S’installer en Tasmanie pour travailler, lancer un projet ou changer de vie, c’est enthousiasmant… et déroutant. Sur une île où « qui vous connaît » compte souvent autant que « ce que vous savez faire », votre réseau devient rapidement votre meilleur allié. Pour un expatrié, tisser ce maillage relationnel ne relève pas du hasard mais d’une stratégie patiente, très ancrée dans la culture australienne du « mateship », ce mélange de solidarité, camaraderie et soutien mutuel.
Pour développer un réseau efficace en Tasmanie, il est essentiel de comprendre la culture locale, d’utiliser les outils digitaux, de participer à la vie économique, associative et universitaire, et d’avoir recours au mentorat et aux entretiens informatifs.
Comprendre la culture réseau en Tasmanie
Avant de multiplier les cartes de visite, il faut saisir le « code social » local. La Tasmanie partage les grandes lignes de la culture professionnelle australienne, tout en ayant une taille de marché qui renforce l’importance des relations de proximité.
L’environnement de travail australien est réputé pour être direct, détendu et égalitaire. Les hiérarchies sont relativement plates, tout le monde ou presque se tutoie et l’on s’adresse aux managers par leur prénom. Les conversations vont droit au but, mais dans un ton souvent décontracté, avec beaucoup d’humour. Cette combinaison d’informalité et de professionnalisme se retrouve dans les événements de réseautage, qui ressemblent parfois davantage à une soirée entre amis qu’à un cocktail ultra-codifié.
Le principe de « mateship » (camaraderie) influence profondément les relations professionnelles en Australie, notamment en Tasmanie. Il est essentiel de privilégier la relation, la loyauté et l’entraide, et de se méfier des approches perçues comme purement opportunistes ou transactionnelles. Les comportements fondés sur le principe « donner avant de recevoir » sont particulièrement valorisés et appréciés.
Dans un État de taille modeste comme la Tasmanie, ce facteur est démultiplié. Les réseaux sont denses, les écosystèmes sectoriels resserrés, et une bonne partie des opportunités circule de bouche à oreille. Cela signifie qu’un réseau relativement réduit mais de grande qualité, où l’on se connaît vraiment, peut peser beaucoup plus qu’une accumulation de contacts superficiels.
Se préparer : objectifs clairs et message percutant
Développer un réseau utile commence bien avant de franchir la porte d’un événement. La première étape consiste à clarifier ce que l’on recherche. Cavaler d’un cocktail à l’autre sans boussole risque surtout d’épuiser un expatrié déjà en phase d’adaptation.
Fixer des objectifs concrets – trouver un emploi dans un secteur précis, identifier des clients potentiels, repérer des mentors, comprendre les pratiques de recrutement locales – permet de sélectionner les bons lieux, les bonnes associations, les bons interlocuteurs. La cartographie de son réseau existant (anciens collègues, camarades de promotion, contacts d’anciens employeurs déjà basés en Australie, alumni de son université présents en Tasmanie) donne une première base souvent sous-exploitée.
Pour des interactions efficaces en Australie, préparez un court pitch personnel clair et direct. Présentez-vous en quelques phrases : expliquez ce que vous faites, ce que vous cherchez et ce que vous pouvez apporter. Adaptez ce discours à votre interlocuteur (entrepreneur, DRH, bénévole) pour capter son attention, car un message trop long ou flou sera rapidement perdu.
Tenir un journal de réseautage peut sembler fastidieux, mais c’est un outil redoutablement efficace : y noter les personnes rencontrées, le contexte, les sujets abordés, les points communs repérés, les actions de suivi prévues. Dans un environnement où le suivi personnalisé est un marqueur de sérieux, cet effort structurel maximise les chances de transformer une rencontre en relation durable.
S’approprier les codes de communication australiens
Pour un expatrié, la barrière la plus sous-estimée n’est pas toujours la langue, mais la manière de s’en servir. L’Australie est un pays à communication « low context » : on dit ce que l’on pense assez clairement, sans trop compter sur les sous-entendus. Dire « non » ou exprimer un désaccord n’a rien de choquant si c’est fait calmement et avec respect.
La plaisanterie et le sarcasme sont présents même au travail, ce qui peut dérouter au départ. Mieux vaut cependant les utiliser avec parcimonie tant que l’on n’a pas pris la mesure de ce qui se fait ou non dans un groupe donné. À l’inverse, un sourire, un contact visuel franc, une posture ouverte sont perçus comme des signaux d’engagement et de sincérité.
Plus de 200 origines culturelles différentes sont représentées en Australie.
Enfin, les sujets de « small talk » sont loin d’être superficiels : dans un pays où les relations personnelles comptent, quelques minutes passées à discuter de sport, de paysages tasmaniens, de cuisine locale ou de randonnées valent souvent mieux qu’un déballage de CV. Éviter en revanche les terrains jugés trop privés ou sensibles (argent, santé détaillée, drames familiaux, diatribes contre l’Australie) aide à ne pas casser la dynamique relationnelle.
Combiner intelligemment networking en ligne et rencontres physiques
Un réseau tasmanien solide repose sur un équilibre entre présence digitale et ancrage local. Les plateformes professionnelles comme LinkedIn permettent de repérer rapidement qui fait quoi dans l’île, tandis que les événements physiques donnent de la profondeur humaine à ces connexions.
LinkedIn joue un rôle particulièrement structurant en Australie. Le taux de pénétration y est très élevé, et les recruteurs comme les employeurs y puisent largement leurs candidats. Pour un expatrié, soigner son profil est donc un passage obligé : photo professionnelle, titre clair qui indique le type de valeur apportée, résumé orienté vers le marché australien, compétences pertinentes aux yeux des acteurs locaux.
La filiale tasmanienne de l’Australian Computer Society anime une communauté LinkedIn dédiée aux débutants de carrière en informatique sur l’île. Cette plateforme sert de passerelle pour connecter les étudiants, les jeunes diplômés et les professionnels établis, illustrant comment une présence active (commentaires, partage d’analyses, participation à des groupes) augmente la visibilité et facilite les approches « à froid ».
Mais les échanges en ligne ont leurs limites : on n’y perçoit ni l’odeur d’un café de Salamanca ni la dynamique d’un groupe réuni dans une salle de la Tasmanian Chamber of Commerce and Industry. Les témoignages d’expatriés qui ont d’abord échangé en ligne avant de se rencontrer à Hobart sont clairs : la rencontre « en vrai » crée un lien émotionnel et une compréhension mutuelle incomparables. Le bon réflexe consiste donc à utiliser le digital comme tremplin vers le présentiel, et non comme substitut.
S’insérer dans le tissu économique : TCCI, BNAA et réseaux d’affaires
Pour un expatrié qui souhaite comprendre rapidement « qui compte » dans l’économie locale, la Tasmanian Chamber of Commerce and Industry (TCCI) est un passage quasi obligé. Cette organisation indépendante, financée par ses membres, représente directement plus de 1 500 entreprises tasmaniennes, et près de 20 000 lorsqu’on inclut son réseau de chambres régionales au sein du Tasmanian Chamber Alliance.
La TCCI propose un calendrier copieux d’événements : petits déjeuners avec des dirigeants, déjeuners thématiques, conférences sectorielles, rencontres avec des responsables publics, ateliers de formation. Pour un nouveau venu, ces rendez-vous sont une mine de contacts potentiels dans des secteurs variés, de l’aquaculture à la banque (on retrouve ainsi des partenaires comme Huon Aquaculture, MyState Bank, l’Université de Tasmanie ou l’aéroport de Hobart).
Un aperçu synthétique des avantages offerts par les différentes structures d’accueil pour faciliter l’installation et l’intégration des expatriés.
Permet de rencontrer d’autres expatriés et de développer rapidement un cercle relationnel, réduisant ainsi l’isolement.
Offre une aide précieuse pour les démarches administratives, la recherche de logement ou l’inscription des enfants à l’école.
Fournit des conseils pratiques et des informations fiables sur la vie quotidienne, la culture et les usages du pays d’accueil.
Organise des événements et des activités pour découvrir la culture locale et favoriser l’échange interculturel.
| Structure / programme | Rôle principal | Intérêt pour un expatrié en Tasmanie |
|---|---|---|
| TCCI (Tasmanian Chamber of Commerce and Industry) | Chambre de commerce d’État, lobbying, événements, services aux entreprises | Accès direct aux décideurs, aux événements business, compréhension des enjeux économiques locaux |
| Tasmanian Chamber Alliance | Réseau de chambres régionales (Launceston, Devonport, etc.) | Ancrage régional, opportunités en dehors de Hobart, maillage territorial fin |
| BNAA (Business Networking Advantage Australia) | Réseau de recommandations d’affaires structuré | Développement de clientèle via le bouche-à-oreille et un système de réseautage formalisé |
| TMEC (Tasmanian Minerals, Manufacturing and Energy Council) | Organisation sectorielle industrie et énergie | Idéal si l’on vise les métiers industriels, miniers ou énergétiques |
| Business Tasmania | Plateforme d’information et calendrier d’événements | Vue d’ensemble sur conférences, ateliers, salons et programmes pour entreprises |
Fréquenter ces espaces suppose un peu de préparation. Les événements de 10 à 30 personnes sont souvent les plus féconds : suffisamment intimistes pour permettre de vraies conversations, assez fréquentés pour multiplier les rencontres. Arriver à l’heure, avoir quelques cartes de visite, avoir repéré les intervenants clés grâce à LinkedIn ou au site de l’organisateur, et cibler deux ou trois personnes à aborder rend l’exercice plus confortable.
La Tasmanie compte également un réseau structuré de groupes professionnels régionaux – comme le Northern Young Professionals Network (NYPN) qui organise cafés du vendredi matin, afterworks, dîners de gala annuels, panels de discussion – particulièrement indiqués pour les jeunes cadres ou les expatriés en début de carrière.
Tirer parti des associations professionnelles nationales implantées en Tasmanie
Au-delà des structures propres à l’île, de nombreuses associations professionnelles australiennes ont une présence ou un relais tasmanien : ingénieurs, comptables, marketeurs, informaticiens, DRH peuvent y trouver leur communauté.
Voici un aperçu de quelques associations utiles, avec leur utilité réseau :
| Association | Domaine | Apport pour le réseautage en Tasmanie |
|---|---|---|
| Engineers Australia | Ingénierie | Rencontres techniques, mentors, visibilité auprès d’employeurs publics et privés |
| CPA Australia / Chartered Accountants ANZ | Finance, comptabilité | Accès à des clubs locaux, mise à jour réglementaire, échanges entre pairs |
| Australian Computer Society (branch tasmanienne) | IT et numérique | Groupes LinkedIn, événements tech, liens avec universités et employeurs IT |
| Australian Human Resources Institute (AHRI) | Ressources humaines | Opportunités si l’on cible le recrutement, la formation, les RH stratégiques |
| Australian Marketing Institute | Marketing et communication | Partage de bonnes pratiques, études de cas, réseau d’agences et d’annonceurs |
| Startup Tasmania | Entrepreneuriat | Pitch nights, ateliers, rencontres avec investisseurs, autres fondateurs |
Pour un expatrié, ces associations offrent plusieurs avantages cumulatifs : intégration rapide dans une communauté métier, accès à des mentors, veille sectorielle, crédibilité accrue auprès des recruteurs qui y voient un signe d’engagement professionnel.
Les coûts d’adhésion existent – certaines associations commencent autour de quelques centaines de dollars par an – mais le retour sur investissement se mesure en opportunités de carrière, recommandations et apprentissages. Suivre, par exemple, le nombre de nouveaux contacts pertinents par mois ou de rendez-vous obtenus grâce à ces adhésions permet de juger objectivement de leur efficacité.
Université, formation et programmes de mentorat : des sas d’intégration puissants
La formation continue et les institutions académiques jouent en Tasmanie un rôle clé de passerelle entre expatriés et marché local. L’Université de Tasmanie ne se contente pas de délivrer des diplômes : elle organise des salons de l’emploi, des événements alumni et un Career Mentor Program qui met en relation étudiants et anciens pour des échanges structurés.
Pour un expatrié, reprendre des études ou suivre une certification en Australie permet d’adapter ses compétences aux standards locaux et d’intégrer un réseau d’anciens déjà actifs sur le marché. Les contacts établis lors de projets, stages ou ateliers peuvent déboucher sur des recommandations ou des introductions professionnelles.
En parallèle, la Tasmanie a développé de nombreux programmes de mentorat et d’accompagnement, publics ou privés. On peut citer :
Découvrez des initiatives clés conçues pour aider les nouveaux arrivants et les entrepreneurs à s’intégrer sur le marché du travail tasmanien et à développer leurs projets.
Partenariat entre Study Tasmania et le Migrant Resource Centre of Tasmania aidant les personnes immigrées à comprendre les secteurs d’activité locaux et à développer leurs compétences d’employabilité.
Organise des séances d’information par secteur, met en relation avec des opportunités de bénévolat, d’emploi ou d’entreprise, et renforce les compétences interculturelles.
Offre des conseils et du mentorat à l’échelle de l’État pour le soutien et le développement des petites entreprises.
Programmes spécialisés tels que le PMI Tasmania Chapter pour la gestion de projet ou des programmes ciblant les femmes dans des industries spécifiques comme les ressources.
Le principe du mentorat repose sur une relation d’apprentissage dans la durée, centrée sur la progression de la personne accompagnée. Pour l’expatrié, un mentor local expérimenté aide à décrypter les codes du marché tasmanien, à éviter les faux pas culturels, à orienter la recherche d’emploi ou de clients, et parfois à ouvrir des portes grâce à ses propres contacts.
Entretiens informatifs : l’arme discrète pour comprendre le marché tasmanien
Peu d’expatriés les pratiquent systématiquement alors qu’ils sont l’un des leviers les plus puissants pour se construire un réseau ciblé : les entretiens informatifs. Il s’agit d’échanges de 20 à 30 minutes avec un professionnel en poste, dont l’objectif n’est pas de décrocher immédiatement un emploi, mais de comprendre un secteur, un métier, une organisation, et de bâtir une relation.
Pour la Tasmanie, où une partie significative des emplois ne passe jamais par une annonce publique, ces entretiens prennent une dimension stratégique. Ils permettent :
Pour réussir votre intégration, il est essentiel de saisir les tendances locales (agriculture de niche, énergies renouvelables, santé, tourisme, tech), de comprendre les attentes implicites des employeurs (adaptabilité, travail en petite équipe, polyvalence), d’identifier les acteurs-clés (associations, événements, personnes) de l’écosystème, et de solliciter, en fin de conversation, une ou deux recommandations de contacts supplémentaires pour élargir votre réseau.
L’architecture type d’une démarche d’entretiens informatifs inclut l’identification de profils via LinkedIn, TCCI, associations ou alumni ; l’envoi d’un message personnalisé expliquant la demande d’échange ; la préparation d’une série de questions ouvertes sur le marché, le parcours de l’interlocuteur, les compétences recherchées ; la tenue de l’entretien dans une posture d’écoute active ; puis l’envoi d’un message de remerciement dans les 48 heures.
Ce processus, répété avec régularité, structure un réseau qualifié où chaque connexion a du sens, plutôt qu’un simple carnet d’adresses.
Volontariat et engagement communautaire : le raccourci culturel
En Tasmanie, la culture du bénévolat est solide et très valorisée. Pour un expatrié, s’impliquer dans une activité bénévole peut être la manière la plus rapide d’entrer en contact avec des locaux, de progresser en anglais dans des situations concrètes et de montrer sa volonté de contribuer au tissu social.
Joue un rôle pivot avec son service Volunteer Connect qui met en relation candidats bénévoles et organisations. Des structures très diverses recrutent : ONG nationales comme l’Australian Red Cross, associations locales (Design Tasmania, New Horizons Tasmania), services publics (NRE Tas pour l’environnement, bibliothèques, centres communautaires), organisations centrées sur les migrants comme le Migrant Resource Centre Tasmania ou le Multicultural Council of Tasmania.
Volunteering Tasmania
Le spectre des missions est large : accompagnement scolaire, soutien social, accueil dans un musée ou centre touristique, aide en boutique solidaire, participation à des événements culturels, soutien à des personnes âgées ou isolées. Certaines associations insistent sur la nécessité d’un environnement inclusif, sécurisé, avec des rôles bien définis et des procédures claires – autant d’éléments rassurants pour quelqu’un qui découvre un nouvel environnement.
Du point de vue du réseautage, le volontariat cumule plusieurs effets :
Le bénévolat à l’étranger permet de rencontrer des collègues bénévoles de divers horizons et bien intégrés localement. Il offre des exemples concrets d’engagement à valoriser en entretien ou sur un profil LinkedIn. Enfin, il démontre une capacité d’intégration, le respect des normes locales et une contribution au bien commun.
Pour un ingénieur venu d’Europe, par exemple, passer quelques heures par semaine à aider dans un centre d’accueil ou une organisation environnementale tasmanienne peut sembler éloigné de son métier. Pourtant, les liens construits dans ce cadre peuvent mener à des recommandations ou à des informations sur des postes, et surtout à une meilleure compréhension de la société dans laquelle il souhaite s’inscrire professionnellement.
Exploiter les événements et clubs locaux : du pub à la conférence sectorielle
Le calendrier tasmanien combine événements très business – conférences majeures sur les grands projets d’infrastructure, sommets pour les petites entreprises, expositions industrielles – et rencontres plus sociales (book clubs, ateliers créatifs, randonnées, dîners entre inconnus pour rompre l’isolement). Tous peuvent, à leur manière, contribuer à élargir un réseau.
Lors des grandes conférences professionnelles, privilégiez la qualité à la quantité. Engagez quelques discussions approfondies pendant les pauses dédiées au réseautage, puis assurez un suivi en ligne ou lors d’un rendez-vous ultérieur, plutôt que de distribuer un maximum de cartes de visite.
À l’autre bout du spectre, des événements comme les « Mentor Walks » à Hobart, où des femmes de différents niveaux de carrière se retrouvent pour marcher ensemble et échanger avec des mentores expérimentées, permettent d’entretenir un réseau dans une ambiance conviviale et informelle. De même, des rencontres comme les soirées pour jeunes professionnels des métiers IT ou les sessions anti-solitude, les clubs de lecture ou les ateliers créatifs offrent une porte d’entrée moins intimidante pour ceux qui ne se sentent pas à l’aise dans les réunions très codifiées.
Pour un expatrié, il est conseillé de sélectionner quelques formats de rencontres récurrents (comme des petits-déjeuners d’affaires, un club professionnel sectoriel, un groupe de jeunes professionnels ou une activité de loisir régulière) et de s’y tenir. Devenir un visage familier dans un lieu spécifique, tel qu’un café à Launceston pour un ‘First Friday coffee’ ou un bar à Hobart pour les ‘IT Social’, contribue davantage à construire un réseau solide qu’une présence occasionnelle à de grands événements.
LinkedIn et réseaux nationaux : faire circuler son profil au-delà de l’île
Si l’ancrage local est fondamental en Tasmanie, l’insularité ne signifie pas isolement. De nombreuses entreprises tasmaniennes travaillent avec le reste de l’Australie ou à l’international, et les réseaux numériques les relient à Sydney, Melbourne, Canberra et au-delà.
LinkedIn, déjà évoqué, est l’outil principal pour connecter ces sphères. Une stratégie efficace pour un expatrié installé en Tasmanie peut inclure :
Pour maximiser vos chances de trouver un emploi en Tasmanie, adoptez une stratégie proactive sur les réseaux professionnels. Optimisez votre profil avec des mots-clés pertinents pour le marché australien et structurez votre expérience internationale de manière narrative. Intégrez des groupes et communautés en ligne australiens, notamment ceux dédiés à votre secteur d’activité ou à l’expatriation. Ciblez activement les recruteurs, responsables RH ou managers basés en Tasmanie au sein de grandes entreprises implantées sur l’île. Enfin, configurez des alertes sur des plateformes d’emploi pour être notifié des nouvelles offres en Tasmanie ou en télétravail depuis cette région.
Les histoires de professionnels qui ont trouvé un avocat spécialisé à Londres, un agent immobilier en Tasmanie pour vendre une ferme ou même des profils très pointus grâce à LinkedIn illustrent bien la puissance de ce réseau pour dépasser les frontières physiques. Pour un expatrié, la capacité à articuler ce réseau numérique global avec les cercles locaux crée un effet démultiplicateur.
Stratégie de suivi et mesure de l’impact
Réseauter, surtout dans un nouveau pays, prend du temps, parfois de l’argent (adhésions, billets de conférences, déplacements), et une bonne dose d’énergie. Sans un minimum de recul, on peut vite avoir l’impression de « parler à tout le monde pour rien ».
Mettre en place quelques indicateurs simples permet d’objectiver les progrès. Par exemple :
Il s’agit des quatre indicateurs clés à suivre mensuellement pour mesurer l’efficacité de son réseau professionnel.
Un tableur ou un outil type CRM simplifié suffit amplement. L’important est de consigner les actions (événements, messages LinkedIn, volontariat, participation à des programmes de mentorat) et les résultats associés. Avec le temps, cela permet de voir quelles activités sont les plus rentables et d’ajuster sa stratégie.
La constance du suivi est tout aussi cruciale. Beaucoup d’opportunités naissent non pas au moment de la rencontre, mais des semaines ou mois plus tard, à la faveur d’un message de suivi bien ciblé, d’un article partagée à un contact en lien avec ses centres d’intérêt évoqués, ou d’une simple prise de nouvelles.
Éviter les écueils fréquents des expatriés
Certaines erreurs reviennent souvent chez ceux qui tentent de bâtir un réseau en Tasmanie sans connaître les codes :
Se limiter aux cercles d’expatriés. Les groupes d’étrangers sont précieux pour ventiler et s’entraider, mais rester exclusivement dans ce cocon freine l’intégration professionnelle. Un équilibre entre réseaux d’expats et réseaux locaux est préférable.
Lors d’un échange professionnel, il est déconseillé d’aborder directement la question du recrutement, par exemple en demandant « Est-ce que vous recrutez ? », car cela peut être mal perçu. Une approche plus efficace consiste à se concentrer sur la compréhension des enjeux du secteur et à discuter de la manière dont vos compétences peuvent y répondre. Votre interlocuteur fera souvent lui-même le lien avec une opportunité de recrutement s’il en perçoit la pertinence.
Multiplier les contacts sans profondeur. Collectionner les connexions LinkedIn ou les cartes de visite ne crée pas, en soi, un réseau utile. Sans suivi, sans échanges de valeur, ces liens deviennent inertes. La priorité doit rester sur la qualité des relations.
Négliger les différences culturelles. Supposer que ses habitudes de communication, de négociation ou de gestion sont universelles conduit à des incompréhensions. Se renseigner sur les normes australiennes, demander du feedback, ajuster son style sont des attitudes appréciées.
Sous-estimer la valeur de l’engagement communautaire. Penser que seul le « pur business » compte fait perdre de nombreuses occasions. Dans une petite économie insulaire, les personnes croisées dans un club de sport, une association de quartier ou une bibliothèque peuvent, à terme, ouvrir des portes professionnelles.
Vers un réseau tasmanien vivant et durable
Développer son réseau professionnel en Tasmanie, en tant qu’expatrié, revient finalement à tisser patiemment un ensemble de liens à la fois locaux et globaux, formels et informels, professionnels et communautaires. La culture australienne du « mateship », la densité du tissu associatif, l’importance de structures comme la TCCI, les associations professionnelles nationales, les programmes de mentorat et de soutien aux migrants composent un environnement où la bonne volonté et la constance paient.
En combinant des principes relationnels simples (clarté des objectifs, authenticité, écoute, réciprocité, suivi rigoureux) avec une utilisation judicieuse des outils numériques et en profitant des nombreuses occasions de rencontre sur l’île, un expatrié peut transformer son statut d’observateur en celui d’acteur intégré de l’économie tasmanienne en quelques mois.
Dans ce contexte, le réseau n’est pas seulement un instrument pour trouver un emploi ou des clients, mais un vecteur d’apprentissage, de résilience et d’ancrage dans une société nouvelle. Et c’est souvent cette profondeur relationnelle, bien plus que la taille brute du carnet d’adresses, qui fait la différence sur le long terme en Tasmanie.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale en Tasmanie pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tasmanie (Australie) pour son environnement fiscal potentiellement avantageux pour les retraités étrangers via les conventions internationales, sa stabilité juridique, son coût de vie inférieur à Paris et son cadre de vie naturel propice à une retraite active. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa australien approprié et de la résidence, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et intégration patrimoniale globale.
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