Investir dans la pierre à l’étranger fait rêver beaucoup d’expatriés, mais l’Australie – et en particulier la Tasmanie – obéit à des règles très spécifiques. Entre réglementation fédérale, marché local en pleine mutation et contraintes propres aux non‑résidents, un projet mal préparé peut vite se transformer en casse‑tête. À l’inverse, pour ceux qui prennent le temps de comprendre le terrain de jeu, la Tasmanie offre aujourd’hui un rare mélange d’accessibilité, de rendements solides et de potentiel de croissance.
Cet article est un guide complet destiné aux expatriés, notamment en Australie, qui envisagent d’investir en Tasmanie. Il aborde cette opportunité pour diversifier son patrimoine, préparer un retour futur, ou profiter d’un marché immobilier encore abordable à l’échelle nationale australienne.
Pourquoi la Tasmanie attire de plus en plus d’investisseurs
La Tasmanie coche plusieurs cases recherchées par les expatriés : qualité de vie, marché moins spéculatif que Sydney ou Melbourne, tourisme en hausse et forte tension locative. Ce n’est plus la “petite cousine” oubliée du marché australien : les données récentes montrent un rattrapage rapide.
Le marché immobilier tasmanien sort d’une phase de correction après plus de deux années de baisse des prix. Depuis 2024, les indicateurs repartent à la hausse, portés par la croissance démographique, le tourisme, des projets d’infrastructure d’ampleur et la diversification de l’économie locale (éducation, arts, tech, en plus du tourisme et de l’agriculture).
Sur cinq ans, la valeur médiane des logements en Tasmanie régionale a bondi de 58%, soit presque le double de la hausse enregistrée à Hobart.
Les rendements locatifs, eux, restent élevés à l’échelle nationale : en avril 2025, on observe environ 4,1 % pour les maisons à Hobart, 4,7 % pour les unités, et entre 4,4 % et 4,8 % en dehors de la capitale. Dans certains secteurs précis, on dépasse largement ces moyennes, avec des rendements de 5 à 6 % pour les maisons et même plus pour certains appartements.
Le prix médian d’une maison à Hobart est d’environ 710 000 AUD, bien inférieur à celui des grandes métropoles australiennes.
Tasmanie vs grandes capitales : un écart qui compte
Pour se rendre compte de la différence d’échelle, il suffit de comparer les valeurs médianes et les niveaux de rendement observés dans les principaux marchés australiens.
| Ville / Région | Prix médian maison (AUD) | Rendement brut typique (maisons) |
|---|---|---|
| Sydney | ≈ 1 691 731 | 3,5 – 5 % |
| Melbourne | ≈ 772 561 | 4 – 5,5 % |
| Brisbane | ≈ 1 087 183 | 4,5 – 6 % |
| Perth | ≈ 841 928 | 5 – 7 % |
| Adelaide | ≈ 851 125 | ≈ 4,5 – 6 % (selon secteurs) |
| Hobart (maisons) | ≈ 710 000 – 712 000 | 4,1 – 6 % |
| Tasmanie régionale | ≈ 507 000 – 549 000 | 4,4 – 6 % et plus |
La Tasmanie se positionne donc comme un marché intermédiaire : plus abordable que les grandes capitales, mais avec des rendements comparables, voire supérieurs, surtout dans les zones périurbaines et régionales.
Comprendre le cadre légal pour un expatrié
Avant de zoomer sur les quartiers porteurs, il faut intégrer une réalité incontournable : en Australie, l’investissement immobilier étranger est strictement encadré. La Tasmanie n’échappe pas à cette règle, puisqu’elle dépend du droit fédéral sur ce sujet.
Le rôle central du FIRB
Toute acquisition par un non‑résident ou un résident temporaire doit être autorisée par le Foreign Investment Review Board (FIRB), en application du Foreign Acquisitions and Takeovers Act 1975. Sans cette approbation, la transaction est illégale et peut entraîner des amendes, voire la revente forcée du bien.
Pour un expatrié, trois cas de figure principaux :
Les conditions d’achat d’un bien immobilier en Australie dépendent strictement de votre statut de résidence. Les résidents permanents sont traités comme des citoyens, sans restrictions. Les résidents temporaires (visa > 12 mois) font face à des règles strictes et changeantes, notamment des interdictions temporaires sur l’achat de biens existants. Les non-résidents, quant à eux, n’ont généralement accès qu’aux biens neufs, aux projets ‘off-the-plan’ ou aux terrains à bâtir, avec l’obligation de construire dans un délai imparti.
Un élément majeur à intégrer pour un projet en Tasmanie : du 1er avril 2025 au 31 mars 2027, les achats de logements déjà existants par des étrangers non‑résidents sont interdits. Pendant cette période, un expatrié considéré comme non‑résident devra se tourner vers :
– des programmes neufs,
– des lots vendus sur plan dans des projets approuvés,
– des terrains à bâtir avec engagement de construction.
L’approbation du FIRB doit être demandée en ligne. Les frais, non remboursables même en cas d’abandon d’achat, sont progressifs : ils débutent à environ 4 500 AUD pour un investissement inférieur à 1 million AUD et peuvent dépasser le million de dollars pour les très gros montants.
Droits de propriété et immigration : deux mondes séparés
Posséder un bien immobilier en Tasmanie ne donne aucun droit automatique en matière de visa, de résidence ou de citoyenneté. Les procédures d’immigration restent indépendantes.
Certes, la propriété peut être un atout dans un dossier de visa investisseur ou d’entrepreneur, mais elle n’ouvre pas à elle seule un droit à l’installation. Pour un expatrié déjà en Australie, l’enjeu est plutôt de vérifier comment ce bien sera traité fiscalement selon son statut de résidence fiscale (résident ou non‑résident pour l’ATO).
Combien coûte un achat immobilier en Tasmanie ?
Pour un expatrié, la question du “ticket d’entrée” en Tasmanie ne se résume pas au prix affiché sur l’annonce. Le coût global comprend droits de mutation, frais légaux, recherches, assurances, voire surcharges spécifiques pour étrangers.
En Tasmanie, comme ailleurs en Australie, il faut compter environ 5 à 7 % du prix du bien en frais annexes. Entrons dans le détail.
Droits de mutation (Stamp Duty) et barème local
En Tasmanie, les droits de mutation sont calculés selon un barème progressif. Pour un transfert intervenu après le 1er octobre 2012, quelques repères utiles :
| Tranche de valeur du bien (AUD) | Calcul indicatif des droits (Stamp Duty) |
|---|---|
| 0 – 1 300 | Forfait 20 AUD |
| 1 301 – 25 000 | 20 AUD + 1,75 AUD par tranche de 100 AUD au‑dessus |
| 25 000 – 75 000 | 435 AUD + 2,25 AUD par 100 AUD au‑dessus |
| 75 000 – 200 000 | 1 560 AUD + 3,50 AUD par 100 AUD au‑dessus |
| 200 000 – 375 000 | 5 935 AUD + 4,00 AUD par 100 AUD au‑dessus |
| 375 000 – 725 000 | 12 935 AUD + 4,25 AUD par 100 AUD au‑dessus |
| > 725 000 | 27 810 AUD + 4,50 AUD par 100 AUD au‑dessus |
À titre indicatif, un bien à 150 000 AUD entraîne environ 4 185 AUD de droits, tandis qu’un bien à 500 000 AUD génère autour de 18 247,50 AUD. Pour obtenir une estimation précise, le site officiel Tasmanian Revenue Online (tro.tas.gov.au) met à disposition un calculateur.
En plus des droits habituels, des surcharges pour acheteur étranger peuvent s’appliquer selon la politique fiscale en vigueur à la date d’achat. Il est indispensable de vérifier l’existence d’un « Additional Foreign Buyers Duty » au moment de votre projet immobilier.
Frais de notariat et de “conveyancing”
La Tasmanie ne connaît pas le notariat “à la française”. Les transferts se font via des cabinets d’avocats ou des conveyancers licenciés. Pour un achat standard, il faut généralement prévoir :
| Poste de coût (achat Tasmanie) | Montant indicatif (AUD) |
|---|---|
| Honoraires de conveyancer (achat) | ≈ 1 800 AUD TTC (un prestataire) |
| Autres frais et débours | 1 100 – 1 200 AUD supplémentaires |
| Frais de rédaction de contrat (si applicable) | ≈ 165 AUD TTC |
| Dossiers complexes (horaire) | ≈ 220 AUD / heure TTC |
| Frais d’agent de règlement (settlement) | ≈ 100 AUD |
À cela s’ajoutent divers frais de recherches et d’enregistrement, dont certains sont obligatoires et d’autres recommandés.
Recherches obligatoires et recommandées
Avant de finaliser un achat, plusieurs recherches doivent être menées pour vérifier la situation juridique, fiscale et physique du bien.
| Recherche / débours obligatoire | Montant indicatif (AUD) |
|---|---|
| Recherche de titre (Title search) | 42,02 |
| Recherche taxes locales (Council rates) | 63,03 |
| Recherche Land Tax | 15,75 |
| Administration Land Titles Office | 2,95 |
| Recherche société (ASIC, si besoin) | 27,15 |
| Recherche faillite par vendeur | 42,20 |
| Frais d’enregistrement du transfert | 250,21 |
| Priority Notice (enregistrement prioritaire) | 31,72 |
| Frais de chèque bancaire | 12,00 |
| Vérification d’identité (VOI) par personne | 20,20 |
Certaines recherches supplémentaires sont très fortement recommandées, notamment en Tasmanie où le principe de vente “as is, where is” (en l’état) est courant, faute de véritable régime légal de divulgation vendeur :
| Recherche recommandée | Montant indicatif (AUD) |
|---|---|
| “337 searches” (ensemble de vérifications) | 278,39 |
| Recherche mines & glissements de terrain | 66,00 |
| Recherche Tas Water (eau) | 52,53 |
| Recherche servitudes (si applicable) | 42,02 |
D’autres investigations peuvent être menées : recherches auprès de l’autorité minière pour vérifier l’existence de licences, contrôles auprès du département des transports, recours à un géomètre pour vérifier les limites, inspection physique minutieuse, etc. Les avocats émettent souvent des “Requisitions on Title” au vendeur, c’est‑à‑dire une série de questions détaillées sur l’historique et l’état du bien.
Taxe foncière et autres charges récurrentes
Une fois propriétaire, plusieurs charges reviennent chaque année :
L’achat d’un bien immobilier en Tasmanie implique plusieurs frais récurrents. La Land Tax est calculée sur la valeur du terrain selon un barème progressif (ex: 50 AUD + 0,55% au-delà de 25 000 AUD pour une valeur entre 25 000 et 349 999 AUD). Les Council rates sont une taxe municipale annuelle pour les services locaux. Les factures d’eau et services (Tas Water) peuvent être à la charge du propriétaire. Une assurance habitation est fortement recommandée dès la signature du contrat, car le transfert du risque entre vendeur et acheteur est une zone floue juridiquement.
Marché locatif tasmanien : tension extrême, rendements solides
Pour un expatrié investisseur, l’attractivité de la Tasmanie tient beaucoup à son marché locatif ultra tendu. Les taux de vacance sont parmi les plus bas d’Australie : Hobart oscille entre 0,6 % et 0,9 %, certains secteurs régionaux descendent à 0,3 %. Conséquence directe : les loyers ont fortement progressé et continuent d’être poussés vers le haut par une offre limitée.
Les chiffres montrent qu’en Tasmanie, la part des annonces à moins de 400 AUD par semaine s’est effondrée, passant de 32,4 % des locations en 2020 à seulement 10,9 % en 2024. Les loyers médians à Hobart atteignent environ 585 AUD par semaine pour les maisons et 490 AUD pour les unités, avec des croissances annuelles proches de 4 à 5 %.
Yields à Hobart : la carte des meilleurs rapports loyers/prix
Hobart reste une des capitales les plus abordables du pays, mais les rendements y sont supérieurs à ceux de nombreuses grandes villes. Pour les investisseurs orientés “cash‑flow”, certains quartiers de la grande Hobart sortent nettement du lot.
Principaux faubourgs de Hobart offrant des rendements élevés sur les maisons, d’après le rapport ‘Best of the Best 2024’ de CoreLogic.
Se distingue par ses rendements locatifs élevés pour les maisons.
Reconnu pour offrir des rendements attractifs sur l’investissement immobilier résidentiel.
Figure parmi les faubourgs performants avec de forts rendements locatifs.
Identifié pour ses rendements élevés sur les maisons dans la région de Hobart.
Offre des perspectives de rendement solides pour les investisseurs en maisons.
| Suburb (maisons) | Rendement brut (%) | Loyer médian / semaine (AUD) |
|---|---|---|
| Gagebrook | 5,6 | 502 |
| Risdon Vale | 5,6 | 503 |
| Chigwell | 5,5 | 505 |
| Bridgewater | 5,4 | 501 |
| New Norfolk | 5,3 | 481 |
| Berriedale | 5,2 | 511 |
| Warrane | 5,2 | 543 |
| Mornington | 5,2 | 547 |
| Claremont | 5,1 | 521 |
| Glenorchy | 5,1 | 541 |
La plupart de ces quartiers se trouvent à moins de 15 km du CBD, ce qui assure un accès correct à l’emploi tout en conservant des valeurs d’achat raisonnables. On est typiquement sur la ceinture nord et nord‑est de la ville, avec une clientèle de locataires composée de familles, travailleurs essentiels et jeunes ménages.
Pour les unités dans la grande Hobart, les rendements restent très attractifs :
| Suburb (unités) | Rendement brut (%) | Loyer médian / semaine (AUD) |
|---|---|---|
| Claremont | 5,5 | 460 |
| Brighton | 5,4 | 451 |
| Glenorchy | 5,3 | 448 |
| Moonah | 5,1 | 454 |
| Lenah Valley | 4,6 | 475 |
| Lindisfarne | 4,6 | 476 |
| Blackmans Bay | 4,6 | 479 |
| Kingston | 4,6 | 469 |
| Howrah | 4,4 | 489 |
| Bellerive | 4,3 | 480 |
Les quartiers comme Moonah, Kingston, Lenah Valley et Howrah sont souvent cités comme des “hotspots” en devenir : ils bénéficient de la gentrification, d’investissements dans les transports et d’une forte demande locative, tout en offrant encore des prix d’entrée raisonnables.
Tasmanie régionale : Launceston, Devonport, Ravenswood… le vrai “sweet spot” ?
Les chiffres de performance sur cinq ans sont sans appel : la Tasmanie régionale a surperformé Hobart, avec environ 58 % de hausse contre 32 % pour la capitale. Certaines zones affichent des croissances à deux chiffres par an, combinées à des rendements locatifs supérieurs à 6 %.
C’est particulièrement vrai autour de Launceston et dans le nord‑ouest (Devonport, Burnie, Acton, etc.). Pour un expatrié qui cherche un équilibre entre rendement, potentiel de valorisation et ticket d’entrée réduit, ces marchés méritent une attention particulière.
Les meilleurs rendements en Tasmanie régionale (maisons)
Toujours d’après CoreLogic (rapport Best of the Best 2024), les meilleurs rendements se concentrent dans la région de Launceston et du nord :
| Suburb (maisons, Tasmanie régionale) | Région | Rendement brut (%) | Loyer médian / semaine (AUD) |
|---|---|---|---|
| Ravenswood | Launceston & North East | 6,0 | 437 |
| Mayfield | Launceston & North East | 5,9 | 463 |
| East Devonport | West & North West | 5,5 | 428 |
| Mowbray | Launceston & North East | 5,5 | 457 |
| Newnham | Launceston & North East | 5,4 | 479 |
| Acton | West & North West | 5,4 | 395 |
| George Town | Launceston & North East | 5,3 | 390 |
| Invermay | Launceston & North East | 5,1 | 476 |
| Summerhill | Launceston & North East | 4,9 | 504 |
| Devonport | West & North West | 4,9 | 434 |
Ravenswood se distingue particulièrement : prix médians sous les 400 000 AUD, croissance annuelle d’environ 8 % et rendement proche de 6,6 % selon plusieurs sources. Pour un expatrié qui investit à distance, ce type de profil – prix modérés, marché locatif porteur, risque de vacance faible – est souvent plus gérable qu’un actif très cher dans une capitale.
Rendements sur les unités en Tasmanie régionale
Les unités en région tasmanienne offrent elles aussi des rendements supérieurs à la moyenne nationale :
| Suburb (unités) | Région | Rendement brut (%) | Loyer médian / semaine (AUD) |
|---|---|---|---|
| Newnham | Launceston & North East | 5,8 | 400 |
| Prospect Vale | Launceston & North East | 5,7 | 448 |
| Riverside | Launceston & North East | 5,3 | 409 |
| Devonport | West & North West | 5,1 | 371 |
| Newstead | Launceston & North East | 5,0 | 406 |
| Latrobe | West & North West | 4,8 | 393 |
| Launceston | Launceston & North East | 4,4 | 439 |
Cette carte des rendements doit bien sûr être croisée avec d’autres critères : dynamique démographique, projets d’infrastructure, emplois locaux, profil des locataires, etc.
Les 5 banlieues régionales à surveiller en 2025
Des travaux d’analyse combinant données de Hotspotting by Ryder et calculs de Canstar Research mettent en avant cinq suburbs particulièrement intéressants pour 2025 : Acton, Devonport, Norwood, Primrose Sands et Ravenswood.
Pour comparer différentes opportunités d’investissement, on utilise un scénario type avec 20% d’apport personnel et un prêt classique. Cette méthode standardisée permet d’évaluer objectivement la rentabilité, le levier financier et le risque de chaque option.
| Suburb | Prix médian (AUD) | Croissance 1 an | Croissance moyenne 10 ans/an | Vacance locative | Rendement médian (%) | Apport (20 %) (AUD) | Mensualité estimée (AUD) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Acton | 355 000 | +1 % | 14 % | 0,0 % | 5,70 % | 83 540 | 1 739 |
| Devonport | 475 000 | +4 % | 11 % | 0,5 % | 5,00 % | 112 590 | 2 327 |
| Norwood | 610 000 | +5 % | 10 % | 0,8 % | 4,60 % | 145 328 | 2 989 |
| Primrose Sands | 480 000 | +1 % | 13 % | 1,6 % | 4,30 % | 113 803 | 2 352 |
| Ravenswood | 370 000 | +8 % | 13 % | 1,1 % | 6,60 % | 87 140 | 1 813 |
Chaque profil parle différemment à un expatrié :
Analyse de plusieurs localités présentant des opportunités variées pour les investisseurs, du rendement élevé au cadre de vie.
Cible les petits budgets avec une croissance historique très forte et des loyers en nette hausse, mais un marché plus étroit.
Profite du terminal de ferries vers Melbourne, d’une économie portuaire et d’un second souffle après une phase de stagnation.
Combine environnement résidentiel familial, écoles, parcs, demande locale soutenue et rareté de la vacance.
Offre une alternative ‘lifestyle’ abordable pour les travailleurs de Hobart, avec une demande locative solide.
Maximise le rendement avec un coût d’entrée encore très faible, dans une zone en transformation.
Pour un expatrié qui finance à distance, ces chiffres montrent qu’il est possible de viser un rendement brut entre 5 et 6,5 %, tout en tablant sur une croissance de capital à deux chiffres sur le long terme dans plusieurs de ces micro‑marchés.
Comment financer un achat en Tasmanie en tant qu’expatrié
Obtenir un crédit immobilier australien en tant que non‑résident reste possible, mais les banques se montrent plus prudentes. Les principaux établissements (Commonwealth Bank, Westpac, ANZ, NAB) proposent des produits dédiés, souvent avec :
– un apport minimal de 20 à 30 % du prix,
– des exigences documentaires renforcées (revenus, relevés bancaires, rapport de crédit du pays d’origine, preuve que l’apport est bien constitué de fonds propres),
– des plafonds de ratio prêt/valeur (LVR) plus stricts,
– des taux d’intérêt similaires ou légèrement supérieurs à ceux des résidents.
En 2025, les taux fixes pour les prêts immobiliers sur 20 à 25 ans se situent généralement entre 5,5 % et 6,25 %.
Pour un expatrié, deux stratégies sont fréquentes :
1. Financement local, via une banque australienne ou un courtier spécialisé non‑résidents, avec un compte bancaire local et un dossier complet pour l’ATO (Tax File Number, déclarations de revenus, etc.). 2. Financement dans le pays d’origine, par exemple via une banque française disposant de filiales en Australie, ou en mobilisant un patrimoine existant avec effet de levier (garantie hypothécaire sur un bien en France, par exemple).
Dans tous les cas, il est fortement recommandé d’obtenir plusieurs pré‑accords de crédit avant de faire une offre, afin d’optimiser les conditions (taux, durée, flexibilité) et de renforcer votre position lors des négociations.
Le processus d’achat en Tasmanie, étape par étape
La procédure tasmanienne comporte des spécificités importantes pour un expatrié :
L’achat d’un bien en Tasmanie par un non-résident implique une séquence d’étapes précises : définir sa stratégie d’investissement, vérifier l’éligibilité FIRB et déposer une demande (délai de 30 à 90 jours), ouvrir un compte bancaire australien. La recherche du bien se fait via des portails ou des agents, et une inspection bâtiment/termites (400-800 AUD) est cruciale. Il faut obtenir une analyse juridique des recherches, négocier le contrat avec des clauses suspensives (financement, FIRB, inspections), et verser un dépôt d’environ 10%. Le règlement (settlement) est géré par un avocat ou conveyancer. Il est impératif d’assurer le bien dès la signature du contrat et de mettre en place une gestion locative via une agence locale pour la gestion des loyers et les obligations fiscales.
Gérer un bien en Tasmanie à distance : contraintes et solutions
Pour un expatrié, la distance géographique complique la gestion quotidienne. L’enjeu est de déléguer efficacement.
Les options courantes :
Pour gérer un bien immobilier en location, plusieurs options s’offrent à vous. La plus courante est de passer par une agence immobilière locale, dont les frais incluent généralement un droit de location (souvent équivalent à une semaine de loyer + TVA/GST), une commission de gestion (par exemple autour de 6-7% du loyer encaissé + TVA/GST) et des frais administratifs mensuels. Vous pouvez également utiliser des plateformes et outils numériques pour gérer en ligne les paiements, le suivi des travaux et la communication avec les locataires via des tableaux de bord. Enfin, prévoyez des visites sur place ponctuelles, soit en vous déplaçant vous-même tous les quelques années, soit en mandatant un expert indépendant pour un audit complet de l’état du bien.
Les règles de location sont encadrées par la législation locale de type Residential Tenancies Act : contrat écrit obligatoire, dépôt de garantie (souvent quatre semaines de loyer) placé auprès d’une autorité indépendante, plafonds de fréquence des inspections, délais de préavis précis, standards de sécurité (détecteurs de fumée, RCD, etc.). Les obligations varient d’un État à l’autre, mais le principe reste similaire : tenir le logement en bon état, répondre rapidement aux réparations urgentes, respecter la vie privée du locataire.
Sur le plan fiscal, un non‑résident doit :
– obtenir un Tax File Number (TFN) auprès de l’ATO,
– déclarer ses revenus locatifs australiens, en tenant compte des charges déductibles (intérêts d’emprunt, frais d’agence, assurances, entretien, impôts locaux, etc.),
– être conscient de l’imposition sur les plus‑values en cas de revente (Capital Gains Tax), souvent plus lourde pour un non‑résident que pour un résident.
Pour un expatrié français par exemple, il existe une convention fiscale franco‑australienne qui vise à éviter la double imposition, mais l’interprétation pratique des textes nécessite de recourir à un fiscaliste international.
Risques climatiques et valeur à long terme en Tasmanie
Comme partout dans le monde, le changement climatique commence à influencer les décisions immobilières. Inondations, feux de forêt, glissements de terrain, montée des eaux : ces risques impactent la valeur des biens, les primes d’assurance, la capacité des banques à prêter et la demande des acheteurs.
Les études internationales montrent que :
Les propriétés en zone inondable en Europe peuvent subir une décote de valeur allant jusqu’à 45 % selon leur exposition.
La Tasmanie, avec son image de “refuge climatique” plus frais et verdoyant, attire justement une partie des Australiens et des étrangers en quête de zones perçues comme moins exposées aux canicules extrêmes ou aux feux de brousse. Cela ne signifie pas pour autant une absence de risques : certains secteurs peuvent être vulnérables aux glissements de terrain, aux inondations ou à l’érosion côtière.
Pour un expatrié investisseur, intégrer ce paramètre signifie : prendre en compte les particularités fiscales et juridiques du pays d’accueil afin d’optimiser son investissement et de minimiser les risques.
Pour un investissement rentable et durable, il est essentiel de : vérifier les cartes de risques locaux (glissements, inondations, littoral) ; privilégier des bâtiments bien isolés pour le confort thermique et les économies d’énergie ; considérer les normes et certificats environnementaux comme un atout de valorisation à long terme ; et surveiller les exigences d’assurance, car des primes élevées ou des franchises importantes peuvent compromettre la rentabilité d’un bien mal situé.
Dans un marché comme la Tasmanie, cette dimension “résilience climatique” peut renforcer le positionnement de certains secteurs comme Launceston, Norwood, Ravenswood ou Devonport, vus comme des alternatives plus tempérées que des zones continentales surexposées à la chaleur.
Les erreurs fréquentes des expatriés et comment les éviter
Investir à distance, dans un système juridique anglo‑saxon, sans connaître en détail la géographie locale, multiplie les risques. Parmi les pièges courants relevés par les acteurs du marché :
Plusieurs erreurs critiques peuvent compromettre un investissement immobilier en Tasmanie : sous-estimer les coûts annexes (droits de mutation, taxes, frais FIRB, etc.) ; ignorer les restrictions du FIRB, surtout durant le moratoire 2025-2027 ; acheter sans inspection approfondie dans un État où la vente se fait ‘as is’ ; se focaliser uniquement sur le rendement brut sans analyser le marché locatif, les perspectives économiques, la qualité du bien ou sa reventabilité ; sur-s’endetter en anticipant une hausse rapide des prix malgré un marché modéré ; et négliger la fiscalité internationale, notamment pour les résidents français ou européens.
La parade tient en trois mots : préparation, expertise, diversification. Construire un projet autour d’un seul actif très cher dans une seule ville revient à cumuler les risques (marché, change, réglementation). En Tasmanie, il est souvent plus pertinent de bâtir un portefeuille progressif :
Une approche progressive pourrait consister en : une première acquisition à rendement élevé dans une banlieue comme Ravenswood, Acton, Devonport ou Glenorchy ; suivie d’une seconde acquisition plus « patrimoniale » dans une zone amenée à se gentrifier, telle que Moonah, Kingston, Lenah Valley ou Norwood ; avec une éventuelle diversification ultérieure vers Hobart centre, la côte est de la Tasmanie ou d’autres États australiens.
En résumé : la Tasmanie, un marché de niche… mais pas secondaire
Pour un expatrié qui souhaite diversifier son patrimoine immobilier à l’étranger, la Tasmanie offre un compromis rare dans le paysage australien : prix d’entrée abordables, rendements locatifs parmi les plus élevés du pays, croissance passée spectaculaire dans les régions, tension locative extrême, mais sans la surchauffe spéculative et les niveaux de prix stratosphériques des grandes capitales.
Ce potentiel s’accompagne toutefois de contraintes fortes :
– un cadre réglementaire serré pour les étrangers (FIRB, interdiction temporaire d’acheter de l’existant),
– un système de conveyancing très technique où l’acheteur doit faire sa propre due diligence,
– une fiscalité multiple (États, fédéral, pays d’origine) qu’il faut maîtriser.
Pour un expatrié déjà en Australie, l’investissement en Tasmanie peut servir à construire des revenus locatifs, préparer la retraite ou se couvrir contre l’inflation. Pour un expatrié ailleurs dans le monde, cela peut offrir un pied-à-terre stratégique dans un marché robuste, à condition de s’entourer de spécialistes (conveyancer tasmanien, courtier, fiscaliste international) et d’adopter une vision à long terme, en tenant compte des enjeux climatiques et réglementaires.
Le marché tasmanien n’est plus un “secret bien gardé” réservé aux locaux. Il est désormais clairement sur le radar des investisseurs australiens et interstate. Pour les expatriés qui choisiront d’y entrer avec méthode et discernement, il pourrait bien rester l’une des dernières portes d’accès à un immobilier australien à la fois rentable, encore accessible, et aligné avec les grandes transitions à venir.
Cas pratique : un investisseur français qui diversifie en Tasmanie, Australie
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Tasmanie, Australie, pour rechercher du rendement locatif et une exposition au dollar australien (AUD). Budget alloué : 400 000 à 600 000 AUD, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés australiens (Melbourne, Brisbane, Hobart), la stratégie retenue a consisté à cibler une maison individuelle dans une zone en croissance autour de Hobart ou Launceston, combinant rendement locatif brut cible d’environ 7–8 % – en rappelant que « plus le rendement est élevé, plus le risque est important » – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 AUD.
La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, solicitor, fiscaliste), choix de la structure d’investissement (propriété directe ou via société australienne) et intégration de l’actif dans la stratégie patrimoniale globale, tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.
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