Le marché du travail au Pérou : quelles vraies opportunités pour les expatriés ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Pérou pour travailler, ce n’est plus seulement l’apanage des aventuriers. Entre croissance économique, boom de la tech, salaires encore compétitifs pour les employeurs étrangers et coût de la vie relativement bas, le pays attire de plus en plus de profils qualifiés qui regardent au‑delà de l’Europe ou de l’Amérique du Nord.

Bon à savoir :

Cet article offre une analyse complète du contexte péruvien, examinant les secteurs porteurs, les conditions salariales, les exigences en matière de visas et le cadre légal pour les étrangers souhaitant travailler au Pérou.

Sommaire de l'article masquer

Un marché dynamique mais contrasté

Le marché du travail péruvien est souvent décrit comme “vibrant, divers et en croissance”. L’économie figure parmi les plus dynamique d’Amérique latine, avec plusieurs années consécutives de croissance et un rebond attendu après les chocs politiques et climatiques récents. Entre 2001 et 2025, le taux d’emploi s’est en moyenne situé autour de 92 %, avec un pic à plus de 94 % avant la pandémie.

La réalité est toutefois plus nuancée : le taux de chômage oscille encore autour de 6,5–7,9 % selon les sources et, surtout, plus de 70 % des travailleurs évoluent dans l’informel, sans protection sociale ni contrat stable. Chez les jeunes, l’informalité grimpe même à environ 85 %. Pour un expatrié, cela signifie deux choses : d’un côté, un marché officiel relativement restreint et très concurrentiel ; de l’autre, une réelle marge de manœuvre pour des profils qualifiés capables de répondre à des besoins que le vivier local peine encore à combler, notamment dans les métiers techniques et la gestion.

Une économie tirée par les services, les matières premières et la tech

Le Pérou repose sur un modèle hybride. D’un côté, des secteurs traditionnels puissants – mines, agriculture, pêche – fortement tournés vers l’export. De l’autre, une montée en puissance rapide des services, en particulier finance, télécoms, BPO et technologies de l’information.

On peut résumer ainsi la contribution des grands secteurs :

SecteurPart estimée du PIBPart de l’emploi (approx.)
Services (au sens large)~60 %~55 %
Industrie (manufacture…)~34 %~17 %
Agriculture / agro~8 %~28 %
Mines & hydrocarbures~9 % du PIBRelativement faible

Le poids du secteur minier est disproportionné par rapport à l’emploi direct : il représente environ 62 % des exportations et près de 9 % du PIB, grâce à des réserves considérables en cuivre, argent, zinc, or ou étain. Cela irrigue toute une chaîne de métiers d’ingénierie, de logistique et de services où des expatriés expérimentés peuvent trouver leur place, notamment via des groupes internationaux déjà présents.

Parallèlement, la tech explose : le marché des services IT vise plus de 2 milliards de dollars à horizon 2028, la demande de compétences en cybersécurité, data, cloud ou intelligence artificielle progresse à deux chiffres, et Lima s’impose comme un hub régional où se côtoient start-up, fintechs et centres de services délocalisés.

Des disparités fortes entre Lima et le reste du pays

Le pays est profondément centralisé. Près de la moitié de la population urbaine vit dans la métropole de Lima, qui concentre autour de 45 % du PIB national. La capitale emploie à elle seule environ un tiers de la main-d’œuvre du pays et reste de loin la principale porte d’entrée pour un expatrié à la recherche d’un poste qualifié.

Attention :

Les écarts sont marqués.

salaires moyens nettement plus élevés à Lima que dans les régions andines ou amazoniennes ;

infrastructures (transport, internet, santé, éducation) beaucoup plus développées dans la capitale ;

– présence quasi systématique des grandes entreprises, banques, sociétés minières, groupes de construction, cabinets de conseil et start-up tech.

D’autres villes offrent néanmoins de vrais bassins d’emploi, souvent très spécialisés : Arequipa pour l’ingénierie et les mines, Trujillo pour l’agro-industrie et la manufacture, Cusco et Iquitos pour le tourisme, par exemple. Mais il est rare qu’un expatrié trouve un premier poste local hors de Lima sans réseau solide ni expérience préalable dans le pays.

Salaires : à quoi peut réellement prétendre un expatrié ?

Pour juger des opportunités, il faut d’abord comprendre les niveaux de rémunération. Les chiffres peuvent sembler modestes au regard des standards occidentaux, mais ils doivent être mis en regard du coût de la vie, nettement inférieur à celui de l’Europe ou de l’Amérique du Nord.

Les ordres de grandeur nationaux

À l’échelle du pays, les données convergent vers les fourchettes suivantes :

IndicateurMontant (PEN)Équivalent approx. (USD)
Salaire minimum légal mensuel1 130~300
Salaire moyen mensuel (global)2 400–2 500~650
Salaire médian mensuel2 300 env.~600–650
Salaire annuel moyen (certaines sources)90 000–95 000

Les écarts sont très marqués selon les profils : les plus bas revenus tournent autour de 1 000 PEN par mois, tandis que les salaires élevés peuvent dépasser 9 000 PEN mensuels, surtout dans des fonctions dirigeantes ou très spécialisées.

L’histoire récente montre par ailleurs une tendance à la hausse sur le long terme : le salaire moyen mensuel est passé d’environ 732 PEN au début des années 2000 à plus de 2 200 PEN deux décennies plus tard, avec un record historique au‑delà de 2 300 PEN.

Lima vs reste du pays : le facteur géographique

L’Institut national de statistique (INEI) distingue clairement les revenus urbains et ruraux :

– en ville, les salaires moyens gravitaient autour de 1 500–1 650 PEN (soit 400–450 USD) selon les périodes ;

– en milieu rural, la plupart des travailleurs gagnent plutôt autour de 1 000 PEN, voire moins.

2100

Il s’agit du revenu mensuel moyen, en soles péruviens, dans le secteur de la construction à Lima au premier trimestre 2024.

Pour un expatrié, il est crucial de garder en tête que la très grande majorité des postes qualifiés et les meilleurs salaires se trouvent dans l’aire métropolitaine de Lima – même si quelques villes comme Arequipa ou Trujillo commencent à tirer leur épingle du jeu.

Les métiers les mieux rémunérés

Les écarts de salaire se retrouvent aussi d’un métier à l’autre. Parmi les fonctions bien payées, on retrouve par exemple :

Poste (exemple)Salaire moyen mensuel (PEN)Observations
CEO / Directeur général~6 000+ primes possibles
Directeur IT~5 500poste rare, souvent dans les grandes entreprises
Directeur de centre d’appel~5 300BPO et outsourcing
Directeur financier~4 900secteur bancaire et grandes sociétés
Architecte IT / Lead dev~4 400–4 500très demandé dans les services numériques
Responsable IT (IT Manager)~3 950≈ 1 100 USD/mois

À l’autre extrémité, une série de métiers non qualifiés ou semi‑qualifiés tournent autour du salaire minimum ou à peine au‑dessus : caissier de banque, manutentionnaire, couturière, ouvrier polyvalent, employé d’archives médicales, etc., souvent proches de 1 000–1 100 PEN par mois.

Un expatrié qui souhaite maintenir un niveau de vie Occidental aura donc tout intérêt à cibler les fonctions de management, d’expertise technique pointue ou les postes au sein de multinationales.

Facteurs d’évolution : expérience, diplôme, secteur

L’expérience professionnelle pèse lourd dans les négociations. Les estimations montrent que :

35

Entre 2 et 5 ans d’expérience, les salaires peuvent augmenter d’environ 35 % par rapport à un débutant.

La formation joue aussi un rôle différenciant très net :

Niveau d’étude vs précédentImpact moyen sur le salaire
Certificat / diplôme vs bac+17 %
Licence vs diplôme+25 %
Master vs licence+30 %
Doctorat vs master+22 %

Les masters et MBA locaux coûtent entre 37 700 et 113 000 PEN sur deux ans, mais permettent, en théorie, de viser des postes nettement mieux rémunérés, surtout dans la finance, les TI ou le management.

Enfin, certains secteurs paient bien au‑dessus de la moyenne nationale : mines, finance, IT, ingénierie, direction de projets d’infrastructure. À l’inverse, l’agriculture, le tourisme ou une partie du commerce restent proches du minimum ou de la médiane.

Comparaison internationale : un marché attractif pour les employeurs étrangers

Du point de vue d’un salarié occidental, les salaires locaux paraissent très modestes. Mais pour un employeur qui recrute au Pérou depuis l’étranger, le différentiel est spectaculaire.

Un exemple parlant : un responsable IT gagne autour de 1 100 USD par mois à Lima, contre environ 8 300 USD pour un poste équivalent aux États‑Unis. De manière plus globale, les salaires moyens mensuels se comparent ainsi :

Pays / RégionSalaire mensuel moyen (USD) approx.
Pérou400–450
Chili800–850
Argentine500–550
Bolivie300–350
Équateur400–450
États‑Unis3 000–3 500
Canada2 700–3 200
Espagne2 200–2 300

Ce différentiel explique en partie pourquoi tant d’entreprises nord‑américaines ou européennes externalisent aujourd’hui des fonctions IT, support client ou back‑office au Pérou, profitant à la fois du faible coût salarial, d’un bon niveau de formation et d’un fuseau horaire aligné avec la côte Est des États‑Unis.

Quels secteurs offrent réellement des opportunités pour les expatriés ?

Se demander “comment trouver un travail au Pérou” n’a guère de sens si l’on ne précise pas “dans quoi”. Le marché local n’est pas uniformément ouvert aux étrangers, et certaines professions sont prisées, d’autres quasi verrouillées.

Technologie et IT : le moteur principal

C’est le segment le plus dynamique pour les profils internationaux. Le pays a vu naître des centaines de nouvelles entreprises tech depuis 2020, la demande en profils numériques a bondi de plus de 25 % et les investissements dans le cloud, la cybersécurité ou l’IA progressent à grande vitesse.

Les profils recherchés incluent notamment :

développeurs (front, back, full‑stack, mobile) ;

architectes cloud et spécialistes AWS, Azure ou Google Cloud ;

data scientists, data analysts, data architects ;

ingénieurs en IA et machine learning ;

experts cybersécurité (avec certifications type CISSP, CEH) ;

DevOps engineers, software development managers, responsables produit.

Exemple :

Les salaires des développeurs full-stack au Pérou varient considérablement selon le type de contrat. Un contrat local offre typiquement environ 25 000 USD par an. En revanche, les développeurs travaillant à distance pour des entreprises étrangères (contrat international) gagnent fréquemment entre 45 000 et 75 000 USD annuels, et peuvent dépasser 100 000 USD pour les profils seniors.

Pour un expatrié qui vient sur place avec une offre d’emploi, la situation se situe généralement entre ces deux extrêmes : rémunération supérieure à celle des locaux, mais inférieure à un package nord‑américain, dans un pays où le coût de la vie reste bien moindre.

Mines, ingénierie et grands projets d’infrastructure

Les ressources minières et les grands chantiers structurants constituent l’autre vivier naturel d’emplois pour les étrangers. Le portefeuille d’investissements dans les mines atteint plusieurs milliards de dollars, avec des projets géants parfois gelés mais que le gouvernement cherche à relancer. L’État estime par ailleurs à environ 150 milliards de dollars les besoins en investissements d’infrastructure sur cinq ans (routes, ports, énergie, électricité, conversion énergétique…).

Dans ce contexte, les fonctions suivantes sont régulièrement en tension :

ingénieurs civils, géologues, ingénieurs de mines ;

spécialistes en environnement, sécurité et gestion des risques ;

chefs de projet construction, directeurs de travaux ;

profils combinant expertise technique et gestion contractuelle ou financière.

Astuce :

Certaines compagnies minières ou d’ingénierie, locales ou étrangères, gèrent directement le recrutement de leurs expatriés. D’autres font appel à des cabinets de recrutement spécialisés. Ces postes s’accompagnent souvent de packages attractifs, incluant un salaire, un logement et une rotation sur site, pour des missions dont la durée peut s’étendre sur plusieurs années.

Services, finance, BPO et centres de services partagés

Le secteur des services domine le PIB péruvien et absorbe une grande partie des emplois urbains : banques, assurance, cabinets d’audit, services externalisés, call centers multilingues…

Les opportunités pour expatriés se situent surtout :

dans les fonctions stratégiques de la banque et de l’assurance (gestion des risques, conformité, innovation, digital) ;

dans les directions de centres de services partagés ou de BPO, notamment pour piloter des équipes multilingues supportant des marchés étrangers ;

– dans des postes de conseil/management de transition pour des groupes internationaux implantés à Lima.

Les bonus sont fréquents dans ces secteurs, notamment en finance, vente, business development ou marketing. Environ 54 % des salariés déclarent avoir reçu au moins une prime sur les 12 derniers mois, généralement comprise entre 2 et 7 % du salaire annuel.

Éducation, santé et professions de services qualifiés

Dans l’éducation, l’anglais reste un sésame : les écoles privées, universités et instituts de langues recherchent régulièrement des professeurs natifs ou parfaitement bilingues, aussi bien pour l’enseignement de l’anglais que pour des disciplines STEM en anglais.

Bon à savoir :

Les établissements internationaux situés à Lima ou dans d’autres grandes villes péruviennes proposent souvent des conditions de travail attractives. Celles-ci peuvent inclure un salaire supérieur à la moyenne locale, une assurance santé privée, et parfois une participation aux frais de logement ou à la scolarité des enfants.

Dans le secteur de la santé, la demande de médecins, infirmiers, techniciens et auxiliaires de santé augmente, portée par l’expansion des cliniques privées et de l’assurance. Mais l’exercice direct des professions médicales reste fortement réglementé, avec des procédures de reconnaissance de diplôme parfois longues et complexes. Les postes de coordination de projets, de management ou de conseil (e‑santé, téléconsultation, gestion de cliniques) sont en revanche plus accessibles à des expatriés expérimentés.

Tourisme, hôtellerie, restauration : un vivier, mais beaucoup d’informel

Avec des icônes comme Machu Picchu, le lac Titicaca ou l’Amazonie, le tourisme est un secteur clé, aux marges de progression importantes. De nombreuses opportunités existent dans l’hôtellerie, la restauration, le guidage touristique, l’événementiel.

Cependant, ce secteur reste aussi l’un des plus informels : contrats précaires, saisonnalité, protections sociales faibles. Pour un expatrié, il est possible de monter en gamme (direction d’hôtel, management d’une chaîne, ouverture de restaurant, agence de voyage spécialisée), mais les postes d’exécution seront rarement attractifs financièrement, surtout à long terme.

Le cadre légal : quotas, contrats et visas de travail

Travailler au Pérou ne se résume pas à trouver un employeur. Encore faut‑il naviguer un cadre juridique exigeant, qui vise explicitement à protéger l’emploi local.

Quotas pour les travailleurs étrangers

La règle générale est claire : la clarté et la simplicité sont essentielles dans la communication.

les étrangers ne peuvent représenter plus de 20 % de l’effectif total d’une entreprise locale ;

leur masse salariale cumulée ne doit pas dépasser 30 % du total de la masse salariale de l’entreprise.

Il existe toutefois des exceptions, notamment pour :

les travailleurs hautement qualifiés ou occupant des postes de direction ;

certains expatriés provenant de pays avec accords spécifiques (États‑Unis, Espagne, Argentine…) qui peuvent être dispensés des quotas de nationalité.

Pour être exempté, l’entreprise doit pouvoir justifier que le poste requiert des compétences rares sur le marché local. La procédure implique généralement une déclaration ou une attestation adressée au ministère du Travail.

Types de contrats et obligations pour l’employeur

En pratique, la très grande majorité des expatriés salariés sont embauchés sous contrat local soumis au droit péruvien, qui repose sur la Loi de productivité et compétitivité du travail (Loi n° 728).

Types de Contrats Fréquents

Présentation des principaux types de contrats rencontrés, avec leurs caractéristiques essentielles.

Contrat de Travail

Établit la relation entre un employeur et un salarié, définissant les droits et obligations de chacun, la rémunération et la durée du travail.

Contrat de Vente

Transfère la propriété d’un bien ou d’un service d’un vendeur à un acheteur, contre le paiement d’un prix.

Contrat de Location

Permet à un locataire d’utiliser un bien (logement, véhicule) appartenant à un bailleur, pour une durée déterminée et contre un loyer.

Contrat de Prestation de Services

Engage un prestataire à exécuter un travail spécifique (conseil, réparation, création) pour un client, moyennant rémunération.

le contrat à durée indéterminée (forme par défaut) ;

le contrat à durée déterminée (limité à 5 ans pour un même poste, avec motif précis : projet spécifique, campagne, remplacement, etc.) ;

– le contrat à temps partiel (moins de 24 heures par semaine), qui donne accès à certains droits mais pas à tous (notamment en matière de vacances et indemnités).

Pour tout étranger, le contrat doit :

être rédigé en espagnol ;

– détailler les fonctions, salaire, avantages, durée, lieu de travail ;

être soumis au ministère du Travail pour approbation, au moins pour les non‑exonérés.

L’autorisation ministérielle ne devrait pas dépasser cinq jours ouvrables, mais la pratique peut être plus lente. Une fois le contrat validé, il sert de base pour la demande de visa de travail auprès de l’autorité migratoire (Migraciones).

Visas de travail : temporaire ou résident

Plusieurs régimes coexistent, mais deux catégories couvrent l’essentiel des cas pour un expatrié salarié :

Bon à savoir :

Deux principaux visas existent : le visa temporaire (valable jusqu’à 183 jours sur un an, pour missions courtes) et le visa résident (valable un an, renouvelable, lié à un contrat local d’au moins 12 mois). Après trois ans avec un visa résident, il est possible de demander la résidence permanente.

Le processus type comprend : les étapes essentielles à suivre pour garantir un résultat optimal.

Exemple :

Pour obtenir un visa de travail péruvien, il faut d’abord une offre d’emploi avec un contrat conforme, approuvé par le ministère du Travail. Ensuite, préparer les documents requis (passeport, casier judiciaire, diplômes, assurance, formulaires). La demande est déposée via la plateforme numérique des Migraciones ou un consulat péruvien à l’étranger. Le suivi se fait par un numéro de dossier et une messagerie officielle. Une fois le visa accordé, un rendez-vous biométrique aboutit à la délivrance du Carné de Extranjería, la carte d’identité pour étrangers.

Les délais varient fortement : certains dossiers sont traités en environ un mois, d’autres peuvent prendre plusieurs mois selon la charge administrative et la complétude du dossier.

Résidence, renouvellement et changement d’employeur

Le visa de travail résident doit être renouvelé chaque année, main dans la main avec le contrat de travail. Un changement d’employeur nécessite :

un nouveau contrat approuvé par le ministère du Travail ;

une mise à jour du statut auprès de Migraciones (changement de données) dans un délai de 30 jours.

Les absences prolongées hors du pays sont encadrées : au‑delà d’un certain nombre de jours consécutifs ou cumulés, le statut de résident peut être remis en question, avec obligation de reprendre une procédure.

Au bout de trois ans comme résident, il devient possible de viser la résidence permanente ; après cinq ans, la nationalité péruvienne peut être envisagée sous certaines conditions.

Culture de travail : hiérarchie, “personalismo” et gestion du temps

Un expatrié peut avoir un excellent profil technique et un contrat en bonne et due forme, mais échouer s’il ne s’adapte à la culture managériale locale.

Une organisation encore très hiérarchique

Les entreprises péruviennes fonctionnent traditionnellement sur un mode vertical :

– le manager est vu comme celui qui “sait” et décide ;

– la consultation des échelons inférieurs avant décision est encore peu fréquente, même si cela change dans les filiales de multinationales et les start‑up ;

– contredire un supérieur en public est souvent perçu comme un manque de respect.

Bon à savoir :

Dans ce contexte culturel, il existe une forte attente d’instructions claires et un certain inconfort face aux approches de travail trop horizontales ou collaboratives. Bien que certains groupes commencent à réduire cette distance hiérarchique, ce réflexe reste dominant, particulièrement au sein de l’administration, des grandes entreprises nationales et des secteurs traditionnels.

Le poids du “personalismo” et des relations

Réussir au Pérou passe largement par le relationnel. Le “personalismo” – loyauté envers la famille, les amis, le cercle proche – irrigue la vie professionnelle :

les contacts personnels comptent souvent plus que le CV ;

on consacre du temps à construire la confiance avant de conclure une affaire ;

la relation est parfois jugée plus importante que le contrat écrit.

Pour un expatrié, cela signifie qu’il faudra investir dans les réseaux locaux : chambres de commerce, associations professionnelles, événements de type InterNations, clubs d’affaires, etc. Un manager étranger qui ignore cette dimension relationnelle risque de se heurter à des résistances invisibles.

Rapport au temps : patience requise

Les délais et échéances sont fréquemment interprétés de manière plus souple que dans les cultures très orientées résultat. Les projets prennent du temps, les négociations sont longues, les réponses aux e‑mails ne tombent pas toujours à la minute.

Astuce :

Même si l’ouverture aux standards internationaux et la pression des multinationales tendent à renforcer la discipline en matière de délais, un expatrié a tout intérêt à respecter scrupuleusement les échéances pour s’adapter et réussir dans son nouvel environnement professionnel.

fixer des échéances claires, mais prévoir des marges de sécurité ;

– relancer avec diplomatie ;

éviter les approches de négociation trop agressives, très mal perçues.

La contrepartie positive : lorsque la confiance est installée, les partenaires péruviens sont souvent prêts à de grands efforts pour maintenir la relation.

Conditions de travail, droits sociaux et avantages

L’un des atouts du marché péruvien, du point de vue d’un salarié, réside dans la générosité apparente de certains dispositifs obligatoires : double rémunération de Noël, congés importants, fonds de compensation

Durée du travail, congés, primes

Le cadre légal de base prévoit :

Bon à savoir :

La durée légale du travail est de 48 heures par semaine, généralement réparties sur 6 jours. Après un an d’ancienneté, les salariés bénéficient de 30 jours calendaires de congés payés annuels. Le salaire est complété par un 13e et un 14e mois, versés en juillet et décembre, chacun équivalent à un mois de salaire brut. Un fonds de compensation, le CTS (Compensación por Tiempo de Servicios), est également alimenté à hauteur d’environ un mois de salaire par an, déposé sur un compte bloqué et mobilisable en cas de rupture du contrat.

À cela s’ajoutent :

au moins une dizaine de jours fériés nationaux par an ;

une allocation familiale (10 % du salaire minimum) pour les salariés ayant au moins un enfant de moins de 18 ans ;

une protection particulière pour les congés maternité (98 jours) et paternité (10 jours).

Les salaires doivent également être chargés de 9 % de cotisation employeur à EsSalud (assurance santé publique) et de contributions à un système de retraite (public ou privé), à hauteur d’environ 10 % côté salarié.

30-45

Pour un employeur étranger, le coût total d’un salarié au Maroc peut augmenter de 30 à 45 % au-dessus du salaire de base.

Inégalités de genre et informalité

Le marché du travail péruvien demeure traversé par de fortes inégalités. En moyenne, les hommes gagnent environ 12 % de plus que les femmes (96 000 PEN annuels contre 86 000). Les raisons combinent ségrégation professionnelle, différences de parcours, discriminations et moindre accès à l’éducation dans certaines régions.

L’informalité structurelle du marché, notamment dans le tourisme, le commerce, l’agriculture et une partie de la construction, se traduit aussi par des millions de travailleurs sans contrat ni droits sociaux. Pour un expatrié, la priorité doit être de rester dans le périmètre formel : contrat écrit, inscription dans les registres officiels, affiliation aux systèmes de santé et de retraite.

Quelle stratégie d’accès au marché pour un expatrié ?

Reste la question clé : comment transformer ces données macroéconomiques et ce cadre légal en opportunité de carrière concrète ?

Trois portes d’entrée principales

En pratique, les expatriés qui travaillent au Pérou passent le plus souvent par l’une de ces voies :

Voies d’installation professionnelle au Pérou

Trois principales options pour travailler légalement et s’installer au Pérou, chacune avec ses caractéristiques et conditions.

Mutation interne

Depuis une entreprise internationale déjà implantée (banque, groupe minier, cabinet de conseil, ONG…). Voie sécurisée : le package est généralement négocié au siège, avec prise en charge partielle de l’installation.

Recrutement direct sur un poste local

Dans des secteurs comme la tech, l’ingénierie, la finance, l’enseignement international ou l’hôtellerie. Salaire suivant les standards péruviens ‘haut de gamme’, inférieur aux packages d’expatriés classiques.

Création ou investissement dans une entreprise locale

Ouverture d’un restaurant, d’un tour-opérateur, d’une société de services ou d’une filiale. L’État encourage l’investissement étranger avec des dispositifs fiscaux spécifiques et des accords de stabilité juridique.

Dans tous les cas, la langue est décisive : l’espagnol est la norme absolue en entreprise, y compris dans beaucoup de filiales étrangères. L’anglais constitue un plus, souvent nécessaire dans les environnements internationaux, mais ne remplace pas la maîtrise du castillan pour interagir avec les équipes locales, les autorités ou les clients.

Où chercher : canaux et intermédiaires

Le marché de l’emploi péruvien s’appuie sur une combinaison de plateformes locales et internationales :

– sites péruviens généralistes comme Bumeran, Computrabajo, Aptitus, Laborum ;

– agrégateurs globaux comme Indeed, LinkedIn, Jooble, Jora ;

cabinets de recrutement spécialisés (BIGMOND GROUP, Adecco Professional – Perú, Pedersen & Partners, etc.) pour les profils cadres et techniques ;

– réseaux d’expatriés (InterNations, groupes Facebook d’expats par ville, Expat.com) pour capter des opportunités plus informelles.

Pour les métiers de l’enseignement, des plateformes dédiées au TEFL/ESL ou des groupes locaux de professeurs et traducteurs donnent accès à de nombreuses offres, souvent en contrat local.

Anticiper le coût de la vie et la négociation salariale

La tentation est grande de se focaliser sur le salaire brut. Mais au Pérou, les écarts de coût de la vie entre les villes et même entre les quartiers sont importants :

Coût de la vie et opportunités d’emploi au Pérou

Comparatif des principales villes péruviennes en termes de dépenses et de marché du travail.

Lima

La capitale, notamment dans les districts résidentiels comme Miraflores, San Isidro et Barranco, est de loin la ville la plus chère. Elle offre cependant le plus grand nombre d’emplois qualifiés.

Arequipa, Trujillo, Cusco

Ces grandes villes de province permettent de réduire la facture logement de 30 à 50 % par rapport à Lima, offrant un coût de la vie plus abordable.

Un expatrié qui vise un niveau de confort “occidental” à Lima devra, selon les estimations, tabler sur un budget mensuel compris entre 1 500 et 2 000 USD pour une personne seule (logement, alimentation, transport, loisirs). À l’inverse, en vivant dans des quartiers moins huppés ou dans une autre ville, il est possible de descendre autour de 800–1 200 USD par mois tout en conservant un bon niveau de vie.

Dans la négociation, il est donc indispensable de :

tenir compte de ces réalités locales ;

intégrer les gratifications (13e et 14e mois), la CTS et les bonus potentiels dans le calcul annuel ;

– discuter de la prise en charge de l’assurance santé (publique seule ou complément privé), des frais de scolarité éventuels et, si possible, d’une aide au logement.

En résumé : un marché exigeant, mais réel potentiel pour les bons profils

Le marché du travail au Pérou n’est ni un eldorado facile, ni un champ de ruines économique. C’est un environnement contrasté, avec :

une croissance solide, mais tirée par quelques moteurs (mines, services, tech, construction) ;

– une informalité massive, mais des poches d’emplois formels bien rémunérés pour les professionnels qualifiés ;

– un coût de la vie très abordable, mais des salaires locaux bas à moyens en comparaison des pays développés ;

– un cadre légal plutôt protecteur pour les salariés formels, mais un accès sous quotas et sous conditions pour les étrangers.

Les opportunités sont bien réelles pour :

Nos domaines d’expertise

Nous accompagnons des profils spécialisés et expérimentés dans des secteurs clés pour leur développement professionnel.

Profils Techniques

Expertise en IT, data, cybersécurité, ingénierie et management de projet.

Dirigeants & Managers

Cadres confirmés des secteurs banque, mines, infrastructure et BPO.

Enseignants

Professeurs de langues ou de disciplines techniques pour établissements privés et internationaux.

La clé, pour un expatrié, sera de bâtir une stratégie cohérente : cibler les secteurs vraiment porteurs, investir dans l’espagnol, s’appuyer sur les bons intermédiaires, et aborder la négociation salariale avec une vision claire des avantages légaux et du coût de la vie. À ces conditions, le Pérou peut devenir bien plus qu’une belle destination de voyage : un projet professionnel solide, dans un pays en transformation rapide.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer au Pérou, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités migratoires, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Uruguay, Paraguay, Pérou), la stratégie retenue a consisté à cibler le Pérou pour sa fiscalité territoriale (imposition principalement sur les revenus de source péruvienne), l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à la France (Lima ~40 % moins cher que Paris) et l’accès facilité à l’immobilier locatif. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence (visa rentier, carte d’étranger), détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et optimisation patrimoniale internationale.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :