Les démarches administratives pour vivre à Wallis et Futuna

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Wallis et Futuna, c’est s’installer au bout du monde sans quitter la République française. Ce territoire du Pacifique est à plus de 10 000 km de Paris, mais il applique le droit français, utilise le franc Pacifique (XPF) et offre santé et éducation gratuites. En revanche, l’isolement, l’absence d’impôts directs, un marché du travail minuscule et des règles douanières propres en font une destination à part, où un projet d’expatriation se prépare très en amont.

Bon à savoir :

Pour vivre à Wallis et Futuna, il faut anticiper plusieurs formalités : les conditions d’entrée sur le territoire, l’obtention d’un visa ou d’un permis de travail, l’organisation du déménagement et des importations. Il est également crucial de gérer les aspects pratiques liés à la santé, à la banque, à la scolarisation, au logement et à la fiscalité, ainsi que d’évaluer le coût réel de la vie sur place.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le statut du territoire et ses conséquences administratives

Avant de parler formulaires et visas, il est indispensable de comprendre où l’on pose les pieds. Wallis et Futuna est une collectivité d’outre‑mer (COM) depuis 2003, rattachée à la France mais dotée de règles propres en matière fiscale, sociale et coutumière. Le chef de l’État est le président de la République française, représenté par un administrateur supérieur basé à Mata‑Utu, capitale de l’île de Wallis.

Attention :

Le territoire est composé de deux archipels distants et de trois royaumes coutumiers (Uvéa, Alo, Sigave). Cette organisation traditionnelle coexiste avec l’administration française, impliquant des démarches à la préfecture (séjour, travail) et une forte influence coutumière et religieuse sur la vie quotidienne, l’accès à la terre et certaines fonctions publiques.

À cela s’ajoute une économie ultra‑dépendante de la métropole, sans impôts directs, financée par les subventions de l’État et par des droits de douane élevés. En clair : vivre à Wallis et Futuna, c’est bénéficier de services publics gratuits financés par la France, dans un micro‑marché de moins de 12 000 habitants, avec un coût de la vie supérieur de 30 à 40 % à celui de l’Hexagone.

Entrer à Wallis et Futuna : visas, conditions d’accès et séjour

Les règles d’entrée sur le territoire sont alignées sur celles de la France, mais avec des spécificités importantes : un visa pour Wallis et Futuna ne donne pas automatiquement accès à la métropole ou à l’espace Schengen, et inversement.

Français, Européens, autres nationalités : qui a besoin d’un visa ?

Les citoyens français sont dans la situation la plus simple : un passeport ou même une carte nationale d’identité suffit pour entrer et s’installer à durée illimitée. Aucun visa, aucune carte de séjour, aucun permis de travail spécifique n’est requis pour exercer une activité professionnelle.

Pour les ressortissants de l’Union européenne et de l’AELE, l’entrée se fait également librement avec une carte d’identité ou un passeport. Ils peuvent résider sans limite de durée, mais ne peuvent pas travailler sans avoir obtenu au préalable une autorisation de travail délivrée par la préfecture de Wallis et Futuna.

Astuce :

Pour les ressortissants de pays comme les États‑Unis, le Canada, l’Australie, le Japon, Singapour, le Brésil, l’Argentine, le Chili ou certains États du Pacifique, un séjour touristique ou d’affaires de 90 jours maximum sur six mois est possible sans visa. Pour un séjour dépassant cette durée, ou pour y travailler, étudier ou rejoindre un conjoint, un visa long séjour spécifique à Wallis et Futuna est obligatoire.

Les autres nationalités doivent, avant leur départ, déposer une demande de visa auprès de l’ambassade ou du consulat de France de leur pays de résidence, en précisant bien que la destination finale est Wallis et Futuna. Ce visa est distinct du visa Schengen classique, et n’autorise pas à séjourner en métropole.

Types de visas et pièces à fournir

Pour un projet d’installation, c’est généralement le visa long séjour qui est en jeu. Les autorités françaises distinguent deux grandes catégories : le court séjour (jusqu’à 90 jours) et le long séjour (plus de 90 jours). Dans les deux cas, les démarches passent par le portail France‑Visas ou directement par la représentation diplomatique française.

Bon à savoir :

Le dossier de demande de visa doit inclure un passeport valide (au moins 6 mois après la date de départ prévue), des photos d’identité standard, des justificatifs d’hébergement, une preuve de ressources financières suffisantes, une assurance santé couvrant hospitalisation et rapatriement, et pour les séjours professionnels ou d’études, les documents correspondants (contrat, lettre d’admission, etc.).

Les délais de traitement annoncés pour un visa long séjour oscillent entre deux et quatre semaines, mais il est prudent de s’y prendre bien plus tôt, surtout si un permis de travail doit être instruit en parallèle par la préfecture de Wallis et Futuna.

Séjour au‑delà de 90 jours : visa, carte de séjour ou statut automatique ?

Pour un citoyen français, la question ne se pose pas : l’installation est libre et aucun titre de séjour n’est exigé. Pour un ressortissant européen, la résidence est autorisée sans carte de séjour, mais l’accès au marché du travail requiert un permis.

Pour les autres nationalités, la logique reste celle du droit français : le visa de long séjour permet d’entrer et de s’établir ; au‑delà de sa durée initiale, la régularisation se fait sous forme de carte de séjour auprès de la préfecture du territoire. Les modalités sont alignées sur celles de la métropole, mais gérées localement.

Travailler à Wallis et Futuna : permis de travail, marché de l’emploi et salaires

Sur le papier, il suffit d’un permis de travail délivré par la préfecture pour exercer une activité salariée ou indépendante. Dans les faits, la donne est plus complexe : marché restreint, dominance du secteur public, procédures d’autorisation strictes et coût de la vie élevé.

Permis de travail : une autorisation obligatoire pour les non‑Français

Tous les étrangers non français qui souhaitent travailler, qu’ils soient salariés ou indépendants, doivent obtenir une autorisation de travail avant de débuter leur activité. Cette autorisation est instruite par les services de l’administrateur supérieur. L’employeur potentiel doit démontrer qu’il n’a pas trouvé de candidat local aux compétences équivalentes, ce qui est une clause explicitement appliquée afin de protéger l’emploi des résidents.

Le dossier de demande de permis de travail comprend classiquement : les documents requis, les formulaires remplis, la preuve d’identité, le contrat de travail, et toute autre information pertinente.

une copie certifiée conforme du passeport,

les copies certifiées des diplômes et qualifications,

– un extrait de casier judiciaire récent,

– un certificat médical (souvent accompagné d’une radiographie thoracique),

– des références écrites d’anciens employeurs,

– et le contrat de travail ou la promesse d’embauche.

Une fois le dossier complet reçu, le délai de traitement annoncé varie entre quatre et huit semaines. En pratique, les employeurs sérieux pré‑vérifient les documents par courriel avant de demander l’envoi des originaux par courrier express afin de limiter les allers‑retours.

Un marché du travail minuscule et très public

Statistiquement, le territoire compte environ 4 000 actifs. Près des deux tiers des emplois relèvent directement ou indirectement du secteur public : administration, enseignement, santé, collectivités, forces de l’ordre. Sur environ 2 065 salariés déclarés dans un recensement récent, plus de 60 % travaillent dans la sphère publique, auxquels s’ajoutent près de 400 fonctionnaires d’État en poste.

Le privé est réduit à quelques segments : commerce et distribution, construction, artisanat de production, petite restauration et hôtellerie, services divers. En 2022, à peine plus de 1 200 entreprises étaient enregistrées, dont un tiers tenues par des femmes, majoritairement des micro‑structures familiales.

40

Le taux de chômage dépasse 40 % pour les moins de 25 ans en Algérie.

Fonctionnaire détaché : statut, primes et vie sur place

Pour les agents publics métropolitains, un affectation à Wallis et Futuna s’accompagne d’avantages financiers qui pèsent lourd dans le calcul du projet. Le traitement indiciaire est multiplié par un coefficient 2,05, soit une majoration d’environ 105 %. À cela s’ajoute une indemnité d’éloignement versée sur deux ans, équivalente à neuf mois de salaire, ainsi que des bonifications familiales (10 % pour le conjoint, 5 % par enfant à charge). Les contrats standards durent deux ans, renouvelables une fois.

Ces conditions expliquent en partie pourquoi, malgré l’isolement et le coût de la vie élevé, Wallis et Futuna restent attractifs pour certains profils de la fonction publique, notamment l’Éducation nationale et la santé. Reste que le quotidien impose un fort degré d’autonomie : marché restreint, peu de structures culturelles, loisirs centrés sur la vie associative, sportive et religieuse.

Déménager à Wallis et Futuna : transport maritime, douanes et franchises

Venir vivre sur place suppose presque toujours un déménagement complet, que ce soit par conteneur ou par fret aérien. Là encore, le régime applicable est français, mais avec des taux de droits et de taxes spécifiques.

Organiser le transport : bateau, avion et compagnies

Il existe un service de porte-conteneurs desservant le territoire environ toutes les trois semaines. Pour un déménagement, le recours à un déménageur international ou à un transitaire est fortement recommandé, ne serait‑ce que pour la gestion des formalités douanières et des contraintes de calendrier.

Pour les envois par avion, il faut s’adresser à Aircalin (Air Calédonie International), unique compagnie desservant Wallis et Futuna. Elle assure les rotations depuis la Nouvelle‑Calédonie et opère aussi les petits avions entre Wallis et Futuna. Le fret aérien reste coûteux, mais peut se justifier pour une partie des effets personnels ou du matériel professionnel.

Franchise pour transfert de résidence : ce qui est exonéré… et ce qui ne l’est pas

Lorsque l’on transfère sa résidence principale à Wallis et Futuna, les effets personnels et le mobilier de maison peuvent, sous conditions, entrer en franchise de droits et taxes. Le principe est classique en droit douanier : il faut prouver que ces biens appartenaient déjà au ménage avant le départ, qu’ils étaient utilisés et qu’ils ne sont pas destinés à la revente.

Bon à savoir :

Les véhicules (voitures, motos, bateaux, aéronefs) sont exclus de la franchise et sont systématiquement soumis aux droits et taxes locaux. De même, les biens importés pour une activité professionnelle, tels que l’outillage, les machines ou les marchandises, sont également taxables.

Pour les importations professionnelles, les taux moyens annoncés sont les suivants :

Type de taxationTaux moyen appliqué
Taxe d’entrée sur le territoireEnviron 20 %
Droits de douaneEnviron 10 %
Redevance proportionnelle complémentaireEnviron 2 %

En pratique, cela signifie qu’un équipement professionnel importé pour 10 000 € de valeur douanière peut générer près de 3 000 € de charges fiscales à l’arrivée.

Déclarer ses biens à la douane : obligations et contrôles

Tous les biens arrivant sur le territoire doivent être déclarés au service des douanes. L’administration vérifie l’éligibilité à la franchise éventuelle (en cas de transfert de résidence) ou calcule les droits et taxes dus.

Attention :

Pour bénéficier de la franchise, vous devez fournir des justificatifs de domicile antérieur, des factures ou preuves d’achat, ainsi qu’une liste détaillée des biens importés. La douane peut procéder à une vérification physique des conteneurs ou palettes et exiger des documents supplémentaires.

Les biens introduits en franchise dans le cadre d’un déménagement sont soumis à une interdiction de revente, de prêt ou de mise en location pendant une période de 12 mois après leur admission. Un contrôle a posteriori et des redressements sont possibles en cas de non‑respect.

Importer plantes, animaux et denrées : la contrainte sanitaire

Autre particularité de Wallis et Futuna : la vigilance sur la protection de la biodiversité locale. Toute importation d’animaux vivants, de produits d’origine animale ou de végétaux est encadrée par des règles sanitaires strictes. Elles sont gérées par un service spécialisé, l’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire (BIVAP ou Service de l’Économie Rurale et de la Pêche selon les textes).

Avant d’envisager d’amener un animal de compagnie, des plantes ou des semences, il faut solliciter un permis d’importation, fournir un certificat vétérinaire ou phytosanitaire, respecter les schémas de vaccination (rage notamment) et, parfois, accepter une quarantaine à l’arrivée.

Ouvrir un compte bancaire et gérer l’argent au quotidien

Même si le franc Pacifique est indexé sur l’euro, la vie bancaire à Wallis et Futuna est extrêmement concentrée : une seule banque, très peu de distributeurs de billets, aucun autre établissement de crédit.

La Banque de Wallis et Futuna : un interlocuteur quasi unique

La Banque de Wallis et Futuna (BWF), filiale de BNP Paribas Nouvelle‑Calédonie, est la seule banque de détail du territoire. Elle dispose de son siège dans le centre commercial Fenuarama à Mata‑Utu et gère quelques distributeurs automatiques : deux sur Wallis (dont un à la poste) et un sur Futuna. Sur ce point, les données divergent légèrement, mais toutes confirment l’extrême rareté des DAB, ce qui impose de planifier ses retraits.

Bon à savoir :

Pour les résidents, ouvrir un compte local simplifie la gestion des salaires, des factures et des dépenses quotidiennes. Les cartes bancaires françaises sont utilisables en XPF (franc Pacifique) sans frais supplémentaires, grâce au taux de change fixe entre l’euro et le franc Pacifique, évitant ainsi tout frais de change ou majoration de cours lors des retraits.

Paiements, espèces et absence d’autres devises

Dans la vie courante, la plupart des commerces, hôtels et restaurants acceptent les cartes Visa et MasterCard, mais rarement les paiements en euros ou en dollars directement. Venir avec de grosses sommes en espèces dans une autre devise n’a donc qu’un intérêt limité. À l’inverse, il faut garder en tête les obligations douanières : tout port de valeurs égales ou supérieures à 10 000 € (ou l’équivalent en XPF) doit faire l’objet d’une déclaration à l’arrivée.

Santé et protection sociale : un système public gratuit, mais ciblé

C’est l’un des grands paradoxes de Wallis et Futuna : un territoire sans impôt sur le revenu, mais avec une santé intégralement gratuite pour ses résidents, financée par la solidarité nationale française.

Un système hospitalier public à 100 %

Toute l’offre de soins est regroupée au sein de l’Agence de Santé de Wallis et Futuna, établissement public qui emploie environ 200 professionnels. Il n’existe aucune pratique médicale privée.

Infrastructures de santé à Wallis

L’offre de soins sur le territoire est structurée autour de l’hôpital de Sia, équipé d’un plateau technique complet, et de trois dispensaires de district.

Hôpital de Sia

Concentre l’essentiel des moyens avec 42 lits, un bloc opératoire, une unité de soins intensifs et un service de maternité.

Plateau technique

Inclut les services de radiologie, scanner, échographie, mammographie, ainsi qu’un laboratoire et une pharmacie hospitalière.

Dispensaires de district

Trois établissements complètent le dispositif de soins sur l’ensemble du territoire.

Sur Futuna, l’hôpital Kaleveleve dispose d’une quinzaine de lits et assure les soins de première ligne : consultations, maternité limitée, soins d’urgence, imagerie de base. Les cas graves sont évacués vers Wallis.

Évacuations sanitaires et limites de la couverture

Dès que la pathologie dépasse les capacités locales (cardiologie lourde, cancérologie, chirurgie complexe, réanimation prolongée), les patients sont évacués vers Nouméa en Nouvelle‑Calédonie, voire vers l’Australie ou la France métropolitaine. Des accords existent avec différents établissements de référence, notamment l’hôpital territorial de Nouméa et plusieurs hôpitaux parisiens pour les évacuations vers la métropole.

Astuce :

Pour les résidents, les évacuations sanitaires et les soins médicaux associés sont pris en charge par le système public. Cependant, certains postes comme les prothèses dentaires, l’orthodontie ou les médicaments en vente libre ne sont pas couverts. Il est donc fortement conseillé aux futurs expatriés de régler leurs éventuels problèmes dentaires ou d’optique avant leur départ.

Côté administratif, il n’existe pas de cotisation maladie type Sécurité sociale métropolitaine. Les seuls prélèvements obligatoires sur les salaires sont des cotisations retraite (6 % à la charge du salarié, 14 % à la charge de l’employeur) et des contributions familiales pour les employeurs. Les prestations sont gérées par une caisse locale, la CPS de Wallis et Futuna.

École et études : un système français… sans université

Pour les familles, la scolarisation des enfants est un point crucial. Sur ce plan, Wallis et Futuna appliquent les programmes de l’Éducation nationale française, avec des spécificités religieuses et linguistiques.

École gratuite, programmes français, forte présence catholique

L’enseignement est gratuit de la maternelle au lycée. Le calendrier scolaire suit le rythme de l’hémisphère sud : rentrée vers la mi‑février, grandes vacances de mi‑décembre à mi‑février, afin de coïncider avec la saison chaude locale.

Exemple :

Les écoles primaires de Futuna, anciennement gérées sous contrat par la mission catholique avec une place centrale donnée au catéchisme et à la vie paroissiale, sont désormais sous la gestion du vice‑rectorat suite à une réforme récente. Cependant, l’empreinte religieuse catholique, omniprésente dans la vie sociale de l’île, reste très forte dans le quotidien scolaire.

Au secondaire, les collèges et lycées relèvent directement du vice‑rectorat de Wallis et Futuna. Les programmes, examens (brevet, baccalauréat) et modalités de passage sont alignés sur la métropole. Un avantage notable : le ratio élèves/enseignant est faible, autour de 10 pour 1, ce qui se traduit par des classes moins chargées.

Une offre limitée après le bac : l’expatriation des jeunes

Il n’existe aucune université ni grande école sur le territoire. Pour les études supérieures, les jeunes partent massivement en Nouvelle‑Calédonie, en Polynésie française ou en France métropolitaine. Un « campus connecté » s’est mis en place pour permettre à certains étudiants de suivre des formations à distance (BTS, licences) depuis Wallis ou Futuna, avec un tutorat local, mais cela reste limité en nombre de cursus.

Bon à savoir :

Pour les familles arrivant de métropole avec des adolescents en âge de passer le baccalauréat, il est crucial d’anticiper la suite. Après le lycée, deux options principales se présentent : soit le jeune quitte le territoire pour poursuivre ses études ailleurs en France, soit c’est l’ensemble de la famille qui doit envisager un retour.

Fiscalité : zéro impôt direct, forte pression indirecte

L’un des points qui attirent parfois les candidats à l’expatriation est l’absence quasi totale d’impôts directs sur le territoire. Mais cette attractivité fiscale a un revers : une fiscalité à l’importation lourde, qui renchérit le moindre produit non local.

Un paysage fiscal radicalement différent de la métropole

Sur le plan des personnes physiques comme des entreprises, il n’existe ni impôt sur le revenu, ni impôt sur les sociétés, ni TVA, ni CSG, ni CRDS, ni impôt sur la fortune. Les pensions, salaires et bénéfices ne sont donc pas taxés localement. Les salariés ne supportent qu’une cotisation retraite de 6 % ; côté employeur, la contribution totale atteint 20 % (retraite + prestations familiales), soit nettement moins que les charges sociales métropolitaines.

Bon à savoir :

Cette configuration fiscale empêche l’obtention d’une attestation de paiement d’impôt sur le revenu ou d’un avis d’imposition local. Pour justifier de vos ressources ou de votre situation fiscale auprès d’administrations étrangères ou de banques, vous devez fournir des documents alternatifs tels que des fiches de paie, des attestations employeur ou des justificatifs émis par votre caisse de retraite.

Des droits de douane comme principale ressource

L’essentiel des recettes de la collectivité (environ 2,5 milliards de XPF par an) provient de taxes indirectes, en particulier d’une taxe de 32 % sur les marchandises importées à titre commercial, complétée par des prélèvements spécifiques (droits de patente, taxes sur certains contrats d’assurance, sur les abonnements satellite, sur certaines opérations financières, etc.).

Bon à savoir :

Pour exercer une activité économique (commerce, restauration, artisanat, services), l’obtention d’une patente (licence d’exploitation) auprès de la chambre de commerce est obligatoire. Son coût comprend un forfait variable selon le secteur, auquel peuvent s’ajouter des surtaxes pour certains produits (comme l’alcool) et un prélèvement additionnel de 30% au profit de la chambre consulaire.

Le tableau ci‑dessous résume la logique fiscale :

Type d’impositionSituation à Wallis et Futuna
Impôt sur le revenu des personnesInexistant
Impôt sur les sociétésInexistant
TVAInexistante
CSG / CRDSInexistantes
Impôt sur la fortune immobilièreInexistant
Droits de douane sur importations proEnviron 32 % (taxe principale)
Cotisations salariales obligatoires6 % (retraite)
Cotisations patronales obligatoires20 % (retraite + prestations familiales)

Pour un expatrié, cela signifie une fiche de paie allégée, mais des prix en rayon souvent plus élevés qu’en métropole, surtout pour les produits importés (alimentaire, électroménager, électronique, textile).

Coût de la vie et budget : anticiper pour ne pas se tromper

La plupart des études de coût de la vie convergent : vivre à Wallis et Futuna coûte entre 30 et 40 % plus cher qu’en France métropolitaine, une fois intégrés le logement, l’alimentation, l’énergie et les transports. En contrepartie, le système de santé et l’école sont gratuits, et les salaires du secteur public sont fortement majorés.

Quelques ordres de grandeur

Pour un ménage s’installant sur le territoire, les grandes masses budgétaires mensuelles se présentent ainsi pour une famille de quatre personnes:

Poste de dépensesMontant moyen (XPF / mois)Équivalent approximatif en €
Loyer maison 3 chambres meublée100 000~ 835 €
Électricité + eau15 000~ 125 €
Internet + téléphone7 500~ 63 €
Carburant / transports25 000~ 210 €
Alimentation (courses, produits locaux + importés)140 000~ 1 170 €
Loisirs et divers20 000~ 167 €
Total approximatif307 500~ 2 575 €

Ces montants varient évidemment selon le niveau de confort, le nombre de véhicules par foyer, la consommation d’électricité (climatisation ou non) et le recours ou non à des loisirs payants. Ils donnent cependant une idée de l’échelle : un foyer de quatre personnes vit correctement avec 300 000 à 350 000 XPF par mois, hors voyages.

260000

Pour une personne seule, le coût de vie mensuel en Nouvelle-Calédonie, logement compris, est estimé à environ 260 000 francs pacifiques.

Logement : rareté de l’offre et prix

Le marché locatif est étroit, les transactions se font souvent par bouche‑à‑oreille ou via les réseaux de la fonction publique. Pour un logement standard, les loyers observés se situent entre 80 000 et 120 000 XPF par mois, avec une caution équivalente à un mois de loyer. Les fonctionnaires métropolitains peuvent, dans certains cas, bénéficier de logements de fonction ou de parc social, ce qui allège beaucoup le budget.

Bon à savoir :

L’achat d’un bien immobilier reste possible, mais le marché est peu liquide et la revente n’est jamais garantie. De plus, le foncier est souvent sous le contrôle des chefferies coutumières. C’est pourquoi la majorité des expatriés choisissent la location plutôt que l’acquisition.

Transport : voiture quasi obligatoire

Il n’existe ni bus urbain, ni taxi formel, ni transport collectif organisé entre les principaux villages. Sur les îles, se déplacer sans véhicule personnel est très compliqué en dehors de quelques trajets à pied. Acheter une voiture neuve sur place coûte cher : pas moins de 2 millions de XPF pour un modèle basique, du fait des droits de douane. D’où la recommandation fréquente de prévoir un budget d’installation de 25 000 à 35 000 USD (ou équivalent en euros), principalement pour l’achat d’un véhicule et l’achat initial d’équipement (électroménager, mobilier complémentaire, etc.).

Autres démarches pratiques : poste, télécoms, vie quotidienne

Au‑delà des grands dossiers que sont le visa, le travail, la douane ou le logement, s’installer durablement à Wallis et Futuna implique de composer avec des services publics et des infrastructures parfois rudimentaires, mais stables.

Poste et communications

Les services postaux et télécoms sont assurés par le Service des Postes et Télécommunications (SPT). Il n’y a pas de livraison de courrier à domicile : chacun loue ou se voit attribuer une boîte postale dans le bureau de poste de sa localité et vient y récupérer son courrier. Le SPT vend également les cartes SIM permettant de se connecter au réseau 4G local (Manuia) sur tout le territoire, avec des recharges vendues au guichet ou dans les commerces.

Bon à savoir :

Depuis 2018, Wallis-et-Futuna bénéficie d’une connexion internet à très haut débit grâce au câble sous-marin Tui Samoa. Cela permet aux professionnels mobiles (télétravailleurs, freelances) de travailler pour des clients à l’international. Cependant, la qualité de service peut varier et les abonnements restent chers par rapport au pouvoir d’achat local.

Contexte sécuritaire et social

Le niveau de criminalité est extrêmement bas. Les autorités décrivent un territoire pratiquement exempt de délinquance grave. La cohésion communautaire, la forte présence de l’Église catholique et le poids des structures coutumières contribuent à ce climat.

Bon à savoir :

La vie en communauté est très présente, avec une circulation rapide des rumeurs et peu d’anonymat. Pour une intégration réussie, surtout en couple ou en famille, il est essentiel de respecter les coutumes locales (participation aux cérémonies, respect des autorités traditionnelles, sens de l’hospitalité et des échanges de dons) et de maîtriser les démarches administratives.

Importer un animal de compagnie : un cas particulier à ne pas improviser

Beaucoup de familles envisagent d’emmener chien ou chat. À Wallis et Futuna, c’est possible, mais à condition de respecter à la lettre un dispositif sanitaire exigeant.

Bon à savoir :

Pour importer un animal, le propriétaire doit d’abord obtenir un formulaire d’autorisation auprès du service vétérinaire compétent. L’animal doit être identifié (par tatouage ou puce électronique), vacciné contre la rage et avoir réussi un test sérologique confirmant un titre immunitaire suffisant. Un certificat de bonne santé, délivré par un vétérinaire officiel moins de trois jours avant le départ, est également obligatoire.

Certaines catégories de chiens considérés comme dangereux en droit français sont prohibées d’importation. Enfin, selon le pays de provenance, une quarantaine d’un mois peut être imposée à l’arrivée. Compte tenu du coût et du stress pour l’animal, la décision d’emmener un compagnon doit être mûrement réfléchie.

Monter un projet professionnel ou entrepreneurial : aides et contraintes

Si la majorité des expatriés viennent comme salariés, quelques projets d’installation passent par la création d’activité : gîte, petite table d’hôtes, commerce, services à la personne, agriculture spécialisée… Là encore, les démarches administratives sont déterminantes.

Créer une activité : patente, douane et accompagnement

Toute activité lucrative nécessite l’obtention d’une patente. Il s’agit d’un droit fixe annuel, dont le montant dépend de la nature de l’activité (commerce, artisanat, services, etc.). S’y ajoutent, pour les commerçants, des droits sur les marchandises importées, de l’ordre de 2 % de la valeur en douane pour certaines catégories.

40 à 50

Pourcentage du financement possible pour un investissement productif dans le cadre d’aides territoriales.

Ces aides supposent un montage solide, un dossier détaillé et un échanges avec la chambre de commerce (CCIMA), qui joue un rôle de guichet d’information et d’accompagnement. La faible taille du marché, la dépendance aux importations et la fréquence des ruptures de stock obligent toutefois à une gestion très prudente de la trésorerie et des approvisionnements.

Avantages et contraintes d’une installation : comment arbitrer ?

Au moment de conclure un projet de vie à Wallis et Futuna, le tableau administratif et économique dressé plus haut permet de mesurer les forces et faiblesses de cette destination.

Parmi les atouts :

un statut pleinement français, avec un cadre légal familier pour les ressortissants de l’Hexagone ;

la gratuité complète des soins et de l’éducation jusqu’au lycée ;

– l’absence de toute fiscalité directe sur les revenus et les entreprises ;

– des salaires publics très majorés pour les fonctionnaires détachés ;

– un environnement naturel exceptionnel, un niveau de sécurité élevé et une vie communautaire forte.

Côté contraintes :

Attention :

L’installation dans ce territoire présente plusieurs difficultés importantes : un isolement géographique extrême avec des liaisons aériennes rares, un marché de l’emploi très étroit et principalement public, un coût de la vie élevé dû à des droits de douane importants, des infrastructures culturelles et de loisirs limitées, l’absence d’enseignement supérieur sur place obligeant les jeunes à partir, et des procédures douanières et sanitaires complexes pour les déménagements.

Sur le plan strictement administratif, vivre à Wallis et Futuna ne demande pas des démarches plus compliquées que d’autres destinations, mais exige d’anticiper beaucoup plus : visas et permis de travail pour les non‑Français, franchise de déménagement, importation éventuelle de véhicule ou d’animal, ouverture de compte local, inscription scolaire, sans oublier la vérification de sa couverture sociale éventuelle vis‑à‑vis de ses pays d’origine pour les expatriés non français.

Bon à savoir :

L’expatriation à Wallis et Futuna offre un cadre de vie unique, mélangeant la France républicaine, la Polynésie traditionnelle et un micro-État sans impôts directs. Pour réussir son projet, il est essentiel de maîtriser parfaitement ses démarches administratives.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier européen supérieur à un million d’euros, souhaite transférer sa résidence fiscale à Wallis et Futuna pour réduire sa charge imposable, diversifier ses investissements internationaux et garder un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement global (conseil fiscal, démarches administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans obligation de céder ses actifs existants.

Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, autres DOM‑COM), la stratégie retenue a été Wallis et Futuna, territoire français d’outre‑mer sans impôt sur le revenu local, avec coût de vie plus faible qu’en métropole et maintien du cadre juridique français. La mission comprend : audit pré‑expatriation (exit tax, risques de requalification de domicile fiscal), obtention du statut résident, organisation de la protection sociale (CPAM, couverture locale), transfert des comptes bancaires et contrats d’assurance, plan de rupture des liens fiscaux métropolitains (183 jours hors France métropolitaine, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, notaire coutumier, expert‑comptable) et restructuration patrimoniale pour optimiser fiscalité, transmission et investissements immobiliers dans la zone Pacifique.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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