Les sites touristiques incontournables en Tasmanie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

À peine débarqué en Tasmanie, on comprend vite pourquoi cette île au large de l’Australie est considérée comme l’un des derniers grands territoires de nature préservée au monde. Près de la moitié de sa superficie est protégée, entre parcs nationaux, réserves et zones inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. Falaises battues par les vagues, forêts primaires, montagnes découpées, villages coloniaux et scènes artistiques audacieuses composent un décor étonnant, où l’on peut passer d’un fjord à un musée d’art contemporain en quelques heures de route.

Bon à savoir :

La découverte de la Tasmanie mêle des sites classiques comme Wineglass Bay, la Gordon River ou Port Arthur à des expériences plus confidentielles, telles que l’observation des diables de Tasmanie dans des sanctuaires. Il est essentiel de prévoir des vêtements adaptés, car le climat de l’île est très changeant et peut faire vivre quatre saisons en une seule journée.

Hobart, entre héritage colonial et audace artistique

Hobart, la capitale, concentre à elle seule une belle partie de ce qui fait la singularité de la Tasmanie : un port animé entouré d’entrepôts en pierre de l’époque coloniale, un marché emblématique, un musée d’art contemporain aussi fascinant que déroutant, et une montagne qui domine la ville et rappelle à quel point la nature n’est jamais loin.

Salamanca Market et le front de mer

Sur le front de mer, Salamanca Place s’anime chaque samedi avec le Salamanca Market, souvent présenté comme l’attraction touristique la plus visitée de Tasmanie. Créé en 1972 et géré par la ville, ce marché en plein air s’installe au pied d’anciens entrepôts géorgiens en grès, superbement restaurés. Plus de 300 à 350 stands s’y pressent, attirant chaque semaine jusqu’à 40 000 visiteurs et plus d’un million de personnes par an.

Astuce :

Le marché de Salamanca concentre les produits locaux de l’île (fromages, pains au levain, miels, fruits secs et frais, chocolats, biltong, saucisses sud-africaines, crêpes, donuts) et de l’artisanat en bois de Tasmanie, laine mérinos ou cuir. L’ambiance est animée par des musiciens dans des ruelles piétonnes de 5h à 17h30. Pour le stationnement, des parkings sont accessibles à pied et une zone pour camping-cars est recommandée à Evans Street. Une garde de chiens bénévole (RSPCA) est même prévue pour les voyageurs avec animaux.

Juste à côté, le front de mer d’Hobart aligne bateaux de pêche, petits cafés, restaurants et échoppes flottantes où l’on commande son poisson directement sur le quai. Derrière, le quartier historique de Battery Point étire ses ruelles bordées de cottages anciens, cafés et bistrots, parfaits pour prolonger la balade.

MONA, la provocation parfaitement assumée

À une vingtaine de minutes en bateau sur la Derwent, un musée à part s’est imposé comme l’un des lieux les plus visités de Tasmanie : le Museum of Old and New Art, plus connu sous le nom de MONA. Posé dans la banlieue de Berriedale, ce musée privé a été creusé dans une falaise. On y accède après une traversée sur un ferry au camouflage insolite, qui abrite même un espace « Posh Pit » pour ceux qui veulent siroter une coupe en première classe.

Exemple :

Le bâtiment est décrit comme une cathédrale souterraine dédiée à l’art contemporain déconcertant. La visite débute dans un espace bas appelé « The Void », qui comprend un bar pour accueillir les visiteurs avant l’exploration des galeries. Le parcours ne repose pas sur des cartels traditionnels : un dispositif numérique, semblable à un iPod, fournit des commentaires et interprétations des œuvres environnantes.

Les installations marquantes vont d’une cascade artificielle qui forme des mots avec l’eau à une machine qui imite le système digestif humain et produit ses propres « déchets », en passant par un mur de sculptures de vulves, une bibliothèque entièrement peinte en blanc, des momies égyptiennes, un crâne incrusté de carapaces d’insectes, ou encore des vidéos inspirées de « The Scream » de Munch. Le lieu abrite aussi une brasserie, un vignoble, des restaurants, des bars et même un hébergement haut de gamme. L’entrée est payante, de même que la traversée en ferry, ce qui n’empêche pas MONA de rester un passage quasi obligé pour qui veut comprendre l’audace culturelle de l’île.

Kunanyi / Mount Wellington, la montagne sentinelle

Surplombant la ville, kunanyi / Mount Wellington culmine à 1 271 mètres. En une trentaine de minutes de route depuis le centre, on passe des docks à un univers quasi alpin, où les rochers, les landes et parfois la neige, même en été, dominent. Depuis les belvédères aménagés au sommet, la vue embrasse Hobart, l’estuaire de la Derwent et une grande partie de la Tasmanie du sud. On mesure là à quel point la nature structurée par les glaciations et les forêts anciennes reste omniprésente, y compris aux portes de la capitale.

Les côtes sauvages et les falaises du Tasman Peninsula

À un peu moins de deux heures de route au sud-est d’Hobart, la péninsule de Tasman concentre à la fois l’un des sites historiques majeurs d’Australie et certains des paysages côtiers les plus spectaculaires du pays. On y accède par l’étroit isthme d’Eaglehawk Neck, autrefois surveillé par une « ligne de chiens » pour empêcher les évasions de bagnards.

Port Arthur, mémoire des forçats de l’Empire britannique

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des « Australian Convict Sites », le Port Arthur Historic Site est considéré comme le plus emblématique des anciens bagnes de l’hémisphère sud. À environ 97 kilomètres d’Hobart, ce vaste complexe de plus de 40 hectares fut d’abord un camp de coupe de bois en 1830, avant de devenir à partir de 1833 un centre disciplinaire pour récidivistes de l’Empire britannique. Au total, entre 12 500 et 14 000 condamnés y ont été envoyés jusqu’à sa fermeture en 1877.

Attention :

La Separate Prison symbolise le passage d’une discipline physique (fouet, entraves) à une punition psychologique (isolement cellulaire, silence, capuches), dont les effets dévastateurs sur la santé mentale des détenus ont conduit à la construction d’un asile dans les années 1860.

Aujourd’hui, le site est géré par une autorité dédiée et accueille plus de 250 000 visiteurs par an. Le billet d’entrée donne accès à deux jours de visite consécutifs et comprend en général une visite guidée introductive d’une quarantaine de minutes, une croisière dans la baie d’une vingtaine de minutes qui passe devant l’Isle of the Dead – cimetière des bagnards, soldats et civils – et le lieu où se trouvait le pénitencier pour mineurs de Point Puer, premier établissement correctionnel pour garçons de l’Empire. Des visites thématiques comme le tour du Commandant, les récits d’évasions ou l’exploration du cimetière sur l’île permettent de compléter la découverte. Le soir, une visite aux lanternes plonge le site dans une atmosphère de récit de fantômes très prisée.

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Nombre de personnes tuées lors de la fusillade de masse survenue à Port Arthur en 1996, un événement qui a conduit à une réforme majeure de la législation australienne sur les armes à feu.

Pour donner un aperçu de la densité historique de Port Arthur, le tableau ci-dessous résume quelques éléments clés.

ÉlémentDétail essentiel
Période pénitentiaire1833–1877 (site fondé en 1830 comme camp forestier)
Nombre estimé de condamnés12 500 à 14 000
Superficie du site> 40 hectares, plus de 30 bâtiments et ruines
Fonctions économiquesBois, construction navale, agriculture, meunerie, ateliers de métiers
Système pénalD’abord punitions corporelles, puis isolement psychologique (Separate Prison)
Site UNESCOPartie des « Australian Convict Sites » (inscription 2010)

Falaises, arches et grottes marines du Tasman National Park

Autour de Port Arthur, la péninsule dévoile un chapelet de phénomènes géologiques spectaculaires protégés par le Tasman National Park. Les falaises maritimes y sont parmi les plus hautes de l’hémisphère sud, proches des 300 mètres, offrant un front de dolérite presque vertical tombant dans la mer. Des arches naturelles comme Tasman Arch, des gouffres comme Devil’s Kitchen ou le Blowhole, ainsi que le Pavement Tesselé – dalle de roche dont les fissures dessinent un pavage régulier – illustrent la puissance de l’érosion.

Randonnées côtières spectaculaires

Explorez les falaises emblématiques et les formations marines spectaculaires près de Port Arthur en Tasmanie.

Remarkable Cave

Un tunnel naturel creusé par l’océan dans la falaise, accessible après une descente par une volée de marches.

Cape Hauy

Sentiers offrant des vues constantes sur les colonnes rocheuses et les oiseaux marins le long des falaises.

Three Capes Track

Randonnée célèbre de plusieurs jours longeant ces falaises d’exception.

En mer, des croisières d’environ trois heures longent les côtes du parc national. Elles passent au pied de cascades se jetant directement dans l’océan, longent des grottes marines et vont observer les colonies de phoques, ainsi que les dauphins, voire les baleines de passage.

Freycinet et Wineglass Bay, le visage carte postale de la Tasmanie

Sur la côte est, Freycinet National Park offre sans doute l’image la plus diffusée de la Tasmanie : Wineglass Bay, une anse presque parfaite, bordée d’un croissant de sable blanc et d’une eau turquoise, encadrée par les rochers de granit rose des Hazards. Classements internationaux et photos à répétition ont fait de cette plage l’une des plus célèbres au monde.

Wineglass Bay et les paysages granitiques

Le parc, créé dès 1916, s’étend sur une péninsule faite de montagnes de granit, de baies abritées et de longues plages quasi désertes. Depuis le parking des sentiers, une marche considérée comme l’une des « Great Short Walks » de Tasmanie mène au belvédère de Wineglass Bay : environ 1,3 km de montée avec 600 marches, pour un aller-retour d’à peu près 1 h 30. De là, on peut prolonger la randonnée en descendant jusqu’à la plage elle‑même, au prix d’un escalier d’environ 1 000 marches supplémentaires. L’effort est largement récompensé par la sensation d’isolement et la beauté du lieu, surtout hors haute saison.

Les randonneurs plus aguerris s’attaquent au mont Amos, dont l’ascension implique des passages de roche à gravir à mains nues, mais offre une vue plongeante saisissante sur la baie. D’autres itinéraires plus doux mènent vers Sleepy Bay, sa plage de galets roses, ou Honeymoon Bay, petite anse au pied des Hazards, idéale pour une baignade face à l’ombre mauve des montagnes au coucher du soleil. Plus loin, Friendly Beaches et Hazards Beach étirent des kilomètres de sable clair à la fréquentation encore modeste.

Le tableau suivant donne une idée de la diversité des sites au sein du parc.

LieuCaractéristiques principales
Wineglass BayPlage en arc parfait, sable blanc, eau turquoise
Mount AmosRandonnée exigeante avec vues panoramiques sur la baie
Honeymoon BayPetite crique, rochers orangés, zone de baignade et de pique-nique
Sleepy BayAnse de galets rosés, accessible par un court sentier
Friendly BeachesLongue plage sauvage, peu fréquentée
Cape TourvilleSentier facile en boucle autour du phare, vue sur la côte et les îlots

Le village de Coles Bay sert de porte d’entrée au parc, avec hébergements, restaurants et départs de croisières. Une route panoramique, le Great Eastern Drive, longe la côte depuis Orford et Swansea jusqu’à St Helens, en multipliant les points de vue sur les anses et les plages.

Faune, mer et gastronomie côtière

Freycinet et la côte est sont aussi un terrain d’observation privilégié pour la faune : wallabies, pademelons et échidnas sont fréquents sur les sentiers et autour des campings, tandis que dauphins, phoques et baleines migratrices peuvent être observés au large. Des sorties en kayak, des croisières panoramiques ou de simples sessions de baignade dans les eaux limpides complètent le programme.

Bon à savoir :

Les amateurs de produits de la mer peuvent se rendre dans les fermes marines locales pour déguster des huîtres, des moules, des coquilles Saint-Jacques ou des langoustes. Ces sites de dégustation sont parfois situés à seulement quelques minutes des sentiers de randonnée.

Bay of Fires, plages blanches et rochers orange

Plus au nord, sur la côte nord-est, la Bay of Fires déroule près de 50 kilomètres de rivages entre Binalong Bay et Eddystone Point. Le contraste entre le sable d’un blanc éclatant, l’eau turquoise et les blocs de granit recouverts d’un lichen orange vif en fait un paysage immédiatement reconnaissable.

Bon à savoir :

Binalong Bay offre quelques hébergements à l’entrée sud, tandis que les secteurs de The Gardens et du phare d’Eddystone Point, plus sauvages, donnent une impression d’isolement extrême. Les activités principales sont simples : randonnée entre les plages, exploration des cuvettes rocheuses à marée basse, baignade, snorkeling et camping dans les aires aménagées.

Cette côte est aussi un paradis pour la photographie, particulièrement aux premières et dernières lueurs du jour, lorsque les rochers orange s’embrasent et que la mer prend une teinte laiteuse sous les longues poses.

Cradle Mountain-Lake St Clair, cœur montagneux de la Tasmanian Wilderness

À l’intérieur des terres, la Tasmanie dévoile un tout autre visage dans le Cradle Mountain-Lake St Clair National Park. Ce parc de plus de 1 600 km², intégré à la Tasmanian Wilderness World Heritage Area, est le sanctuaire d’une chaîne de montagnes acérées, de lacs glaciaires profonds, de landes de buttongrass et de forêts anciennes. Il comprend notamment le sommet emblématique de Cradle Mountain au nord et le lac St Clair au sud, le plus profond d’Australie.

Un parc double, deux portes d’entrée

Le parc est structuré autour de deux accès principaux, sans route directe entre eux : la zone de Cradle Mountain au nord, accessible notamment depuis Launceston via Sheffield ou Mole Creek, et celle du lac St Clair au sud, atteinte depuis Hobart par la Lyell Highway jusqu’à Derwent Bridge. Un système de navette payante relie le centre des visiteurs de Cradle Mountain aux principaux points de départ de sentiers, notamment Dove Lake. Durant les heures de fonctionnement de cette navette, les véhicules privés ne sont en général pas autorisés sur la route de Dove Lake, ce qui limite la pression sur cet environnement fragile.

Les centres d’information du parc, avec expositions, conseils, vente de pass et parfois cafés, servent de base de départ. Des aires de pique-nique équipées de barbecues électriques jalonnent aussi les principaux secteurs, et des hébergements vont des cabines simples de Waldheim aux lodges plus confortables à l’extérieur immédiat du parc.

Centres d’information du parc

Randonnées, du sentier d’interprétation à la traversée de six jours

Cradle Mountain-Lake St Clair est un paradis de la marche, avec des itinéraires pour tous les niveaux, de la balade forestière d’une demi-heure au trek engagé de plusieurs jours. Au pied de Cradle Mountain, Dove Lake offre un circuit facile d’une douzaine de kilomètres, d’environ deux heures, autour du lac, avec des vues constantes sur le sommet et la célèbre cabane en bois de la rive. De courtes promenades comme l’Enchanted Walk ou le Pencil Pine Falls and Rainforest Walk plongent dans des mousses, fougères et ruisseaux dignes de forêts gondwaniennes.

Astuce :

Pour les randonneurs expérimentés, l’ascension du sommet de Cradle Mountain est une randonnée de niveau avancé. Elle comporte des passages de blocs et un dénivelé important, pour une durée totale estimée entre 5 et 8 heures selon l’itinéraire choisi. D’autres points de vue spectaculaires sur les lacs et les crêtes environnantes sont accessibles depuis Marion’s Lookout, Hansons Peak ou Crater Peak.

Le joyau des randonnées de longue distance reste l’Overland Track, qui relie la zone de Cradle Mountain à celle du lac St Clair sur 65 à 80 km selon les variantes, en cinq à six jours. Ce sentier traverse une mosaïque de paysages – plateaux ouverts, vallées forestières, tourbières, lacs – et passe au pied de plusieurs des plus hauts sommets de l’île, comme Barn Bluff ou Mount Ossa. Durant la haute saison, son accès est soumis à réservation et à un droit d’entrée spécifique, ce qui limite la fréquentation et permet au parc de financer entretien et gestion.

Quelques chiffres résument l’importance de ce parc pour la randonnée :

Indicateur cléValeur approximative
Superficie du parc> 1 614 km²
Nombre de sommets parmi les 10 plus hauts de Tasmanie7
Longueur de l’Overland Track65–80 km selon l’itinéraire, 5–6 jours de marche
Altitude max. Cradle MountainEnviron 1 512 m
Durée typique du circuit de Dove LakeEnviron 2 heures (6,2 km)

Le climat y est rude et changeant : neige possible en toute saison, brouillards rapides, vent violent. Les autorités insistent sur l’équipement indispensable (vêtements imperméables, couches chaudes, chaussures adaptées, balise de détresse éventuelle) et sur la nécessité de consulter les alertes météo et de ne pas s’engager seul sur les itinéraires de difficulté élevée.

Faune endémique et forêts anciennes

Outre ses paysages, le parc est un bastion pour de nombreuses espèces endémiques de la Tasmanie. On y observe régulièrement wombats – notamment du côté de Ronny Creek –, pademelons, wallabies, échidnas, ornithorynques, ainsi que des oiseaux comme les robins flammés ou les souchets des champs. Tassie oblige, les diables de Tasmanie hantent aussi ces montagnes, même si les voir en pleine nature reste rare. Le site Devils @ Cradle, installé à l’entrée du parc, permet de mieux comprendre les programmes de conservation mis en place face à la tumeur faciale contagieuse qui décime l’espèce.

Bon à savoir :

Au printemps et en été, les landes sont couvertes de fleurs alpines. En automne, le fagus (Nothofagus gunnii), unique arbre caduc d’Australie, change de couleur, passant du jaune au rouge. Ce phénomène attire les photographes et rappelle le lien ancien de cette flore avec les forêts du Gondwana.

La Tasmanian Wilderness World Heritage Area, un bloc de nature hors norme

Au‑delà des grands parcs célèbres, une bonne partie du sud-ouest et du centre de la Tasmanie est regroupée sous une seule appellation : la Tasmanian Wilderness World Heritage Area (TWWHA). Avec environ 15 800 km², soit près d’un quart de la superficie de l’État, cette zone protégée figure parmi les plus vastes ensembles de nature tempérée intacte de la planète. Elle cumule une richesse exceptionnelle de paysages – karsts, lacs glaciaires, dolerites, fjords intérieurs – et de biodiversité, et répond à sept des dix critères d’inscription de l’UNESCO, un record partagé avec seulement un autre site dans le monde.

Bon à savoir :

La région abrite plusieurs parcs nationaux majeurs comme le Southwest, Franklin-Gordon Wild Rivers, Walls of Jerusalem, Mount Field et une partie de Cradle Mountain-Lake St Clair. Les activités de tourisme de nature y sont variées : randonnées (South Coast Track, Arthur Ranges), rafting (rivières Franklin et Gordon), exploration de grottes (Mole Creek Karst) et observation d’arbres millénaires (eucalyptus regnans, pins de Huon).

Plus de 80 % de ce territoire est classé en zone de « wilderness » stricte, sans aménagement permanent, et l’on insiste ici particulièrement sur la responsabilité des visiteurs : interdiction des feux de camp au profit de réchauds, désinfection des chaussures pour éviter la propagation de champignons pathogènes, respect des sentiers et des sites aborigènes, qui témoignent d’une présence humaine continue depuis plus de 35 000 ans. C’est aussi dans cette vaste zone que se situent des sites comme Sarah Island, ancien bagne dans le Macquarie Harbour, ou des vestiges des premiers projets hydroélectriques, preuves des tensions historiques entre exploitation et préservation.

Strahan, Macquarie Harbour et les eaux sombres de la Gordon River

Sur la côte ouest, loin des paysages de carte postale de la côte est, le village portuaire de Strahan se blottit au bord du Macquarie Harbour, un vaste plan d’eau six fois plus grand que la baie de Sydney. Ce port, jadis lié au bois et à l’exploitation minière, est aujourd’hui surtout connu comme point de départ des croisières sur la Gordon River, autre grand classique des sites touristiques incontournables en Tasmanie.

Exemple :

Les excursions maritimes au départ de Strahan commencent par la traversée d’Hells Gates, le goulet d’entrée du port historiquement dangereux pour la navigation. Elles se poursuivent par la remontée de la rivière Gordon, classée au patrimoine mondial, dont les eaux sombres aux tanins reflètent les forêts anciennes de ses berges. Des arrêts permettent de parcourir ces forêts sur des passerelles et de visiter Sarah Island, un ancien bagne réputé pour sa sévérité avant Port Arthur.

À proximité, l’ancienne ligne de chemin de fer West Coast Wilderness Railway a été reconvertie en attraction touristique. Elle relie Strahan à Queenstown en traversant des forêts pluviales grâce à des locomotives à vapeur, ajoutant une touche patrimoniale à cette immersion dans l’ouest sauvage. Non loin, les dunes de Henty, pouvant atteindre 30 mètres de haut, offrent un terrain de jeu pour la marche ou certaines activités de glisse.

Bruny Island et Maria Island, deux îles, deux ambiances

L’île principale de Tasmanie n’est pas seule : plus de 300 îles entourent ses côtes. Parmi elles, Bruny Island et Maria Island sont deux destinations particulièrement appréciées, chacune avec son style.

Bruny Island, gastronomie insulaire et faune rare

Au sud d’Hobart, une courte traversée en ferry depuis Kettering conduit à Bruny Island, en réalité deux morceaux de terre – North et South Bruny – reliés par un isthme étroit nommé The Neck. Un escalier mène à un promontoire sur cet isthme, d’où l’on voit les deux flèches de sable encadrant l’océan : l’une des images les plus emblématiques de l’île.

Bon à savoir :

L’île de Bruny est célèbre pour sa faune unique, comprenant une rare population de wallabies blancs au pelage clair, des échidnas et une colonie de petits manchots (little penguins) nichant sur les plages près du Neck. Des croisières naturalistes permettent également d’observer les paysages côtiers (falaises et grottes) ainsi que la faune marine, comme des dauphins, des phoques et parfois des baleines.

Côté saveurs, Bruny s’est taillé une solide réputation : huîtres ultra fraîches, fromages artisanaux, chocolats, vins issus de vignobles locaux et même whisky single malt sont autant de produits mis en avant le long d’un « gourmet trail » qui relie les producteurs.

Au sud de l’île, South Bruny National Park protège de longues plages battues par la houle, des falaises et des sentiers comme le Fluted Cape Walk, près d’Adventure Bay. Le phare de Cape Bruny, posé sur un promontoire rocheux, raconte lui aussi un pan de l’histoire maritime de la région.

Maria Island, sanctuaire sans voitures

Au large de la côte est, Maria Island National Park n’est accessible que par un ferry d’environ une demi-heure depuis le village de Triabunna. Une fois débarqué, aucun véhicule particulier : l’île est sans voitures, ce qui en renforce le caractère de refuge naturel. Les visiteurs se déplacent à pied ou à vélo, entre les vestiges d’une ancienne station de probation pour condamnés – aujourd’hui classée au patrimoine mondial – et des paysages très variés.

Exemple :

Autour de Darlington, ancien village pénitentiaire, une quinzaine de bâtiments et ruines illustrent les différentes tentatives de colonisation. Les Painted Cliffs montrent des motifs rocheux sculptés par l’érosion dans des tons ocres et bruns. Les Fossil Cliffs présentent, quant à elles, une multitude de fossiles marins dans leurs parois. Enfin, des sommets comme Bishop and Clerk offrent des panoramas sur l’océan.

Mais ce sont peut-être les animaux qui ont assuré la renommée récente de Maria Island : une population abondante de wombats très peu farouches, de wallabies, de kangourous et une « population d’assurance » de diables de Tasmanie relocalisés ici pour les soustraire à la maladie qui frappe l’espèce sur le continent principal de l’île. Rester dormir dans le camping ou les dortoirs renforce les chances d’observer cette faune à la tombée du jour ou à l’aube.

Launceston, Tamar Valley et l’intérieur nord

Au nord de la Tasmanie, la ville de Launcestonseconde agglomération de l’île – est un autre point de départ idéal pour rayonner vers des sites incontournables.

À moins d’un quart d’heure de marche du centre-ville, Cataract Gorge surprend par son caractère sauvage : une gorge fluviale de cinq kilomètres, des sentiers en balcon, un pont suspendu, une piscine en plein air et des jardins aménagés. Un télésiège revendiqué comme le plus long d’un seul tenant au monde, avec une portée d’environ 308 m, permet de flotter au-dessus de la rivière.

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C’est la longueur en kilomètres de la Tamar Valley, un des principaux terroirs viticoles de Tasmanie.

La région abrite aussi des sites insolites, comme la petite ville thématique de Grindelwald, inspirée d’un village suisse, ou encore Beauty Point, où des centres comme Seahorse World et Platypus House proposent de mieux comprendre ces animaux emblématiques de l’Australie. Non loin, l’ancienne mine d’or de Beaconsfield rappelle l’héritage minier de l’île.

Autres parcs et sites naturels majeurs

Difficile de dresser une liste exhaustive tant la Tasmanie ne manque pas de lieux spectaculaires, mais certains parcs et régions méritent clairement une place parmi les sites touristiques incontournables en Tasmanie.

Bon à savoir :

Le parc national de Mount Field, situé à environ 70 km au nord-ouest d’Hobart, est l’un des plus anciens de Tasmanie. Il est réputé pour les Russell Falls, une cascade emblématique accessible par une courte marche facile. Des sentiers plus longs, comme le Three Falls Circuit, permettent de découvrir d’autres chutes d’eau. Ne manquez pas le Tall Trees Walk, où vous pourrez admirer des eucalyptus regnans, parmi les plus grands arbres à fleurs au monde.

Sur la côte nord, Narawntapu National Park s’est vu surnommer le « Serengeti de Tasmanie » pour ses vastes plaines herbeuses où paissent wombats, wallabies et kangourous, particulièrement visibles au lever et au coucher du soleil. Plus au nord encore, Mount William National Park aligne de longues plages désertes et de belles populations d’oiseaux, tandis que Rocky Cape mêle collines, grottes et sites aborigènes.

Bon à savoir :

Dans le nord-est, le Douglas-Apsley National Park offre des gorges et cascades généralement moins fréquentées. Dans le nord-ouest, la région du Tarkine (takayna) abrite la deuxième plus grande forêt pluviale tempérée du monde, des plages venteuses et d’importants sites culturels aborigènes. La Tarkine Drive permet d’en découvrir la diversité sans randonnée exigeante.

Enfin, des sites souterrains comme Mole Creek Karst National Park ou Hastings Caves and Thermal Springs à l’extrême sud offrent un univers encore différent : plus de 300 grottes et dolines à Mole Creek, dont certaines se visitent avec guide, et à Hastings, un réseau de grottes de dolomie complété par un bassin thermal d’eau à 28 °C en pleine forêt.

Villes historiques et curiosités, le charme de l’architecture coloniale

L’héritage du XIXe siècle ne se limite pas aux grands sites pénitentiaires. De nombreux villages et petites villes racontent, à travers leurs ponts, gaols (prisons) et maisons, l’époque où la Tasmanie, alors Van Diemen’s Land, était une colonie pénale puis agricole.

Bon à savoir :

La région près d’Hobart concentre des sites historiques majeurs. Richmond possède le plus ancien pont en pierre d’Australie encore en service et la plus ancienne prison intacte du pays (Richmond Gaol), avec ses rues géorgiennes et ses musées. Plus au nord, Campbell Town et Ross offrent également des ponts historiques, des prisons, des églises anciennes et des sentiers comme le Convict Brick Trail, qui retrace la vie des bagnards grâce à des briques gravées.

Sur la côte nord-ouest, Stanley, dominée par The Nut – un promontoire basaltique abrupt, ancien bouchon volcanique accessible par un téléphérique ou un sentier raide – offre un panorama spectaculaire sur le détroit de Bass. Non loin, la petite ville de Penguin revendique ouvertement sa mascotte avec une grande statue de manchot face à la mer. Wynyard se couvre quant à elle de champs multicolores au printemps, quand les tulipes entrent en floraison.

La faune, fil rouge de tout voyage en Tasmanie

Difficile enfin de parler des sites touristiques incontournables en Tasmanie sans évoquer ce qui fait vibrer la plupart des visiteurs : la rencontre avec la faune sauvage, souvent unique au monde. Diables de Tasmanie, wombats, ornithorynques, petits manchots, wallabies, pademelons, echidnas et une kyrielle d’oiseaux endémiques peuplent littéralement l’île.

Où observer la faune en Tasmanie

Plusieurs sanctuaires et parcs animaliers en Tasmanie offrent des expériences uniques pour observer et soutenir la faune locale, notamment les célèbres diables de Tasmanie.

Bonorong Wildlife Sanctuary

À 30 minutes d’Hobart, recueille des animaux blessés et participe à des programmes de reproduction de diables de Tasmanie.

Zoodoo

Près de Richmond, combine faune locale et espèces exotiques avec des rencontres rapprochées.

Tasmanian Devil Unzoo

Sur la route de Port Arthur, propose des enclos ouverts et des expériences de contact, avec un accent sur la conservation.

Devils @ Cradle

Près de Cradle Mountain, se concentre sur la protection des trois grands carnivores marsupiaux : diable, quoll tacheté et quoll de l’Est.

Trowunna Wildlife Park

Près de Mole Creek, abrite une vaste collection d’animaux autochtones avec des visites guidées interactives sur leur biologie et les menaces.

Sur le terrain, les conseils restent les mêmes partout : privilégier l’aube et le crépuscule, rouler prudemment la nuit pour éviter les collisions, ne jamais nourrir les animaux sauvages, garder ses distances, et choisir des structures reconnues pour leurs pratiques éthiques lorsqu’on souhaite voir des espèces difficiles à apercevoir en pleine nature, comme les diables de Tasmanie.

Voyager en Tasmanie : quelques repères pratiques

Même si la Tasmanie reste compacte à l’échelle australienne (un peu plus grande que la Suisse, un peu plus petite que l’Irlande), la densité de ses reliefs, les routes sinueuses et la tentation de s’arrêter constamment allongent vite les distances. Compter environ 1 500 km pour faire un tour complet de l’île, en sachant que le plaisir principal reste souvent de s’attarder plutôt que de cocher des cases.

Bon à savoir :

L’accès aux principaux sites naturels de Tasmanie (Freycinet, Cradle Mountain, etc.) nécessite un pass. Il existe différentes formules (journalier, vacances de deux mois, annuel) disponibles à l’achat en ligne, dans les centres visiteurs ou sur le ferry Spirit of Tasmania.

La météo, de type océanique tempérée, accuse des contrastes forts entre est et ouest, littoral et montagnes, et se montre notoirement changeante. Les saisons intermédiaires (printemps et automne) combinent souvent ciel dégagé, températures modérées et moindre affluence, mais aucune période ne met totalement à l’abri d’un coup de vent, d’un grain de pluie ou d’une chute de neige sur les hauteurs. C’est ce mélange d’imprévu et de paysages à couper le souffle qui donne son caractère aux sites touristiques incontournables en Tasmanie : on y vient pour les lieux, on y revient souvent pour l’atmosphère.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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