Gestion financière à l’international : comment organiser ses services bancaires d’expatrié en Arabie saoudite

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Arabie saoudite change complètement la donne en matière d’argent. Salaires souvent élevés, absence d’impôt sur le revenu, système bancaire très digitalisé mais largement fondé sur la finance islamique… Pour un expatrié, la question n’est pas seulement d’ouvrir un compte, mais d’apprendre à jouer avec les règles locales pour gérer ses revenus, transférer son argent à l’étranger, investir et préparer l’après-expatriation.

Bon à savoir :

Pour les expatriés, ouvrir un compte bancaire local est essentiel. Il faut anticiper les frais associés et explorer les solutions pour les transferts internationaux. Le pays offre également des services de finance islamique et connaît un développement des fintechs, qu’il peut être stratégique d’intégrer dans une planification patrimoniale globale.

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Un système bancaire solide, très réglementé et massivement islamique

Le point de départ, c’est la solidité du système financier saoudien. Les banques du pays gèrent environ 604,9 milliards de dollars d’actifs. Le secteur se distingue par des fondamentaux robustes, une forte liquidité, des profits en hausse et une grande stabilité. Il reste concentré : une trentaine de banques opèrent dans le Royaume, dont 13 locales et 17 internationales, mais quatre grands établissements détenaient à eux seuls près de 57 % des actifs du secteur à la fin des années 2010.

Parmi les acteurs dominants, on retrouve notamment Saudi National Bank (issue de la fusion de NCB et Samba), Al Rajhi Bank, Riyad Bank ou encore Saudi Awwal Bank (SAB, née du rapprochement SABB–Alawwal). D’autres grandes banques locales complètent le tableau : Banque Saudi Fransi, Saudi Investment Bank, Arab National Bank, Bank Albilad, Bank AlJazira, Alinma Bank, etc. Des groupes internationaux comme BNP Paribas, Deutsche Bank, Emirates NBD, First Abu Dhabi Bank, HSBC, Standard Chartered, J.P. Morgan ou l’ICBC sont également présents, surtout sur les activités corporate et d’investissement.

Attention :

Le système financier saoudien est supervisé par deux autorités principales. La Banque Centrale (SAMA), créée en 1952, contrôle la politique monétaire, les banques, les assurances, la stabilité financière et les systèmes de paiement, et publie de nombreuses données. Parallèlement, l’Autorité des Marchés de Capitaux (CMA) régule les marchés de capitaux, les fonds d’investissement et les émetteurs de sukuk (obligations islamiques).

La particularité majeure du système saoudien est son caractère massivement islamique. Environ 78 % du financement bancaire domestique est structuré selon la finance islamique, et près de 30 % de toute l’activité bancaire islamique du CCG y est réalisée. Par la loi, même les banques dites « conventionnelles » doivent respecter les principes de la charia : pas d’intérêt au sens classique (riba), interdiction de l’incertitude excessive (gharar) et du jeu (maysir), exclusion de secteurs non conformes (alcool, jeux d’argent, porc…). Les clients ne perçoivent donc pas des intérêts mais un « taux de profit » sur leurs dépôts ou placements.

Des banques entièrement islamiques comme Al Rajhi Bank, Alinma Bank, Bank Albilad ou Bank AlJazira s’appuient sur des comités de savants (Sharia Board) qui valident les produits, les contrats et les politiques. D’autres, comme Banque Saudi Fransi (BSF) ou SAB, ont développé des gammes complètes de produits charia-compatibles, depuis le compte courant jusqu’au financement immobilier via murabaha ou ijara.

Le résultat pour l’expatrié : un environnement bancaire très structuré, très surveillé et très orienté finance islamique, mais aussi extrêmement moderne sur le plan digital.

Horaires, agences et services de base

Le rythme bancaire suit la semaine saoudienne, du dimanche au jeudi. Les horaires standard tournent généralement autour de 9h30–16h30. La plupart des agences ferment le vendredi, certaines ouvrent le samedi, et les succursales situées dans les aéroports fonctionnent en continu, 24 h/24. Le réseau est dense : plus de 2 000 agences réparties dans tout le pays, avec une forte concentration à Riyad, dans la région de La Mecque et dans la Province orientale.

Les banques proposent l’éventail classique de services : comptes courants, comptes d’épargne, dépôts à terme, cartes de débit et de crédit, crédits à la consommation, prêts auto, financements immobiliers, produits d’investissement (fonds, actions, obligations, sukuk, plans de retraite assurantiels…). Le tout est accessible via des canaux physiques et digitaux : agences, téléphone, internet banking, applications mobiles, automates de dépôt, kiosques de self-service pour l’édition de cartes ou de documents.

De nombreux établissements disposent de sections ou d’agences réservées aux femmes, ce qui peut être appréciable pour les clientes expatriées souhaitant un environnement plus intimiste ou conforme aux usages locaux.

Monnaie, moyens de paiement et digitalisation

La monnaie officielle est le riyal saoudien (SAR). Particularité importante pour un expatrié : le riyal est arrimé de façon fixe au dollar américain, au taux de 1 USD = 3,75 SAR dans la pratique. Cette parité stable simplifie grandement la gestion de change pour ceux qui sont payés en riyals et investissent en dollars ou transfèrent vers des pays dont la devise suit de près le billet vert.

Les billets existent en coupures de 1, 5, 10, 50 et 100 riyals (le billet de 1 riyal est en voie de disparition au profit de la pièce), tandis que la monnaie se décline en pièces de 1 et 2 riyals, et en halalas (1, 5, 10, 25, 50). Le pays est largement équipé en distributeurs automatiques, avec plus de 18 000 DAB, connectés au réseau national SPAN et à la carte de débit domestique Mada.

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Environ 38 % des transactions en Arabie saoudite sont encore effectuées en espèces.

Dans ce paysage, la carte Mada est la reine des paiements domestiques, adossée à un important réseau d’acceptation. Les paiements par carte internationale Visa/Mastercard sont bien sûr possibles, mais avec des frais de change et, souvent, un taux défavorable en cas de conversion dynamique (DCC). Chemins de fer du système de paiement, SARIE assure les virements instantanés entre banques, tandis que SADAD sert de plateforme nationale pour le règlement des factures (électricité, eau, télécoms, services publics).

Astuce :

Les chèques restent un moyen de paiement courant au quotidien, en particulier pour régler les loyers et certaines factures. De nombreux bailleurs exigent une série de chèques postdatés pour garantir le paiement d’une année de location. Bien que les prélèvements automatiques et les ordres permanents soient possibles, ils sont moins ancrés dans les habitudes qu’en Europe.

Du côté de l’e-money, les portefeuilles électroniques comme STC Pay, Mada Pay ou Apple Pay se sont multipliés. Dès 2019, les wallets avaient déjà dépassé les 21 millions d’opérations sur six mois, pour une valeur supérieure à 1,5 milliard de riyals. Ils permettent à la fois paiements en magasin, transferts de personne à personne et parfois remises internationales.

Ouvrir un compte bancaire en tant qu’expatrié

L’ouverture d’un compte local est la première étape pour s’installer financièrement en Arabie saoudite. Salaires, loyers, abonnements, assurances, transferts internationaux… tout passe par là. Les expatriés résidents sont libres de choisir n’importe quelle banque de détail parmi la trentaine présente sur le territoire, et SAMA interdit aux banques de facturer des frais d’ouverture de compte.

Résidents avec iqama : le cas le plus simple

Pour les expatriés détenteurs d’un permis de résidence (iqama), la procédure est désormais largement digitalisée, même si la présence physique en Arabie saoudite reste la règle.

Les documents généralement demandés sont :

Document requisDétail
PasseportOriginal + copie, souvent avec validité résiduelle minimale
IqamaPermis de résidence en cours de validité
Adresse nationaleEnregistrement d’adresse (Saudi Post / National Address)
Numéro de mobile saoudienLigne enregistrée au nom du demandeur
Identité digitaleCompte Absher ou Nafath pour vérification KYC
Éventuellement NOCLettre de non objection de l’employeur indiquant le salaire
Justificatif de domicileBail de location ou attestation d’adresse dans certains cas

De plus en plus de banques permettent d’ouvrir un compte courant en ligne en quelques minutes via une application mobile ou un site web. L’identification se fait alors grâce aux plateformes gouvernementales Absher/Nafath, qui renvoient les données officielles de l’iqama et de l’adresse. Si la vérification digitale échoue (erreur sur le nom, numéro de mobile non rattaché à l’iqama, etc.), il faut se rendre en agence pour une validation biométrique.

Exemple :

La SAMA (Autorité monétaire saoudienne) réglemente strictement les refus d’ouverture de compte. Une banque ne peut pas refuser un expatrié en situation régulière sans un motif valable, tel qu’un soupçon de fraude, l’impossibilité de vérifier l’origine des fonds ou un casier judiciaire. En cas de refus non justifié, l’expatrié peut déposer une plainte auprès du service de protection des consommateurs de la SAMA, via le numéro gratuit 800‑125‑6666 ou par courrier postal.

Un résident peut également ouvrir des comptes au nom de son conjoint ou de ses enfants, dans le respect des règles de tutelle prévues par la charia (le père restant le tuteur naturel pour les mineurs).

Nouvel arrivant sans iqama : solutions temporaires

Les expatriés en phase d’installation, encore sous visa de travail de 90 jours, se heurtent souvent à un problème de timing : le salaire arrive, mais le compte n’est pas encore ouvert. Certaines banques, comme Al Rajhi Bank, acceptent néanmoins de créer un compte temporaire avec un simple visa de travail, un passeport valide (en général 6 mois restants), une lettre de l’employeur et une adresse provisoire (hôtel, logement de fonction, etc.).

Bon à savoir :

L’ouverture d’un compte bancaire, notamment professionnel, peut prendre 8 à 12 semaines. Il est conseillé de prévoir des liquidités suffisantes pour couvrir cette période ou de négocier avec son employeur une avance en espèces ou un premier virement sur un compte à l’étranger.

Visiteurs et non-résidents

Les touristes ne peuvent pas, sauf cas très particuliers, ouvrir de compte personnel. En revanche, SAMA reconnaît maintenant la « Visitor ID » délivrée par le ministère de l’Intérieur comme document valide pour certains types de comptes numériques simplifiés, notamment via des banques comme Bank Albilad. Ces comptes restent plafonnés et très encadrés.

Les non-résidents souhaitant investir en Arabie saoudite peuvent toutefois ouvrir des comptes spécifiques (comptes titres, comptes d’investissement offshore, comptes de Qualified Foreign Investor – QFI) sous des conditions très strictes, à travers des licences délivrées par la CMA et des banques dépositaires locales.

Types de comptes et services utiles pour les expatriés

Une fois son compte ouvert, encore faut-il choisir les bons produits. L’offre est riche, mais quelques grandes familles reviennent systématiquement.

Comptes courants, épargne et dépôts

Le compte courant est l’outil de base, avec carte de débit, chéquier, accès aux virements SARIE, paiements SADAD, etc. Il sert à recevoir le salaire, régler les loyers et factures et retirer du cash. Certains comptes courants imposent un solde minimal, mais, de façon générale, il n’y a ni frais d’ouverture ni pénalité systématique en cas de solde bas, la tarification étant encadrée par SAMA.

Exemple :

Ce compte d’épargne illustre l’application des contrats islamiques (mudaraba ou murabaha) pour des placements à terme. L’épargnant fixe un versement mensuel (minimum 100 SAR) et une durée (1 à 3 ans). Les profits, calculés sur la base d’un Taux Annuel Équivalent (AER) annoncé, se capitalisent mensuellement. Il permet des retraits anticipés, mais ceux-ci sont pénalisés, par exemple en ne versant que 50 % des profits acquis.

Un résumé simplifié peut donner une idée des ordres de grandeur :

Produit (exemple SAB Waafer)Versement mensuelDuréeAER indicatifProfit estiméMontant à l’échéance
Option 11 000 SAR12 mois~2,67 %178 SAR12 178 SAR
Option 21 000 SAR24 mois~2,89 %748 SAR24 748 SAR
Option 31 000 SAR36 mois~2,95 %1 712 SAR37 712 SAR

Les dépôts à terme de type « Murabaha Deposit » comme ceux de Saudi Investment Bank demandent souvent un ticket d’entrée plus élevé (par exemple 50 000 SAR), mais offrent un taux de profit garanti sur une période fixe, sans frais d’entrée.

Bon à savoir :

De nombreuses banques proposent des sous-comptes en devises étrangères (USD, EUR, GBP…). Ces comptes sont particulièrement utiles pour les personnes qui perçoivent leurs revenus dans une devise mais effectuent leurs dépenses dans une autre, ou pour celles qui réalisent fréquemment des transferts d’argent vers une zone géographique spécifique.

Comptes spécialisés et services premium

Certaines banques segmentent leur clientèle expatriée selon le niveau de revenu ou d’actifs, avec des programmes « Silver », « Gold », « Platinum » ou Private Banking (comme chez Saudi Investment Bank), ou des offres Premier / Advance (chez SAB, par exemple). Les avantages peuvent inclure :

un gestionnaire dédié,

des frais réduits sur les transferts internationaux,

des taux de change plus serrés,

un accès facilité au crédit et à l’investissement,

des produits sur mesure (structures d’investissement, sukuk, etc.).

Des comptes pour enfants existent également, souvent avec forte dimension pédagogique et limitations de mouvements. Les « ladies’ accounts » et agences féminines visent à offrir une expérience adaptée aux besoins et préférences des clientes.

Cartes, crédits à la consommation et prêts auto

Pour obtenir une carte de crédit, la plupart des banques exigent un salaire mensuel minimum d’environ 5 000 SAR et un historique de versement stable pendant 3 à 6 mois. Les cartes offrent classiquement miles aériens, accès salon d’aéroport, remises chez certains commerçants, programmes de points (WooW, Aseel, etc.) et facilités de paiement échelonné.

Attention :

Les taux annuels effectifs (APR) des cartes de crédit en solde revolving sont très élevés (généralement entre 34 % et 49 %). Les avances de trésorerie aux DAB sont encore plus coûteuses, avec des frais fixes (par exemple 3 % du montant, plafonnés à 75 SAR pour une avance de 2 500 SAR ou plus) s’ajoutant aux intérêts immédiats. Pour un expatrié, il est donc recommandé d’utiliser la carte uniquement comme moyen de paiement à rembourser intégralement chaque mois, et non comme source de liquidité.

Les prêts personnels, eux, sont encadrés : la durée de remboursement dépasse rarement 48 mois, et la mensualité totale de dette (y compris prêts auto, immobilier et carte) doit en général rester en dessous d’environ 40 % du revenu mensuel. Les prêts auto sont extrêmement répandus, avec une pratique assez standard d’apport de 15 % si le salaire n’est pas domicilié dans la banque prêteuse, et une maturité maximale de 60 mois.

Tous ces crédits sont structurés en produits islamiques (tawarruq, murabaha, ijara, etc.), ce qui ne change pas forcément l’expérience client au quotidien, mais impacte la mécanique des contrats et la manière dont les profits sont calculés et présentés.

Transferts internationaux et change : un enjeu clé pour les expatriés

Avec une population expatriée massiveplus de 30 % de la population, et 77 % des cotisants à la sécurité sociale — l’Arabie saoudite est l’un des grands pays de remittance au monde. Envoyer de l’argent dans son pays d’origine fait partie de la vie quotidienne de millions de travailleurs étrangers.

Transférer via les banques

Toutes les grandes banques de détail permettent d’initier des transferts internationaux, en agence, en ligne ou parfois même via des DAB. Riyad Bank, par exemple, propose un processus classique : ajout d’un bénéficiaire, activation (avec un délai de sécurité), puis virement en devise via le réseau SWIFT, généralement exécuté en 24 à 72 heures pour les destinations majeures.

Les frais sont encadrés par SAMA et varient selon le canal. On observe fréquemment :

Service de virementEn agenceEn ligne / mobile
Virement local SARIE (autre banque) – exécution J+1~15 SAR~5 SAR
Virement local SARIE – exécution jour même~25 SAR~7 SAR
Virement international SWIFT~75 SAR~50 SAR
Modification / annulation de virement international~25 SAR~15 SAR

La vraie variable de coût reste le taux de change. Les banques ajoutent souvent une marge de 0,8 à 3,5 % au-dessus du taux interbancaire. À cela s’ajoutent parfois des frais d’intermédiaires (banques correspondantes) de l’ordre de 10 à 50 USD et des « lifting fees » facturés par la banque réceptrice dans le pays de destination (10 à 30 USD).

plusieurs centaines

Pour des montants importants, cette accumulation peut représenter plusieurs centaines de riyals perdus à chaque transfert.

Sociétés de change et services spécialisés

Face à ces coûts, beaucoup d’expatriés se tournent vers des sociétés de change agréées et des opérateurs spécialisés. SAMA publie une liste officielle de centres de change licenciés, parmi lesquels :

Opérateur de changeType de services
Said M. A. Al-Amoudi & PartnersAchat / vente de devises, transferts
Mohammed Hassan Yalla & Sons (Bin Yala)Change et remittances
Abdullah Othman Al-Natheer & SonsChange de devises
Sharhan ExchangeChange et transfert
Hussam Saad Alharthi Est.Change
Mohammed Saleh Alkhamees & PartnersChange et transferts

Ces maisons gèrent souvent à la fois le change au comptoir et les transferts vers des réseaux internationaux (MoneyGram, RIA, Western Union, etc.), accessibles pour du retrait cash, des dépôts sur compte bancaire ou des versements vers des portefeuilles mobiles dans certains pays. Des services comme FAWRI opèrent plus de 40 centres et s’appuient sur des partenariats mondiaux pour desservir plus de 200 pays et territoires.

Les plateformes digitales internationales comme Wise ou CurrencyFair sont également populaires chez les expatriés plus « technophiles ». Elles se distinguent en général par :

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Transferts rapides

Vos fonds sont acheminés vers leurs destinataires dans des délais courts et fiables.

Wise, par exemple, permet d’envoyer de l’argent vers une soixantaine de pays, tandis que CurrencyFair revendique plus de 150 destinations. Pour des transferts réguliers vers l’Europe ou l’Asie, la différence de coût par rapport à un virement bancaire classique peut devenir très significative sur une année.

Conseils pratiques sur le change

Compte tenu de l’importance des flux, quelques principes simples aident à optimiser :

vérifier le taux interbancaire réel avant de comparer les offres, afin de repérer les marges cachées derrière les promesses de « zéro commission » ;

– éviter autant que possible de changer de l’argent dans les aéroports et hôtels, en général très mal positionnés ;

– pour des retraits d’espèces avec une carte étrangère, choisir systématiquement d’être débité en riyals saoudiens (et non dans la devise du pays d’origine), pour contourner la conversion dynamique défavorable ;

– regrouper les transferts en montants plus importants mais moins fréquents, afin de diluer les frais fixes.

Tarification et frais bancaires : ce qu’il faut anticiper

La bonne nouvelle pour les expatriés est que la tarification bancaire de base reste raisonnable, dans la mesure où SAMA plafonne un grand nombre de frais. Globalement, il n’y a pas de frais d’ouverture de compte ni de pénalité systématique de solde minimum.

Exemple :

Certains services proposent des formules payantes. À titre indicatif, les niveaux suivants sont couramment rencontrés : un niveau gratuit basique, un niveau premium avec des fonctionnalités avancées, et un niveau professionnel ou entreprise avec un support prioritaire et des outils dédiés.

ServiceNiveau de frais typique (hors TVA)
Utilisation d’un DAB d’une autre banque GCC en Arabie saoudite10 SAR
Regénération de chequier supplémentaire10 SAR
Commande d’un certificat de solde25 SAR
Certificat de non‑endettement / « No liability letter »75 SAR
Remise de relevé en agence (par période)25 à 50 SAR
Opposition ou chèque sans provision50 à 125 SAR
Remplacement de carte perdue~30 SAR
Création d’un ordre permanent10 à 15 SAR
Virement SARIE en ligne5 à 7 SAR
Virement SARIE en agence15 à 25 SAR

La TVA (actuellement à 15 %) s’ajoute à la plupart de ces montants. De manière générale, les opérations réalisées au guichet coûtent souvent jusqu’à trois fois plus cher que les mêmes opérations via les canaux digitaux. D’où l’intérêt pour un expatrié de se familiariser rapidement avec les applications mobiles des banques locales.

Sécurité, fraude et recours

La montée en puissance des services digitaux s’est accompagnée d’une hausse des tentatives de fraude. En 2017, on recensait déjà plus de 2 000 cas de fraude ou tentatives, pour un montant d’environ 214 millions de riyals. Les méthodes classiques sont au rendez-vous : appels téléphoniques frauduleux se faisant passer pour la banque ou une autorité, hameçonnage par SMS ou e‑mail, vol de données de carte, liens malveillants incitant à saisir ses identifiants.

Bon à savoir :

Les banques envoient des alertes par SMS, email et notifications in-app pour rappeler les règles essentielles de sécurité : ne jamais divulguer ses codes personnels, ignorer les appels téléphoniques menaçants, vérifier scrupuleusement l’adresse des sites web avant de saisir des informations, et privilégier l’utilisation de connexions internet sécurisées.

En cas de transaction suspecte, le client dispose de 30 jours pour la déclarer à sa banque. Celle‑ci peut prendre jusqu’à 90 jours pour mener l’enquête. Si la carte est perdue ou volée, il faut la faire bloquer immédiatement, le plus souvent via l’application ou un numéro d’urgence, puis déposer un signalement à la police si la banque le demande. De nouvelles cartes sont généralement émises dans un délai de 2 à 5 jours ouvrables. Certaines cartes intègrent une assurance en cas de fraude à condition que le vol soit déclaré dans les 48 heures.

Bon à savoir :

Le principal fournisseur de DAB, Alhamrani Universal, teste actuellement des automates biométriques. Ces automates combinent la reconnaissance faciale et l’authentification par blockchain, permettant ainsi de se passer de l’utilisation d’un code PIN.

En cas de litige non résolu avec une banque, un expatrié peut saisir SAMA, par téléphone (800‑125‑6666), par courrier ou en se rendant à son siège à Riyad. L’autorité dispose d’un département dédié au traitement des plaintes.

Digital banking, fintech et open banking : un terrain de jeu en pleine expansion

L’Arabie saoudite ne se contente pas d’avoir digitalisé ses banques traditionnelles ; elle est en train de construire un véritable écosystème fintech, au cœur de sa stratégie Vision 2030 et du Financial Sector Development Program.

Le marché fintech saoudien était estimé à près de 40 milliards de dollars en 2024, avec une trajectoire de croissance annuelle avoisinant 13,7 % jusqu’en 2034. Plus de 220 fintechs étaient déjà actives à mi‑2024, et le gouvernement vise 525 acteurs d’ici 2030, pour une contribution attendue de 13 milliards de riyals au PIB et 18 000 emplois directs.

Banques 100 % digitales

Plusieurs banques « néo » ont obtenu des licences complètes, opérant sans agence physique et uniquement via application mobile. Parmi elles :

Banques Digitales en Arabie Saoudite

Présentation des principales néobanques saoudiennes, leurs offres distinctives et leurs approches innovantes des services financiers.

STC Bank

Issue du portefeuille STC Pay, propose des comptes courants, un compte « Smart Saver » pour automatiser l’épargne et des micro‑financements « Smart Finance ».

D360 Bank

Met en avant une ouverture de compte 100 % digitale en moins de deux minutes, la gestion de multiples cartes et des taux de change compétitifs, le tout dans un cadre charia‑compatible supervisé par un comité indépendant.

Vision Bank

Axé sur l’exploitation des données pour offrir des solutions financières personnalisées. L’approbation finale de licence a été reçue en 2025.

Pour un expatrié jeune et mobile, ces acteurs peuvent offrir une alternative souple au schéma classique banque‑agence, notamment en combinant services locaux, maîtrise des frais de change et intégration avec des wallets internationaux.

Open banking et agrégateurs

SAMA a lancé une feuille de route Open Banking en 2021, suivie d’un cadre réglementaire et d’un laboratoire de tests. Des plateformes comme Tarabut Gateway, Lean ou Spare se sont engouffrées dans la brèche, connectant banques, fintechs et entreprises via des API. Elles permettent à des applications de gestion de budget personnel — comme drahim.sa, Malaa ou Sanam — d’agréger les comptes de plusieurs banques et d’offrir :

Fonctionnalités Financières

Découvrez les outils essentiels pour une gestion financière moderne et adaptée à vos besoins, offrant contrôle, automatisation et opportunités d’investissement.

Vue Consolidée

Accédez à une vue d’ensemble unifiée et en temps réel de tous vos soldes bancaires et comptes financiers.

Suivi des Dépenses

Bénéficiez d’un suivi automatisé et intelligent de vos dépenses pour une meilleure maîtrise de votre budget.

Épargne & Investissement

Utilisez des outils de micro-épargne et d’investissement charia-compatible, comme les ETF islamiques.

Recommandations Personnalisées

Recevez des propositions de produits ou de crédits adaptés à votre profil et à votre situation financière.

Pour un expatrié qui doit jongler entre un compte saoudien, un compte dans son pays d’origine et éventuellement un compte offshore, ces outils peuvent devenir essentiels pour garder une vision claire de son patrimoine.

Spécificités d’expatrié : fiscalité locale, transferts et stratégie de long terme

La gestion financière d’un expatrié ne se limite pas aux services bancaires locaux. Elle doit intégrer la fiscalité saoudienne, celle du pays d’origine, et la projection à moyen et long terme.

Avantage majeur : pas d’impôt sur le revenu local

L’Arabie saoudite n’impose pas de taxe sur les salaires ou revenus d’emploi, quel que soit le statut du résident. Il n’y a pas non plus d’impôt sur la fortune, sur les successions, les donations ou les gains mobiliers pour les particuliers. Les expatriés salariés cotisent toutefois à la GOSI pour l’assurance risques professionnels, à hauteur de 2 % du salaire de base (logement inclus, dans certaines interprétations), tandis que l’employeur contribue 12 %.

Cette absence d’impôt direct permet de dégager un taux d’épargne potentiel élevé — certains témoignages évoquent des expatriés ayant économisé plus de 100 000 livres ou euros en quelques années. Mais elle ne dispense pas de tenir compte des obligations fiscales du pays d’origine, notamment pour les citoyens américains ou britanniques.

Relations avec le pays d’origine

Les citoyens américains restent imposables sur leurs revenus mondiaux, même résidant en Arabie saoudite. Ils peuvent recourir au Foreign Earned Income Exclusion (FEIE) et au Foreign Tax Credit (FTC), mais comme l’Arabie saoudite ne taxe pas le revenu, il n’y a souvent pas de crédit d’impôt étranger à imputer. Des obligations déclaratives lourdes (Form 1040, FBAR, FATCA / Form 8938, etc.) pèsent également sur eux, en particulier en cas de détention de comptes étrangers d’un montant significatif.

Astuce :

Les expatriés britanniques doivent évaluer leur statut fiscal au Royaume-Uni via le Statutory Residence Test. Leur imposition au Royaume-Uni sur les revenus saoudiens dépend de critères comme la durée des séjours à l’étranger, les liens conservés (logement, famille, intérêts économiques) et la planification mise en œuvre avant le départ.

Dans beaucoup d’autres pays, l’accès à des comptes ou produits étrangers (notamment non déclarés) est de plus en plus surveillé via le standard d’échange automatique d’informations (CRS) de l’OCDE. Les comptes bancaires ouverts en Arabie saoudite pourront donc, dans certains cas, être communiqués aux autorités du pays d’origine.

Stratégie d’épargne, d’investissement et de retraite

L’absence de système de retraite public pour les travailleurs étrangers en Arabie saoudite signifie que l’expatrié reste seul responsable de ses vieux jours. Les autorités prévoient bien de lancer un programme public volontaire d’épargne pour les étrangers, mais il ne remplacera pas une stratégie personnelle structurée.

Les trois briques du plan financier des expatriés

Pour de nombreux expatriés, la construction d’une stratégie financière solide repose sur trois piliers essentiels.

La gestion du quotidien

Gérer son budget courant, ses dépenses et ses revenus en devises étrangères, tout en optimisant les frais bancaires et de change.

La protection et la prévoyance

S’assurer d’une couverture santé, responsabilité civile et prévoyance adaptée à sa situation d’expatrié et au pays de résidence.

L’épargne et l’investissement

Construire un patrimoine à moyen et long terme, en tenant compte des opportunités locales et des dispositifs fiscaux avantageux.

1. Épargne de précaution locale : quelques mois de dépenses sur un compte d’épargne local ou un dépôt à terme, en riyals, pour faire face aux imprévus (départ imprévu, perte d’emploi, problème de santé…). 2. Épargne et investissement à moyen terme : actifs détenus dans des enveloppes internationales (plateformes d’investissement pour expatriés, comptes multi‑devises, solutions d’assurance-vie internationales, etc.) permettant de diversifier géographiquement et en devise (dollars, euros, livres sterling…). 3. Préparation de la retraite : maintien de cotisations dans le système de retraite du pays d’origine (quand c’est possible), complété par des plans de retraite privés, des comptes d’investissement long terme ou, pour certains, des structures spécifiques comme SIPP internationaux, QNUPS, PPLI, selon le profil et la résidence fiscale.

Dans ce schéma, la banque saoudienne joue un rôle essentiel pour encaisser les salaires, optimiser les charges courantes, accéder à des crédits à bon coût, et alimenter régulièrement les solutions d’investissement extérieures via des transferts internationaux bien calibrés.

Immobilier, crédits hypothécaires et liens avec la banque

Le marché immobilier saoudien est en pleine mutation, soutenu par Vision 2030, l’objectif d’augmenter le taux de propriétaires et la construction de 1,5 million de logements abordables. Le crédit immobilier n’a réellement démarré qu’au début des années 2010, sous forte supervision de SAMA.

Pour les expatriés, obtenir un financement immobilier local reste plus compliqué que pour les citoyens saoudiens, même si, en théorie, rien n’interdit un résident avec iqama et revenu stable d’accéder à un prêt. Les banques exigent :

Bon à savoir :

Pour obtenir un prêt immobilier en France en tant que résident étranger, il est généralement nécessaire de fournir : un revenu régulier provenant d’un employeur agréé, un bon historique de crédit, un apport personnel plus important que pour un citoyen français (souvent entre 20 et 30 % du prix du bien), et la preuve que le logement acheté sera bien utilisé comme résidence principale et non comme un simple investissement.

Les formules sont presque exclusivement islamiques (murabaha ou ijara). Côté coût, les taux effectifs restent liés au taux directeur de SAMA (Repo), avec des offres typiques dans une fourchette de 3 à 6 % par an, selon le profil, la durée et la structure du financement.

Acheter sans crédit, via des plans de paiement promoteurs ou en cash, reste plus courant pour les étrangers. Mais dans tous les cas, la banque intervient dans le processus (transfert de fonds, lettres de garantie, certificats, etc.) et devient un partenaire clef si l’on envisage de demander ultérieurement un refinancement.

Gestion du compte au fil du temps : salaires, changements d’employeur, départ du pays

Le système saoudien impose que les salaires soient versés via une banque locale, dans le cadre du Wage Protection System (WPS). Beaucoup d’employeurs exigent que leurs salariés ouvrent un compte dans une banque partenaire pour faciliter ce suivi. Lors d’un changement d’employeur ou de banque, il faut veiller à :

clore proprement les crédits en cours dans la banque d’origine,

obtenir une lettre de « No Liability » attestant qu’aucune dette n’est pendante,

transférer les prélèvements et virements récurrents vers la nouvelle banque.

À l’approche de la fin de l’expatriation, la gestion du compte doit être planifiée plusieurs mois à l’avance. En pratique :

Attention :

En cas d’expiration de l’iqama sans renouvellement, la banque gèle puis transfère le solde vers un compte pivot après un délai (ex: 180 jours). Pour une sortie définitive, les comptes sont fermés ou restreints ; un transfert supérieur à un certain montant (ex: 50 000 SAR) peut nécessiter des validations supplémentaires. Avant le départ, il est impératif de débiter tous les chèques, résilier les abonnements et obtenir les certificats de non‑endettement.

Anticiper ces points évite bien des blocages de dernière minute, d’autant que la clôture d’un compte ou la délivrance de certains documents peut prendre plusieurs jours.

En résumé : construire une architecture financière robuste en Arabie saoudite

Pour un expatrié, la gestion financière en Arabie saoudite repose sur quelques piliers clairs :

Conseils pour la gestion financière en Arabie Saoudite

Points clés à maîtriser pour optimiser ses finances en tant qu’expatrié ou résident en Arabie Saoudite.

Système bancaire islamique

Comprendre que les « taux de profit » et les structures murabaha ou mudaraba sont la norme pour décrypter les offres de comptes et de crédits.

Digitalisation financière

Tirer parti des banques en ligne, néobanques (D360 Bank, STC Bank), wallets et open banking pour réduire les frais et simplifier le suivi.

Transferts internationaux

Combiner banques locales, sociétés de change licenciées, opérateurs globaux (Western Union, MoneyGram) et fintechs (Wise, CurrencyFair) en surveillant les marges de change.

Cadre fiscal et obligations

Articuler résidence fiscale, déclarations et structures patrimoniales avec le pays d’origine, malgré l’absence d’impôt sur le revenu local.

Stratégie patrimoniale globale

Utiliser la banque saoudienne pour le cashflow domestique, tout en diversifiant son patrimoine avec des actifs liquides et mobiles pour l’avenir.

L’Arabie saoudite offre aujourd’hui à l’expatrié une combinaison rare : un environnement bancaire stable, extrêmement digital, un cadre fiscal interne favorable, et un écosystème fintech qui s’élargit mois après mois. À condition de maîtriser les codes locaux — finance islamique, règles de SAMA, usages bancaires — la gestion financière sur place peut devenir un puissant levier de construction de patrimoine à l’international.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale en Arabie saoudite pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien étroit avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, installation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, pays du Golfe), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Arabie saoudite pour son absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, sa fiscalité favorable sur les investissements, son coût de vie compétitif hors quartiers très premium de Riyad et Djeddah, et son positionnement stratégique au Moyen-Orient. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention du visa et de la résidence (type Premium Residency), détachement et couverture santé internationale, transfert de résidences bancaire et fiscale, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, immobilier) et intégration patrimoniale globale (analyse et éventuelle restructuration).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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