S’installer en Tanzanie sans parler kiswahili, c’est un peu comme regarder un film en noir et blanc alors qu’il existe en couleurs. On peut s’en sortir en anglais, surtout dans les milieux professionnels ou touristiques, mais la vie quotidienne, les liens sociaux et même certaines opportunités de travail passent très clairement par la langue locale.
Le kiswahili est la lingua franca de la Tanzanie, parlée quotidiennement par plus de 90 % de la population. Langue officielle utilisée dans l’administration, l’éducation et les médias, elle unit plus de 120 groupes ethniques. Pour un expatrié, l’apprendre sérieusement est un investissement clé pour comprendre le pays, gagner le respect et éviter de rester confiné dans une bulle d’expatriés.
Cet article propose un tour d’horizon complet, mais concret : comment apprendre le kiswahili en Tanzanie, quelles méthodes choisir, quelles écoles et quels cours existent, quels outils en ligne utiliser, comment pratiquer avec des Tanzaniens, et comment éviter les pièges typiques de cette langue à la fois accessible et… piégeuse.
Pourquoi le kiswahili est la clé de votre intégration en Tanzanie
Le kiswahili est une langue bantoue, mais fortement marquée par l’arabe et, dans une moindre mesure, par des influences européennes. Il sert de langue de communication dans une large partie de l’Afrique de l’Est et centrale, bien au-delà de la Tanzanie. On l’entend en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, en RD Congo, au Mozambique, en Zambie, au Malawi ou encore aux Comores.
Dans la vie d’un expatrié en Tanzanie, cela se traduit très concrètement.
Plus qu’un outil de communication, un marqueur de respect
La plupart des Tanzaniens parlent au moins un peu d’anglais, surtout en ville et dans les milieux touristiques. Mais c’est le kiswahili qui structure les échanges de tous les jours : au marché, dans les dala-dala (minibus), au bureau, à l’église ou à la mosquée, dans les villages autour d’Arusha ou de Moshi, dans les ruelles de Stone Town à Zanzibar.
Faire l’effort de saluer en kiswahili, de demander un prix ou d’expliquer d’où l’on vient dans la langue locale change immédiatement la relation. Cela montre que l’on ne considère pas la Tanzanie comme un simple décor d’expatriation, mais comme un lieu où l’on veut vraiment vivre.
Les avantages sont immédiats :
– conversations plus chaleureuses, sourires plus spontanés
– informations plus fiables (on vous explique ce qu’un anglophone de passage ne saura jamais)
– respect accru, notamment de la part des aînés
– moindre exposition aux “prix mzungu” ou aux arnaques de base
On découvre aussi des réalités qu’on ne perçoit pas en anglais : les débats politiques à la radio en kiswahili, les chansons de bongo flava qui tournent partout, les plaisanteries dans les dala-dala, les discussions sur le prix du maïs ou le dernier match de foot.
Une langue plus accessible qu’il n’y paraît
Pour un francophone ou un anglophone, le kiswahili a plusieurs avantages :
– Alphabet latin, identique à l’anglais (sans les lettres q et x)
– Prononciation simple et phonétique : on lit comme on écrit, sans lettres muettes
– Pas d’articles (pas de “le, la, un, une”)
– Verbes très réguliers : la racine ne change pas, les informations grammaticales se placent par préfixes
Les voyelles (a, e, i, o, u) se prononcent toujours de la même façon et la langue n’est pas tonale, évitant ainsi de nombreux pièges typiques des langues africaines ou asiatiques.
Le département d’État américain estime à environ 900 heures l’effort nécessaire pour atteindre une vraie compétence en kiswahili pour un anglophone. Dans la pratique, un expatrié qui vit sur place, pratique tous les jours et s’organise un minimum peut acquérir un kiswahili courant bien plus vite.
Une grammaire trompeusement simple
Derrière cette apparente simplicité se cachent tout de même quelques casse-têtes fameux :
– Les classes nominales (18 familles de noms qui “tirent” l’accord sur les verbes, adjectifs, pronoms, etc.)
– Les nombreux systèmes de salutation et leurs réponses codifiées
– Des sons spécifiques comme ng’, dh, gh ou th (proches de l’arabe)
– Des mots très proches à l’oreille mais au sens différent
Beaucoup d’apprenants, y compris à l’université, butent sur ces points. La bonne nouvelle, c’est qu’en contexte, entouré de locuteurs natifs, on corrige plus vite ses erreurs qu’avec un manuel en Europe.
Comprendre le contexte culturel : saluer, c’est déjà parler
On ne peut pas parler d’apprentissage de la langue sans évoquer les codes sociaux, tant la politesse tanzanienne se joue en kiswahili.
La culture de la salutation
En Tanzanie, on ne “va pas droit au but”. Entrer dans une boutique et demander le prix immédiatement peut paraître brusque. On prend le temps de la formule, souvent en plusieurs étapes.
Quelques salutations de base structurent la journée :
| Expression | Usage principal |
|---|---|
| Jambo / Hujambo ? | Salut / Comment vas-tu ? (registre neutre) |
| Habari? | Littéralement “Quelles nouvelles ?” |
| Habari za asubuhi ? | Comment se passe le matin ? |
| Shikamoo | Salut très respectueux à un aîné |
| Marahaba | Réponse à Shikamoo |
| Mambo? / Vipi? | Salut informel, proche de “Ça va ?” |
| Poa / Safi / Freshi | Réponses informelles : “cool”, “nickel”, “tranquille” |
Pour un expatrié, mémoriser ces routines et les utiliser systématiquement fait une énorme différence, notamment dans les quartiers populaires ou les zones rurales.
Rituels sociaux et gestes à connaître
La langue et la gestuelle vont ensemble. Quelques règles souvent rappelées aux nouveaux arrivants :
En Tanzanie, la poignée de main se fait longuement et avec la main droite, la gauche étant considérée comme impure. Envers une personne plus âgée, il est poli de s’incliner légèrement ou de soutenir son coude droit avec la main gauche. Il faut éviter de pointer du doigt ; préférez indiquer avec le menton ou un geste discret. La tête, même celle d’un enfant, est une zone sacrée qu’il ne faut pas toucher. Avant d’entrer dans une maison, il est coutume de lancer ‘Hodi !’ pour annoncer sa présence. Enfin, demandez toujours la permission avant de photographier quelqu’un.
Dans la conversation, on évite les refus trop directs. Dire “Hapana” (“non”) sèchement peut sembler brutal ; les Tanzaniens préfèrent les réponses floues, l’humour ou le changement de sujet.
Apprendre la langue, c’est aussi apprendre à dire non sans le dire, à blaguer au bon moment, à complimenter un plat (Tamu sana !) ou à se plaindre de façon codée (Pole pole, hakuna matata).
Comment structurer son apprentissage en Tanzanie
Une fois sur place, tout ne dépend pas de la “bonne volonté”. Sans un minimum de structure, on se retrouve à baragouiner les mêmes dix phrases pendant des années. Or, l’offre est vaste : écoles locales, cours intensifs, applis, podcasts, tandems…
Cours sur place : écoles et centres de langue
Plusieurs acteurs sérieux proposent des cours de kiswahili en Tanzanie, souvent avec des formules adaptées aux expatriés.
Centres spécialisés à Dar es Salaam, Arusha, Zanzibar et Moshi
Des écoles comme KIU (Kiswahili na Utamaduni) à Dar es Salaam se sont spécialisées depuis des années dans la formation en kiswahili et culture locale. KIU, par exemple, se présente comme l’un des principaux prestataires du pays, avec près de deux décennies d’expérience et des supports pédagogiques développés en interne.
D’autres structures, comme Oxford Ms. Language Centre ou AFDAR, proposent aussi des cours de kiswahili à destination du public international :
| Établissement / formule | Contenu principal | Indication de prix (Tanzanie) |
|---|---|---|
| AFDAR – pack “survival” | 30 h de cours sur 10 semaines | ~300 000 TSH + adhésion + manuel |
| Oxford Ms. – cours régulier | 12 h / mois (2 x 1h30 par semaine) | ~180 000 TSH / mois, ~500 000 TSH / trimestre |
| Oxford Ms. – cours intensif | 24 h / mois (3 x 2h par semaine) | ~250 000 TSH / mois, ~700 000 TSH / trimestre |
| Écoles privées (moyenne groupe) | Cours en petits groupes (8–12 personnes) | 4–6 USD / h |
| Cours individuels locaux | One-to-one avec un formateur tanzanien | ~10 USD / h |
On trouve des cours à Dar es Salaam, mais aussi à Arusha (capitale des safaris), à Moshi (au pied du Kilimandjaro) ou à Zanzibar (Stone Town notamment). Certaines structures travaillent surtout avec des ONG, entreprises, missionnaires ou volontaires.
Programmes intensifs académiques
Certains programmes vont plus loin, avec une immersion linguistique et académique complète. C’est le cas de cours semestriels gérés par des institutions internationales en partenariat avec des centres de formation tanzaniens, notamment dans la région d’Arusha.
Un exemple typique de structure de programme comprend généralement une section d’en-tête avec les déclarations d’importation, une partie de déclaration des variables et des constantes, le corps principal avec la logique d’exécution, et enfin une zone de nettoyage ou de retour de résultat. Cette organisation permet une meilleure lisibilité, maintenance et modularité du code.
– Environ 20 heures de cours par semaine
– 12 heures hebdomadaires de grammaire et conversation (lundi–mercredi)
– 4 heures d’histoire de la Tanzanie (jeudi ou vendredi)
– 4 heures de littérature swahilie (jeudi ou vendredi)
– 4 heures hebdomadaires de conversation avec un binôme tanzanien
– Devoirs quotidiens, tests hebdomadaires, examens oraux et écrits mi-semestre et finaux
– Rédaction d’une newsletter hebdomadaire en kiswahili sur l’actualité tanzanienne
– Présentation en kiswahili d’un mémoire de recherche à la fin du semestre
Ce type de formule vise un niveau de compétence élevé (jusqu’à un niveau “supérieur” dans un contexte culturellement approprié) et convient surtout aux étudiants, chercheurs ou professionnels en congé de formation.
Cours privés avec tuteurs : en ligne ou sur place
Pour un expatrié avec un emploi à plein temps, des obligations familiales ou des déplacements fréquents, les cours individuels offrent souvent le meilleur compromis.
Des plateformes comme italki, Preply, Verbling ou TUTOROO permettent de trouver des enseignants de kiswahili, souvent basés en Tanzanie ou au Kenya, avec un large éventail de profils. Les tarifs varient globalement entre 10 et 30 USD de l’heure, avec de nombreux tuteurs proposant des cours d’essai à prix réduit.
Les profils sont très divers :
Notre équipe pédagogique est composée exclusivement de professionnels qualifiés et expérimentés, garantissant un apprentissage de haute qualité adapté à vos objectifs.
Professeurs certifiés par le Conseil National du Kiswahili (BAKITA) en Tanzanie, assurant un enseignement standardisé et reconnu.
Enseignants titulaires d’une licence ou d’un master en Kiswahili, maîtrisant parfaitement la langue et sa pédagogie.
Instituteurs et professeurs de secondaire expérimentés dans l’enseignement aux enfants et aux adolescents.
Experts en Kiswahili des affaires, préparation d’examens ou langue pour le tourisme, pour un apprentissage ciblé.
Pour un expatrié installé en Tanzanie, ces tuteurs peuvent intervenir en ligne, mais aussi parfois en présentiel, selon la ville. Beaucoup sont habitués à cibler des objectifs précis : préparation à un poste en ONG, besoin de kiswahili pour le travail communautaire, cours pour conjoints ou enfants d’expatriés.
Écoles locales de kiswahili pour étrangers
Des structures tanzaniennes se sont spécialisées dans l’accueil de publics étrangers. Certaines, comme Amani Hostel à Arusha, combinent cours de langue et programmes de volontariat. On y trouve :
– cours intensifs (30, 45 ou 60 heures sur 2 à 4 semaines)
– modules ajoutés à un projet de volontariat (14, 30 ou 60 heures)
– leçons en petits groupes ou individuellement
D’autres organisations, telles qu’ANGONET à Arusha, proposent des cours de kiswahili pour étrangers assortis de séjours en famille d’accueil, facturés à la journée (hébergement et petit-déjeuner inclus) avec certificat à la clé pour les programmes d’au moins deux à trois semaines.
Ce type de formule est particulièrement adapté aux nouveaux arrivants qui veulent à la fois progresser vite en langue et comprendre la réalité sociale locale.
Ressources numériques : apps, podcasts et outils en ligne
Même en vivant en Tanzanie, il serait dommage de se priver de l’arsenal numérique qui existe pour le kiswahili. Beaucoup de ressources sont pensées pour un usage à distance, mais deviennent redoutablement efficaces lorsqu’on peut les “tester” le soir même au marché.
Applications de langue : du vocabulaire à la conversation
Parmi les nombreuses applis disponibles, plusieurs se distinguent pour le kiswahili.
Quelques options utiles pour un expatrié :
| Outil | Atout principal | Idéal pour |
|---|---|---|
| Duolingo | Leçons gamifiées, gratuites | Démarrage ludique, routine quotidienne courte |
| Ling App | Travail explicite des classes nominales, chatbot | Approche structurée de la grammaire |
| SwahiliPod101 (app + web) | Audio/vidéo + notes de grammaire + culture | Mix complet cours + pratique d’écoute |
| Drops / uTalk | Apprentissage de vocabulaire visuel et thématique | Mémoriser mots/phrases utiles pour le terrain |
| Language Transfer | Cours audio gratuit sur la “logique” du kiswahili | Comprendre en profondeur comment la langue fonctionne |
| Pimsleur | Méthode audio centrée sur l’oral | Conduite, footing, temps de trajet |
| Mango Languages | Leçons structurées + notes culturelles | Apprentissage guidé, progression graduée |
| Anki / Memrise | Cartes mémoire à répétition espacée | Fixer durablement vocabulaire et phrases |
| HelloTalk / Tandem | Échanges avec natifs par chat et audio | Conversation informelle avec Tanzaniens |
Pour un expatrié déjà sur place, une combinaison particulièrement efficace consiste souvent à :
– suivre un cours en présentiel ou avec un tuteur en ligne deux à trois fois par semaine
– utiliser une appli (Duolingo, Ling App, Mango) 10 à 20 minutes par jour pour la révision
– compléter par Anki ou Memrise pour consolider le vocabulaire rencontré dans la vraie vie
Podcasts et radio : habituer son oreille au rythme tanzanien
Les podcasts sont un outil sous-exploité, alors qu’ils s’adaptent très bien à un quotidien d’expatrié (trajets, salle de sport, cuisine).
On trouve deux grandes familles de contenus :
– 1. Podcasts pédagogiques pour apprenants
– SwahiliPod101 (format podcast + plateforme membre)
– Learn Swahili with LinguaBoost (leçons centrées sur 6 à 8 phrases par épisode)
– One Minute Swahili (phrases ultra-courtes pour débutants)
– Language Transfer (longue série audio de fondation grammaticale)
– 2. Contenus authentiques en kiswahili standard
– BBC Swahili (journaux radiophoniques, dossiers hebdomadaires, produits depuis Dar es Salaam)
– VOA Swahili, RFI Kiswahili, SBS Swahili, AWR Kiswahili (actualités, sujets société, religion)
– Émissions de conversation comme Salama Na, très populaires en Tanzanie
Un usage stratégique pour progresser rapidement :
– Écouter un épisode court une première fois sans pause, juste pour le rythme
– Le réécouter en notant quelques mots-clés récurrents
– Réécouter en pause/lecture et pratiquer la “shadowing technique” (répéter juste après le locuteur)
Une pratique régulière de l’écoute améliore la compréhension des accents locaux et aide à surmonter la difficulté liée à la vitesse de parole et à la richesse du vocabulaire des locuteurs natifs.
Plateformes gratuites et matériel en libre accès
Plusieurs projets mettent en ligne des ressources de haute qualité, parfois issues de matériels conçus pour des diplomates ou des universités :
– Foreign Service Institute (FSI) : cours et audio téléchargeables (un peu datés, mais très complets)
– Live Lingua Project : anciens manuels et enregistrements de cours américains
– BBC Languages (archives de guides kiswahili avec audio)
– OPLingo : dizaines d’activités de compréhension orale, avec une dimension solidaire (financement d’une école en Tanzanie)
– 2Seeds Swahili : blog de grammaire, fiches et exercices
– Global Language Online Support System : exercices structurés de compréhension et vocabulaire
Ces ressources sont particulièrement utiles pour apprendre à lire et à écrire, ou pour préparer des examens de compétence.
Apprendre avec les Tanzaniens : tandems, homestays et volontariat
La Tanzanie offre un terrain d’immersion unique : ubiquité du kiswahili, bonne volonté des locuteurs pour aider un étranger, et grande diversité de contextes (urbain, rural, touristique, académique).
Langue en échange : Tandem, MyLanguageExchange et autres
Des plateformes d’échange linguistique comme Tandem ou MyLanguageExchange comptent de nombreux utilisateurs tanzaniens, notamment à Dar es Salaam et Dodoma. Les profils sont variés : étudiants, journalistes, guides touristiques, professionnels de la santé, entrepreneurs…
Pour un expatrié, cela peut se traduire par : de nouveaux défis professionnels et personnels, l’adaptation à une culture différente, et le développement de compétences interculturelles.
– conversations hebdomadaires en visioconférence ou en face-à-face
– échanges “kiswahili contre français/anglais”
– amitiés qui ouvrent la porte à des invitations dans des familles, des villages, des événements
Apprendre le swahili en Tanzanie permet de sortir du cercle des expatriés et des collègues, et offre une immersion authentique pour découvrir la manière de penser des Tanzaniens issus de milieux très variés.
Familles d’accueil et colocations
Des organisations comme ANGONET ou certaines écoles (Amani Hostel, centres de langue à Arusha ou Zanzibar) proposent des séjours en famille d’accueil. Le principe est simple :
– hébergement chez l’habitant, souvent avec petit-déjeuner et parfois d’autres repas
– présence d’au moins un membre de la famille parlant kiswahili standard
– échanges quotidiens autour des repas, des tâches domestiques, des sorties
Cette formule accélère significativement l’apprentissage, notamment pour les salutations, le vocabulaire du quotidien (maison, repas, émotions). Elle permet également de se confronter à des situations pratiques réelles, comme négocier au marché, gérer une panne de courant ou commenter l’actualité.
Volontariat et travail communautaire
Beaucoup de programmes de volontariat en Tanzanie incluent une composante “cours de kiswahili” :
– sessions de langue incluses dans l’orientation des volontaires (par exemple à Arusha)
– chantiers éducatifs, environnementaux ou sociaux où la langue de travail quotidienne est le kiswahili
Pour un expatrié déjà sur place, rejoindre ponctuellement un projet local, un club, une église, une association sportive est également un excellent moyen de pratiquer. L’important est de résister à la tentation de basculer constamment en anglais, surtout avec les jeunes, souvent bilingues.
Les principaux obstacles… et comment les contourner
Les recherches sur l’enseignement du kiswahili en Afrique de l’Est pointent un certain nombre de difficultés récurrentes chez les apprenants, qui se retrouvent largement chez les expatriés.
Les classes nominales et l’accord : le mur classique
Le kiswahili repose sur un système de classes nominales, qui déterminent les préfixes sur le verbe, l’adjectif, le pronom, etc. Selon les analyses, il existe entre 6 et 18 classes.
Quelques exemples connus :
| Singulier | Pluriel | Sens |
|---|---|---|
| mtu | watu | personne(s) |
| mgeni | wageni | invité(s), étranger(s) |
| mji | miji | ville(s) |
Chaque classe entraîne des accords spécifiques dans la phrase. C’est souvent l’aspect jugé le plus ardue par les non-natifs. Les erreurs typiques concernent :
– mauvais préfixes sur les verbes
– adjectifs qui ne “suivent” pas la bonne classe
– pronoms mal accordés
Pour y faire face, plusieurs stratégies se révèlent efficaces :
Pour maîtriser les classes nominales en swahili, il est recommandé d’utiliser un manuel de grammaire conçu pour les apprenants, comme *Swahili Grammar for Introductory and Intermediate Levels* ou *Swahili Made Easy* de Safari. Travaillez les classes une par une en vous aidant de listes thématiques, par exemple avec *Tujifunze Kiswahili* qui aborde des thèmes comme la famille, la nourriture ou les voyages. Enfin, pratiquez régulièrement à l’oral et sollicitez des corrections actives d’un tuteur ou d’un partenaire linguistique.
La prononciation et les homophonies
Même si le système phonétique est simple, certains sons posent problème :
– ng’ au début de mot (comme dans ng’ombe, vache)
– dh, gh, th proches des sons arabes
– groupes consonantiques inhabituels pour un francophone
À cela s’ajoutent des mots très proches à l’oreille mais de sens différent, qui provoquent des malentendus s’ils sont mal articulés ou accentués.
D’où l’importance :
Pour progresser efficacement, il est recommandé de s’exposer à des sources audio natives comme des podcasts ou les plateformes Pimsleur et SwahiliPod101, et de vérifier la prononciation des mots isolés sur Forvo. La pratique du shadowing (répétition active) est également essentielle. En situation réelle, n’hésitez pas à demander à votre interlocuteur de répéter plus lentement en utilisant la phrase : ‘Tafadhali, rudia pole pole’.
Le décalage entre langue standard et usages locaux
En Tanzanie même, on rencontre : les grands parcs nationaux, une faune exceptionnelle, des paysages variés et des cultures riches.
– un kiswahili relativement standard dans les médias nationaux, l’administration, l’école
– des variantes régionales, par exemple à Zanzibar où l’influence arabe est plus forte
– des mélanges fréquents avec l’anglais et d’autres langues, parfois surnommés Kiswanglish
Certains supports d’apprentissage (anciens manuels, cours FSI, etc.) contiennent un vocabulaire daté ou trop Kenya-centré. D’où l’intérêt, pour un expatrié en Tanzanie, de :
– choisir si possible des ressources conçues ou validées par des tanzaniens (certains tuteurs sont certifiés BAKITA)
– vérifier sur le terrain que les expressions apprises sont bien comprises et naturelles
– écouter les médias locaux tanzaniens (BBC Swahili depuis Dar, radios de Tanzanie, chaînes YouTube locales)
Choisir ses ressources écrites : manuels, dictionnaires, littérature
Même à l’ère des applis, un ou deux bons ouvrages papier ou PDF changent profondément la qualité de l’apprentissage, surtout pour la grammaire et l’écriture.
Manuels de référence et grammaires
Plusieurs ouvrages sont largement recommandés pour structurer l’étude :
| Titre (en anglais) | Contenu principal |
|---|---|
| Swahili: A Foundation for Speaking, Reading, and Writing | Vocabulaire, prononciation, grammaire, dialogues, exercices |
| Simplified Swahili (Peter M. Wilson) | 66 chapitres, >1000 mots, grammaire + exercices avec corrigés |
| Swahili Grammar for Introductory and Intermediate Levels | Grammaire détaillée avec dialogues et exercices |
| Swahili Grammar and Workbook (F. Mpiranya) | Explications grammaticales + exercices (sans corrigés) |
| Swahili Made Easy: A Beginner’s Complete Course (J.F. Safari) | 2 parties, nombreuses leçons et exercices + corrigés |
Beaucoup de ces titres sont utilisés dans les universités et s’adressent aussi bien aux apprenants autonomes qu’aux étudiants.
Dictionnaires et outils lexicaux
Au-delà de Google Translate, utile mais parfois approximatif, des dictionnaires spécialisés existent :
– Kamusi ya Kiswahili Sanifu (dictionnaire monolingue de référence, par l’Institut de recherche sur le kiswahili)
– Swahili-English/English-Swahili Practical Dictionary (Nicholas Awde, plus de 35 000 entrées)
– Essential Swahili Dictionary (série Teach Yourself)
En pratique, combiner :
– un dictionnaire bilingue fiable (papier ou PDF)
– un outil comme Forvo pour l’audio des mots isolés
– des cartes Anki avec exemples de phrases
Cette méthode permet de renforcer et d’ancrer solidement le vocabulaire dans la mémoire à long terme.
Lire en kiswahili : romans, presse, jeunesse
Pour les expatriés qui veulent s’ancrer durablement, la lecture est un levier puissant. On trouve :
– des romans contemporains en kiswahili (Utengano, Kisima cha Giningi, Dunia Yao)
– des recueils de contes et d’histoires pour enfants (Hekaya za Abunuwasi, Hadithi za Esopo, etc.)
– la presse et des blogs locaux, souvent plus accessibles que les romans au début
Commencer par des livres jeunesse ou des bandes dessinées permet de lire vite avec un vocabulaire courant, tout en s’imbibant de références culturelles.
Tester son niveau et viser un examen… ou pas
Certains expatriés ont intérêt à valider officiellement leur niveau de kiswahili : étudiants en échange, travailleurs d’ONG, diplomates, enseignants.
Tests et certifications
Plusieurs organismes proposent des évaluations standardisées :
– Avant STAMP WS : test en ligne centré sur l’écrit et l’oral, pour adolescents et adultes
– Lugha Tests : série de tests thématiques (conversation, lecture, vocabulaire, compréhension…)
– Tests de niveau en ligne alignés sur les échelles ACTFL ou CECR (par exemple via 17 Minute Languages, ou tests indépendants)
Les frais pour les examens de compétence en swahili en Afrique de l’Est varient généralement entre 50 et 150 USD.
Pour un expatrié, passer un test ou un examen a plusieurs intérêts :
– disposer d’un document vérifiable à présenter à un employeur ou une université
– fixer un objectif clair (par exemple atteindre un niveau “intermédiaire haut” en deux ans)
– structurer sa préparation (grammaire, compréhension orale, expression écrite et orale)
Préparer un examen : stratégie efficace
Les recommandations convergent :
Pour réussir le Test de Connaissance du Français (TCF), il est crucial de : comprendre précisément le format (types d’épreuves, durée, critères d’évaluation) ; travailler la grammaire de manière ciblée (classes nominales, conjugaison, structure de phrase) ; écouter régulièrement radios et podcasts pour habituer l’oreille ; lire la presse, articles et courts textes pour enrichir vocabulaire et tournures ; s’entraîner à écrire des textes courts (e-mails, récits, résumés) et les faire corriger ; pratiquer la prise de parole en conditions quasi réelles avec un tuteur ou un partenaire ; et enfin, réaliser des tests blancs chronométrés pour se familiariser avec les contraintes de l’examen.
Même si l’on ne vise pas un diplôme, suivre cette logique permet d’atteindre une vraie autonomie linguistique.
Construire un plan réaliste comme expatrié en Tanzanie
Beaucoup d’expatriés commencent avec enthousiasme… puis se laissent rattraper par le travail, la famille, les voyages. Le secret n’est pas la perfection, mais la régularité.
Exemple de feuille de route sur six mois
Imaginons un nouvel arrivant à Dar es Salaam ou Arusha, avec un travail à plein temps et une famille.
– Inscription à un cours en groupe (2 soirs par semaine) ou 2 séances individuelles en ligne
– Utilisation quotidienne d’une appli (10–15 minutes)
– Objectif : maîtriser les salutations, se présenter, se déplacer, faire des achats simples
– Rejoindre un tandem (via Tandem/MyLanguageExchange ou un contact local) une fois par semaine
– Ajouter 1 podcast pédagogique et 1 journal radio court par semaine
– Commencer un cahier de vocabulaire issu du terrain (mots entendus au marché, au travail, à l’église)
– Travailler la grammaire plus en profondeur avec un manuel (classes nominales, temps verbaux)
– Lire chaque semaine un court article en kiswahili (presse, blog, fiche d’ONG)
– Fixer un objectif mesurable : tenir 10 minutes de conversation continue sans basculer en anglais, ou écrire une page sur son travail en Tanzanie
La clé pour progresser est d’intégrer la langue dans la vie de tous les jours. Cela peut se faire en changeant l’interface de son téléphone, en suivant une chaîne YouTube en kiswahili, ou en prenant cinq minutes pour discuter avec le gardien ou la vendeuse à chaque occasion.
Tirer parti des spécificités tanzaniennes
La Tanzanie présente un avantage rarement souligné : la grande majorité des locuteurs sont des “non-natifs” de naissance (leur première langue est souvent celle de leur ethnie), qui ont eux-mêmes appris le kiswahili à l’école ou dans la rue. Résultat, ils :
– sont plus patients avec les erreurs
– comprennent les difficultés d’un apprenant
– ont l’habitude de simplifier ou de réexpliquer
Pour un expatrié, l’environnement est très favorable à l’apprentissage. Accepter de faire des erreurs, demander des corrections et répéter les formules entendues permet souvent de progresser plus vite que prévu.
Et après ? De la survie à la nuance
Au bout d’un an ou deux, beaucoup d’expatriés se retrouvent à un niveau “intermédiaire confortable” : ils gèrent les courses, les transports, les discussions de base au travail, les conversations avec les collègues. C’est déjà énorme.
Mais le kiswahili offre encore bien plus : humour, jeux de mots, poésie, débats politiques, musique, littérature, références religieuses, proverbes. C’est là que la langue devient non seulement utile, mais passionnante.
Continuer à progresser peut alors passer par :
Pour approfondir la maîtrise du kiswahili et la compréhension de la culture tanzanienne, plusieurs activités sont recommandées : la lecture d’œuvres de littérature swahilie, des discussions approfondies avec des amis tanzaniens sur l’histoire du pays, les tensions politiques et les enjeux religieux, la participation à des cours de littérature ou de culture swahilie dans une université locale, et l’écriture régulière de textes personnels (comme un journal, un blog ou un témoignage) en kiswahili.
Au final, apprendre le kiswahili en Tanzanie n’est pas un simple « plus » sur un CV ou un gadget touristique. C’est une manière de prendre au sérieux le pays dans lequel on a choisi de vivre, de partager un peu du quotidien de celles et ceux qui l’habitent, et de ne plus être seulement un mzungu de passage.
Avec des méthodes adaptées, les ressources aujourd’hui disponibles et le formidable terrain d’immersion qu’offre la Tanzanie, cet objectif est à portée de main pour tout expatrié prêt à s’y engager, même avec peu de temps chaque jour. Pole pole, pas à pas, la langue finit par devenir un espace familier – et c’est alors toute la Tanzanie qui change de visage.
Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale vers la Tanzanie pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités, délocalisation, structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, Tanzanie), la stratégie retenue vise la Tanzanie pour son coût de vie très inférieur à la France (Dar es Salaam ou Arusha nettement moins chers que Paris), ses opportunités immobilières touristiques (Zanzibar, littoral) et la possibilité de structurer les revenus en combinant résidence locale et structures européennes. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑TZ), obtention du titre de séjour (visa long séjour, permis de résidence), organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours hors de France, centre d’intérêts économiques), et mise en relation avec un réseau local francophone/anglophone pour l’intégration et la restructuration patrimoniale.
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