Créer son entreprise à l’étranger : le pari entrepreneurial à Wallis et Futuna

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer sous les tropiques pour lancer sa boîte, tout en restant dans le cadre juridique français et dans un environnement fiscal quasi sans impôts directs, cela ressemble à une promesse de brochure touristique. Pourtant, c’est exactement ce que propose Wallis et Futuna aux entrepreneurs, y compris expatriés. Encore très peu connue, cette collectivité française du Pacifique combine stabilité politique, fiscalité ultra légère et marché presque vierge sur de nombreux secteurs.

Bon à savoir :

Créer une entreprise à Wallis et Futuna nécessite une préparation minutieuse en raison d’un système économique très administré, de la présence d’un seul établissement bancaire, d’une forte culture coutumière et des contraintes logistiques insulaires. Ce guide offre une vision réaliste et opérationnelle aux porteurs de projet expatriés.

Comprendre le terrain de jeu économique

Avant de penser statuts ou business plan, il faut saisir la logique du territoire. Wallis et Futuna est une collectivité d’outre‑mer régie par le droit français, avec en parallèle un système coutumier très influent. L’économie reste dominée par le secteur public et par une logique d’“économie administrée”.

En 2005, le PIB était estimé à 150 millions d’euros, soit environ 10 100 euros par habitant. On compte environ 11 000 habitants sur trois îles principales, dont une large part de jeunes : près de 40 % de la population avait moins de 20 ans au dernier recensement disponible, et environ 48,2 % ont entre 20 et 59 ans. Pourtant, le nombre de salariés déclarés reste faible : 2 065 inscrits auprès de la sécurité sociale locale, auxquels s’ajoutent 381 agents de l’État cotisant en France.

Attention :

L’économie est principalement fondée sur l’agriculture vivrière, la pêche et l’artisanat. Le secteur privé est caractérisé par une prédominance de micro-entreprises, peu structurées et de petite taille. Une grande partie des activités formelles, identifiées par les licences professionnelles, se concentre dans les secteurs du commerce et des autres services marchands.

Voici la structure approximative du tissu productif local :

Secteur d’activitéPart des entreprises licenciées
Commerce31 %
Autres services marchands28 %
Ressources (agriculture, élevage, forêt, pêche)19 %
Artisanat / métiers d’art12 %
Construction11 %
Production d’eau et d’électricité0,5 %

Environ 650 professionnels sont titulaires d’une licence d’activité, les deux tiers sur Wallis, un tiers sur Futuna. Autrement dit : le marché est petit, mais peu concurrentiel, et de nombreux besoins du quotidien sont couverts par les importations ou restent tout simplement non satisfaits.

Pour un expatrié, cela signifie qu’il faut penser moins en volume qu’en niche, en complémentarité avec les services publics, et en s’ancrant dans les priorités fixées par l’Assemblée territoriale : développement des ressources (agriculture, pêche), soutien au tissu local, transition énergétique, tourisme, économie numérique et préservation de la biodiversité.

Un cadre légal français… avec des spécificités locales

Sur le plan juridique, créer une société à Wallis et Futuna revient à travailler dans le cadre du Code civil et du Code de commerce français, avec quelques adaptations locales. La collectivité est régie par son statut spécifique, mais les grandes règles de droit des affaires sont celles connues en métropole.

Les formes juridiques classiques existent :

Forme d’entrepriseCaractéristiques principales pour un expatrié
Entreprise individuelleSimplicité, responsabilité illimitée
SARL (Société à responsabilité limitée)Structure la plus courante, risque limité au capital
SAS / SAPlus lourdes, adaptées à projets d’envergure
CoopérativeIntéressante pour projets agricoles / pêche
Société de personnes (partenariat)Partage de responsabilité et de gestion

Les étrangers sont autorisés à détenir et créer des sociétés, sans restriction générale sur la propriété du capital, sous réserve des réglementations sectorielles (notamment sur le foncier, régi en grande partie par le droit coutumier). Les démarches suivent la logique française :

Exemple :

Pour créer une entreprise à Mayotte, plusieurs démarches administratives spécifiques sont requises. Il faut d’abord publier un avis de constitution dans le Journal officiel local. Ensuite, l’entreprise doit être immatriculée au Registre du commerce et des sociétés (RCS) afin d’obtenir son extrait Kbis. Une inscription au bureau des licences (également appelé office des patentes) est également nécessaire. Enfin, il convient de procéder au paiement des droits correspondants auprès du Trésor public pour finaliser le processus.

Les entreprises doivent également obtenir un numéro d’identification (type SIREN) auprès de l’administration fiscale française et se conformer aux législations nationales sur la protection du consommateur, les marchés financiers, l’assurance, etc.

La Chambre de Commerce, d’Industrie, des Métiers et de l’Agriculture (CCIMA) joue ici un rôle central : elle fait à la fois office de chambre de commerce, de métiers et d’agriculture, et devient votre premier interlocuteur pour vous orienter dans les formalités, les formations et les dispositifs d’aide.

Fiscalité : un quasi paradis pour les entrepreneurs

L’un des atouts les plus spectaculaires de Wallis et Futuna pour un créateur d’entreprise réside dans son régime fiscal. Le territoire se distingue par l’absence de la plupart des principaux impôts qui pèsent habituellement sur les entreprises et les particuliers.

Voici une synthèse du cadre fiscal local :

Impôt / contributionSituation à Wallis et Futuna
Impôt sur le revenuAucune imposition locale
Impôt sur les sociétésInexistant
TVA ou taxe sur la valeur ajoutéeNon appliquée
Impôt sur la fortune / patrimoineInexistant
Impôt sur les plus‑valuesInexistant
CSG / CRDS (contributions nationales)Non dues par les résidents
Taxe foncière classiqueNon pratiquée dans le schéma métropolitain
Fiscalité locale principaleDroits de douane et taxes indirectes
Licence professionnelleOui, due selon secteur d’activité

L’essentiel des recettes de la collectivité provient de la taxation à l’importation (environ 2,5 milliards XPF par an). Concrètement, pour un entrepreneur expatrié :

vos bénéfices ne sont pas frappés par un impôt sur les sociétés local ;

vos revenus ne sont pas taxés par un impôt sur le revenu local ;

il n’existe pas de TVA, ce qui simplifie la facturation.

En revanche, cette légèreté fiscale est compensée par des prélèvements à l’entrée du territoire. Tout ce qui est importé à des fins professionnelles supporte :

une taxe d’entrée (en moyenne 20 % de la valeur) ;

des droits de douane (en moyenne 10 %) ;

des frais proportionnels (environ 2 %).

L’autre coût à intégrer est celui de la licence professionnelle, obligatoire pour exercer, dont le montant dépend du secteur. C’est un peu l’équivalent d’une patente ou d’une taxe professionnelle simplifiée.

Ce régime très attractif pour les sociétés explique que certains armateurs ou sociétés extérieures choisissent d’être immatriculés sur le territoire. Mais il impose, pour un expatrié, un travail fin de chiffrage importations/marges, notamment dans le commerce, l’hôtellerie‑restauration et la construction.

Protection sociale locale et coût du travail

Si la pression fiscale est extrêmement basse, il existe en revanche des cotisations sociales spécifiques, versées à la Caisse de prévoyance sociale de Wallis et Futuna (CPSWF). Le territoire dispose de son propre régime de retraite et de prestations familiales, distinct du régime général français.

Depuis 2020, les taux se stabilisent autour des niveaux suivants :

Cotisation sociale (2020)Part employeurPart salarié
Retraite14 %6 %
Prestations familiales6 %0 %
Total charges sociales principales20 %6 %

Le salaire minimum interprofessionnel (SMIG) est de 90 000 XPF par mois, soit environ 750 euros. Le niveau de charges reste inférieur à celui de la métropole, tout en garantissant un accès gratuit pour les résidents aux soins et aux médicaments, ainsi qu à une scolarité gratuite jusqu’au baccalauréat.

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Le coût du travail pour un employeur expatrié combine plusieurs facteurs, mais aucun chiffre spécifique n’est fourni dans le contenu.

un salaire minimal en XPF relativement modéré au regard des standards européens ;

des charges sociales encadrées ;

l’absence de taxe sur les salaires ou autres contributions nationales type CSG.

Ce cadre social renforce l’attractivité du territoire pour des activités de services ou de production nécessitant de la main‑d’œuvre, à condition de bien prendre en compte la taille limitée du vivier de compétences et l’absence d’enseignement supérieur sur place.

Banques, financement et réalité du crédit

L’un des paradoxes majeurs de Wallis et Futuna, pour un entrepreneur, est de bénéficier d’un ancrage bancaire français… tout en faisant face à un sous‑développement marqué du crédit privé.

La seule banque de détail est la Banque de Wallis et Futuna (BWF), filiale de BNP Paribas. Le système bancaire est pleinement intégré au dispositif français, sous le contrôle de la Banque de France et de l’Institut d’émission d’outre‑mer (IEOM), qui gère aussi la monnaie : le franc Pacifique (XPF), arrimé à l’euro à un taux fixe (1 000 XPF = 8,38 euros, soit environ 119,33 XPF pour 1 euro).

Astuce :

Pour les expatriés titulaires d’un compte bancaire français, les retraits d’espèces aux distributeurs automatiques en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna ne sont soumis à aucun frais de change ni commission supplémentaire. Ceci est possible grâce à la parité fixe entre l’euro et le franc Pacifique (XPF).

Mais l’environnement bancaire présente plusieurs freins :

faible bancarisation : moins d’un compte à vue pour deux habitants ;

– rareté des distributeurs automatiques (un seul DAB sur Wallis, un sur Futuna, un deuxième DAB est annoncé) ;

– culture du crédit professionnel limitée, avec des encours de prêts faibles par rapport aux dépôts (les crédits représentaient 42 % des dépôts en 2023, contre 90 à 110 % en Nouvelle‑Calédonie ou Polynésie).

Les difficultés du crédit professionnel

Principaux obstacles rencontrés par les entreprises, notamment en contexte de foncier coutumier et de petite taille.

Absence de garanties réelles

Difficulté à fournir des garanties conventionnelles en raison du statut coutumier des terres, limitant l’accès au financement.

Comptabilité inexistante

Beaucoup de petites entreprises ne tiennent pas de comptabilité formelle, ce qui complexe l’analyse de leur santé financière par les prêteurs.

Taille minuscule des projets

Le faible montant et l’envergure réduite des projets les rendent moins attractifs ou moins viables pour les institutions financières classiques.

Manque de structuration du secteur privé

Un secteur privé peu organisé ou formalisé, affaiblissant sa capacité collective à négocier et à sécuriser des financements.

Résultat : nombre de cadres et de salariés choisissent de domicilier leurs revenus sur des comptes en Nouvelle‑Calédonie, en Polynésie ou en métropole, et les créateurs d’entreprises doivent composer avec un accès au crédit bancaire tardif et sélectif. À noter que, pour solliciter un crédit professionnel classique, il faut en général deux années d’activité et des comptes certifiés par un expert‑comptable.

Microcrédit : le vrai levier de départ pour les petits projets

Dans ce contexte, la présence d’un acteur de microfinance comme l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) change la donne pour de nombreux micro‑entrepreneurs, y compris expatriés bien intégrés localement.

Installée à Wallis depuis 2009 et à Futuna depuis 2013, l’Adie accorde des microcrédits professionnels pour la création ou le développement d’activités, et des microcrédits salariés pour les personnes du secteur privé. Les prêts sont garantis par un fonds spécifique (FGTPE/SOGEFOM, géré par l’AFD) et s’accompagnent d’un accompagnement personnalisé.

Le dispositif se structure ainsi :

Type de microcrédit AdieMontant max.Durée max.Taux indicatif*
Microcrédit professionnel1,8 million XPF48 moisenv. 9,84 %
Microcrédit salarié550 000 XPF36 moisproche du pro
Prêt d’honneur à taux 0 (marginal)500 000 XPFVariable0 %

Un prêt conclu début août 2023 était à 9,84 %.

Bon à savoir :

Chaque prêt nécessite un garant tiers et peut être renouvelé à condition que le total des prêts en cours ne dépasse pas 1,8 million XPF. L’Adie présente un faible taux de défaut (entre 3% et 5%) et un taux d’acceptation très élevé, avec près de 90% des dossiers aboutis, y compris pour les bénéficiaires non bancarisés (40% des cas).

L’activité de microfinance est en forte expansion : en 2022, 160 prêts ont été octroyés pour un total de 131 millions XPF, avec une croissance annuelle d’environ 17 % en nombre et 24 % en montants. L’encours géré dépasse désormais 130 millions XPF, avec une progression de près de 20 % par an depuis 2017.

Les financements ciblent majoritairement des projets de terrain :

agriculture, pêche, entretien d’espaces verts (34 % des prêts) ;

commerce (18 %) ;

hôtellerie‑restauration (14 %) ;

artisanat (12 %) ;

bâtiment (7 %), transport (3 %), culture (2 %).

Pour un expatrié souhaitant lancer une petite structure (pension de famille, atelier artisanal, services numériques, petite exploitation agricole en partenariat avec des familles locales), l’Adie peut constituer un tremplin pour financer du matériel : moteur de bateau, stock de tissus, tondeuses, machines à coudre, outillage de chantier, etc.

En revanche, dès que les besoins dépassent 1,8 million XPF, il faut se tourner vers d’autres solutions.

Les nouveaux outils de financement : Initiative Wallis‑et‑Futuna et aides publiques

Conscients que le plafond du microcrédit ne suffit plus pour les entreprises en phase de croissance, les acteurs publics ont lancé la création d’“Initiative Wallis‑et‑Futuna”, une association de type plateforme d’initiative locale.

Bon à savoir :

Ce dispositif vise à compléter les financements pour les besoins supérieurs à 2 millions XPF. Il propose des prêts d’honneur à taux zéro et sans garantie personnelle, qui doivent obligatoirement être associés à un prêt bancaire d’au moins le même montant. L’objectif est de renforcer les fonds propres des porteurs de projet pour sécuriser le financement bancaire et finaliser le plan de financement de projets de création, reprise ou développement d’entreprise plus importants.

Cette nouvelle structure s’ajoute aux dispositifs déjà gérés par la collectivité, notamment le Code territorial des investissements (CTI). Ce dernier permet de subventionner jusqu’à 40 % du montant des investissements éligibles, dans la limite de 4 millions XPF, et offre plusieurs avantages :

Avantages Fiscaux et Financiers

Mesures d’accompagnement pour soutenir les projets éligibles

Exonération des cotisations

Remboursement intégral des cotisations patronales pendant deux ans pour les emplois concernés

Réduction des droits à l’importation

Réduction de 50 % des droits et taxes à l’importation sur les équipements du projet

Soutien à la trésorerie

Aide à la trésorerie via la prise en charge de 30 % des intérêts des prêts bancaires afférents

À ces aides s’ajoutent des subventions plus classiques, accordées par l’Assemblée territoriale, représentant chaque année plusieurs dizaines de millions de francs Pacifique pour soutenir l’activité locale.

Pour des projets industriels ou immobiliers plus lourds, la loi Girardin (programme d’investissement outre‑mer) permet à des contribuables français de financer jusqu’à 35,87 % du coût total via une réduction d’impôt, en échange de la mise à disposition de matériels ou logements dans les territoires ultramarins, y compris Wallis et Futuna. Un levier intéressant pour monter des dossiers en partenariat avec des investisseurs métropolitains.

S’implanter comme expatrié : démarches, visas et ancrage local

L’avantage de travailler dans un territoire français est que les conditions d’entrée et de séjour suivent le droit commun : pour de nombreuses nationalités (dont tous les pays de l’UE, les États‑Unis, le Canada, le Royaume‑Uni, etc.), un court séjour n’exige pas de visa spécifique. Mais pour entreprendre durablement, il faut disposer d’un statut de séjour et de travail compatible (visa long séjour, titre de séjour français, détachement, etc.), à vérifier auprès des consulats français et de la préfecture de Wallis et Futuna.

Exemple :

Les grandes étapes d’implantation d’un entrepreneur peuvent être résumées ainsi : l’identification d’une opportunité, la validation du marché, la création d’un business plan, la recherche de financement, le choix d’une structure juridique, le lancement opérationnel et la croissance de l’entreprise.

1. Clarifier son statut de séjour (visa, titre de séjour, éventuel permis de travail). 2. Choisir la forme juridique de l’entreprise et rédiger les statuts si société. 3. Publier l’avis de constitution au Journal officiel local. 4. Immatriculer la structure au RCS pour obtenir un Kbis. 5. Obtenir la licence professionnelle auprès du bureau des patentes. 6. S’enregistrer auprès de la CPSWF comme employeur le cas échéant. 7. Ouvrir un compte bancaire (à la BWF ou via une banque française opérant à distance). 8. Demander, lorsque c’est pertinent, les aides du CTI, l’accompagnement de la CCIMA, et éventuellement un microcrédit Adie ou un prêt d’honneur Initiative.

Bon à savoir :

Il est conseillé de contacter la CCIMA dès le début de votre projet. Cette chère de commerce propose un guichet unique pour les formalités administratives, des services de comptabilité en abonnement et des formations pour renforcer vos compétences entrepreneuriales.

Au‑delà des démarches, la réussite d’un expatrié passe par un ancrage fin dans la société locale, structurée autour des chefferies traditionnelles, de la paroisse, des familles élargies et des associations. Sans comprendre la logique du “partage” et de la réciprocité, il est difficile d’inscrire son activité dans le temps.

Sectors porteurs : où un expatrié a‑t‑il une vraie carte à jouer ?

L’Assemblée territoriale a clairement identifié plusieurs axes prioritaires de développement à l’horizon 2030, qui recoupent d’ailleurs les besoins concrets du territoire. Pour un porteur de projet expatrié, ces secteurs concentrent l’essentiel des opportunités.

Ressources : agriculture, pêche, espaces verts

Le secteur des ressources (agriculture, élevage, forêt, pêche) représente déjà 19 % des entreprises licenciées, mais il reste très largement tourné vers l’autoconsommation. Les sols et le climat se prêtent à de nombreuses cultures tropicales (taro, igname, bananes, fruits à pain, noix de coco, mais aussi café ou cacao), et la zone économique regorge de ressources halieutiques, notamment en thon.

Des idées de projets réalistes pour un expatrié, souvent en partenariat avec des familles locales :

petites unités de transformation agroalimentaire (séchage de fruits, confitures, jus, coprah amélioré, produits à base de coco) ;

valorisation de la pêche (filetage, fumage, surgélation, circuits courts vers la restauration et les futures structures touristiques) ;

– entreprises d’entretien d’espaces verts, un segment déjà dynamique (64 très petites entreprises en 2022) mais souvent sous‑équipé, que le microcrédit permet justement d’outiller.

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C’est le pourcentage des prêts de la microfinance Adie qui sont consacrés aux activités de pêche et d’aquaculture.

Tourisme et hébergement : un potentiel encore presque vierge

Wallis et Futuna sont souvent décrites comme un “paradis naturel peu fréquenté”, avec lagon préservé, îlots, plages, faible criminalité, traditions vivaces et climat agréable entre 25 °C et 30 °C toute l’année. Le territoire dispose d’un aéroport international (Wallis‑Hihifo) et se trouve au carrefour de marchés touristiques puissants : Fidji, Nouvelle‑Calédonie, Australie, Nouvelle‑Zélande.

Pour l’instant, le tourisme reste très peu développé : pas de grands hôtels, une offre d’hébergement limitée, quelques pensions de famille, aucune fréquentation de masse. C’est à la fois un défi (absence d’écosystème, liaisons aériennes peu fréquentes) et une opportunité énorme pour qui sait jouer la carte de l’authenticité et de l’écotourisme.

Un expatrié peut imaginer : un nouveau mode de vie, des découvertes culturelles, un développement personnel, et des opportunités professionnelles qui s’offrent à lui dans un pays étranger.

Offres d’hébergement et d’activités

Découvrez les services intégrés proposés pour une expérience authentique et connectée au village.

Hébergement écoresponsable

Séjournez dans des maisons d’hôtes ou écolodges en symbiose avec la chefferie coutumière.

Activités guidées

Participez à des randonnées, sorties lagon et découvertes culturelles avec des guides locaux.

Restauration & ateliers

Savourez une restauration valorisant les produits locaux, éventuellement couplée à des ateliers de cuisine traditionnelle.

Télétravail tropical

Profitez de séjours ‘télétravail sous les tropiques’ grâce à la fibre optique et un futur incubateur avec bureaux connectés.

Dans ce domaine, l’association avec des investisseurs métropolitains via la loi Girardin peut contribuer à financer des infrastructures (hébergement, équipements touristiques), à condition de monter des montages juridiques solides.

Économie numérique et services délocalisés

Grâce au câble sous‑marin Tui Samoa, Wallis et Futuna bénéficie d’un accès à l’internet à très haut débit, renforcé par un réseau 4G via le Service des Postes et Télécommunications (SPT) et l’attrait croissant de solutions satellitaires comme Starlink. Pour un territoire éloigné de 16 000 km de la métropole, c’est une révolution.

Les autorités territoriales misent sur ce levier pour attirer des travailleurs mobiles, indépendants, freelances et acteurs de l’économie numérique, avec à la clé :

– un incubateur avec “smart offices” vue lagon ;

– une stratégie de développement numérique portée par WallisFutuna.Org ;

– des coûts de l’électricité appelés à se rapprocher de ceux de la France.

Bon à savoir :

Grâce à un décalage horaire d’environ 11 heures d’avance sur Paris, l’archipel constitue une base potentielle pour des services back-office vers l’Europe ou l’Australie, ainsi que pour des micro-structures de conseil, de développement informatique, de design ou de marketing digital.

Un expatrié francophone, rompu au travail à distance, peut tout à fait :

créer une agence web ou de communication desservant des clients en Europe depuis Wallis ;

monter un centre de support technique ciblant la zone Pacifique ;

développer des applications ou plateformes en s’appuyant sur une petite équipe locale formée.

La fiscalité douce, les charges sociales raisonnables et les coûts de vie relativement maîtrisés (hors produits importés) accentuent cet avantage.

Transition énergétique et environnement

Avec quatre centrales photovoltaïques déjà en service et un objectif de 50 % d’électricité renouvelable d’ici 2029, Wallis et Futuna ouvre progressivement un gisement de projets dans les énergies vertes : solaire, éolien, voire petite hydraulique. Les coûts de l’énergie, longtemps très élevés, sont appelés à converger vers les tarifs métropolitains.

Pour des entrepreneurs spécialisés, plusieurs pistes se dessinent :

bureaux d’étude et conseils en efficacité énergétique pour les bâtiments publics et privés ;

– installation et maintenance de kits solaires pour sites isolés ;

solutions hybrides pour les entreprises consommatrices d’énergie (froid, transformation agroalimentaire, etc.).

La combinaison du CTI (subvention jusqu’à 40 % des investissements) et, le cas échéant, de la loi Girardin, peut rendre ces projets économiquement viables malgré la petite taille du marché.

Logistique, importations et contraintes insulaires

L’un des points souvent sous‑estimés par les entrepreneurs extérieurs est la contrainte logistique. Wallis et Futuna n’est desservi que par une seule compagnie aérienne (Air Calédonie International) pour les passagers, et par un service de fret maritime avec navire conteneur tous les trois semaines environ.

Concrètement, cela signifie :

délais d’approvisionnement longs et dépendance à des flux peu fréquents

équents ;

Bon à savoir :

Les coûts de fret sont élevés, mais une aide publique peut couvrir jusqu’à 50 % du surcoût pour certaines matières premières ou produits transformés à destination de la France ou entre Wallis et Futuna. Il est impératif de respecter les formalités douanières strictes, notamment les contrôles sanitaires et phytosanitaires (BIVAP), pour protéger la biodiversité insulaire fragile.

Les effets personnels des personnes s’installant durablement peuvent, sous conditions (preuve d’usage antérieur), être importés en franchise de droits, à l’exception des véhicules. En revanche, tout ce qui est importé à des fins professionnelles supporte les taxes citées plus haut.

Pour un entrepreneur, maîtriser cette dimension suppose :

d’anticiper les stocks sur des horizons plus longs que sur un territoire métropolitain ;

de choisir des fournisseurs capables de gérer ces flux à cadence réduite ;

d’intégrer les aides au fret dans ses modèles économiques lorsqu’elles sont éligibles.

Vivre, travailler et entreprendre : un choix de vie autant qu’un projet d’affaires

Créer son entreprise à Wallis et Futuna ne se résume pas à un calcul fiscal et financier. C’est également un choix de cadre de vie très particulier.

Le territoire offre une qualité de vie rare : peu ou pas de criminalité, communauté soudée, culture polynésienne riche, environnement naturel spectaculaire, multiples activités de plein air (lagon, pêche, sports nautiques). Scolarité et soins sont gratuits, la vie associative et sportive est dynamique, portée à la fois par les habitants et par une communauté expatriée active.

Bon à savoir :

En contrepartie des avantages, certains services urbains sont absents : pas de cinéma, pas de théâtre, une offre commerciale limitée, une grande distance avec l’Europe et aucun accès local à l’enseignement supérieur pour l’instant. L’équilibre repose sur l’utilisation de la connectivité numérique pour maintenir les liens professionnels et familiaux avec l’extérieur, tout en acceptant un rythme de vie plus lent et une immersion dans les réseaux locaux (village, paroisse, chefferie, associations).

Pour un entrepreneur, cela signifie que la réussite passe autant par la qualité de l’intégration personnelle et familiale que par la solidité du business plan. Comprendre le calendrier culturel et religieux, respecter les coutumes, impliquer des partenaires locaux dans le capital ou la gouvernance de l’entreprise sont souvent des conditions implicites de succès.

Check‑list stratégique pour un expatrié entrepreneur à Wallis et Futuna

Sans transformer ce guide en manuel administratif, quelques axes de réflexion permettent de sécuriser votre projet avant le grand saut :

1. Valider l’adéquation projet / marché local Tester vos idées au regard de la taille du marché (11 000 habitants), de la structure sectorielle (poids du commerce et des services), des priorités territoriales (tourisme, numérique, ressources, énergie). Identifier clairement ce qui sera produit localement et ce qui devra être importé.

Astuce :

L’absence de TVA et d’impôt sur les sociétés est un atout majeur, mais il est crucial de ne pas négliger les taxes à l’importation, les droits de licence et les contraintes logistiques. Pour une gestion prévisionnelle efficace, il est indispensable de réaliser un tableau de sensibilité des prix de vente aux variations des coûts de fret et de change, notamment si vous facturez également en euros.

3. Anticiper l’accès au financement Sur les petits projets, la microfinance (Adie) et les subventions territoriales sont des leviers puissants, y compris pour des entrepreneurs peu bancarisés. Pour les projets plus ambitieux, intégrer dès le départ les mécanismes de prêts d’honneur, de CTI et éventuellement de Girardin, et imaginer un phasage qui limite dans un premier temps le recours au crédit bancaire classique.

Bon à savoir :

Pour assurer la pérennité d’un projet économique, il est crucial d’intégrer la dimension sociale et coutumière locale. Cela implique d’associer des partenaires locaux (chefferies, familles, paroisses) dès la conception, de formaliser les accords tout en respectant les usages, et de faire preuve de constance dans les relations sur le long terme.

5. Exploiter pleinement l’atout numérique Pour compenser la petite taille du marché physique, penser global dès le départ : prestations exportables en ligne, clientèle répartie entre Europe et Pacifique, utilisation du décalage horaire, mutualisation d’outils collaboratifs. L’objectif : faire de Wallis et Futuna une base de vie, pas une frontière pour votre activité.

6. Préparer l’installation matérielle Déménagement par conteneur, constitution de stocks de départ, choix d’un logement, scolarisation des enfants, assurance santé complémentaire éventuellement, équipement informatique adapté à la fibre, tout doit être calibré en amont. La rareté de certaines références sur place impose de réfléchir à ce qu’il faut emporter.

En conclusion : un laboratoire pour entrepreneurs patients et agiles

Wallis et Futuna ne deviendra jamais un “hub” mondial de start‑up à la mode. Et ce n’est pas son ambition. La collectivité joue une autre carte : celle d’un territoire politiquement stable, fiscalement ultra compétitif, humainement attachant, qui cherche à diversifier son économie au‑delà de la fonction publique et de l’agriculture vivrière.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, s’installer en Nouvelle-Calédonie représente une opportunité entrepreneuriale dans des secteurs variés comme l’écotourisme, les services numériques ou l’agroalimentaire. C’est également une grande responsabilité, car chaque projet a un impact direct sur un écosystème fragile, dépendant des transferts publics, des équilibres coutumiers et de la préservation d’un environnement unique.

Ceux qui réussissent seront probablement ceux qui sauront conjuguer trois qualités : une vision entrepreneuriale claire, une forte capacité d’adaptation culturelle, et une approche prudente du financement, intégrant microcrédit, aides territoriales et partenariats extérieurs plutôt qu’un recours massif à un système bancaire encore frileux.

À cette condition, créer son entreprise à Wallis et Futuna peut devenir bien plus qu’un projet exotique : un véritable choix de vie, et un pari entrepreneurial cohérent dans un monde où l’on peut travailler pour la planète entière, depuis un atoll préservé du Pacifique.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français de 45 ans, expérimenté, avec un patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait diversifier ses activités outre‑mer en créant une société à Wallis‑et‑Futuna pour optimiser sa fiscalité globale et développer une activité de holding ou de services numériques délocalisés (IT/tourisme, back‑office Pacifique), tout en restant résident fiscal français métropolitain.

Budget alloué : 50000 à 100000 €, couvrant capital initial, frais de création, installation locale (déplacements, traduction, conseils juridiques) et mise en place opérationnelle, sans recours au crédit. Après étude de plusieurs territoires (Polynésie française, Nouvelle‑Calédonie, Wallis‑et‑Futuna), la stratégie retenue a consisté à créer une société de droit local enregistrée auprès de l’administration territoriale, combinant charges sociales allégées, TVA inapplicable localement et insertion dans la zone Pacifique. La mission a inclus : choix du secteur porteur (services IT exportés, intermédiation touristique, logistique régionale), sécurisation du cadre juridique coutumier, ouverture de compte dans une banque partenaire, immatriculation, obtention des numéros d’identification, mise en relation avec un réseau local (avocat, expert‑comptable, domiciliation ~3000 €/an) et articulation avec le régime fiscal français (conformité, prix de transfert, absence de double imposition économique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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