La sécurité en Tasmanie : réussir son expatriation en toute sérénité

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Tasmanie attire de plus en plus de candidats à l’expatriation. L’île fait rêver avec ses paysages spectaculaires, sa qualité de l’air exceptionnelle, ses plages sauvages et son rythme de vie plus calme que sur le continent australien. Mais derrière les cartes postales, une question revient toujours avant de faire ses cartons : à quel point la Tasmanie est-elle sûre, et comment préparer concrètement une expatriation sereine ?

Bon à savoir :

La Tasmanie est globalement une région sûre comparée à d’autres zones occidentales. Cependant, une évaluation nuancée, croisant criminalité, sécurité routière, risques naturels, système de santé, droits au travail et qualité de vie, révèle des risques spécifiques à connaître pour une bonne adaptation.

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Comprendre le niveau de sécurité général en Tasmanie

La Tasmanie bénéficie d’une réputation solide en matière de sécurité personnelle. Des classements internationaux basés sur les perceptions des habitants et des expatriés placent Hobart parmi les villes les plus sûres d’Australie, avec un indice de sécurité élevé et un indice de criminalité relativement bas. Les agressions violentes dans l’espace public restent rares, les vols à l’arraché sont peu fréquents, et une grande partie des violences se déroulent dans un contexte privé ou entre personnes qui se connaissent.

Attention :

La police, les pompiers et les secours sont coordonnés par le Department of Police, Fire and Emergency Management. Ce département publie régulièrement des statistiques criminelles et s’intègre dans des dispositifs nationaux pour la préparation, la réponse et le rétablissement face aux crises.

Autre atout pour la qualité de vie : l’environnement. Les indicateurs de pollution atmosphérique sont remarquablement bas (PM2.5 et PM10 mesurés à zéro dans certaines évaluations), l’eau potable est d’excellente qualité, la gestion des déchets est saluée, et les espaces verts occupent une place centrale dans l’urbanisme. Le revers de la médaille est une nuisance sonore ressentie comme significative dans certains secteurs, mais cela reste marginal au regard d’autres métropoles.

En résumé, sur le plan de la sécurité quotidienne, la Tasmanie part avec une longueur d’avance. Reste à comprendre ce que disent précisément les chiffres sur la criminalité.

Criminalité en Tasmanie : ce que disent les chiffres

Les données officielles de la police tasmanienne montrent une réalité plus nuancée qu’une simple image de « havre de paix ». Depuis quelques années, certains indicateurs sont en hausse, notamment les atteintes aux biens.

Évolution récente des infractions

Pour l’exercice 2023‑2024, la Tasmanie a enregistré 35 998 infractions, soit une augmentation d’environ 10 % par rapport à l’année précédente, et un niveau nettement au-dessus de la moyenne des cinq années précédentes. La moitié des affaires ont été élucidées.

La majorité des infractions concernent les biens : cambriolages, vols, dégradations. Les violences contre les personnes, bien qu’en hausse, restent nettement moins fréquentes que les atteintes à la propriété.

Type d’infractions (2023‑24)Volume estiméÉvolution annuelle approximativePart dans l’ensemble
Total des infractions35 998+10 %100 %
Atteintes aux biens27 902+11 %77 %
Atteintes aux personnes6 618+9 %≈ 18 %
Infractions frauduleuses et assimilées907–14 %Faible
Autres infractions diverses571+24 %Faible

Les atteintes aux biens sont largement tirées par quelques catégories : vols simples (notamment vol à l’étalage), dégradations de biens et cambriolages. La moitié environ de la hausse des délits contre la propriété est liée au vol à l’étalage, reflet d’un contexte économique tendu (inflation élevée, hausse du coût de la vie, salaires en retrait en termes réels).

Violence physique, agressions et agressions sexuelles

Les violences contre les personnes ont augmenté, mais il est essentiel de regarder la structure de ces faits.

4100

Nombre d’agressions non sexuelles recensées en 2023-24, représentant environ 62% des atteintes aux personnes.

environ 56 % des agressions ont lieu dans un logement,

dans 76 % des cas, la victime connaît l’auteur présumé,

– 80 % des agressions se déroulent sans arme,

– les armes blanches ne sont impliquées que dans une faible minorité des affaires, et les armes à feu encore moins souvent,

– un peu plus de la moitié des victimes d’agression sont des femmes.

740

Nombre de signalements de violences sexuelles enregistrés lors de la dernière période observée, soit une augmentation de plus de 20 % par rapport à l’année précédente.

Là encore, la majorité des violences sexuelles a lieu dans un contexte résidentiel, sans arme, et touche très majoritairement des femmes.

Vols, vols avec violence et homicides

Les vols avec violence restent peu fréquents au regard de ce que l’on observe dans d’autres régions du monde occidental. Les statistiques montrent :

une hausse des vols qualifiés, avec environ 278 faits sur la dernière année complète,

– environ un quart de ces vols impliquent des formes aggravées ou armées,

– le couteau est l’arme la plus fréquemment utilisée dans les vols à main armée, l’usage d’armes à feu demeurant minoritaire,

– environ 17 faits de type car‑jacking ou car‑jacking aggravé sur la période.

Les homicides restent exceptionnellement rares : seuls trois meurtres ont été enregistrés, tous impliquant un auteur connu de la victime. Ce point est essentiel pour un expatrié : le risque d’être victime d’une agression mortelle de type aléatoire dans la rue est extrêmement faible.

Perceptions de la criminalité

Les enquêtes d’opinion et les plateformes collaboratives de type Numbeo confirment en grande partie cette réalité statistique :

Sécurité à Hobart

Perception de la sécurité et du sentiment de sûreté dans la ville australienne de Hobart

Ville perçue comme sûre

Hobart apparaît parmi les villes australiennes perçues comme les plus sûres. Les habitants déclarent se sentir globalement en sécurité le jour et plutôt à l’aise dans l’espace public.

Corruption plus crainte que la délinquance

La perception de la corruption et des pots‑de‑vin est plus marquée que la peur de la délinquance de rue.

Vigilance le soir

La sensation de sécurité diminue le soir, notamment dans les centres‑villes après la fermeture des commerces, ce qui reste un classique dans beaucoup de villes.

Les recommandations locales et les guides de voyage insistent surtout sur la vigilance nocturne dans les centres d’Hobart et de Launceston et dans certains quartiers, ainsi que sur la prudence dans les transports publics la nuit.

Pour un expatrié, la conclusion est claire : la criminalité existe, elle progresse sur certains segments (atteintes aux biens, vols dans les commerces), mais la violence spontanée dans l’espace public reste nettement plus faible que dans beaucoup de pays d’origine européens ou nord‑américains. Avec des précautions de base (ne rien laisser en évidence dans une voiture, verrouiller son logement, éviter certaines zones tard le soir), le risque peut être significativement réduit.

Sécurité routière : le risque souvent sous‑estimé

Pour un nouvel arrivant, la principale menace pour la sécurité personnelle n’est pas la criminalité, mais la route. Les autorités tasmaniennes le rappellent sans détour : la vision à long terme est de tendre vers zéro mort et zéro blessé grave sur le réseau routier, mais la réalité actuelle reste préoccupante.

Un taux de mortalité routière élevé pour l’Australie

En moyenne, environ 300 personnes sont grièvement blessées ou tuées chaque année sur les routes tasmaniennes. Sur la décennie 2012‑2021, 336 vies ont été perdues et près de 2 700 personnes ont été gravement blessées. Plus récemment, pour les douze mois se terminant en décembre 2025, la Tasmanie a enregistré 44 décès sur les routes, soit un taux de mortalité de 7,6 morts pour 100 000 habitants — l’un des taux les plus élevés du pays, largement supérieur à la moyenne nationale.

Les statistiques mettent en évidence plusieurs traits structurants :

Exemple :

Une grande partie des accidents mortels survient sur les routes nationales et les grands axes. Les conducteurs de 40 à 64 ans sont la tranche d’âge la plus représentée parmi les victimes. Environ 43 % de ces accidents impliquent un seul véhicule (sortie de route ou collision avec un obstacle). De plus, les motos, bien que représentant moins de 5 % du parc de véhicules, concentrent près d’un quart des décès, pesant ainsi lourdement dans le bilan global.

Les « fatal five » : les cinq comportements clés

Les autorités identifient cinq facteurs majeurs qui alimentent le bilan humain :

la vitesse excessive ou inadaptée,

le non‑port de la ceinture,

l’alcool et les drogues au volant,

la distraction (notamment l’usage du téléphone),

la fatigue du conducteur.

Les données montrent une tendance insidieuse : la vitesse moyenne sur le réseau a légèrement augmenté, tandis que la proportion de véhicules respectant strictement les limites de vitesse a diminué. Or, des travaux nationaux indiquent qu’un simple kilomètre/heure de plus en moyenne peut entraîner jusqu’à 4 % de traumatisme supplémentaire.

Pour un expatrié, souvent habitué à des systèmes routiers et à des styles de conduite différents, le message est simple : la route est l’un des principaux dangers à gérer au quotidien.

Des routes spectaculaires, mais exigeantes

La topographie et l’état du réseau contribuent au risque. Beaucoup de routes tasmaniennes sont : étroites, sinueuses et mal entretenues, ce qui peut poser des problèmes de sécurité pour les conducteurs. Les conditions climatiques peuvent également aggraver la situation, notamment en cas de pluie ou de brouillard, rendant la conduite encore plus périlleuse.

Astuce :

En Tasmanie, de nombreuses routes secondaires sont étroites, sinueuses et parfois très pentues. Elles sont souvent dépourvues d’accotements sécurisés et peuvent manquer de glissières de sécurité dans les sections de montagne ou les virages serrés. Certaines sont non revêtues (pistes en gravier, routes forestières), une caractéristique fréquente dans les zones touristiques comme Bruny Island, Freycinet ou certains secteurs de la côte ouest.

En hiver, le centre de l’île et la côte ouest peuvent être affectés par la neige, le verglas, le brouillard et des pluies diluviennes. L’été, le risque vient plutôt des feux de brousse, des fumées qui réduisent la visibilité et de la fatigue sur les longs trajets.

Indicateurs clés de sécurité routière (Tasmanie)Valeur approximative
Décès routiers annuels moyens≈ 33–44
Taux de mortalité (pour 100 000 habitants)≈ 7–8 (au‑dessus de la moyenne nationale)
Part des accidents mortels avec un seul véhicule≈ 43–55 %
Part des accidents en milieu rural≈ 1/3 des tués et blessés graves
Part des motos dans les décèsprès d’un quart

Les autorités ont lancé un vaste programme « Towards Zero – Tasmanian Road Safety Strategy 2017‑2026 », fondé sur une approche dite « Safe System », qui combine :

des usagers plus responsables (éducation, formation, contrôles),

des routes et abords plus sûrs (barrières souples, marquage, ronds‑points…),

des véhicules mieux équipés (systèmes d’assistance à la conduite, airbags, ABS, etc.),

des vitesses adaptées.

Bon à savoir :

D’importants investissements sont réalisés pour améliorer la sécurité routière, avec l’installation de centaines de kilomètres de glissières souples sur des axes majeurs et des financements dédiés aux zones rurales et urbaines. Cependant, l’âge moyen élevé du parc automobile (plus de 13 ans) et le mauvais état de nombreuses routes secondaires freinent les progrès à court terme.

Ce que cela implique pour un expatrié

Concrètement, pour un nouveau résident :

il est prudent de limiter les trajets journaliers à environ 300 km et de faire une pause toutes les 1 à 2 heures,

il faut se méfier des itinéraires proposés par les GPS, qui peuvent envoyer sur des pistes impraticables pour des véhicules non adaptés,

– la faune représente un risque majeur au lever et au coucher du soleil : wallabies, wombats, possums, parfois bétail sur la chaussée ; mieux vaut freiner que faire un évitement violent,

– sur les routes non revêtues, les distances de freinage sont plus longues et la tenue de route plus aléatoire.

La meilleure stratégie de sécurité, surtout au début de l’expatriation, est de sur‑corriger : conduire en dessous des limites de vitesse, choisir les itinéraires principaux plutôt que les raccourcis, éviter les trajets de nuit hors agglomération et se former aux spécificités du code australien (conduite à gauche, priorités, règles vis‑à‑vis des cyclistes et des piétons).

Risques naturels et catastrophes : un cadre très structuré

La Tasmanie n’est pas qu’une île verte et paisible : comme le reste de l’Australie, elle fait face à une montée des aléas naturels, amplifiés par le changement climatique. Feux de brousse, inondations éclair, tempêtes, glissements de terrain, vagues de chaleur… Autant de risques que les autorités prennent très au sérieux, avec un système très encadré.

Une stratégie de résilience en évolution

L’État dispose d’une stratégie de résilience aux catastrophes (Tasmanian Disaster Resilience Strategy 2020‑2025) et prépare une nouvelle version censée entrer en vigueur prochainement. L’idée centrale est claire : passer d’une logique de simple réaction aux urgences à une gestion proactive du risque, en intégrant toutes les composantes de la société, des services publics aux ménages.

Le cadre de gestion des urgences (Tasmanian Emergency Management Arrangements, TEMA) précise qui fait quoi avant, pendant et après un événement majeur. Il s’appuie sur :

Cadres de gestion des risques naturels en Australie

L’Australie met en œuvre une stratégie multi-niveaux pour anticiper et gérer les risques naturels, combinant évaluations, plans régionaux et dispositifs nationaux de soutien.

Évaluations régulières des risques

Mise à jour périodique des évaluations des risques naturels, comme celle de 2016, suivant des lignes directrices nationales pour garantir une base factuelle.

Plans d’action régionaux

Développement de plans spécifiques par région, par exemple pour le sud de la Tasmanie, centrés sur la protection de la biodiversité et la résilience agricole.

Soutien et financement national

Mobilisation de dispositifs nationaux : fonds pour la préparation aux catastrophes, stocks d’urgence, et capacités aériennes spécialisées pour la lutte contre les incendies.

Les dangers identifiés pour la Tasmanie incluent les inondations rapides, les feux de brousse, les tempêtes, les vagues de chaleur, les glissements de terrain, mais aussi des menaces moins visibles comme les pandémies ou les cyberattaques.

Outils pratiques pour les résidents : RiskReady et TasALERT

Pour un expatrié, l’un des outils les plus utiles est une plateforme baptisée RiskReady. Il s’agit d’un service d’information qui permet, à partir d’une adresse ou d’une zone, d’obtenir une vue d’ensemble des principaux aléas naturels :

zones soumises aux feux de brousse,

risques d’érosion côtière,

risques d’inondation marine,

probabilité de glissements de terrain.

L’outil délivre également des conseils de haut niveau pour réduire la vulnérabilité d’un bien immobilier, tout en renvoyant vers les organismes compétents pour des analyses plus fines. La plateforme est alimentée par différents services publics : Service des incendies pour les feux, Département du Premier ministre pour les risques côtiers, agences géologiques pour les glissements de terrain.

Bon à savoir :

Pour le suivi des urgences comme les feux, inondations, fermetures de routes ou alertes sanitaires, consultez TasALERT, le portail officiel d’information de crise. Complétez cette information avec les services du Bureau of Meteorology et les radios locales de la chaîne ABC.

Leçons tirées des catastrophes passées

Les grandes catastrophes qui ont touché la Tasmanie ces dernières décennies ont servi de laboratoire pour améliorer les dispositifs de réponse et d’accompagnement :

les incendies de 1967 et 2013,

les inondations majeures de 1929 et 2016,

la pandémie de COVID‑19,

– sans oublier des événements plus anciens mais marquants comme l’effondrement du pont de Tasman ou la tuerie de Port Arthur, qui ont structuré des pans entiers des politiques de sécurité.

Les plans actuels insistent sur la nécessité pour chaque foyer et chaque entreprise de gérer ses propres risques, plutôt que de compter exclusivement sur l’intervention de l’État après coup. On encourage par exemple les entreprises à intégrer le risque de feu de brousse dans leurs plans de continuité, à préparer des kits d’urgence, à sécuriser leurs bâtiments et à prévoir des solutions de repli.

Pour un expatrié, cela signifie qu’on vous attend comme un acteur de la résilience, pas seulement comme un bénéficiaire de secours. Comprendre les risques de votre zone d’habitation, préparer un plan familial (où aller, quoi emporter, comment communiquer), suivre les consignes des services de secours : autant de réflexes à acquérir rapidement après l’arrivée.

Sécurité en plein air : bushwalking, faune et mer

La Tasmanie, c’est aussi 40 % de son territoire classé en parcs nationaux et réserves, des dizaines de sentiers de randonnée de tous niveaux, une faune unique et des côtes spectaculaires. Pour beaucoup d’expatriés, être « dehors » est une partie essentielle du projet de vie. Mais cet environnement, s’il est superbe, n’est pas sans risques.

Randonnée : le piège du mauvais temps et du manque de préparation

La Parks and Wildlife Service (PWS) insiste depuis des années sur le même constat : des marcheurs mal préparés se mettent régulièrement en danger, parfois avec des issues dramatiques. Les montagnes tasmaniennes peuvent connaître de la neige, de la grêle et un froid mordant même en été. Les changements de temps sont rapides, la visibilité peut chuter brutalement, et l’hypothermie est un risque bien réel.

Le service de parcs met à disposition des checklists détaillées, des vidéos de sensibilisation et des listes d’équipement conseillé. Les recommandations clefs :

Astuce :

Pour une randonnée sécurisée, choisissez un itinéraire adapté à votre niveau en vous fiant à sa cotation. Consultez toujours la météo et les alertes PWS avant le départ. Emportez des vêtements chauds, imperméables et coupe-vent, quelle que soit la météo annoncée. Prévoyez suffisamment de nourriture, d’eau, une trousse de premiers secours, ainsi qu’une carte papier ou un GPS avec fonction hors ligne. Enregistrez votre itinéraire dans les registres disponibles et informez toujours un proche de votre plan détaillé. Évitez de partir seul, particulièrement en terrain isolé.

Pour les randonnées en zones très reculées ou les treks de plusieurs jours, il est possible de louer une balise de détresse (PLB) à la semaine dans plusieurs villes et centres de visiteurs. En cas d’urgence vitale, l’activation de cette balise déclenche une opération de recherche et de sauvetage coordonnée.

Faune : admirer, mais garder ses distances

Les animaux emblématiques de la Tasmanie – diables, wombats, ornithorynques, échidnés, wallabies – sont une source constante d’émerveillement pour les nouveaux arrivants. Mais la relation à la faune est encadrée par des règles strictes :

– il est interdit de nourrir ou de toucher les animaux sauvages,

– une distance d’au moins deux à trois mètres est recommandée,

– la route est l’un des principaux dangers pour la faune, et inversement : les collisions avec les animaux sont fréquentes et parfois graves pour les conducteurs.

Attention :

L’île abrite trois espèces de serpents venimeux et des insectes dangereux comme la fourmi « jack jumper ». Il est vivement conseillé de porter des chaussures fermées et des guêtres sur les sentiers, et de connaître les gestes à adopter en cas de morsure ou de piqûre.

Côtes, plages et sports nautiques

Les plages tasmaniennes sont parmi les plus belles d’Australie, mais elles peuvent être piégeuses :

courants de baïne, vagues puissantes, rochers et eaux froides,

– présence possible de méduses ou d’algues,

– surveillance assurée seulement sur certaines plages à des heures limitées.

Les recommandations sont classiques, mais vitales :

– se baigner de préférence sur les plages surveillées et entre les drapeaux quand ils existent,

– porter un gilet de sauvetage pour toute sortie nautique,

– vérifier les conditions météo et marines avant de se mettre à l’eau,

– éviter l’alcool avant de piloter un bateau ou un kayak.

Pour un expatrié, surtout si l’on vient d’un pays sans culture de l’océan, il est judicieux de se former aux règles de sécurité en mer, voire de suivre un cours spécifique pour la navigation de plaisance.

Système de santé et accès aux soins : un pilier de la sécurité

La sécurité, ce n’est pas seulement éviter les agressions ou les accidents, c’est aussi la capacité à être bien pris en charge en cas de problème médical. Sur ce plan, la Tasmanie bénéficie de la solidité du système de santé australien, combinant un pilier public (Medicare) et un secteur privé.

Comment fonctionne la santé publique

Medicare, le système public, finance la prise en charge à l’hôpital public, rembourse tout ou partie des consultations chez les médecins généralistes et spécialistes, et subventionne de nombreux médicaments. Toutefois, ce dispositif est principalement réservé aux citoyens australiens et aux résidents permanents, ainsi qu’à certains ressortissants de pays ayant un accord de réciprocité.

Les expatriés en visa temporaire, y compris de très nombreux étudiants internationaux, n’y ont généralement pas droit. Ils doivent alors souscrire une couverture santé spécifique :

Overseas Student Health Cover (OSHC) pour les étudiants étrangers, obligatoire pour l’obtention de leur visa,

Overseas Visitor Health Cover (OVHC) ou autre assurance privée pour les autres types de visas.

1000000

C’est le montant minimum recommandé, en dollars australiens par an et par personne, pour la couverture des dépenses d’urgence et d’hospitalisation dans les assurances visiteurs.

Particularités de la Tasmanie

La Tasmanie dispose de quatre grands hôpitaux publics et d’un réseau de structures de soins plus petites, complété par des cliniques privées. Dans les zones rurales, des dispositifs spécifiques existent pour éviter que l’isolement ne se traduise par une médecine de seconde zone :

services mobiles et de télémédecine pour les consultations à distance,

programmes de santé rurale assurant des soins gratuits ou à bas coût dans les campagnes,

– services d’ambulance et d’hélicoptère de secours (notamment le Westpac Rescue Helicopter), parfois en coordination avec le Royal Flying Doctor Service.

Bon à savoir :

De nombreuses lignes d’aide existent pour les expatriés, couvrant des domaines comme la santé mentale, la parentalité, la santé des femmes, les services pour réfugiés ou la planification familiale. Ces ressources, accessibles à distance, sont particulièrement précieuses en cas de difficulté, offrant un soutien crucial lorsque l’on est loin de son réseau familial et médical habituel.

Barrières et défis pour les nouveaux arrivants

Malgré cette offre, les recherches montrent que les migrants et étudiants internationaux rencontrent des obstacles spécifiques :

barrières linguistiques et manque de familiarité avec le système (quand consulter, chez qui, à quel prix),

– appréhensions culturelles à l’idée de recourir à certains services, en particulier en santé mentale,

coûts élevés des soins hors prise en charge assurantielle,

complexité des démarches (références obligatoires par un généraliste pour voir un spécialiste, procédures de remboursement, etc.).

Les pouvoirs publics tasmaniens et diverses associations essaient d’y répondre via des programmes de médiation interculturelle, des campagnes d’information et l’accès à des interprètes professionnels.

Pour un candidat à l’expatriation, la meilleure démarche consiste à :

clarifier précisément les conditions de sa couverture santé avant le départ,

repérer dès l’arrivée un médecin généraliste de confiance et un hôpital proche,

– s’informer sur les numéros de lignes d’aide (y compris en santé mentale) et les droits à un interprète en cas de besoin.

Sécurité au travail : droits des migrants et protection contre l’exploitation

La sécurité de votre expatriation passe aussi par ce qui se passe au bureau, à l’atelier ou sur le chantier. Un contexte de tension sur le marché du travail mondial, combiné à des régimes de visas parfois restrictifs, crée un terrain propice aux abus. L’Australie et la Tasmanie n’y échappent pas totalement, mais le cadre juridique offre de solides garde‑fous aux travailleurs migrants.

Des droits identiques pour tous les salariés

Le principe de base est simple : toute personne employée en Australie, quel que soit son statut migratoire, bénéficie des mêmes droits fondamentaux au travail que les citoyens. Ces droits incluent notamment :

un salaire minimum (national ou défini par une convention collective sectorielle),

des conditions de travail encadrées (durée maximale hebdomadaire, congés annuels et maladie, jours fériés),

– la protection contre les discriminations, le harcèlement et les représailles liées à l’exercice de droits syndicaux,

– des règles précises sur les licenciements, les préavis et les indemnités.

Bon à savoir :

Les National Employment Standards (NES) établissent un socle minimum de droits sociaux pour tous les salariés du système national de relations professionnelles. Il est interdit à un employeur d’y déroger, même avec l’accord du salarié, si cela est à son désavantage.

Contrats, salaires et déductions

Les contrats à durée déterminée, les emplois à temps plein, à temps partiel ou occasionnels (casual) sont encadrés. Les travailleurs indépendants, eux, sont soumis à un régime différent, mais les autorités surveillent de près les situations où un salarié est abusivement requalifié en « indépendant » pour échapper aux protections du droit du travail.

Au sujet du salaire, plusieurs points sont cruciaux pour un expatrié :

– il est illégal de payer « en liquide » sans déclarer les revenus et sans reverser les cotisations sociales et fiscales correspondantes,

– les retenues sur salaire ne sont possibles que dans des cas précis (par exemple, rembourser un prêt de l’employeur clairement consenti, et uniquement avec accord écrit du salarié),

– les employés doivent recevoir un bulletin de paie détaillant les montants versés, les heures travaillées et les cotisations.

Les titulaires de certains visas de travail sponsorisés (comme ceux équivalents aux visas 482 et 457) bénéficient d’obligations renforcées pour l’employeur, qui doit garantir des conditions de travail non moins favorables que celles offertes aux Australiens pour le même poste.

Lutte contre l’exploitation des migrants

Conscientes des dérives possibles, les autorités fédérales ont récemment durci les sanctions contre les employeurs abusifs et mis en place des outils spécifiques :

Attention :

La loi introduit des sanctions renforcées, incluant l’interdiction de recrutement pour les employeurs coupables, de nouveaux délits pour contrainte et exploitation liée au statut migratoire, et un visa spécifique permettant aux victimes de prolonger leur séjour pour faire valoir leurs droits sans risque d’expulsion.

Les signaux d’alerte à prendre au sérieux sont nombreux : menaces de faire annuler votre visa, confiscation de passeport, travail forcé ou au‑delà des limites autorisées, absence de fiches de paie, logements insalubres imposés par l’employeur, pressions pour travailler « au noir », salaire inférieur au minimum légal, interdiction de parler de son salaire avec les collègues, etc.

Les expatriés disposent de recours : l’ombudsman du travail (Fair Work Ombudsman), des centres de conseil juridiques, des syndicats, ainsi que des associations spécialisées dans l’appui aux migrants. En Tasmanie, des structures comme le Migrant Resource Centre, le Multicultural Council of Tasmania ou divers programmes d’insertion professionnelle accompagnent les nouveaux arrivants pour trouver un emploi dans des conditions correctes et faire respecter leurs droits.

S’adapter en douceur : les clés d’une expatriation réussie

La sécurité, ce n’est pas seulement l’absence de danger immédiat : c’est aussi la capacité à se sentir à sa place, à gérer le choc culturel, à construire un réseau de soutien et à naviguer dans les systèmes locaux (santé, administration, travail) sans se sentir perdu. La recherche sur l’expatriation montre que certaines caractéristiques individuelles et certains comportements facilitent beaucoup une installation réussie.

Les travaux qui ont synthétisé des dizaines d’études sur des milliers d’expatriés convergent : au‑delà de la simple personnalité, ce sont des compétences comme l’empathie interculturelle, l’intelligence émotionnelle et la capacité à se motiver pour comprendre la culture d’accueil qui font la différence. Les facteurs clefs d’une bonne adaptation sont :

Bon à savoir :

Pour réussir son expatriation, une préparation minutieuse en amont est cruciale, incluant la recherche d’informations, une formation et l’anticipation des difficultés. Il est important de manifester une volonté active de s’informer sur la culture locale et d’éviter de rester confiné dans une « bulle d’expats ». L’implication et l’adaptation de toute la famille sont déterminantes, car l’échec est souvent lié aux difficultés du conjoint ou des enfants. Enfin, construire un réseau social diversifié, incluant des locaux, d’autres migrants et des collègues, est essentiel pour une intégration réussie.

Appliqué à la Tasmanie, cela signifie qu’une expatriation sereine ne se joue pas uniquement sur les statistiques de criminalité ou la qualité de l’hôpital le plus proche, mais aussi sur votre façon d’entrer en relation avec le tissu local : clubs sportifs, associations, groupes de randonnée, événements culturels, réseaux professionnels.

Les outils numériques (forums d’expatriés, groupes Facebook, plateformes professionnelles) peuvent aider au départ, mais ils ne remplacent pas la participation à la vie de quartier, à l’école des enfants, aux associations.

Synthèse : sécurité globale, vigilance ciblée

L’image d’ensemble de la Tasmanie, pour un candidat à l’expatriation préoccupé par sa sécurité, est largement positive :

– la criminalité violente reste contenue, avec un niveau de risque souvent inférieur à celui de nombreux pays d’origine,

– les homicides sont rares et concernent presque exclusivement des personnes qui se connaissent,

– l’environnement est d’une qualité exceptionnelle, ce qui contribue à une santé globale meilleure,

– le système de santé est robuste, à condition de bien maîtriser son statut vis‑à‑vis de Medicare et de disposer d’une assurance adéquate,

– le droit du travail offre de solides protections, dont bénéficient aussi les migrants, avec des efforts récents pour mieux lutter contre l’exploitation.

Attention :

Les principaux points de vigilance sont ailleurs.

un risque routier objectivement élevé pour l’Australie, sur un réseau souvent exigeant et avec une faune omniprésente,

– des aléas naturels à ne pas négliger (feux, inondations, tempêtes), dans un contexte de changement climatique,

– les dangers liés aux activités de plein air en montagne ou en mer, si l’on sous‑estime les contraintes locales,

– les risques d’abus en milieu professionnel pour les détenteurs de certains visas, surtout si la méconnaissance des droits est importante.

Astuce :

Pour une installation réussie en Tasmanie, préparez minutieusement votre arrivée en étudiant les plans de résilience locaux, en vous inscrivant aux outils d’alerte, et en vous informant sur le code de la route. Souscrivez une assurance santé adaptée et renseignez-vous sur vos droits au travail. En adoptant ces réflexes de prudence, vous pourrez pleinement profiter de l’environnement naturel exceptionnel, de l’atmosphère paisible et de la qualité de vie qui attirent de nombreux expatriés.

La Tasmanie ne peut pas promettre une absence totale de risque. Aucun territoire ne le peut. Mais elle met en place des dispositifs de plus en plus sophistiqués pour anticiper, limiter et gérer ces risques, et donne aux résidents – anciens comme nouveaux – les moyens de prendre part à leur propre sécurité. Pour un expatrié prêt à s’informer, à s’adapter et à s’impliquer, les conditions sont réunies pour une installation sereine.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale en Tasmanie pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Grèce, Maurice, Australie), la stratégie retenue consiste à cibler la Tasmanie, État australien offrant un environnement stable, un coût de vie inférieur à Paris, un cadre naturel préservé et l’accès au régime fiscal australien pour résidents (traitement spécifique des revenus du capital, convention fiscale FR‑AU pour limiter la double imposition). La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention du visa long séjour, installation en résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert des relations bancaires, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques), et intégration patrimoniale globale (analyse, restructuration, optimisation de la transmission).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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