Impossible de parler du Kenya sans évoquer la course de fond, le football ou les safaris. Mais ce vaste pays est aussi un immense terrain de jeu pour les amateurs de sport, qu’ils soient voyageurs en quête d’aventure ou habitants à la recherche d’activités accessibles. Du footing au lever du soleil sur les pistes rouges de la Rift Valley aux matchs de beach volley sur l’océan Indien, en passant par le VTT sur les pentes volcaniques ou le rugby dans les stades de Nairobi, les possibilités sont étonnamment variées.
Cet article propose un panorama des sports les plus populaires à pratiquer au Kenya, en se concentrant sur ce que l’on peut réellement faire sur place : où courir, pédaler, nager, jouer, grimper ou s’initier à des sports de plage ou de combat. Le ton est volontairement pratique : il s’agit de donner une vision claire de l’écosystème sportif kényan pour quiconque souhaite le vivre de l’intérieur.
Courir dans le “home of champions”
Depuis des décennies, le Kenya est une référence mondiale en course de fond. Une large part des meilleurs performeurs de l’histoire sur 3 000 m, 5 000 m, 10 000 m et steeple viennent de ce pays, et beaucoup d’entre eux sont nés ou s’entraînent dans une même région : le corridor Eldoret–Iten–Nandi, au cœur de la Rift Valley.
Iten et Eldoret, capitale mondiale de l’endurance
Iten est perchée à environ 2 400 mètres d’altitude et s’est imposée comme “home of champions”. Autour, les routes de terre roulante et les pistes improvisées sont devenues des lieux de pèlerinage pour coureurs de tous niveaux. À proximité, des installations comme la piste de Kamariny ou le stade Kipchoge Keino d’Eldoret accueillent des sessions structurées, tandis que des axes comme la Moiben Road servent de tracés pour les longues sorties.
S’entraîner en altitude sur des chemins souples au Kenya est une expérience sportive intense. De nombreux camps y proposent un programme commun basé sur un volume d’entraînement important, du travail au seuil, une récupération sérieuse et une vie simple centrée sur la pratique, le tout au sein de groupes d’athlètes de tous horizons.
Comment s’entraînent les Kényans… et ce que cela implique pour un visiteur
Le système d’entraînement des coureurs kényans repose sur une base assez claire : beaucoup de kilomètres, essentiellement en endurance et à proximité du seuil lactique, le tout en groupes. Chez les élites, il n’est pas rare de voir des volumes hebdomadaires entre 180 et 280 km, parfois jusqu’à 300 km pour certains spécialistes du marathon. Les journées sont souvent organisées autour de deux à trois séances (matin très tôt, fin de matinée, fin d’après-midi), avec une journée hebdomadaire beaucoup plus légère.
Contrairement à de nombreux coureurs non africains qui s’entraînent souvent à des allures trop rapides ou trop lentes, les athlètes kényans parviennent, sans instrumentation sophistiquée, à passer une grande partie de leur temps d’entraînement juste en dessous de leur seuil lactique. Ce point, étudié par des physiologistes comme Bengt Saltin ou Frank Evertsen, constitue un modèle fascinant. Pour un coureur étranger, l’intérêt n’est pas de copier leurs volumes d’entraînement, mais de s’inspirer, avec prudence, de cette dynamique.
Quelques types de séances emblématiques, que l’on retrouve partout dans les camps de la Rift Valley, peuvent être adaptées à un niveau loisir :
| Type de séance | Description terrain / durée | Objectif principal |
|---|---|---|
| Footing facile | 45 à 70 min sur pistes de terre, allure très lente | Récupération, endurance de base |
| Fartlek “à la kenyane” | Alternance 1’/1’, 2’/1’ ou 3’/1’ sur chemins vallonnés | Travail tempo et variations de rythme |
| Long run progressif | 22 à 30 km (pour amateurs), début lent, fin soutenue | Endurance, résistance, gestion de course |
| Sortie seuil (“tempo run”) | 30 à 45 min proche du seuil | Amélioration de la capacité au seuil |
| Séance de côtes | 10 à 15 répétitions sur courte côte raide | Puissance, économie de course |
Même les plus grands champions, comme Eliud Kipchoge, restent fidèles à cette logique : gros volume, un long tempo (parfois 40 km pour un marathonien), une séance de piste et un fartlek hebdomadaire, le tout entouré de footings très lents — ce fameux “Kenyan shuffle” où l’allure, par rapport au potentiel de l’athlète, est étonnamment modeste.
Pour le visiteur, la clé est de ne pas se laisser impressionner par les noms ou la densité du peloton. Dans la plupart des camps, il est possible de se joindre à des groupes plus lents, et l’on trouve aussi des sorties spécialement organisées pour les coureurs amateurs, où l’expérience sociale et paysagère prime sur la performance.
Pédaler au cœur de la Rift Valley : le boom du cyclisme
Si la course reste la vitrine du sport kényan, le cyclisme est en train de s’imposer comme un autre pilier de la culture outdoor. Le pays est perçu comme l’un des nouveaux territoires de l’aventure en Afrique et, chiffres à l’appui, la pratique explose.
Un réseau de centaines de routes et pistes
Les données compilées au niveau national parlent d’elles-mêmes : environ 1 379 itinéraires de cyclisme sont répertoriés à travers le pays, pour un total de plus de 140 000 km tracés. Rien que dans l’agglomération de Nairobi, on dénombre près de 366 itinéraires cumulant près de 62 900 km. La topographie fait la part belle aux routes vallonnées, voire franchement montantes, ce qui contribue à la fois à la difficulté et à l’intérêt sportif.
Les mois les plus prisés pour rouler varient selon les régions, mais on observe un pic d’activité en mars et août au niveau national, et en février et mars à Nairobi. D’autres comtés comme Mombasa, Trans Nzoia, Migori, Machakos ou Vihiga s’affirment aussi comme terrains de jeu prisés.
Une comparaison de quelques parcours célèbres pour illustrer la diversité des expériences de voyage.
L’historique route américaine traversant huit états, de Chicago à Santa Monica, symbole de liberté et d’aventure.
Réseau de chemins de pèlerinage menant à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, parcours spirituel et culturel.
Le célèbre trajet ferroviaire traversant la Russie, de Moscou à Vladivostok, offrant un panorama des vastes paysages.
Route côtière australienne offrant des vues spectaculaires sur l’océan et des formations rocheuses iconiques.
| Itinéraire (exemple) | Région / Comté | Distance approximative | Dénivelé positif (m) | Profil dominant |
|---|---|---|---|---|
| Thogoto – Mutarakwa / Mai Mahiu | Kikuyu, Kiambu | 54 km | ~557 | Collineux |
| Thindigua – Ngong aller-retour | Kiambu / Kajiado | 149 km | ~2 988 | Long, très vallonné |
| Circuit “Nairobi” (urbain) | Nairobi | 35 km | ~213 | Urbain vallonné |
| “The Blasto trail” (Ngong) | Kajiado | 31 km | ~603 | Pistes, singletracks |
| Provincial HQ – Provincial HQ (Garissa) | Garissa | 12 km | ~72 | Plat à légèrement valloné |
Pour le voyageur, ces itinéraires se prêtent aussi bien à des balades tranquilles (boucles courtes à Nairobi ou Garissa, par exemple) qu’à des défis plus soutenus, comme des sorties longues vers Ngong, Limuru ou Naivasha.
Kenya Bike Odyssey : la grande traversée à vélo
Parmi les expériences de cyclisme les plus abouties, la Kenya Bike Odyssey (anciennement Trans-Kenya Bikepacking Route) est devenue une référence. Ce parcours de bikepacking de 1 024 km a été conçu pour être réalisé en 18 jours et suit majoritairement des pistes non goudronnées (environ 80 % de non-asphalte, dont 5 % de singletrack).
Le tracé débute à Nairobi et se termine à Nanyuki, à quelque 200 km au nord, en longeant largement la Rift Valley. Avec un dénivelé positif cumulé d’environ 14 339 m et un point culminant à 2 716 m, la difficulté globale est évaluée à 7/10, ce qui réserve l’itinéraire à des cyclistes déjà bien aguerris.
Ce périple combine des sites naturels (cratère de Menengai, forêt d’Eburru, vallée de Kerio, lacs Naivasha, Elementaita, Bogoria, Baringo) et des réserves culturelles (Soysambu Conservancy, ranch de Kedong). Il traverse également le comté de Laikipia, connu pour ses paysages de savane et ses conservancies privées abritant une faune sauvage abondante.
Pour accompagner ces 18 jours, un découpage type prévoit chaque étape entre villages, camps ou conservancies, souvent avec des contacts locaux pour les autorisations ou les hébergements. Quelques repères :
| Étape (extrait) | De… → à… | Particularités |
|---|---|---|
| Jour 1 | Nairobi → Bamboo Garden | Pentes de Limuru, collines à thé |
| Jour 3 | Lac Naivasha → Earth Camp | Passage par Hell’s Gate National Park, cyclable |
| Jour 5 | Soysambu → cratère Menengai | Panoramas sur la Rift Valley |
| Jour 9 | Forêt de Katimok → Lac Baringo | Options de campement, zones d’observation d’oiseaux |
| Jour 17 | Vers Nanyuki via Borana | Passage par des réserves privées, faune sauvage |
Les recommandations matérielles sont assez claires : VTT avec pneus larges tubeless, système de filtration ou purification de l’eau quasi indispensable, équipements pour nuits fraîches. Le bikepacking se fait généralement en logeant dans des campings ou lodges existants (souvent autour de 5 dollars US la nuit en camping), le bivouac sauvage étant délicat du fait de la présence de faune et de la privatisation des terres.
Cette traversée, au-delà de l’effort physique, offre un condensé du Kenya rural : villages, marchés, fermes, conservancies, pistes surplombant les lacs de la Rift Valley, avec une faune variée (zèbres, girafes, antilopes, phacochères, autruches, singes, parfois éléphants ou buffles).
Clubs, sorties collectives et logistique vélo
L’essor du cyclisme s’appuie aussi sur un vivier de clubs et de groupes communautaires. À Nairobi, des événements comme Critical Mass (sortie mensuelle et gratuite, au départ de Jevanjee Gardens) servent autant de manifeste en faveur du vélo urbain que de rendez-vous convivial. Des clubs comme Spin Kings Kenya, Amani Cycling Club, ou encore Bucketlist Adventures Cycling Club multiplient les sorties hebdomadaires sur route ou en tout-terrain.
Plusieurs structures à Nairobi ciblent des publics ou des pratiques spécifiques. Par exemple, DadaRides et Biking Queens sont des clubs féminins qui promeuvent l’accès des femmes au cyclisme. Le club Karura Riders utilise quant à lui la forêt de Karura comme terrain d’entraînement privilégié. D’autres groupes, comme RDX Express ou Waiyaki Way Cyclists, organisent des sorties structurées le long des grands axes routiers de la ville.
Pour la logistique, on retrouve des boutiques spécialisées telles que Cycling Accessories and Parts à Nairobi (vente, réparation, pièces détachées) ou encore RVO Cycling Kenya, qui combine atelier, vente et conseil sur des parcours comme la Kenya Bike Odyssey. Des sociétés de tourisme, comme Africa Cycling, proposent des circuits encadrés mêlant observation de la faune et vélo, avec possibilité de louer des VTT électriques.
Le football, colonne vertébrale sportive du pays
Sur le plan de la popularité, aucune pratique ne rivalise avec le football. On estime qu’environ 45 % de la population kényane se considère comme fan de ce sport. Il est omniprésent, des terrains en terre battue des bidonvilles aux grands stades nationaux.
Une structure de ligues et une myriade d’académies
Le Football Kenya Federation pilote un système de ligues hiérarchisé, avec au sommet la Kenyan Premier League puis la National Super League, avant des divisions régionales et de comté. Les clubs de l’élite comme Gor Mahia, A.F.C. Leopards ou Tusker F.C. ont de vastes bases de supporters, et les rivalités (à l’image du fameux “Mashemeji Derby” entre Gor Mahia et A.F.C. Leopards) donnent lieu à des ambiances très intenses.
Au-delà du spectacle, le Kenya a développé un réseau dense d’académies utilisant le football comme outil d’éducation, de prévention et d’insertion sociale. Certaines, comme Talanta Africa Football Academy à Kasarani, Elite Soccer Academy, Ligi Ndogo ou Express Soccer Academy à Nairobi, se spécialisent dans la détection et la formation de jeunes talents. D’autres, comme ACAKORO à Korogocho ou Black Cats Football Academy (présente à Nairobi, Embu, Western et Solio), accordent une importance égale aux dimensions sociale et sportive, visant parfois à offrir une issue à la pauvreté.
Ces structures vont souvent bien au-delà des simples entraînements : aide aux devoirs, bourses scolaires, formation à l’informatique (usage, programmation, maintenance), ateliers de compétences de vie (entrepreneuriat, gestion financière, création audiovisuelle), soutien psychologique, suivi familial, aide médicale ou alimentaire, distribution de protections hygiéniques pour les filles… Le critère d’accès est fréquemment lié à la scolarisation et à l’abstinence de drogues, sur le principe : tu joues si et seulement si tu restes à l’école et que tu évites la rue.
Certaines académies adoptent une approche holistique en structurant leurs programmes autour du développement global du joueur (mental, technique, tactique, physique). Elles intègrent des outils technologiques comme l’analyse vidéo des matchs (par exemple avec des caméras Veo) et élargissent leur rayonnement en établissant des partenariats avec des structures à l’étranger, notamment des clubs ou écoles en Europe et en Amérique.
Pour un pratiquant de passage
Pour le voyageur, s’intégrer dans cet écosystème peut passer par des sessions d’entraînement ouvertes dans certaines académies, des matches amicaux informels dans les quartiers, ou plus simplement la participation à des événements communautaires autour du ballon rond. Dans de nombreux villages comme dans les quartiers urbains, il suffit souvent d’apparaître avec une paire de crampons et la volonté de jouer pour se retrouver intégré à un match improvisé.
Pour ceux qui s’intéressent à l’impact social du sport, visiter des académies comme ACAKORO à Korogocho ou Black Cats dans l’ouest du pays permet d’observer comment football et développement humain sont entremêlés au quotidien.
Rugby : du Safari Sevens aux clubs de Nairobi
Le rugby union s’est hissé au rang de deuxième sport le plus populaire derrière le football, en grande partie grâce à la visibilité de l’équipe nationale de rugby à 7, “Shujaa”. Les exploits de cette sélection sur le circuit mondial, notamment une victoire prestigieuse lors du Singapore Sevens en 2016, ont placé le Kenya sur la carte du rugby international.
Une culture du sept et du quinze
La Rugby Football Union of Kenya existe depuis les années 1920, mais le rugby était à l’origine surtout pratiqué par les expatriés. À partir des années 1970, la création de clubs comme Mean Machine RFC ou Mwamba RFC a entraîné une africanisation progressive de la discipline. Aujourd’hui, le sport est quasi exclusivement joué par des Kényans, des écoles primaires jusqu’aux universités, et la base est très large : plus de 40 clubs, autour de 40 000 joueurs dont près de 30 000 adolescents, et environ 3 000 femmes.
La Coupe Enterprise, l’une des compétitions majeures du rugby kenyan, existe depuis cette année.
Pour un amateur de rugby, assister à un match de Kenya Cup au RFUEA Grounds, au Bull Ring de Kakamega ou au stade de Nakuru est une expérience forte : tribunes pleines, ambiance sonore, proximité du terrain et jeu extrêmement physique.
Safari Sevens et nouvelle ère des tournois mondiaux
L’événement phare reste le Safari Sevens, tournoi qui réunit chaque année à Nairobi ou Machakos des équipes nationales, sélections de clubs et représentants régionaux. Shujaa y a remporté le titre à de multiples reprises, et la compétition s’est imposée comme un rendez-vous de référence en Afrique.
Le tournoi HSBC Nairobi Sevens devrait générer entre 400 et 700 millions de shillings kenyans de retombées économiques locales.
Pour un pratiquant ou un fan, c’est l’assurance de pouvoir, à court terme, assister à des tournois de très haut niveau ou participer, en amont, à toute une série de festivals, clinics et programmes de formation associés à cette montée en puissance.
Rugby scolaire et féminin
Le paysage du rugby au Kenya est relativement original par la place donnée aux écoles et aux jeunes. Le rugby à XV a été formellement intégré aux compétitions des lycées en 1990 et des écoles primaires en 2008, tandis que le sevens est officiellement pratiqué dans le secondaire depuis 2004. Des tournois emblématiques comme le St Mary’s Blackrock Festival servent depuis plus de 25 ans de vitrine et de plateforme de détection.
Du côté féminin, l’équipe nationale, les Lionesses, s’est imposée sur le continent et participe au circuit Challenger de World Rugby. Des clubs comme Mwamba ont bâti des sections féminines compétitives, et la fédération a mis en place un comité dédié au développement du rugby des femmes, accompagnant par exemple des festivals de rugby féminin sur la côte ou des projets de participation des filles dans les écoles.
Sports nautiques, baignade sauvage et Kenya Beach Games
Avec ses lacs de la Rift Valley, ses rivières et son littoral sur l’océan Indien, le Kenya est aussi une destination de choix pour la natation en eau libre et les sports nautiques.
La baignade sauvage, des lacs aux rivières
La “wild swimming”, ou baignade sauvage, a une longue tradition au Kenya. Depuis des générations, les communautés locales utilisent rivières, lacs et bras de mer pour se laver, se déplacer, pêcher et, de plus en plus, pour se détendre ou faire du sport. Aujourd’hui, cette pratique attire autant les Kényans urbains en quête de nature que les visiteurs étrangers.
Les options sont nombreuses :
Le lac Naivasha permet de nager, de faire des balades en bateau vers des baies isolées, d’observer les oiseaux et de se promener à pied dans le sanctuaire de Crescent Island. Le parc national de Hell’s Gate, au sud, combine randonnée, cyclisme, escalade et baignade dans des zones aménagées. Plus au nord, les lacs Bogoria (sources chaudes, geysers), Baringo (activités nautiques, visites culturelles chez les Njemps), Elementaita (paysages paisibles, flamants) et Nakuru (faune ‘big five’ à proximité) offrent chacun une expérience distincte. Dans des zones reculées comme les lacs Turkana ou Logipi, la baignade ou les sports nautiques s’accompagnent d’une immersion culturelle forte, mais nécessitent une logistique adaptée (4×4, guides, parfois avion léger). Enfin, le fleuve Tana, le plus long du pays, propose de nombreux trous d’eau et sections propices à la nage.
À la côte, des plages comme Diani invitent à la natation en mer, au kayak, au stand up paddle ou à d’autres sports de glisse. Partout, la sécurité reste un sujet central : se renseigner sur les courants, éviter les zones à hippopotames ou crocodiles, ne pas nager seul, choisir des tronçons balisés lorsque c’est possible.
Kenya Beach Games : un laboratoire multisports
La montée en puissance de ces activités se voit aussi à travers les Kenya Beach Games, organisés par le Comité National Olympique (NOC-K). Lors de la deuxième édition, à Malindi, sur le front de mer de Buntwani, pas moins de 1 600 athlètes ont participé dans 14 disciplines : aquathlon, cyclisme, beach wrestling, aviron de sprint, kayak, natation en eau libre, judo, basket 3×3, beach soccer, beach handball, beach tennis, beach volley, taekwondo, hockey de plage, et même baseball 5.
En amont de l’événement, le NOC-K a formé une soixantaine d’administrateurs de comtés. Le rendez-vous inclut des tournois de beach soccer (avec des équipes comme Mombasa Heroes, Watamu ou MTG United, tenantes du titre chez les femmes), de beach handball, de lutte et de hockey de plage, illustrant comment les sports classiques s’adaptent à l’environnement côtier.
Pour un pratiquant, ces Jeux offrent une vitrine idéale pour découvrir ou tester différentes disciplines dans un même lieu, sur quelques jours : enchaîner une course d’aquathlon, un tournoi de basketball 3×3, un atelier de judo et un match de beach tennis est littéralement possible sur un seul et même front de mer.
Beach volley et footvolley : la plage comme terrain d’expérimentation
Le développement des sports de plage ne se limite pas à la natation et au beach soccer. Le beach volley et le footvolley sont en plein essor, soutenus par des structures bien organisées.
Un circuit national de beach volley très structuré
La Fédération kényane de volley-ball (KVF) supervise un circuit national de beach volley avec plusieurs étapes (ou “legs”) organisées dans différents comtés. On retrouve, par exemple, une manche à Tiwi Beach Resort à Diani (Kwale), une autre à Muhuru Bay, sur le lac Victoria, ou encore à Wote, dans le comté de Makueni, où un “plage artificielle” a été aménagée sur le terrain d’une école primaire.
Ces compétitions appliquent les règles internationales de la FIVB et se caractérisent par des frais d’inscription abordables, des tirages au sort préalables, des récompenses financières pour les meilleures équipes et des médailles pour les podiums. Le vivier est compétitif, avec des paires féminines comme Gaudencia Makokha – Phoscah Kasisi et Veronica Adhiambo – Naomie Too, et des duos masculins tels que Richard Amutalla – Sammy Oseko ou le duo Trailblazers (David Naeke et Julliard Mbappe), qui se distinguent régulièrement ou sur des étapes spécifiques.
Le cas de Makueni est particulièrement révélateur : ce comté, qui a accueilli des tournois sur sable artificiel dès 2019, est désormais pressenti pour recevoir des Jeux de zone impliquant une douzaine de pays africains, la qualité de son sable ayant été saluée par les responsables fédéraux.
Parallèlement, la KVF investit dans la formation : plus de 25 entraîneurs spécialisés en beach volley ont été formés, dont 23 à l’occasion d’une clinique internationale animée par un technicien espagnol à l’université Strathmore. Quatre arbitres de beach officiellement formés (dont Judy Tarus) officient sur les compétitions, et certains ont été envoyés en formation en Gambie. Le beach volley a même été introduit dans les compétitions de lycées, avec la création de terrains dans des lieux inattendus comme Kakamega (utilisé aussi par l’université Moi) ou un lycée de Nandi.
Footvolley : un nouveau venu déjà très actif
Né sur les plages du Brésil, le footvolley — mélange de volley-ball de plage et de football, joué avec les pieds, la tête et la poitrine plutôt qu’avec les mains — a trouvé au Kenya un terrain favorable via la Kenya Footvolley League (KFL), fondée en 2023.
La Kenya Footvolley League (KFL) s’est rapidement développée, avec des programmes dans plusieurs régions et des équipes dans 18 comtés. L’organisation de tournois locaux et régionaux est régulière, et une équipe nationale a déjà participé à un tournoi international au Ghana. Le recours à des entraîneurs européens (Finlande, Autriche) dans les camps démontre une volonté d’atteindre rapidement les standards internationaux.
Particularité intéressante : la KFL travaille avec la Klin Beach Foundation, qui utilise le sport comme vecteur d’engagement des jeunes et d’actions environnementales, notamment des opérations de nettoyage des plages. Pour un visiteur intéressé, rejoindre une session de footvolley à Mombasa ou Diani, c’est à la fois pratiquer un sport spectaculaire et participer à un effort collectif en faveur du littoral.
Escalade, randonnée et multi-activités : du Hell’s Gate au mont Kenya
La combinaison de la Rift Valley, des parcs nationaux et des montagnes fait du Kenya un terrain naturel pour le trekking, l’escalade, le VTT et les sports de montagne.
Hell’s Gate, un terrain d’aventure complet
Situé au sud du lac Naivasha, le parc national de Hell’s Gate a une particularité rare au Kenya : il autorise le cyclisme et des formes d’exploration active. On y pratique la randonnée, le VTT, l’escalade sur des formations volcaniques comme la célèbre Fischer’s Tower, et parfois la baignade dans des piscines naturelles ou des sources chaudes à proximité.
Dans le cadre du lac Naivasha au Kenya, le paysage, qui mêle gorges, falaises et prairies, permet une expérience de randonnée variée. Il est possible de faire du vélo au milieu de zèbres et de gazelles, puis de pratiquer l’escalade sur des parois de basalte, avant de terminer par une promenade en bateau sur le lac lui-même.
Mont Kenya, alpinisme et trekking d’altitude
Deuxième sommet d’Afrique (5 199 m), le mont Kenya est à la fois un haut lieu de trekking et un terrain d’alpinisme technique. Le parc national qui entoure le massif, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, attire environ 16 000 visiteurs par an, dont 15 000 tentent l’ascension d’au moins un de ses sommets principaux.
Les trois cimes emblématiques sont Batian (5 199 m), Nelion (5 188 m) et la Pointe Lenana (4 985 m). Les deux premières exigent une véritable compétence d’alpiniste (escalade rocheuse, souvent en conditions mixtes), tandis que la Pointe Lenana est accessible aux trekkeurs expérimentés, sans nécessité de grimpe technique. Le taux de réussite pour Lenana tourne autour de 60 %.
Découvrez les principaux sentiers et parcours pour pratiquer la randonnée.
Traversée mythique de la Corse, réputée pour son dénivelé et ses paysages spectaculaires.
Parcours circulaire emblématique autour du plus haut sommet d’Europe, à la frontière de trois pays.
Réseau de chemins de pèlerinage historiques convergeant vers la Galice en Espagne.
Itinéraire longeant les côtes bretonnes, offrant des vues imprenables sur la mer.
| Itinéraire principal | Longueur approx. | Dénivelé / caractéristiques | Public cible |
|---|---|---|---|
| Naro Moru | ~25 km | Plus direct, “Vertical Bog” exigeant | Trekkeurs sportifs, montée rapide |
| Sirimon | ~29 km | Pente régulière, bonne acclimatation | Randonneurs prudents, progression douce |
| Chogoria | ~40 km | Le plus panoramique, sans refuges officiels | Amateurs de paysages, autonomie en tente |
| Burguret | ~25 km | Peu fréquenté, navigation plus complexe | Trekkeurs expérimentés, recherche de solitude |
Les règles sont strictes: interdiction de partir seul, obligation d’être accompagné d’un guide agréé Kenya Wildlife Service, entrée et sortie du parc limitées à la journée. Les refuges (Mackinder’s Camp, Shipton’s, Austrian Hut, entre autres) appartiennent à des acteurs privés et doivent être réservés, mais offrent des bases confortables pour étager l’ascension.
L’expérience est exigeante : variations climatiques rapides, températures négatives la nuit, risque de mal aigu des montagnes. Sur le plan sportif, il s’agit d’un beau défi d’endurance, surtout en combinant montée, traversée par le Peak Circuit Path (sentier de 10 km qui fait le tour des sommets principaux avec plus de 2 000 m de dénivelé cumulé) et redescente par un autre versant.
Arts martiaux et sports de combat : un ancrage africain, une pratique moderne
Les sports de combat font également partie du paysage sportif kényan, tant sous la forme de disciplines modernes (judo, karaté, taekwondo, kickboxing, Krav Maga, etc.) que via un intérêt croissant pour les arts martiaux africains.
À Nairobi, l’organisation Zettu Unified Martial Arts (ZUMA) propose un large panel de disciplines (Tong-Il Moo-Do, Krav Maga, judo, kickboxing, taekwondo, aikido, karaté) à des publics variés : particuliers, salles de sport, écoles, entreprises, ainsi que des corps spécialisés (sécurité, police, armée). Son approche met l’accent sur la condition physique globale, la confiance, la discipline, le respect et la maîtrise de soi, à travers un code de conduite centré sur l’éthique et le développement à la fois mental et physique.
Pour un pratiquant étranger, une séance dans l’un de ces clubs permet de toucher du doigt la façon dont les arts martiaux se sont insérés dans la société urbaine kényane : mélange de techniques venues d’Asie, adaptation à des réalités locales de sécurité, et parfois intégration de mouvements inspirés d’arts africains (par exemple dans certains systèmes néo-africains).
Sports traditionnels et événements culturels : une autre manière de faire du sport
Aux côtés des sports modernes, le Kenya nourrit aussi une riche tradition de jeux et de pratiques physiques plus ou moins ritualisées. Certaines s’apparentent à de véritables sports à part entière.
Le Kenya possède une riche diversité de jeux et sports traditionnels. Parmi eux, la lutte pratiquée par les jeunes hommes de 15 à 35 ans dans l’ouest du pays, régie par des règles strictes interdisant l’alcool, la drogue, les morsures et les coups aux parties génitales. Les communautés pastorales comme les Pokot ou les Samburu pratiquent des combats de bâtons. On trouve également des jeux de stratégie comme le mancala, appelé bao sur la côte ou shisima ailleurs. Enfin, le saut vertical des Maasai est une pratique spectaculaire qui joue un rôle important dans la reconnaissance sociale et le prestige masculin.
Maasai Olympics : transformer une tradition en compétition sportive
L’un des projets les plus emblématiques de cette rencontre entre tradition et sport moderne est sans doute les Maasai Olympics. Historiquement, la chasse au lion constituait un rite de passage chez les guerriers Maasai. Avec la diminution drastique des populations de félins, des anciens de la communauté de la zone Amboseli/Chyulu/Tsavo ont travaillé à transformer ce rite en compétition sportive.
Depuis 2012, tous les deux ans, des équipes de guerriers Maasaï s’affrontent dans des épreuves inspirées de leurs compétences traditionnelles : courses de 200, 800 et 5 000 m, lancer de javelot pour la distance, lancer de rungu (massue en bois) pour la précision, et saut en hauteur sur place. Les jeunes femmes participent également à des courses de 100 et 1 500 m, leur rôle étant considéré comme crucial pour soutenir et encourager ce changement de mentalité.
Les vainqueurs reçoivent médailles et récompenses, et l’équipe gagnante se voit remettre un taureau reproducteur, ressource économique majeure. Des enquêtes réalisées auprès des guerriers ayant pris part à l’édition 2016 montrent qu’une large majorité (84 %) considère ces Jeux comme une bonne ou très bonne alternative à la chasse au lion. Sportivement, l’événement se situe quelque part entre meeting d’athlétisme, joutes traditionnelles et festival culturel ; sur le plan de la conservation, il incarne une stratégie innovante pour lier sauvegarde de la faune et affirmation identitaire.
Comment profiter de cette richesse sportive quand on voyage au Kenya ?
Pour un visiteur, l’offre peut paraître foisonnante. Mais il est tout à fait possible de composer un séjour qui combine plusieurs des grandes pratiques populaires du pays, en fonction de ses goûts et de son niveau sportif.
Un voyage type peut s’articuler autour d’un séjour de course à pied ou de vélo dans la Rift Valley (Eldoret, Iten, Naivasha, Hell’s Gate), suivi d’une immersion urbaine à Nairobi avec une sortie Critical Mass ou une séance dans un club d’arts martiaux, puis de quelques jours sur la côte pour découvrir les sports de plage (natation en eau libre, beach volley, footvolley, beach soccer) ou participer à un festival multisports comme les Kenya Beach Games.
En parallèle, assister à un match de football de Kenyan Premier League, à une rencontre de Kenya Cup ou à un tournoi de rugby à 7 comme le Safari Sevens donne un aperçu de la ferveur sportive locale. Et pour les plus curieux de culture, intégrer une visite autour des jeux traditionnels (bao, lutte, saut Maasai, éventuellement une édition des Maasai Olympics) permet de saisir une autre dimension du rapport kényan au sport : non plus seulement performance et compétition, mais aussi transmission, statut social, lien au territoire et à la faune.
Le Kenya offre un terrain de jeu unique, alliant sports d’élite mondiaux et pratiques locales. On y trouve des marathons parmi les plus rapides du monde, du football, du rugby, de la randonnée en montagne, de la plongée dans des lacs alcalins, des sports traditionnels comme le combat de bâtons, et des activités balnéaires comme le beach-volley sur des plages préservées. Cette diversité reflète les contrastes et la richesse du pays.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Kenya, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Kenya pour sa fiscalité compétitive sur les revenus étrangers correctement structurés, l’absence d’ISF, un coût de vie nettement inférieur à celui de Paris (notamment à Nairobi ou Mombasa) et l’accès à une place financière régionale dynamique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence et permis appropriés, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, gestionnaires kenyans bilingues) et intégration patrimoniale. Ce type d’accompagnement permet de réduire fortement la pression fiscale, d’optimiser la transmission et de maîtriser les risques (contrôles français, double imposition FR‑KE, adaptation culturelle et sécurité).
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