S’installer au Pérou séduit de plus en plus d’expatriés : coût de la vie abordable, paysages spectaculaires, gastronomie célébrée, population chaleureuse. Mais derrière cette image de carte postale, la réalité est plus nuancée. Criminalité urbaine, arnaques ciblant les étrangers, risques liés aux transports ou au système de santé… tout cela existe bel et bien.
La plupart des expatriés vivent au Pérou sans incident majeur, à condition de connaître les risques concrets et d’adapter leurs habitudes. Une préparation pragmatique, incluant une vue d’ensemble de la sécurité, un focus sur la vie d’expatrié, les villes clés et les arnaques courantes, permet une installation plus sereine.
Comprendre le contexte sécuritaire au Pérou
Le Pérou est souvent présenté comme « plus sûr » que certains de ses voisins andins, notamment la Colombie. C’est vrai pour certains indicateurs, mais trompeur si l’on en déduit qu’il s’agit d’un pays « sans problème ». Les principaux pays occidentaux (États‑Unis, Canada, Royaume‑Uni, Espagne, Italie, Suède) recommandent de faire preuve d’une vigilance accrue en raison de la criminalité, des tensions sociales et, dans certaines zones, du risque de kidnapping.
Le Pérou se classe 104ᵉ sur l’indice mondial de la paix 2023. Dans les grandes villes comme Lima ou Cusco, les principaux risques sont les vols, agressions et arnaques. Dans certaines vallées isolées, comme le VRAEM, s’ajoutent des risques liés au trafic de drogue et à la présence de groupes armés.
Le gouvernement péruvien a toutefois renforcé ces dernières années les patrouilles de police dans les zones touristiques majeures, augmenté les contrôles à Machu Picchu et dans la Vallée Sacrée, et déclaré des états d’urgence ponctuels à Lima et Callao pour lutter contre les violences. Résultat : les dernières données indiquent une baisse de 12 % des vols de rue dans les grands hubs touristiques et de 15 % des vols visant spécifiquement les visiteurs depuis 2023.
Où vivre en sécurité : panorama des villes et quartiers
Pour une expatriation sereine, le choix de la ville – et surtout du quartier – est déterminant. La majorité des expats se concentrent à Lima, Cusco et Arequipa, avec des poches plus petites à Trujillo, Iquitos ou dans la Vallée Sacrée.
Lima : capitale à deux visages
Lima est à la fois le cœur économique du pays et la ville la plus problématique en matière de criminalité. Avec près de 10 millions d’habitants répartis sur 43 districts, les écarts de sécurité entre quartiers sont extrêmes. Certaines zones sont à éviter, d’autres figurent parmi les plus sûres du pays.
Les expatriés se concentrent essentiellement dans les districts côtiers et centraux suivants, globalement considérés comme les plus sûrs :
– Miraflores
– San Isidro
– Barranco
– La Molina
– Santiago de Surco (Surco)
– Magdalena del Mar
– San Borja
– San Miguel
– Pueblo Libre
– Jesús María
À l’inverse, des districts comme Callao (autour du port et de l’aéroport), San Juan de Lurigancho, Rímac, La Victoria, Comas, Los Olivos ou Villa El Salvador sont clairement à éviter, surtout la nuit.
Tableau synthétique croisant sécurité et coût de logement pour un expatrié, avec des loyers indicatifs pour appartements meublés.
Villes offrant un haut niveau de sécurité mais avec des loyers parmi les plus chers pour un appartement meublé.
Destinations alliant une bonne sécurité à des coûts de logement plus abordables pour l’expatrié.
Villes où le coût du logement reste élevé malgré un niveau de sécurité qui peut présenter quelques nuances.
Un équilibre entre sécurité acceptable et loyers raisonnables, une catégorie souvent recherchée.
Des destinations économiques pour le logement, où la sécurité peut grandement varier selon les quartiers.
| District | Niveau de sécurité perçu | Tendance criminalité récente | Fourchette loyers mensuels (1–2 ch.) | Profil typique |
|---|---|---|---|---|
| Miraflores | Élevé | -12 % de délits contre les biens (2025) | ~700–1 200 USD | Expats, touristes, nomades digitaux |
| San Isidro | Très élevé | Taux de violence le plus bas de Lima | ~800–1 500 USD | Cadres, ambassades |
| Barranco | Élevé | Quartier plutôt calme, surtout vers l’océan | ~500–1 000 USD | Artistes, créatifs |
| Surco (Chacarilla…) | Élevé | -15 % de cambriolages en 2025 | ~600–1 200 USD (2 ch.) | Familles, classes moyennes/hautes |
| La Molina | Élevé | Faible délinquance, urbanisations fermées | ~1 000–2 000 USD (maisons 3 ch.) | Familles avec enfants |
| Magdalena del Mar | Élevé | District le plus sûr de Lima (données INEI) | ~500–900 USD | Classes moyennes |
| San Miguel | Moyen à élevé | -18 % de vols de rue (2025) | ~450–850 USD | Étudiants, jeunes actifs |
| Pueblo Libre | Élevé | 2ᵉ district le plus sûr de Lima | ~450–800 USD | Familles, seniors |
| Jesús María | Correct | 14ᵉ rang en sécurité métropolitaine | ~450–850 USD | Locaux, quelques expats |
Les données locales montrent combien certains districts ont investi dans la sécurité : Miraflores a mis en place un réseau dense de caméras avec surveillance 24h/24 dans des zones comme Larcomar, le Malecón ou Kennedy Park, avec un temps moyen d’intervention inférieur à 5 minutes. San Isidro a développé une stratégie de « quadrants sécurisés » avec patrouilles dédiées, et 92 % de ses résidents déclarent s’y sentir en sécurité. Magdalena del Mar a même doublé son budget sécurité, déployant drones et patrouilles électriques, avec une chute de 22 % des délits sur certains axes.
Dans ces quartiers, les problèmes les plus fréquents sont le vol à la tire ou l’arrachage de téléphone, surtout près des grandes avenues et arrêts de bus. Les agressions violentes restent rares dans les zones d’expats, mais pas inexistantes, notamment à la nuit tombée.
Cusco, Arequipa et les autres villes
Cusco, ancienne capitale inca et hub touristique majeur, attire de nombreux expatriés, souvent actifs dans le tourisme, l’enseignement ou les services aux étrangers. La criminalité y est présente – vols, pickpockets, arnaques – mais dans une proportion jugée gérable avec de bonnes habitudes de prudence. La ville et la Vallée Sacrée (Urubamba, Pisac, Ollantaytambo) ne font pas partie de la zone à très haut risque du VRAEM, ce qui rassure les expats.
Arequipa, surnommée la « ville blanche », propose un cadre de vie plus paisible et moins cher que Lima, alliant commodités modernes et bonne qualité de vie. Cependant, comme ailleurs, il est conseillé aux visiteurs étrangers de rester vigilants, notamment contre les pickpockets dans les lieux très fréquentés.
D’autres destinations accueillent de plus petites communautés : Trujillo sur la côte nord, Iquitos au cœur de l’Amazonie, Huaraz pour les amateurs de montagne. Le niveau de sécurité y est très variable d’un quartier à l’autre, et il est indispensable d’échanger avec des résidents, groupes d’expats ou services comme iPerú avant de s’y installer.
Criminalité : réalités à connaître avant de s’installer
Les autorités américaines et canadiennes parlent de criminalité « répandue » au Pérou. La palette va du pickpocket opportuniste au braquage de bus interurbain, en passant par l’« express kidnapping ». Pour un expatrié, l’enjeu n’est pas de paniquer, mais de comprendre les scénarios fréquents pour adapter ses comportements.
Vols, pickpockets et agressions
Dans les grandes villes comme Lima, Cusco ou Arequipa, les délits les plus courants sont :
– Vols à la tire dans les bus, métros, marchés, stations, parcs très fréquentés
– Arrachage de sac ou téléphone depuis un scooter ou une voiture, aux feux ou sur trottoir
– Vol de sac à main ou sac à dos dans les cafés, halls d’hôtels, restaurants
– Vol de bagages dans les bus interurbains ou les soutes
Une étude de la municipalité de Lima indique que 68 % des vols se produisent à proximité des grands monuments pendant les heures de pointe, lorsque les foules sont denses et les touristes plus distraits. Les vols violents (carjackings, agressions armées) existent, y compris de jour, mais la plupart sont concentrés dans des districts défavorisés ou sur certaines routes périphériques.
L’« express kidnapping », forme d’enlèvement de courte durée pour soutirer des retraits au distributeur, est documenté, notamment via de faux taxis. Ces cas restent minoritaires, mais le risque est jugé suffisamment sérieux pour que les ambassades en parlent systématiquement dans leurs conseils.
Arnaques fréquentes : comment on cible les étrangers
Le Pérou n’échappe pas à la créativité des escrocs, et une partie – minoritaire – de la population considère l’arnaque de touristes comme un « petit délit » sans victime, imaginant que l’assurance ou « l’argent des gringos » couvrira la perte. Les expatriés, souvent perçus comme aisés, deviennent des cibles de choix, surtout dans leurs premiers mois.
Voici quelques scénarios très répandus qui méritent une attention particulière.
Taxis : source majeure de problèmes
Le taxi est, de loin, l’un des maillons les plus sensibles de la chaîne de sécurité au quotidien :
À la sortie des aéroports et gares, méfiez-vous des chauffeurs non officiels se faisant passer pour des taxis autorisés. Ils utilisent diverses arnaques : afficher un tarif fixe exorbitant, changer un prix convenu en soles en dollars multiplié par cinq, prétendre que le compteur est en panne pour justifier un prix abusif, ou affirmer que votre hébergement est fermé ou dangereux pour vous rediriger vers un établissement qui leur reverse une commission. Des vols, parfois avec violence, peuvent également survenir, notamment autour de l’aéroport Jorge Chávez et de certaines gares routières.
S’ajoutent des petites arnaques plus subtiles, comme le changement de billet : vous donnez un billet de 50 soles, le chauffeur le remplace discrètement par un billet de 10 et prétend que vous vous trompez. D’où l’importance de toujours annoncer clairement la valeur du billet en le remettant et de garder de petites coupures.
L’usage d’applications type Uber, Cabify ou de compagnies sérieuses (TaxiDatum, Taxi Satelital, Taxi Green à l’aéroport de Lima, Taxi Green Cusco…) réduit très fortement le risque : prix fixé à l’avance, suivi GPS, trace écrite de la course. Même là, il existe des cas isolés de conducteurs réclamant un supplément sous prétexte que « l’application s’est trompée ». Dans ce cas, il suffit d’être ferme et de refuser.
Arnaques « émotionnelles » et de rue
Certaines escroqueries s’appuient sur la compassion ou la surprise du visiteur :
Plusieurs escroqueries ciblent les touristes au Pérou. À Lima, l’arnaque au lait en poudre dans les parcs implique un adulte avec un enfant qui demande d’acheter du lait très cher en pharmacie pour ensuite le revendre ; les enfants sont souvent instrumentalisés. À Cusco, des femmes proposent des photos avec des alpagas ou des lamas pour 10-20 soles, mais peuvent exercer une forte pression pour obtenir plus d’argent, et les animaux sont parfois maltraités. D’autres escroqueries incluent de fausses collectes de charité pour des orphelinats et des quêtes menant à des présentations de time-share très agressives avec des contrats abusifs.
Argent, change et faux billets
Le Pérou est un des principaux producteurs mondiaux de fausse monnaie, en soles comme en dollars. Environ 60 % des faux dollars en circulation mondiale seraient fabriqués dans le pays. À Cusco, des changeurs de rue se servent parfois de l’ancienne monnaie (intis) pour tromper les visiteurs.
Les scénarios typiques :
– Un inconnu propose de vous « dépanner » en échangeant un billet de 100 soles en petites coupures : en retour, une partie est fausse.
– Un bureau de change non officiel vous donne des billets douteux en échange de devises étrangères.
– Des commerçants vous rendent de la monnaie en glissant un ou plusieurs faux billets dans le lot.
La Banque centrale recommande la méthode « toucher, regarder, incliner » pour vérifier les billets. La parade principale reste de changer son argent dans des banques ou bureaux de change officiels, de faire attention aux coupures de forte valeur, et d’exiger un autre billet si vous avez un doute sur un billet reçu.
Fausse police, faux guides, fausses agences
Plus inquiétant, des individus se font passer pour des policiers pour contrôler passeports ou billets, soit pour voler, soit pour extorquer des « amendes ». À Lima comme à Cusco, des cas d’agents légitimes qui dépassent leurs prérogatives et réclament de l’argent ont également été signalés. La règle d’or est de ne jamais remettre ni argent ni documents originaux sans vérification, et de demander à se rendre au commissariat le plus proche en cas de doute.
Près de 80% des prestataires de visites à Cusco opèrent sans licence ni assurance. Ce risque majeur peut entraîner des excursions annulées sans remboursement, des guides incompétents, du matériel dangereux et une absence totale de couverture en cas d’accident.
On retrouve le même schéma pour des agences de voyage peu scrupuleuses, notamment à Lima, qui encaissent des sommes importantes pour des circuits ou des billets de train, puis ne fournissent pas les services promis. Une agence spécifique a ainsi été signalée à plusieurs reprises depuis 2023 pour pratiques abusives.
Ciblage en ligne et harcèlement dans les groupes expats
La sphère numérique n’est pas épargnée : faux profils sur des sites de rencontres, annonces de location inexistantes, escroqueries à l’adoption animale (comme l’opération « Andina Pets Peru », très suivie sur TikTok et Facebook, qui livrait des animaux malades ou pas d’animaux du tout après encaissement de frais).
Plus surprenant pour certains nouveaux arrivants, la virulence parfois observée dans certains groupes Facebook d’expatriés. Des étrangers qui posent des questions anodines – où trouver un certain fromage, un bar diffusant autre chose que du foot, des produits capillaires pour cheveux non locaux – se retrouvent parfois la cible de commentaires haineux, voire de menaces, de la part de trolls ou de locaux irrités par ce qu’ils perçoivent comme de l’arrogance. Cela ne représente pas l’attitude générale des Péruviens, mais rappelle qu’un certain tact culturel en ligne comme hors ligne facilite les choses.
Zones à éviter absolument : VRAEM, frontières et routes à risque
La carte de risque du Pérou n’est pas homogène. Au‑delà des villes, plusieurs régions font l’objet de mises en garde de niveau maximal de la part de nombreux gouvernements, à cause d’un cocktail explosif : culture de coca, trafic de drogue, présence de groupes armés (notamment les restes du Sentier Lumineux), infrastructures faibles et quasi‑absence de l’État.
Les principales zones déconseillées, voire classées « à ne pas visiter » :
Régions identifiées comme présentant des risques sécurités spécifiques, notamment liés au trafic de stupéfiants et à la criminalité.
Touche des parties des départements d’Ayacucho, Cusco, Huancavelica et Junín.
Couvre des secteurs de Huánuco, San Martín et Ucayali.
Bande de 20 km le long de la frontière.
Bande de 20 km le long de la frontière (hors Panaméricaine et passage de Tumbes).
Zones isolées où des bateaux ont été attaqués par des bandits armés.
Les ambassades de plusieurs pays soulignent qu’elles ont une capacité très limitée d’intervention dans ces zones. Pour un expatrié, sauf raison professionnelle très spécifique, il est fortement déconseillé d’y voyager.
Transports : le maillon faible de la sécurité
Qu’il s’agisse de conduire, de prendre le bus ou le taxi, la sécurité routière est l’un des points noirs du pays. Les accidents graves, notamment de bus, sont fréquents, en particulier la nuit, sur les routes de montagne, ou avec des compagnies bon marché.
Les principaux problèmes sont bien identifiés :
– Conduite agressive, dépassements risqués, non‑respect généralisé du code de la route.
– Routes étroites, mal entretenues, peu éclairées, parfois sans barrières de sécurité.
– Chauffeurs de bus épuisés, pression économique forte pour rouler vite.
– Microbus et combis urbains bondés, sans véritable encadrement de sécurité.
Les autorités américaines déconseillent fortement à leurs employés de conduire de nuit hors des grandes villes. Pour les voyageurs, il est recommandé d’éviter les trajets de nuit en bus, de privilégier des compagnies réputées (Cruz del Sur, Oltursa, Movil Tours, TEPSA, Civa), de s’installer de préférence au rez-de-chaussée dans les bus à deux étages et de toujours attacher sa ceinture de sécurité.
Dans les villes, les systèmes de transport comme le Metropolitano à Lima sont pratiques mais constituent des terrains privilégiés pour les pickpockets. Les taxis informels représentent un risque structurel, tant en matière d’arnaque que de sécurité physique. Les applications (Uber, Cabify, etc.) ou les taxis appelés par l’hôtel ou réservés à l’aéroport sont à privilégier systématiquement.
Santé et système de soins : un enjeu majeur pour les expats
La sécurité, c’est aussi l’accès à des soins fiables en cas de pépin. Le Pérou dispose d’un système de santé à deux vitesses, avec un secteur public largement sous pression et un secteur privé de bonne qualité dans les grandes villes.
Public vs privé : ce que vivent réellement les résidents
Le ministère de la Santé (MINSA) gère l’essentiel de l’offre publique via des hôpitaux et le Seguro Integral de Salud (SIS), destiné aux populations à faibles revenus. EsSalud, système de sécurité sociale rattaché au ministère du Travail, couvre les salariés formels et leurs familles, soit environ 30 % de la population.
En théorie, près de 83 % des Péruviens auraient une forme de couverture santé. En pratique, le constat est plus nuancé :
– Hôpitaux publics saturés, manque de moyens, ruptures de médicaments.
– Délais d’attente très longs : près de 40 jours pour un rendez‑vous médical, jusqu’à 60 jours pour une chirurgie programmée.
– Équipements et hygiène très inégaux hors de Lima ; certaines cliniques rurales sont sous‑dotées, avec un personnel limité.
– Fort déséquilibre géographique : près de la moitié des centres EsSalud se trouvent à Lima.
Les expatriés privilégient généralement le secteur privé pour leurs soins. Dans les grandes villes comme Lima, Cusco ou Arequipa, plusieurs cliniques privées (Clínica Anglo Americana, Clínica Internacional, Clínica Peruano Japonesa, Clínica el Golf, Clínica Santa María) offrent des standards proches de ceux de l’Occident, avec du personnel souvent bilingue et des équipements modernes. Le recours au système public est souvent considéré comme un dernier recours.
Les coûts restent bien inférieurs à ceux de l’Amérique du Nord, mais peuvent tout de même grimper rapidement sans assurance. Quelques ordres de grandeur dans le privé :
| Acte médical (privé) | Fourchette de prix estimée |
|---|---|
| Consultation généraliste | 20–50 USD |
| Consultation spécialiste | 30–100 USD |
| Jour d’hospitalisation | 50–200 USD |
| Scanner (CT) | 150–300 USD |
| IRM | 250–500 USD |
| Petite chirurgie ambulatoire | 300–1 000 USD |
| Passage aux urgences | 50–150 USD |
| Radiographie simple | 10–30 USD |
Un exemple tiré d’une étude sur le coût des traitements COVID illustre les écarts entre systèmes : 15 jours d’USI coûtent environ 5 700 USD via SIS, 12 000 USD via EsSalud, et jusqu’à 26 250 USD dans le privé.
Assurance santé : incontournable pour une expatriation sereine
Face à ces chiffres, la très grande majorité des expatriés optent pour une assurance privée locale ou internationale, même lorsque leur employeur les affilie à EsSalud. Les motivations sont claires :
– Accès direct aux meilleures cliniques de Lima et des grandes villes.
– Possibilité d’évacuation médicale vers la capitale ou l’étranger, cruciale en zone rurale ou amazonienne.
– Prise en charge des coûts élevés de soins lourds (USI, chirurgie majeure).
Coût annuel moyen estimé d’une police d’assurance santé internationale pour un individu au Pérou.
Pour un projet d’installation, intégrer une bonne assurance santé dans son budget n’est pas un luxe, mais un élément clé de votre sécurité globale.
Risques sanitaires spécifiques : altitude, eau, moustiques, psychotropes
Au‑delà de l’accès au système de soins, certains risques sont propres au contexte péruvien :
Au Pérou, plusieurs risques spécifiques nécessitent une vigilance particulière. Au-delà de 2500 m d’altitude, le mal aigu des montagnes (maux de tête, nausées) est fréquent ; une acclimatation progressive et une hydratation sont essentielles. L’eau du robinet n’est pas potable : privilégiez l’eau en bouteille ou filtrée. Dans les zones tropicales (Amazonie), des maladies comme la dengue ou le paludisme sont présentes ; utilisez des répulsifs et vérifiez vos vaccinations. Méfiez-vous de l’alcool frelaté (risque de méthanol) et des boissons droguées (scopolamine) dans certains bars. Enfin, les cérémonies spirituelles (Ayahuasca, San Pedro) sont déconseillées par les autorités en raison de graves risques pour la santé et la sécurité (décès, agressions, troubles psychiques), dans un cadre non réglementé.
Culture, codes sociaux et sécurité du quotidien
La sécurité ne se joue pas seulement dans les chiffres de la criminalité. Une bonne intégration culturelle réduit drastiquement les situations tendues. Le Pérou est une société hiérarchisée, attachée aux formes de politesse, au respect des aînés et à la famille.
Quelques repères utiles pour éviter les malentendus et tensions inutiles.
Langue et communication
Le castillan est la langue dominante (environ 82 % de la population), devant le quechua et l’aymara dans certaines régions. L’anglais est très peu parlé en dehors des cercles touristiques et d’affaires. Apprendre au moins les bases de l’espagnol (salutations, politesses, négociations de prix, gestion de conflits simples) est une mesure de sécurité à part entière : on gère mieux les taxis, on s’explique plus aisément avec la police, on comprend les annonces lors de manifestations ou de catastrophes naturelles.
Au Pérou, la communication est souvent indirecte pour préserver l’harmonie et éviter la confrontation ouverte. Critiquer frontalement, hausser le ton ou créer un scandale en public peut faire perdre la face à votre interlocuteur et endommager durablement la relation, y compris dans un conflit entre consommateur et commerçant. Pour un expatrié, la meilleure posture pour désamorcer les tensions, par exemple avec un chauffeur de taxi insistant ou un commerçant malhonnête, est de rester calme, poli, mais ferme.
Tenue, comportements et perception de la richesse
Dans les grandes villes, la tenue est en général plus formelle qu’en Europe du Sud, surtout en milieu professionnel. En dehors des zones de plage, se promener en tongs, short très court ou débardeur échancré donne vite l’image du touriste insouciant – donc de la proie idéale. L’expression « gringo/gringa » est fréquemment utilisée pour désigner les étrangers ; la plupart du temps, sans intention insultante, mais elle rappelle que vous êtes immédiatement repéré comme non‑local.
Adopter une tenue « neutre » (pantalon ou jean, chaussures fermées, t‑shirt sobre), éviter bijoux voyants, montres de luxe ou smartphone dernier cri tenu à bout de bras dans la rue, contribue très concrètement à votre sécurité. Afficher ostensiblement sa richesse est culturellement mal vu, et sur le plan pratique, c’est une invitation au vol.
Argent et pratiques de paiement
La monnaie locale est le sol péruvien. Les cartes sont acceptées dans les grandes surfaces, restaurants urbains et hôtels, mais pas systématiquement ailleurs. Garder sur soi un peu de liquide en petites coupures est fondamental pour payer taxis, petits commerces ou marchés.
Pour limiter les risques, il est essentiel d’identifier et d’évaluer les dangers potentiels, puis de mettre en place des mesures préventives adaptées. Cela peut inclure la diversification des activités, l’établissement de procédures de sécurité, la formation du personnel et la surveillance régulière des processus. Une approche proactive permet de réduire la probabilité et l’impact des incidents négatifs.
– Utiliser les distributeurs à l’intérieur des banques ou centres commerciaux, idéalement aux heures d’ouverture. Les statistiques montrent une baisse de 83 % des fraudes sur les retraits réalisés à l’intérieur des établissements surveillés.
– Couvrir systématiquement le clavier de main lors de la saisie du code, surveiller les lecteurs de carte (pour éviter les skimmers) et vérifier le montant avant de valider (certains commerçants ont déjà tenté de rajouter un « 0 »).
– Fractionner cash et cartes en plusieurs cachettes, ne jamais tout porter sur soi.
En cas de prélèvement frauduleux, il est recommandé de documenter soigneusement les opérations, de garder tickets et reçus, de signaler le problème à sa banque au plus vite et de déposer plainte auprès des autorités ou d’INDECOPI (organisme de défense du consommateur).
Sécurité numérique, locations et vie en ligne
Pour un expatrié, la vie se passe aussi beaucoup en ligne : recherche de logement, réservations de transports, réseautage. Or, le terrain est fertile pour les escroqueries.
Les faux logements ou locations saisonnières abondent : annonces alléchantes, photos volées sur d’autres sites, propriétaire introuvable, paiement demandé d’avance par virement international ou plateforme non sécurisée, puis silence radio. Pour limiter ce risque, mieux vaut :
Pour réserver un hébergement de confiance, privilégiez les plateformes établies comme Airbnb, Booking ou VRBO, qui présentent un bon historique d’avis vérifiés. Avant de finaliser, examinez attentivement les commentaires sur le bien : assurez-vous qu’ils sont nombreux, récents et cohérents entre eux. Méfiez-vous systématiquement des offres qui semblent trop avantageuses pour être honnêtes, et surtout si le propriétaire tente de vous inciter à effectuer le paiement en dehors de la plateforme officielle.
Sur les réseaux sociaux, un certain nombre de groupes pour expats au Pérou (Facebook notamment) sont très utiles pour échanger des retours d’expérience, trouver du travail ou des logements. Ils ne sont pas exempts de tensions, de désinformation ou de harcèlement, mais restent un outil précieux si l’on exerce un minimum d’esprit critique.
Protestations, politique et crises : comment se préparer
Les manifestations et grèves sont un fait récurrent de la vie péruvienne, en particulier autour de sujets politiques, miniers ou sociaux. Elles peuvent éclater rapidement, parfois sans préavis, bloquer routes, gares, aéroports, voire l’accès à des sites comme Machu Picchu. Certaines dégénèrent en affrontements violents, avec usage de gaz lacrymogènes.
Les points à retenir pour un expatrié :
La loi interdit la participation des étrangers aux activités politiques, sous peine d’interpellation ou d’expulsion. Les états d’urgence, fréquents, étendent les pouvoirs de police (contrôles, perquisitions). Prévoyez des perturbations des transports, une marge de manœuvre, des liquidités et un plan de repli.
Pour suivre la situation, les expats ont tout intérêt à surveiller les médias locaux, les réseaux sociaux des municipalités, les notifications des ambassades et des services comme iPerú. L’inscription à un programme type STEP (pour les Américains) ou équivalent permet de recevoir des alertes ciblées.
Scénarios concrets et bonnes pratiques pour une expatriation sereine
Au vu de tous ces éléments, vivre en sécurité au Pérou ne repose pas sur un talisman ou une astuce miracle, mais sur une accumulation de réflexes simples.
Dans la vie quotidienne d’un expatrié à Lima, Cusco ou Arequipa, cela peut ressembler à ceci :
Pour un séjour serein au Pérou, privilégiez les quartiers réputés sûrs comme Miraflores, San Isidro, Barranco, Surco, La Molina, Magdalena ou Pueblo Libre à Lima, ainsi que les zones centrales et touristiques de Cusco et Arequipa. Pour vos déplacements, utilisez principalement des applications de taxi ou des taxis recommandés, surtout le soir, et à l’aéroport, réservez un transfert ou passez par les comptoirs officiels. Lors de vos sorties, n’emportez que l’essentiel : une carte, un peu d’argent liquide en petites coupures, une photocopie ou une version numérique de votre passeport, et gardez votre téléphone discrètement rangé. Évitez d’utiliser votre smartphone au bord de la chaussée ou aux feux ; préférez vous éloigner vers un hall d’immeuble, un café ou un commerce pour consulter vos messages. Méfiez-vous des « bons plans » trop alléchants : circuits à prix dérisoires, taxis sans plaque, change de rue ou « opportunités d’investissement » rapides. Adaptez-vous au rythme local en prenant vos repas vers 13–15 h, en redoublant de vigilance la nuit, et en respectant le temps « à la péruvienne » pour les rencontres sociales, tout en restant ponctuel pour les rendez-vous d’affaires. Enfin, connaître quelques phrases utiles en espagnol, comme « No, gracias », « Está bien así » ou « No necesito ayuda », permet de refuser fermement mais poliment.
Sur le plan administratif et médical, une expatriation préparée inclut :
Pour un séjour en Argentine, il est impératif de disposer d’un visa ou titre de séjour valide obtenu auprès de Migraciones. Une assurance santé complète couvrant hospitalisation et évacuation est obligatoire. Les vaccins (hépatites, typhoïde, tétanos) doivent être à jour plusieurs semaines avant le départ. Prévoyez également une trousse médicale de base avec les ordonnances, en vérifiant la compatibilité des médicaments avec la réglementation locale.
Enfin, l’intégration dans la communauté locale et dans le réseau d’expats joue un rôle majeur. Les nombreux groupes Facebook (Living in Lima – Expat Support, Traveling and Living in Peru, Expats Cusco, Expats Arequipa…), les réseaux comme InterNations, les clubs de randonnée ou de gastronomie sont autant de lieux où l’on partage conseils de sécurité, adresses d’avocats, de médecins ou d’écoles, retours sur des agences ou des quartiers.
Conclusion : un pays fascinant, à aborder avec lucidité
La sécurité au Pérou n’est ni catastrophique ni idyllique. Elle est contrastée, dépendante des quartiers, des comportements individuels, des événements politiques du moment. De nombreux indicateurs montrent des améliorations réelles dans les zones touristiques et certains districts urbains, avec plus de patrouilles, de caméras, de contrôles.
Des milliers d’expatriés vivent sans problème majeur pendant des années, ne subissant parfois qu’un vol mineur. Cependant, certains rencontrent des difficultés, souvent en raison d’une surestimation du niveau de sécurité, d’une sous-estimation des risques d’arnaques ou d’un mauvais choix d’interlocuteurs.
Préparer son expatriation au Pérou, c’est accepter cette complexité : reconnaître les risques, se doter des bons outils (assurance, réseau, langue, information), adopter un style de vie discret et respectueux des codes locaux, et rester en veille sur l’évolution de la situation. En échange, le pays offre ce que peu d’endroits peuvent proposer : une diversité culturelle et naturelle vertigineuse, un coût de la vie raisonnable, une forte convivialité, et la possibilité, pour qui joue le jeu, de se construire une vie riche et sereine, en toute conscience.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Panama, Costa Rica, Pérou), la stratégie retenue a consisté à cibler le Pérou pour son coût de vie très inférieur à celui de la France (Lima ~40–50 % moins chère que Paris), son régime de résidence fiscale centré sur le critère de résidence et la source des revenus, et la possibilité de structurer ses revenus financiers en amont pour limiter la fiscalité locale. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un visa de résidence (rentista ou investisseur) avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), sécurisation de la convention fiscale FR–PE et mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, notaire, gestion locative).
Ce type d’accompagnement permet à ce futur retraité de réduire significativement sa charge fiscale sur ses pensions et placements, d’accéder à des opportunités immobilières et de diversification en Amérique latine, tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, risque de double imposition potentielle, adaptation culturelle et linguistique) et en alignant cette mobilité avec une stratégie globale de diversification patrimoniale et de préparation de la transmission.
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