Les quartiers les plus prisés par les expatriés en Tanzanie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Tanzanie, ce n’est pas seulement choisir un pays entre safari, plages de l’océan Indien et montagnes mythiques. Pour les expatriés, tout commence par une question très concrète : dans quel quartier vivre au quotidien, avec des trajets acceptables, une bonne connexion internet, des écoles adaptées et un sentiment de sécurité suffisant pour y élever une famille ou travailler sereinement ?

Bon à savoir :

Les expatriés en Tanzanie se concentrent principalement dans des quartiers spécifiques de Dar es Salaam, Arusha et Zanzibar. Ces zones, qualifiées de ‘bulles expat’, offrent des profils, des niveaux de prix et des ambiances très distincts. Le choix du quartier peut être guidé par une analyse du marché immobilier, des conditions de sécurité, des niveaux de loyer et de la disponibilité des services.

Dar es Salaam : le cœur battant de la vie expat

Dar es Salaam concentre l’essentiel de la communauté expatriée du pays. Plus grande ville et principal hub économique de la Tanzanie, elle mêle port, sièges d’entreprises, centres commerciaux, hôpitaux privés, universités et un nombre important d’organisations internationales. Logiquement, c’est là que l’on retrouve la plus forte offre de quartiers “formatés” pour les besoins des étrangers.

Le marché immobilier de la ville est en pleine expansion, avec des hausses de prix régulières – autour de 5 à 7 % par an pour les logements – et des rendements locatifs intéressants, souvent compris entre 6 et 9 % dans les secteurs les plus recherchés. Cette tension sur la demande provient autant des Tanzaniens aisés que des diplomates, cadres d’ONG, consultants, retraités et investisseurs étrangers.

Dans ce paysage urbain dense, quatre grands ensembles se détachent pour les expatriés : la péninsule de Msasani (avec Masaki et Oyster Bay), Mikocheni, Upanga et les zones résidentielles en développement comme Kigamboni, Bahari Beach ou Mbezi.

Masaki et Oyster Bay : le “golden triangle” des expatriés

Sur la péninsule de Msasani, Masaki et Oyster Bay sont devenus les emblèmes de la vie “à l’expat” à Dar es Salaam. Ce sont les adresses que l’on cite systématiquement lorsqu’on parle d’ambassades, de villas avec piscine et d’écoles internationales.

Ces deux quartiers cumulent plusieurs éléments qui expliquent leur statut de valeurs sûres. Ils concentrent une part importante de résidents étrangers, jusqu’à environ 15 % de la population à Masaki et 10 à 15 % à Oyster Bay. On y croise ambassadeurs, diplomates, responsables de missions étrangères, dirigeants d’entreprise mais aussi de nombreux Tanzaniens très aisés. L’anglais y est presque aussi présent que le swahili, ce qui facilite l’intégration des nouveaux arrivants.

Sur le plan urbain, ces secteurs offrent des rues relativement bien tracées par rapport au reste de la ville, une végétation abondante et surtout l’accès direct au front de mer. Oyster Bay aligne des maisons et immeubles qui surplombent l’océan, avec Coco Beach comme grande plage urbaine, en cours de réaménagement pour améliorer la sécurité, l’hygiène et l’attractivité touristique. Masaki, sur la pointe nord de la péninsule, dispose de la célèbre bande de Coral Beach, avec ses hôtels et restaurants les pieds dans l’eau.

Attention :

Le confort des quartiers résidentiels haut de gamme de Dar es Salaam a pour contrepartie un coût de la vie nettement supérieur à la moyenne de la ville et un sentiment d’isolement dans une « bulle diplomatique », coupée du reste de la Tanzanie. Le marché immobilier est dominé par des villas avec jardin et piscine, ainsi que par des immeubles modernes sécurisés offrant des équipements similaires.

Voici un aperçu des niveaux de prix pour l’achat et la location dans ces quartiers privilégiés, par rapport à d’autres secteurs prisés de la ville.

QuartierPrix moyen à l’achat (USD/m²)Loyer mensuel 1 ch. (USD)Loyer moyen 2 ch. (USD)Niveau de sécurité perçu
Masaki1 400 – 1 800600 – 8001 500 (non meublé), 2 500–3 000 (meublé)Très élevé
Oyster Bay1 400 – 1 700550 – 7501 500 (non meublé), 2 500–3 000 (meublé)Très élevé
Msasani Peninsula (global)1 200 – 1 500500 – 700500 – 1 200 (selon standing)Moyen à élevé
Mikocheni800 – 1 200350 – 500~3 000 000 TZS non meubléMoyen
Kigamboni600 – 1 000300 – 450Fortement variableMoyen
Upanga1 000 – 1 300450 – 650Variable selon immeubleMoyen à élevé

Au-delà des chiffres, ce qui mobilise les expatriés vers Masaki et Oyster Bay, ce sont les services. Supermarchés haut de gamme comme Shoppers Plaza ou Shrijee’s permettent de trouver produits importés, fromages européens ou céréales nord-américaines. Des centres tels que The Slipway (front de mer avec boutiques, restaurants, cinéma, art gallery et appartements serviced) ou Oysterbay Shopping Centre constituent de véritables “places de village expat” où l’on croise collègues, voisins et familles.

Les écoles internationales les plus réputées, comme l’International School of Tanganyika (IST) et, un peu plus loin, Haven of Peace Academy (HOPAC), se trouvent à proximité, ce qui limite les trajets dans un contexte de trafic très dense. Les hôpitaux et cliniques privées de premier plan restent également accessibles en un temps raisonnable depuis ces quartiers.

Côté sécurité, tout est conçu pour rassurer : présence massive de gardes privés aux entrées d’immeubles, rondes de patrouilles, maisons ceintes de hauts murs parfois électrifiés, vidéo-surveillance dans les résidences les plus modernes. Les statistiques locales évoquent des niveaux de petite délinquance nettement inférieurs à ceux de districts plus populaires. Cela ne dispense pas de prudence – en particulier le long de Coco Beach après la tombée de la nuit – mais ces zones restent considérées comme parmi les plus sûres du pays.

Msasani : la version plus mixte et plus dense de la péninsule

Toujours sur la péninsule, le quartier de Msasani proprement dit offre un profil plus contrasté. On y trouve un mélange de foyers à faibles revenus et de ménages plus aisés, avec une diversité de logements allant des bâtiments simples à des résidences de bon standing. Les loyers y sont très variables, de 400 000 à 2,5 millions de shillings tanzaniens par mois selon le type de logement.

Cette hétérogénéité attire un public large, y compris des expatriés au budget plus serré ou souhaitant vivre dans un environnement moins “formaté”. L’ambiance y est plus typiquement urbaine, avec des rues étroites, un tissu commercial foisonnant, une forte présence de petits restaurants semi-locaux comme Arizona ou BBQ Village, et une grande facilité pour faire ses courses à pied.

Astuce :

La densité et le caractère parfois informel du bâti peuvent dérouter les nouveaux venus. La sécurité y est jugée correcte, bien que moins stricte que dans des quartiers comme Masaki ou Oyster Bay. Il est fréquent de voir des immeubles haut de gamme côtoyer des habitats plus précaires, cette cohabitation pouvant changer d’une rue à l’autre.

Mikocheni : compromis entre standing, budget et centralité

À l’intérieur des terres, Mikocheni est l’un des quartiers qui montent dans les préférences des expatriés. Situé juste à l’ouest de la péninsule, il profite d’une excellente accessibilité vers le nord, le sud, l’est et l’ouest de Dar es Salaam grâce à des axes comme Mwai Kibaki Road ou Old Bagamoyo Road.

Mikocheni attire une population de revenus moyens à élevés, avec une présence étrangère estimée entre 3 et 5 %. Surtout, il se positionne clairement comme une alternative moins coûteuse aux adresses emblématiques de la péninsule tout en offrant une sécurité correcte et un cadre de vie adapté aux familles. L’augmentation du nombre d’immeubles résidentiels récents reflète cette demande croissante.

Les loyers d’un appartement d’une chambre tournent aux alentours de 350 à 500 USD, en dessous de ce que l’on trouve à Masaki ou Oyster Bay. Pour un deux-pièces, les bailleurs réclament couramment environ 3 millions de shillings non meublé, 5,5 millions meublé. À l’achat, le mètre carré est aussi sensiblement moins cher que sur la péninsule.

L’environnement est un mélange de bureaux – Mikocheni abrite plus de sièges d’entreprise que Masaki ou Oyster Bay – et de zones résidentielles, avec une offre de bars et restaurants plus “local-semi local” que véritablement haut de gamme. Le gigantesque centre commercial Mlimani City, situé à proximité, sert de point d’ancrage pour les courses, les sorties ciné ou les repas en famille.

Le principal bémol concerne l’infrastructure : coupures d’eau plus fréquentes que dans les quartiers diplomatiques, voirie parfois encombrée, circulation saturée aux heures de pointe. Mais pour de nombreux expatriés au budget encadré, ce compromis entre standing, localisation centrale et loyers reste particulièrement attractif.

Upanga : vieux faubourg central à la clientèle cosmopolite

Upanga incarne une autre facette des préférences expat à Dar es Salaam. Ce vieux faubourg arboré, tout proche du centre-ville, se distingue par ses immeubles aux accents coloniaux, sa communauté asiatique bien implantée et sa proximité avec de nombreuses institutions, hôpitaux et administrations.

Avec une proportion d’expatriés située entre 5 et 8 %, Upanga séduit un public qui cherche un cadre plus “urbain classique” et moins balnéaire que la péninsule. Des hôtels internationaux comme le Crowne Plaza y ont élu domicile, de même que des restaurants indiens réputés. Certaines écoles et établissements confessionnels y attirent aussi des familles étrangères.

550

Le loyer médian d’un appartement d’une chambre se situe à 550 USD dans le secteur entre Mikocheni et Masaki.

Kigamboni, Bahari Beach, Mbezi : les options plus calmes… et plus lointaines

Pour les expatriés qui rêvent de tranquillité et de jardin à prix encore abordable, plusieurs quartiers en périphérie connaissent un véritable engouement.

Kigamboni, accessible via un pont récent, est en pleine transformation en banlieue résidentielle. Les plages y sont plus calmes que sur la péninsule, les terrains et maisons encore relativement bon marché pour un front de mer, et les perspectives de plus-value intéressantes grâce aux infrastructures en développement. La contrepartie est un temps de trajet plus long vers le centre, surtout aux heures de pointe, et des services qui restent moins denses qu’en ville. Les loyers pour un appartement d’une chambre oscillent entre 300 et 450 USD.

Bahari Beach et Mbezi, situés au nord de la ville, offrent un cadre essentiellement résidentiel pour des ménages de revenus moyens à élevés, y compris un certain nombre d’expatriés et de retraités étrangers. Bahari Beach est réputé très sûr, avec peu de criminalité et des parcelles spacieuses dont le prix a doublé en quelques années. À Mbezi, la dynamique est similaire, avec une montée en puissance des supermarchés, bars, restaurants, stations-service et bureaux. Les loyers d’une maison de trois chambres à Mbezi se situent autour de 2,1 millions de shillings non meublée.

Ces secteurs demandent toutefois de posséder une voiture, car la desserte en transports publics reste limitée et les distances familiales-services sont significatives.

Quartiers plus populaires : attirer des expats au budget serré

Enfin, certains quartiers traditionnellement vus comme “classiques” pour la classe moyenne tanzanienne – Kinondoni, Sinza, Kijitonyama, Tegeta ou encore Msasani dans sa partie la plus dense – accueillent aussi une frange d’expatriés aux moyens plus limités, jeunes travailleurs ou volontaires, prêts à troquer un peu de confort et de sécurité contre des loyers bien inférieurs.

À Sinza, il n’est pas rare de trouver un logement à partir de 100 000 TZS par mois, ce qui attire étudiants et jeunes actifs. Kinondoni, très animé et central, propose une large palette de logements entre 250 000 et 800 000 TZS par mois, mais avec un niveau de petite criminalité plus élevé que dans les secteurs diplomatiques. Kijitonyama, proche des universités, mélange étudiants, jeunes familles et cadres débutants, avec des loyers de 150 000 à 400 000 TZS pour une maison de deux chambres.

Ces quartiers demeurent rarement le premier choix des familles expatriées, mais ils participent au tissu de la vie étrangère en Tanzanie, notamment pour les volontaires et travailleurs d’ONG au salaire modeste.

Arusha : les quartiers expat au pied du Kilimandjaro

À l’opposé du littoral, Arusha incarne un autre type de ville attractive pour les étrangers. Située sur les pentes du Mont Meru, à l’entrée du fameux “circuit nord” des safaris (Serengeti, Tarangire, Ngorongoro), elle concentre ONG, agences de voyages, hôtels, organisations internationales et tribunaux onusiens. Cette fonction de carrefour diplomatique et touristique a poussé à l’installation d’une communauté expatriée dense et variée.

Avocats internationaux, employés d’ONG, fonctionnaires de l’EAC, chercheurs, hôteliers, opérateurs de safari, horticulteurs, missionnaires et consultants partagent la ville avec une importante population locale métissée (Africains, Arabes, Indiens, minorité européenne). Pour des personnes rémunérées aux standards internationaux, Arusha reste globalement abordable, avec un coût de la vie inférieur ou comparable à celui de Dar es Salaam selon les sources.

Les loyers pour une maison familiale de quatre chambres se situent fréquemment entre 500 et 1 000 USD par mois, tandis qu’un appartement d’une chambre avec bonne connexion internet en centre-ville peut revenir autour de 200 USD. Un exemple concret évoque ainsi une maison de deux chambres et deux salles de bains à Njiro louée 400 000 TZS (environ 170 USD) par mois.

Comme à Dar es Salaam, les propriétaires demandent néanmoins plusieurs mois de loyer d’avance – souvent trois, six ou douze mois – ce qui nécessite un capital initial.

Njiro : la valeur refuge des expatriés et élites locales

Parmi les quartiers d’Arusha, Njiro est sans doute le plus cité dans les discussions expat. Ce faubourg en expansion, verdoyant, situé au sud-est de la ville, concentre un grand nombre de maisons modernes à l’architecture soignée, hôtels particuliers avec jardin, et résidences de standing. C’est à la fois un quartier prisé des expatriés et des Tanzaniens aisés.

Exemple :

Njiro est un quartier d’Arusha caractérisé par des routes bien entretenues et une infrastructure moderne, bénéficiant d’une croissance rapide. Les loyers y sont plus élevés que dans d’autres secteurs de la ville, mais demeurent compétitifs à l’échelle internationale. Le quartier offre également un cadre de vie agréable avec des commerces de proximité de qualité, des cafés et la présence d’un supermarché majeur, le Village supermarket, notamment à proximité des lotissements PPF.

Les communautés résidentielles fermées y sont nombreuses, offrant des maisons similaires à ce que l’on trouve dans les “compounds” de Dar es Salaam, avec gardes à l’entrée, clôture, générateur, parfois piscine commune ou terrain de jeu pour enfants.

Sakina, Themi, centre-ville : mosaïque de micro-quartiers

Les expatriés ne se limitent toutefois pas à Njiro. Plusieurs autres secteurs connaissent une forte présence étrangère.

Sakina, sur les pentes du Meru au nord de la ville, est en plein essor. Il s’agit d’une zone de constructions neuves, bien située pour ceux qui veulent profiter de vues imprenables sur la montagne, tout en restant à distance raisonnable du centre. C’est aussi une zone où se développent des compounds comme Westlands, qui regroupe appartements, écoles, maisons de location, commerces et lodges touristiques, le tout à proximité de la grande route et de mini-supermarchés.

Themi, au sud-est, est perçu comme un quartier résidentiel huppé, calme, arboré, plus exclusif. Les maisons y sont cossues, les rues relativement calmes, ce qui attire des expatriés en quête de tranquillité sans s’éloigner exagérément des services urbains.

Le centre-ville lui-même, autour du Central Business District, héberge aussi une portion de la communauté étrangère, souvent des célibataires ou des couples sans enfants qui privilégient la proximité des bureaux, des restaurants et des lieux de sortie, quitte à accepter un environnement plus bruyant et des logements parfois plus petits.

Les lotissements sécurisés : Dolly Estate, PPF, Westlands, Kwa Mawala, Kili Golf

Une particularité d’Arusha tient à la présence de grands lotissements fermés, qui concentrent une forte proportion d’expatriés et de Tanzaniens très aisés.

Dolly Estate, Usa River

Un projet résidentiel d’exception orienté ‘vie à la campagne’, offrant une qualité de vie exceptionnelle aux familles expatriées, loin du tumulte urbain.

Vastes Propriétés

Des terrains spacieux et des villas de grand standing au cœur d’une ambiance de club résidentiel.

Terrains de Golf

Profitez de vastes terrains de golf intégrés au projet pour les amateurs de loisirs et de détente.

Jardins & Nature

Un environnement préservé avec de magnifiques jardins, idéal pour une vie sereine à la campagne.

Le lotissement PPF, dans le secteur de Njiro, est considéré comme l’un des pionniers des gated communities à Arusha. Il propose de belles maisons, un réseau routier goudronné interne, et une population majoritairement composée d’étrangers et de Tanzaniens aisés.

Kwa Mawala, à proximité d’Aim Mall (qui accueille Village supermarket, un cinéma et des restaurants), combine tranquillité résidentielle et bonne accessibilité aux commerces modernes. Westlands, dans le secteur de Sakina, est un autre exemple de lotissement complet, avec écoles, appartements de standing (Millennium Luxury Apartments), maisons spacieuses à louer et lodges touristiques réputés.

Enfin, Kili Golf, en périphérie d’Arusha, constitue une enclave pour amateurs de golf, avec des villas et maisons intégrées à un parcours, ciblant un public international.

Ces ensembles associent généralement sécurité renforcée, gestion des services (eau, électricité, gardiennage) et proximité d’infrastructures recherchées (écoles internationales, cliniques, supermarchés).

Ilala et les quartiers “nomades digitaux”

Arusha attire aussi une population croissante de travailleurs à distance, séduits par le climat tempéré (autour de 25 °C en moyenne grâce à l’altitude), la proximité des parcs nationaux et un coût de la vie raisonnable. Pour ces profils, la priorité se porte souvent sur la connexion internet, la proximité de cafés avec Wi-Fi fiable et un environnement urbain animé.

Le quartier d’Ilala est présenté comme particulièrement adapté, avec une vie nocturne dynamique, de nombreux cafés et restaurants, et un accès simple au centre. Les espaces de coworking formels sont encore rares, mais plusieurs cafés – Picasso, Africafe, Fifi’s Café – ainsi que certains hôtels comme le Four Points by Sheraton fournissent une connexion suffisante pour les besoins du télétravail.

Description du quartier d’Ilala

Écoles internationales et vie quotidienne

Arusha compte un nombre étonnamment élevé d’écoles internationales pour une ville de cette taille, conséquence directe du rôle de hub touristique et onusien. Parmi les plus connues figurent International School Moshi (campus d’Arusha), Arusha Meru International School, Braeburn School, St Constantine’s International School, UWC East Africa (campus d’Arusha) et Kennedy House International School.

Ce maillage scolaire contribue beaucoup à la structuration de quartiers comme Njiro ou les lotissements périphériques, les familles cherchant à réduire autant que possible les temps de trajet dans une ville où les routes sont parfois en mauvais état et où un véhicule 4×4 reste souvent indispensable.

Coût de la vie et logement : Arusha versus Dar es Salaam

Les différentes sources de données comparant Arusha et Dar es Salaam donnent des résultats parfois contradictoires sur le coût de la vie global. Certaines évaluations présentent Arusha comme 5 % plus chère, d’autres estiment au contraire Dar es Salaam 18 % plus onéreuse en termes de coût mensuel pour un ménage.

En réalité, les écarts varient fortement selon les postes : la restauration peut être nettement plus coûteuse à Arusha, certains loyers également, alors que d’autres domaines comme la garde d’enfants, le sport ou les loisirs restent moins chers. Dans l’ensemble, pour un expatrié au revenu international, les deux villes sont jugées abordables, et le choix se fait davantage sur le style de vie (balnéaire vs montagne, grande métropole vs ville moyenne, climat chaud et humide vs climat tempéré) que sur quelques points de pourcentage de différence de prix.

Zanzibar : Stone Town, plages du nord et “bulle expat” insulaire

Même si la plupart des expatriés résidents permanents se concentrent à Dar es Salaam et Arusha, Zanzibar attire une communauté plus diffuse, souvent composée de digital nomads, d’entrepreneurs du tourisme, de retraités ou de profils en “semi-résidence” alternant plusieurs pays.

Sur l’île principale (Unguja), l’épicentre urbain est Zanzibar City, dont le cœur historique, Stone Town, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mélange ruelles labyrinthiques, maisons en pierre de corail à balcons sculptés et marchés animés. C’est là que de nombreux étrangers choisissent d’habiter, notamment dans des appartements modernisés au sein de bâtiments anciens, parfois avec terrasse sur le toit et vue sur la mer.

Une expatriée évoque par exemple un appartement moderne de style occidental au quatrième étage, meublé façon Ikea, à dix minutes à pied du travail et vingt minutes de la plage. D’autres privilégient les plages du nord, comme Nungwi, en louant de petites maisons ou bungalows dans les villages locaux, avec des budgets mensuels pouvant descendre à 214 USD pour un logement d’une chambre (services compris), auxquels s’ajoutent parfois les coûts d’un gardien de nuit, d’un cuisinier ou d’un jardinier.

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Budget mensuel estimé pour vivre à Nungwi, incluant logement, personnel de maison, nourriture et boissons.

Zanzibar compte aussi une scène croissante de locations courte durée, avec plus de 300 annonces actives sur les plateformes spécialisées, un tarif journalier moyen autour de 50 USD et une occupation d’environ 150 nuits par an, ce qui en fait un terrain apprécié des investisseurs cherchant des revenus saisonniers.

Stone Town, avec ses cafés à Wi-Fi, ses espaces communautaires pour expatriés comme Uzima Community Space (yoga, bien-être, ateliers), ses restaurants internationaux et ses ruelles où tout le monde finit par connaître votre visage, concentre une bonne partie de la vie sociale étrangère. Mais les plages du sud et de l’est (Paje, Jambiani) séduisent de plus en plus les télétravailleurs à la recherche d’un équilibre entre travail à distance et sports nautiques (kite, plongée, paddle).

Comparaison des principaux pôles expat : Dar es Salaam, Arusha, Zanzibar

Pour mieux situer les quartiers évoqués dans l’ensemble du paysage tanzanien, il est utile de comparer les trois grands foyers d’expatriation que sont Dar es Salaam, Arusha et Zanzibar.

Ville / ZoneType de vie dominanteQuartiers expat pharesAtouts majeursInconvénients fréquents
Dar es SalaamMétropole côtièreMasaki, Oyster Bay, Msasani, Mikocheni, Upanga, Kigamboni, Bahari Beach, MbeziAmbassades, écoles internationales, hôpitaux, emplois, plages, infrastructuresTrafic intense, chaleur humide, coût immobilier élevé dans les zones premium
ArushaVille de montagne et de safariNjiro, Sakina, Themi, centre-ville, compounds (Dolly Estate, PPF, Westlands, Kili Golf)Climat tempéré, safaris, forte communauté ONG/ONU, coûts souvent abordablesRoutes dégradées, besoin de 4×4, services spécialisés limités
Zanzibar (Unguja)Île touristique et historiqueStone Town, Nungwi, Paje, autres villages côtiersPlages, ambiance “île”, coût modéré hors zones ultra-touristiques, communauté internationale mobileMarché de l’emploi local restreint, infrastructures inégales, forte saisonnalité

Pour les familles avec enfants en âge scolaire, Dar es Salaam et Arusha offrent des réseaux d’écoles internationales plus denses et variés, qu’il s’agisse de programmes IB, britanniques ou mixtes. À Dar es Salaam, IST, DIA, HOPAC, Aga Khan ou Braeburn figurent parmi les options privilégiées, avec des frais pouvant grimper jusqu’à plus de 30 000 USD par an pour les classes supérieures. À Arusha, UWC East Africa, St Constantine’s, Braeburn ou International School Moshi répondent aux standards internationaux avec des cursus adaptés aux mobilités futures des élèves.

Bon à savoir :

Zanzibar convient particulièrement aux couples, célibataires, retraités et aux familles avec de très jeunes enfants. Elle s’adresse également aux personnes disposées à opter pour la scolarisation en ligne ou des solutions hybrides pour leurs enfants.

Sécurité, infrastructures et qualité de vie : ce que pèsent vraiment les quartiers

Lorsqu’un expatrié choisit un quartier en Tanzanie, trois critères dominent généralement : la sécurité, l’accessibilité (transport, distance au travail et aux écoles) et les infrastructures (eau, électricité, internet, santé, commerces).

Sur le volet sécurité, quelques constantes se dégagent. À Dar es Salaam, Masaki, Oyster Bay et Upanga jouissent d’une réputation de zones très sûres, soutenue par une présence importante de forces de l’ordre, de sociétés de sécurité privée et de dispositifs communautaires (watch systems). Les taux de petit banditisme y sont plus faibles que dans des districts plus populaires comme Kinondoni, Kariakoo ou certaines parties de Temeke, où les vols à l’arraché, cambriolages et autres délits mineurs sont plus fréquents.

Attention :

Dans les quartiers périphériques récents (Bahari Beach, Mbezi, Kigamboni), la sécurité est généralement bonne mais dépend de la vigilance individuelle, de la présence de gardiens et de la qualité des clôtures. Les expatriés ont presque systématiquement recours à des veilleurs de nuit, à Dar es Salaam, Arusha ou Zanzibar.

Les infrastructures, elles, varient d’un quartier à l’autre. En ville, les appartements avec générateur de secours et réserves d’eau sont devenus la norme dans les résidences haut de gamme, compensant les coupures régulières du réseau national. Dans les quartiers centraux et expatriés de Dar es Salaam, la durée moyenne des pannes d’électricité est estimée à 1 à 4 heures par mois, alors qu’elle peut grimper jusqu’à une dizaine d’heures dans les zones périphériques comme certaines parties de Kigamboni ou Mikocheni. Les mêmes contrastes existent pour les interruptions de distribution d’eau.

30

C’est le débit moyen en Mbps du téléchargement internet à Dar es-Salaam, la capitale économique de la Tanzanie.

Sur le registre sanitaire, les expatriés installés dans les quartiers phares de Dar es Salaam bénéficient de la proximité d’hôpitaux privés réputés comme Aga Khan Hospital ou Regency Medical Centre, ainsi que de cliniques spécialisées. À Arusha, plusieurs hôpitaux privés et confessionnels (Arusha Lutheran Medical Center, Selian Hospital, AICC Hospital) prennent en charge une bonne partie des besoins courants, mais les cas graves peuvent nécessiter une évacuation vers Dar es Salaam ou l’étranger, d’où l’importance d’une assurance santé avec option évacuation.

Quel quartier choisir en fonction de son profil ?

La diversité des quartiers prisés par les expatriés en Tanzanie permet à chacun de trouver, en théorie, une solution adaptée à sa situation et à ses préférences.

Un diplomate ou un dirigeant d’entreprise venant avec sa famille, soucieux de minimiser les risques sécuritaires, de placer ses enfants dans une école internationale de haut niveau et de réduire les temps de trajets, privilégiera presque mécaniquement Masaki, Oyster Bay ou Upanga. Le coût élevé des loyers y sera absorbé par un package d’expatriation généreux.

Bon à savoir :

Pour les expatriés (cadres d’ONG, entrepreneurs, salariés internationaux) sans logement de fonction, les quartiers de Mikocheni à Dar es Salaam et Njiro à Arusha offrent un bon équilibre entre loyer, qualité de vie et proximité des services. Ils permettent un mode de vie confortable de type occidental avec des budgets de loyer encore raisonnables.

Un digital nomad ou un freelance du web, attiré par la nature et l’aventure, pourra miser sur Arusha – dans des quartiers comme Ilala, Sakina ou certaines zones du centre – pour profiter d’un climat agréable et de cafés à bonne connexion, ou bien sur Stone Town, Nungwi et Paje à Zanzibar pour combiner travail à distance et mer turquoise, quitte à accepter une infrastructure parfois moins stable.

Bon à savoir :

Les expatriés à revenu modeste, volontaires, stagiaires ou étudiants peuvent trouver des loyers bas dans les quartiers populaires de Dar es Salaam (Sinza, Kijitonyama, certaines parties de Kinondoni ou Msasani). Il faut cependant composer avec une densité élevée, une sécurité moins garantie et un environnement plus bruyant.

Dans tous les cas, la règle non écrite est la même : visiter en personne, de jour comme de nuit, plusieurs quartiers et plusieurs logements avant de signer, discuter avec les expatriés déjà installés via les réseaux sociaux ou les clubs locaux (InterNations, groupes Facebook type “Expats in Dar es Salaam” ou “Arusha Expats”), et évaluer non seulement le prix mais aussi l’ensemble du “package” – sécurité, écoles, santé, trafic, coupures d’eau et d’électricité, accessibilité à l’aéroport ou aux parcs.

Conclusion : une géographie expat qui reflète les mutations de la Tanzanie

Les quartiers les plus prisés par les expatriés en Tanzanie ne sont pas figés. L’essor d’infrastructures majeures, comme les nouveaux ponts, les routes améliorées ou la ligne de chemin de fer à écartement standard, redistribue progressivement les cartes. Des secteurs comme Kigamboni à Dar es Salaam ou certains lotissements en périphérie d’Arusha voient déjà leur cote grimper à mesure que les accès se renforcent et que la classe moyenne tanzanienne s’étoffe.

Bon à savoir :

À Dar es Salaam, les quartiers de Masaki et Oyster Bay (péninsule de Msasani) sont les plus prisés par les expatriés aisés. Dans le nord du pays, autour d’Arusha, les secteurs de Njiro, Sakina et les compounds sont la base de la communauté internationale. À Zanzibar, les résidents, souvent liés au tourisme ou au télétravail, alternent entre Stone Town, les plages du nord et celles de l’est.

Derrière les cartes postales de safari et de plages, ces quartiers racontent une autre histoire : celle d’un pays qui s’urbanise, s’ouvre aux investissements étrangers, et voit se multiplier des poches urbaines où se côtoient, parfois sans vraiment se rencontrer, élites locales, expatriés de passage et habitants des classes moyennes émergentes. Pour l’étranger qui arrive, bien choisir son quartier, c’est entrer dans l’une de ces réalités, avec ses avantages, ses compromis et sa manière particulière de vivre la Tanzanie au quotidien.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tanzanie, Maurice, Grèce, Chypre), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tanzanie pour sa fiscalité attractive pour les non‑résidents, son coût de vie nettement inférieur à celui de la France (Dar es Salaam ou Arusha bien moins chers que Paris), son accès à des opportunités immobilières et touristiques en croissance, ainsi qu’un cadre de vie tropical. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du permis de séjour tanzanien, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable anglophone/swahili) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), afin de réduire la pression fiscale globale tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition via convention FR‑TZ, adaptation culturelle et juridique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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