Au moment de choisir un nouveau point de chute, beaucoup d’expatriés regardent vers Sydney, Melbourne ou Brisbane. Pourtant, de plus en plus d’entre eux posent leurs valises un peu plus au sud, en quête d’air pur, de nature et d’un rythme de vie plus apaisé : en Tasmanie. L’État insulaire offre une combinaison rare de sécurité, de communauté soudée, de paysages spectaculaires et de coût de la vie encore raisonnable à l’échelle australienne.
Toutes les villes et quartiers de l’île ne se ressemblent pas. Certains offrent des emplois qualifiés, des écoles prestigieuses et de bons services de santé, tandis que d’autres proposent un mode de vie rural, des loyers plus abordables et un contact direct avec la nature. Pour un expatrié, ce choix est donc décisif pour son installation.
Cet article propose un panorama des zones les plus recherchées par les nouveaux arrivants – en particulier les expatriés – à Hobart, Launceston et dans les principales régions de Tasmanie, en s’appuyant sur les données de prix, de qualité de vie, de transport, d’infrastructures et de marché du travail.
Pourquoi les expatriés choisissent la Tasmanie
La première chose qui revient systématiquement dans les témoignages d’expatriés installés sur l’île, c’est la qualité de vie. L’air est réputé être le plus pur du monde, plus d’un tiers du territoire est protégé en parcs nationaux ou zones inscrites au patrimoine mondial, et les villes restent à taille humaine, faciles à parcourir à pied, avec un sentiment de sécurité rare même pour l’Australie.
La température moyenne en été à Hobart, en Tasmanie, est d’environ 23 degrés Celsius.
Sur le plan du quotidien, les dépenses typiques pour une personne seule s’échelonnent grosso modo entre 1 800 et 2 800 AUD par mois à Hobart, logement compris, selon le standing recherché et le quartier choisi. Une maison entière se loue en moyenne autour de 550 AUD par semaine, une chambre en colocation entre 150 et 250 AUD. La caisse de courses hebdomadaire se situe elle autour de 80 à 120 AUD, surtout si l’on profite des marchés de producteurs.
Les villes de Tasmanie offrent une vie culturelle riche (musées, festivals, gastronomie locale) et un accès immédiat à la nature, avec de nombreuses activités comme la randonnée, le VTT ou le surf à proximité des zones urbaines.
Pour les expatriés, un autre atout pèse lourd : toute la Tasmanie est considérée comme “régionale” dans le système de visas australien. Les régions et villes de l’île ouvrent donc droit à des points supplémentaires pour certaines catégories de visas (Subclass 190 et 491), ce qui renforce l’intérêt de s’y installer durablement, notamment pour les profils qualifiés.
Capitale de la Tasmanie et plus grande ville de l’État, Hobart concentre l’essentiel de l’activité économique, des institutions culturelles, des évènements et de l’emploi dans les services qualifiés. Située entre le fleuve Derwent et les pentes de kunanyi / Mount Wellington, elle offre une topographie spectaculaire : vues sur l’eau, maisons en flanc de colline, quartiers anciens en grès de sable, grandes villas sur la baie ou lotissements plus modestes à l’intérieur des terres.
Pour les expatriés, Hobart est souvent la porte d’entrée naturelle. Son marché immobilier est tendu : la vacance locative tourne autour de 0,4 à 0,6 %, très en dessous du niveau d’équilibre de 3 %, et le prix médian des maisons avoisine les 712–735 000 AUD, avec une valeur autour de 559 000 AUD pour les appartements. Les loyers pour une maison se situent en moyenne vers 600 AUD par semaine.
Dans ce contexte, certains quartiers ressortent nettement comme les plus convoités par les nouveaux arrivants, même au prix de rendements locatifs plus faibles pour les investisseurs.
Battery Point et Salamanca : charme historique et vie urbaine dense
Juste en contrebas du centre, Battery Point incarne sans doute l’image la plus “carte postale” de Hobart. C’est l’un des plus anciens quartiers de la ville, avec ses ruelles pavées et ses maisons en grès chargées d’histoire. En contrebas, Salamanca Place aligne d’anciens entrepôts portuaires transformés en cafés, restaurants, galeries d’art et bureaux.
L’ensemble forme l’un des cœurs culturels et nocturnes de la Tasmanie. Chaque samedi, Salamanca Market, présenté comme le plus grand marché en plein air d’Australie, attire jusqu’à 25 000 à 40 000 visiteurs autour de centaines de stands, et les anciens entrepôts abritent aussi le Salamanca Arts Centre, vaste pôle artistique qui rassemble studios d’artistes, salles d’exposition et de spectacle, visité chaque année par plus de 250 000 personnes.
Pour un expatrié recherchant un mode de vie urbain dense, piéton, et proche de la scène artistique et gastronomique, ce secteur est idéal. L’offre de logement de longue durée comprend des résidences de standing (Salamanca Terraces, Salamanca Inn, Salamanca Suites). Les loyers et valeurs immobilières sont élevés : prix médian de 710 000 à 735 000 AUD dans Hobart CBD / inner suburbs, avec une croissance annuelle d’environ 2,6 %. Cependant, les rendements bruts locatifs sont relativement bas, autour de 3,5 % à 3,6 %, comparés aux zones périphériques.
Ce quartier attire surtout des cadres en mission, des expatriés ayant un budget confortable, ou des couples sans enfant qui assument un loyer élevé pour vivre au cœur de l’animation et à quelques minutes de marche des bureaux, du front de mer, du ferry vers MONA et des évènements emblématiques de la ville.
Sandy Bay : standing résidentiel, université et vie en bord de mer
Située juste au sud du centre, Sandy Bay est l’un des quartiers les plus prestigieux de Hobart. Bordée par le Derwent, adossée aux pentes de Mount Nelson, elle combine villas avec vue sur l’eau, immeubles récents, plages (Long Beach, Nutgrove, Red Chapel Beach) et de nombreuses commodités. On y trouve aussi le campus principal de l’University of Tasmania, ce qui en fait un point de chute évident pour les expatriés enseignants, chercheurs ou étudiants.
Le front de mer comprend plusieurs clubs nautiques (Royal Yacht Club of Tasmania, Derwent Sailing Squadron, clubs d’aviron), et le quartier offre un large choix d’écoles privées réputées, de commerces, de cafés, de banques et de services. Les rues arborées, la présence de plages adaptées aux enfants et le niveau de sécurité en font un secteur très prisé des familles expatriées, mais aussi des “returning Tasmanians” et des retraités aisés.
Le revers de la médaille, ce sont les prix : les poches les plus recherchées, notamment le “golden mile” entre Mawhera et Lipscombe Avenue sur Sandy Bay Road, atteignent des niveaux stratosphériques. Des ventes à plus de 4,3–4,6 millions AUD ont été recensées pour certaines propriétés de front de mer. Le rendement locatif y est donc parmi les plus faibles de Hobart (autour de 3,0–3,6 %), à l’image de Battery Point, mais l’attractivité du secteur reste forte auprès des expatriés qui privilégient le cadre de vie sur la rentabilité.
West Hobart et South Hobart : quartiers de collines, ambiance de village
Perchés sur les pentes au-dessus du centre, West Hobart et South Hobart sont deux quartiers très appréciés des nouveaux arrivants pour leur atmosphère de village, leurs cafés de quartier et leur proximité de la nature. West Hobart domine le centre avec des maisons en hauteur offrant des vues spectaculaires sur la ville et le fleuve, tout en restant à distance de marche du CBD. On y trouve des parcs, des aires de jeux, des petites écoles et une vie de quartier soutenue.
South Hobart, niché au pied du kunanyi / Mont Wellington, est un quartier pittoresque et très recherché, situé à seulement quelques minutes en voiture du centre-ville de Hobart. Il constitue un point de départ immédiat pour les sentiers de randonnée du Wellington Park. Pour une famille expatriée, ce secteur offre un excellent compromis : proximité des emplois et des établissements de santé principaux (comme le Hobart Private Hospital et le Royal Hobart Hospital), rues calmes, un réseau scolaire correct et un accès quasi-direct à la nature et à la montagne.
Les prix y ont naturellement suivi l’engouement : South Hobart, Hobart CBD, West Hobart ou encore North Hobart affichent des notes élevées dans les classements de qualité de vie, et des valeurs immobilières en cohérence. Sur la rive ouest, New Town, Montagu Bay ou Glebe complètent ce chapelet de quartiers résidentiels très prisés, souvent avec des écoles appréciées et des commerces de proximité.
Eastern Shore : Howrah, Bellerive, Lindisfarne et Montagu Bay
De l’autre côté du Derwent, reliés au centre par les ponts Tasman et Bowen, les quartiers de la Eastern Shore séduisent de nombreux expatriés qui recherchent davantage d’espace, de vues sur l’eau et un environnement familial, sans renoncer à un accès raisonnable au CBD.
Howrah, par exemple, est une banlieue balnéaire avec plages, vues sur la montagne, ambiance familiale et bonnes liaisons routières. Pour les appartements, les données montrent un prix médian autour de 605–607 500 AUD, avec une croissance moyenne de 8 % par an sur dix ans et un rendement locatif proche de 4,5 %, ce qui reste attractif au regard de la rareté des biens. Bellerive, son voisin, est à la fois quartier résidentiel et pôle sportif (le Bellerive Oval accueille notamment le cricket), avec des unités autour de 633 000 AUD de prix médian et un rendement proche de 4,9 %.
Lindisfarne se positionne dans la même veine, avec un prix médian de maison autour de 782 500 AUD, une croissance à dix ans supérieure à 7 % par an et un rendement de 3,9 %. Montagu Bay, Rosny et Rose Bay complètent ce tableau de frange est bien notée, combinant vues sur la baie, écoles, proximité du centre commercial Eastlands et accès rapide au CBD.
Ces quartiers forment le noyau des banlieues “upper middle class” de la rive est, plébiscitées par les expatriés en quête d’un bon compromis entre standing, écoles, plages et temps de trajet raisonnable vers le centre.
Kingston, Blackmans Bay et Kingston Beach : vie de famille au sud de Hobart
À une quinzaine de minutes au sud du centre par la Southern Outlet, Kingston et ses quartiers côtiers (Blackmans Bay, Kingston Beach) sont devenus un des périmètres de prédilection pour les familles, y compris expatriées. Kingston est un hub de services avec environ 15 000 habitants, un tissu commercial conséquent et des secteurs d’emploi dans le commerce de détail, la santé et la construction. Le prix médian des maisons y tourne autour de 650 000 AUD, ce qui reste inférieur à certains quartiers comparables de Hobart même.
Les quartiers de Kingston Beach et Blackmans Bay offrent une ambiance balnéaire et familiale, avec plage accessible, cafés et écoles. Ils sont très bien notés pour leur qualité de vie. Bien que l’accès à Hobart par la route reste simple, on y bénéficie généralement de plus d’espace et de jardins plus grands qu’en centre-ville.
Pour un expatrié avec enfants, travaillant par exemple dans les secteurs en tension (santé, enseignement, ingénierie) ou pour le gouvernement local (Kingborough Council), ce secteur représente un choix logique : écoles, équipements, logements encore abordables à l’échelle de la capitale, et un environnement de plage qui favorise un mode de vie actif.
Les banlieues plus abordables : Glenorchy, Moonah, Rokeby et cie
L’envolée des prix dans les quartiers historiques et balnéaires pousse une partie des nouveaux arrivants – surtout ceux qui cherchent d’abord un loyer abordable – vers les banlieues nord et est plus populaires. Glenorchy, Moonah, Claremont, Bridgewater ou Rokeby sont ainsi devenus des cibles privilégiées pour les investisseurs en quête de rendement, avec des loyers plus élevés au regard du prix d’achat.
Moonah, par exemple, affiche un prix médian de maison autour de 635 000 AUD, une croissance d’environ 8 % par an sur dix ans et un rendement de 4,7 %, avec un taux de vacance inférieur à 1 %. Rokeby, longtemps perçu comme difficile, reste l’un des segments les plus abordables de Hobart avec un prix médian de 590 000 AUD, une croissance moyenne de 13 % par an sur dix ans et un rendement autour de 5 %. Risdon Vale, autre banlieue de l’est, propose des maisons autour de 460 000 AUD, une croissance à dix ans de 10 % et un rendement proche de 5,2 %.
Pour un expatrié, ces quartiers peuvent constituer une porte d’entrée réaliste lorsqu’on arrive sans budget illimité, à condition d’accepter un environnement plus contrasté socialement et des commodités parfois moins développées. La sécurité reste globalement bonne à l’échelle internationale, même si ces secteurs cumulent davantage de défis socio-économiques que Battery Point ou Sandy Bay.
Comparatif succinct de quelques quartiers hobartiens
| Quartier / Zone | Profil dominant | Prix médian (ordre de grandeur) | Rendement locatif moyen | Atouts clés pour expatriés |
|---|---|---|---|---|
| Battery Point / Salamanca | Urbain historique haut de gamme | Très élevé (plusieurs M$) | ~3,0–3,5 % | Vie culturelle, marche, restaurants, marché |
| Sandy Bay | Résidentiel standing, UTAS | Très élevé | ~3,0–3,6 % | Plages, écoles privées, université, clubs nautiques |
| West & South Hobart | Collines proches du centre | Élevé | ~3,5–4,0 % | Ambiance village, cafés, accès montagne |
| Eastern Shore (Howrah, Bellerive, Lindisfarne) | Familial vue mer | Élevé mais varié | ~3,9–4,9 % | Écoles, plages, vues, accès CBD par pont |
| Kingston / Blackmans Bay / Kingston Beach | Familial balnéaire | Moyen à élevé (~650 k$) | ~4,0–4,5 % | Bon compromis prix/espace, vie de plage |
| Moonah / Glenorchy / Rokeby / Risdon Vale | Populaire, investisseurs | Plus abordable | ~4,7–5,2 % | Loyers plus accessibles, fort rendement |
Launceston : la “20-minute city” du nord, plus abordable et gourmande
Deuxième ville de Tasmanie, située à la confluence de l’esk et du Tamar, Launceston offre une alternative séduisante à Hobart pour les expatriés qui souhaitent un coût de la vie plus doux tout en restant dans un cadre urbain doté de bonnes infrastructures. Avec environ 75–87 000 habitants, la ville est assez grande pour proposer hôpital, université, musées, restaurants, vie culturelle, mais assez compacte pour être traversée en une quinzaine de minutes.
La ville est entourée de collines, de vignobles et de la vallée du Tamar, avec un accès immédiat à des sites majeurs comme Cataract Gorge, qui se trouve littéralement à la porte de la ville. Elle est également reconnue comme “UNESCO City of Gastronomy”, ce qui reflète l’importance de sa scène culinaire et de ses marchés fermiers.
Sur le plan immobilier, Launceston reste sensiblement moins chère que Hobart. Le prix médian des maisons oscille autour de 460–550 000 AUD, bien en dessous des valeurs de la capitale. Les loyers pour un appartement d’une chambre varient entre 300 et 400 AUD par semaine, une maison de trois chambres autour de 480 AUD. La vacance locative a toutefois chuté sous la barre de 1–1,5 %, signe d’une demande en hausse.
Les quartiers résidentiels les plus convoités autour du centre
Autour du CBD, plusieurs quartiers cochent les cases recherchées par les expatriés : bonne accessibilité, écoles, cadre paysager agréable, sentiment de sécurité.
Newstead est un quartier feuillu très apprécié des familles, offrant une forte concentration d’écoles de qualité comme le Scotch Oakburn College et le Newstead College, des parcs tels que le Punchbowl Reserve, des rues calmes et une proximité immédiate du centre-ville. Les forums d’expatriés le mentionnent fréquemment comme un choix privilégié pour s’installer avec des enfants.
East Launceston, tout proche du CBD, est quant à lui l’un des secteurs les plus prestigieux de la ville. Ses rues arborées, ses maisons historiques et ses écoles réputées (comme Launceston Church Grammar School) en font l’équivalent local d’un quartier “chic” mais résidentiel. Les prix y sont logiquement parmi les plus élevés de Launceston, mais restent très en deçà de zones comparables à Hobart.
Trevallyn et West Launceston, perchés sur les collines à l’ouest du centre, offrent des vues exceptionnelles sur la ville et le fleuve, un accès direct à Cataract Gorge et une ambiance familiale. West Launceston, en particulier, est décrit comme panoramique et encore relativement abordable, avec un accès rapide au centre. Trevallyn attire ceux qui aiment les promenades en nature et les sentiers, tout en restant à quelques minutes de voiture des bureaux.
Kings Meadows, juste au sud, fonctionne davantage comme un pôle de commerces et de services, avec une atmosphère très “family-friendly” et un bon maillage d’écoles. South Launceston, enfin, mélange zones résidentielles et pôles de santé, puisqu’il abrite le Launceston General Hospital. Pour les expatriés du secteur médical, c’est un emplacement très pratique.
Les banlieues familiales et semi-rurales : Norwood, Legana, Riverside, St Leonards
À mesure que l’on s’éloigne légèrement du centre, un second cercle de quartiers attire les expatriés qui privilégient l’espace et la verdure, quitte à ajouter quelques minutes de voiture aux trajets.
Située à environ dix minutes du centre-ville, Norwood est une communauté établie caractérisée par une ambiance très résidentielle. L’âge médian d’environ 47 ans indique une population composée principalement de familles et de retraités. Le quartier offre des écoles et des services adaptés au quotidien, et jouit d’une bonne perception de la sécurité.
Riverside, le long du Tamar, combine vues sur la rivière, terrains plus généreux, écoles (Riverside Primary et High School), club de golf, parcs et aires de jeux. C’est un des secteurs de prédilection pour les ménages avec enfants qui veulent allier accès à l’eau, activités de plein air et proximité du centre (une douzaine de minutes en voiture).
Legana, à l’origine un village semi-rural à une douzaine de kilomètres au nord, connaît une croissance rapide. Son centre commercial, son école primaire et l’extension des infrastructures en font une cible pour les jeunes familles qui recherchent des prix encore attractifs, un environnement vert et une bonne connexion à Launceston. St Leonards, dans un registre proche, offre un cadre semi-rural avec parcs, rivière, parc à chiens, tout en gardant un accès raisonnable à la ville.
Les localités comme Hadspen, Blackstone Heights, Relbia ou Longford, situées à 15–25 minutes du centre-ville, offrent des propriétés spacieuses, parfois avec vue sur rivière ou vignobles. Idéales pour les expatriés en télétravail ou n’ayant pas besoin de se rendre quotidiennement en centre-ville, elles combinent une qualité de vie rurale avec un accès pratique aux infrastructures urbaines.
Launceston pour les expatriés : avantages et limites
Launceston se distingue notamment par un temps de trajet moyen extrêmement faible : les études sur le temps de commute indiquent une moyenne d’environ 13 minutes, la plus faible d’Australie pour une ville de cette taille. Cette compacité renforce l’équilibre travail-vie personnelle, avec plus de temps pour profiter des activités en extérieur ou en famille.
L’emploi se concentre dans la santé, l’éducation, le commerce de détail, l’agritourisme et un secteur technologique en croissance. La ville abrite l’University of Tasmania (campus Newnham et Inveresk), l’Australian Maritime College, plusieurs hôpitaux et centres de recherche. En revanche, pour certains métiers spécialisés (finance de marché, big tech, etc.), les opportunités peuvent être plus limitées que dans une métropole du continent.
Pour un expatrié, la ville convient particulièrement à ceux qui sont dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’agroalimentaire, de l’ingénierie ou qui disposent d’un emploi à distance. Le coût du logement plus modéré et la possibilité d’accéder rapidement aux montagnes, au littoral nord ou aux vignobles du Tamar en font un point de chute apprécié des familles, des retraités actifs et de ceux qui fuient les grandes métropoles sans vouloir renoncer à un minimum de vie urbaine.
Tableau comparatif : Hobart vs Launceston pour un expatrié
| Critère | Hobart | Launceston |
|---|---|---|
| Taille de la ville | ~213 000 habitants (agglomération) | ~75–87 000 habitants |
| Rôle dans l’État | Capitale, centre politico‑éco | “Capitale” du nord, pôle régional |
| Prix médian des maisons | ~712–735 k AUD | ~460–550 k AUD |
| Loyer 1 ch. centre | 420–500 AUD / semaine | 300–400 AUD / semaine |
| Climat et environnement | Mer, montagne, capitale culturelle | Vallée viticole, gorges, collines |
| Marché de l’emploi | Plus d’emplois qualifiés | Plus restreint mais diversifié |
| Temps de trajet moyen | Faible à l’échelle australienne | ~13 minutes (très faible) |
| Vie culturelle | Très riche (MONA, grands festivals) | Riche mais à plus petite échelle |
| Profil type d’expatrié | Cadres, familles, étudiants, santé | Familles, télétravailleurs, santé |
Les régions et petites villes : vie rurale, prix plus doux et qualité de vie “slow”
Au-delà des deux grandes villes, une large partie des expatriés choisit de s’installer dans des bourgades ou petites villes de Tasmanie, portées par la promesse d’un “tree change” (changer la ville pour la nature) ou d’un “sea change” (s’installer en bord de mer). Ces lieux offrent souvent des prix de l’immobilier plus bas, un mode de vie très calme, mais aussi un marché du travail plus limité et des services parfois restreints.
Huonville et la Huon Valley : tree change au sud de Hobart
Huonville est la principale ville de la Huon Valley, au sud de Hobart, sur les rives de la Huon River. Avec environ 2 500 habitants, un prix médian des maisons autour de 420 000 AUD et des secteurs économiques centrés sur l’agriculture, le commerce de détail et le tourisme, elle représente une destination phare pour ceux qui recherchent un changement de vie tourné vers la nature.
La région attire par ses paysages variés (vignobles, vergers, montagnes comme les Hartz Mountains), ses sites naturels (Tahune Airwalk) et ses sentiers de randonnée (Mount Misery Trail). Elle bénéficie également d’une scène gastronomique et viticole dynamique, avec des producteurs tels que Kate Hill Wines. Les expatriés qui s’y installent sont principalement des familles ou des couples en télétravail, ainsi que des professionnels de la santé ou de l’éducation acceptant de vivre à distance raisonnable de Hobart en voiture.
New Norfolk et la vallée de la Derwent : histoire et fleuve
New Norfolk, ville historique installée sur la Derwent, à l’ouest de Hobart, compte environ 5 500 habitants. Son prix médian de maison est de l’ordre de 465 000 AUD, nettement inférieur aux suburbs proches de la capitale. Les secteurs clés sont la santé, le tourisme et l’agriculture. La ville maintient un hôpital de district, un centre communautaire et une offre de services de base.
Pour les expatriés, New Norfolk peut fonctionner comme un compromis entre vie rurale et accès aux infrastructures : on bénéficie de la rivière, d’une petite communauté soudée, d’un coût de la vie plus faible, tout en restant connecté à Hobart. C’est aussi une porte vers les zones naturelles du sud-ouest et du centre de la Tasmanie.
Deloraine et le centre de l’île : art, artisanat et nature
Plus au centre, Deloraine s’étire le long de la Meander River. Avec environ 2 800 habitants, un prix médian d’environ 545 000 AUD, un Woolworths et une scène artistique active (Tasmanian Craft Fair, Yarns Artwork in Silk, galeries Art as Mania), la ville attire un mélange d’artisans, de retraités et de nouveaux arrivants en quête d’un mode de vie tranquille. Située à une demi-heure de Launceston, elle offre un accès correct aux services tout en restant profondément rurale.
Là encore, les expatriés qui s’y installent sont souvent des télétravailleurs, des artistes, des agriculteurs ou des personnes à la recherche d’un environnement paisible, loin de la pression immobilière des grandes villes mais avec une communauté créative.
Nord-Ouest et côte Ouest : entre mer, mines et loyers imbattables
Sur la côte nord-ouest, des villes comme Devonport, Burnie, Penguin, Wynyard ou Sheffield offrent une palette de modes de vie variés à des prix attractifs. Devonport, ville de 25 000 habitants où arrive le ferry Spirit of Tasmania, combine un prix médian autour de 385 000 AUD, des industries dans le commerce, la santé, la fabrication et une communauté soudée. Burnie, plus industrielle, affiche un prix médian encore plus bas (autour de 340 000 AUD) et constitue un portail pour une vie côtière avec hôpital régional et musée.
Des localités comme Penguin (ville littorale très photogénique avec culture culinaire et sentiers de VTT et randonnée) ou Wynyard (station balnéaire calme avec aéroport, supermarchés et retraités nombreux) séduisent des expatriés en quête de “sea change” à budget contenu.
Le prix médian des maisons à Queenstown, en Tasmanie, l’une des zones les plus abordables de l’État.
Côte Est et petites villes balnéaires : beauté et contraintes
Sur la côte est, des villages comme St Helens (la plus grande ville de cette côte), Bicheno, Swansea ou Bridport sont parfois repérés par des expatriés séduits par leurs plages sublimes, leur climat plus ensoleillé – la côte est est surnommée “Sun Coast” – et leur ambiance de vacances permanentes. Mais ces zones souffrent souvent de services limités (absence de lycée ou d’hôpital, rares supermarchés se limitant à des IGA plus chers) et d’un marché du travail restreint, surtout hors tourisme et agriculture.
Les loyers et prix de l’immobilier y sont en outre plus élevés que dans l’ouest ou le nord-ouest : Bicheno, par exemple, tourne autour de 470 000 AUD de prix médian pour une maison, avec à peine 900 habitants. Ce sont donc des destinations idéales pour des expatriés autonomes professionnellement (télétravail, retraite, entrepreneurs du tourisme), mais plus délicates pour les familles dépendantes d’emplois salariés.
Exemples de prix médians dans quelques petites villes (ordre de grandeur)
| Ville / Région | Région de Tasmanie | Population approx. | Prix médian maison (AUD) | Secteurs économiques principaux |
|---|---|---|---|---|
| Huonville | Sud (Huon Valley) | ~2 500 | ~420 000 | Agriculture, tourisme, commerce |
| New Norfolk | Vallée de la Derwent | ~5 500 | ~465 000 | Santé, agriculture, tourisme |
| Deloraine | Centre | ~2 800 | ~545 000 | Arts, tourisme, agriculture |
| Devonport | Nord-Ouest | ~25 000 | ~385 000 | Commerce, santé, industrie |
| Burnie | Nord-Ouest | ~20 000 | ~340 000 | Industrie, agriculture, commerce |
| Bicheno | Côte Est | ~900 | ~470 000 | Tourisme, pêche, agriculture |
| Queenstown | Ouest | ~? (petite ville) | ~170 000 | Mines, tourisme |
| Rosebery | Ouest | — | ~188 000 | Mines, tourisme |
Coût du logement et arbitrages pour les expatriés
Dans l’ensemble de la Tasmanie, le logement est la principale variable d’ajustement pour un expatrié. L’État reste plus abordable que Sydney ou Melbourne, mais la pression immobilière s’est nettement accrue ces dernières années, avec une hausse moyenne des prix d’environ 5 % par an sur la décennie écoulée, et des loyers qui grimpent plus vite que les salaires.
À Hobart, les loyers d’un appartement d’une chambre en centre-ville varient entre 420 et 500 AUD par semaine, contre 300–400 AUD à Launceston, et 250–350 AUD dans des villes régionales comme Devonport ou Burnie. Une maison de trois chambres se loue souvent autour de 550–640 AUD à Hobart, et 480 AUD environ à Launceston.
Les factures d’électricité, d’eau et de gaz pour un logement standard en Australie s’élèvent généralement entre 150 et 250 AUD par mois.
Les expatriés doivent intégrer le fait que la vacance locative dans l’État est extrêmement basse (souvent entre 0,5 et 1,3 %). À Hobart, elle tombe autour de 0,4 %. Les biens à louer partent rapidement, parfois avant même la publication d’une annonce. Certaines agences exigent d’ailleurs une visite physique avant de pouvoir signer un bail, ce qui complique la location à distance. Une stratégie répandue consiste à réserver au départ un hébergement de type location de vacances ou appart’hôtel dans un quartier ciblé (par exemple Salamanca, Sandy Bay ou New Town à Hobart), puis à organiser des visites une fois sur place.
Le prix médian global d’un bien immobilier en Tasmanie est d’environ 572 000 AUD, avec un écart notable entre le nord et le sud de l’État.
Travail, visas et choix de région
Pour un expatrié, le choix d’un quartier ou d’une ville ne se fait pas sans tenir compte du marché de l’emploi et du cadre migratoire. La Tasmanie étant entièrement classée zone régionale, elle propose des voies privilégiées pour les visas de travail qualifié, notamment les visas Subclass 190 (Skilled Nominated) et 491 (Skilled Work Regional), assortis de points supplémentaires lorsque l’on est nominé par l’État.
Les secteurs en tension en Tasmanie sont la santé (médecins, infirmiers, dentistes), l’éducation (enseignants), le bâtiment, l’agriculture spécialisée et certaines fonctions d’ingénierie ou d’IT. Pour une priorité maximale dans certains parcours de nomination, un salaire annuel d’au moins 57 000 AUD peut être requis. Les opportunités d’emploi se concentrent davantage dans les villes comme Hobart et Launceston, ainsi que dans les centres régionaux comme Devonport et Burnie, plutôt que dans les petits bourgs côtiers ou les villages de l’intérieur.
Pour les travailleurs indépendants, les télétravailleurs ou les retraités, la carte est plus ouverte : le choix du quartier dépend alors plus fortement du budget, du style de vie recherché (ville, campagne, mer, montagne) et des services indispensables (accès à un hôpital, à des écoles pour les enfants, à une connexion internet fiable).
Conseils pratiques pour choisir son quartier en Tasmanie
Au-delà des chiffres, quelques éléments pratiques reviennent régulièrement dans les retours d’expérience d’expatriés :
Il est d’abord important d’évaluer honnêtement sa dépendance à certains services. Une famille avec jeunes enfants et sans voiture aura tout intérêt à privilégier un quartier urbain ou périurbain bien desservi, avec écoles, commerces et hôpital accessibles : par exemple, Sandy Bay, New Town, West Hobart, South Launceston, Newstead ou Riverside. À l’inverse, un couple de télétravailleurs sans enfant pourra envisager plus sereinement un village de la Huon Valley, Deloraine ou une petite ville de la côte nord.
Avant de s’installer, il est crucial d’évaluer le marché de l’emploi en Tasmanie. Bien que des opportunités existent dans des secteurs comme la santé, l’éducation, l’agriculture et le tourisme, le marché y est plus restreint que sur le continent australien. Il est fortement recommandé d’obtenir une offre d’emploi avant votre arrivée, ou à défaut, de définir une stratégie de recherche claire. Cette précaution est d’autant plus importante que certains types de visas exigent une durée d’emploi minimale sur place.
La question du transport ne doit pas être sous-estimée. L’île n’a ni trains ni tramways : l’essentiel des déplacements repose sur la voiture personnelle, les bus et, à Hobart, un service de ferry aux heures de pointe. Pour un expatrié non motorisé, habiter à distance de marche des commerces et des arrêts de bus devient critique, surtout en hiver. Des villes comme Hobart et Launceston restent très “walkable” dans leur centre, avec des temps de trajet moyens relativement faibles, ce qui compense en partie l’absence de rail.
L’accueil est chaleureux, mais l’intégration nécessite une démarche proactive. Pour tisser des liens, il est conseillé de s’installer dans des quartiers à forte vie locale comme Battery Point, North Hobart, Salamanca, Newstead, West Launceston, Devonport ou Penguin. Ces zones, avec leurs marchés, associations, cafés, clubs sportifs et maisons de quartier, facilitent les rencontres et l’immersion dans la communauté.
Conclusion : plusieurs Tasmanies pour plusieurs profils d’expatriés
Parler des quartiers les plus prisés par les expatriés en Tasmanie, ce n’est pas désigner un unique “hotspot” où tout le monde devrait s’installer, mais plutôt cartographier des profils de lieux adaptés à des projets de vie différents.
Hobart s’impose comme la destination de ceux qui veulent le meilleur accès aux emplois qualifiés, à la vie culturelle et aux services, avec des quartiers phares comme Battery Point, Salamanca, Sandy Bay, West Hobart, South Hobart et la Eastern Shore (Howrah, Bellerive, Lindisfarne, etc.), complétés par des options plus abordables au nord et à l’est (Moonah, Glenorchy, Rokeby, Risdon Vale).
Launceston est une ville financièrement accessible et de taille compacte, particulièrement attractive pour les familles et les télétravailleurs. Elle permet d’accéder à des maisons plus spacieuses, de très courts temps de trajet et bénéficie d’une bonne offre éducative. Les quartiers recommandés incluent Newstead, East Launceston, West Launceston, Trevallyn, Riverside, Legana et Norwood.
Les petites villes et régions – Huonville, New Norfolk, Deloraine, Devonport, Burnie, Penguin, Wynyard, St Helens, Bicheno, Queenstown ou Rosebery – constituent pour leur part un archipel de possibilités pour ceux qui misent sur un changement de vie radical, orienté nature, avec des coûts de logement nettement plus bas mais des services parfois limités.
Un quotidien où la nature est toujours à moins d’une heure de route, où les villes restent à taille humaine, où le temps de trajet n’absorbe pas la moitié de la journée et où, même dans les quartiers les plus urbains, le ciel nocturne rappelle que l’on vit bien sur une île au bout du monde. Pour les expatriés prêts à composer avec un marché du logement tendu et un tissu économique plus modeste, la Tasmanie offre une palette de quartiers à explorer, chacun incarnant cet équilibre entre travail et vie qui attire de nouveaux arrivants du monde entier.
Description de la Tasmanie pour les expatriés
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers la Tasmanie pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Australie continentale, Nouvelle-Zélande, Maurice, Portugal), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tasmanie pour son intégration au système australien (accord fiscal FR–AU, cadre juridique stable, sécurité) et son coût de vie inférieur à celui des grandes villes australiennes, offrant un environnement naturel préservé. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa long séjour adapté et de la résidence, couverture santé locale en complément de la CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, agents immobiliers) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), permettant des économies fiscales significatives et une meilleure diversification géographique du patrimoine.
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