S’installer en Arabie saoudite avec son chien ou son chat n’a rien d’un simple “bagage en plus”. Entre climat extrême, réglementation stricte, contraintes aériennes et réalités culturelles, un projet mal préparé peut tourner au cauchemar… pour vous comme pour votre animal. À l’inverse, une expatriation anticipée, bien documentée et réaliste se passe généralement sans incident.
L’article présente un guide complet des étapes administratives, des réglementations spécifiques du pays et des conseils pratiques pour assurer l’arrivée en sécurité et l’adaptation de votre animal de compagnie.
Comprendre le cadre général de l’expatriation animale en Arabie saoudite
Avant d’entrer dans les formulaires et les vaccins, il faut saisir trois réalités qui structurent tout le projet : les autorités impliquées, le statut juridique des animaux importés et la place sociale des animaux – surtout des chiens – dans le pays.
En Arabie saoudite, l’importation de tout animal vivant est encadrée par le Ministry of Environment, Water and Agriculture (MEWA). Toutes les procédures passent par cette autorité, via une plateforme électronique dédiée, Naama (souvent orthographiée également Anaam). Ce ministère applique à la fois le droit saoudien et plusieurs cadres régionaux et internationaux, comme la loi de quarantaine vétérinaire des États du Golfe et la Convention CITES pour les espèces protégées.
La législation saoudienne ne considère pas le chien comme un animal de compagnie, mais comme un ‘chien de travail’ (pour la chasse, la garde, ou comme chien guide). Ce statut crucial influence directement les possibilités d’importation de certaines races et la description requise dans les documents officiels, s’appliquant à tous les chiens, y compris les chiens d’assistance et les chats.
Enfin, la perception sociale des chiens est très différente de celle qu’on connaît dans de nombreux pays occidentaux. Les chats sont largement acceptés et même valorisés par la tradition religieuse, alors que les chiens sont souvent considérés comme impurs dans l’espace domestique et public. Cette différence explique à la fois des restrictions d’accès à certains lieux et un regard parfois méfiant, voire craintif, sur les chiens dans la rue.
Autorités, permis et propriétaire : qui peut importer un animal et à quelles conditions ?
L’Arabie saoudite ne permet pas à n’importe quel visiteur de faire entrer un animal sur son territoire. L’animal est juridiquement rattaché à un “importateur”, qui doit remplir un certain nombre de conditions.
Le propriétaire doit entrer dans le pays avec un visa de travail ou de résidence (Iqama). Les titulaires d’un simple visa touristique ne sont pas autorisés à importer des animaux de compagnie. L’importateur doit généralement avoir au moins 30 ans. Les diplomates peuvent être exemptés de cette limite d’âge en présentant un document officiel.
Un particulier peut importer au maximum deux chiens et deux chats tous les six mois en Arabie Saoudite. Cette limite est fixée par le permis d’importation obligatoire délivré par le MEWA. La demande s’effectue via la plateforme Naama. Le permis, une fois obtenu, n’est valable que 30 jours, ce qui nécessite de coordonner avec précision les démarches vétérinaires, la réservation du transport et la date d’arrivée effective de l’animal.
Pour déposer la demande, il faut fournir des documents personnels (copie de passeport, Iqama ou identité nationale), des éléments sur l’animal (photo claire, carnet de vaccination faisant apparaître le numéro de puce) et une attestation de bonne santé émise par un vétérinaire accrédité dans le pays de départ. Le numéro de microchip doit figurer sur l’ensemble des pièces.
Pour les ressortissants saoudiens ou d’un autre pays arabe souhaitant importer un chien, une autorisation préalable de la police locale est exigée pour vérifier les conditions de logement. Pour une importation commerciale de chats, la présentation d’un registre de commerce valide est obligatoire.
Table 1 – Principales conditions pour le propriétaire-importateur
| Condition | Exigence en Arabie saoudite |
|---|---|
| Type de visa | Visa de travail ou de résidence (Iqama), pas de visa touriste |
| Âge minimal de l’importateur | En principe 30 ans (hors cas diplomatiques justifiés) |
| Nombre maximal d’animaux | 2 chiens et 2 chats par personne tous les 6 mois |
| Permis d’importation MEWA | Obligatoire, via Naama, valable 30 jours |
| Documents d’identité | Copie passeport / Iqama / carte nationale |
| Pièces relatives à l’animal | Photo, carnet vaccinal, certificat de santé, numéro de puce |
| Autorisation spéciale pour certains cas | Police locale (chiens de Saoudiens/Arabes), registre commerce (chats) |
Cette dimension administrative est souvent sous-estimée. Or un permis périmé, une demande déposée trop tôt ou trop tard ou un document incomplet peuvent conduire au refus d’entrée de l’animal, à sa mise en quarantaine ou à son renvoi – à la charge du propriétaire.
Races autorisées, chiens “de travail” et animaux interdits
L’un des volets les plus délicats du dossier concerne le type de chien. Le MEWA ne considère en principe que trois catégories acceptables : chiens de chasse, chiens de garde, chiens-guides (ou d’assistance). La fonction de l’animal doit être indiquée noir sur blanc sur le certificat vétérinaire et, idéalement, appuyée par des documents (attestations, preuves de dressage, etc.).
La liste des chiens interdits dans certains contextes dépasse largement les races réputées dangereuses. Elle inclut effectivement des molosses comme les Pit Bulls, Rottweilers, Boxers, Mastiffs, Akita Inu et Tosa, mais aussi de grands chiens comme les Dogues Allemands, Leonbergers et Terre-Neuve. Elle s’étend à des terriers (Bull Terrier, Dandie Dinmont…) et, de manière plus surprenante, à de petites races de compagnie et ‘toy’ telles que les Yorkshire Terriers, Chihuahuas et Spitz Japonais, qui sont fréquemment refusés.
La règle est d’autant plus risquée que les autorités saoudiennes se réservent le droit de refuser l’entrée à un chien qui “ressemble fortement” à une race interdite, même si ses papiers mentionnent une autre origine. Les croisés sont donc exposés à ce type d’interprétation, surtout lorsqu’ils passent par les aéroports de Jeddah ou Dammam, réputés plus stricts que Riyad pour les petits chiens.
La génération minimale requise pour importer un chat hybride comme un Savannah ou un Bengal par rapport à son ancêtre sauvage.
Table 2 – Aperçu des restrictions de races et d’espèces
| Catégorie | Statut à l’import en Arabie saoudite |
|---|---|
| Chiens de chasse/garde/guide | Admis sous conditions, fonction à mentionner sur certificat vétérinaire |
| Races de type Pit Bull, Rottweiler, Boxer, Mastiff, Akita, Tosa… | Interdites |
| Terriers (nombreux), petites races “toy” (Yorkie, Chihuahua, etc.) | Très largement refusées |
| Croisés ressemblant à une race bannie | Susceptibles de refus à la frontière |
| Chats domestiques | Autorisés, sous réserve de conditions sanitaires |
| Chats hybrides (Bengal, Savannah) | Acceptables à partir de la 5e génération, avec certificat spécial |
| Lapins et oiseaux | Interdits à l’import |
| Reptiles, rongeurs, poissons tropicaux, invertébrés | Hors champ de la rage, mais soumis à autres règles |
| Espèces protégées (CITES) | Très encadrées, nécessitent permis spécifiques |
Ce tableau montre qu’il est indispensable, avant tout projet, de confronter la race, le croisement ou le type d’animal que vous possédez à la réglementation saoudienne. Si votre chien relève clairement d’une race bannie, il n’y a aujourd’hui pas réellement de “contournement” légal : mieux vaut envisager une autre solution que de le faire voyager vers l’Arabie saoudite.
Identification, vaccinations et certificats : le volet vétérinaire à préparer très tôt
Même lorsque la race ne pose pas problème, la partie vétérinaire est lourde et très chronométrée. Trois piliers structurent ce dossier : la puce électronique, la vaccination antirabique et le certificat de bonne santé.
L’Arabie saoudite impose un microchip conforme aux normes ISO 11784 ou 11785. Il s’agit d’une puce de 15 chiffres, non cryptée, lisible par les lecteurs standards utilisés dans le monde entier. Cette puce doit impérativement être posée avant la vaccination contre la rage, faute de quoi la vaccination ne sera pas reconnue dans le cadre de l’importation. Si votre animal possède déjà une puce non conforme, il est possible d’en implanter une nouvelle, mais il faudra alors consigner tous les numéros de puce sur les documents pour éviter tout litige à la lecture à l’arrivée.
La vaccination contre la rage est obligatoire pour les chiens et chats de plus de 3 mois. Elle doit être faite au moins 30 jours avant le voyage et pas plus de 6 mois avant l’entrée sur le territoire, avec une préférence des autorités pour une validité résiduelle d’au moins 6 mois au moment de la demande de permis. Les vaccins dits ‘3 ans’ ne sont pas pleinement reconnus ; un rappel annuel est généralement exigé. Les marques acceptées sont notamment Defensor 3, Nobivac Rabies et Rabisin.
À cette vaccination viennent s’ajouter des rappels exigés pour les autres maladies majeures : pour les chiens, distemper, hépatite, leptospirose, parvovirose, parainfluenza (schéma DHLPP) et une protection contre la toux de chenil (type Bordetella) ; pour les chats, un combo FVRCP (rhinotrachéite virale féline, calicivirose, panleucopénie) et, de préférence, la leucémie féline. Ces vaccins doivent être valides au moment du voyage et idéalement administrés au moins deux semaines avant le départ.
Outre les vaccins, un certificat de bonne santé, rédigé par un vétérinaire habilité, est exigé pour l’animal. Il doit attester de sa bonne santé, de son aptitude au transport, de l’absence de maladies contagieuses et de son identification correcte. Ce certificat nécessite ensuite une double authentification : d’abord par l’autorité vétérinaire du pays d’origine (ex: USDA, DEFRA), puis par légalisation à l’ambassade ou au consulat d’Arabie saoudite.
Le certificat a une durée de validité limitée – souvent 7 à 10 jours – ce qui oblige à caler très précisément la date de la visite chez le vétérinaire, le rendez‑vous auprès de l’autorité nationale et le vol.
Table 3 – Chronologie type des démarches sanitaires
| Étape | Délai conseillé avant départ | Particularités |
|---|---|---|
| Pose du microchip ISO | 2 à 4 mois avant départ | Obligatoire avant la vaccination antirabique |
| Vaccin rage | ≥ 30 jours avant, ≤ 6 mois avant | Validité résiduelle souhaitée ≥ 6 mois |
| Autres vaccins (chien/chat) | ≥ 14 jours avant | Doivent être valides à l’entrée |
| Traitements parasites | Quelques jours à 2 semaines avant | Fortement conseillés (vers, puces, tiques) |
| Certificat de santé | 7 à 10 jours avant | Rédigé par vétérinaire, puis endossé par autorité |
| Légalisation par ambassade | Dans la foulée de l’endossement | Indispensable pour l’acceptation à l’arrivée |
| Demande de permis MEWA | Au moins 14 jours avant l’arrivée | Validité 30 jours, à coordonner avec la date du vol |
Dans la plupart des cas, un test sérologique antirabique n’est pas exigé pour entrer en Arabie saoudite. Cependant, si vous envisagez un retour ultérieur dans un pays exigeant ce test pour les animaux venant d’un pays à haut risque de rage, il est prudent de le faire réaliser avant votre départ initial, afin d’éviter une longue période d’attente au moment du retour.
Transport aérien : cabine, soute ou fret, et particularités des compagnies
Une fois les volets administratif et vétérinaire bouclés, reste à acheminer l’animal jusqu’aux aéroports de Riyad, Jeddah ou Dammam, seuls points d’entrée autorisés. Cette étape est loin d’être anecdotique, surtout compte tenu des températures extrêmes qui peuvent régner dans la région.
Sur Saudia, seuls les chats et certains petits oiseaux (avec permis) sont acceptés en cabine, dans une caisse ne dépassant pas 5 kg et aux dimensions précises. Les chiens voyagent obligatoirement en soute, dans un compartiment pressurisé et climatisé. Trois modes de transport existent sur les lignes commerciales : en cabine, en bagage enregistré ou en fret cargo.
La réservation de l’animal ne se fait pas en ligne : il faut contacter une agence Saudia ou le centre de vente, ou passer par le service cargo quand l’animal voyage comme fret. Les frais varient selon les itinéraires et peuvent être calculés soit forfaitairement (par exemple autour de 100 dollars pour un petit animal en cabine, plus de 300 dollars pour un chien en soute), soit en appliquant un tarif de bagage excédentaire. Pour des trajets longs, la note totale de transport, incluant cage agréée, billets, formalités vétérinaires et logistique aéroportuaire, se situe fréquemment entre 2 000 et 5 000 dollars.
Les cages pour le fret aérien doivent être rigides (plastique dur, métal, bois) avec une porte verrouillable, une ventilation sur plusieurs faces, un fond étanche et des gamelles accessibles de l’extérieur. Les cages entièrement en grillage métallique sont généralement refusées. Les animaux brachycéphales (nez écrasé) nécessitent une cage plus grande que la taille minimale pour faciliter leur respiration. L’animal doit pouvoir s’y tenir debout, se retourner et s’allonger.
Les contraintes de température pèsent lourdement sur la planification. La plupart des compagnies, Saudia comprise, refusent le transport en soute si la température au sol excède 29‑30 °C ou descend sous 7 °C, avec des seuils encore plus stricts pour certaines races. En pratique, en Arabie saoudite où les températures d’été dépassent régulièrement 45 °C et où la surface du sol peut atteindre plus de 60 °C, il est souvent plus sûr d’organiser les arrivées et départs nocturnes ou hors période caniculaire.
Faire appel à un spécialiste : quand et pourquoi externaliser la logistique
De nombreux expatriés choisissent de confier tout ou partie de ces démarches à des sociétés spécialisées dans la relocalisation d’animaux. Ces entreprises, installées dans divers pays, se présentent comme des experts de la réglementation saoudienne et se chargent, moyennant honoraires, de composer un “parcours” sur mesure : choix de l’itinéraire, prise de rendez‑vous vétérinaires, obtention du permis MEWA, préparation de la cage, réservation fret auprès des compagnies, dépôt et récupération en zone cargo.
Certains transporteurs, basés ou représentés en Arabie saoudite, maîtrisent les spécificités des aéroports de Riyad, Jeddah et Dammam, ainsi que les sensibilités douanières et les points de vigilance (races sensibles, documents, horaires). D’autres, membres de réseaux comme l’IPATA, garantissent le respect des normes IATA et des lois sur le bien-être animal.
Le coût de ces prestations vient s’ajouter aux frais de transport eux‑mêmes, mais peut, pour des profils très occupés ou des dossiers compliqués (multiples animaux, races proches de listes interdites, itinéraires complexes), représenter une forme d’assurance contre les erreurs administratives ou les mauvaises surprises à l’arrivée. Il n’exonère en rien le propriétaire de sa responsabilité : en cas de microchip illisible ou de vaccin mal daté, l’animal peut tout de même être refusé.
Passage en douane, contrôle vétérinaire et risques de quarantaine
À l’atterrissage, chiens et chats ne sortent pas par le même circuit que les valises ordinaires. Ils sont acheminés vers les installations cargo de l’aéroport, où le propriétaire ou un agent mandaté doit les récupérer après contrôle.
Les autorités saoudiennes exigent la présentation de documents originaux (permis MEWA, certificat de santé légalisé, carnet de vaccination, certificat d’origine, copie du passeport) et procèdent à la vérification du microchip. Toute divergence entre le numéro du microchip et les documents, ou une impossibilité de lecture, peut entraîner le blocage de la procédure d’importation.
Si tout est conforme, l’animal est libéré sans quarantaine. En revanche, si un vaccin manque, si la date de la rage ne respecte pas les délais, si le permis est expiré ou si l’animal semble malade, les autorités disposent de plusieurs options : quarantaine locale (aux frais du propriétaire), renvoi dans le pays d’origine ou, dans le cas le plus extrême, euthanasie. C’est la raison pour laquelle les recommandations insistent sur la nécessité d’arriver en semaine et en horaires ouvrés, permettant d’avoir sur place l’ensemble des équipes vétérinaires et douanières.
Après l’arrivée : climat désertique et adaptation sanitaire
Une fois l’étape administrative franchie, un autre défi commence : celui de l’adaptation de l’animal à un environnement désertique, chaud et sec, avec des écarts saisonniers marqués.
En été, les températures diurnes atteignent régulièrement 45 °C, avec un rayonnement solaire intense et des sols brûlants. Pour un chien ou un chat, le risque majeur est le coup de chaleur et la déshydratation. Les signes d’alerte sont assez similaires pour les deux espèces : halètement excessif, bave abondante, faiblesse, vomissements, jusqu’à la perte de connaissance. Les coussinets peuvent également être gravement brûlés par le bitume ou le sable chauffé.
Pour protéger votre animal des fortes chaleurs, planifiez ses promenades tôt le matin ou tard le soir. Avant de sortir, testez la température du sol avec votre main : si vous ne pouvez pas la maintenir quelques secondes sur le bitume, il est trop chaud pour les coussinets de votre chien. Durant la journée, gardez l’animal dans un lieu climatisé ou bien ventilé, avec un accès permanent à de l’eau fraîche renouvelée plusieurs fois. Pour encourager la consommation d’eau, notamment chez les chats, multipliez les points d’eau dans la maison et envisagez l’utilisation d’une fontaine à eau.
La climatisation assèche fortement l’air intérieur, ce qui peut entraîner des problèmes cutanés ou respiratoires. L’utilisation d’humidificateurs, de shampoings hydratants et, sur avis vétérinaire, de compléments en acides gras oméga‑3 aide à préserver la qualité du pelage et de la peau. En extérieur, certaines zones peu poilues comme le nez ou le bout des oreilles peuvent être protégées par des crèmes solaires spécifiques pour animaux, afin de limiter les coups de soleil, surtout chez les animaux à poil clair.
Conseils pour protéger vos animaux des basses températures et du froid du sol en hiver.
Le béton et le carrelage, très froids en hiver, peuvent incommoder les animaux âgés ou souffrant d’arthrose.
Privilégiez un couchage isolant du sol et légèrement surélevé pour éviter l’humidité et les courants d’air.
Ajoutez des couvertures, particulièrement pour les chiens à poil ras et les chats âgés.
Trouver un logement et un mode de vie compatibles avec un animal
Au-delà du climat, la réussitede l’expatriation repose beaucoup sur le cadre de vie que vous pourrez offrir à votre compagnon. Or, dans de nombreuses villes saoudiennes, trouver un logement acceptant les animaux relève du casse‑tête.
Les compounds sont souvent plus ouverts aux animaux que les immeubles classiques et peuvent offrir des espaces dédiés, mais leurs règlements varient (restrictions de taille, nombre ou type, parfois interdiction des chiens). Les villas avec jardin sont une option pour les grands chiens, mais de nombreux propriétaires les interdisent dans les baux.
Il est donc indispensable, dès la prospection de logement, de poser explicitement la question de la politique vis‑à‑vis des animaux. Les annonces en ligne ne mentionnent pas toujours ce point, et seule une confirmation écrite du propriétaire ou de l’agence protège réellement contre un futur conflit. Des clauses spécifiques sur les animaux (dépôt de garantie majoré, engagement de réparation en cas de dégâts, limite de nombre ou de poids) sont fréquemment ajoutées dans les contrats de location.
Dans les grandes villes, certains quartiers expatriés sont plus accueillants pour les animaux de compagnie. Cependant, les chiens sont généralement interdits dans les espaces publics comme les parcs, plages, centres commerciaux et restaurants. Il est rare de voir des personnes promener un chien en rue, et cela peut susciter de l’inquiétude ou de l’hostilité chez certains habitants.
Cette réalité impose des compromis : privilège des sorties dans des zones moins fréquentées (certaines zones désertiques, trottoirs calmes, clubs privés), socialisation soignée du chien pour éviter tout comportement pouvant renforcer des peurs (aboiements, sauts sur les passants), et renoncement à certaines habitudes “à l’européenne” (chien en terrasse de café, entrée dans les magasins, etc.).
Accès aux soins vétérinaires, produits et services pour animaux
La bonne nouvelle, c’est qu’en parallèle de la progression du nombre de propriétaires d’animaux, l’offre vétérinaire et commerciale s’est nettement développée en Arabie saoudite, en particulier dans les grandes métropoles.
Dans les grandes villes saoudiennes comme Riyad, Jeddah ou Dammam, les cliniques vétérinaires modernes offrent une gamme complète de soins. Elles disposent d’équipements d’imagerie médicale avancée (radiographie numérique, échographie, scanner, IRM), de blocs opératoires, d’unités de soins intensifs et de pharmacies internes. Ces établissements pratiquent à la fois les actes de base (vaccinations, stérilisation, dentisterie) et des spécialités telles que l’orthopédie, la dermatologie, l’ophtalmologie, la neurologie et l’oncologie.
Les cliniques fonctionnent souvent avec une large amplitude horaire, certaines offrant des permanences 24 h/24 pour les urgences. Des consultations à distance (télé‑médecine) peuvent être proposées dans certaines structures, ce qui simplifie le suivi pour les propriétaires habitant loin des centres urbains.
Le marché des animaux de compagnie en Arabie Saoudite s’est largement développé. Les animaleries et boutiques spécialisées offrent une gamme complète de produits : nourritures industrielles de grandes marques, accessoires, produits d’hygiène et jouets. De nombreux services sont désormais accessibles en ligne avec livraison à domicile. L’écosystème comprend également des salons de toilettage, des pensions, ainsi que des services de pet-sitting et de promenade professionnels. Des applications et sites web dédiés à l’univers animalier local facilitent l’accès à ces offres.
En revanche, la qualité de la prise en charge est parfois inégale, et les tarifs peuvent surprendre, surtout pour des prestations spécialisées. Il est donc utile de s’appuyer sur les réseaux d’expatriés, groupes en ligne et recommandations de propriétaires déjà sur place pour identifier les structures de confiance. Dès l’arrivée, établir un contact avec un vétérinaire de référence, transmettre les anciens dossiers médicaux et programmer un premier bilan de santé permet de partir sur de bonnes bases.
Les transports intérieurs et la mobilité au quotidien
L’Arabie saoudite a récemment commencé à encadrer la présence d’animaux dans les transports publics (bus, trains, bateaux). Le principe adopté par l’autorité des transports est d’autoriser uniquement les petits animaux, à condition qu’ils soient placés dans un contenant adapté, qu’ils ne représentent aucun danger pour les passagers et qu’ils ne gênent pas la circulation. En pratique, un chien de taille moyenne ou grande aura donc très peu de chances d’être accepté dans un bus ou un train. En cas de non‑respect des règles, les passagers s’exposent à une amende et, surtout, à un refus de service.
Pour les déplacements en voiture, ne laissez jamais un animal seul dans le véhicule, même brièvement, en raison du risque d’élévation mortelle de la température. En roulant, assurez une bonne aération, prévoyez de l’eau et des pauses, et sécurisez l’animal avec un harnais-ceinture ou une caisse de transport pour éviter les blessures lors d’un freinage.
Les taxis et services de VTC n’affichent pas toujours clairement leur politique envers les animaux. Il faut donc se montrer transparent au moment de la réservation et anticiper un éventuel refus. Certains chauffeurs acceptent les petits chiens et chats dans une caisse, d’autres non.
Bien-être animal, cadre religieux et associations de protection
On associe parfois le contexte saoudien à des pratiques peu favorables aux animaux. La réalité est plus nuancée. Sur le plan juridique, l’Arabie saoudite a adopté, au sein du Conseil de coopération du Golfe, un texte de référence sur le bien‑être animal, qui interdit la maltraitance, l’abandon et certaines pratiques comme les combats de chiens. Le MEWA et l’autorité saoudienne de la faune (ancienne Saudi Wildlife Authority) se réclament de ces principes et peuvent enquêter en cas de maltraitance signalée.
La population de chiens et chats errants est importante, avec des cas de négligence et de violence. L’euthanasie de convenance, parfois pratiquée autour du Ramadan sur la base de malentendus religieux, est fréquente. Des associations locales promeuvent l’adoption, la stérilisation, le respect de la souffrance animale et rappellent que les sources islamiques prônent la compassion envers les animaux.
Pour un expatrié, intégrer ce contexte suppose à la fois de respecter la sensibilité religieuse dominante (éviter d’emmener un chien dans ou à proximité d’une mosquée, par exemple, ou dans la majorité des lieux de restauration), de veiller à la propreté (ramasser systématiquement les déjections, éviter les aboiements répétés dans un voisinage serré) et de se tenir informé des règles locales. En parallèle, participer, si on le souhaite, à des initiatives de protection (don à une association, accueil d’un animal adopté) peut contribuer modestement à améliorer la situation globale.
Penser aussi au retour : exporter son animal depuis l’Arabie saoudite
Nombre de familles expatriées ne pensent qu’à l’aller… jusqu’au moment où un retour ou un nouveau départ se profile et où elles découvrent que sortir un animal d’Arabie saoudite est aussi, voire plus, complexe que l’y faire entrer.
Pour l’export comme pour l’import, certaines constantes demeurent : l’animal doit être à jour de ses vaccins, identifié, examiné par un vétérinaire et muni d’un certificat de santé récent (souvent dans les 10 jours précédant le départ). Un permis d’exportation est délivré par le MEWA, après dépôt d’un dossier comprenant certificats, preuves de vaccination et documents d’identité du propriétaire.
Les exigences du pays de destination, comme un test sérologique de la rage effectué plusieurs mois à l’avance pour un retour dans l’UE, s’ajoutent à celles du pays de départ. Ne pas anticiper ces délais peut entraîner une séparation temporaire forcée ou, dans le pire des cas, l’abandon de l’animal.
Au vu de ces contraintes, certains expatriés mal informés renoncent malheureusement à faire repartir leur animal avec eux. D’où l’importance de réfléchir dès le début du projet d’expatriation au “cycle complet” de la vie de l’animal : entrée, séjour, mais aussi sortie ultérieure.
Préparer son animal au changement : routine, environnement et accompagnement
Au‑delà des aspects réglementaires, un déménagement international reste une épreuve pour un chien ou un chat. Changement de température, de luminosité, de bruits, d’odeurs, de rythme de la maisonnée : tout concourt à créer un stress plus ou moins durable.
Pour réduire le stress de votre animal lors d’un voyage en avion, privilégiez la préparation en amont. Habituez-le plusieurs semaines avant le départ à sa caisse de transport en la rendant accueillante (friandises, jouets, couchage). Évitez les sédatifs chimiques pour le vol, car ils peuvent présenter des risques en altitude (respiration, régulation thermique). Consultez un vétérinaire pour des alternatives comme des phéromones apaisantes ou des compléments calmants d’origine végétale.
À l’arrivée, reconstituer dès que possible un “coin à lui” avec sa couverture et ses objets familiers dans le nouveau logement, préserver autant que possible les horaires de repas et de jeux, et introduire progressivement les nouvelles zones de promenade et les nouveaux bruits du quartier aident l’animal à prendre ses marques. Pour un chat, limiter fortement les sorties au début et sécuriser les fenêtres et balcons est primordial, surtout dans les immeubles en hauteur.
Enfin, un contrôle médical quelques semaines après l’installation permet de s’assurer que le changement de climat, de nourriture et de routine n’a pas mis à mal la santé de l’animal, et d’adapter si besoin la prévention parasitaire au nouveau contexte (tiques, puces, vers, etc.).
En résumé : une expatriation possible, mais jamais improvisée
Emmener son animal de compagnie en Arabie saoudite est loin d’être impossible, malgré un environnement juridique, climatique et culturel exigeant. Les conditions d’entrée sont strictes, en particulier pour les chiens, et la moindre irrégularité peut avoir des conséquences dramatiques. Mais une préparation minutieuse, l’accompagnement d’un vétérinaire compétent, la consultation attentive de la réglementation du MEWA et, le cas échéant, l’aide d’un professionnel de la relocalisation animale permettent, dans la grande majorité des cas, d’aboutir à une arrivée sereine.
La clé réside dans l’anticipation : vérifier la race et le statut de l’animal bien avant tout engagement, planifier les vaccinations et la pose de la puce plusieurs mois à l’avance, caler le calendrier du certificat de santé et du permis d’importation, choisir avec soin le vol et la cage, organiser le logement et les soins vétérinaires sur place. Ne jamais perdre de vue que le bien‑être de l’animal ne s’arrête pas au passage de la douane. L’expatriation réussie est celle qui permet à toute la famille, humains et animaux, de s’adapter durablement à leur nouveau pays, dans le respect du cadre local et des besoins spécifiques de chacun.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer en Arabie saoudite, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Arabie saoudite, Émirats, Qatar, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Arabie saoudite pour son absence d’impôt sur le revenu des particuliers, l’absence d’impôt sur la fortune et son programme de modernisation économique (projets type NEOM), combinant fiscalité très avantageuse, coûts courants compétitifs hors zones premium et accès à de nouvelles opportunités d’affaires régionales. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, conventions fiscales FR-KSA), obtention du statut de résident (visa approprié, logement principal), adaptation de la couverture santé, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, business) et intégration patrimoniale globale (restructuration et diversification géographique si nécessaire).
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