S’installer en Tasmanie avec son animal de compagnie : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Quitter son pays ou le reste de l’Australie pour commencer une nouvelle vie en Tasmanie est déjà une aventure. Y ajouter un chien ou un chat – voire plusieurs – transforme l’expérience en véritable parcours du combattant. Entre les règles fédérales très strictes pour entrer en Australie et les exigences spécifiques de biosecurité en Tasmanie, une chose est certaine : rien ne s’improvise.

Bon à savoir :

Ce guide, basé sur les textes officiels australiens et tasmaniens ainsi que sur les données de professionnels, vous aide à préparer, étape par étape, l’expatriation de votre animal en Tasmanie. Son objectif est de minimiser les risques d’erreurs coûteuses pour une expatriation réussie.

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Comprendre le “double verrou” Australie + Tasmanie

Arriver en Tasmanie avec un animal de compagnie, cela signifie franchir deux niveaux de contrôle.

Attention :

L’Australie applique l’un des dispositifs de biosécurité les plus stricts au monde, géré par le Département de l’Agriculture, des Pêches et des Forêts (DAFF) via la plateforme BICON, pour préserver son territoire de maladies comme la rage et protéger ses élevages et sa faune sauvage.

Ensuite, le niveau de l’État : la Tasmanie, île au statut sanitaire privilégié (notamment provisoirement exempte d’hydatidose et sans tique brune du chien), applique sa propre législation, le Biosecurity Act 2019. Elle impose des mesures supplémentaires, surtout pour les chiens, avant le passage du détroit de Bass.

Autrement dit, même une fois votre animal légalement entré en Australie et sorti de quarantaine, vous devez encore respecter les exigences locales pour poser les pattes en Tasmanie.

Chiens, chats… et les autres : qui peut entrer en Tasmanie ?

Pour une expatriation classique, le cœur du sujet, ce sont les chiens et les chats. Le cadre est cependant différent selon le type d’animal.

Animaux autorisés et animaux interdits

Du point de vue tasmanien, certains animaux de compagnie sont classés comme “permitted matter”, c’est-à-dire autorisés sans permis spécifique, sous réserve du respect des règles générales de biosécurité :

Chats domestiques (hors hybrides avec félins sauvages)

Chiens domestiques (hors espèces assimilées à dingo, loup, renard)

Cochons d’Inde

Lapins domestiques

Rats et souris domestiques

Chevaux, poneys, ânes et mulets

À l’inverse, d’autres animaux restent interdits ou soumis à une réglementation très stricte, notamment :

Dingos, renards et loups : importation interdite en Tasmanie

Hybrides chien-loup et autres croisements domestique / non-domestique : non éligibles à l’importation en Australie

Certaines espèces de reptiles ou d’oiseaux indigènes : nécessitent un permis wildlife spécifique voire sont purement interdites

Pour ces espèces sauvages ou hybrides, l’outil de référence est le manuel Tasmanian Animal Biosecurity Manual et le document “Requirements for importing and keeping wildlife in Tasmania”.

Races de chiens et de chats bannies au niveau fédéral

Avant même de parler de Tasmanie, l’Australie interdit l’entrée de plusieurs races considérées comme dangereuses ou hybrides :

Dogo Argentino

Fila Brasileiro

Japanese Tosa

Pit Bull Terrier / American Pit Bull

Perro de Presa Canario / Presa Canario

Czechoslovakian wolfdog

Saarloos wolfdog

Lupo Italiano

Kunming wolfdog

Savannah (croisement chat domestique × serval)

Safari (domestique × chat de Geoffroy)

Chausie (domestique × chat de jungle)

Bengal issus de moins de 5 générations de croisement avec le chat léopard asiatique

Bon à savoir :

Un Bengal de compagnie, déjà très éloigné de ses origines sauvages (5 générations ou plus), peut parfois être importé. Cette importation est conditionnée à la présentation d’une preuve rigoureuse de sa généalogie.

Si votre compagnon appartient à l’une de ces catégories, il est inutile d’espérer une expatriation en Tasmanie : l’entrée sur le territoire australien est bloquée.

Étape 1 : préparer l’entrée en Australie (avant de penser à la Tasmanie)

Les procédures d’importation australiennes étant la condition préalable à toute installation en Tasmanie, il est crucial de les comprendre. Dans les faits, on parle de plusieurs mois de préparation, rarement moins de six, parfois plus d’un an.

Groupes de pays et impact sur les démarches

L’Australie classe les pays d’origine selon le risque rabique :

GroupeExemples de paysParticularités pour les animaux
Groupe 1Nouvelle-Zélande, Norfolk Island, Cocos (Keeling)Procédure allégée, pas de quarantaine pour la plupart des cas, pas toujours de permis
Groupe 2Japon, Singapour, Fidji, Nouvelle-Calédonie…Pays à risque très faible, procédure moins lourde que le groupe 3
Groupe 3États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Union européenne, Afrique du Sud, Corée du Sud, Émirats, etc.Pays “à rage contrôlée”, démarches complètes : vaccin rage + test sérologique + attente 180 jours
Non approuvésTout pays non listé en groupes 1 à 3Nécessité de séjourner au moins 180 jours dans un pays de groupe 2 ou 3 avant export

La plupart des expatriés européens ou nord-américains relèvent du groupe 3, donc du scénario le plus lourd.

Microchip : le tout premier geste

Avant la moindre vaccination, test ou traitement, l’Australie exige la pose d’une puce électronique :

Conforme aux normes ISO 11784/11785

15 chiffres, non cryptée

Lisible par les lecteurs utilisés en Australie (134,2 kHz)

Numéros commençant par “999” et anciennes puces AVID 9 chiffres refusés

Le vétérinaire doit scanner la puce et reporter le numéro sur tous les documents : certificats de vaccination, formulaires de laboratoire, déclarations officielles. Une incohérence de numéro à l’arrivée peut conduire à une quarantaine prolongée, un renvoi du pays, voire, dans des cas extrêmes, une euthanasie.

En Tasmanie, l’identification est ensuite obligatoire pour tous les chiens de plus de 6 mois et pour les chats avant 4 mois ou avant toute cession, ce qui s’inscrit dans la même logique.

Vaccinations obligatoires : bien au-delà de la rage

Le vaccin antirabique est central pour les animaux venant de nombreux pays, mais ce n’est qu’une pièce du puzzle.

Pour un chien issu d’un pays du groupe 3, les exigences fédérales incluent :

Vaccinations canines pour le voyage

Les vaccins essentiels et recommandés pour préparer votre chien à un départ à l’étranger. Vérifiez les exigences spécifiques du pays de destination.

Rage

Vaccin inactivé ou recombinant. Doit être administré après la pose de la puce électronique et être valide au moment du départ.

Maladie de Carré (Distemper)

Vaccin de base essentiel pour la protection contre cette maladie virale grave.

Hépatite infectieuse

Vaccin de base protégeant contre l’adénovirus canin de type 1 (CAV-1).

Parvovirose

Vaccin de base crucial pour prévenir cette maladie gastro-intestinale souvent mortelle.

Parainfluenza

Vaccin contribuant à la protection contre la toux de chenil, souvent combiné.

Bordetella bronchiseptica

Vaccin recommandé contre une bactérie majeure de la toux de chenil.

Leptospirose

Vaccin recommandé, sauf si l’animal suit un protocole de test M.A.T. (Microscopic Agglutination Test) spécifique.

Grippe canine (Canine Influenza)

Recommandé pour certains pays (ex : États-Unis, Canada, Corée du Sud). Consultez les exigences du pays de destination.

Pour un chat de groupe 2 ou 3 :

Panleucopénie féline (entérite)

Rhinotrachéite virale féline

Calicivirus félin

Rage pour les pays où elle est exigée

Tous ces vaccins doivent rester valides sur toute la durée de la quarantaine post-arrivée.

RNATT : le test de sérologie antirabique et l’attente de 180 jours

Pour les pays de groupe 3, un test de titrage des anticorps antirabiques (RNATT, FAVN ou RFFIT) est imposé. Le déroulé est strict :

1. Vaccination antirabique après implantation de la puce. 2. Prise de sang pour le RNATT, réalisée généralement 3 à 4 semaines après la vaccination. 3. Envoi du sérum dans un laboratoire agréé par l’Australie. 4. Acceptation du résultat si le titre est au moins de 0,5 UI/ml.

Le point crucial : l’animal ne peut entrer en Australie qu’au moins 180 jours après la date de réception de l’échantillon par le laboratoire (et non la date de la prise de sang). Ce délai incompressible fait que la préparation d’un dossier sérieux prend aisément plus de 6 mois.

12

Le test reste valide pendant 12 mois avant l’importation, après quoi il faut tout recommencer.

Déparasitage interne et externe : un calendrier précis

Les autorités australiennes exigent des protocoles complets contre les parasites :

Parasites internes (chiens et chats) Deux traitements vermifuges espacés de 14 jours, réalisés dans les 45 jours précédant l’export, le second dans les 5 derniers jours. Ces traitements doivent couvrir à la fois les nématodes et les cestodes.

Parasites externes Chiens : traitement anti-puces et anti-tiques instauré au moins 30 jours avant le départ et maintenu sans interruption jusqu’à l’embarquement. Chats : schéma similaire, mais la durée minimale avant départ est de 21 jours.

Pour les chiens ayant séjourné en Afrique continentale, un traitement spécifique contre Babesia canis à base d’imidocarbe dipropionate doit être administré dans les 28 jours précédant l’export.

Tests sanitaires complémentaires pour les chiens

Toujours dans la logique de protéger le territoire, l’Australie impose aux chiens entiers ou originaires de certains pays des tests ciblés :

Brucella canis (chiens non stérilisés)

Leishmania infantum

Leptospira canicola si le chien n’est pas vacciné

– Éventuellement Ehrlichia canis selon la provenance

Ces analyses doivent être effectuées dans un délai de 45 jours avant l’export.

Permis d’importation fédéral et certificat sanitaire

Une fois le RNATT réussi, vous pouvez déposer votre demande de permis d’importation via BICON pour votre chien ou votre chat. Le permis est payant, valable 12 mois et assorti de conditions très détaillées.

Juste avant le départ (dans les 5 jours), un vétérinaire officiel ou agréé doit :

Astuce :

Pour exporter un animal vers l’Australie, il est impératif de suivre un processus rigoureux. Cela commence par la réalisation d’un examen clinique complet de l’animal par un vétérinaire accrédité. Il faut ensuite vérifier scrupuleusement la conformité de toutes les vaccinations, traitements et tests requis par la réglementation australienne. L’étape administrative cruciale consiste à remplir le certificat sanitaire d’exportation officiel dans le format spécifique reconnu par les autorités australiennes. Enfin, le certificat doit être signé par le vétérinaire traitant, puis obligatoirement visé et authentifié par l’autorité vétérinaire officielle du pays exportateur (par exemple, l’USDA pour les animaux en provenance des États-Unis).

Ce certificat accompagne l’animal dans sa caisse de transport et sera contrôlé à l’arrivée.

Quarantaine à Mickleham : porte d’entrée obligatoire

Tous les chiens et chats (sauf rares exceptions en provenance directe de Nouvelle‑Zélande ou de Norfolk Island) doivent passer par la quarantaine fédérale au Mickleham Post Entry Quarantine Facility, près de Melbourne.

Concrètement :

Arrivée obligatoire à l’aéroport international de Melbourne

Transfert direct par les services de biosécurité vers Mickleham

– Hébergement en box individuel climatisé, alimentation sèche standard (type Royal Canin). Tout objet personnel (jouet, couverture) est détruit pour raisons sanitaires

– Durée de séjour généralement de 10 jours pour les pays les mieux contrôlés, pouvant atteindre 30 jours selon la provenance et les démarches d’identification

– Visites interdites : vous ne pouvez pas voir votre animal pendant la quarantaine

– Sortie uniquement après validation par les vétérinaires fédéraux et paiement des frais (souvent autour de 2 000 AUD pour 10 jours, davantage pour 30 jours)

Ce n’est qu’après cette étape que votre animal est “libéré” sur le sol australien… et que commence la seconde partie de l’aventure : rallier en Tasmanie.

Étape 2 : franchir le détroit de Bass avec un chien – les règles tasmaniennes

Pour les chiens, la Tasmanie ajoute une couche réglementaire très spécifique, centrée sur la prévention de l’hydatidose et de certaines tiques.

Traitement obligatoire contre le ténia hydatique

La Tasmanie est provisoirement indemne d’hydatidose, une maladie parasitaire grave chez l’humain transmise par des chiens infectés par le ténia Echinococcus granulosus. Elle impose donc, à chaque entrée d’un chien sur son territoire, un traitement ciblé :

– Produit contenant du praziquantel

– Dose : 5 mg par kilo de poids corporel

– Administration dans les 14 jours précédant l’entrée en Tasmanie

– Chien en bonne santé, déclaré exempt de tiques

Ce traitement doit être justifié par un élément de preuve, au choix :

Certificat vétérinaire mentionnant la date, le produit et la dose

Déclaration solennelle de l’acheteur (statutory declaration)

– Boîte ou plaquette vide de comprimés, accompagnée du ticket de caisse

– Certains services officiels suggèrent même de se prendre en photo en train d’administrer le comprimé, à titre de renfort probatoire

À l’arrivée (par avion ou via le ferry Spirit of Tasmania), les inspecteurs de Biosecurity Tasmania peuvent demander ces justificatifs.

Si vous n’avez aucune preuve ou si le traitement remonte à plus de 14 jours :

Attention :

Des comprimés de praziquantel vous seront fournis sur place, à vos frais. En cas de non-respect, une amende immédiate d’environ 260 AUD peut être appliquée. Cette infraction peut également être inscrite au titre de votre ‘biosecurity duty’.

Chiens exemptés de ce traitement

Quelques catégories de chiens échappent à cette obligation, dans des conditions précises :

– Chiens revenant en Tasmanie après un séjour de moins de 14 jours sur le continent, avec preuve de durée (billets, attestations clubs canins, documents d’expédition)

– Chiots de moins de 12 semaines

– Chiens d’assistance reconnus (accredited assistance dogs)

– Chiens de police ou d’autres services de force de l’ordre

– Lévriers de course venant concourir en Tasmanie dans les 6 jours suivant leur arrivée, avec attestation de l’Office of Racing Integrity

Même pour ces chiens, il reste fortement conseillé de maintenir un programme de vermifugation régulier pour la santé de l’animal et celle de la population.

Vigilance tiques et traitements externes

La Tasmanie souhaite également rester indemne de la tique brune du chien, vecteur de l’ehrlichiose, une maladie bactérienne grave. Il est donc demandé aux propriétaires de chiens de :

Inspecter soigneusement le pelage dans les 24 heures précédant le voyage

Traiter l’animal avec un antiparasitaire externe enregistré pour les chiens, couvrant les puces et les tiques, en respectant les fréquences de ré-application

Les règles de l’État insistent sur certains points :

Les colliers antitiques ne sont pas acceptés comme unique méthode : ils peuvent être retirés ou devenir inefficaces sous la pluie

Les molécules de la famille des isoxazolines (NexGard, Bravecto, Simparica, Credelio) et certains topiques à base de sélamectine ne sont pas considérés comme suffisants pour la conformité stricte en matière d’importation dans certains protocoles, car ils nécessitent une morsure du parasite pour agir

Pour un simple passage continent → Tasmanie en étant déjà installé en Australie, le texte pratique insiste surtout sur la vérification visuelle et un traitement correctement utilisé, mais il est prudent de rester aligné sur les principes fédéraux lorsque l’on planifie aussi une étape d’importation internationale.

Déclaration d’entrée pour les chiens

Tout chien entrant en Tasmanie (par voie aérienne ou maritime) doit être accompagné d’une déclaration officielle, téléchargeable sur le site de Biosecurity Tasmania et à remplir par le propriétaire ou l’importateur. Cette déclaration précise notamment :

L’identité du chien

Les traitements reçus contre le ténia hydatique

La vérification de l’absence de tiques

L’itinéraire suivi

Ce document est présenté aux agents de biosécurité à l’arrivée, qui peuvent contrôler l’animal et la conformité des informations.

Étape 3 : et pour les chats, lapins, cochons d’Inde… ?

La bonne nouvelle pour les propriétaires de chats et de petits mammifères est que la Tasmanie se montre nettement plus souple que pour les chiens.

Chats domestiques

Les chats domestiques sont considérés comme “permitted matter” par le règlement tasmanien. Concrètement :

Bon à savoir :

Aucune exigence spécifique de vermifugation ou de traitement antipuces supplémentaire n’est imposée à l’entrée en Tasmanie pour un chat en bonne santé. La gestion des chats est régie par le Cat Management Act 2009, qui encadre la stérilisation, l’identification et la responsabilité des propriétaires. À l’arrivée, il est nécessaire de respecter les règles locales : micro-puçage, éventuel enregistrement auprès du conseil local, et gestion de la divagation et de l’impact sur la faune native.

Les obligations de quarantaine, de vaccinations et de tests sont, en revanche, celles déjà imposées au niveau fédéral lors de l’entrée en Australie (cf. section précédente).

Petits mammifères de compagnie

Pour les animaux suivants, la Tasmanie n’impose pas de condition d’entrée particulière tant qu’ils sont en bonne santé :

Cochons d’Inde

Lapins domestiques

Rats et souris de compagnie

Bon à savoir :

La paille, le foin, le fourrage et la litière végétale peuvent faire l’objet de contrôles stricts à l’entrée en Tasmanie, en raison des risques de dissémination de graines de mauvaises herbes ou de maladies végétales. Il est donc souvent plus simple de les acheter directement sur place.

Reptiles et oiseaux indigènes

Les reptiles et oiseaux natifs de l’Australie (ou d’autres pays) obéissent à une logique totalement différente, axée sur la protection de la faune sauvage. Selon l’espèce, vous aurez besoin :

D’un permis d’importation faune sauvage délivré par Wildlife Services

D’un document de provenance attestant que l’animal est issu d’élevage autorisé (et non prélevé dans la nature)

De respecter des quarantaines ou interdictions spécifiques

Le document “Requirements for importing and keeping wildlife in Tasmania” détaille, espèce par espèce, ce qui est autorisé, interdit ou soumis à conditions. Là encore, pour un projet d’expatriation, l’anticipation est reine : une demande de permis peut prendre jusqu’à 60 jours à être instruite.

Vivre avec un animal en Tasmanie : obligations locales et quotidien

Une fois votre chien ou votre chat arrivé à bon port et les formalités d’entrée accomplies, il reste à s’installer durablement. Là aussi, l’État tasmanien encadre étroitement la détention d’animaux de compagnie.

Enregistrement et identification

En Tasmanie, tous les chiens de plus de 6 mois doivent être :

Microchippés (avec quelques rares exemptions pour certains chiens de travail très spécifiques)

Enregistrés auprès de la municipalité (council) de résidence

Le chien doit porter un collier muni d’une médaille de registre. Certaines catégories (chiens de troupeau, lévriers de course en compétition, chiens en exposition) peuvent être dispensées de porter la médaille en permanence, mais restent enregistrées.

Pour les chats, l’obligation de microchip est encadrée par la Cat Management Act 2009, qui impose notamment :

Implantation d’une puce avant la vente ou le don

Microchip au plus tard à 4 mois, sauf contra-indication de santé

Réglementation de la reproduction et de la circulation des chats en extérieur, selon les conseils locaux

Astuce :

L’enregistrement de votre animal auprès du council local offre plusieurs services pratiques et avantages financiers. Cela inclut l’aide à la restitution des animaux perdus, l’accès à certains parcs réservés, ainsi que des tarifs réduits pour les animaux stérilisés ou pour les propriétaires seniors.

Responsabilités des propriétaires de chiens

Le Dog Control Act 2000 définit une série de devoirs pour les maîtres de chiens :

Maintenir le contrôle effectif de l’animal en toutes circonstances

Empêcher les morsures ou attaques contre les personnes et les autres animaux

– Ramasser les déjections canines dans l’espace public

– Gérer les aboiements excessifs

– Transporter les chiens en véhicule de manière sécurisée

– Respecter les restrictions de nombre de chiens par foyer fixées par chaque council

Les chiens de races restreintes ou déclarés dangereux (après un incident) sont soumis à des obligations renforcées : stérilisation obligatoire, muselière en public, confinement particulier sur la propriété, panneaux d’avertissement, etc. Le non-respect de ces règles peut mener à des amendes, à la saisie du chien ou, dans les cas extrêmes, à une euthanasie ordonnée par le tribunal.

Logement et location avec animaux

Sur le marché locatif australien, et tasmanien en particulier, les biens explicitement “pet friendly” sont rares : moins de 10 % des annonces seraient ouvertes aux animaux. Trouver un logement adapté à un chien de grande taille ou à plusieurs chats nécessite une vraie stratégie.

Plusieurs pistes se dégagent :

Astuce :

Pour augmenter vos chances de trouver un logement acceptant les animaux, ne vous limitez pas aux annonces explicitement ‘pet friendly’. Contactez directement les propriétaires pour négocier. Préparez un ‘CV’ complet pour votre animal, incluant une photo, des lettres de recommandation d’anciens propriétaires, des certificats de dressage et son historique vétérinaire (vaccins, stérilisation). Proposez une rencontre avec votre chien pour rassurer le bailleur. Utilisez les réseaux sociaux, les groupes locaux et les associations comme Companion Animal Network Australia qui promeuvent la location avec animaux. Enfin, renseignez-vous auprès du Real Estate Institute of Tasmania (REIT) pour identifier les agences immobilières les plus ouvertes.

Dans certains États, demander un “pet bond” (dépôt de garantie spécifique pour les animaux) est interdit, mais la pratique varie selon la législation locale. En cas de discrimination manifeste, il peut exister des recours juridiques, à vérifier via les guides “Renting with pets” des autorités.

Pour un court séjour en attendant de trouver un logement à long terme, les plateformes de locations de vacances recensent des centaines de maisons et appartements acceptant les animaux en Tasmanie, souvent avec jardins clos ou accès direct à la plage. Les tarifs moyens tournent autour de 330 à 350 AUD la nuit, avec parfois des réductions en basse saison (juin étant l’un des mois les moins demandés).

Vie quotidienne, loisirs et restrictions dans l’espace public

La Tasmanie est un paradis naturel, mais ce paradis se protège. Les chiens ne sont généralement pas admis dans les parcs nationaux, afin de préserver une faune emblématique et vulnérable (diable de Tasmanie, oiseaux nicheurs, marsupiaux divers). Ils sont en revanche acceptés, sur laisse, dans bon nombre de réserves d’État, forêts et plages, avec des règles variables selon les conseils locaux.

Quelques grandes tendances :

Plages : souvent segmentées en zones ou horaires on‑leash / off‑leash, voire interdites aux chiens sur certaines périodes pour protéger les oiseaux marins nicheurs

Parcs urbains : nombreux espaces verts et circuits de promenade acceptant les chiens en laisse, comme autour de Hobart ou Launceston

– Restaurants, cafés, caves : beaucoup autorisent les chiens en terrasse ou en extérieur, parfois avec gamelles d’eau et friandises à l’arrivée

– Marchés, zones de restauration : les chiens sont en principe interdits dans les zones de préparation ou de vente de nourriture, sauf chiens d’assistance

Les panneaux de signalisation locaux sont à prendre au sérieux ; ignorer une interdiction de chiens dans une zone de nidification peut valoir une amende et une très mauvaise réputation dans une communauté généralement attachée à ses espaces naturels.

Itinéraire pratique : comment rejoindre la Tasmanie avec son animal

Une fois votre animal sorti de la quarantaine de Mickleham, deux grands scénarios se présentent selon votre point de départ en Australie continentale.

Par avion

Plusieurs compagnies desservent la Tasmanie depuis les grandes villes australiennes et acceptent les animaux en soute :

Qantas

Virgin Australia

Rex Airlines

Sharp Airlines (pour certaines îles et liaisons régionales)

Les animaux voyagent toujours en soute, en caisse de transport homologuée IATA. Les conditions principales sont :

Attention :

Pour un transport en soute, l’animal doit être habitué à sa caisse, qui doit être spacieuse, solide, ventilée et sécurisée. Le poids total (animal + caisse) est limité, généralement entre 50 et 65 kg selon la compagnie. Attention : les races brachycéphales (bouledogues, carlins, boxers…) font souvent l’objet de restrictions et nécessitent généralement un transporteur animalier agréé.

Il est conseillé de réserver longtemps à l’avance, car les places pour animaux sont limitées sur chaque vol. Les transports en pleine journée l’été peuvent être refusés si les températures dépassent certains seuils, pour éviter les coups de chaleur.

Par bateau : le Spirit of Tasmania

Le ferry Spirit of Tasmania relie Melbourne à la côte nord de la Tasmanie, en traversant le détroit de Bass. C’est une option prisée des familles qui emménagent avec véhicule et effets personnels.

Pour les animaux :

Bon à savoir :

Des chenils sont disponibles à bord en nombre limité et doivent être réservés à l’avance. Pendant la traversée, les animaux restent dans ces installations ; les propriétaires ne peuvent y accéder qu’à des moments précis, variables selon le navire. Les nouveaux navires proposent des chenils climatisés, des zones de promenade dédiées et des caméras de surveillance. Avant l’embarquement, il est obligatoire que votre chien ait suivi un traitement au praziquantel. Vous devez être en mesure de fournir la preuve de ce traitement lors des contrôles à l’embarquement ou au débarquement.

Tous les autres aspects du voyage (durée, conduite à bord, alimentation avant le départ) gagneront à être discutés avec votre vétérinaire et le transporteur, surtout pour les animaux anxieux ou fragiles.

Coût global d’une expatriation avec animal vers la Tasmanie

Les montants varient fortement selon la taille de l’animal, le pays de départ, le nombre de tests supplémentaires requis et le recours ou non à une agence de relocation animalière. Les estimations provenant de l’industrie donnent une fourchette large, mais instructive.

Ordre de grandeur des postes de dépenses

Le tableau ci-dessous synthétise, à partir de différentes sources professionnelles, les principaux postes de coûts pour un chien ou un chat venant d’un pays de groupe 3 (par exemple Europe ou Amérique du Nord) vers la Tasmanie, en passant par l’Australie continentale :

Poste de dépenseFourchette indicative (monnaie d’origine)Commentaires
Microchip (si pas déjà conforme)40–70 AUD (en Australie) / ~45 USD / ~20 £Première étape obligatoire
Vaccins + bilans vétérinaires pré‑départ600–900 AUD (ou 400–600 USD)Inclut vaccins, examens, parfois traitements antiparasitaires
RNATT (test de sérologie antirabique)400–600 USD ou ~600 AUDPar animal, en labo agréé
Certificats de santé et visites finales100–350 USD (ou 75–180 £)Varie selon pays et clinique
Frais d’endorsement gouvernemental (type USDA)>200 USD possiblesPar dossier, selon nombre de formulaires
Permis d’importation australien≈ 566–603 AUD pour le premier animal, 270–288 AUD pour les suivantsFrais de dépôt + évaluation
Quarantaine Mickleham (10 jours)≈ 1 700–2 000 AUDHébergement, inspections, soins de base
Transport aérien international1 000–4 500 USD, voire plus pour grands chiensDépend du volume de la caisse et de l’itinéraire
Caisse de transport IATA70–350 AUD / 50–200 £ / 200–400 USDPossible d’acheter d’occasion si conforme
Transport domestique jusqu’en Tasmanie350–1 500 AUD selon taille et mode (avion/ferry + taxi animalier)Inclus parfois la caisse et les services annexes
Services d’une agence de relocation1 000–6 000+ USD selon complexitéFacultatif mais souvent salvateur

En cumulé, certains spécialistes estiment qu’un transfert de chien depuis l’Amérique du Nord vers l’Australie peut atteindre 6 000 à 10 000 USD, voire davantage pour un grand chien avec services complets. Rajoutez à cela le transport domestique jusqu’en Tasmanie et les frais d’installation (inscription au council, nouveaux accessoires, consultations vétérinaires locales), et l’on comprend pourquoi il est souvent recommandé de ne considérer l’expatriation avec animal que pour un projet d’au moins plusieurs mois, voire années.

Conseils pratiques pour limiter les risques (et un peu les coûts)

L’ampleur des démarches et des sommes en jeu peut décourager. Pourtant, de nombreux expatriés réussissent chaque année à rejoindre la Tasmanie avec leurs animaux, sans incident. Quelques principes se dégagent des retours d’expérience et des conseils d’experts.

Commencer tôt et suivre un rétroplanning strict

Le délai de 180 jours lié au RNATT, ajouté aux temps d’obtention du permis d’importation, de réservation de quarantaine et de vol, impose de s’y prendre très en amont. Viser au minimum 6 à 9 mois de préparation laisse une marge de sécurité en cas :

D’erreur de documentation à corriger

De résultats de test à refaire

De forte demande pour les places de quarantaine

De contraintes saisonnières (chaleurs estivales, fêtes de fin d’année)

Un simple tableur retraçant chaque étape (date de vaccination, prise de sang, envoi au labo, retour des résultats, délai minimal, dépôt de la demande de permis, etc.) peut éviter des oublis lourds de conséquences.

Ne jamais sous‑estimer la paperasse

Les autorités australiennes et tasmaniennes sont particulièrement vigilantes aux détails :

Attention :

Assurez la cohérence du numéro de puce électronique sur tous les documents, l’exactitude et le respect des espacements des dates des traitements antiparasitaires, la complétude de tous les champs sur les formulaires de laboratoire et les certificats de santé, ainsi que la traduction en anglais des documents si nécessaire.

Une case oubliée ou une date mal reportée peut déboucher sur un refus d’embarquement ou une quarantaine prolongée. Travailler avec un vétérinaire habitué à l’export, ou avec une agence de relocation spécialisée, réduit nettement ce risque.

Bien choisir et habituer l’animal à sa caisse de transport

La caisse doit être : une gestion rigoureuse et transparente des fonds.

Homologuée IATA

Solide (en plastique renforcé, métal ou bois selon la puissance et la race du chien)

De taille suffisante pour permettre à l’animal de se tenir debout sans toucher le plafond, de se tourner et de se coucher

L’idéal est de l’introduire plusieurs semaines à l’avance dans la vie quotidienne : gamelles données dedans, friandises, périodes de repos dans la caisse. Un animal qui connaît bien son “kennel” stresse généralement moins pendant le transport.

Gérer le stress et la santé pendant le voyage

Les compagnies aériennes déconseillent très fortement, voire interdisent, la sédation des animaux en vol, en raison des risques respiratoires, notamment chez les races brachycéphales. Des alternatives existent :

Colliers ou diffuseurs apaisants (type phéromones pour chiens ou chats)

Travail de désensibilisation sonore (bruits d’aéroport, moteurs d’avion)

Maintien d’une routine alimentaire stable, en veillant à ne pas nourrir l’animal dans les 8 heures précédant le décollage

Astuce :

Pour optimiser votre expérience, il est conseillé de privilégier les périodes où les conditions météorologiques sont les plus favorables, lorsque vous avez la possibilité de choisir.

Des vols matinaux ou en soirée en été

Des vols en milieu de journée en hiver

Cela limite les écarts de température auxquels l’animal sera confronté au sol, même si les soutes restent pressurisées et climatisées.

S’entourer de professionnels… sans déléguer sa vigilance

Les sociétés de transport animalier et les agences de relocation sont nombreuses à proposer :

Organisation des visites vétérinaires

Gestion des formalités administratives et des certificats

Réservation de la quarantaine, des vols et des transports terrestres

Fourniture de la caisse de transport et conseils de préparation

Il est souvent judicieux de recourir à leurs services pour une première expatriation, tant la réglementation est dense. Cela ne dispense toutefois pas le propriétaire de :

Lire lui‑même les principales conditions sur BICON et les sites de Biosecurity Tasmania

– Conserver des copies de tous les documents (numériques et papier)

Vérifier les données clés (dates, numéros de puce, doses et noms de produits utilisés)

– Se tenir informé d’éventuelles mises à jour réglementaires (nouvelles maladies, ajustements de délais)

La responsabilité finale, y compris financière en cas de non‑conformité, reste en effet toujours entre les mains de l’importateur.

En résumé : une expatriation exigeante, mais possible

S’installer en Tasmanie avec un chien ou un chat suppose d’accepter deux réalités :

Les règles australiennes et tasmaniennes ne sont pas là pour compliquer la vie des expatriés, mais pour protéger un patrimoine naturel et sanitaire exceptionnel, encore indemne de nombreuses maladies présentes ailleurs.

Le coût financier et logistique est important, mais largement prévisible si l’on s’y prend tôt et que l’on suit scrupuleusement chaque étape.

Bon à savoir :

L’expatriation en Tasmanie avec un animal de compagnie est un projet réalisable avec une bonne préparation. Elle nécessite une préparation méthodique, le choix d’une équipe vétérinaire compétente, éventuellement le recours à un transporteur spécialisé et le strict respect des exigences de biosécurité. La récompense est de partager la vie sur une île réputée pour sa qualité de vie, offrant montagnes, forêts, plages sauvages et vignobles.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer en Tasmanie, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, mobilité et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Grèce, île Maurice, Australie continentale), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tasmanie via le cadre fiscal australien : imposition compétitive des revenus étrangers, absence d’impôt sur la fortune, environnement anglo-saxon stable, qualité de vie élevée (coût inférieur aux grandes métropoles françaises) et accès facilité au marché Asie-Pacifique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de visa longue durée et de la résidence, détachement ou sortie des régimes CNAS/CPAM, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours en Tasmanie, centre des intérêts économiques), coordination avec un réseau local (avocat, immigration, comptable) et intégration patrimoniale globale (analyse, restructuration, préparation de la transmission).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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