S’installer à Wallis et Futuna avec son chien ou son chat ne s’improvise pas. Le territoire est officiellement indemne de rage, isolé au cœur du Pacifique, et ses autorités appliquent une politique sanitaire très stricte pour protéger un écosystème fragile. Résultat : pour votre animal, le voyage ressemble plus à un parcours d’obstacles de plusieurs mois qu’à un simple vol long-courrier.
L’importation d’un animal en Nouvelle-Calédonie nécessite une préparation rigoureuse incluant un protocole vétérinaire spécifique, une période de quarantaine, le remplissage de formulaires administratifs et la coordination avec les compagnies aériennes. Avec une bonne organisation et le respect d’un calendrier précis, ce projet est tout à fait réalisable.
Cet article propose un guide pratique, détaillé mais lisible, pour comprendre les démarches, anticiper les délais et limiter le stress pour vous comme pour votre compagnon.
Comprendre le contexte sanitaire et géographique
Avant de plonger dans les formalités, il est utile de saisir le pourquoi de ces exigences.
Wallis et Futuna est une collectivité française du Pacifique Sud composée de deux grands ensembles insulaires, Wallis (Uvea) et Futuna, auxquels s’ajoute l’île inhabitée d’Alofi. Le tout abrite à peine plus de 12 000 habitants, répartis majoritairement sur Wallis, avec une vie très marquée par la culture polynésienne et un catholicisme omniprésent.
Le territoire présente plusieurs caractéristiques qui expliquent la sévérité des règles d’importation d’animaux :
La Nouvelle-Calédonie est officiellement indemne de rage, au même titre que la Polynésie française, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie. L’importation de maladies animales aurait un impact majeur sur sa population réduite, ses élevages villageois et sa faune déjà fragilisée. Le système vétérinaire local étant limité, de nombreuses pathologies graves nécessiteraient des évacuations sanitaires vers d’autres territoires.
Un rapport vétérinaire mené à la fin des années 1990 montre par exemple que le territoire ne connaît aucune maladie de la liste A de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), c’est-à-dire les épizooties les plus graves. La rage n’a jamais été signalée et est considérée comme absente. En revanche, certaines maladies circulent déjà chez les animaux locaux, comme la leptospirose chez le porc ou l’ehrlichiose canine transmise par une tique (Rhipicephalus sanguineus).
Dans ce contexte, chaque arrivée d’animal de compagnie est analysée comme un risque qu’il faut maîtriser au maximum. D’où un protocole lourd, pensé pour filtrer toute introduction de maladie.
Un calendrier à long terme : pourquoi il faut s’y prendre au moins 5 mois avant
La première chose à intégrer est le temps. D’après les services vétérinaires, il faut compter au minimum cinq mois entre le début des démarches et l’arrivée effective de votre animal à Wallis et Futuna.
Cette durée s’explique par plusieurs séquences incontournables :
Pour exporter un animal vers la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna, plusieurs étapes sanitaires et administratives sont obligatoires. Assurez-vous de : mettre à jour l’identification et les vaccinations de l’animal ; respecter scrupuleusement les délais requis entre la vaccination antirabique et le test sérologique de titrage des anticorps ; effectuer les multiples traitements antiparasitaires nécessaires, espacés dans le temps. Du point de vue administratif, il faut obtenir un permis d’importation spécifique pour la Nouvelle-Calédonie, puis un nouveau permis et un certificat sanitaire spécifique pour Wallis-et-Futuna. L’animal devra également subir une quarantaine obligatoire de 10 jours à Nouméa (Païta) en Nouvelle-Calédonie. Enfin, une organisation logistique minutieuse est requise pour les vols et les cages de transport adaptées.
Cette chronologie n’est pas négociable : les autorités de Nouvelle-Calédonie comme celles de Wallis et Futuna peuvent refuser l’entrée à un animal qui ne respecte pas un seul des nombreux points du protocole, le renvoyer vers le pays de départ ou imposer des mesures à vos frais, voire dans les cas extrêmes une euthanasie.
Autrement dit, fixer une date de départ pour votre animal sans s’être assuré de la faisabilité réglementaire est le meilleur moyen de se retrouver bloqué.
Le tableau suivant permet de visualiser la logique générale du calendrier.
| Étape majeure | Période indicative avant le départ final vers Wallis et Futuna |
|---|---|
| Identification, primo-rage, vaccins de base | J – 5 à 6 mois |
| Test sérologique antirabique (titrage) | J – 4 à 5 mois |
| Demande du permis d’import NC + réservation quarantaine | J – 4 mois |
| 1er traitement antiparasitaire (interne/externe) | Entre J – 30 et J – 25 avant vol vers Nouméa |
| Bilans et dépistages spécifiques chiens | Dans la même fenêtre J – 30 |
| 2e traitement antiparasitaire + certificat import NC | Entre J – 4 et J – 1 avant vol vers Nouméa |
| Quarantaine à Païta (Nouméa) | 10 jours après arrivée en NC |
| Demande du permis d’import Wallis et Futuna | Pendant la quarantaine |
| Traitements finaux + Certificat A & B | J – 3 à J – 1 avant vol Nouméa → Wallis |
Ces délais peuvent varier légèrement en fonction de votre pays d’origine ou de la disponibilité des vétérinaires, mais l’ordre des opérations reste, lui, incompressible.
Étape 1 : préparer son animal dans le pays de départ
Même si la phase la plus visible se joue en Nouvelle-Calédonie, c’est dès votre pays de résidence que tout commence. Là encore, il faut distinguer deux types de contraintes : l’identification et les vaccinations d’un côté, les formalités administratives de l’autre.
Identification : microchip ou tatouage ?
Pour la Nouvelle-Calédonie, qui constitue la porte d’entrée obligatoire avant Wallis et Futuna, la puce électronique n’est pas juridiquement imposée : un tatouage lisible est accepté. Toutefois, de nombreux pays d’origine (Union européenne, Royaume-Uni, Canada, Australie, etc.) exigent eux-mêmes une identification électronique normalisée, en général un transpondeur ISO 11784/11785 à 15 chiffres.
Dans les faits, la solution la plus sécurisante consiste donc à faire implanter une puce électronique si ce n’est pas déjà fait. Le numéro devra figurer sur tous les documents (certificats de vaccination, résultats de titrage, certificat sanitaire).
Le tatouage, lorsqu’il est encore accepté, doit être parfaitement lisible et correspondre aux documents vétérinaires. Pour les voyages complexes, il est fortement recommandé par de nombreuses autorités d’utiliser une puce électronique conforme à la norme ISO, qui constitue la méthode d’identification la plus harmonisée et fiable.
Vaccins obligatoires pour chiens et chats
Les exigences vaccinales se calquent sur celles de la Nouvelle-Calédonie, qui applique un protocole complet pour les carnivores domestiques.
Pour les chiens, les vaccins requis sont les suivants :
| Espèce | Vaccinations exigées |
|---|---|
| Chien | Rage, Maladie de Carré, Hépatite de Rubarth, Parvovirose, Parainfluenza, Bordetella bronchiseptica |
Pour les chats, le protocole est tout aussi dense :
| Espèce | Vaccinations exigées |
|---|---|
| Chat | Rage, Coryza (Calicivirus + Rhinotrachéite virale), Panleucopénie infectieuse, Chlamydia |
Ces injections doivent être pratiquées dans des délais précis avant l’entrée en Nouvelle-Calédonie, puis vérifiées au moment du départ vers Wallis et Futuna. Les autorités insistent aussi sur la nécessité de vaccins non périmés pendant les semaines qui suivent l’arrivée.
Titrage antirabique : un point clé
Même si Wallis et Futuna et la Nouvelle-Calédonie sont classées indemnes de rage, la plupart des animaux importés viennent de pays où le virus est présent ou a circulé. Pour limiter tout risque, un test de titrage des anticorps antirabiques est imposé.
Le principe est simple : au moins 30 jours après la vaccination antirabique, un prélèvement sanguin est envoyé dans un laboratoire agréé qui mesure le niveau d’anticorps neutralisants. Le résultat doit :
Pour être accepté, le test PCR doit présenter un résultat supérieur au seuil fixé par les autorités et avoir été réalisé entre 3 mois et moins d’un an avant le transport vers la Nouvelle-Calédonie.
Ce test conditionne l’obtention du permis d’importation. S’il n’est pas conforme, il faudra revacciner et recommencer, ce qui explique que l’on insiste tant sur l’anticipation.
Dépistages spécifiques pour les chiens
En plus de ces exigences communes aux chiens et chats, les chiens doivent subir une batterie de tests de dépistage supplémentaires dans les 30 jours précédant le vol vers Nouméa. Sont notamment recherchées :
– L’ehrlichiose canine.
– La brucellose canine.
– La leptospirose (si l’animal n’est pas vacciné contre cette maladie).
– La leishmaniose.
– Les babésioses (Babesia canis et Babesia gibsoni).
Ces analyses reflètent les préoccupations du territoire : on sait par exemple qu’une forme d’ehrlichiose circule déjà chez les chiens à Wallis. Importer un animal porteur d’autres agents pathogènes viendrait encore complexifier un paysage sanitaire déjà sensible.
Traitements antiparasitaires : une double séquence
La lutte contre les parasites internes et externes est un autre pilier du dispositif. Deux vagues de traitements sont imposées avant l’arrivée en Nouvelle-Calédonie :
Pour voyager avec votre animal, deux séries de traitements antiparasitaires sont nécessaires. La première administration (vermifuge et anti-puces/tiques) doit être effectuée dans les 30 jours avant le vol. Une seconde série de traitements identiques doit être réalisée dans les 4 jours précédant le départ.
Ces traitements doivent être consignés sur le certificat vétérinaire d’importation, avec le nom commercial, la molécule utilisée et la date précise d’administration.
Le certificat vétérinaire pour la Nouvelle-Calédonie
Toutes ces démarches se cristallisent dans un document : le « Certificat vétérinaire d’importation » pour la Nouvelle-Calédonie. Il est :
– Rédigé par votre vétérinaire habituel, qui y reporte vaccinations, tests, traitements et examen clinique.
– Puis validé par l’autorité vétérinaire officielle de votre pays (par exemple la DDPP en France, ou l’équivalent dans d’autres États).
Ce certificat doit être finalisé dans les 4 jours précédant le vol vers Nouméa. Il sera contrôlé à l’arrivée et servira de sésame pour l’entrée en quarantaine.
Étape 2 : obtenir le permis d’importation et organiser la quarantaine en Nouvelle-Calédonie
L’entrée à Wallis et Futuna n’est pas possible directement depuis l’étranger. Tous les animaux doivent d’abord transiter par la Nouvelle-Calédonie, y accomplir une quarantaine et respecter les règles de ce territoire.
Le permis d’importation de la Nouvelle-Calédonie
Avant même de parler de billet d’avion, il faut obtenir un permis d’importation délivré par les services vétérinaires de Nouvelle-Calédonie, le DAVAR-SIVAP (Département des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales / Service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire).
Les coordonnées utiles sont :
| Organisme | Coordonnées principales |
|---|---|
| DAVAR / SIVAP (Nouméa) | 2 rue Russeil – Port Autonome, BP 256 – 98845 – Nouméa Cedex |
| Tél. : (+687) 24 37 45 – E-mail : davar.sivap@gouv.nc |
Ce permis d’importation récapitule l’autorisation de faire entrer votre animal sur le territoire calédonien, sous réserve de respecter le protocole sanitaire (vaccins, titrage, tests, traitements).
Quarantaine obligatoire : 10 jours à Païta
Une quarantaine de 10 jours dans une structure spécifique est systématiquement imposée, même si tous les papiers sont en règle.
Cette quarantaine se déroule dans l’établissement suivant :
| Structure de quarantaine | Coordonnées |
|---|---|
| Quarantaine animale Jean VERGÈS (Païta) | Lot n°37 du lotissement KSI – Païta, Nouvelle-Calédonie |
| Tél. : (+687) 41.25.36 | Fax : (+687) 41.65.82 |
L’objectif de ces 10 jours est double :
– Observer l’animal pour confirmer l’absence de maladie clinique.
– Maintenir un sas sanitaire entre le pays d’origine et la Nouvelle-Calédonie, puis Wallis et Futuna.
La réservation de la quarantaine doit être effectuée en même temps que la demande de permis d’importation, car le nombre de places est limité.
Le rôle du vétérinaire le jour du départ
Le jour du départ vers Nouméa, un vétérinaire habilité doit :
– Vérifier une dernière fois l’état clinique de l’animal.
– Placer l’animal dans une cage de transport conforme aux normes IATA (dimensions adaptées, aération, solidité).
– Sceller cette cage par un plombage officiel, dont le numéro est inscrit sur le certificat vétérinaire.
Ce scellé garantit qu’aucune manipulation à risque n’a eu lieu durant le trajet.
Étape 3 : préparer l’entrée à Wallis et Futuna pendant la quarantaine
Pendant que votre animal termine son séjour à Païta, vous devez lancer la deuxième grande séquence administrative : l’autorisation d’entrée sur le territoire de Wallis et Futuna.
Le permis d’importation de Wallis et Futuna (BIVAP/SIVAP)
Pour pouvoir embarquer sur un vol Nouméa – Wallis, votre animal doit être couvert par un permis d’importation spécifique à Wallis et Futuna. Ce document est délivré par les services vétérinaires locaux, souvent regroupés sous l’intitulé BIVAP/SIVAP (Inspection vétérinaire, de la sécurité alimentaire et phytosanitaire).
La demande se fait par l’envoi d’un formulaire à l’adresse suivante :
– E-mail : bivap@agripeche.wf
Le formulaire (version 06/09/2019) réclame un grand nombre de renseignements, notamment :
Liste complète des éléments nécessaires à la constitution du dossier d’exportation d’un animal vers Wallis et Futuna.
Coordonnées complètes du propriétaire de l’animal.
Espèce, nom, race, sexe, date de naissance, numéro de puce ou tatouage, couleur et particularités.
Coordonnées de l’exportateur et du destinataire final à Wallis et Futuna.
Compagnie, numéro de vol, date et heure d’arrivée prévues.
Coordonnées de la personne de contact locale sur le territoire de Wallis et Futuna.
Trois types de justificatifs doivent impérativement être joints :
– Une attestation d’identification (copie du passeport ou fiche d’identification).
– Les preuves de vaccination sur les trois dernières années pour les animaux de plus de 3 ans.
– Une copie du permis d’importation obtenu pour la Nouvelle-Calédonie, si l’animal y a effectué sa quarantaine.
Ce permis est spécifiquement valable pour les mouvements d’animaux dont l’origine est la Nouvelle-Calédonie (animaux y résidant ou sortant de quarantaine). Pour toute autre situation, il est impératif de contacter directement le BIVAP pour l’étude d’un cas particulier.
Les autorités indiquent que le délai de traitement est très court une fois le dossier complet, ce qui permet d’ajuster la date de sortie de quarantaine et le vol vers Wallis.
Un certificat sanitaire spécifique en deux parties : A et B
Au-delà du permis, Wallis et Futuna exigent un certificat sanitaire taillé sur mesure pour le territoire. Il se présente en deux volets :
– La partie A, remplie par un vétérinaire local (privé) en Nouvelle-Calédonie.
– La partie B, complétée et signée par un vétérinaire officiel du DAVAR.
Ce certificat atteste que l’animal, déjà passé par la quarantaine, remplit également les dernières conditions imposées juste avant son arrivée sur l’archipel.
Étape 4 : traitements finaux et certificat pour le vol Nouméa → Wallis
Dans les trois jours précédant le vol Nouméa – Wallis, une dernière série de mesures sanitaires est obligatoire. Elle complète les exigences déjà respectées pour la Nouvelle-Calédonie.
Les traitements antiparasitaires de « sortie »
Le vétérinaire calédonien qui remplit la partie A du certificat pour Wallis et Futuna doit administrer trois types de traitements :
– Un traitement cestodicide (contre les vers plats de type ténia).
– Un traitement nématicide (contre les vers ronds).
– Un traitement antiparasitaire externe (contre les puces, tiques et autres parasites cutanés).
Cette étape est cruciale pour lutter contre les parasites internes et externes, qui constituent un problème majeur dans les élevages locaux, particulièrement chez les porcs et la volaille.
Toutes ces interventions, avec les noms des produits et les dates, sont consignées sur la partie A du certificat. Le vétérinaire atteste également de l’état clinique satisfaisant de l’animal.
Validation officielle par le DAVAR : partie B
Une fois la partie A complétée, le dossier doit être présenté à un vétérinaire officiel du DAVAR, qui :
– Vérifie la cohérence des informations (permis d’import, quarantaine, certificats antérieurs, traitements).
– Remplit et signe la partie B du certificat.
Ce visa officiel donne sa pleine valeur réglementaire au document et conditionne l’autorisation d’embarquement vers Wallis.
Règles de transport aérien et choix des compagnies
Une fois toutes les autorisations en poche, reste à faire voler votre animal jusqu’à bon port. Là encore, il faut composer avec des règles spécifiques.
Les compagnies vers Wallis et Futuna
L’accès aérien à Wallis et Futuna est très limité :
– La seule compagnie qui assure des liaisons internationales est Aircalin (Air Calédonie International), depuis Nouméa (et parfois via Nadi aux Fidji).
– Des vols inter-îles entre Wallis et Futuna sont également opérés, mais sur de petits appareils (Twin Otter), avec des restrictions fortes pour le transport d’animaux.
Sur le tronçon Nouméa – Wallis, les animaux voyagent généralement en soute, dans des caisses homologuées IATA. Les modalités exactes (poids maximal, réservation de fret, prise en charge en cargo prioritaire) sont à vérifier directement auprès d’Aircalin et éventuellement de ses partenaires régionaux (Air Tahiti, Air Moana dans d’autres archipels du Pacifique).
Exigences générales pour la caisse de transport
Quel que soit le transporteur, les règles internationales IATA servent de référence. La caisse doit notamment :
Une cage de transport conforme doit permettre à l’animal de se tenir debout, se retourner et s’allonger confortablement. Elle doit être suffisamment solide, ventilée sur plusieurs faces et équipée d’une porte sécurisée. Enfin, elle doit être étiquetée avec les coordonnées complètes de l’expéditeur, du destinataire et un contact joignable 24h/24.
Pour certains transporteurs régionaux, un poids maximal caisse + animal est imposé. Par exemple, sur certains réseaux insulaires, un animal dont la caisse dépasse 32 à 40 kg doit être pris en charge en fret cargo avec des formalités spécifiques.
Conditions d’embarquement : animaux, âge, femelles gestantes
Les compagnies aériennes de la région appliquent des règles de bon sens vétérinaire :
Pour voyager en avion, l’animal doit souvent avoir au moins un mois en cabine sur les vols régionaux (plus pour les longs-courriers). Les femelles ayant mis bas dans les 48h précédant le vol sont généralement refusées, et les femelles gestantes peuvent l’être aussi sans certificat vétérinaire attestant l’absence de risque. De plus, le transport de certains animaux protégés par la convention de Washington (CITES) est interdit sur certaines lignes.
En pratique, pour un projet d’expatriation vers Wallis et Futuna, il est fortement déconseillé d’envisager le voyage d’une chienne en fin de gestation ou d’une portée de très jeunes chiots ou chatons.
Cabine, soute ou fret : ce qu’il faut savoir
Sur les longs itinéraires jusqu’à Nouméa, les animaux voyagent quasi systématiquement en soute, en tant que « fret vivant » (live animals) selon la terminologie IATA. Sur certains tronçons inter-îles, des chiens ou chats de petit gabarit peuvent parfois être acceptés en cabine, mais :
– Le nombre d’animaux par passager est limité (souvent un seul).
– Le poids maximal animal + sac ou caisse de cabine est généralement fixé à 8 kg.
– Les animaux doivent rester dans leur contenant pendant toute la durée du vol.
Les compagnies se réservent la possibilité de rediriger un animal perturbateur en soute ou de refuser l’embarquement en cas de doute sur sa santé.
Chiens catégorisés et espèces interdites : ce qui ne passe pas
Autre point crucial : tous les chiens ne sont pas autorisés à entrer à Wallis et Futuna.
Le territoire applique la réglementation française sur les chiens dits « dangereux ». Les chiens classés en catégories 1 et 2 sont interdits d’importation. Cela inclut :
– Les chiens de type pitbull (Staffordshire terrier non LOF), boerbull (mastiff non LOF) et tosa non inscrits à un livre généalogique (catégorie 1).
– Certaines races dites de garde et de défense comme l’American Staffordshire terrier, le Rottweiler, le Tosa, ainsi que les chiens morphologiquement assimilables au Rottweiler (catégorie 2).
Avant toute démarche d’importation, il est impératif de vérifier la classification officielle de votre chien via les ressources du ministère français de l’Agriculture. Les chiens appartenant aux catégories dites dangereuses ne pourront pas obtenir de permis d’importation.
Par ailleurs, certains types d’animaux (hybrides loup, chats de races hybrides peu éloignées du sauvage comme certains Bengal ou Savannah) sont fréquemment exclus dans les schémas d’importation des pays et territoires indemnes de rage. Là encore, un échange préalable avec les services vétérinaires est indispensable.
Faut-il faire appel à un transporteur spécialisé ?
Au vu de la complexité de la procédure, de nombreux expatriés choisissent de déléguer une partie ou la totalité des démarches à un professionnel du transport animalier.
Ce que proposent les transporteurs d’animaux
Des sociétés spécialisées telles qu’Air Transport Animal proposent différents niveaux de service :
– Formule « Eco » : aide ciblée sur certains volets administratifs ou logistiques.
– Formules « Easy » et « Easy+ » : prise en charge plus large des documents, des réservations de vols et des interactions avec les vétérinaires officiels.
– Formule « Premium » : accompagnement sur-mesure où le propriétaire choisit précisément quelles tâches déléguer (gestion des permis, quarantaine, formalités de douane, acheminement porte-à-porte).
– Formule « EuroNational » : adaptée aux trajets internes à certaines zones géographiques.
Certaines entreprises, membres d’associations professionnelles comme l’IPATA, possèdent une expertise précieuse pour gérer les itinéraires complexes et les correspondances impliquant plusieurs juridictions sanitaires.
Avantages et limites
Le recours à un transporteur spécialisé ne vous dispense pas de fournir tous les documents nécessaires ni de respecter les délais. En revanche, il :
– Réduit le risque d’erreur de calendrier.
– Permet de bénéficier de relations établies avec les services vétérinaires et les compagnies aériennes.
– Allège la charge mentale en centralisant les échanges.
En contrepartie, le coût peut être conséquent, surtout si l’on opte pour du porte-à-porte. Il faut donc l’intégrer dans le budget global de l’expatriation, au même titre que le fret maritime de vos biens ou le billet d’avion de la famille.
Arrivée à Wallis et Futuna : à quoi s’attendre pour votre animal
Une fois ces étapes franchies, votre compagnon pose enfin la patte à Wallis. Que se passe-t-il alors et quelles réalités quotidiennes devez-vous prendre en compte ?
Contrôle à l’arrivée
À l’atterrissage, votre animal et ses documents sont présentés aux autorités compétentes. Tous les papiers (permis d’import NC, permis Wallis et Futuna, certificats vétérinaires, résultats de laboratoire, preuves de quarantaine, certificat A et B) doivent être accessibles et cohérents.
Les douanes locales exigent par ailleurs que les voyageurs ayant des marchandises à déclarer (y compris des animaux) utilisent la voie « à déclarer » à l’arrivée.
Pays indemne de rage, mais pas indemne de tout
Vivre à Wallis et Futuna avec un animal de compagnie, c’est profiter d’un environnement sans rage, ce qui est un véritable atout. Mais cela ne signifie pas une absence totale de risque sanitaire.
Les études vétérinaires menées sur place montrent que :
Certaines tiques (Rhipicephalus sanguineus) et l’ehrlichiose canine sont présentes. Les parasites internes jouent un rôle majeur dans la santé des animaux d’élevage, et rien n’indique que les chiens et chats soient totalement épargnés. D’autres agents pathogènes, comme le parvovirus canin ou les leptospires chez les porcs, existent également dans l’environnement.
Concrètement, il est judicieux de :
– Poursuivre des traitements antiparasitaires réguliers, adaptés au contexte tropical (chaleur, humidité, vecteurs insectes).
– Maintenir les vaccinations à jour, même pour des maladies déjà rencontrées sur le territoire, afin de réduire le risque d’infection.
– Se renseigner sur les possibilités de consultation vétérinaire, qui peuvent être limitées et parfois assurées par des services publics plus tournés vers l’élevage que vers les animaux de compagnie.
Vie quotidienne : climat, isolement et logistique
Pour votre animal comme pour vous, le cadre de vie est très différent de celui d’une grande ville métropolitaine :
Le climat est tropical avec une température constante d’environ 27°C et une humidité élevée (80-85%) toute l’année. La saison chaude et pluvieuse de novembre à avril peut être difficile pour un chien. Les déplacements se font presque exclusivement en voiture, car il n’existe pas de réseau formel de bus, taxis ou transports publics. L’accès à certaines ressources comme des aliments spécifiques pour animaux ou des soins vétérinaires spécialisés est limité ; il est souvent nécessaire de les anticiper en commandant depuis la Nouvelle-Calédonie ou la métropole, en tenant compte des liaisons maritimes et aériennes peu fréquentes.
Il faut donc réfléchir à la capacité de votre animal à supporter la chaleur, l’humidité et un mode de vie plutôt en extérieur, avec une attention accrue aux parasites (tiques, puces, moustiques).
Préparer aussi le retour éventuel vers la France ou l’Union européenne
Un point souvent oublié : ce qui est vrai pour l’aller l’est aussi pour le retour. Si vous envisagez à moyen terme de rentrer en métropole ou dans un autre pays de l’UE, il est prudent d’anticiper les exigences à la sortie de Wallis et Futuna.
Bonne nouvelle : le territoire figure sur la liste des « pays tiers » considérés comme présumés indemnes de rage par l’Union européenne. Cela signifie qu’un retour vers l’UE est simplifié, notamment sur le plan du titrage antirabique.
Il vous faudra néanmoins :
– Un certificat de santé délivré par un vétérinaire officiel moins de 10 jours avant l’entrée dans l’UE.
– Une identification (puce conforme) et une vaccination antirabique en règle.
– Le respect éventuel de traitements antiparasitaires (par exemple traitement contre le ténia pour les chiens entrant dans certains pays européens).
Comme toujours, la clé est d’anticiper ces aspects en amont, idéalement dès l’installation, pour ne pas devoir tout reconstruire dans l’urgence au moment du départ.
Conseils pratiques pour un projet d’expatriation avec animal à Wallis et Futuna
À ce stade, la complexité de la procédure ne fait plus de doute. Pour la rendre plus gérable, quelques grandes lignes pratiques peuvent servir de fil rouge.
Se doter d’un rétroplanning précis
Dès que l’idée d’expatriation se précise, il est utile de bâtir un calendrier en remontant à partir de la date d’arrivée souhaitée de votre animal à Wallis. Il faudra y intégrer :
– Les délais imposés par la vaccination antirabique et le titrage.
– Le temps de traitement du permis d’import Nouvelle-Calédonie.
– La durée incompressible de 10 jours de quarantaine.
– La marge nécessaire pour obtenir le permis Wallis et Futuna et faire signer les certificats A et B.
– La disponibilité des vols Nouméa – Wallis.
Il est essentiel de communiquer votre rétroplanning établi pour le voyage à deux destinataires clés : votre vétérinaire traitant et, le cas échéant, le transporteur spécialisé que vous aurez sélectionné. Cela permet d’assurer une coordination optimale et le respect de toutes les exigences sanitaires et logistiques.
Communiquer tôt avec les autorités vétérinaires
Un contact précoce avec :
– Le DAVAR-SIVAP en Nouvelle-Calédonie pour vérifier que vous partez d’un pays éligible, connaître les versions à jour des formulaires et les coordonnées de la quarantaine.
– Le BIVAP/SIVAP de Wallis et Futuna pour clarifier les éventuelles spécificités (par exemple si votre animal vient d’un pays moins courant ou s’il présente un profil particulier).
Les coordonnées essentielles sont rappelées ci-dessous :
| Service | Rôle principal | Contact |
|---|---|---|
| DAVAR / SIVAP (Nouméa) | Import NC, quarantaine, certificat B | davar.sivap@gouv.nc – (+687) 24 37 45 |
| Quarantaine Jean VERGÈS | Accueil des animaux à Païta (10 jours) | (+687) 41.25.36 – Fax : (+687) 41.65.82 |
| BIVAP/SIVAP (Wallis & Futuna) | Permis d’import vers Wallis et Futuna | bivap@agripeche.wf |
Choisir soigneusement son vétérinaire référent
Votre vétérinaire de départ joue un rôle central : il pilote vaccinations, titrage, dépistages, traitements antiparasitaires et remplit le certificat d’importation. Idéalement, il devrait :
L’exemple concerne un professionnel habitué à gérer des dossiers d’exportation vers des pays soumis à de stricts contrôles sanitaires. Il est capable de dialoguer avec les autorités vétérinaires officielles, comme la DDPP en France ou l’USDA aux États-Unis, pour obtenir les signatures finales nécessaires. De plus, il comprend les contraintes spécifiques liées à l’environnement de destination, tel qu’un climat tropical humide, ce qui lui permet d’adapter les conseils préventifs sur le parasitisme, la gestion de la chaleur et l’hydratation de l’animal.
Penser au bien-être de l’animal pendant le voyage
Au-delà de la paperasse, le voyage en lui-même comporte plusieurs segments : long trajet jusqu’à Nouméa (parfois via plusieurs escales), quarantaine, puis vol régional vers Wallis. Pour limiter le stress :
– Habituez l’animal à sa caisse plusieurs semaines à l’avance, en l’utilisant comme panier ou refuge.
– Demandez conseil à votre vétérinaire sur l’opportunité ou non d’utiliser des calmants légers (certains sédatifs sont déconseillés en avion).
– Prévoyez une alimentation et une hydratation adaptées, en concertation avec le personnel de quarantaine.
– Évitez autant que possible les itinéraires avec de longues escales dans des aéroports de pays à risque sanitaire supplémentaire.
En conclusion : une expatriation possible, mais qui se mérite
Faire venir son chien ou son chat à Wallis et Futuna est un projet exigeant. Il demande :
– De la rigueur, pour suivre un protocole vétérinaire très précis.
– Du temps, avec un horizon de préparation d’au moins cinq mois.
– De la coordination, entre plusieurs services vétérinaires (pays d’origine, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna), des compagnies aériennes et éventuellement un transporteur spécialisé.
En échange de votre engagement, vous bénéficierez d’un cadre de vie exceptionnel : lagon, climat doux toute l’année, très faible insécurité, rythme de vie insulaire et communauté soudée. Il est toutefois essentiel d’accepter que, dans cette région isolée du Pacifique, la protection de la santé animale et de la biodiversité nécessite une vigilance extrême pour chaque nouvel arrivant.
Pour transformer ce parcours en réussite, la meilleure stratégie reste de démarrer tôt, de documenter chaque étape et de ne jamais hésiter à solliciter directement les services vétérinaires compétents. C’est à ce prix que votre animal pourra, lui aussi, devenir résident de Wallis et Futuna dans les règles de l’art.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Wallis et Futuna, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Wallis et Futuna, territoire français d’outre‑mer sans impôt sur le revenu local, permettant une forte réduction de la fiscalité globale tout en restant dans l’écosystème juridique français (droit civil, sécurité sociale, langue). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions applicables), obtention du statut de résident à Wallis et Futuna, adaptation de la couverture sociale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux métropolitains (durée de séjour, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, notaire coutumier, interlocuteurs bilingues) et intégration patrimoniale internationale (immobilier, transmission, placements).
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