Comment rester en contact avec ses proches depuis les îles Salomon

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Perdu au milieu du Pacifique, dispersé sur des centaines d’îles, l’archipel des îles Salomon est l’un de ces endroits où l’on s’imagine vite déconnecté du reste du monde. Pourtant, entre les câbles sous-marins, les satellites, la 4G qui progresse, les réseaux sociaux omniprésents à Honiara et les applis de VoIP pensées pour les petits débits, il n’a jamais été aussi réaliste de rester en lien avec sa famille et ses amis… à condition de bien comprendre le terrain.

Bon à savoir :

Pour rester connecté depuis les Îles Salomon, il faut prendre en compte les réseaux mobiles, internet, satellite et les appels internationaux, ainsi que les messageries. Près de 75% de la population vit en zone rurale, ce qui implique des contraintes techniques spécifiques et nécessite de connaître les codes culturels locaux.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le terrain numérique des îles Salomon

Les îles Salomon, c’est plus de 900 îles, autour de 844 000 habitants en 2025, dont environ 73 % en zone rurale et une médiane d’âge de 20,7 ans. Autrement dit, une population jeune, très dispersée, et un défi permanent pour faire arriver le signal jusqu’aux villages.

Un archipel longtemps isolé, qui se connecte par la mer… et par le ciel

Jusqu’en 2019, le pays reposait presque entièrement sur des liaisons satellites internationales coûteuses et lentes. La mise en service du Coral Sea Cable System (CS2), un câble sous-marin de 4 700 km reliant les îles Salomon à la Papouasie‑Nouvelle‑Guinée et à l’Australie, a changé la donne. Ce câble peut monter jusqu’à 20 Tb/s de capacité, même si le pays n’en utilise qu’une petite fraction pour l’instant.

4

Le nombre de localités principales reliées par le nouveau réseau domestique de fibre sous-marine ICN2S aux Îles Salomon.

En résumé : dans certains centres urbains, la connexion ressemble de plus en plus à ce qu’on connaît ailleurs. Mais dès qu’on s’éloigne, notamment vers les îles extérieures, le satellite reste l’ossature de la connectivité.

Qui fournit le réseau sur place ?

Deux grands opérateurs mobiles dominent les îles Salomon : Our Telekom (Solomon Telekom Co Ltd), présent dans neuf provinces, et Bmobile‑Vodafone (Bemobile Solomon Islands Ltd), actif dans quatre provinces. À côté, des FAI spécialisés comme SATSOL ou Starlink complètent le paysage.

Un coup d’œil aux parts de marché internet illustre le poids des acteurs :

Fournisseur / opérateurPart estimée du marché Internet
Solomon Telekom Co Ltd (Our Telekom)82 %
SpaceX Starlink13 %
SATSOL LIMITED3 %
Bemobile Solomon Islands Ltd1 %

Notre Telekom et Bmobile fournissent la 2G/3G/4G, tandis que SATSOL et Starlink misent sur le satellite pour desservir les zones isolées. Starlink, autorisé officiellement en 2024, propose par exemple un kit matériel autour de 3 000 SBD (environ 375 USD) et un abonnement mensuel d’environ 424 SBD (près de 53 USD), pour des débits entre 50 et 150 Mb/s – loin des réalités d’une grande partie de la population, mais déjà une révolution pour les entreprises, ONG ou familles qui peuvent se le permettre.

Où en est la couverture mobile et Internet ?

Pour rester en contact, c’est essentiellement le téléphone mobile qui sert de porte d’entrée au monde. Et les chiffres montrent une progression rapide.

Indicateur (fin 2025)Valeur approximative
Mobile connections actives567 000
Taux de pénétration mobile67,2 % de la population
Part des connexions 3G/4G/5G85,9 % des connexions mobiles
Utilisateurs d’Internet358 000
Taux de pénétration Internet42,5 % de la population
Utilisateurs de réseaux sociaux205 000
Part de la population sur les réseaux sociaux24,3 %

Côté couverture radio mobile : autour de 95 % de la population sont couverts en 2G, près de 85 % en 3G, mais seulement autour d’un tiers en 4G, et 5G quasiment inexistante. Autrement dit, dans les grandes villes et certains centres provinciaux, on peut tout à fait passer des appels vidéo. Dans de nombreux villages, on dépend encore d’un 3G parfois instable, voire de la 2G ou de points d’accès communautaires.

161

Nombre total de tours mobiles prévues dans le cadre du projet SINBIP pour améliorer les infrastructures de télécommunications aux Îles Salomon.

Appeler, écrire, partager : les outils de base depuis les îles Salomon

Une fois le décor posé, reste à choisir les bons outils pour parler à sa famille, envoyer des photos ou donner des nouvelles en cas de cyclone. La bonne stratégie consiste souvent à combiner plusieurs solutions : réseau mobile local, messageries internet, services de VoIP internationaux, voire satellite dans certains cas.

Les bases télécoms à connaître

Pour les appels classiques, le pays utilise l’indicatif international +677. Les numéros fixes comptent cinq chiffres, les mobiles sept chiffres. Les préfixes indiquent souvent l’opérateur : les numéros commençant par 7xx xxxx appartiennent à Our Telekom, ceux en 8xx xxxx à Bmobile.

Le réseau est un système GSM standard : tout téléphone débloqué compatible GSM/3G/4G fonctionnera en achetant une carte SIM locale. Cela reste la manière la plus simple de communiquer sur place (appels/SMS) et de se connecter à Internet quand la couverture le permet.

Attention :

En 2023, les îles Salomon avaient l’un des Internet fixes les plus chers au monde (~458 USD/mois) et des données mobiles très onéreuses (~7 USD/Go). Bien que le câble sous-marin ait augmenté les volumes pour le même prix dans les zones connectées, l’accès reste un luxe, particulièrement en milieu rural.

Messageries et réseaux sociaux : la colonne vertébrale des contacts

Malgré ces obstacles, les réseaux sociaux et les messageries sont devenus centraux pour les échanges familiaux. Fin 2025, environ 205 000 personnes – soit près d’un quart de la population – avaient un compte sur au moins une plateforme sociale.

Facebook domine largement, avec un taux de pénétration similaire (205 000 utilisateurs) et plus de 57 % des internautes qui l’utilisent. Instagram, Messenger, WhatsApp, TikTok et Telegram complètent le tableau. Beaucoup d’échanges familiaux se font via :

Facebook (y compris des groupes communautaires comme le célèbre « Yumi Toktok Forum », qui reproduit parfois le fonctionnement d’un marché de village en version numérique) ;

Messenger et WhatsApp pour la voix, la vidéo et les messages ;

– TikTok et Instagram pour partager des moments du quotidien, surtout chez les plus jeunes.

Si vous êtes en visite ou expatrié aux îles Salomon, c’est en pratique par là que vous garderez le plus facilement le contact avec vos proches : appels vidéo Messenger ou WhatsApp quand la 4G le permet, messages vocaux et photos compressées le reste du temps.

Les défis techniques des appels et visios en bas débit

Dans la plupart des pays, on ne se soucie plus tellement de la bande passante pour une visio. Dans un archipel où la 4G est loin d’être généralisée, c’est une autre histoire. Les environnements à faible bande passante se traduisent par :

Astuce :

Les appels vidéo peuvent être perturbés par plusieurs problèmes techniques : une vidéo qui devient pixellisée, floue, ou se fige complètement ; un son haché, désynchronisé de l’image, ou inaudible ; une forte latence créant un décalage gênant dans la conversation ; et des coupures intempestives, souvent liées à une dégradation de la connexion internet (météo) ou à une saturation de la bande passante (téléchargements en cours).

Pour garder un lien acceptable, quelques repères techniques aident à choisir les bons réglages.

Type de communicationDébit conseillé (montant / descendant)
Audio seul (voix)≈ 100 kb/s
Visio en définition standard (SD)1–2 Mb/s
Visio HD (720p)3–5 Mb/s
Visio Full HD (1080p)5–10 Mb/s
Petit groupe en visio (3–5 pers.)10–15 Mb/s descendant, 5–7 Mb/s montant
Grand groupe (6–10 pers.)20–25 Mb/s descendant, 8–10 Mb/s montant

Dans une bonne partie des îles Salomon, vous serez souvent bien en‑dessous de ces niveaux. Il faut donc adapter vos pratiques :

privilégier les appels audio plutôt que la vidéo, surtout en zone rurale ;

réduire la résolution vidéo (480p, voire moins) quand vous activez la caméra ;

– couper toutes les applis en tâche de fond qui consomment de la data (streaming, téléchargements, mises à jour automatiques) ;

– éviter les grandes conférences Zoom ou Teams depuis les villages, au profit de messages vocaux WhatsApp, d’emails ou de courtes visios à deux.

Les plateformes comme Zoom ou Teams donnent leurs propres recommandations : Zoom, par exemple, parle de 2,6 Mb/s en réception et 1,8 Mb/s en émission pour du 720p, et 3,8/3 Mb/s pour du 1080p. Cela vous donne la mesure de l’écart avec un réseau 3G surchargé dans une île éloignée.

Quand le réseau mobile ne suffit pas : satellite et solutions hybrides

L’autre réalité des îles Salomon, ce sont les zones blanches. Des villages entiers restent enclavés numériquement, ou très mal desservis. Pour qui doit absolument rester joignable – marins, randonneurs, ONG, chercheurs, habitants des îles les plus éloignées – les solutions satellite deviennent alors la seule garantie de communication.

Téléphones satellites : la bouée de secours globale

Contrairement aux téléphones mobiles classiques, les téléphones satellites communiquent directement avec des satellites en orbite, sans dépendre de tours terrestres. Cela permet de téléphoner ou d’envoyer des SMS depuis une plage isolée, un bateau ou une île distante où aucun réseau GSM n’est disponible.

Plusieurs constellations coexistent, mais pour les îles Salomon, deux acteurs sont clés :

Exemple :

Iridium, avec sa constellation de 66 satellites en orbite basse, offre une couverture véritablement mondiale, incluant les régions polaires, ce qui en fait le réseau le plus sûr pour des déplacements à travers le Pacifique ou entre différentes régions. Inmarsat, reposant sur des satellites géostationnaires, couvre environ 90% du globe mais exclut les pôles. Bien que les îles Salomon soient dans sa zone, la nécessité d’une ligne de visée directe vers le satellite au-dessus de l’équateur peut rendre la connexion fragile en présence de relief ou de végétation dense.

La couverture satellite dans le Pacifique sud – Australie, Nouvelle‑Zélande, Fidji, Samoa, Tonga, et donc îles Salomon – est généralement considérée comme excellente, avec un service ininterrompu dès que le ciel est dégagé.

Les téléphones satellites offrent en général :

des appels vocaux et des SMS partout où le ciel est dégagé ;

une construction très robuste (résistance à l’eau, à la poussière, aux chocs) ;

– des fonctions SOS avec bouton dédié et géolocalisation GPS ;

– parfois des capacités de données limitées (emails simples, messages, météo, mais pas un surf web classique).

Budget et Coûts

Détails des investissements et des frais récurrents pour l’utilisation d’un terminal satellitaire

Coût du Terminal

Entre 300 USD et plus de 1 450 USD pour l’achat. La location est recommandée pour les missions de courte durée.

Abonnement Mensuel

Commence autour de 40–50 USD par mois.

Coût à la Minute

Le prix de la communication oscille souvent autour d’1 dollar par minute.

Messagers satellites : plus légers, moins chers, mais sans voix

Pour beaucoup de voyageurs ou d’habitants de zones rurales, des messagers satellites compacts type Garmin inReach représentent un bon compromis : ils permettent d’envoyer et de recevoir des textes courts, de partager sa position GPS et d’activer un SOS mondial, en utilisant aussi le réseau Iridium.

Quelques modèles emblématiques :

Garmin inReach Messenger ou Mini 2 : petits, légers, avec messagerie bidirectionnelle, SOS, suivi GPS, et connexion possible à votre smartphone par Bluetooth.

– ICOM IC‑SAT100 : terminal de type push‑to‑talk (PTT), qui fonctionne comme un talkie‑walkie par satellite.

Ils sont moins chers à l’achat et en abonnement que de vrais téléphones satellites, mais ne permettent pas de passer des appels voix classiques. Pour simplement rassurer sa famille par messages, confirmer son arrivée sur une île, ou donner un point GPS en cas d’urgence, c’est souvent largement suffisant.

Intégration au smartphone : SOS par satellite sur iPhone, Pixel, Galaxy

Les grands constructeurs de smartphones commencent aussi à intégrer des fonctions SOS via satellite sur certains modèles récents :

Communication par satellite sur smartphone

Principales offres de communication par satellite disponibles sur les smartphones récents des grands fabricants.

Apple

iPhone 14 et modèles suivants : SOS d’urgence, partage de position dans « Localiser », et messagerie bidirectionnelle par satellite via un partenariat avec Globalstar. Fonctionnalités disponibles dans les régions couvertes.

Google

Pixel 9 et modèles suivants : offre des fonctions de SOS d’urgence et de messagerie par satellite.

Samsung

Galaxy S24/S25, Z Flip6 et Fold6 : intègrent des fonctions de SOS et de messages par satellite. La disponibilité peut dépendre des opérateurs mobiles.

Ces services ne remplacent pas un téléphone satellite complet : il s’agit surtout de secours et de messagerie limitée. Mais si vous voyagez aux îles Salomon avec un modèle compatible et que votre zone est couverte, cela ajoute une couche de sécurité précieuse quand le réseau mobile disparaît.

Starlink et VSAT : connecter la maison ou le village entier

Au‑delà de la communication personnelle, certaines familles, entreprises ou communautés s’équipent carrément d’une antenne Starlink ou de VSAT gérés par des acteurs comme SATSOL ou Kacific. Dans ce cas, c’est tout le foyer, voire tout le village, qui bascule en haut débit (50–150 Mb/s pour Starlink) et peut ensuite utiliser WhatsApp, Messenger, email, visio, TV en streaming, etc.

Le coût – plusieurs centaines de dollars pour le kit, une cinquantaine d’USD par mois – reste prohibitif pour la majorité des ménages, mais la baisse des prix par rapport à l’ancien satellite géostationnaire ouvre de nouvelles possibilités pour les écoles, cliniques, ONG, ou communautés organisées.

Appeler l’étranger depuis les îles Salomon : VoIP, app d’appel, opérateurs

Quand il s’agit d’appeler un proche resté en Europe ou en Amérique du Nord, il existe deux voies : utiliser un service de VoIP via Internet (app sur smartphone) ou passer par les offres internationales de votre opérateur (ou de celui de votre interlocuteur).

Applications d’appel international : Yolla, TELZ, KeepCalling

Une famille restée en France ou au Canada peut utiliser des services comme Yolla, TELZ ou KeepCalling pour appeler le numéro fixe ou mobile d’un proche aux îles Salomon à des tarifs souvent plus bas que ceux de son opérateur d’origine.

Bon à savoir :

Ces services opèrent selon un principe simple : l’utilisateur achète du crédit, passe ses appels via une application ou un numéro d’accès local, et le service relaie l’appel vers le destinataire. Ce dernier n’a pas besoin de posséder l’application pour recevoir l’appel.

Prenons trois exemples issus des grilles tarifaires :

ServiceAppareil de destinationTarifs vers Solomon Islands*Remarques principales
YollaFixe + mobile≈ 1,10 USD/minPas de frais de connexion, SMS et recharges mobile
TELZFixe / mobileEx. 0,557 CHF ou 0,533 £ / min (équiv.)Crédits sans date d’expiration, VoIP « cristalline »
KeepCallingFixe / mobile (global)Tarifs variables selon pays (ex. Japon 2,1¢–4,3¢/min)Crédit prépayé, service client 24/7

Les tarifs exacts varient selon la devise et la période, mais restent relativement élevés vers les îles Salomon comparés à d’autres destinations.

Bon à savoir :

Pour appeler l’étranger depuis la Russie, vous pouvez utiliser des applications VoIP comme WhatsApp, Messenger ou Viber via une connexion Internet stable (Wi-Fi, 4G, Starlink). Cette solution, largement utilisée par les résidents, est plus souple en consommation de données et ne nécessite pas l’achat de crédit téléphonique supplémentaire.

Offres des opérateurs mobiles internationaux : exemple de Stateside International

Pour les proches vivant, par exemple, aux États‑Unis avec un forfait T‑Mobile, l’option « Stateside International » peut réduire le coût des appels vers les îles Salomon : sans option, le tarif monte à 5 USD/minute, et tombe à environ 1,49 USD/minute avec cette option, pour fixe comme mobile. Ce n’est pas donné, mais c’est déjà nettement moins dissuasif qu’une facture à 5 dollars la minute.

Dans un contexte où l’Internet mobile n’est pas toujours fiable, ces solutions « à l’ancienne » gardent une certaine pertinence, surtout pour les familles qui ne sont pas à l’aise avec les apps de messagerie.

La poste, toujours là pour les liens au long cours

Rester en contact, ce n’est pas seulement la voix ou l’image. De nombreuses familles continuent d’échanger des lettres, des colis, des cadeaux ou des documents officiels par la poste.

Solomon Post : un maillage national, malgré la géographie

La Solomon Islands Postal Corporation (Solomon Post), créée par la loi de 1996, revendique environ 85 % de couverture nationale, avec dix bureaux de poste répartis dans le pays et plus de 50 employés. Ses services vont du courrier classique aux colis, en passant par des solutions de transfert d’argent ou de change.

Attention :

Pour les envois internationaux urgents, Solomon Post utilise le réseau Express Mail Service (EMS). Ce service propose un numéro de suivi, une indemnisation en cas de perte ou dommage (généralement jusqu’à 60 USD), et des délais raisonnables. Cependant, les délais peuvent être affectés par la logistique maritime et les formalités douanières, qui restent imprévisibles.

Pour les échanges plus lourds ou plus volumineux, les services de colis internationaux (air ou mer) permettent d’expédier jusqu’à 20 kg, avec suivi et preuve de distribution.

Ce qu’il faut savoir avant d’envoyer ou de recevoir un colis

Comme ailleurs dans le monde, certains produits sont restreints ou interdits à l’importation : médicaments, certains pesticides, vêtements usagés destinés à la vente, etc. D’autres nécessitent un certificat (fumigation pour les vêtements usagés personnels, certificat sanitaire, etc.). Les colis doivent être accompagnés d’une déclaration en douane, et il revient à l’expéditeur comme au destinataire de vérifier les droits et taxes éventuels.

Bon à savoir :

Plusieurs transporteurs, dont DHL eCommerce, NEX, Interparcel ou Ausff, proposent des services d’expédition depuis l’Europe, l’Australie ou les États‑Unis. Les délais de livraison varient de quelques jours à quelques semaines, en fonction du mode de transport choisi : express aérien, standard ou économique par bateau.

Dans ce contexte, la poste et les logisticiens privés restent un maillon important pour maintenir un lien matériel : albums photos, livres, vêtements, produits de première nécessité, etc., circulent encore beaucoup par colis, en complément des échanges numériques.

Codes culturels : rester en contact, c’est aussi bien communiquer

Rester joignable, c’est une chose. Communiquer de manière respectueuse et efficace dans un contexte culturel spécifique, c’en est une autre. Aux îles Salomon, la vie sociale est structurée par des notions comme le kastom et le wantok (« un même parler »), qui dépassent largement le simple échange d’informations.

Langues et registres : l’anglais n’est pas tout

L’anglais est la langue officielle, utilisée dans l’administration, la politique et une partie du monde professionnel. Mais la langue du quotidien, c’est le Pijin (Solomon Islands Pijin), créole à base anglaise mêlé de vocabulaire local et, parfois, d’influences espagnoles. On compte par ailleurs près de 70 langues autochtones.

Pour garder le contact avec des proches sur place, jouer le jeu du Pijin peut renforcer les liens. Quelques expressions courantes :

SituationPijinSens approximatif en français
Saluer« Gud de »Bonjour / Bonne journée
Prendre des nouvelles« Yu orait ? » / « Yu stap hao ? »Ça va ? Comment tu vas ?
Dire au revoir« Lukim yu »À bientôt / On se voit
Souhaiter du bien« Go gud »Prends soin de toi

Les jeunes jonglent souvent naturellement entre Pijin et anglais, selon le contexte. Avec les aînés ou en situation un peu plus formelle, on privilégie souvent un ton plus respectueux, des salutations complètes et parfois des titres (« Mister », « Miss » suivis du nom de famille).

Respect, silence, récits : des façons de parler qui comptent

La culture locale valorise profondément le respect, la modestie et l’harmonie du groupe. Dans la communication quotidienne, cela se traduit par :

Astuce :

Dans les échanges, il est conseillé d’adopter une certaine retenue sur les sujets sensibles, les désaccords étant souvent exprimés de manière indirecte. Il faut également laisser une grande place aux silences et aux pauses, en particulier avec les personnes âgées, car le temps de réflexion est perçu positivement et non comme un blanc gênant. Enfin, accordez une importance primordiale à l’écoute, en évitant d’interrompre et en laissant chacun terminer son histoire.

La tradition du récit, du partage d’histoires personnelles ou de légendes, reste très forte. Même à distance, par téléphone ou messagerie vocale, prendre le temps de raconter et d’écouter des tranches de vie peut avoir plus de poids que de simples échanges fonctionnels.

Geste, espace, pudeur : ce que la technologie ne montre pas

Les outils numériques gomment facilement le langage corporel. Or, dans les îles Salomon, beaucoup de choses passent aussi par les gestes, les regards, la posture. On peut en tenir compte dans ses messages et visios en étant attentif à :

Bon à savoir :

Pour interagir de manière appropriée, il est conseillé d’éviter les attitudes perçues comme agressives ou trop directes. Il importe également de respecter la pudeur dans les conversations, notamment sur les sujets liés à l’intimité, aux conflits familiaux ou aux questions politiques sensibles. Enfin, il faut garder à l’esprit que les démonstrations d’affection en public sont rares : le contenu partagé sur les réseaux sociaux peut y être interprété différemment qu’en Occident.

Même à distance, on peut adapter son ton et son vocabulaire pour respecter ces nuances, par exemple en exprimant les désaccords avec prudence, en laissant des temps de réponse, ou en évitant de mettre publiquement quelqu’un en difficulté sur les réseaux sociaux locaux.

Rester en contact en contexte de crise ou de catastrophe

Les îles Salomon figurent parmi les pays les plus exposés au risque de catastrophe au monde (juste derrière le Vanuatu selon l’index 2021), entre cyclones, tsunamis, inondations et sécheresses. Dans ces moments‑là, la capacité à communiquer devient vitale, autant pour rassurer ses proches que pour coordonner l’aide.

Systèmes d’alerte et réseaux d’urgence

Le pays s’équipe progressivement d’outils de communication de crise :

Renforcement des capacités d’urgence aux Îles Salomon

Initiatives clés pour améliorer la préparation et la réponse aux catastrophes, en collaboration avec le NDMO et des partenaires internationaux.

Centre d’opérations d’urgence mobile

Un centre mobile équipé de radios HF/VHF et d’un bureau itinérant a été remis au gouvernement pour permettre au NDMO de se déployer rapidement sur le terrain.

Système d’alerte cell broadcast

Un système en cours d’implantation permettant d’envoyer des alertes à tous les téléphones dans une zone, sans besoin de données ou de carte SIM, via les opérateurs Our Telekom et Bmobile.

Formations radio et satellites

Des formations spécialisées organisées par le cluster télécoms d’urgence du Pacifique (ETC), piloté par le PAM, pour renforcer les équipes nationales d’intervention.

Pour un résident ou un visiteur, cela signifie qu’en cas de tsunami ou de cyclone, les notifications sur le téléphone – même hors crédit ou sans forfait data – deviennent un canal clé. Reste à disposer d’un téléphone chargé et d’un minimum de réseau.

Comment se préparer, à son niveau, à rester joignable en crise

Sans chercher à reproduire un plan de gestion de crise, quelques réflexes concrets aident à ne pas perdre le contact avec sa famille pendant un épisode extrême :

Astuce :

Dans les îles isolées, prévoyez un moyen de recharge autonome (batterie solaire, power bank). Identifiez les points hauts du village pour capter le meilleur signal mobile afin d’envoyer un SMS rapide après une alerte. Si possible, équipez-vous d’un messager satellite (type inReach) pour émettre un SOS même en cas de panne des réseaux. Convenez à l’avance avec vos proches à l’étranger d’un protocole simple (comme un SMS « OK » ou un emoji) pour limiter la consommation de données dans les premières heures.

Là encore, comprendre les contraintes de bande passante est utile : dans un environnement saturé par les appels, un SMS ou un message court via un inReach a souvent bien plus de chances de passer qu’un long appel vidéo.

Optimiser concrètement ses communications au quotidien

Entre la théorie des débits et la réalité d’une connexion 3G capricieuse, il reste un pas à franchir : celui des petits réglages qui font la différence.

Tirer le meilleur parti d’un réseau fragile

Quelques gestes simples permettent d’améliorer la qualité des appels depuis les îles Salomon :

Astuce :

Pour garantir la meilleure qualité lors d’un appel vidéo, connectez-vous en Wi-Fi plutôt qu’en 3G/4G. Placez-vous près du routeur, évitez les obstacles et choisissez la bande 5 GHz pour la vitesse ou 2,4 GHz pour la portée. Fermez les applications inutiles (vidéos, téléchargements). En cas de problème audio, coupez la caméra. Sur Zoom, Teams ou Meet, désactivez la HD et réduisez la résolution. Enfin, testez votre débit avant un appel important pour ajuster vos attentes (visio, audio, durée).

Dans de nombreuses localités, la meilleure solution consiste à planifier les appels Internet à des heures où le réseau est moins chargé (tôt le matin, tard le soir), pour éviter les pics d’usage.

Penser « asynchrone » plutôt que tout en direct

Dans un contexte de bande passante limitée, tout n’a pas besoin d’être « en temps réel ». On peut très bien combiner :

Astuce :

Pour rester en contact lors d’un voyage dans une zone à connexion internet limitée ou intermittente, privilégiez des méthodes de communication asynchrones et légères. Envoyez de courts messages vocaux via WhatsApp ou Messenger lorsque le réseau est disponible, pour que vos proches puissent les écouter plus tard. Rédigez des e-mails détaillés hors connexion et programmez leur envoi dès que la liaison se rétablit. Pour partager des souvenirs visuels, optez pour un nombre limité de photos compressées plutôt que d’envoyer des albums entiers en haute définition, ce qui consomme beaucoup de bande passante.

La clé, c’est de distinguer ce qui doit absolument être synchrone (un appel important, une urgence) de ce qui peut se faire en différé (raconter sa semaine, envoyer des nouvelles des enfants, partager des photos).

Rester connecté, c’est aussi une question de choix et de priorités

Rester en contact depuis les îles Salomon n’est ni impossible, ni trivial. Tout dépend du lieu où l’on vit ou séjourne (Honiara n’est pas une île périphérique isolée), des moyens financiers (une antenne Starlink ne joue pas dans la même cour qu’une simple SIM prépayée) et du niveau d’exigence (visionner un match de foot en streaming n’est pas la même chose qu’envoyer un SMS rassurant).

On peut résumer les grandes lignes ainsi :

Exemple :

Pour maintenir le lien avec la France depuis les Îles Salomon, il est conseillé d’adapter ses moyens de communication selon sa localisation : dans les centres urbains, privilégier une carte SIM locale avec la 3G/4G pour la VoIP et les réseaux sociaux ; dans les villages à couverture limitée, miser sur les SMS, les appels vocaux classiques et des sessions Internet planifiées ; dans les îles sans réseau ou en mer, envisager un équipement satellite pour les urgences ; et pour l’envoi de colis, continuer d’utiliser Solomon Post et les transporteurs internationaux en vérifiant les formalités douanières.

En toile de fond, le gouvernement salomonais affiche une vision claire dans sa politique nationale des TIC : faire en sorte que les technologies de l’information soient accessibles, abordables et ouvertes à tous, pour un pays « en paix, uni et progressiste ». Entre tours 4G, câbles sous‑marins, licence Starlink et projets communautaires, cette ambition se traduit progressivement sur le terrain.

Bon à savoir :

En attendant une réelle amélioration de la connectivité entre Honiara et les îles extérieures, les habitants utilisent des solutions alternatives : le crédit téléphonique sert de monnaie d’échange, les radios communautaires et les points d’accès Internet dans les écoles sont essentiels, et les vidéos sont partagées via les messageries quand la connexion le permet. Pour maintenir le lien, il faut accepter cette réalité, adapter ses outils et ses attentes, et faire preuve de patience et d’inventivité.

Car au‑delà des câbles, des satellites et des forfaits, rester en contact depuis les îles Salomon reste d’abord une affaire de relations humaines, de respect du kastom et de ce tissu de solidarité que résume si bien le mot wantok – ces « gens de même parole » avec qui, malgré la distance et les contraintes techniques, on continue de partager des nouvelles, des histoires… et un sentiment d’appartenance commune.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Îles Salomon, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur fiscalité favorable aux non‑résidents, l’absence d’impôt sur la fortune et la possibilité de mettre en place des structures d’investissement internationales, tout en profitant d’un coût de vie nettement inférieur à celui de la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat d’un logement principal, coordination avec les organismes de santé français, transfert de résidence bancaire vers un établissement compatible offshore, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, consultant immigration, professionnels bilingues) et restructuration patrimoniale internationale.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :