La sécurité aux îles Salomon : clés pour une expatriation vraiment sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux îles Salomon fait rêver : lagons turquoise, îles couvertes de jungle, rythme de vie tranquille. Mais derrière la carte postale, ce petit État mélanésien cumule risques naturels majeurs, infrastructures fragiles et réalités sociales parfois rudes, notamment pour les femmes et les personnes LGBTQ+. Pour un projet d’expatriation apaisé, la sécurité ne peut pas être un sujet secondaire : elle doit être le fil conducteur de la préparation.

Bon à savoir :

Cet article fournit une analyse factuelle de la vie aux Îles Salomon, basée sur des données récentes concernant la criminalité, la santé, la sécurité routière, les risques naturels, le cadre légal et les conditions de vie à Honiara et en province. Son objectif est de vous informer pour faciliter des choix éclairés et une meilleure préparation, et non de vous décourager.

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Comprendre le contexte : un paradis fragile

Les îles Salomon forment un archipel de plus de 900 îles au nord-est de l’Australie, dans une zone de très forte activité sismique et cyclonique. La population est estimée à un peu plus de 800 000 habitants, dont une large majorité vit en milieu rural, souvent isolé, avec un accès limité aux services publics.

Attention :

Honiara, la capitale située sur l’île de Guadalcanal, concentre toutes les institutions, l’activité économique, la population expatriée et la quasi-totalité des services modernes (hôpitaux de référence, banques, compagnies aériennes, opérateurs de télécommunications). C’est également là que se concentrent les principaux problèmes de criminalité, de tensions sociales et de circulation routière.

Un pays vulnérable sur tous les plans

Les indicateurs globaux replacent bien l’enjeu sécuritaire dans un contexte plus large de vulnérabilité :

IndicateurSituation aux îles SalomonLecture sécurité / expatriation
Classement risque de catastrophe (WorldRiskReport 2021)2ᵉ pays le plus à risque au mondeExposition extrême aux séismes, tsunamis, cyclones, montée des eaux
PIB par habitantEnviron 1 900–2 200 USD/anRevenu moyen très faible, inégalités fortes entre expatriés et locaux
Taux d’urbanisation≈ 15 % seulement (85 % ruraux)Services publics et sécurité concentrés à Honiara
Accès Internet≈ 45 % de la populationInformations et alertes parfois difficiles à diffuser en temps réel
Téléphonie mobile≈ 66 % de connexions mobiles, mais couverture inégaleCommunication limitée en province, surtout en cas de crise

Cette combinaison de pauvreté relative, dispersion géographique, dangers naturels et institutions sous-dotées explique pourquoi plusieurs gouvernements occidentaux recommandent une vigilance accrue. Pour l’expatrié, cela signifie qu’il faut anticiper davantage qu’ailleurs, accepter une part de rusticité et ne pas sous-estimer la dépendance aux évacuations vers l’Australie ou la Nouvelle-Zélande en cas de problème grave.

Criminalité et climat sécuritaire : où sont les vrais risques ?

Les avis officiels dessinent un tableau contrasté. Globalement, les îles Salomon ne sont pas un “État failli” et ne connaissent ni terrorisme ni conflit armé actif. Mais Honiara est classée comme ville à haut risque criminel pour les intérêts occidentaux, tandis que les provinces occidentales touristiques sont perçues comme relativement sûres.

Petit délinquance, agressions et zones à éviter

La petite criminalité est un problème récurrent dans la capitale. Vols de sacs, pickpockets, vols de téléphones et harcèlement sont fréquents, en particulier dans certains quartiers et autour des marchés.

Des zones de Honiara sont régulièrement citées comme à risque, surtout à la nuit tombée ou lors de tensions politiques :

Exemple :

Plusieurs secteurs de Honiara sont connus pour présenter des risques sécuritaires, notamment le Central Market et Point Cruz, les abords de l’ancien pont Mataniko (Chinatown), ainsi que les zones de Kukum, Burns Creek/Lungga River, White River et Borderline. D’autres lieux comme le Combito Market, le mémorial japonais du mont Austin et les quartiers de squats en périphérie de la ville sont également concernés. Ces zones peuvent être le théâtre de tensions ou d’incidents, en particulier en période d’agitation sociale.

Des incidents plus graves sont documentés : agressions sexuelles, vols à main armée, carjackings, effractions domiciliaires, parfois avec violence. Les expatriés y sont régulièrement ciblés, notamment en période de fêtes (la criminalité augmente à l’approche de Noël) ou après des épisodes d’instabilité politique.

Le tableau suivant permet de situer les principaux risques liés à la criminalité :

Type de risqueNiveau à HoniaraCommentaire pratique pour expat
Pickpockets, vols simplesFréquent en zone urbainePrudence au marché, bus, événements
Effractions, cambriolagesPrésents, ciblant parfois les étrangersSécurisation des logements indispensable
Agressions sexuellesCas signalés, surtout la nuitRisque accru pour les femmes, surtout seules
Carjackings, détournements de véhiculesÉpisodiques mais gravesLimiter les déplacements nocturnes
Piraterie de plaisanceVols sur yachts au mouillageSécuriser bateaux, éviter de dormir sans veille à Honiara harbour

En province, notamment dans certaines zones touristiques de Western Province (Gizo, Munda, Marovo Lagoon), l’ambiance est nettement plus calme. Les incidents existent, mais la densité de population est faible et la cohésion communautaire forte. Beaucoup d’expatriés choisissent d’ailleurs un mode de vie semi-rural pour s’éloigner des problèmes d’urbanisation rapide de Honiara.

Police et réponse sécuritaire : des moyens limités

La Royal Solomon Islands Police Force (RSIPF) est notoirement sous-dotée : manque de véhicules, de moyens de communication et de personnels formés, surtout en dehors de Honiara. La présence policière est quasi inexistante dans certaines îles. Même dans la capitale, les temps de réponse peuvent être longs.

Numéros utiles

Liste de contacts essentiels pour obtenir de l’aide ou des informations rapidement.

Urgences médicales

Composez le 15 pour le SAMU en cas d’urgence médicale vitale (maladie, accident).

Pompiers

Composez le 18 pour les sapeurs-pompiers en cas d’incendie, d’accident ou de secours à personne.

Police / Gendarmerie

Composez le 17 pour contacter la police ou la gendarmerie en cas d’urgence concernant la sécurité.

Urgence européenne unique

Composez le 112, numéro d’urgence unique valable dans toute l’Union européenne.

Urgences sourds et malentendants

Composez le 114 par SMS ou fax pour les urgences si vous êtes sourd ou malentendant.

Enfance en danger

Composez le 119, le numéro national pour signaler un enfant en danger ou en risque de l’être.

ServiceNuméro principal
Police – urgence999
Police – renseignements23999
Unité violences familiales RSIPF20023
Unité agressions sexuelles RSIPF21226

Pour un expatrié, le message est clair : il faut d’abord compter sur sa propre prévention. Alarmes, grilles, éclairage extérieur, gardiennage résidentiel, déplacements en groupe, choix du quartier de résidence et comportement discret sont plus importants que l’illusion d’une intervention policière rapide.

Risques pour les femmes, les familles et les personnes LGBTQ+

Plusieurs sources soulignent des réalités difficiles : la capitale est décrite comme “pas sûre pour les femmes”, “hostile aux personnes LGBTQ+” et “peu adaptée aux familles”.

Sécurité des femmes

Les violences sexuelles, le harcèlement de rue et les violences domestiques constituent un problème sérieux. Les données locales montrent une mobilisation importante autour des violences basées sur le genre, avec de nombreux services d’urgence dédiés :

Service spécialisé violencesNuméro
Ligne d’urgence violence domestique (Safe Net, 24h/24)132
Centre d’accueil Seif Ples24677
Family Support Centre20619 / 26999
Christian Care Centre36319
Unité Violence basée sur le genre (MHMS)20686

Pour une expatriée, cela signifie : la découverte de nouvelles cultures, l’adaptation à un environnement différent, et souvent, les défis linguistiques. C’est une expérience enrichissante qui peut également impliquer des nouvelle amitiés et des opportunités professionnelles.

Astuce :

Pour votre sécurité à Honiara, il est conseillé d’éviter de circuler seule à pied après la tombée de la nuit, y compris dans les quartiers centraux. Privilégiez les déplacements en taxi en choisissant des compagnies connues ou recommandées, et négociez toujours le tarif avant le trajet. Soyez également particulièrement vigilante dans les bars et les boîtes de nuit de la ville.

Les organisations locales et internationales actives sur la question peuvent aussi être des ressources pour comprendre codes sociaux, zones à éviter et comportements à adopter.

Hostilité envers les personnes LGBTQ+

Les relations homosexuelles sont illégales et passibles de peines de prison. Les témoignages décrivent une société très conservatrice : démonstrations publiques d’affection entre personnes du même sexe peuvent susciter hostilité, voire violence.

Attention :

Une expatriation en couple ou en famille LGBTQ+ est fortement déconseillée. Malgré l’existence de cercles privés tolérants parmi les expatriés, la loi et la norme sociale sont répressives, un facteur crucial à considérer avant toute décision d’installation.

Enfants et vie de famille

Le pays reçoit peu de touristes (autour de 22 000 visiteurs par an) et les infrastructures de loisirs familiales sont limitées. La sécurité routière est mauvaise, les hôpitaux publics sous-dotés, la qualité globale de l’éducation jugée faible, en dehors de quelques écoles internationales comme Woodford International School à Honiara.

Beaucoup de familles expatriées choisissent des établissements privés ou internationaux, avec des frais élevés. Le climat (chaleur constante, humidité, maladies vectorielles) et la faible offre de loisirs structurés peuvent aussi rendre la vie plus exigeante avec de jeunes enfants. La plupart des rapports qualifient globalement la destination de “peu family friendly”.

Sécurité routière : un danger sous-estimé

Officiellement, la police n’a enregistré qu’un décès sur la route en 2019. Mais l’OMS en estimait plus de 100 pour 2016, et une étude du Global Burden of Disease en comptabilisait 116 la même année. Dans un pays de moins d’un million d’habitants, cela fait en moyenne un mort tous les trois jours sur les routes.

Un réseau routier rudimentaire et dégradé

Environ 90 % du réseau routier se concentre sur Guadalcanal et Malaita. Même là, la plupart des routes sont en terre, gravier ou corail compacté. Autour de Honiara, quelques portions sont bitumées, mais :

chaussées truffées de nids-de-poule

signalisation rare ou inexistante

éclairage nocturne très insuffisant

ponts parfois endommagés ou emportés par les crues

Les transports publics se résument surtout à des minibus surchargés, mal entretenus et sans normes de sécurité. Les taxis sont généralement jugés « corrects » à Honiara, mais il faut toujours négocier le prix à l’avance.

Transports aux Îles Salomon

Comportements à risque et manque de régulation

La conduite est à gauche, mais le principal problème tient au comportement des conducteurs :

vitesse excessive sur des routes en mauvais état

alcool au volant

très faible utilisation des ceintures

transport de passagers sur des plateaux de camions ouverts

portes de voiture ouvertes en roulant pour cracher le bétel

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Le pays ne dispose pas encore de stratégie nationale structurée sur la sécurité routière.

Le tableau suivant synthétise les principaux facteurs de risque identifiés par les études internationales :

Facteur de risque routierImpact observé
Alcool au volantImpliqué dans de nombreux accidents graves
Jeunes conducteursSurreprésentés dans les collisions
Piétons et passagers vulnérablesForte proportion de victimes
Plateaux de camions surchargésTransport “informel” très accidentogène
Routes privées (logging, mines)Sites d’accidents graves, souvent non déclarés

Pour un expatrié conducteur, les recommandations sont simples :

Limiter les trajets nocturnes au strict nécessaire.

– Éviter totalement les minibus lorsque c’est possible.

– Vérifier systématiquement l’état du véhicule (freins, pneus, éclairage).

Imposer ceintures et sièges enfants, même si ce n’est pas l’usage local.

– Anticiper que l’assurance locale couvre très mal les dommages matériels et corporels.

Risques naturels : séismes, tsunamis, cyclones et crocodiles

Vivre aux îles Salomon, c’est accepter un environnement spectaculaire mais exigeant. Le pays se situe sur l’anneau de feu du Pacifique : séismes et tsunamis sont un risque permanent. Plusieurs événements majeurs ont eu lieu depuis 2007, avec des vagues meurtrières.

Séismes et tsunamis

Séismes de magnitude 8 avec tsunamis létaux en 2007, 2010 et 2013 : la mémoire des catastrophes est vive. Certaines zones (Western Province, Santa Cruz, rives de Guadalcanal) sont particulièrement exposées. La population reçoit les alertes par radio et via le système américain de veille tsunami, mais la dispersion des îles complique les évacuations.

Pour un expatrié en bord de mer :

Bon à savoir :

Repérez à l’avance les hauteurs accessibles à pied en quelques minutes. Gardez une lampe frontale et un sac d’urgence prêt (eau, copies de documents, médicaments). En cas de séisme fort ou si la mer se retire anormalement, fuyez immédiatement vers les hauteurs sans attendre une alerte officielle.

Cyclones, inondations et glissements de terrain

La saison cyclonique va approximativement de novembre à mai. Pluies diluviennes, vents violents, routes coupées, ponts effondrés, réseaux électriques ou Internet perturbés… Les conséquences se font sentir même sur les zones non directement frappées par l’œil du cyclone.

Les fortes précipitations peuvent aussi provoquer des glissements de terrain, notamment sur les pentes déboisées de Guadalcanal, et des crues soudaines qui emportent routes et habitations précaires le long des rivières.

Dangers en mer : crocodiles, requins et courants

Les îles Salomon sont un paradis pour la plongée, mais la prudence doit rester constante :

Attention :

La baignade présente des risques importants : présence de crocodiles marins (environ 50 morts par an), de requins potentiellement dangereux (bouledogues, marteaux, tigres), ainsi que de courants violents près des récifs et embouchures. Il n’y a quasiment pas de maîtres-nageurs pour surveiller les plages.

Les drapeaux rouges signalent les zones où la baignade est déconseillée, mais de nombreuses plages n’ont aucun marquage.

Enfin, un héritage silencieux de la Seconde Guerre mondiale demeure : les munitions non explosées (UXO). On en trouve encore à Hell’s Point près d’Honiara, dans les îles New Georgia, Russell, Tulagi et les crêtes de Guadalcanal. Il est impératif de ne jamais manipuler d’obus ou de pièces métalliques suspectes, à terre comme sous l’eau, et de respecter les panneaux d’avertissement.

Santé, hôpitaux et évacuations : un point critique

Le système de santé est l’un des maillons les plus faibles pour un expatrié. Les structures publiques couvrent théoriquement l’ensemble du territoire, mais en pratique les moyens manquent : personnels, médicaments, matériels, structures adaptées aux urgences lourdes.

Des hôpitaux limités, surtout hors de Honiara

La pyramide sanitaire repose sur :

des dispensaires ruraux offrant soins de base, vaccinations, santé maternelle

des hôpitaux provinciaux avec capacités chirurgicales limitées

le National Referral Hospital (NRH) à Honiara comme pôle tertiaire

Malgré son rôle central, le NRH souffre régulièrement de pénuries de sang, de solutions de réhydratation, d’antibiotiques basiques et de matériel. Les hôpitaux de Gizo, Auki (Kilu’ufi), Lata ou Munda servent de relais, mais disposent de ressources encore plus restreintes.

Bon à savoir :

De petites structures privées ou confessionnelles, comme l’Hôpital Helena Goldie à Munda, l’Hôpital Good Samaritan à Gizo ou le Honiara Private Medical Centre, offrent généralement une prise en charge plus confortable. Cependant, leurs capacités sont très limitées en cas de traumatisme grave ou de pathologie lourde.

Maladies tropicales et vaccinations

Les risques infectieux sont bien présents :

paludisme et dengue omniprésents dans toutes les provinces

potentiel de transmission de Zika et chikungunya

– risques de maladies digestives liées à l’eau et à l’alimentation

– épidémies possibles (rotavirus, rougeole, etc.)

Preuve de vaccination contre la rougeole est exigée pour les voyageurs en provenance de pays où la maladie circule (Australie, Nouvelle-Zélande, Fidji, Samoa, Philippines, etc.). Un test VIH peut être demandé pour les séjours longs (au-delà de 90 jours) lors des demandes de visa ou de permis de résidence.

Assurance santé et évacuation : non négociables

Les systèmes de sécurité sociale occidentaux (comme Medicare/Medicaid américain) ne couvrent rien aux îles Salomon. La majorité des cliniques exige un paiement comptant. En cas d’accident ou de maladie grave, une évacuation aérienne vers l’Australie ou la Nouvelle-Zélande peut coûter plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Pour un expatrié, une assurance santé internationale complète avec couverture d’évacuation médicale n’est pas un luxe, c’est une condition minimale d’installation. Des assureurs spécialisés (Cigna, Allianz, April International, MSH, etc.) proposent des formules adaptées, souvent via des courtiers spécialisés dans l’expatriation.

Il est recommandé de : manger équilibré, faire de l’exercice régulièrement, et dormir suffisamment.

– vérifier le plafond de remboursement des évacuations aériennes

– s’assurer que l’Australie ou la Nouvelle-Zélande sont incluses dans le réseau de soins

– prévoir une réserve de médicaments personnels pour plusieurs mois, en particulier pour les traitements chroniques

Numéros d’urgence médicale :

ServiceNuméro
Ambulance / urgence médicale111 ou 911 (ligne “Mercy Net” NRH)
Hôpital national (NRH)23601
St John Ambulance38160 / 73 98566 / 7136000

Climat social, coutumes et droit local : éviter les faux pas dangereux

Comprendre les codes locaux est un autre pilier de la sécurité. L’archipel est très majoritairement chrétien (protestants et catholiques) et profondément conservateur. La vie sociale est structurée par les coutumes (‘kastom’), le système de “wantok” (réseau communautaire de solidarité) et les autorités traditionnelles (chefs, anciens).

Langue, salutations et respect

Anglais est langue officielle, mais la plupart des échanges courants se déroulent en Pijin, un créole mélanésien. Quelques mots de base facilitent beaucoup l’intégration et désamorcent certaines tensions :

“halo” pour dire bonjour

“morning lo yu” pour bonjour le matin

“taggio tumas” pour “merci beaucoup”

Bon à savoir :

Les salutations se font généralement par une poignée de main, accompagnée d’un sourire et d’un contact visuel franc. En signe de respect, il est courant de poser la main gauche sur son propre avant-bras droit pendant la poignée de main.

Les aînés doivent être salués en premier, et on les écoute sans interrompre. Les titres “Mister” ou “Miss” suivis du nom de famille restent appréciés dans un contexte formel.

Tenue vestimentaire et tabous

La modestie vestimentaire est la norme. Épaules et genoux couverts, surtout dans les villages, les églises et lors de cérémonies. Les maillots de bain sont réservés à la plage, aux hôtels et aux zones touristiques. Les femmes portent souvent des jupes longues pour les offices religieux, les hommes des pantalons et chemises à col.

Certains lieux sont “tabu” (interdits) pour les femmes ou requis à certains rituels. Y entrer sans autorisation peut créer de réelles tensions, avec parfois des demandes de compensation.

Attention :

Jurer en public constitue un délit passible d’amendes ou d’emprisonnement selon sa gravité. Les comportements bruyants, agressifs ou d’ivresse sur la voie publique sont également fortement réprimés.

Propriété foncière, “kastom fees” et conflits

La terre est majoritairement détenue de manière coutumière par les clans. Accès à une plage, un chemin de randonnée, une rivière ou un site historique peut dépendre du consentement des propriétaires traditionnels. Entrer sans demander peut se traduire par une exigence de “kastom fee” (paiement coutumier), parfois de manière agressive.

Pour un expatrié, la règle est simple : choisir un pays qui lui permettra de maximiser ses opportunités professionnelles et personnelles.

toujours demander la permission avant de pénétrer sur un terrain qui n’est pas manifestement public

accepter de payer de petits droits d’accès lorsque c’est clairement établi par la communauté

– éviter toute confrontation frontale sur la question foncière et, en cas de projet immobilier ou commercial, passer par des conseils juridiques locaux compétents

Infrastructures, communications et vie quotidienne : ce que cela change pour la sécurité

La sécurité au quotidien est aussi conditionnée par l’état des infrastructures. Aux îles Salomon, elles progressent, mais restent fragiles.

Internet, mobile et alertes

Les connexions Internet ont explosé depuis le raccordement au câble sous-marin Coral Sea Cable en 2020. On compte autour de 350 000 internautes, soit environ 45 % de la population. Près de la moitié des foyers ont désormais accès au réseau, et le nombre de connexions mobiles dépasse 500 000, avec une majorité capable d’utiliser la 3G ou la 4G.

Mais la réalité reste nuancée :

faible densité de réseaux hors des grandes îles

lenteur et latence élevées, surtout pour le mobile (débits moyens faibles)

zones blanches persistant dans de nombreuses communautés rurales

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À Honiara, trois opérateurs principaux, dont Our Telekom et SATSOL, fournissent un accès internet coûteux et peu fiable.

Pour un expatrié, cela signifie : l’adaptation à une nouvelle culture, le développement de compétences interculturelles et le maintien de liens avec son pays d’origine. Cela englobe également la gestion de la langue, l’intégration dans un nouvel environnement social et professionnel, ainsi que la navigation dans les défis administratifs liés à la résidence à l’étranger.

souscrire à un forfait mobile local dès l’arrivée

– prévoir une solution de secours (modem 4G, voire satellite via un revendeur autorisé) si l’activité professionnelle dépend d’Internet

– s’abonner aux canaux d’alerte météo et tsunami disponibles (radio, SMS, réseaux sociaux locaux)

Monnaie, paiements et vulnérabilités

L’économie est largement basée sur le cash. Les cartes bancaires internationales ne sont acceptées que dans quelques hôtels, restaurants et commerces de Honiara. Des distributeurs existent à Honiara, Gizo, Munda et Auki, mais rien ne garantit leur fonctionnement continu.

Astuce :

Une dépendance excessive au liquide accroît les risques en cas de vol et réduit la flexibilité en situation d’urgence. Une stratégie prudente consiste à diversifier ses moyens de paiement et à conserver une réserve de liquidité raisonnable et sécurisée.

éviter de porter sur soi de grosses sommes en espèces

sécuriser une réserve d’urgence en lieu sûr à domicile

garder les coordonnées de sa banque et de son assureur pour annuler cartes et organiser des transferts rapides si nécessaire

Coût de la vie et pression économique

Les chiffres montrent un contraste saisissant : le coût de la vie à Honiara est très élevé par rapport aux salaires locaux. Le revenu médian après impôt pour un salarié est parfois cité autour de 170 USD par mois, quand le panier de dépenses pour un expatrié peut facilement dépasser 2 000 USD mensuels.

Cette asymétrie économique explique aussi, en toile de fond, certains phénomènes sécuritaires : tentatives de vols opportunistes, demandes de “compensation” exagérées, pressions financières implicites sur les expatriés perçus comme “très riches”.

Immigration, visas et statut légal : rester dans les clous pour éviter les ennuis

La légalité de votre présence est un élément crucial de votre sécurité. Les autorités peuvent expulser, arrêter ou détenir un étranger qui ne respecte pas les règles de visa, de travail ou de résidence, indépendamment de son pays d’origine.

Entrée, permis de séjour et travail

De nombreux ressortissants (Union européenne, Australie, États-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Japon, etc.) peuvent obtenir un permis de visite gratuit à l’arrivée, généralement pour une durée maximale de 30 jours, renouvelable dans la limite de trois mois sur douze.

Bon à savoir :

Pour travailler, étudier, faire du volontariat long terme ou vivre en famille à Maurice, un visa spécifique (emploi, étudiant, résident, conjoint) est obligatoire. Ce visa est généralement associé à un permis de travail délivré par le Commissioner of Labour. Une résidence de longue durée (jusqu’à deux ans) exige un dossier complet incluant un casier judiciaire, des garanties financières pour couvrir un éventuel rapatriement, ainsi que des preuves d’emploi ou d’investissement.

Un point sensible : pour des séjours supérieurs à 90 jours, les autorités peuvent exiger un test VIH ; un refus de se soumettre à l’examen ou un résultat positif peut conduire à un refus d’entrée ou à une expulsion.

Bon à savoir :

En cas d’évolution de votre situation (emploi, mariage, projet d’entreprise), il est impératif de contacter le service de l’immigration à Honiara ou la mission diplomatique la plus proche pour mettre à jour votre statut officiel. Cette démarche proactive est toujours préférable au risque de se retrouver dans une situation de tolérance informelle.

Légalité et tolérance : où sont les lignes rouges ?

Au-delà des questions de visa, certaines lois locales méritent une vigilance particulière :

répression sévère des stupéfiants (y compris marijuana)

illégalité des relations homosexuelles

interdiction de la pornographie et de certains médicaments sans autorisation

criminalisation des injures publiques

Ignorer ces dispositions au nom du “relativisme culturel” ou d’habitudes occidentales peut rapidement se transformer en situation de crise, d’autant plus qu’un étranger sera rarement bénéficiaire d’une interprétation clémente de la loi coutumière.

Construire une expatriation sereine : stratégies concrètes

Malgré ce tableau exigeant, des expatriés vivent de nombreuses années aux îles Salomon, souvent avec beaucoup d’attachement pour le pays. Ceux qui réussissent leur installation ont en commun une même approche : lucidité sur les risques, préparation minutieuse, intégration intelligente au tissu local.

Quelques axes structurants se dégagent.

Choisir avec soin son lieu de résidence

À Honiara, la sécurité dépend énormément du quartier, du type de logement et de sa sécurisation :

préférer les zones résidentielles fréquentées par les organisations internationales, les ONG et les entreprises

privilégier les logements disposant de clôtures, grilles, éclairage extérieur et, si possible, gardiennage

– éviter les abords immédiats des zones connues pour les troubles (Burns Creek, certains squats)

Pour ceux qui peuvent travailler à distance ou se déplacer moins souvent en ville, une vie semi-rurale dans les provinces les plus stables (Western Province notamment) peut offrir un bien meilleur ressenti de sécurité, avec criminalité plus faible et environnement naturel exceptionnel.

Tisser un réseau : clé de la “vraie” sérénité

L’isolement est un facteur de vulnérabilité. À l’inverse, les expatriés intégrés à une communauté active – collègues, voisins, associations, groupes en ligne – gèrent mieux les situations délicates : problème de santé, incident sécuritaire, catastrophe naturelle.

Bon à savoir :

Pour faciliter votre intégration, rejoignez des groupes comme ‘Expats Living In Solomon Islands’ ou des associations locales telles que la Solomon Islands Women in Business Association (SIWIBA). Les réseaux professionnels et religieux constituent également des points d’ancrage précieux. Une participation respectueuse à la vie communautaire, sans arrogance ni paternalisme, améliore la compréhension culturelle et renforce les filets de sécurité informels.

Anticiper les “scénarios noirs”

Enfin, la sérénité ne vient pas de l’absence de risque, mais du sentiment d’être prêt. Avant même de poser ses valises, il est judicieux de :

– mettre en place une assurance santé internationale solide, incluant évacuation

– prévoir un plan d’évacuation familiale en cas de troubles politiques ou de catastrophe naturelle (points de rassemblement, contacts, copie de documents dans le cloud et sur clé USB)

– établir un budget sécurité (sécurisation du logement, matériel d’urgence, générateur ou panneaux solaires, réserve d’eau et nourriture)

– s’inscrire, pour les nationalités concernées, aux systèmes d’enregistrement comme STEP (pour les Américains) ou leur équivalent auprès du pays d’origine

Bon à savoir :

Avec une bonne préparation, la sécurité devient un ensemble de réflexes intégrés, permettant de profiter sereinement du quotidien : promenades au marché de Honiara Central, sorties plongée à Marovo, week-ends à Gizo ou Munda, rencontres avec les communautés villageoises et découverte de la culture ‘kastom’.

S’expatrier aux îles Salomon impose d’accepter une certaine rugosité : hôpitaux limités, routes parfois dangereuses, aléas naturels, société conservatrice, tensions sporadiques à Honiara. Mais le pays offre aussi un environnement humain chaleureux, une nature exceptionnelle et un rythme de vie qui séduit ceux qui recherchent une existence moins standardisée.

Une expatriation sereine ne se construit pas en niant les risques, mais en les intégrant lucidement à son projet de vie. Aux îles Salomon plus qu’ailleurs, la sécurité est une affaire de préparation, de respect des coutumes, de liens tissés et de modestie dans sa façon d’habiter un territoire fragile. Pour ceux qui acceptent ce contrat implicite, l’archipel peut devenir bien plus qu’un décor de carte postale : un véritable chez-soi, dans un coin du monde où l’on apprend chaque jour que la tranquillité se mérite.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements en Asie‑Pacifique, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Îles Salomon, Maurice, Philippines, Thaïlande), la stratégie retenue a consisté à cibler les Îles Salomon pour leur fiscalité légère sur les revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune et la possibilité de mettre en place une planification patrimoniale offshore (sociétés internationales, trusts locaux) dans un cadre réglementaire flexible. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du droit de séjour de long terme, structuration bancaire multicompte (France, UE, Pacifique), plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, immigration) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration des placements et de la transmission).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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