Les différences culturelles à connaître avant de s’expatrier aux îles Salomon

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux îles Salomon, ce n’est pas seulement changer de pays, c’est basculer dans un univers où la communauté prime sur l’individu, où la parole circule autrement, où la terre n’appartient jamais tout à fait à une personne seule et où la notion de temps ne se vit pas comme dans les grandes métropoles occidentales. Comprendre ces codes n’est pas un simple « plus » pour expatrié curieux, c’est une condition de base pour s’intégrer, éviter les faux pas et, surtout, gagner la confiance de ses interlocuteurs.

Bon à savoir :

L’archipel du Vanuatu présente une grande diversité culturelle dans ses langues et coutumes. Cependant, des valeurs unificatrices structurent la société : l’importance de la famille élargie, le respect du *kastom* (la coutume), l’influence du réseau social des *wantok*, la place centrale de la religion chrétienne, le profond respect pour la terre et la mer, et un mode de communication souvent indirect.

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Un archipel de cultures : cadre général à apprivoiser

S’expatrier aux îles Salomon, c’est entrer dans un « puzzle » de sociétés très différentes. La majorité de la population est d’origine mélanésienne, mais des communautés polynésiennes, micronésiennes, chinoises et européennes sont également présentes. Plus de 80 % des habitants vivent en zones rurales, dans des villages souvent éloignés, sans infrastructures modernes complètes. Le contraste entre Honiara, la capitale, et les régions est frappant : en ville, accès plus régulier à l’électricité, aux télécommunications et à une communauté expatriée structurée ; en province, une vie largement organisée autour de l’agriculture vivrière, de la pêche et de la forêt.

Exemple :

Aux Îles Salomon, la communication est marquée par une mosaïque linguistique. L’anglais est la langue officielle, utilisée dans l’administration et le monde professionnel. Cependant, la langue véhiculaire quotidienne est le Pijin, un créole à base anglaise enrichi de termes locaux. Cette diversité s’étend à plus de 70 langues autochtones, souvent parlées au sein de communautés restreintes. Pour un expatrié, une simple réunion peut ainsi mêler anglais, Pijin et une langue locale, particulièrement lorsque les discussions portent sur des sujets comme la terre, la famille ou les coutumes traditionnelles (*kastom*).

Dans ce contexte, l’individu isolé n’a pas le même statut que dans des cultures plus individualistes. La personne est quasiment indissociable de son clan (laen), de sa famille élargie et de son réseau de wantok. Cela influence tout : la manière de prendre une décision, de recruter, de régler un conflit, de partager de la nourriture ou de l’argent.

Quelques repères chiffrés pour situer le pays

Le tableau suivant aide à se faire une idée générale de la société que découvre un expatrié :

AspectDonnées clés (ordre de grandeur)
Population totaleEnviron 550 000 à 700 000 habitants
Part de la population ruralePlus de 77–85 %
Part de la population chrétienneEnviron 90–97 %
Nombre de langues localesPlus de 70
Langue officielleAnglais
Langue véhiculaire principaleSolomon Islands Pijin
Part des moins de 30 ansEnviron deux tiers de la population
Espérance de vie moyenneAutour de 73 ans
Taux d’usage du mobileEnviron 78 % de la population possède un téléphone
Utilisateurs d’InternetEnviron 12 % (avec une progression rapide)

Ces chiffres montrent un pays jeune, largement rural, fortement religieux et multilingue, où les technologies mobiles progressent plus vite que les infrastructures lourdes.

Kastom et wantok : deux clés pour comprendre la société

Pour tout expatrié, deux notions sont incontournables : kastom et wantok. Sans elles, il est presque impossible d’interpréter correctement les comportements, les attentes et les non-dits.

Kastom : la coutume comme colonne vertébrale

Le terme kastom désigne l’ensemble des pratiques, traditions, rituels, règles de comportement et façons d’organiser la vie sociale transmises de génération en génération. Il concerne tout : la propriété foncière, les cérémonies, les règles de mariage, la résolution des conflits, les tabous sur certains lieux, la place des sexes, l’alimentation, les liens avec les ancêtres.

80

Plus de 80 % du territoire est sous régime coutumier, où la terre est détenue collectivement par des clans ou familles étendues.

Le kastom régit aussi la vie rituelle. Certains sites sont sacrés, d’autres sont tabu (interdits) aux non-initiés ou à un sexe en particulier. Dans certaines zones, même aujourd’hui, un visiteur peut devoir respecter des règles très précises, voire surprenantes pour un regard occidental. L’important pour l’expatrié est d’accepter que ces normes ont leur propre cohérence et d’éviter de les juger à l’aune de ses repères.

Wantok : le réseau d’obligations qui structure tout

Le mot wantok signifie littéralement « one talk » – « ceux qui parlent la même langue ». En pratique, il désigne un système de solidarité et de devoir mutuel entre personnes liées par la langue, le village d’origine ou la parenté. Un wantok vous aide en cas de difficulté, vous héberge, vous prête de l’argent, vous ouvre un réseau professionnel. En retour, vous avez l’obligation morale de rendre service, parfois de manière très coûteuse en temps, en argent ou en biens.

Attention :

Pour l’expatrié, le système de solidarité wantok est à la fois une ressource sociale et une source de malentendus. Dans le contexte professionnel, il peut influencer les décisions de recrutement, de promotion et de répartition des tâches. Dans la vie quotidienne, il explique à la fois la grande générosité observée dans les communautés villageoises et les pressions financières potentielles, où un salarié peut être régulièrement sollicité par sa famille élargie au point de compromettre son budget personnel.

Un chiffre illustre l’importance de cette dimension relationnelle dans la sphère professionnelle : une étude menée par l’Université du Pacifique Sud a montré qu’environ 68 % des employeurs privilégient l’« adéquation culturelle » par rapport aux compétences techniques lors de l’embauche. Autrement dit, être capable de s’insérer harmonieusement dans un environnement marqué par le kastom et le wantok compte souvent plus que la maîtrise parfaite d’un logiciel ou d’une méthode.

Hiérarchies, genre et famille : un ordre social à décrypter

La société des îles Salomon est généralement hiérarchisée et patriarcale. L’expatrié doit en tenir compte, à la fois pour comprendre les rapports au travail et pour saisir certaines tensions contemporaines.

Respect des aînés et des autorités

Le respect envers les aînés, les chefs et les figures d’autorité est un pilier culturel. Dans la famille comme au travail, remettre ouvertement en cause une personne plus âgée ou hiérarchiquement supérieure est mal vu. Les décisions se prennent souvent « d’en haut », même si des consultations sont possibles en amont.

Dans le monde professionnel, cela signifie que les employés hésitent à contredire un supérieur en réunion, surtout devant d’autres. Le désaccord se manifeste plutôt de manière indirecte ou dans des espaces privés. Pour un manager expatrié, adopter un ton respectueux, utiliser correctement les titres (Monsieur, Madame, mais aussi « Chief », « Uncle » ou « Aunty » dans certains contextes) et éviter l’humiliation publique d’un collaborateur sont des réflexes indispensables.

Patriarcat, rôles de genre et violences

Les îles Salomon restent marquées par des rôles de genre très traditionnels. Les hommes sont souvent considérés comme chefs de famille et figures d’autorité, tandis que les femmes sont assignées en priorité aux tâches domestiques et au soin des enfants. Les espaces de sociabilité sont, de fait, souvent séparés : les femmes entre elles, les hommes entre eux.

Astuce :

Cette organisation s’accompagne de fortes inégalités. Les femmes sont nettement moins présentes dans l’emploi rémunéré, sous-représentées dans les postes de direction publique ou privée et gagnent en moyenne beaucoup moins que les hommes. Leur accès à l’éducation secondaire est plus fragile, notamment en raison de la priorité accordée aux tâches domestiques et des inquiétudes liées à la sécurité pour les études loin du village.

Plus grave encore, la violence basée sur le genre est très répandue, avec des taux parmi les plus élevés au monde. De nombreuses femmes rapportent des expériences de violence physique ou sexuelle, souvent justifiées socialement comme moyen de « discipline ». Beaucoup considèrent encore les violences conjugales comme une affaire privée, ce qui freine leur dénonciation. Des lois de protection existent, mais les services d’aide restent concentrés à Honiara et peu accessibles aux femmes rurales.

Contexte social et égalité des genres

Pour les expatriés dans les secteurs sociaux, de santé, d’éducation ou du développement, comprendre les dynamiques de genre est essentiel pour une action respectueuse et efficace.

Prise de conscience nécessaire

Prendre conscience des réalités sociales et des normes de genre, sans porter de jugement simpliste, est une étape fondamentale pour tout professionnel expatrié.

Facteurs d’influence

Ces réalités s’inscrivent dans un ensemble complexe de normes sociales, de contraintes économiques et de représentations traditionnelles du pouvoir masculin.

Moteurs du changement

Ces modèles sont aujourd’hui contestés et évoluent grâce aux politiques nationales pour l’égalité, aux actions des ONG locales et aux initiatives communautaires.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu simplifié de certaines inégalités de genre :

DomaineSituation observée
Accès à l’emploi rémunéréLes femmes sont moitié moins susceptibles que les hommes d’avoir un emploi payé
Inégalités salarialesRevenu annuel moyen environ 37 % plus bas pour les femmes
Leadership publicEnviron 5 % des postes supérieurs de la fonction publique occupés par des femmes
Représentation politiquePart très faible de femmes au Parlement national
Travail domestiqueMajoritairement assumé par les femmes, peu partagé avec les hommes

S’expatrier aux îles Salomon implique donc de naviguer dans un environnement où l’égalité de genre est un enjeu émergent, pas une réalité installée. Adopter une attitude respectueuse, soutenir les dynamiques locales de changement et éviter d’imposer brutalement des normes importées sont des équilibres délicats mais nécessaires.

Communiquer sans se tromper : l’art de l’indirect

Pour beaucoup d’expatriés, le choc culturel le plus concret se manifeste dans la façon de communiquer. Aux îles Salomon, la priorité donnée à l’harmonie du groupe, au respect des aînés et à la politesse produit un style de communication souvent très indirect, surtout lorsqu’il s’agit de critique, de désaccord ou de mauvaises nouvelles.

Éviter le conflit ouvert

Dans la vie professionnelle comme sociale, les confrontations frontales sont évitées. Dire « non » clairement peut être perçu comme agressif ou humiliant. Une personne pourra donc acquiescer en apparence, même si elle n’est pas d’accord ou si elle sait qu’elle ne pourra pas tenir un engagement. Cela vaut pour un salarié qui accepte une mission irréaliste comme pour un interlocuteur communautaire qui ne veut pas dire non à un projet, mais ne compte pas lui donner suite.

Bon à savoir :

Dans certaines cultures, la critique ou le désaccord s’expriment souvent de manière indirecte, par des silences, des proverbes, des anecdotes ou l’intermédiaire d’un tiers de confiance. Une longue pause en négociation peut signifier un désaccord poli ou une réflexion profonde, et non une simple hésitation. Une écoute attentive et du temps sont nécessaires pour interpréter correctement ces signaux non verbaux et ces détours narratifs.

Le poids du non-verbal et du récit

Le ton de la voix, l’expression du visage, la posture, les regards détournés ou insistants peuvent signifier bien plus que les mots prononcés. Dans une culture qui s’appuie fortement sur une tradition orale multiséculaire, la manière de raconter compte presque autant que le contenu factuel. Les histoires, métaphores, récits de vie servent à transmettre des messages, à convaincre, à enseigner.

Exemple :

Pour un expatrié, présenter un projet sous forme de récit (expliquer son impact sur une communauté, partager une histoire de succès, utiliser des images simples) suscite plus d’adhésion qu’une communication basée uniquement sur des chiffres ou des injonctions, qui peut être perçue comme froide ou arrogante.

Langues, Pijin et codes de politesse

Maîtriser quelques expressions en Pijin est un atout considérable pour briser la glace et montrer un effort d’intégration. Dire « Yu orait ? » pour demander si quelqu’un va bien, « Gud moning » pour saluer le matin, « Tankiu tumas » pour remercier chaleureusement, « No wari » pour rassurer, ou « Mi sori » pour s’excuser facilite les interactions et dédramatise certains malentendus.

Dans l’ensemble, l’écoute patiente est mieux vue que la parole abondante. Couper la parole à un aîné, élever la voix, adopter un ton trop tranchant nuisent au climat relationnel. Accepter les silences, laisser le temps aux personnes d’exprimer leurs idées, repérer les signaux non verbaux sont des compétences sociales centrales pour toute personne venant travailler ou vivre dans le pays.

Le temps, la confiance et la négociation : apprendre à ralentir

Un autre décalage majeur concerne la gestion du temps. On entend souvent parler de « Solomon Time », étiquette parfois condescendante mais qui reflète un rapport plus souple aux horaires et aux délais.

« Solomon Time » : flexibilité et frictions

Dans la plupart des contextes sociaux et communautaires, l’heure n’est pas conçue de façon stricte. Une réunion prévue à 9 heures peut débuter à 9 h 30 ou 10 heures sans que cela soit vécu comme un drame. Ce rythme tient à plusieurs facteurs : contraintes de transport (bateaux, routes en mauvais état), dépendance à la météo, priorités familiales ou communautaires, absence de pression liée à l’hyper-productivité.

Pour un expatrié, cela peut être déstabilisant, surtout si son organisation de référence est très attachée à la ponctualité. Dans certains milieux d’affaires, notamment avec des partenaires étrangers, un effort de rigueur existe, mais la réalité reste plus flexible qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Rester ponctuel soi-même est vu comme un signe de respect, mais s’attendre à ce que tout le monde s’aligne sur ce standard est illusoire.

Cette différence de perception du temps peut créer des tensions, en particulier dans les entreprises ou projets impliquant différents modèles culturels (par exemple, salariés salomonais et investisseurs asiatiques ou occidentaux). Les désaccords ne portent pas seulement sur les délais, mais sur la signification sociale de la ponctualité, du retard ou de l’attente.

Négocier : la relation avant l’accord

La manière de faire des affaires illustre cette importance du temps et de la confiance. Aux îles Salomon, la négociation est d’abord un processus relationnel. Les premières rencontres servent souvent à faire connaissance, échanger des récits personnels, parler de la famille, du village d’origine, des expériences de vie. Se précipiter sur les chiffres, les clauses contractuelles, ou vouloir « boucler » un deal dès la première réunion peut être interprété comme un manque de respect ou de considération pour les personnes.

Les décisions importantes, surtout lorsqu’elles concernent des projets sur la terre coutumière ou impliquent de nombreuses familles, se prennent rarement de manière unilatérale. Il faut consulter les aînés, les chefs de clan, parfois l’ensemble de la communauté. Cette recherche de consensus rallonge les délais, mais c’est elle qui garantit la solidité de l’accord.

Processus décisionnel en contexte coutumier

L’expatrié doit donc apprendre à investir du temps dans la construction de la relation, accepter que le calendrier souhaité soit remanié, et comprendre que la loyauté obtenue une fois la confiance acquise peut ensuite se révéler extrêmement solide.

Symbolique de l’échange et importance de la réciprocité

Historiquement, des formes de monnaies traditionnelles, comme le tambu (monnaie de coquillage), servaient à sceller des accords et symboliser un lien de confiance réciproque. Même si l’économie monétaire moderne a largement pris le relais, cette logique de réciprocité reste très vivante. Un petit cadeau, une invitation à partager un repas, un service rendu au bon moment sont parfois plus parlants qu’un contrat très détaillé.

Il faut cependant éviter les cadeaux trop coûteux, qui peuvent placer l’autre dans une position d’endettement moral inconfortable. Le geste comptant plus que le montant, des présents simples et adaptés au contexte – produits alimentaires, petits objets artisanaux, contribution à un événement communautaire – sont souvent mieux perçus.

Travailler aux îles Salomon : culture d’entreprise, emplois et quotidien

L’expatrié qui s’installe pour travailler doit conjuguer cadre légal, attentes professionnelles et réalité sociale très spécifique.

Marché du travail et secteurs porteurs

Les emplois formels se concentrent dans certains secteurs : administration publique, éducation, santé, tourisme, agriculture, pêche, exploitation forestière. Des domaines émergents comme les énergies renouvelables et l’écotourisme créent aussi de nouvelles opportunités, notamment pour des profils qualifiés et bilingues (anglais / Pijin).

Les secteurs de la pêche industrielle (par exemple le thon) et de la transformation agroalimentaire recherchent des spécialistes du contrôle qualité. Des resorts à Honiara ou Gizo engagent des guides capables de parler plusieurs langues. Les ONG internationales et les sociétés minières recrutent souvent via des coentreprises avec des partenaires locaux, ce qui impose de bien comprendre le tissu entrepreneurial du pays.

Le tableau suivant résume quelques secteurs clés :

SecteurTypes de postes fréquents pour expatriés
Tourisme / hôtellerieGestion de resort, marketing, formation, guides bilingues
Pêche et aquacultureExperts qualité, gestion de chaîne du froid, conseil technique
Agriculture et agroalimentaireAgribusiness, conseil en production durable, transformation
Énergies renouvelablesIngénierie, gestion de projet (hydroélectricité, solaire)
ONG et développementSanté publique, genre, éducation, gestion de programme
Mines et ressources naturellesEnvironnement, sécurité, relations communautaires

Culture de travail : productivité, bien-être et réseaux

La culture du travail combine recherche d’efficacité et importance accordée au bien-être et aux relations. Le cadre naturel – mer, forêts, climat – encourage une approche plus détendue de la frontière entre travail et vie personnelle. Les journées de travail tournent généralement autour de 40 heures par semaine, avec un système de congés annuels et de jours fériés (nationaux et provinciaux) qui affectent fortement le rythme des activités économiques.

Bon à savoir :

Dans un pays de taille modeste, la réputation et le comportement se propagent rapidement au-delà du cercle immédiat. Pour réussir un projet, il est déterminant de développer et de maintenir de bonnes relations avec les autorités aux niveaux national, provincial et coutumier.

Les entreprises étrangères prospères optent fréquemment pour des modèles hybrides, combinant présence physique sur le terrain et grande flexibilité opérationnelle pour composer avec les contraintes de transport, d’énergie et de connectivité.

Relations hiérarchiques et gestion d’équipe

Diriger une équipe locale suppose d’adapter ses outils de management. L’approche directive et frontale, appréciée dans certains milieux, risque d’être contre-productive. Il est préférable d’adopter un style plus participatif, d’encourager l’expression des avis dans des cadres sécurisés, de valoriser l’expertise des employés sur les réalités communautaires.

Bon à savoir :

Les critiques doivent être formulées avec tact, de préférence en privé, en privilégiant une approche collaborative centrée sur la recherche de solutions plutôt que sur le blâme. Pour la communication professionnelle, bien que l’anglais puisse être suffisant dans certains rôles très spécialisés, la maîtrise du Pijin (la langue véhiculaire) facilite considérablement les interactions quotidiennes et témoigne d’un engagement authentique envers le pays et sa culture.

Vivre au quotidien : salutations, tenue, repas et espace privé

Au-delà du travail, la réussite d’une expatriation se joue aussi dans les petits gestes quotidiens qui construisent ou détruisent la confiance.

Saluer avec chaleur et respect

La première impression compte énormément. Une salutation typique combine contact visuel, sourire et poignée de main. Pour montrer un respect plus marqué, on place souvent la main gauche sur l’avant-bras droit pendant qu’on serre la main de l’autre, geste qui signale sincérité et humilité.

Il est également de bon ton de saluer en premier les aînés ou les figures d’autorité présentes. Dans les villages, un simple « halo » ou « gud moning » en Pijin, prononcé calmement, ouvre la porte à des échanges souvent chaleureux.

S’habiller sobrement, surtout hors de Honiara

La tenue vestimentaire transmet un message très clair. Dans la plupart des contextes, la modestie est fortement valorisée. Cacher les épaules et les genoux est généralement attendu, surtout en milieu rural, dans les églises ou lors d’événements traditionnels.

Bon à savoir :

Pour les hommes, privilégiez pantalons longs ou shorts au genou avec chemises à manches courtes. Pour les femmes, optez pour robes, jupes sous le genou et t-shirts couvrant les épaules. Les tenues trop moulantes ou très décolletées sont à éviter, surtout en province, Honiara étant plus tolérante.

Dans les maisons, être pieds nus est souvent la règle, ce qui implique de prévoir des chaussures facilement amovibles. Sur les plages, le maillot de bain est acceptable, mais sorti de ces espaces, il vaut mieux rapidement se rhabiller.

Partager le repas : un moment central

La nourriture est au cœur de la vie sociale. Être invité à un repas est un geste de grande hospitalité ; il est très mal vu de refuser sans explication valable. Même sans appétit, accepter une petite portion montre qu’on apprécie l’accueil.

Se laver les mains avant de manger est un rituel presque sacré. Dans de nombreux villages, on mange avec les doigts, uniquement de la main droite, la gauche étant associée aux soins d’hygiène personnelle. Remercier pour le repas, féliciter la cuisinière ou la famille renforce les liens.

Bon à savoir :

Il est apprécié et conforme à la culture de la réciprocité d’apporter une contribution, comme des fruits, une boisson ou un petit cadeau, lorsque l’on est invité chez quelqu’un.

Espace privé, comportements publics et sujets sensibles

Les gestes de tendresse entre partenaires en public sont généralement mal vus, surtout en zone rurale. Se tenir la main peut passer, mais embrassades et baisers prolongés gênent, quelle que soit l’orientation sexuelle du couple. Dans un pays où les rapports homosexuels sont criminalisés et où la morale publique est très conservatrice, la discrétion s’impose d’autant plus.

Les jurons en public sont également proscrits, au point que la loi prévoit des sanctions pour les insultes. L’alcool, lui, joue un rôle ambivalent : certaines communautés le banissent pour des raisons morales, ailleurs il circule largement, parfois sous forme de breuvages artisanaux très forts (kwaso), associés à des comportements violents.

Pour un expatrié, la prudence est de mise : éviter les excès, limiter les consommations d’alcool dans des contextes incertains, se renseigner sur les règles de la communauté où l’on se trouve.

Terre, mer et environnement : respecter un lien vital

Aux îles Salomon, la relation à la nature dépasse largement le cadre utilitaire. Terre et mer sont au cœur de l’identité et de la spiritualité, et appartiennent – juridiquement comme symboliquement – à des communautés, pas à l’État central.

Propriété coutumière et accès aux espaces

Plus de 85 % des terres et une grande partie du littoral sont sous régime coutumier. Cela signifie concrètement que le simple fait de marcher dans une forêt, de traverser un terrain en apparence « vide » ou de se baigner sur une plage vous met sous l’autorité de familles ou clans. Sans autorisation, un étranger n’a pas le droit de circuler librement.

Bon à savoir :

Il est recommandé de se faire accompagner par un guide local de confiance, surtout en dehors des routes principales. Il faut également prévoir de payer un « kastom fee » pour accéder à certains sites naturels. Cette contribution, lorsqu’elle est gérée par la communauté, sert souvent à financer des projets collectifs.

Sensibilité écologique et pratiques durables

De nombreuses communautés gèrent leurs ressources halieutiques, forestières et agricoles selon des principes de durabilité historiquement ancrés : rotation des zones de pêche, jachère, interdiction saisonnière sur certaines espèces, création de zones tabu. Des initiatives modernes de conservation communautaire, comme celles des aires marines protégées de Tetepare ou des Arnavons, articulent savoirs traditionnels et approches scientifiques.

Pour l’expatrié, respecter ces efforts implique de suivre les consignes locales lors des activités de plongée, pêche ou randonnée : ne pas toucher les coraux, rester sur les sentiers, éviter de ramasser coquillages ou artefacts, ne pas jeter de déchets, questionner les guides sur les règles à respecter.

Religion, coutumes et syncrétismes : une spiritualité omniprésente

La religion imprègne quasiment tous les aspects de la vie aux îles Salomon. La très grande majorité de la population se réclame d’une Église chrétienne, principalement anglicane, catholique, évangélique ou adventiste. Les dimanches sont largement consacrés au culte, et de nombreux commerces ferment.

Bon à savoir :

Le christianisme en Afrique se mêle souvent aux religions traditionnelles. Les ancêtres sont considérés comme des intermédiaires divins, les rêves comme un moyen de communiquer avec les esprits, et certains lieux sont perçus comme habités par des forces invisibles.

Pour l’expatrié, il est important de percevoir cette dimension sans la caricaturer. Se montrer respectueux des offices religieux, accepter les prières d’ouverture ou de clôture de réunion, ne pas tourner en dérision les références aux esprits ou aux tabous contribue à installer un climat de confiance.

Santé, sécurité et vie pratique : des réalités à intégrer

S’adapter culturellement ne suffit pas : encore faut-il tenir compte des contraintes matérielles.

L’accès à l’eau potable est inégal, et il est recommandé de faire bouillir l’eau ou de privilégier les bouteilles. Le pays est touché par le paludisme et la dengue ; répulsifs, moustiquaires et vêtements couvrants au crépuscule deviennent des réflexes sanitaires quotidiens, surtout en zone rurale.

Astuce :

Bien que des structures de soins existent dans chaque capitale provinciale, leur qualité et la disponibilité du personnel médical sont souvent limitées. Pour un expatrié vivant en dehors de Honiara, il est donc presque indispensable de pouvoir gérer une partie de sa santé de manière autonome. Cela implique de constituer une petite pharmacie personnelle adaptée, de disposer d’une trousse de premiers secours complète et d’assurer soi-même le suivi des traitements courants.

En matière de sécurité, la criminalité est généralement modérée mais concentrée dans certains quartiers de Honiara, notamment la nuit. Les déplacements nocturnes à pied sont déconseillés. Les routes et ponts sont parfois en mauvais état, les transports inter-îles sont fortement dépendants de la météo et de la fiabilité des bateaux.

Enfin, les risques naturelsséismes, tsunamis, cyclones – existent bel et bien, imposant de connaître les procédures locales d’alerte et d’évacuation.

S’intégrer sans s’imposer : quelques attitudes-clés

Face à cette complexité, l’expatrié a tout à gagner à adopter une posture d’apprenant plutôt que d’expert. Poser des questions, écouter les récits, observer les pratiques, reconnaître la légitimité du kastom, demander l’avis des aînés, valoriser les compétences locales renforcent l’acceptation dans la communauté.

Attention :

Pour obtenir des résultats durables, il ne suffit pas d’importer des modèles extérieurs. Il est essentiel de co-construire des solutions qui intègrent les obligations du *wantok*, les temporalités coutumières, les sensibilités religieuses, les contraintes de genre et les défis environnementaux.

Une expatriation réussie aux îles Salomon repose donc sur un triple apprentissage : accepter de ralentir, de relativiser ses propres normes, et de prendre au sérieux la profondeur culturelle de ce pays insulaire. En retour, l’archipel offre un rare mélange de paysages intacts, de traditions vivantes et de liens humains d’une intensité que peu de sociétés ont encore à proposer.

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Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire sa pression fiscale, diversifier ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Îles Salomon, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon, combinant fiscalité locale avantageuse pour les non‑résidents, absence d’impôt sur la fortune, coût de la vie très inférieur à la France et environnement insulaire propice à une retraite active (immobilier, tourisme, services). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, organisation de la couverture santé internationale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, partenaires francophones) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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