvadinmathi (Huvadhoo). D’autres vagues migratoires proviennent du sud de l’Inde, notamment des régions tamoules et du Maharashtra (groupes Redi et Kunibee), et même, selon certains indices, du Sindh. Les Giraavaru, peuple de pêcheurs installé sur une île aujourd’hui engloutie par l’urbanisation de Malé, passent pour l’une des plus anciennes communautés du nord.
Les sources historiques sri-lankaises, notamment le *Mahāvaṃsa*, évoquent un navire du prince fondateur Vijaya ayant dérivé jusqu’à une île appelée Mahiladvipika, identifiée plus tard aux Maldives. Ces récits, bien que non chronologiques, attestent d’échanges maritimes très anciens entre le Sri Lanka, l’Inde et l’archipel maldivien.
Sur le plan politique, les premières structures étatiques connues prennent la forme de royaumes insulaires. Le plus ancien dont la tradition garde mémoire est le royaume de Dheeva Maari. Il est dominé par une dynastie dite Adeetta Vansa, ou dynastie solaire, fondée par Sri Soorudasaruna Adeettiya, prince exilé d’un royaume de Kalinga, sur la côte orientale de l’Inde. À cette lignée aurait succédé la Soma Vansa, ou dynastie lunaire, un schéma « soleil/lune » que l’on retrouve dans d’autres cultures de l’Asie du Sud.
Ces récits évoquent conquêtes internes, atolls septentrionaux occupés par un certain Raja Dada, puis reconquis par Sri Mahaabarana Adeettiya, qui se proclame souverain de 14 atolls et de 2 000 îles. Ce même imaginaire dynastique, jouant sur les ascendances solaire et lunaire, perdurera jusque dans les titres formels des souverains musulmans, qui se diront encore, au XXᵉ siècle, « descendants du Soleil et de la Lune ».
Le Maapanansa, texte ancien
Une société insulaire façonnée par la mer
À cette époque pré-islamique, la société maldivienne se structure autour de la mer. La pêche, la construction de bateaux, la fabrication de cordages en fibre de coco (coir), la cueillette du cocotier et un peu d’agriculture de subsistance dominent l’économie. Une forme de hiérarchie sociale existe, sans être un système de castes strict à l’indienne : élites royales, notables, artisans spécialisés et population de pêcheurs s’organisent selon des usages adaptés à un territoire éclaté en centaines d’îles.
Les terres sont souvent concédées sous forme de domaines à des familles, avec des règles d’héritage où la lignée maternelle joue un rôle important. Les chroniqueurs et les analyses anthropologiques laissent même penser qu’une forte composante matriarcale caractérise les premières sociétés des Maldives : des reines exercent un pouvoir politique réel, arbitrent des conflits, et le statut des femmes paraît élevé si on le compare à de nombreuses sociétés régionales de la même époque.
Du culte du Soleil au long millénaire bouddhiste
Avant l’arrivée du bouddhisme, les Maldiviens pratiquent un culte hindou archaïque centré notamment sur la vénération de Surya, le dieu du Soleil. Une pièce archéologique, un linga corallien mis au jour sur Ariadhoo, vient appuyer ce passé hindouiste. Des images taillées représentant Shiva, Lakshmi, Kubera ou encore le sage Agastya témoignent, elles aussi, de cette phase brahmanique.
Le basculement vers le bouddhisme s’opère probablement au IIIᵉ siècle avant notre ère, dans le sillage de l’empereur Ashoka, dont on sait qu’il envoie des missions religieuses depuis le nord de l’Inde jusqu’à Ceylan. Pendant environ 1 400 ans, l’archipel vit ensuite sous la bannière du dharma bouddhiste. C’est de cette longue période que proviennent presque toutes les ruines anciennes encore visibles.
Nombre d’îles comportant des sites bouddhiques aux Maldives selon un inventaire établi en 1990.
Longtemps, les premiers chercheurs européens, au XIXᵉ siècle, ont supposé que le bouddhisme maldivien était essentiellement de type theravāda, introduit depuis le Sri Lanka. Les travaux plus récents complexifient ce tableau : un reliquaire découvert à Maalhos, dans l’atoll d’Ari, porte un motif de Vishvavajra et une inscription en proto-bengali identique à celle utilisée dans les grands centres bouddhiques de Nalanda ou Vikramashila, en Inde. Des fragments de stupa en porites exposés au Musée national de Malé représentent des Bouddhas de méditation selon une iconographie mahāyāna, tandis que d’autres blocs coralliens portent des motifs clairement vajrayāna.
L’archipel maldivien était un point de rencontre de courants bouddhiques et, selon les fouilles de Thor Heyerdahl, intégré dès le IIᵉ millénaire av. J.-C. à de vastes réseaux d’échanges s’étendant jusqu’à l’Égypte, la Mésopotamie et la vallée de l’Indus, démontrant que sa petite taille ne l’a pas isolé.
L’unification du royaume et les pressions extérieures
Au début du IIᵉ millénaire de notre ère, l’archipel reste divisé entre plusieurs entités politiques. Les atolls du nord, dont Minicoy et Thiladhunmathi, subissent la pression d’un voisin de poids : l’empire Chola du sud de l’Inde. Le souverain Raja Raja Chola I y mène une campagne maritime, s’emparant de certaines îles stratégiques. C’est dans ce contexte qu’émerge la figure de Koimala, noble venu du Sri Lanka qui, selon la tradition, débarque d’abord à Rasgetheemu, puis gagne l’île de Malé où il fonde un royaume centré sur ce « rocher royal ».
Sous le nom de Sri Mahaabarana, Koimala est présenté comme le grand unificateur de l’archipel. Il est rattaché à la lignée lunaire, celle de Theemuge, et son avènement marque le triomphe d’une dynastie qui revendique à la fois l’héritage solaire et lunaire. Le trône devient alors le Singāsana, le « trône du lion », alors qu’on parlait auparavant également de Saridhaaleys, le « trône d’ivoire ». Les historiens modernes débattent de l’ampleur réelle de cette unification, mais la mémoire collective lui attribue la libération de l’archipel de l’emprise chola et la mise en place d’un pouvoir central stable à Malé.
Le grand tournant : l’islamisation du royaume
Au XIIᵉ siècle, un basculement religieux et politique d’une portée considérable se produit : le dernier roi bouddhiste, Dhovemi, se convertit à l’islam. Il prend le nom de Sultan Muhammad al-Adil et inaugure plus de huit siècles de sultanat islamique. La date précise de cette conversion fait débat – certaines sources évoquent 1153, d’autres une quarantaine d’années plus tard – mais tous les récits, locaux comme étrangers, s’accordent sur son importance.
Dans la mémoire maldivienne, ce moment marque la fin de la période de Jahiliyyah, le « temps de l’ignorance », expression empruntée au lexique islamique classique pour désigner l’ère pré-islamique. Les chroniques en écriture ancienne, comme les Loamaafaanu en cuivre, décrivent en termes crus la suppression du bouddhisme dans certains atolls, notamment à Haddhunmathi : décapitation de moines refusant de se convertir, démantèlement ou profanation de stupas, destruction de statues.
La légende d’Abu al-Barakat et du démon de la mer
Au cœur du récit de conversion figure un personnage mystérieux : Abu al-Barakat Yusuf al-Barbari, présenté comme un savant musulman sunnite ayant mis fin à un culte terrifiant. La légende la plus connue raconte qu’un démon marin, Ranna Maari, exigeait chaque mois le sacrifice d’une jeune fille jetée à la mer. Le saint homme, arrivé de l’étranger, se serait substitué à la victime promise, aurait récité le Coran toute la nuit, et au matin, le démon n’aurait pas reparu. Impressionné, le souverain aurait embrassé l’islam, bientôt suivi par sa cour et, progressivement, par l’ensemble des îles.
L’épithète ‘al-Barbari’, associée au prédicateur ayant islamisé les Maldives, illustre un mystère historique. Elle pourrait désigner un Berbère d’Afrique du Nord, un natif de Berbera en Somalie, ou un Persan de Tabriz (‘al-Tabrizi’), ces termes étant souvent confondus dans les écritures arabes anciennes. Par ailleurs, une tradition méridionale attribue la première islamisation de certaines îles du sud à un certain Yoosuf Gadir, antérieur de près de trente ans au prédicateur de Malé.
Quoi qu’il en soit, la tombe d’Abu al-Barakat, au Medhu Ziyaaraiy, en face de la grande mosquée du vendredi de Malé, est aujourd’hui encore un lieu de mémoire. L’islamisation, elle, se diffuse sur plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. Les Loamaafaanu d’Isdhoo et de Dhan’bidhoo, datés de la fin du XIIᵉ siècle, attestent qu’à cette période, certains atolls sont déjà passés à l’islam alors que d’autres achèvent tout juste la destruction de leurs sanctuaires bouddhistes.
Mise en place du sultanat islamique
Avec la conversion du souverain, l’archipel entre dans une nouvelle ère politique. Six grandes dynasties musulmanes se succèdent, pour un total d’environ 84 sultans et sultanes jusqu’au début du XXᵉ siècle. Le titre complet, particulièrement solennel, en dit long sur l’ambition de ce pouvoir insulaire : « Sultan de la Terre et de la Mer, Seigneur des douze mille îles et Sultan des Maldives ». Dans leurs formules officielles jusqu’en 1968, les souverains continueront de se dire issus du Soleil et de la Lune, tissant un lien revendiqué avec les lignées préislamiques.
Sur le plan juridique et administratif, le royaume s’insère pleinement dans l’écosystème du monde musulman de l’océan Indien. L’arabe est adopté comme la langue principale de l’administration et de la diplomatie. La doctrine juridique de référence est initialement celle de l’école malékite, dominante dans l’ouest de l’océan Indien, avant d’être progressivement supplantée par d’autres traditions sunnites à partir du XVIIᵉ siècle. Les juges, ou *qadis*, tranchent les litiges en s’appuyant à la fois sur la charia et sur les coutumes insulaires, dans une société où l’autorité des atoll chiefs et des chefs d’île demeure forte.
Une puissance de la mer de Corail : commerce, monnaies et routes océaniques
Situées sur l’axe des vents de mousson reliant le golfe Persique, la côte swahilie, le sous-continent indien et l’Asie du Sud-Est, les Maldives jouent un rôle bien supérieur à leur taille dans l’économie pré-moderne de l’océan Indien. Deux produits en particulier, banals en apparence, vont faire leur fortune : le coquillage de porcelaine Cypraea moneta, et la fibre de coco, ou coir.
Dans le monde médiéval, les coquillages de type cowrie servent de petite monnaie dans une vaste zone s’étendant de l’Inde à l’Asie orientale et à l’Afrique de l’Est. Les Maldives en sont l’un des principaux gisements. Le pays exporte cette « monnaie naturelle » – appelée Boli localement – vers le Bengale, qui l’utilise comme unité monétaire officielle, mais aussi vers d’autres royaumes d’Asie. Le réseau Bengal–Maldives devient le plus vaste système de monnaie coquillage de l’histoire, avec des cargaisons entières de sacs de Boli quittant l’archipel en échange, souvent, de riz.
Cette importance économique se lit aisément dans les descriptions des voyageurs arabes et persans du IXᵉ au XIᵉ siècle, comme Sulaiman, Al-Masudi, Al-Biruni ou Al-Idrisi, qui mentionnent la qualité des produits locaux, la beauté des étoffes et des bijoux, mais surtout l’abondance de ces coquillages monétaires. Même constat chez le grand voyageur marocain Ibn Battuta, qui séjourne aux Maldives au XIVᵉ siècle, se voit confier la fonction de juge suprême et épouse des femmes issues de la famille royale.
Parallèlement, la fibre de coco devient le fil invisible de la navigation indo-océanique. Le coir maldivien, robuste, résistant au sel, sert à coudre les bordages des boutres du Sind et du Yémen, comme le note Ibn Battuta, mais aussi des navires de la mer Rouge et du golfe Persique. Exportée vers le Sind, la Chine, le Yémen ou encore le golfe, cette fibre renforce la réputation des artisans de dhonis, ces bateaux traditionnels qui restent aujourd’hui encore un symbole du pays.
Des découvertes archéologiques de céramiques chinoises et des documents historiques attestent d’échanges commerciaux et diplomatiques anciens entre l’archipel et la Chine. Au XVᵉ siècle, les expéditions de l’amiral Zheng He ont fait escale à plusieurs reprises aux Maldives, utilisant l’archipel comme une halte stratégique sur les routes maritimes.
Les Maldives, vues d’ailleurs : de Rome à la Chine
Les îles ne sont pas seulement connues des marchands orientaux. Des sources gréco-romaines, comme Pappus d’Alexandrie ou l’historien Ammien Marcellin, mentionnent dès l’Antiquité des « îles des Divi » ou « Divus ». Ammien rapporte qu’une délégation de ces mystérieux insulaires a offert des présents à l’empereur Julien au IVᵉ siècle. Un autre auteur, Philostorge, évoque un otage nommé Théophile, originaire d’une île appelée Diva, envoyé en mission chrétienne dans sa patrie d’origine.
Ces mentions, longtemps restées énigmatiques, prennent une nouvelle cohérence à la lumière des données archéologiques et linguistiques : les formes anciennes Dheeva, Diva Kudha, Dibajat renvoient toutes à l’archipel maldivien, que les Perses et les Arabes finiront par désigner comme Dibajat ou Mahal Dibiyat. À l’époque moderne, les Hollandais parlent des Maldivische Eilanden, les Britanniques anglicisent en « Maldive Islands » puis « Maldives ». Le nom maldivien lui-même, Dhivehi Raajje, signifie « le royaume des Dhivehi », terme qui désigne à la fois le peuple et la langue.
Chocs coloniaux : Portugais, Hollandais, Britanniques
À partir du XVIᵉ siècle, l’arrivée des puissances européennes bouleverse l’équilibre délicat de l’océan Indien. Les Portugais, maîtres de Goa, cherchent à contrôler les points clés du trafic maritime, dont les Maldives, utiles comme escale sur la route du détroit d’Ormuz à Malacca.
En 1558, une garnison portugaise s’installe à Malé sous le commandement d’Andreas Andre (connu localement sous le nom d’Andhiri Andhirin). Les Portugais tentent d’imposer le christianisme ; un souverain déchu, Hasan IX, s’est même converti au catholicisme à Cochin sous le nom de D. Manoel, espérant leur soutien militaire. La présence portugaise est brutale, ponctuée de conversions forcées et de représailles. L’épisode s’achève en 1573 par une insurrection menée depuis l’île d’Utheemu par Muhammad Thakurufaanu al-A’uzam et ses frères.
Une résistance prolongée a conduit à la libération des Maldives de la domination portugaise après la mort du chef de garnison à Malé. Thakurufaanu, devenu sultan et fondateur de la dynastie d’Utheemu, est célébré comme un héros national. Sa victoire est commémorée chaque année lors de la fête de Gaumee Dhuvas, le premier jour du mois islamique de Rabi’ al-Awwal.
Les tentatives portugaises ultérieures pour regagner un pied dans l’archipel échouent, tandis que la géopolitique régionale évolue. Au milieu du XVIIᵉ siècle, ce sont les Hollandais, maîtres de Ceylan, qui établissent une forme d’hégémonie douce sur les Maldives, via la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Ils n’occupent pas directement les îles et laissent le sultanat gérer ses affaires religieuses et internes, se contentant de contrôler les grandes lignes du commerce. Cette suzeraineté indirecte prend fin à la fin du XVIIIᵉ siècle, quand les Britanniques expulsent les Hollandais de Ceylan.
Le protectorat britannique : souveraineté limitée, autonomie interne
À partir de 1796, les Maldives entrent de fait dans la sphère britannique, même si le statut de protectorat n’est formalisé qu’en 1887. Le XIXᵉ siècle est marqué par une montée progressive de l’ingérence anglaise, motivée notamment par des troubles internes et la protection de commerçants indiens, les Bora, qui sont sujets britanniques.
Année de la signature de l’accord par lequel les Maldives cèdent leur politique étrangère et leur défense à la couronne britannique.
Ce régime ressemble à celui appliqué à d’autres États côtiers comme Zanzibar ou les Émirats de la côte de la Trêve (futurs Émirats arabes unis). Dans les faits, l’autorité réelle du sultan se réduit, une partie du pouvoir étant captée par le chef des ministres, puis par la figure du Premier ministre. L’équilibre traditionnel entre monarchie, ulémas et notables d’atoll se trouve peu à peu recomposé sous l’effet de cette pression extérieure.
Des constitutions avortées à la première république
Au début du XXᵉ siècle, la vague mondiale des réformes constitutionnelles touche aussi Malé. En 1932, sous l’égide du sultan Muhammad Shamsuddeen III, une première constitution est promulguée, créant un People’s Majlis (assemblée du peuple) et posant les bases d’une monarchie de type constitutionnel. Le premier président de cette assemblée n’est autre que Mohamed Farid Didi, futur dernier sultan du pays.
La proposition constitutionnelle a provoqué une forte opposition au sein de la population, conduisant à un rejet violent et retardant l’établissement d’un ordre stable.
Une partie de la population s’est révoltée, craignant une ingérence britannique accrue et la remise en cause des privilèges traditionnels.
La constitution a été littéralement déchirée en public par une foule en colère, marquant un rejet symbolique fort.
Cet épisode a retardé de plusieurs décennies l’instauration durable d’un ordre constitutionnel stable dans le pays.
Après la Seconde Guerre mondiale – conflit dont les îles ne subissent que des répercussions limitées, malgré quelques épisodes comme le torpillage du pétrolier British Loyalty au large d’Addu – les aspirations autonomistes montent en puissance. L’axe Londres‑Malé se reconfigure avec la construction de la base de la RAF sur l’île de Gan, dans l’atoll d’Addu, transformée en point d’appui majeur pour les forces britanniques dans l’océan Indien.
Homme fort du royaume dans les années 1940, il nationalise l’exportation du poisson, tente de reprendre le contrôle d’une économie dominée par les commerçants étrangers et plaide pour une plus grande indépendance. En 1952, un référendum abolit la monarchie et instaure une première république, avec Amin Didi à la présidence.
Mohamed Amin Didi, Premier ministre puis premier président de la République
Réformateur, favorable à l’éducation moderne et aux droits des femmes, il heurte de plein fouet les conservatismes. Une crise liée aux pénuries alimentaires, instrumentalisée par ses adversaires, débouche sur des émeutes. De retour d’un voyage médical à Ceylan, il est arrêté, malmené par une foule en colère et meurt peu après en 1953. Un nouveau référendum rétablit la monarchie dès l’année suivante, et Muhammad Fareed Didi devient le 84ᵉ sultan.
Sécession au sud et marche vers l’indépendance
Les années 1950 sont dominées par un double enjeu : la présence militaire britannique et les fractures internes entre atolls du nord et du sud. Le renouvellement de la base de Gan, formalisé par un bail de 100 ans à bas prix, est négocié secrètement par le Premier ministre Ibrahim Faamudheyri Kilegefaan. Son successeur, Ibrahim Nasir, s’y oppose rapidement, jugeant l’accord déséquilibré.
Dans les atolls méridionaux, notamment Addu, Huvadhoo et Fuvahmulah, une partie de la population vit la période de la base britannique comme un « âge d’or » (ran zamaaan) : emplois stables, approvisionnements facilités, relative prospérité. Les craintes de voir ces avantages disparaître avec un durcissement de Malé alimentent un mouvement sécessionniste. Le 1ᵉʳ janvier 1959, ces trois atolls proclament la formation de la United Suvadive Republic, avec Abdullah Afeef comme président et Hithadhoo comme capitale.
Les autorités centrales répliquent par un embargo économique, tandis que Londres se garde bien de reconnaître officiellement ce nouvel État, tout en ménageant ses intérêts militaires à Gan. En 1962, Ibrahim Nasir, devenu Premier ministre, envoie des unités armées pour reprendre le contrôle du sud. La république sécessionniste disparaît en 1963, Afeef s’exile aux Seychelles. La réintégration des atolls, conjuguée à la reprise en main de l’économie, renforce la légitimité du gouvernement central dans sa revendication d’une indépendance pleine et entière vis-à-vis de la Couronne.
Négociations avec Londres et indépendance politique
Au sortir de la crise du sud et de l’expulsion progressive des commerçants Bora de Malé, l’argumentaire indépendantiste prend une coloration économique autant que politique : retrouver la maîtrise des ressources, contrôler les bases étrangères, renégocier les accords jugés léonins. Des pourparlers s’ouvrent à Colombo à partir de 1964 entre Ibrahim Nasir, Premier ministre du sultan, et les représentants britanniques, dont Sir Humphrey Arthington-Davy. Le diplomate maldivien Abdul Sattar Moosa Didi joue un rôle clé de médiateur et de négociateur.
Montant en livres sterling versé par le Royaume-Uni aux Maldives pour le développement économique, en échange du droit d’utiliser la base de Gan et les installations de Hithadhoo après l’indépendance.
L’indépendance est reconnue dans la foulée par les Nations unies. Les Maldives déposent leur candidature en août 1965 et deviennent membre de l’ONU en septembre. Le pays restera formellement un sultanat indépendant encore trois ans, le temps que mûrisse la transformation suivante : le passage définitif à la république.
De la monarchie à la république moderne
À la fin des années 1960, la question institutionnelle ressurgit. En 1967, le Majlis vote à une large majorité pour la transformation du régime en république. Un référendum national en mars 1968 entérine cette option avec plus de quatre cinquièmes des suffrages exprimés. Le 11 novembre 1968, la Seconde République est proclamée, la monarchie vieille de plus de huit siècles est abolie, et Ibrahim Nasir, jusque-là Premier ministre, prête serment comme premier président de la République des Maldives.
Sous son mandat, le pays connaît une phase de modernisation accélérée. L’aéroport international de Malé devient opérationnel, le secteur de la pêche est mécanisé, la première station balnéaire – Kurumba Maldives – ouvre ses portes en 1972, marquant les débuts d’une industrie touristique appelée à transformer radicalement l’économie insulaire. Une scolarité à base d’anglais est mise en place ; les femmes, qui avaient déjà un statut social élevé, voient leur droit de vote consacré ; la radio et la télévision étendent progressivement l’espace public.
La présidence de Nasir est marquée par des mesures autoritaires, notamment la répression de la sécession du sud, une économie fragilisée par la fermeture de la base britannique de Gan et l’effondrement du marché d’exportation du poisson séché, ainsi qu’une réforme linguistique controversée remplaçant temporairement l’écriture Thaana par l’alphabet latin, ce qui lui a aliéné une partie des élites culturelles.
En 1978, au terme d’une décennie agitée, Nasir quitte le pays pour Singapour. Une enquête ultérieure l’accuse d’avoir emporté avec lui une part importante du trésor public. Il laisse cependant un État sans dette extérieure et une flotte marchande conséquente.
Trente ans de pouvoir pour Maumoon Abdul Gayoom
En novembre 1978, le Majlis désigne un nouveau candidat à la présidence, Maumoon Abdul Gayoom, qui reçoit plus de 90 % des voix lors du référendum de confirmation. Il sera réélu cinq fois, toujours en tant que seul candidat, jusqu’en 2008. Son long règne est souvent présenté, par ses partisans, comme une période de stabilité politique et de croissance économique remarquable, portée par l’essor du tourisme et l’intégration accrue aux institutions financières internationales (adhésion au FMI et à la Banque mondiale en 1978).
Le nombre de touristes annuels aux Maldives au début du XXIᵉ siècle, dépassant le million.
Mais la face sombre de ce développement apparaît vite. Concentration du pouvoir entre les mains du président et de son entourage, arrestations d’opposants, détentions sans procès, accusations de torture et de disparitions : les organisations de défense des droits humains dressent un tableau inquiétant de la situation politique. Trois tentatives de coup d’État – en 1980, 1983 et surtout 1988 – témoignent de la fragilité latente du régime.
L’épisode de 1988 marque les esprits. Un groupe d’environ 80 militants tamouls du PLOTE, recrutés comme mercenaires, débarque à Malé et tente de renverser le président. Gayoom, réfugié, appelle l’Inde à l’aide. En quelques heures, l’opération Cactus, menée par 1 600 soldats indiens parachutés ou débarqués sur place, neutralise les insurgés. Dix-neuf personnes trouvent la mort. L’échec du putsch renforce temporairement la position de Gayoom, mais il scelle aussi l’image d’un régime qui ne se maintient plus que grâce à une alliance étroite avec ses puissants voisins.
Démocratisation, crises politiques et enjeux climatiques
À partir des années 2000, les tensions accumulées éclatent au grand jour. En 2003, la mort en détention d’un jeune prisonnier, Hassan Evan Naseem, portant des traces de torture, provoque des émeutes et cristallise la colère populaire. Des manifestations massives ont lieu à Malé, notamment lors du « Vendredi noir » d’août 2004, où plusieurs milliers de personnes réclament la fin du régime. Le gouvernement déclare l’état d’urgence, coupe internet et les communications, arrête des centaines de manifestants.
Parallèlement, une jeune génération d’opposants s’organise. L’un des visages les plus connus est Mohamed Nasheed, ancien journaliste et militant, emprisonné à de nombreuses reprises sous Gayoom. En exil, il fonde en 2003 le Maldivian Democratic Party (MDP), première formation politique moderne du pays, qui sera officiellement légalisée en 2005, lorsque les partis politiques seront enfin autorisés.
Une nouvelle constitution, ratifiée en août 2008, instaure le multipartisme et prévoit une élection présidentielle au suffrage direct avec limitation à deux mandats. En octobre 2008, après un second tour, Mohamed Nasheed remporte l’élection face à Maumoon Abdul Gayoom, marquant le premier changement de pouvoir par les urnes depuis l’indépendance du pays.
Un président « climat » sous pression intérieure
Le mandat de Mohamed Nasheed est immédiatement confronté à plusieurs défis : dette publique, reconstruction après le tsunami dévastateur de décembre 2004, chômage des jeunes, dépendance économique à un tourisme vulnérable aux chocs extérieurs. Sur la scène internationale, il se fait surtout connaître pour son activisme sur la question du changement climatique. Conscient que son pays, dont l’altitude moyenne dépasse à peine le mètre et demi, figure parmi les plus exposés à la montée des océans, il organise en 2009 une séance spectaculaire de son gouvernement… sous l’eau, combinaisons de plongée à l’appui, pour alerter l’opinion mondiale.
Il évoque même la création d’un fonds souverain destiné à acheter, si nécessaire, des terres dans des pays comme l’Inde, le Sri Lanka ou l’Australie, afin de relocaliser un jour une partie de la population menacée. Ces images de ministres écrivant sur des panneaux immergés font le tour du monde et scellent l’image des Maldives comme symbole de la vulnérabilité climatique.
Sur le plan intérieur, cependant, les réformes heurtent front contre front le vieux système. En janvier 2012, la décision de faire arrêter le président de la Cour criminelle, Abdulla Mohamed, accusé par le gouvernement de corruption et d’entrave à la justice, déclenche une crise majeure. Une partie de la police se mutine, rejoint les manifestants hostiles au président. Le 7 février 2012, Nasheed annonce sa démission à la télévision, dans des conditions qu’il qualifiera plus tard de « coup d’État sous la menace des armes ». Son vice-président, Mohamed Waheed Hassan, lui succède, affirmant que la transition a été constitutionnelle. Une commission d’enquête soutenue par le Commonwealth conclura quelques mois plus tard qu’il n’y a pas eu coup d’État avéré, sans pour autant apaiser les divisions politiques.
Ancien président des Maldives, Mohamed Nasheed
La suite est faite de procès controversés, d’allers-retours entre exil et retour au pays pour Nasheed, condamné en 2015 à 13 ans de prison pour « terrorisme » dans un procès dénoncé par nombre d’observateurs internationaux, puis blanchi en 2018 par la Cour suprême.
Alternances, dérives et recompositions récentes
L’élection présidentielle de 2013 porte au pouvoir Abdulla Yameen Abdul Gayoom, demi-frère de Maumoon. Son quinquennat est marqué à la fois par une intensification des investissements chinois dans les infrastructures – notamment dans le cadre de l’initiative des Nouvelles routes de la soie – et par un durcissement autoritaire : emprisonnement d’opposants, mise au pas de la justice, déclaration d’un état d’urgence en 2018 pour contrer une décision de la Cour suprême ordonnant la libération de prisonniers politiques.
Après la défaite électorale du président Yameen en 2018, l’opposition unie porte Ibrahim Mohamed Solih au pouvoir. Le nouveau gouvernement réoriente la politique étrangère vers une approche « India First », réintègre le Commonwealth (quitté en 2016, réintégré en 2020) et lance des enquêtes sur la corruption et les violations des droits humains des mandats précédents. Yameen est condamné pour blanchiment en 2019, bien que sa peine soit ultérieurement contestée.
En 2019, un symbole fort de la recomposition politique se produit lorsque Mohamed Nasheed, ancien président, devient président de l’Assemblée du peuple (Majlis) à la suite d’une victoire écrasante du MDP aux législatives. Mais ces équilibres ne sont pas figés. En 2023, le candidat du People’s National Congress, Mohamed Muizzu, remporte la présidentielle face à Solih, sur fond de débats de plus en plus virulents entre partisans d’un alignement sur l’Inde et tenants d’une coopération accrue avec la Chine. La nouvelle équipe au pouvoir, perçue comme plus proche de Pékin, prend les rênes d’un pays toujours plus exposé aux grands jeux géopolitiques de l’océan Indien.
Une culture métissée, un État islamique singulier
À travers ces siècles de mutations politiques, certains traits de la société maldivienne font preuve d’une étonnante continuité. La langue nationale, le dhivehi, reste un marqueur fort de l’identité collective. D’origine indo-aryenne, apparenté au cinghalais, il a évolué à partir d’un prakrit ancien commun, en intégrant au fil des siècles des vocables arabes, hindi, voire persans. Son écriture, le Thaana, apparue vers le XVIᵉ siècle, est particulièrement originale : elle emprunte ses signes de base à des chiffres arabes, se lit de droite à gauche, et succède à des écritures plus anciennes comme l’Eveyla akuru et le Dhives akuru.
Un islam d’État aux contours stricts
Aujourd’hui, la République des Maldives se définit constitutionnellement comme un État islamique. La constitution de 2008 consacre l’islam comme religion d’État, interdit la citoyenneté aux non-musulmans et proscrit l’adoption de lois contraires aux principes de la charia. La pratique d’autres religions est tolérée pour les étrangers uniquement dans la sphère privée ; le prosélytisme non musulman est illégal. Depuis 2014, l’apostasie est théoriquement passible de la peine de mort, même si l’application effective de cette disposition reste sujette à caution.
Malgré un cadre religieux strict, la société présente des héritages sociaux souples concernant les femmes. Historiquement, plusieurs sultanes ont régné. Les femmes conservent leur nom de famille après le mariage et la transmission du patrimoine se fait par les deux lignées. Le taux de divorce est élevé et la polygamie, bien que légale, est minoritaire et soumise à une évaluation des ressources financières du mari.
Sur le plan institutionnel, l’archipel fonctionne comme une république présidentielle. Le président cumule les fonctions de chef d’État, de chef du gouvernement et de commandant en chef des forces armées. Le parlement monocaméral – le People’s Majlis – regroupe des députés élus pour cinq ans, issus de la capitale et des 20 atolls administratifs. La justice mêle droit islamique et influences de common law, notamment pour les affaires commerciales.
Un pays en première ligne face au changement climatique
L’histoire récente des Maldives ne peut enfin être séparée de la grande question environnementale. Avec une altitude moyenne d’environ 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer et des terres souvent à quelques dizaines de centimètres de la surface, le pays est fréquemment présenté comme l’un des plus menacés par la montée des océans. Les conséquences du tsunami de 2004 – 108 morts, des dizaines d’îles lourdement endommagées, certaines rendues inhabitables, des dommages évalués à l’équivalent de plus de la moitié du PIB – ont servi de choc révélateur.
Les Maldives utilisent leur vulnérabilité au changement climatique comme argument central dans les forums internationaux (COP, Sommet de la Terre) et mettent en œuvre des plans d’adaptation nationaux (digues, brise-lames, remblaiement d’îles comme Hulhumalé, programmes environnementaux, aires marines protégées). Cependant, une contradiction persiste entre la dépendance économique à un tourisme de masse énergivore et fragile, et la nécessité impérative de réduire les émissions et de protéger les écosystèmes coralliens déjà sous pression.
Une trajectoire condensée de l’océan Indien
En retraçant l’histoire du pays aux Maldives, on lit en filigrane bien plus que la destinée d’un petit État insulaire. On y retrouve, condensés, les grands mouvements qui ont façonné l’océan Indien : migrations anciennes entre Inde et Sri Lanka, diffusion du bouddhisme puis de l’islam, formation de royaumes maritimes vivant du commerce et de la maîtrise des routes, intrusions et rivalités coloniales européennes, luttes d’indépendance, expériences de modernisation autoritaire, ouvertures démocratiques fragiles, et, plus récemment, infléchissements géopolitiques au gré du bras de fer sino-indien.
L’histoire des Maldives est marquée par des réinventions successives, depuis Dheeva Maari jusqu’au sultanat, en passant par les dynasties solaire et lunaire et les présidents contemporains. Malgré ces transformations, des constantes persistent : une société organisée autour de la mer, une identité linguistique unique, un islam national qui plonge ses racines dans un passé bouddhiste millénaire, et aujourd’hui, une conscience aiguë de la vulnérabilité écologique de l’archipel.
Quelques tableaux permettent de saisir, en un coup d’œil, cette longue trajectoire.
Principales périodes politiques
| Période | Régime dominant | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Antiquité – début Ier millénaire | Royaumes insulaires préislamiques (Dheeva Maari, dynasties Adeetta Vansa et Soma Vansa) | Migrations indo-aryennes et sud-indiennes, culte solaire et hindou, premières structures royales, économie de pêche et de troc |
| IIIᵉ s. av. J.-C. – XIIᵉ s. | Royaume bouddhiste maldivien | 1 400 ans de bouddhisme (Theravāda, Mahāyāna, Vajrayāna), réseaux commerciaux étendus, développement des havitta et monastères |
| XIIᵉ – XVIᵉ s. | Sultanat islamique indépendant | Conversion du roi Dhovemi, dynasties musulmanes, centralisation autour de Malé, rôle clé dans le commerce de cowries et de coir |
| 1558 – 1573 | Domination portugaise | Garnison à Malé, tentatives d’imposition du christianisme, révolte de Muhammad Thakurufaanu, restauration du sultanat |
| XVIIᵉ – fin XVIIIᵉ s. | Hégémonie néerlandaise indirecte | Suzeraineté néerlandaise depuis Ceylan, maintien des institutions islamiques locales |
| 1887 – 1965 | Protectorat britannique | Contrôle britannique sur les affaires extérieures et la défense, base de Gan, premières constitutions, montée des revendications indépendantistes |
| 1965 – 1968 | Sultanat indépendant | Indépendance internationale, maintien formel de la monarchie, préparatifs de la transition républicaine |
| Depuis 1968 | République présidentielle | Modernisation, essor du tourisme, phases autoritaires (Nasir, Maumoon), démocratisation progressive, alternances politiques récentes |
Jalons de l’ouverture démocratique récente
| Année | Événement | Impact politique |
|---|---|---|
| 2003 | Mort d’un prisonnier en détention, émeutes à Malé | Début d’une contestation ouverte du régime de Maumoon Abdul Gayoom |
| 2004 | Manifestations du « Vendredi noir », état d’urgence | Pressions accrues pour des réformes constitutionnelles |
| 2005 | Légalisation des partis politiques | Structuration de l’opposition autour du MDP et d’autres formations |
| 2008 | Ratification de la nouvelle constitution, première élection présidentielle pluraliste | Fin de 30 ans de pouvoir continu pour Maumoon, élection de Mohamed Nasheed |
| 2012 | Démission controversée de Nasheed, prise de fonctions de Mohamed Waheed Hassan | Crise de confiance dans les institutions, débats sur la légitimité du pouvoir |
| 2013–2018 | Présidence d’Abdulla Yameen, projets d’infrastructures chinois, rétrécissement de l’espace politique | Renforcement des clivages internes et des enjeux géopolitiques Inde/Chine |
| 2018 | Élection d’Ibrahim Mohamed Solih avec une large coalition d’opposition | Recentrage sur une politique « India First », retour au Commonwealth |
| 2023 | Élection de Mohamed Muizzu | Nouvelle alternance, repositionnement potentiel dans les équilibres régionaux |
Produits et routes commerciales historiques
| Produit / Atout | Rôle dans l’histoire maldivienne |
|---|---|
| Coquillages cowrie (Boli) | Monnaie de référence pour l’Asie et l’Afrique de l’Est, source majeure de richesse via le commerce avec le Bengale et d’autres royaumes |
| Fibre de coco (coir) | Matériau stratégique pour la construction navale (couture des coques des dhows), exportée vers le Sind, le golfe Persique, le Yémen et jusqu’en Chine |
| Position géographique | Première terre sur la route des navires venant de Bassorah vers Ceylan ou l’Asie du Sud-Est, étape incontournable des jonctions commerciales indo-océaniques |
| Céramique et monnaies chinoises retrouvées | Indice d’un commerce soutenu avec la Chine impériale, visites officielles de la flotte de Zheng He |
| Lien avec le Kalinga et le Sri Lanka | Vecteur d’introduction du bouddhisme, mais aussi de circulations politiques et dynastiques entre continent et archipel |
À travers ces données, une constante se dessine : les Maldives, loin d’être des îles isolées, ont toujours vécu branchées sur les grandes artères du monde. Leur histoire, faite de croisements de civilisations, de résistances locales et d’adaptations rapides, continue aujourd’hui de se jouer à l’échelle de l’océan Indien tout entier, alors que la menace climatique impose une nouvelle urgence à leur récit millénaire.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait devenir résident fiscal aux Maldives pour alléger sa charge imposable et diversifier ses investissements internationaux, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Maldives), la stratégie retenue a ciblé les Maldives pour l’absence d’impôt sur le revenu, de taxe sur la fortune et la fiscalité favorable aux non-résidents, en combinaison avec une qualité de vie haut de gamme et un positionnement international. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence via visa long séjour / investisseur, adaptation de la couverture santé, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocats, immigration, banques) et intégration patrimoniale globale. Ce montage permet des économies fiscales significatives tout en maîtrisant les risques (contrôles, double imposition, contraintes insulaires).
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.