S’installer à l’étranger, changer de vie et lancer son propre business en même temps peut sembler vertigineux. Pourtant, en Tasmanie, ce pari est loin d’être insensé. Cet État insulaire de l’Australie combine un environnement économique solide, un écosystème entrepreneurial très encadré, un marché immobilier commercial encore accessible et une qualité de vie qui attire de plus en plus de talents internationaux.
Pour les expatriés, les principaux défis incluent la compréhension des statuts juridiques, des règles d’immigration, de la fiscalité, du droit du travail, des aides publiques et de la culture d’affaires australienne, à la fois directe et relationnelle. Ce guide offre un panorama concret pour créer et exploiter durablement une entreprise en Tasmanie.
Pourquoi choisir la Tasmanie pour entreprendre en tant qu’expatrié
La Tasmanie est un État à part entière de l’Australie, avec sa propre économie, son gouvernement et ses politiques de soutien aux entreprises. Dans un pays considéré comme l’une des juridictions les plus transparentes et fiables au monde, la Tasmanie se distingue par quelques atouts clés.
Sur le plan macro, l’Australie attire déjà fortement les entrepreneurs : plus de 406 000 nouvelles sociétés y ont été créées en 2023, portée par une fiscalité des sociétés compétitive, un système bancaire crédible et un environnement réglementaire clair. La langue des affaires est l’anglais, ce qui simplifie les échanges internationaux.
À l’échelle de l’île, la Tasmanie offre un climat pro-business stable, une économie en bonne santé et un faible taux de chômage. Le gouvernement local est très actif pour encourager la croissance des entreprises via subventions, prêts et programmes d’accompagnement, en particulier dans les secteurs jugés stratégiques comme le tourisme, l’agroalimentaire de qualité, les énergies renouvelables ou les industries créatives.
La situation géographique n’est pas un handicap, au contraire. L’État dispose d’infrastructures de transport bien connectées, d’un port en eau profonde à Hobart et d’un aéroport international relié au reste de l’Australie, ce qui facilite les flux de marchandises, de touristes et de professionnels.
La réputation “clean & green” de la Tasmanie est un véritable argument marketing pour des activités tournées vers l’environnement, le tourisme nature, l’agriculture responsable, les produits haut de gamme ou les technologies vertes. À cela s’ajoutent des éléments très concrets pour un expatrié : coût de la vie plus bas que dans les grandes métropoles australiennes, logement plus abordable, vraie culture de l’équilibre vie pro / vie perso.
Un environnement fiscal plutôt favorable
Comparée à d’autres États australiens, la Tasmanie applique une pression fiscale généralement plus douce, notamment en matière de taxes locales et de charges sur les entreprises. Au niveau fédéral, la fiscalité des sociétés s’applique à l’ensemble du pays : 30 % pour les grandes entreprises et 25 % pour les petites et moyennes entreprises éligibles (les “base rate entities”, avec un chiffre d’affaires agrégé inférieur à 50 millions AUD et une proportion limitée de revenus passifs).
Pourcentage maximal de crédit d’impôt sur les dépenses de R&D auquel peuvent prétendre les sociétés innovantes en France.
Comprendre la culture business australienne… appliquée à la Tasmanie
Réussir son implantation ne passe pas seulement par le bon choix de statut ou de visa. En Tasmanie comme ailleurs en Australie, la culture d’affaires joue un rôle majeur dans la façon de négocier, recruter, manager et se constituer un réseau.
En Australie, la culture entrepreneuriale se caractérise par une communication directe mais polie, allant rapidement à l’essentiel dans un climat détendu. Les structures hiérarchiques sont relativement plates : les dirigeants sont accessibles, le travail d’équipe est primordial, et le respect s’acquiert par la compétence et les résultats concrets plutôt que par le titre ou le statut.
Les Australiens tiennent beaucoup à la modestie ; le “tall poppy syndrome” désigne cette tendance à se méfier des personnes qui se vantent trop ouvertement. Pour un expatrié entrepreneur, il est préférable de mettre en avant les résultats, les preuves et la valeur créée plutôt que de multiplier les effets de manche.
Les réunions commencent tôt, avec une brève conversation informelle, mais la ponctualité est un signe de respect incontournable. Les négociations privilégient une approche pragmatique, visant un accord gagnant-gagnant et une relation de confiance durable. L’humour, parfois sarcastique, est utilisé pour détendre l’atmosphère.
Sur la forme, l’informel domine : on se tutoie très vite (usage du prénom, même avec des dirigeants seniors), on privilégie les échanges par e-mail ou messagerie instantanée pour le quotidien, et les rencontres physiques ou en visioconférence pour les discussions plus stratégiques. Les cartes de visite s’échangent sans cérémonial particulier.
Choisir la bonne structure juridique pour son entreprise en Tasmanie
Avant de vous lancer, vous devrez choisir une forme juridique adaptée à votre projet, à votre situation de résidence et à votre stratégie fiscale. En Australie, quatre grandes structures dominent : Sole Trader (entreprise individuelle), Partnership (partenariat), Company (Pty Ltd) et Trust.
Panorama des principales structures
Même si la Tasmanie a ses spécificités en termes de soutien et de réglementation locale, le droit des sociétés reste fédéral. Le tableau ci-dessous synthétise les grandes lignes de ces structures du point de vue d’un expatrié.
| Structure | Personnalité juridique | Responsabilité de l’entrepreneur | Complexité / coûts de mise en place | Points clés pour un expatrié |
|---|---|---|---|---|
| Sole Trader (individuel) | Aucune entité séparée | Illimitée, personnelle | Très faible | Simple pour démarrer, mais risqué pour le patrimoine personnel |
| Partnership | Non (contrat entre associés) | Illimitée et conjointe pour les dettes | Faible à moyenne | À manier avec prudence, bien cadrer par contrat |
| Company (Pty Ltd) | Oui, entité distincte | Limitée aux apports | Moyenne | Forme la plus courante pour investisseurs étrangers, 100 % de capital étranger possible |
| Trust | Entité fiduciaire gérée par un trustee | Variable selon la structuration | Complexe, coûteuse à établir | Outil d’optimisation fiscale et de protection patrimoniale, à manier avec conseil spécialisé |
Pour un expatrié qui veut structurer un projet sérieux en Tasmanie, la forme de Company (Proprietary Limited Company – Pty Ltd) est de loin la plus courante. Elle permet de limiter la responsabilité des actionnaires, de séparer clairement les finances personnelles et professionnelles, de rassurer les partenaires et d’ouvrir un capital éventuellement à d’autres investisseurs.
Une société Pty Ltd en Australie doit obligatoirement nommer au moins un directeur résident local. Cependant, elle peut être intégralement détenue par des actionnaires étrangers et son capital social initial peut être symbolique, à partir de 1 AUD. Cette structure est avantageuse pour un entrepreneur expatrié, lui permettant de conserver le contrôle total tout en répondant à l’exigence de résidence via un associé local ou un directeur intérimaire fourni par un cabinet spécialisé.
Filiale, succursale ou simple bureau de représentation ?
Au-delà des structures domestiques, un entrepreneur peut aussi choisir d’implanter une société étrangère existante via une succursale (branch) ou un representative office. La filiale, quant à elle, est une Pty Ltd locale détenue par la maison mère.
| Option d’implantation | Description | Avantages principaux | Limites / Risques |
|---|---|---|---|
| Filiale (Pty Ltd locale) | Société australienne détenue par une entité étrangère | Résidence fiscale locale, image rassurante, responsabilité limitée | Nécessite un directeur résident, obligations complètes auprès d’ASIC et de l’ATO |
| Succursale (branch) | Prolongement de la société étrangère | Pas de nouvelle entité à créer, profits taxés seulement sur la part australienne | La maison mère reste pleinement responsable, moins de distance juridique avec le groupe |
| Representative office | Structure non commerciale (prospection, études) | Idéal pour tester le marché sans activités commerciales | Ne peut pas facturer ni signer de contrats commerciaux |
Pour un expatrié qui veut s’installer durablement en Tasmanie, la filiale Pty Ltd est généralement le choix le plus adapté : elle évite les risques d’“établissement stable” mal maîtrisé et clarifie la résidence fiscale et les obligations déclaratives.
Enregistrer sa société : les étapes clés
La création d’entreprise en Tasmanie suit les procédures fédérales australiennes, avec quelques spécificités pratiques au niveau local. On peut la découper en trois grandes phases : préparation, enregistrement, puis formalités post-création.
Avant l’enregistrement : poser le cadre
Plusieurs décisions structurantes doivent être prises en amont :
– Choisir votre structure juridique (Pty Ltd est le plus fréquent pour les expatriés)
– Définir la répartition du capital, le nombre d’actions, l’identité des actionnaires
– Fixer les règles de gouvernance : adopter une constitution sur-mesure, utiliser les “replaceable rules” prévues par la loi, ou un mix des deux
– Identifier un directeur résident en Australie et, le cas échéant, un secrétaire de société
– Obtenir le consentement écrit de tous les futurs dirigeants et actionnaires
– Préparer une adresse de siège social et une adresse de lieu principal d’activité en Australie (obligatoirement des adresses physiques, pas de boîte postale)
– Désigner un “Public Officer” résidant en Australie, interlocuteur fiscal officiel auprès de l’ATO
Les exigences légales et les démarches pour choisir et enregistrer un nom commercial conforme auprès de l’ASIC.
Le nom ne doit pas être identique à un nom existant, trompeur pour le public ou considéré comme offensant.
Une recherche préalable est obligatoire via le registre des sociétés sur le site de l’ASIC.
Il est possible de réserver un nom pour 2 mois en déposant le formulaire 410 (Form 410) auprès de l’ASIC.
La réservation d’un nom est soumise au paiement de frais administratifs.
Enfin, tout dirigeant doit obtenir un Director Identification Number (DIN), identifiant unique de 15 chiffres. Pour un non-résident dépourvu de Tax File Number australien, la procédure implique l’envoi de formulaires papier et de documents certifiés, avec un délai pouvant atteindre 56 jours ouvrés. C’est souvent ce point qui allonge le plus les délais de création pour un expatrié.
L’enregistrement en pratique
L’outil principal est le Business Registration Service (BRS) du gouvernement australien, qui permet, en une seule séquence, d’enregistrer la société, le nom commercial, l’ABN (Australian Business Number) et éventuellement le Tax File Number (TFN) de la société.
En pratique, pour une Pty Ltd simple, le processus de dépôt en ligne prend une quinzaine de minutes et l’enregistrement est souvent confirmé sous deux jours ouvrés. Les frais d’immatriculation d’une société de type proprietary company tournent autour de 611 AUD (frais ponctuels).
Une fois la demande approuvée :
– La société reçoit un Australian Company Number (ACN), identifiant à 9 chiffres.
– Un certificat d’incorporation est délivré.
– L’ASIC envoie par courrier à l’adresse du siège un “Corporate Key”, code à 8 chiffres indispensable pour accéder à certains services en ligne de l’ASIC.
Dans certains cas particuliers (types de sociétés spécifiques, besoin de protéger l’adresse personnelle d’un dirigeant pour des raisons de sécurité…), l’inscription ne peut pas se faire via le BRS et doit suivre une procédure séparée.
Après l’immatriculation : formalités essentielles
Une fois la société créée, il reste quelques étapes incontournables :
– Obtenir un ABN (souvent déjà fait via le BRS)
– Demander un TFN pour la société, si ce n’est pas déjà intégré à la demande
– Enregistrer un nom commercial auprès de l’ASIC si vous exercez sous une autre marque que le nom légal de la société (frais de 45 AUD pour un an, 104 AUD pour trois ans)
– Ouvrir un compte bancaire professionnel auprès d’une banque agréée en Australie
– Mettre en place une identité numérique (Digital ID, Relationship Authorisation Manager – RAM) pour gérer les démarches en ligne avec les autorités
– Afficher le nom de la société et son ACN sur les documents officiels et sur le lieu d’activité
Un expatrié devra aussi, dans de nombreux cas, se pencher rapidement sur les licences et autorisations spécifiques, en particulier dans la restauration, le tourisme, la santé, l’immobilier, l’événementiel ou les métiers réglementés.
Licences, permis et contraintes réglementaires en Tasmanie
En Tasmanie, comme dans le reste de l’Australie, de nombreuses activités sont conditionnées à l’obtention de licences ou d’autorisations spécifiques : licence de vente d’alcool, permis sanitaires, autorisations d’urbanisme pour un commerce, réglementation relative aux activités à domicile, etc.
Pour ne pas s’y perdre, le meilleur point d’entrée est l’outil en ligne ABLIS (Australian Business Licence and Information Service), accessible gratuitement. Il fournit un rapport personnalisé listant les licences nécessaires selon votre secteur et votre localisation, avec description des obligations, délais, formulaires et contacts.
Pour être orienté vers les bons services, contactez Business Tasmania au 1800 440 026 ou par email à ask@business.tas.gov.au. Pour les questions relatives aux règles d’urbanisme, de zonage, de stationnement ou d’exploitation depuis un domicile, il est nécessaire de contacter directement votre council local (municipalité).
Les paiements pour un grand nombre de permis peuvent être effectués dans les centres Service Tasmania disséminés sur le territoire. Le gouvernement a d’ailleurs mis en place un “Red Tape Reduction eHub” permettant aux entreprises de signaler les lourdeurs réglementaires et de suggérer des simplifications.
Au-delà des licences, un entrepreneur expatrié doit aussi assimiler des obligations transversales : droit du travail (Fair Work), santé et sécurité au travail, protection de la propriété intellectuelle (marques, brevets, droits d’auteur), rédaction et sécurisation des contrats commerciaux.
Fiscalité des entreprises : ce qu’un expatrié doit vraiment savoir
Créer une entreprise en Tasmanie implique d’entrer de plein pied dans le système fiscal australien, réputé technique mais relativement stable.
Sur le plan de l’impôt sur les sociétés, on l’a vu, deux taux coexistent :
– 30 % pour les entreprises ne remplissant pas les critères de “base rate entity”
– 25 % pour les PME éligibles (chiffre d’affaires agrégé < 50 millions AUD et proportion limitée de revenus passifs)
Les sociétés australiennes résidentes sont imposées sur leurs revenus mondiaux, tandis qu’une entité non résidente n’est taxée en Australie que sur ses revenus de source australienne. La question de la résidence fiscale dépend notamment du lieu d’incorporation et de l’endroit où se situe la direction effective (“central management and control”).
La Tasmanie ne prélève aucun impôt sur le revenu au niveau de l’État, ni d’impôt local sur les sociétés.
– La GST (Goods and Services Tax), taxe fédérale de 10 % sur la plupart des biens et services. L’enregistrement devient obligatoire dès que votre chiffre d’affaires lié à la GST atteint 75 000 AUD par an.
– La Payroll Tax, taxe sur la masse salariale au-dessus d’un seuil qui varie selon l’État (en Tasmanie, ce seuil est relativement bas, ce qui oblige à l’intégrer dans vos prévisions dès que vous prévoyez plusieurs salariés).
– La Fringe Benefits Tax (FBT), taxe de 47 % sur certaines rémunérations en nature (voiture de fonction, certains repas, logement, etc.).
– La Capital Gains Tax (CGT), intégrée à l’impôt sur les sociétés ou sur le revenu en cas de plus-value sur la vente d’actifs.
Les obligations déclaratives incluent : le dépôt périodique des déclarations d’activité (BAS), la conservation de registres comptables fiables pendant au moins cinq ans, la nomination d’un représentant fiscal (Public Officer) auprès de l’administration fiscale australienne (ATO) et, le cas échéant, la gestion des retenues à la source (PAYG withholding) sur les salaires versés.
Les relations internationales sont encadrées par un réseau de conventions fiscales (Double Taxation Agreements) couvrant plus de 40 pays, qui réduisent souvent les taux de retenue à la source sur intérêts, dividendes et redevances pour les non-résidents.
Pour des groupes internationaux, des règles renforcées s’appliquent : prix de transfert, thin capitalisation (limitation des déductions d’intérêts), règles CFC (Controlled Foreign Company), dispositifs anti-évitement (MAAL, Diverted Profits Tax) ou encore les règles de “Pillar Two” de l’OCDE pour les grands groupes.
Pour un expatrié fondateur d’une PME ou d’une startup, ces dernières ne seront pas toujours applicables, mais il est crucial de vérifier en amont, notamment si un groupe étranger détient la société ou si des efforts intragroupe importants sont envisagés.
Banques, compte professionnel et solutions de paiement
Aucune activité sérieuse ne peut fonctionner sans compte bancaire professionnel. En Australie, les grandes banques de détail (les “Big Four” : CommBank, Westpac, NAB, ANZ) dominent le marché, mais des acteurs spécialisés et des fintechs (Wise, Airwallex, Revolut Business, etc.) gagnent du terrain sur le segment international.
Pour ouvrir un compte professionnel, la société doit être enregistrée en Australie et disposer d’un ABN ou d’un ACN. L’entrepreneur (ou les signataires du compte) doivent généralement :
Pour ouvrir un compte, les demandeurs doivent satisfaire à plusieurs conditions obligatoires.
Les demandeurs doivent être âgés de 18 ans ou plus.
Passer le contrôle ‘100-point check’ avec des documents comme un passeport ou un permis de conduire.
Fournir le certificat d’incorporation, la constitution, une résolution du conseil, les coordonnées des bénéficiaires effectifs, des justificatifs d’adresse, ainsi qu’une description des activités et de l’origine des fonds.
Pour les non-résidents, la procédure est souvent plus lourde : documents certifiés, traduction par traducteur agrée NAATI si les pièces ne sont pas en anglais, éventuelle exigence d’un directeur ou représentant résident, voire dépôt minimal significatif (entre 5 000 et 50 000 AUD dans certains cas).
Beaucoup de banques permettent de commencer la demande en ligne, en particulier pour les structures simples (sole traders, sociétés à un seul directeur). Toutefois, dès que la structure se complexifie ou implique des entités étrangères, une visite en agence est souvent imposée avant activation complète du compte.
Les frais bancaires typiques incluent :
– Frais mensuels de tenue de compte (souvent 0 AUD pour les offres “100 % en ligne”, autour de 10–22 AUD pour les comptes avec plus de services en agence)
– Frais sur opérations assistées au guichet
– Frais de virements internationaux (20–32 AUD ou marge sur le taux de change)
– Éventuels frais de dépôt de chèques ou d’espèces
Pour les activités très internationales, des solutions comme Wise Business, Airwallex ou Revolut Business permettent de gérer des comptes multi-devises, de recevoir des paiements dans de nombreuses monnaies et de réduire les coûts de change.
Marché immobilier commercial : trouver des locaux en Tasmanie
L’un des atouts actuels de la Tasmanie pour un expatrié entrepreneur réside dans la diversité et, comparativement aux grandes capitales, l’accessibilité de l’immobilier commercial.
On recense plus de 400 biens commerciaux disponibles à la location dans l’État, dont plus de 200 pour la seule région du Grand Hobart. Bureaux, commerces, entrepôts, showrooms, locaux de santé, surfaces de loisirs ou de tourisme : l’offre couvre l’essentiel des besoins.
Focus sur Hobart : un marché tendu mais porteur
Le marché de bureaux de Hobart, qui pèse environ 350 000 m², présente la plus faible vacance de toutes les capitales australiennes, avec un taux inférieur à 3 % (contre des pics à 8 % auparavant). Seule Canberra affiche aussi une vacance à un chiffre. Cette rareté relative pousse les loyers vers le haut et laisse présager encore environ 10 % de hausse dans les prochaines années.
Les loyers indicatifs se situent autour de :
| Type de bureaux à Hobart | Niveau de loyer indicatif (par m²/an) |
|---|---|
| A Grade | 450 à 500 AUD |
| B Grade | Moins de 400 AUD le plus souvent |
Il n’y a actuellement pas d’immeubles de bureaux en construction à Hobart, les projets étant déclenchés par la demande plutôt que par la spéculation. Cela rend stratégique la localisation et la réactivité : les quartiers proches de Parliament Square, Franklin Square, du Transit Centre ou des artères centrales comme Macquarie Street ou Murray Street restent très recherchés.
Pour un expatrié lançant une activité de services, plusieurs solutions flexibles existent : petits bureaux (20 à 200 m²), espaces de coworking, locations flexibles dans des immeubles aménagés, bureaux partagés via des opérateurs comme OfficeSpace.com.au ou des réseaux tels que LiquidSpace.
Diversité des localisations et formats
Au-delà du centre de Hobart, les principaux pôles commerciaux et industriels de Tasmanie pour une implantation sont :
– Glenorchy, Moonah, Derwent Park : zones industrielles et mixtes à une dizaine de minutes du CBD
– Salamanca Place à Battery Point : hotspot retail et touristique premium sur le front de mer
– Sandy Bay, Bellerive, New Town, North Hobart : quartiers commerçants dynamiques
– Launceston et Devonport : autres grands centres urbains de l’île, avec leurs propres marchés de bureaux, commerces et entrepôts
Découvrez notre sélection variée de locaux commerciaux et professionnels en Tasmanie, adaptés à tous les besoins d’activité.
Entrepôts d’environ 200 à 300 m², situés à seulement 10 minutes de Hobart. Idéal pour le stockage et la logistique.
Prestigieux bureaux de plus de 800 m² en plein cœur du Central Business District (CBD) de Hobart.
Locaux commerciaux de 60 à 120 m² en rez-de-chaussée, situés dans des zones à forte fréquentation touristique.
Surfaces de bureaux modulables, de 14 à 40 m², parfaites pour les jeunes professionnels et les startups.
Les caractéristiques fréquentes : parkings réservés, hauteur sous plafond, visibilité sur rue passante, bâtiments patrimoniaux rénovés, espaces récemment rafraîchis, flexibilité d’aménagement. Pour un entrepreneur étranger, travailler avec une agence immobilière locale (Elders Commercial, RWC Tasmania, Devine Property, etc.) permet de gagner un temps précieux.
Bureaux flexibles et coworking
Pour démarrer sans s’engager sur un bail long et lourd, les espaces de bureaux flexibles et de coworking sont particulièrement adaptés. Des plateformes comme LiquidSpace ou OfficeSpace.com.au référencent des lieux à Hobart proposant :
– Bureaux privatifs prêts à l’emploi
– Postes en open-space en coworking
– Salles de réunion et espaces événementiels à l’heure ou à la journée
– Services mutualisés (réception, Internet haut débit NBN, téléphonie VoIP, salles de conférence, cuisine, douches, etc.), sur contrats mensuels ou annuels sans bail traditionnel
Ce type de solution est idéal pour une phase d’exploration du marché ou pour une entreprise en croissance qui veut rester agile.
Pour un expatrié, l’Australie est un pays plutôt protecteur envers les salariés et très encadré en matière de droit du travail. La Tasmanie n’y déroge pas. Le système est principalement gouverné par le Fair Work Act 2009, qui définit dix droits minimums (National Employment Standards – NES) et coexiste avec environ 120 “Modern Awards” précisant conditions minimales par secteur ou métier.
Typologie des contrats et statuts
Les formes d’emploi les plus courantes sont :
– Temps plein (38 heures hebdomadaires)
– Temps partiel (moins de 38 heures, avec droits au prorata)
– Casual (sans engagement ferme d’heures régulières, mais avec majoration de salaire, souvent 25 %, pour compenser les droits réduits)
– Contrats à durée déterminée
– Apprentis et stagiaires / trainees
L’Australie ne connaît pas l’“employment at will” : un licenciement doit toujours reposer sur un motif valable (économique, performance, comportement) et suivre une procédure équitable, avec des dédommagements de licenciement économique ou préavis selon l’ancienneté.
Le « sham contracting », qui consiste à faire passer un salarié pour un indépendant alors qu’il est en réalité subordonné, est illégal et expose à de sévères sanctions financières. La qualification dépend de plusieurs critères, notamment le degré de contrôle exercé, le mode de rémunération, l’apport de matériel par le travailleur et sa possibilité de sous-traiter.
Obligations clés de l’employeur
Dès que vous embauchez en Tasmanie, vous devrez :
– Fournir à chaque nouvel employé une “Fair Work Information Statement” (et une fiche spécifique pour les casuals ou les CDD)
– Payer au moins le salaire minimum (révisé chaque année) ou les minima prévus par l’Award applicable
– Verser la superannuation (retraite par capitalisation) à un taux minimal de 12 % du salaire brut “ordinary time earnings”
– S’enregistrer pour le PAYG withholding auprès de l’ATO et prélever l’impôt sur le revenu à la source
– Souscrire une assurance workers’ compensation obligatoire
– Respecter les lois de Work Health and Safety (environnement de travail sûr)
– Tenir des registres précis des temps de travail, salaires et cotisations de retraite pendant au moins sept ans
– Émettre des bulletins de paie dans le jour ouvré suivant le paiement
La durée légale du travail est de 38 heures par semaine, avec possibilité d’heures supplémentaires raisonnables. Les employés disposent d’un droit à la déconnexion, ce qui leur permet de refuser les sollicitations professionnelles déraisonnables en dehors de leurs horaires de travail.
Côté congés, les salariés à temps plein ont droit à quatre semaines de congés annuels payés (cinq pour certains travailleurs de nuit), 10 jours de congés maladie / carer’s leave par an, des congés parentaux (jusqu’à 12 mois non payés, renouvelables une fois), des congés pour services civiques (dont des journées payées pour les jurés), et des jours fériés.
Ressources locales pour les employeurs en Tasmanie
La Tasmanie propose plusieurs services gratuits ou subventionnés pour aider les petites entreprises à recruter et manager leurs équipes :
– Workplace Relations Helpline Service : ligne de conseil immédiat pour les petites entreprises sur les salaires, Awards, conflits, etc.
– Employer of Choice Assist (EOCA) : accompagnement sur-mesure pour les sociétés de moins de 20 ETP, financé par le gouvernement et livré par la TCCI (Tasmanian Chamber of Commerce and Industry)
– Skills Tasmania et programmes de formation pour développer les compétences de la main-d’œuvre
– Programmes de soutien à l’alphabétisation, au calcul et à la langue (SEE Program)
Pour un entrepreneur expatrié, s’appuyer sur ces dispositifs permet de réduire les risques sociaux et d’aligner ses pratiques managériales sur les standards australiens.
Les voies d’immigration pour entrepreneurs et professionnels
Le cadre migratoire australien a profondément évolué : l’ancien modèle de “golden visa” (Business Innovation and Investment Program, BIIP) orienté capital a été fermé. La nouvelle philosophie donne la priorité aux talents, à l’innovation démontrée et à l’impact sectoriel. La Tasmanie s’inscrit pleinement dans cette logique.
Visas nationaux à forte composante entrepreneuriale
Au niveau fédéral, le National Innovation Visa (Subclass 858) est devenu la star des visas pour profils d’exception : chercheurs de haut niveau, entrepreneurs avec brevets et succès avérés, artistes, sportifs d’élite. C’est un visa de résidence permanente directe, mais les critères sont très élevés : reconnaissance internationale de réalisations exceptionnelles, dossier d’évidence (prix prestigieux, publications, propriété intellectuelle), nomination par une personnalité ou une organisation australienne réputée au niveau national dans le domaine.
Pour la plupart des entrepreneurs expatriés, le chemin sera plus réaliste via les visas de travail qualifié.
La Tasmanie et les visas de type “Skilled” (190 et 491)
La Tasmanie dispose de sa propre politique de nomination d’État pour les visas suivants :
Le visa Subclass 190 est un visa de résidence permanente pour les travailleurs qualifiés, nécessitant une nomination par un État ou un territoire. Le visa Subclass 491 est un visa régional provisoire de 5 ans pour les travailleurs qualifiés. Après trois ans de résidence dans une région désignée et avec un revenu suffisant, les titulaires du 491 peuvent demander le visa permanent Subclass 191.
La nomination par la Tasmanie ajoute des points au barème du Ministère de l’Intérieur (Department of Home Affairs) : 5 points pour un 190, 15 points pour un 491. Pour être éligible, il faut notamment :
– Être âgé de moins de 45 ans
– Avoir une évaluation positive de compétences dans une profession de la liste des métiers éligibles (ANZSCO)
– Justifier d’au moins 65 points au test de points fédéral
– Avoir au minimum un niveau d’anglais dit “Competent”
La Tasmanie classe les candidats sur la base d’attributs prioritaires : secteur (santé, enseignement, ingénierie, etc.), salaire, durée d’emploi sur place, contribution économique, etc., avec un système de scoring (Gold, Green, Orange). Les métiers de la santé, de l’allied health et de l’enseignement obtiennent des priorités fortes.
La voie “Small Business Owner” / “Tasmanian Business Operator”
Pour un expatrié entrepreneur, la voie la plus directement reliée à la création d’entreprise est la “Small Business Owner” stream / “Tasmanian Business Operator” pathway du visa 491.
Les grandes lignes de la version récente de ce dispositif sont les suivantes :
Pour prétendre à ce visa, il faut avoir exploité une entreprise en Tasmanie pendant au moins 12 mois (6 mois pour certains cas), être propriétaire unique ou en co-propriété avec son conjoint, et générer un revenu personnel imposable d’au moins 85% du TSMIT (environ 65 000 AUD/an). Il est également obligatoire d’avoir suivi les modules clés du Fair Work Ombudsman sur les obligations d’employeur, de présenter un business plan solide basé sur une étude de marché, et d’éviter les activités exclues telles que les franchises classiques, la sous-traitance pure, les stations-service, les taxis/VTC, ou certaines activités de santé non réglementées.
Pour des activités de massage, il est par exemple exigé une évaluation de compétences pertinente et un numéro de prestataire de mutuelle vérifiable.
Les autorités tasmaniennes surveillent particulièrement l’authenticité et l’impact économique des entreprises candidates : priorité aux projets qui créent de l’emploi local, innovent ou renforcent des secteurs clés (énergies renouvelables, agri/agrotech, défense, technologies numériques, santé, industries créatives…). À l’inverse, des projets de simple reprise d’un café ou d’une boutique de détail généraliste peuvent être refusés.
Processus de nomination : de la ROI à la demande de visa
Le parcours type passe par : la découverte, l’apprentissage, la pratique, l’évaluation et l’adaptation.
Le processus commence par le dépôt d’une Registration of Interest (ROI) sur le portail en ligne de Migration Tasmania. Ensuite, le dossier est classé par un système de scoring basé sur les attributs du candidat. Si une invitation est reçue, une demande de nomination formelle doit être déposée dans un délai souvent limité, par exemple 30 jours. Enfin, si la nomination est accordée, la demande de visa proprement dite doit être soumise au Department of Home Affairs dans un délai imparti, par exemple 60 jours.
La nomination ne garantit pas le visa, mais constitue une condition nécessaire. Les frais de nomination pour la Tasmanie sont d’environ 370 AUD (un peu plus avec la GST), alors que le dépôt d’une ROI est gratuit.
Pour un entrepreneur expatrié souhaitant s’ancrer durablement dans l’État, la stratégie peut ainsi combiner :
– Études de marché et test de concept en visitor visa ou autre statut temporaire
– Création d’une entreprise en Tasmanie et exploitation opérationnelle
– Constitution de preuves financières et professionnelles
– Passage ensuite par la voie Small Business Owner du 491, puis accès ultérieur au visa permanent 191 sous conditions de revenus (actuellement autour de 53 900 AUD annuels) et de durée de résidence.
Aides financières, subventions et accompagnement en Tasmanie
La Tasmanie se montre particulièrement généreuse en matière de soutien aux entreprises, même si – point important – il existe relativement peu d’aides simplement pour “créer” une nouvelle société. Les subventions visent plutôt la croissance, l’innovation, l’export, la transition énergétique ou l’emploi.
Programmes généraux pour les petites entreprises
Parmi les programmes phares que peut mobiliser un expatrié créateur d’entreprise en Tasmanie, on peut citer :
| Programme | Nature | Montants typiques | Objectif principal |
|---|---|---|---|
| Business Growth Loan Scheme | Prêts de développement | Jusqu’à 60 M AUD au total (enveloppe) | Aider les entreprises à financer expansion et nouveaux projets |
| Enabling Business Grant (Small Business Growth Strategy) | Subventions d’investissement | 2 500 à 10 000 AUD | Financer des investissements matériels de croissance avec cofinancement |
| Small Business Advice & Financial Guidance | Subvention de conseil | 1 000 à 1 500 AUD | Payer des prestations de conseil financier ou stratégique spécialisées |
| No Interest Micro-Business Loan | Microcrédit | Jusqu’à 3 000 AUD sans intérêt | Aider des personnes à faible revenu à lancer ou développer un micro-business |
| Tasmanian Business Advice Service | Conseil gratuit | Jusqu’à 5 heures d’accompagnement | Aider les petites entreprises existantes sur tout sujet de gestion |
Beaucoup de ces programmes exigent un apport financier (co-contribution de 30 % pour l’Enabling Business Grant, par exemple), une ancienneté minimale de l’ABN (souvent au moins un an), des seuils de chiffre d’affaires (par exemple entre 50 000 et 10 millions AUD pour certains dispositifs) et une situation “saine” (entreprise non en vente, non insolvable).
Montant en dollars australiens des subventions disponibles pour les entrepreneurs issus de communautés multiculturelles via la Multicultural Small Business Grant.
Secteurs prioritaires et programmes spécialisés
La Tasmanie et le gouvernement fédéral alignent leurs aides sur des axes stratégiques : agriculture, tourisme, énergie, industries avancées, export, économie créative, First Nations, etc. Quelques exemples :
Découvrez les dispositifs clés de financement et d’accompagnement pour les entreprises en Tasmanie, couvrant l’agriculture, le tourisme, l’efficacité énergétique et l’export.
AgriGrowth Loan Scheme, AgriStarter Loan, programmes de résilience agricole et de médiation de dettes pour les agribusiness.
Regional Tourism Development Loan Scheme (100 000 à 3 millions AUD à taux préférentiel), programmes de réduction d’empreinte carbone (TERC) et de montée en gamme de l’expérience client.
Business Energy Efficiency Scheme et prêts à taux zéro pour l’acquisition d’équipements performants.
Export Essentials, Export Market Development Grants, Wine Export Grant et Tasmanian Freight Equalisation Scheme.
Par ailleurs, des dispositifs nationaux comme le R&D Tax Incentive, le National Reconstruction Fund, l’Industry Growth Program ou des financements via la Clean Energy Finance Corporation peuvent être mobilisés par des sociétés tasmaniennes qui s’inscrivent dans ces logiques de recherche, de production avancée ou de transition énergétique.
Pour un expatrié, l’enjeu est de bâtir un projet qui ne se contente pas d’exister, mais qui s’intègre dans ces priorités : innovation, création d’emploi local, durabilité, exportation, montée en compétence de la population.
Études de marché, marketing et outils numériques : préparer son entrée en Tasmanie
Avant de se lancer dans une île de taille modeste mais très spécifique, il est capital de travailler son étude de marché. Les autorités tasmaniennes proposent d’ailleurs des guides, checklists et modèles de business plan et de marketing plan pour structurer cette démarche.
Le processus idéal combine : la planification, l’exécution, le suivi et l’ajustement.
Pour une étude de marché complète, on peut combiner des recherches secondaires, comme l’analyse des données démographiques de l’Australian Bureau of Statistics (ABS) et des rapports sectoriels (IBISWorld, Statista), avec des recherches primaires. Ces dernières incluent des entretiens individuels, des focus groups, des sondages en ligne (Google Forms, SurveyMonkey, Typeform), des tests bêta et l’animation de communautés sur des plateformes comme Facebook ou via des Meetup locaux.
Les outils numériques modernes (Google Trends, SEMrush, Ahrefs, SimilarWeb, Google Analytics, Meta Business Suite, Hootsuite, etc.) aident à comprendre la demande, la concurrence, les canaux d’acquisition les plus efficaces. Des plateformes comme Canva, Hotjar, HubSpot ou Mailchimp permettent ensuite de mettre en place une communication professionnelle avec des moyens limités.
Pour un expatrié, ces données viennent compléter un travail d’immersion sur le terrain : participation à des événements, conversations dans les réseaux d’affaires, visites de lieux clés, observation des comportements des clients.
Réseautage et intégration dans l’écosystème tasmanien
En Tasmanie, la taille relativement réduite du marché joue en faveur d’un entrepreneur expatrié : il est plus facile de rencontrer des décideurs, de se faire connaître dans les réseaux locaux et d’inscrire son projet dans un écosystème déjà structuré.
Plusieurs organisations facilitent le réseautage et le développement professionnel en Tasmanie. La TCCI organise divers événements (petits-déjeuners, mises à jour économiques, ateliers). Des structures comme Business South ou Business Eastern Shore proposent des rencontres régulières pour les petites entreprises. Des réseaux spécifiques existent également, tels que BNI Tasmania, The Hive Collective, Women’s Network Australia (Hobart), et le BNAA, un réseau formel propre à la Tasmanie.
Le territoire est aussi riche en événements récurrents pouvant intéresser un entrepreneur expatrié, qu’il soit dans la tech, la restauration, le tourisme ou les services : salons, ateliers pour migrants entrepreneurs, événements “Small Business Connect & Learn”, rencontres thématiques (technologies, cybersécurité, data), conférences régionales (par exemple le Small Business Success Summit ou des expositions technologiques à Hobart).
Pour un nouvel arrivant, accepter les invitations à des “coffee catch-ups”, des afterworks ou des déjeuners professionnels, puis assurer un suivi soigné (e-mail de remerciement, proposition de suite concrète) est souvent plus efficace que de baser toute sa prospection sur des campagnes en ligne.
Gérer la conformité dans la durée
Créer sa société et obtenir son visa n’est que le début : la vie d’une entreprise en Tasmanie implique des obligations continues, notamment :
Une société en Australie doit notamment : payer une redevance annuelle à l’ASIC (ex: 329 AUD pour une Pty Ltd), mettre à jour ses informations (dirigeants, adresse, capital) sous 28 jours après tout changement, tenir des registres obligatoires (statutaires, d’actionnaires, PV), réaliser une résolution annuelle de solvabilité des administrateurs, respecter les échéances trimestrielles de superannuation (avant fin octobre, janvier, avril, juillet), et reporter la paie en temps réel à l’ATO via le système Single Touch Payroll (STP).
Les directeurs sont astreints à des obligations lourdes en vertu du Corporations Act 2001 : agir dans l’intérêt de la société, exercer soin et diligence, éviter le trading en situation d’insolvabilité, veiller à la qualité des enregistrements financiers. Ignorer ces règles expose à des sanctions personnelles.
Pour un expatrié, s’entourer d’un comptable et d’un juriste locaux, voire d’un cabinet spécialisé dans l’implantation internationale, n’est pas un luxe mais un investissement de prévention essentiel.
Conclusion : une destination à la fois exigeante et porteuse pour les expatriés entrepreneurs
Créer son entreprise en Tasmanie ne relève ni du “paradis fiscal” déconnecté des réalités ni du parcours du combattant impossible. C’est une démarche exigeante, très encadrée et profondément orientée vers l’impact économique, l’emploi local, l’innovation et la durabilité.
L’Australie offre un cadre macroéconomique stable et transparent, avec un marché intérieur solide, une fiscalité claire et un système bancaire robuste. La Tasmanie se distingue par une qualité de vie élevée, des coûts plus accessibles qu’ailleurs sur le continent et une image écologique attractive. Elle bénéficie également de réseaux d’affaires à taille humaine et d’un soutien public détaillé incluant prêts, subventions sectorielles, accompagnement stratégique et aides spécifiques pour les entrepreneurs multiculturels ou à faible revenu.
Pour un expatrié, la clé du succès passera par une préparation rigoureuse : choix réfléchi du statut juridique et de la forme d’implantation, compréhension du droit du travail et des obligations sociales, élaboration d’un business plan fondé sur une vraie étude de marché, prise en compte des critères migratoires spécifiques (en particulier pour les voies de type Small Business Owner / Tasmanian Business Operator), et intégration active dans l’écosystème local.
Vu de loin, la Tasmanie peut sembler périphérique. Pour un entrepreneur bien informé et prêt à s’ancrer dans le tissu local, elle peut devenir, au contraire, un point central d’un projet de vie et de business durablement prospère.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, organisation de la délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Grèce, Malte, île Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tasmanie, Australie, pour la stabilité juridique australienne, la qualité de vie et un environnement naturel exceptionnel propice à une retraite active, tout en restant dans un fuseau horaire compatible avec l’Asie‑Pacifique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un visa de retraité / investisseur avec achat de résidence principale en Tasmanie, détachement et/ou affiliation à un régime local de santé privée, transfert de résidence bancaire, plan structuré de rupture des liens fiscaux français, coordination avec un réseau local (avocat, immigration, comptable et conseillers francophones) et intégration patrimoniale (analyse, adaptation aux conventions fiscales France–Australie et restructuration si nécessaire).
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