Vivre dans les États fédérés de Micronésie (FSM) fait rêver : lagons tropicaux, petite population d’un peu plus de 110 000 habitants, quatre États principaux – Yap, Chuuk, Pohnpei et Kosrae – et un mode de vie communautaire encore très traditionnel. Mais derrière la carte postale, s’installer durablement implique de maîtriser un labyrinthe de formalités : visas, permis de séjour, importation de biens, fiscalité, santé, banque…
Ce guide fournit une vue d’ensemble structurée et pratique des démarches, en s’appuyant strictement sur les textes juridiques et les informations des autorités micronésiennes.
Comprendre le cadre général d’entrée et de séjour
Avant même de parler de résidence, il faut comprendre comment entrer légalement sur le territoire et combien de temps on peut y rester sans changer de statut.
Les États fédérés de Micronésie constituent un État fédéral composé de plus de 600 îles dispersées sur une vaste zone du Pacifique. La capitale nationale est Palikir, sur l’île de Pohnpei. L’anglais est la langue la plus utilisée dans l’administration, et le dollar américain (USD) est la monnaie officielle, ce qui simplifie la vie des expatriés venus de pays utilisant ou manipulant couramment cette devise.
Validité du passeport et documents de base
Pour tous les étrangers, la pièce maîtresse reste le passeport. Les autorités micronésiennes exigent, sauf cas très spécifiques de citoyens de la région, un passeport valable au moins 120 jours après la date d’entrée (certains documents parlent de 6 mois, mais la règle de base est au minimum quatre mois). Le document doit comporter au moins une page vierge et être accompagné d’un billet retour ou de continuation de voyage.
À leur arrivée, tous les non-citoyens doivent remplir une fiche d’Immigration « Arrival and Departure Record » et un formulaire de douane. Ces documents sont généralement distribués à bord de l’avion par la compagnie aérienne.
Séjour court : quand un visa n’est pas nécessaire
Beaucoup de ressortissants n’ont pas besoin de visa pour un séjour touristique ou professionnel de 30 jours ou moins. C’est le cas, par exemple, des citoyens :
– des États-Unis
– de la République de Palau
– de la République des Îles Marshall
– de plusieurs États du Pacifique comme Fidji ou Tonga
– des pays membres de l’Union européenne, pour un séjour touristique
Pour les visiteurs éligibles à l’entrée sans visa, il est nécessaire de présenter à la frontière : un passeport valide, un billet de retour ou de continuation, et éventuellement des justificatifs prouvant des moyens financiers suffisants pour couvrir la durée du séjour prévu.
Le tableau ci-dessous synthétise les grandes lignes pour un premier séjour de courte durée.
| Type de visiteur | Visa avant départ | Durée sans permis d’entrée | Conditions clés |
|---|---|---|---|
| Touriste (nombreux pays, UE incluse) | Non, < 30 jours | 30 jours | Passeport 120 j., billet retour, fonds |
| U.S., Palau, Marshall Islands (tourisme) | Non, < 30 jours | 30 jours | Même conditions que touristes classiques |
| Visite > 30 jours (tous étrangers) | Oui, permis requis | – | Demande de permis d’entrée nécessaire |
Dès qu’un séjour dépasse 30 jours, l’« entry permit » (permis d’entrée) devient obligatoire, même si aucune activité rémunérée n’est envisagée.
Le rôle particulier des citoyens américains
Un régime tout à fait à part s’applique aux citoyens des États-Unis en vertu du Compact of Free Association. Ils peuvent entrer dans les États fédérés de Micronésie pour y vivre, travailler ou étudier sans limitation de durée et sans visa. Ils doivent toutefois présenter :
– un passeport américain valide au moins 180 jours à l’arrivée
– les formulaires d’immigration et de douane remplis
Sur le plan migratoire interne à la Micronésie, ils ne sont pas soumis à un délai maximum de séjour. En revanche, pour transiter via Guam ou Honolulu, les règles américaines (passeport, éventuellement ESTA pour les non-Américains) restent applicables.
Les différents types de visas et permis pour vivre en Micronésie
Une fois la phase « découverte » passée, tout projet d’installation durable repose sur le choix du bon statut de séjour. Dans le système micronésien, ce statut est en grande partie structuré autour des « entry permits » (permis d’entrée), eux-mêmes liés, le cas échéant, à un permis de travail.
Touriste, affaires, étudiant : les permis sans emploi
Plusieurs catégories de permis couvrent les séjours non professionnels ou qui ne comportent pas d’activité rémunérée sur place.
| Type de permis / visa | Usage principal | Durée typique / max. | Droit de travailler |
|---|---|---|---|
| Permit de visiteur / Touriste | Loisirs, visite familiale | 30 jours, extensible jusqu’à 60–90 j. selon cas | Non |
| Business Visa / permis affaires | Réunions, foires, prospection | En général 60 jours | Non |
| Student permit / Student visa | Études dans un établissement local | Durée du programme | Non, sauf exception spécifique |
Le visa de touriste n’ouvre pas droit au travail, même à temps partiel. De même, un visa d’affaires autorise conférences, négociations ou salons, mais pas l’exercice d’un emploi.
Permis de travail et visas liés à l’emploi
Pour exercer une activité salariée, il ne suffit pas d’entrer comme visiteur. La Micronésie impose un double mécanisme : permis de travail et permis d’entrée associé au statut de travailleur étranger.
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| Type de document | Finalité | Particularités |
|---|---|---|
| Alien Worker’s Permit (permis de travail) | Autoriser un employeur à engager un étranger | Démarche initiée par l’employeur |
| Entry Permit (Worker) | Statut migratoire lié à l’emploi | Durée souvent d’un an, renouvelable |
| Special Employment Permit | Projets spécialisés ou temporaires | Destiné aux compétences rares |
| Temporary Work Visa | Emplois saisonniers (tourisme, pêche, etc.) | En général 3 à 6 mois |
Le permis de travail est délivré par les autorités du travail et du développement (Department of Resources and Development et autorités de l’État concerné). Il est indispensable pour ensuite obtenir l’Entry Permit (Worker), qui permet d’entrer et de rester au titre de cet emploi.
Autres catégories spécifiques
La loi micronésienne prévoit d’autres types d’entry permits adaptés à certains profils :
Différents types de permis de travail disponibles pour des situations spécifiques, facilitant l’emploi de ressortissants étrangers dans des cadres définis.
Permis destiné aux personnes exerçant des activités religieuses ou missionnaires.
Permis accordé aux chercheurs dont les travaux sont jugés dans l’intérêt national.
Permis lié à un permis d’investissement pour les investisseurs étrangers.
Permis pour les vendeurs exerçant des activités sans établir de résidence ou d’entreprise locale.
Permis pour les conjoints et enfants à charge de citoyens ou de titulaires de permis.
La plupart de ces permis sont limités à une durée maximale d’un an, avec la possibilité de renouvellement.
Comment demander un visa ou un entry permit
La demande de permis d’entrée suit une trame commune, qu’il s’agisse d’un permis de visiteur de longue durée, d’un permis d’étudiant ou d’un permis lié à l’emploi.
Formulaire et pièces justificatives
La Division of Immigration and Labor, rattachée à l’Office of the Attorney General, gère ces demandes. Le formulaire officiel, commun à tous les types de permis, doit être rempli en lettres capitales ou dactylographié, signé par l’intéressé, et accompagné d’une photo d’identité contresignée au verso.
Les documents habituellement exigés sont :
| Document requis | Détail |
|---|---|
| Copie du passeport | Pages avec numéro, date d’émission et d’expiration |
| Formulaire de demande complété | En indiquant clairement le motif du séjour |
| Photo d’identité récente | Format passeport, signée au dos |
| Preuve de moyens financiers | Relevés bancaires, attestations, sponsor, etc. |
| Preuve de logement ou lettre d’invitation | Contrat de location, attestation d’hébergement |
| Itinéraire de voyage et billet retour | Date d’entrée estimée, transporteur, réservation |
| Casier judiciaire ou certificat de police | Délivré dans les 6 derniers mois |
| Certificat médical / d’aptitude | Éventuellement obtenable sur place |
| Assurance santé (souvent recommandée) | Couvrant au minimum les soins de base |
Pour les permis liés au travail, s’ajoutent l’offre d’emploi, le contrat signé, les diplômes et parfois une preuve d’expérience professionnelle.
Dépôt de la demande et délais
La demande peut être déposée auprès de l’ambassade ou du consulat des États fédérés de Micronésie le plus proche, ou transmise aux autorités compétentes à Palikir. Dans certains cas, les services d’agences spécialisées (VisaHQ, CIBT, etc.) peuvent être utilisés comme intermédiaires, mais l’autorité décisionnelle reste l’administration micronésienne.
Délai maximum pouvant atteindre environ 60 jours pour l’obtention d’un permis de travail ou d’un visa de long séjour.
Il est judicieux de s’y prendre 1 à 2 mois à l’avance au minimum, en évitant absolument de déposer une demande à la dernière minute. Des services de traitement accéléré peuvent exister moyennant des frais supplémentaires.
Frais et risques de refus
Chaque type de permis est assorti de frais de dossier fixés par réglementation ou par décret présidentiel. Ces frais alimentent un Entry Permit Revolving Fund, utilisé pour le fonctionnement du service. Le non-paiement des frais entraîne l’irrecevabilité de la demande.
Une demande de permis incomplète, incohérente ou ne prouvant pas la capacité à subvenir à ses besoins risque le rejet. Une fausse déclaration peut entraîner un refus, une interdiction de territoire, voire des poursuites judiciaires.
Prolonger son séjour : extensions et résidences de plus longue durée
Une fois sur place, beaucoup de visiteurs souhaitent prolonger leur présence, que ce soit pour continuer à explorer les îles ou pour poursuivre un projet professionnel. Il ne suffit pas de « rester » : il faut demander une extension ou un nouveau permis.
Extension d’un séjour touristique ou d’affaires
Pour les visiteurs déjà dans le pays, il est possible de demander une extension auprès de la Division of Immigration and Labor avant l’expiration du délai initial.
Les règles courantes sont les suivantes :
– séjour touristique : extension possible jusqu’à un total d’environ 90 jours
– séjour d’affaires : certaines sources mentionnent la possibilité d’extensions pouvant aller jusqu’à un an pour des visiteurs d’affaires réguliers
Toute demande d’extension doit être motivées (projet en cours, raison médicale, contraintes de transport, etc.), accompagnée de preuves de ressources pour la période supplémentaire et d’un billet de retour ou de continuation, même si la date peut être ultérieurement modifiée.
Dépasser la durée de séjour autorisée sans extension peut entraîner des amendes, des poursuites, et dans les cas graves, une peine pouvant aller jusqu’à 2 ans de prison ou 10 000 $ d’amende, avec un risque de déportation. Ces sanctions illustrent la sévérité du pays envers les infractions migratoires.
Vers un séjour long : permis de séjour et résidence
S’installer durablement signifie, pour la plupart des étrangers (hors U.S. citizens), passer d’un statut temporaire à un véritable permis de résidence, qu’il soit lié à l’emploi, à la famille ou à une autre activité.
Dans la pratique, ce chemin suit généralement plusieurs étapes :
1. arrivée avec un permis de visiteur ou un entry permit de courte durée 2. obtention d’un permis de travail si un employeur local embauche la personne 3. délivrance d’un Entry Permit (Worker) lié à cet emploi 4. après plusieurs années en situation régulière, demande éventuelle de certificat de résidence permanente
Les textes prévoient des certificats de résidence permettant le séjour permanent, le travail et l’établissement d’une activité économique. Une condition centrale est d’avoir résidé de manière continue dans les États fédérés de Micronésie pendant au moins cinq ans.
Cependant, contrairement à certains pays qui proposent des « golden visas », la Micronésie ne dispose pas, à ce jour, de programme formel de résidence par investissement. L’accès à la résidence permanente reste généralement réservé aux personnes ayant tissé des liens solides avec le pays (mariage avec un citoyen, longues années de travail ou contribution particulière à l’économie locale).
Vers la citoyenneté : un parcours étroit
La citoyenneté micronésienne repose essentiellement sur le principe du jus sanguinis : est citoyen celui qui a au moins un parent citoyen des États fédérés de Micronésie.
La naturalisation des étrangers est possible mais encadrée de manière très stricte :
– résidence dans le pays depuis au moins cinq ans
– possession du statut de résident permanent
– maîtrise d’une langue locale et réussite d’une évaluation linguistique
– renonciation à toute autre nationalité (la double citoyenneté est prohibée)
La naturalisation requiert en outre une recommandation par projet de loi du Congrès micronésien et l’approbation du Président. Autrement dit, il s’agit d’une procédure exceptionnelle, rarement accordée.
Travailler en Micronésie : parcours administratif détaillé
Pour ceux qui souhaitent vivre en Micronésie en exerçant une activité professionnelle, le volet emploi est central. L’État cherche à concilier ouverture économique et protection d’un marché du travail local déjà marqué par un chômage élevé.
Le rôle de l’employeur : sponsor obligatoire
Le parcours commence presque toujours par une offre d’emploi émanant d’un employeur établi dans le pays. C’est ce dernier qui initie la demande de permis de travail.
Les obligations de l’employeur sont lourdes :
– prouver la nécessité de recruter un étranger (test du marché du travail local)
– démontrer qu’aucun candidat micronésien qualifié n’est disponible pour le poste, par exemple via des annonces publiées pendant au moins 30 jours
– fournir la preuve de l’enregistrement légal de son entreprise et de sa bonne situation administrative
– présenter une description détaillée du poste (missions, compétences requises, rémunération)
– rédiger un contrat de travail circonstancié
– rédiger une lettre de sponsor garantissant soutien et respect des obligations
– régler les frais de demande de permis de travail
Le dossier est ensuite transmis aux autorités du travail et de l’immigration de l’État concerné (Yap, Chuuk, Pohnpei ou Kosrae) et, si tout est conforme, un Alien Worker’s Permit est délivré.
Les obligations du futur employé
Du côté du travailleur étranger, la liste des pièces exigées est tout aussi fournie :
– passeport valable au moins six mois
– formulaire de demande de permis de travail complété
– CV détaillé et diplômes, parfois soumis à une évaluation de reconnaissance
– casier judiciaire récent du pays d’origine et de tout pays de résidence sur l’année écoulée
– certificat médical, parfois auprès de cliniques agréées
– photos d’identité
– preuve de logement temporaire ou de prise en charge par l’employeur
– assurance santé couvrant la Micronésie
– billet d’avion ou itinéraire confirmés
Tous ces éléments sont contrôlés par les autorités du travail, qui évaluent la réalité du besoin, la conformité des conditions d’emploi et l’absence de risque pour la sécurité ou la santé publique.
Du permis de travail au permis d’entrée
Une fois le permis de travail accordé, le travailleur peut déposer une demande d’Entry Permit (Worker). Celle-ci peut se faire à l’étranger, via une ambassade ou un consulat, ou parfois à l’arrivée, sur la base de la décision de permis de travail.
L’Entry Permit (Worker) est généralement valable un an et est renouvelable si le contrat de travail est reconduit et que l’employeur respecte ses obligations. Toute modification substantielle du poste (fonction, employeur, lieu de travail) doit être signalée aux autorités, sous peine de rendre le permis caduc.
Famille et personnes à charge
Les travailleurs étrangers peuvent, sous conditions, faire venir leur famille proche :
– conjoint légal
– enfants célibataires de moins de 18 ans
Pour ces personnes à charge, un permis d’entrée spécifique est délivré, lié à la durée de validité du permis du titulaire principal. En revanche, ces conjoints et enfants ne sont pas autorisés à travailler sans trouver eux-mêmes un employeur sponsor et obtenir leur propre permis de travail.
Renouvellements et changement de statut
Les renouvellements doivent être anticipés. La pratique recommande de lancer la procédure au moins 60 jours avant l’expiration du permis. Tant que la demande de renouvellement est en cours, et si les règles locales le prévoient, la personne peut généralement rester dans le pays, mais les possibilités de voyage à l’extérieur peuvent être limitées.
Changer de statut (par exemple, passer d’un statut de visiteur à celui de travailleur sans quitter le pays) est en principe exceptionnel et nécessite une autorisation écrite du Président ou de son délégué. Dans bien des cas, un changement de catégorie de permis implique une sortie de territoire et un retour avec un nouveau permis.
Une fois sur place : démarches administratives post-arrivée
Entrer légalement et obtenir un permis de séjour ne suffit pas. S’installer dans la durée suppose d’autres formalités : enregistrement local, fiscalité, banque, etc.
Enregistrement local et numéro fiscal
Les nouveaux résidents doivent, en principe, se signaler auprès des autorités locales de la municipalité où ils vont habiter. Cela permet d’actualiser les registres et, parfois, conditionne l’accès à certains services.
Côté fiscalité, la Micronésie dispose de plusieurs impôts nationaux gérés par la Division of Customs and Tax Administration :
– taxe à l’importation sur de nombreux produits
– impôt sur le chiffre d’affaires des entreprises (Business Gross Revenue Tax)
– impôt sur les salaires et traitements (Wages and Salaries Tax)
Pour travailler légalement, il est impératif d’obtenir un Tax Identification Number (TIN) auprès du Department of Finance and Administration. Ce numéro est requis pour les retenues à la source sur le salaire, les déclarations de revenus et l’ouverture d’un compte bancaire.
Ouvrir un compte bancaire
Pour un expatrié, disposer d’un compte local en dollars américains est un atout important, que ce soit pour recevoir un salaire, payer un loyer ou gérer une activité. Les banques exigent habituellement :
– passeport en cours de validité
– éventuellement permis de résidence ou de travail
– TIN (numéro d’identification fiscale)
– justificatif de domicile local (contrat de location, facture)
Un dépôt initial minimal est requis, dont le montant varie d’une banque à l’autre. Il est recommandé de se renseigner en détail sur :
– les frais de tenue de compte
– les commissions sur virements internationaux
– les plafonds de retraits
– l’accès aux services en ligne
Les autorités et de nombreux conseillers soulignent l’importance de bien comprendre le cadre bancaire et fiscal local. Ils encouragent le recours à des spécialistes internationaux pour éviter les erreurs coûteuses.
Coût de la vie et budget à prévoir
La vie en Micronésie n’est pas forcément bon marché, surtout pour les biens importés (produits alimentaires occidentaux, électronique, etc.). Les estimations indiquent qu’une personne seule doit prévoir entre 800 et 1 500 USD par mois pour couvrir logement, nourriture et dépenses courantes.
Les loyers varient fortement selon l’île et la localisation. Un appartement d’une chambre peut aller de quelques centaines de dollars à plus de 1 000 dollars par mois. La nourriture locale (poisson, taro, bananes, pain de fruit) reste relativement abordable, notamment sur les marchés, tandis que les produits importés sont nettement plus chers.
Importer ses biens, sa voiture et ses animaux
S’installer dans un pays insulaire implique la question du déménagement international. La Micronésie applique des règles spécifiques en matière de douane, à la fois pour les effets personnels et les marchandises.
Autorités douanières et cadre juridique
La gestion des importations est confiée à la Customs & Tax Administration, au sein du Department of Finance. Les marchandises restent sous contrôle douanier jusqu’au paiement des droits et taxes ou jusqu’à réexportation. Les agents des douanes ont un pouvoir d’inspection étendu et peuvent coopérer avec d’autres services (quarantaine, sécurité alimentaire, immigration).
Le pays est partie prenante d’accords internationaux comme la convention CITES sur le commerce des espèces protégées, ce qui impose des règles supplémentaires pour les objets en ivoire, les peaux, plumes ou certains coquillages.
Documents et procédures d’importation
Pour tout envoi, même d’effets personnels, il est indispensable de préparer :
| Document d’expédition | Rôle principal |
|---|---|
| Facture commerciale | Indique la valeur et la nature des biens |
| Liste de colisage (packing list) | Détaille le contenu de chaque carton / palette |
| Connaissement (Bill of Lading) ou Air Waybill | Document de transport maritime ou aérien |
| Certificat d’origine (si requis) | Atteste le pays de provenance des marchandises |
Tous les envois sont soumis au dédouanement. Une inspection agricole est systématiquement prévue pour les cargaisons, afin d’éviter l’introduction de nuisibles ou de maladies.
Les effets personnels et les marchandises commerciales ne doivent pas être mélangés dans un même envoi. De plus, tout emballage en bois utilisé doit être conforme à la norme ISPM15, c’est-à-dire qu’il doit être traité et marqué en conséquence.
Les droits et taxes doivent être réglés dans les 30 jours suivant l’entrée de la marchandise, faute de quoi l’importateur risque pénalités et blocage de futures importations.
Effets personnels et exonérations possibles
Pour les États fédérés de Micronésie, les règles fiscales sur les effets personnels sont plus souples lorsque l’envoi provient des États-Unis. Les déménagements depuis ce pays peuvent bénéficier d’une franchise de droits de douane, sous réserve de produire le connaissement original (OBL) et une liste de colisage détaillée.
Si le déménagement vient d’autres origines, l’exonération est possible à condition de prouver que le propriétaire a le statut de résident en Micronésie. En général, les biens doivent :
– être usagés depuis au moins un an
– appartenir au propriétaire avant le déménagement
– être destinés à un usage personnel et non à la revente
Les objets de moins de 6 mois et la plupart des appareils électroniques nécessitent la présentation d’une facture et sont soumis à la taxation.
Sur un visa de tourisme, seul un petit volume d’effets personnels (vêtements, articles de toilette) est admis sans formalités lourdes. Pour bénéficier des franchises de déménagement, il faut généralement détenir un permis de séjour de longue durée (permis de travail, par exemple).
Importer un véhicule
Il est possible d’acheminer une voiture en Micronésie, notamment pour établir un foyer. Les véhicules provenant des États-Unis peuvent, dans certains cas, entrer en franchise de droits. Pour les autres origines, il est conseillé de consulter à l’avance l’agent maritime local ou la société de déménagement.
Les documents exigés pour un véhicule incluent :
– certificat d’immatriculation et de propriété original
– facture commerciale ou justificatif de valeur
– permis de conduire du propriétaire
– attestation d’assurance internationale
– connaissement indiquant numéro de châssis, moteur, cylindrée, année, marque et modèle
Importer un véhicule qui ne respecte pas les normes américaines en matière d’émissions ou de sécurité peut être très coûteux, voire impossible à rendre conforme. Les experts indiquent que la mise à niveau technique de certains modèles n’est pas économiquement viable.
Les non-résidents peuvent parfois importer temporairement un véhicule pour le tourisme, à condition de le réexporter dans un délai limité (un an maximum) et sans possibilité de vente sur place.
Animaux de compagnie et réglementation sanitaire
Les personnes souhaitant venir avec un chien ou un chat doivent anticiper sérieusement. Un permis d’importation est requis, à demander auprès des autorités compétentes en matière d’agriculture ou de ressources naturelles. Il doit être délivré avant le voyage.
Les conditions typiques comprennent :
– certificat de vaccination antirabique pour les chiens (datant de moins de 6 mois dans certains cas)
– certificat de bonne santé émis par un vétérinaire
– éventuelle quarantaine selon le pays d’origine
Les animaux sont généralement acheminés en fret aérien (manifeste cargo) plutôt qu’en cabine. Ils sont examinés au premier port d’entrée. Compte tenu des capacités limitées des structures de quarantaine sur les îles, il est impératif de réserver longtemps à l’avance lorsque la quarantaine est obligatoire.
Ce qu’il est interdit ou strictement encadré d’importer
Les règles douanières de la Micronésie prévoient une liste de produits interdits ou soumis à autorisation stricte.
Parmi les interdictions ou fortes restrictions figurent :
– stupéfiants et drogues illicites
– armes à feu, munitions et explosifs sans permis adéquat
– véhicules non conformes aux normes techniques exigées
– produits agricoles à risque, plantes et certaines denrées d’origine animale sans certificat
– pesticides interdits
– marchandises contrefaites ou portant atteinte aux droits d’auteur ou brevets
Les produits d’origine animale ou végétale font l’objet de contrôles renforcés. L’importation de plantes nécessite obligatoirement un permis préalable et un certificat phytosanitaire. De plus, la viande, les produits carnés et certaines plantes alimentaires sont généralement interdits dans les bagages personnels.
En matière de tabac et d’alcool, les franchises personnelles sont limitées. Pour les États fédérés de Micronésie, il est généralement admis d’entrer, pour sa consommation personnelle, avec :
– jusqu’à 200 cigarettes, ou l’équivalent en cigares / tabac
– une quantité modérée de boissons alcoolisées (par exemple 52 onces de spiritueux dans certains textes)
Au-delà de ces quantités, des droits d’accise s’appliquent, avec des taux élevés sur les cigarettes (25 % ad valorem), certains produits alcoolisés (jusqu’à 12 USD par gallon pour les spiritueux) et les cosmétiques.
Santé, assurances et exigences médicales
Les États fédérés de Micronésie ne demandent pas de certificat de vaccination contre la fièvre jaune, ni d’autre vaccin obligatoire selon les normes internationales. Toutefois, les autorités sanitaires internationales (OMS, CDC, etc.) recommandent de nombreuses vaccinations aux voyageurs, qui concernent aussi les futurs résidents.
Parmi les vaccins à jour recommandés :
Avant votre départ, consultez un professionnel de santé pour évaluer les vaccins nécessaires selon votre destination, durée de séjour et état de santé. Voici les principales recommandations :
Carnet de base incluant : rougeole-oreillons-rubéole (ROR), diphtérie-tétanos-coqueluche, poliomyélite et varicelle.
Recommandées compte tenu de la prévalence de ces maladies dans de nombreuses régions.
Particulièrement pour des séjours prolongés avec consommation d’aliments locaux.
Pour les personnes exposées aux animaux ou pour un séjour long dans des zones reculées.
Vaccination contre la grippe, la COVID-19 et autres pathologies respiratoires saisonnières.
La tuberculose y est relativement fréquente, et le vaccin BCG peut être conseillé aux enfants devant résider plusieurs mois, ainsi qu’à certains professionnels de santé.
Les autorités micronésiennes se réservent le droit de demander un certificat médical pour certains permis de longue durée, et un test VIH peut être requis pour les séjours dépassant un an.
Qualité des soins et importance de l’assurance
Les capacités médicales locales sont limitées : quelques hôpitaux et cliniques sur les grandes îles (avec deux centres de qualité acceptable à Pohnpei), mais des équipements souvent insuffisants. En cas de pathologie grave ou complexe, une évacuation sanitaire vers Guam, Hawaï ou les Philippines est généralement nécessaire.
Il est fortement recommandé de souscrire une assurance santé internationale. Cette assurance doit couvrir les frais médicaux à l’étranger.
– les soins médicaux sur place
– l’hospitalisation
– l’évacuation sanitaire par avion médicalisé
Les expatriés sont encouragés à voyager avec une réserve personnelle de médicaments courants et de spécialités qu’ils prennent pour des traitements de fond, les pharmacies locales n’ayant pas toujours les stocks nécessaires.
Fiscalité : ce que doit savoir un résident étranger
Vivre et parfois travailler en Micronésie implique aussi de s’inscrire dans son système fiscal national, tout en respectant les obligations du pays d’origine.
Impôt sur les salaires
Les salaires et traitements sont imposés via un système de retenue à la source. Le barème national prévoit :
– 6 % sur les premiers 11 000 USD de revenus annuels
– 10 % sur la fraction supérieure
Les personnes gagnant moins de 5 000 USD par an bénéficient d’un abattement de 1 000 USD avant le calcul de l’impôt. Les employeurs ayant un établissement aux États fédérés de Micronésie doivent retenir l’impôt à chaque paie et reverser les montants au fisc, sur une base trimestrielle.
Lorsque l’employeur est étranger et n’a pas de présence légale dans le pays, c’est au salarié de déclarer et de payer lui-même son impôt sur le revenu local.
Taxe sur le chiffre d’affaires des entreprises
Toute entreprise à but lucratif (hors simple emploi salarié) est soumise à la Business Gross Revenue Tax :
– 80 USD sur les premiers 10 000 USD de chiffre d’affaires annuel
– puis 3 % sur l’excédent au-delà de 10 000 USD
Les très petites activités réalisant moins de 2 000 USD de chiffre d’affaires annuel sont exemptées. Des déclarations trimestrielles sont attendues, avec pénalités en cas de retard.
Taxes à l’importation
Comme évoqué plus haut, une grande partie des recettes fiscales provient des taxes à l’importation. Le taux varie selon la nature des produits, par exemple :
| Catégorie de produits | Taux de droit d’importation (indicatif) |
|---|---|
| Cigarettes | 25 % ad valorem |
| Autres tabacs | 50 % ad valorem |
| Parfumerie, cosmétiques, produits de toilette | 25 % ad valorem |
| Boissons non alcoolisées, café, thé | 25 % ad valorem |
| Bière et boissons maltées | 25 % ad valorem |
| Spiritueux (alcool distillé) | Montant spécifique par gallon |
| Vin | 25 % ad valorem |
| Denrées alimentaires (hors exceptions) | 3 % ad valorem |
| Tous autres produits | 4 % ad valorem |
La base de calcul est la valeur CIF (« Cost, Insurance and Freight ») au port d’entrée en Micronésie. Le non-paiement des droits dans les délais peut entraîner pénalités, intérêts élevés et saisie des biens importés.
Autres taxes, droits et obligations
Les États et municipalités peuvent ajouter leurs propres taxes (par exemple des taxes sur les ventes, des licences d’activité commerciale). Les étrangers voulant créer une entreprise doivent obtenir un permis d’investissement étranger à l’échelle de l’État concerné, en plus des enregistrements fiscaux.
Pour toute situation complexe, comme des revenus perçus dans plusieurs pays ou un statut de résident fiscal multiple, le recours à un conseiller fiscal spécialisé est indispensable. Cette nécessité est accentuée par le fait que les architectures des contributions sociales et des systèmes de retraite locaux diffèrent souvent de celles de nombreux pays occidentaux.
Vivre au quotidien : transports, logement, sécurité, culture
Au-delà des formulaires et des timbres fiscaux, réussir son installation implique de comprendre le fonctionnement du pays au jour le jour.
Les infrastructures routières sont limitées (environ 240 km dont une quarantaine seulement goudronnés), avec peu de transports publics. Quelques bus circulent notamment à Yap, mais l’essentiel des déplacements se fait en taxi ou en véhicule personnel. Une simple licence de conduire internationale suffit pour les séjours de courte durée ; pour rester plus longtemps, il est préférable de demander un permis local.
Le logement se trouve via les réseaux locaux, les annonces en ligne ou les contacts d’expatriés. La rareté de l’offre sur certaines îles impose parfois de faire des compromis sur le confort ou l’emplacement.
La société micronésienne est communautaire et conservatrice, organisée autour de la parenté et des hiérarchies traditionnelles. De nombreuses terres sont en propriété coutumière. Pour accéder à certains sites (plages, forêts, lieux sacrés), il est nécessaire d’obtenir l’accord des chefs ou propriétaires, souvent contre une petite redevance par personne.
Sur le plan sécuritaire, la criminalité violente reste limitée, mais la petite délinquance (vols à la tire, cambriolages) existe, en particulier dans certains quartiers de l’île de Weno (Chuuk). Les étrangers sont encouragés à adopter des comportements de bon sens : éviter d’afficher des objets de valeur, ne pas se promener seul la nuit dans des zones peu fréquentées, et se tenir à l’écart de rassemblements potentiellement tendus.
En conclusion : préparer minutieusement son projet de vie en Micronésie
S’installer dans les États fédérés de Micronésie est un projet enthousiasmant, mais administrativement exigeant. Il impose de maîtriser plusieurs niveaux d’obligations :
– conditions d’entrée (validité du passeport, billetterie, formulaires)
– choix du bon statut migratoire (touriste, étudiant, travailleur, conjoint, etc.)
– obtention d’un permis de travail si l’on souhaite exercer une activité rémunérée
– demande et renouvellement d’un entry permit adapté à sa situation
– conformité douanière pour le déménagement de ses biens, l’import de véhicule ou d’animaux
– respect des règles sanitaires, fiscales et sociales
– adaptation à un environnement insulaire où l’accès aux soins, aux transports et au logement demande parfois de la souplesse
Pour réaliser un projet d’installation durable et légal aux États fédérés de Micronésie, il est impératif de consulter les informations officielles de la Division of Immigration and Labor et du Department of Finance and Administration, ainsi que les représentations diplomatiques micronésiennes. Il est également recommandé de se faire accompagner, si nécessaire, par des conseillers spécialisés en immigration ou en fiscalité locale.
La clé réside dans l’anticipation : ne pas sous-estimer les délais de traitement, préparer des dossiers complets et cohérents, et accepter qu’en Micronésie, comme dans la plupart des petits États insulaires, les règles administratives sont le principal garde-fou d’un environnement fragile qu’il s’agit de protéger autant que de partager.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les États fédérés de Micronésie pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Asie du Sud-Est, Caraïbes, Pacifique), la stratégie retenue a consisté à cibler les États fédérés de Micronésie, combinant absence d’impôt sur le revenu au niveau fédéral, fiscalité locale modérée, coût de vie inférieur à la France et environnement dollarisé lié aux États‑Unis. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales applicables), obtention d’un titre de séjour longue durée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, comptable) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration des placements internationaux).
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