S’initier aux saveurs du royaume : guide culinaire pour expatriés en Arabie saoudite

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Arabie saoudite, c’est entrer dans un pays où l’on vous accueille d’abord avec une tasse de café, une poignée de dattes… puis un immense plat de riz et de viande posé au centre du tapis. Pour un expatrié, comprendre cette gastronomie, ses codes et son lien avec la culture est l’un des meilleurs moyens de s’intégrer.

Bon à savoir :

Ce guide offre un aperçu pratique de la gastronomie saoudienne, couvrant ses principes, plats emblématiques, marchés, traditions café et saisonnalité. Il aborde également la réalité du ‘tout halal’. L’objectif est de fournir des repères essentiels pour se sentir à l’aise, commander sans stress et profiter pleinement de l’expérience culinaire.

Comprendre la cuisine saoudienne : simplicité, hospitalité et halal

La cuisine saoudienne est d’abord l’expression d’un mode de vie. Elle naît du désert et des oasis, des caravanes marchandes et des pèlerinages, de la foi musulmane et de l’héritage bédouin. Les recettes restent globalement simples – souvent deux à quatre ingrédients principaux – mais les saveurs sont riches, portées par des épices et des cuissons lentes.

Exemple :

L’alimentation traditionnelle de l’Arabie Saoudite repose sur des produits locaux historiques comme le blé, l’orge, les dattes, le ghee, les viandes d’agneau, de chameau, de chèvre et de poulet, ainsi que le poisson sur les côtes et les légumes de saison. Cette base est enrichie par un mélange d’épices emblématiques, héritées des anciennes routes commerciales avec l’Inde, la Perse et la Méditerranée, incluant la cardamome, la cannelle, le cumin, la coriandre, le clou de girofle, le safran, les citrons noirs séchés, les feuilles de laurier et la noix de muscade.

Dans le quotidien, l’enjeu n’est pas la sophistication technique, mais la qualité du produit et le partage. Le repas est très souvent collectif, servi sur de grands plateaux où chacun se sert avec la main droite. Beaucoup de plats emblématiques – Kabsa, Mandi, Saleeg, Jareesh – sont pensés pour nourrir une famille élargie, voire tout un village pendant une fête.

Bon à savoir :

En Arabie saoudite, l’halal est une exigence légale, pas seulement religieuse. Tous les ingrédients, l’abattage des animaux, les additifs et les procédés de fabrication sont strictement réglementés. La quasi-totalité de la nourriture servie est halal par défaut (pas de porc, d’alcool, viande abattue selon le rite islamique). La mention ‘halal’ sur un produit ou une enseigne est contrôlée par la Saudi Food and Drug Authority (SFDA) et le Saudi Halal Center, et n’est pas un simple argument marketing.

Pour garder en tête l’essentiel, on peut résumer les fondamentaux de la culture culinaire saoudienne dans un tableau synthétique.

DimensionCe qu’il faut retenir pour un expatrié
Ingrédients clésRiz, blé, dattes, ghee, agneau, poulet, lait, yaourt, légumes de saison, poisson sur les côtes
Épices majeuresCardamome, safran, cannelle, cumin, coriandre, clous de girofle, citron noir (loomi)
Style de cuisinePlats familiaux, portions généreuses, cuissons lentes, peu d’ingrédients mais très aromatiques
Culture du repasPartage, plat central, main droite, forte dimension d’hospitalité
Religion & alimentation100 % halal : porc interdit, alcool interdit, abattage rituel obligatoire
Rôle de la gastronomieExpression de la générosité, de la tradition, des fêtes religieuses (Ramadan, Eid, Hajj)

Dans ce cadre, manger n’est jamais un simple acte fonctionnel : partager une Kabsa ou prendre un café avec des dattes fait partie de la manière saoudienne de tisser des liens.

Bien manger en contexte local : codes, gestes et faux pas à éviter

Avant même de plonger dans les plats, il est utile de lire correctement la « scène » autour de la table. La culture de la table en Arabie saoudite est très codifiée, mais une grande partie se résume à deux principes : respect et modestie.

Dans un cadre traditionnel, les invités s’assoient parfois sur des tapis, autour d’une nappe posée au sol (sufrah) où l’on dépose un immense plat de riz et de viande. Dans les grandes villes comme Riyadh ou Jeddah, la plupart des restaurants servent à table, mais beaucoup gardent un fonctionnement par sections : espace familles (mixte), espace hommes seuls. Même dans un burger branché, une certaine retenue est attendue : vêtements couvrant épaules et genoux, pas de démonstration d’affection.

Attention :

Manger avec la main droite est la norme pour les plats partagés, en évitant de passer la main gauche au-dessus. Il convient d’attendre que l’hôte ou la personne la plus âgée commence. Refuser les plats, laisser son assiette pleine ou les critiquer est considéré comme un manque de respect envers la générosité de l’hôte, selon l’adage implicite « l’invité est l’invité de Dieu ».

Dans un cadre plus contemporain – restaurants gastronomiques, cafés design – les couverts sont omniprésents, la facture peut ressembler à celle d’une capitale européenne, mais ces marqueurs de respect continuent de compter. La ponctualité pour une invitation, le fait de remercier chaleureusement l’hôte et de dire quelques mots d’appréciation sur le repas (« Allah y3atik el 3afya » – que Dieu te donne la santé) sont remarqués.

Astuce :

Dans le contexte professionnel, le repas est un vecteur relationnel crucial. Un déjeuner ou dîner d’affaires sert à évaluer la qualité du lien et la pertinence d’un projet. Pour un invité expatrié, il est attendu d’adopter une tenue formelle, d’éviter les sujets sensibles (politique, religion) et de privilégier des thèmes de conversation appréciés comme la famille, la santé ou la réussite commune. Des gestes comme manger un Kabsa avec aisance de la main droite ou goûter un dessert très sucré sont souvent perçus comme des signes d’ouverture et d’adaptation.

Le royaume par l’assiette : régions, spécialités et plats incontournables

La création, en 2024, d’une liste officielle de plats régionaux pour les 13 provinces par la Culinary Arts Commission n’est pas anecdotique. C’est une manière d’affirmer que la cuisine saoudienne n’est pas monolithique : entre le Najd central, les montagnes d’Asir, le littoral de la mer Rouge et les oasis de l’Est, les assiettes racontent des paysages différents.

Riz et viande : le grand répertoire des plats de fête

Pour beaucoup d’expatriés, la découverte commence par un plat de riz couronné d’un poulet entier ou d’un gigot d’agneau.

Le Kabsa, souvent présenté comme plat national, est un riz long type basmati cuit dans un bouillon épicé (cardamome, cannelle, clous de girofle, poivre, citron noir, laurier) avec du poulet, de l’agneau, du bœuf, voire du chameau. La viande est mijotée dans le bouillon, puis le riz est cuit dans ce même jus, ce qui donne un plat complet, parfumé, décoré de raisins secs, d’amandes ou de pignons. Lors des grandes occasions – mariages, Eid – il est servi sur d’immenses plateaux posés au sol, plusieurs convives mangeant ensemble.

Le Mandi, d’inspiration yéménite, repose sur le même couple riz + viande, mais la cuisson est différente : la viande (souvent de l’agneau) est cuite dans un four creusé dans le sol, au-dessus du riz. La fumée imprègne les grains, donnant une saveur légèrement fumée. À Riyadh comme à Jeddah, des restaurants spécialisés – souvent appelés « Mandi House » ou « Hadramout » – en ont fait leur cœur de menu.

Exemple :

Le Saleeg est un plat emblématique de la région de La Mecque. Il s’agit d’un riz blanc longuement cuit dans un mélange de bouillon et de lait jusqu’à obtenir une texture onctueuse, semblable à un risotto. Il est traditionnellement servi avec des morceaux de poulet ou de viande rôtis. C’est un plat particulièrement apprécié le soir, souvent accompagné d’une soupe légère et d’une salade.

Dans l’Est, le Hassawi Rice Kabsa utilise un riz rouge court typique d’Al-Ahsa, à la saveur plus marquée, cultivé dans les oasis de la région. Le Bukhari rice, quant à lui, s’est imposé dans tout le pays, avec son riz agrémenté de pois chiches, de carottes, d’oignons caramélisés et de viande.

Pour avoir une vue rapide de ce paysage du riz, il suffit de regarder les spécialités régionales désignées comme emblématiques.

Région / ProvincePlat de riz ou céréales emblématique
Riyadh (Najd)Margaouq (pâtes de blé dans un bouillon viande-légumes)
Makkah (Hijaz)Saleeg (riz au lait et bouillon, avec viande)
Al-MadinahMadini Rice (riz blanc cuit à la vapeur, viande en sauce rouge)
Province orientaleHassawi Rice Kabsa (kabsa au riz rouge d’Al-Ahsa)
QassimKleja (pâtisserie), Jareesh très présent comme plat de céréales
HailKeubaibat Hail (feuilles de vigne farcies)
TabukSayadiah (riz brun aux oignons, servi avec poisson)
JazanMaghsh (viande en pot de pierre)
AseerHaneeth (agneau cuit en fosse, servi sur riz)

Pour un expatrié, l’un des plaisirs consiste à goûter ces déclinaisons d’une région à l’autre : un Kabsa à Riyadh, un Saleeg dans un restaurant du Hijaz, un Sayadiah dans le nord-ouest en bord de mer.

Plats de blé et de pain : l’autre pilier nourricier

Si le riz domine les fêtes, le blé et l’orge occupent un rôle central dans le quotidien, surtout dans le centre et le sud du pays. Les plats de type « porridge » ou « ragout de blé » sont roboratifs, très appréciés en hiver et pendant le Ramadan.

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Nombre de régions étudiées dans l’analyse des habitudes alimentaires en Arabie Saoudite, incluant Hail, Jazan, Al-Ahsa, Jeddah et Riyadh.

Le Harees suit une logique proche, avec du blé (ou bulgur) et de la viande réduits en purée très fine, relevés de ghee, de cannelle et de poivre noir. C’est un plat emblématique des soirées de Ramadan : on le trouve sur les tables familiales comme dans les buffets d’hôtels.

Le Matazeez et le Margoog, typiques du Najd, mélangent pâte de blé complet et ragoût de légumes et de viande : la pâte est découpée en petits disques ou lanières et cuite directement dans le bouillon de tomates, courges, aubergines, courgettes. L’ensemble forme un plat rustique, très nourrissant, qui illustre bien l’usage parcimonieux mais malin des légumes dans un environnement semi-désertique.

Le Qursan consiste en grandes feuilles de pain très fines qui sont ensuite déchirées et plongées dans un bouillon de viande et de légumes. On mange la soupe en même temps que le pain ramolli, dans une parfaite économie de moyens.

À côté de ces préparations, le pain de tous les jours – khubz classique, tamees cuit au four en tandoor, mifa bread ou muqana bread sur pierre chaude – accompagne la plupart des repas, surtout au petit-déjeuner et au dîner.

Montagnes, désert, mer : quand la géographie entre dans l’assiette

La diversité géographique du pays se lit dans les ingrédients disponibles.

Sur les côtes de la mer Rouge et du Golfe, le poisson occupe une place importante. Le Sayadiah, plat de Tabuk, fait revenir du riz avec des oignons caramélisés jusqu’à ce qu’il prenne une couleur brune, avant d’y ajouter du poisson et des épices. Dans l’Est, on trouve des recettes aux crevettes séchées, comme Aish al-Jazar, où les carottes sont cuisinées avec ces fruits de mer conservés.

Cuisines côtières saoudiennes

Dans le sud montagnard, notamment en Asir et Jazan, les céréales complètes, le miel et le café local marquent la table. L’Areekah, par exemple, est une sorte de galette épaisse de blé, écrasée et mélangée à du ghee et du miel, surmontée de dattes. Elle tient autant du dessert que du plat de résistance. Le Haneeth, agneau cuit dans des fosses tapissées d’herbes (comme le markh), donne une viande extrêmement tendre, servie sur riz.

Les régions d’oasis comme Al-Ahsa se distinguent par leurs dattes et leurs céréales. Le Hassawi (riz rouge), les plats de lentilles comme Maadous, ou les douceurs à base de farine locale et de dattes (Bukayla dans l’extrême nord, par exemple) illustrent cette cuisine ancrée dans l’agriculture irriguée.

Pour un expatrié, visiter ces régions permet de sortir de l’idée d’une cuisine saoudienne uniforme : un week-end à Abha dans le sud n’a pas du tout la même signature gustative qu’un séjour à Riyadh ou Dammam.

Street food, souqs et marchés : la gastronomie côté trottoir

En dehors des grands plats servés à la maison ou dans les restaurants, l’Arabie saoudite possède une vraie culture du snacking et de la street food, surtout pendant le Ramadan et dans les quartiers anciens.

Dans les souqs – ces marchés traditionnels aux allées tortueuses – on mange souvent sur le pouce : sambousa croustillantes farcies de viande ou de fromage, falafels brûlants en sandwich, brochettes de kebab, shawarmas découpés à la verticale. Des desserts comme les luqaimat, petites boules de pâte frites arrosées de sirop de dattes ou de miel, s’achètent dans des échoppes éphémères particulièrement actives en soirée.

Exemple :

Ce marché traditionnel d’Abha est un exemple où l’achat de produits locaux (épices, miel, dattes, vêtements traditionnels) se combine avec la dégustation. On y trouve des préparations maison à base de ghee, de miel de montagne, de plantes aromatiques et de dattes, souvent produites par des femmes locales. Son ambiance authentique, moins touristique que les marchés du Golfe, permet aux expatriés de pratiquer le marchandage avec douceur et d’engager la conversation sur l’origine des produits ou leur utilisation culinaire.

Dans les grandes villes, le street food a aussi pris un virage plus urbain. Riyadh abrite des dizaines de petites adresses spécialisées : échoppes de fouls (fèves mijotées) au petit matin, stands de liver sandwiches (foie de chameau ou d’agneau grillé avec légumes), boutiques de falafel mythiques, enseignes de shawarma devenues de véritables institutions. À Jeddah, le vieux quartier d’Al-Balad, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, accueille marchands de jus de fruits frais, stands de mutabbaq salés ou sucrés et petites gargotes où l’on vous sert un plateau de poisson suivant l’arrivage du jour.

Bon à savoir :

Les prix restent globalement abordables par rapport aux standards européens, ce que l’on peut visualiser en regardant quelques repères de tarifs usuels.

Plat de street food / dessertFourchette de prix courante (SAR)
Shawarma (sandwich)8 – 12
Shawarma saj10 – 15
Falafel (un sandwich)7 – 10
Sambousa (pièce)2 – 3
Mutabbaq (part individuelle)12 – 15
Luqaimat (portion)10 – 15
Konafa (part)25 – 35
Umm Ali (dessert individuel)20 – 30
Baklava (au kilo)80 – 120
Ma’amoul (au kilo)50 – 70

Dans un marché ou une échoppe populaire, payer en liquide facilite les choses, même si les cartes bancaires sont de plus en plus acceptées. Emporter un petit flacon de gel hydroalcoolique et observer la propreté du stand sont des réflexes utiles. Si vous avez des restrictions alimentaires (allergies, végétarisme), il ne faut pas hésiter à demander les ingrédients, quitte à montrer la question traduite en arabe sur votre téléphone.

Vivre le café saoudien : un rituel plus qu’une boisson

Aucun guide culinaire sur l’Arabie saoudite ne serait complet sans un chapitre sur le café, ou plutôt la qahwa. Ici, le café n’est pas un « shot » rapide pour rester éveillé : c’est un cérémonial qui structure l’hospitalité, marque l’ouverture d’une rencontre, scelle un accord ou adoucit un conflit.

Le café saoudien est très différent d’un espresso italien. Les grains d’arabica, parfois cultivés dans les montagnes de Jazan, Al Baha ou Abha (variété Khawlani), sont légèrement torréfiés, presque blond. On les fait ensuite mijoter longuement avec de l’eau et surtout de la cardamome, parfois complétée par du safran, du clou de girofle, de la cannelle, du gingembre ou quelques gouttes d’eau de rose. Le résultat est une boisson pâle, d’un jaune doré, peu caféinée, très parfumée et sans sucre.

Astuce :

Traditionnellement préparé dans une cafetière dallah, le café arabe se sert dans de petites tasses sans anse appelées finjan. Le serveur, souvent le plus jeune homme présent, se tient debout pour servir les invités assis, en commençant par la personne la plus âgée ou la plus honorée. La tasse n’est jamais remplie à ras bord (un tiers à moitié seulement), ce qui permet de servir plusieurs fois et de maintenir le café chaud. Refuser une tasse sans raison claire peut être perçu comme un manque de respect. Pour indiquer que l’on ne souhaite plus être resservi, il suffit de rendre la tasse en effectuant un léger mouvement de va-et-vient de la main.

Les dattes accompagnent toujours ce rituel. Elles adoucissent l’amertume du café et, dans l’imaginaire religieux, rappellent le geste du Prophète. Des variétés comme Sukkari (très sucrée, fondante), Ajwa (noire, dense, à forte charge symbolique), Medjool (grosse, caramélisée) ou Sagai sont fréquemment proposées. On les sert parfois fourrées de noix, d’amandes ou nappées de ghee.

La Qahwa Saoudienne Aujourd’hui

Le rituel traditionnel du café saoudien s’étend désormais au-delà des cadres privés, investissant de nouveaux espaces sociaux et se réinventant dans des établissements modernes.

Une Expansion Géographique

Le rituel se déplace des maisons et majlis vers les cafés, hôtels et salons d’aéroport, devenant une expérience publique et accessible.

Croissance des Coffee Shops

La croissance est spectaculaire, avec plusieurs centaines d’enseignes spécialisées à Jeddah et de nombreux cafés à Riyad.

Fusion des Traditions

Les nouveaux établissements marient la qahwa traditionnelle avec l’espresso de spécialité, créant un hybride moderne.

Créations Innovantes

On y sert des « mocktails » à base de café saoudien et des desserts parfumés à la cardamome, renouvelant l’expérience.

Pour un expatrié, apprendre les quelques règles de base – accepter la première tasse, tenir la tasse de la main droite, connaître le geste pour dire « c’est bon, merci » – suffit pour naviguer ce rituel sans faux pas. On y gagne aussi l’accès à une conversation plus détendue : autour d’un finjan et d’une datte, les langues se délient.

Halal au quotidien : ce que cela change concrètement pour un expatrié

Parce que la population est très majoritairement musulmane et que l’État saoudien s’appuie sur la loi islamique (charia), l’alimentation halal est la norme. Tout ce qui touche aux produits animaux – viande, gélatine, enzymes, graisses – est encadré par des textes réglementaires précis, appliqués par la SFDA et le Saudi Halal Center.

Bon à savoir :

Pour les produits importés, la certification halal est obligatoire pour la viande, la volaille, leurs dérivés (gélatine, collagène, enzymes) et les denrées contenant un ingrédient animal ou arborant un logo halal. L’abattage doit suivre le rite islamique, toute contamination avec des substances non halal est interdite et l’étiquetage doit être clair. Les certificats sont délivrés par des organismes accrédités, contrôlés par le Saudi Accreditation Center (SAAC) et le Gulf Accreditation Centre (GAC).

Pour un expatrié, l’impact concret est double. D’un côté, la plupart des restaurants, snacks, hôtels, cafés servent exclusivement des produits halal. Vous n’aurez pas à chercher un label spécifique pour éviter le porc : il est totalement absent des menus. L’alcool aussi est proscrit, y compris dans les restaurants gastronomiques. De l’autre, si vous cuisinez chez vous avec des produits importés achetés en supermarché international, il est utile de repérer la mention « halal » sur les produits carnés occidentaux (fromages à base de présure animale, bonbons gélifiés, charcuteries de bœuf ou de volaille).

Bon à savoir :

Les expatriés non-musulmans peuvent techniquement consommer du porc ou de l’alcool à domicile selon les règles locales, mais l’accès est très limité et réglementé. Il est crucial de noter qu’en servir à des invités saoudiens serait extrêmement maladroit. Une bonne pratique est de considérer que tout repas incluant des convives locaux doit être exclusivement halal.

Cette omniprésence du halal structure aussi l’offre de restauration internationale. Les steakhouses, les Italiens, les Japonais sophistiqués de Riyadh travaillent tous avec des filières certifiées. Cela influence les cartes : les plats au vin sont revisités, la charcuterie est souvent à base de bœuf ou de volaille, certains desserts évitent les liqueurs. Mais la qualité n’en souffre pas : les restaurants haut de gamme de la capitale rivalisent avec les grandes tables mondiales en matière de technique, de produits et de service, tout en respectant ce cadre.

Vivre la gastronomie à Riyadh : du Najd traditionnel à la fusion internationale

Riyadh, capitale politique et économique du pays, est aussi devenue un laboratoire gastronomique. L’ouverture accrue aux investisseurs étrangers, les objectifs de Vision 2030 et la montée en puissance d’une classe moyenne urbaine ont transformé la ville en scène culinaire éclectique.

Exemple :

L’offre culinaire en Arabie Saoudite illustre la transition entre tradition et modernité. D’un côté, des restaurants comme Najd Village proposent une immersion traditionnelle avec des plats typiques (Kabsa, Mandi, Jareesh, Qursan) servis dans un décor recréant une maison du Najd, accompagnés de desserts comme le Hanini ou le Ma’soub. De l’autre, des établissements modernes tels que Suhail ou Suale réinterprètent ces mêmes recettes en version ‘fine dining’, avec des présentations raffinées, des ingrédients revisités (épaule d’agneau au miel d’Al Baha, kefta de chameau) et une carte de boissons sans alcool sophistiquée.

Autour de cette base saoudienne, toute la planète culinaire s’invite : Japon contemporain chez Myazu ou Roka, méditerranéen chic dans les restaurants italiens et grecs, indien moderne, bistrots français, steak houses américains, fast-foods premium. On peut, en une semaine, passer d’un petit-déjeuner de foul medames et tamees à un dîner de wagyu maturé ou de sushis.

Les prix suivent cette diversité. Une journée type pour un expatrié peut couvrir tout le spectre, ce que récapitule le tableau suivant.

Type de repas à RiyadhFourchette de coût pour 1 personne (SAR)Exemple de cadre
Petit-déjeuner simple (foul, pain, thé)10 – 25Échoppe de quartier (Fawal, Tameesa…)
Street food (shawarma, falafel, liver…)15 – 30Snack populaire type Mama Noura
Restaurant saoudien milieu de gamme40 – 100Chaîne comme Al Romansiah, Najd Village
Buffet hôtelier / brunch120 – 250Grand hôtel international
Restaurant gastronomique international200 – 500+Steakhouse, japonais de luxe

Pour un expatrié, l’enjeu n’est pas de multiplier les tables les plus chères, mais de varier les expériences. Un déjeuner dans un restaurant de spécialités de foie de chameau, un dîner dans un restaurant saoudo-moderne, une virée shawarma après le travail, un café dans un concept store branché permettent de sentir la ville évoluer.

Ramadan, Eid et autres moments forts : manger au rythme du calendrier religieux

La gastronomie saoudienne varie aussi au fil de l’année. Le mois de Ramadan en est le moment le plus visible. Du lever au coucher du soleil, les musulmans jeûnent : pas de nourriture, ni boisson, ni cigarettes. Cela impacte directement les horaires de repas et de sortie.

Exemple :

Pour un expatrié, la première différence visible est la fermeture de la plupart des restaurants en journée, à l’exception de certains services de livraison destinés aux non-jeûneurs ou aux cuisines industrielles. À l’approche du maghreb (prière du coucher du soleil), l’atmosphère change : les tables se couvrent de dattes, de soupes légères (lentilles, harira locale, chorba), de sambousa, de luqaimat, de jus de fruits (tamarin, jallab, sobia), de foul et de salades. L’Iftar, repas de rupture du jeûne, est souvent pris en famille ou dans des restaurants proposant des buffets gigantesques.

La nuit, les marchés et les rues s’animent comme rarement le reste de l’année. Pour un expatrié, c’est une occasion unique de goûter des mets saisonniers : Harees, Jareesh, samboosa en tout genre, luqaimat servies brûlantes, boissons traditionnelles comme tamr hindi ou sobia. Il est important, en revanche, de s’abstenir de manger et de boire en public pendant la journée, par respect pour ceux qui jeûnent.

Exemple :

Les fêtes musulmanes d’Eid al-Fitr et d’Eid al-Adha sont associées à des plats spécifiques. Pour l’Eid al-Fitr, marquant la fin du Ramadan, on retrouve la Debyaza de La Mecque (une compote dense aux fruits secs et dattes), les ma’amoul (pâtisseries fourrées aux dattes), ainsi que du café et diverses douceurs. Pour l’Eid al-Adha, liée au sacrifice rituel du Hajj, l’agneau est à l’honneur, notamment dans des préparations comme le Mahshoosh (côtes d’agneau frites parfumées à la cannelle) ou les grands Mufattah (agneau entier rôti sur du riz).

Ces moments offrent à l’expatrié une plongée concentrée dans la symbolique culinaire du pays : relation entre sacrifice et partage de la viande, importance de la charité alimentaire, circulation des plats de maison en maison.

Saisonnalité et terroir : des dattes toute l’année, mais bien plus encore

Si l’Arabie saoudite évoque spontanément les dattes – avec une autosuffisance dépassant 100 % – le pays produit en réalité une large palette de fruits et légumes grâce à des systèmes d’irrigation sophistiqués et un développement accéléré de l’agriculture sous serre.

Cycles Agricoles Saisonniers

Organisation des cultures autour de deux grands cycles annuels, hivernal et estival, avec leurs périodes de plantation et de récolte.

Cycle Hivernal

Plantations en novembre-décembre et récoltes autour de mars. Légumes : oignons, ail, carottes, petits pois, choux-fleurs, radis, épinards, laitues, coriandre, fèves et pois chiches.

Cycle Estival

Semis au printemps et récoltes en fin d’été. Cultures : pastèques, melons, tomates, concombres, aubergines, poivrons et courgettes.

Les fruits suivent une logique similaire. On trouve des dates bien sûr, mais aussi pastèques et melons, mangues, grenades, citrons, raisins, olives, pommes, fraises, bananes, oranges, figues, papayes, goyaves, figues de barbarie, abricots, pêches et prunes selon les régions et la saison. Asir, par exemple, est réputée pour ses grenades et ses figues, tandis qu’Al-Jouf cumule blé et oliviers.

Bon à savoir :

Pour les expatriés, les produits frais de saison sont disponibles sur les marchés et mis en avant par des campagnes gouvernementales comme « It’s Time » ou « Harvest Season », qui valorisent leurs bienfaits nutritionnels. Le développement de l’agriculture sous serre et hydroponique vise à accroître la production locale de légumes et renforcer la sécurité alimentaire.

L’augmentation de la consommation annuelle de fruits et légumes, passée d’environ 180 kg à 220 kg par habitant en quelques années, traduit également une évolution des habitudes alimentaires et une prise de conscience nutritionnelle.

Conseils pratiques pour expatriés : de l’assiette à l’intégration

Découvrir la gastronomie locale ne consiste pas seulement à cocher des plats sur une liste, mais à s’en servir comme passerelle culturelle. Quelques repères peuvent aider à transformer ces découvertes en expériences durables.

Apprendre d’abord à commander. Les mots Kabsa, Mandi, Saleeg, Jareesh, Harees, Mutabbaq, Luqaimat, Ma’amoul, Kunafa, sont autant de clés pour lire un menu. Comprendre que « foul » renvoie aux fèves, « tamees » au pain, « qahwa » au café, « laban » au lait fermenté, évite des malentendus. Poser une ou deux questions simples au serveur – « plat épicé ou non ? », « viande d’agneau ou de poulet ? » – crée du lien et vous éclaire sur les goûts locaux.

Astuce :

Dans les contextes sociaux, notamment pendant le Ramadan ou au souq, il est courant de se voir offrir de la nourriture, comme des luqaimat, des dattes, du miel ou du café. Refuser par gêne ou crainte de déranger peut être perçu comme impoli. Il est préférable d’accepter avec gratitude une petite portion, de remercier chaleureusement, puis de décliner poliment toute offre supplémentaire si nécessaire.

Éviter enfin quelques pièges classiques. Chercher « un bon vin » au restaurant crée un malaise certain. Commander du porc par inadvertance est quasi impossible, mais proposer d’en cuisiner à ses invités locaux serait un faux pas. Manger ostensiblement dans la rue pendant le jeûne de Ramadan est à proscrire. Photographier des personnes sans leur consentement, surtout des femmes et des enfants, reste mal vu.

Exemple :

Pour créer des liens plus profonds en Arabie Saoudite, des gestes simples comme essayer de prononcer des mots de politesse en arabe ou s’intéresser à la cuisine locale sont très appréciés. Par exemple, demander à une collègue sa recette du Kabsa ou écouter un collègue expliquer la différence entre le café de Jazan et celui du Najd peuvent ouvrir la porte à de véritables amitiés. Ces échanges autour des plats et des traditions culinaires régionales favorisent une connexion authentique.

En quelques mois, l’expatrié qui, à son arrivée, peinait à distinguer un Mandi d’un Machbous, se surprend à avoir des préférences très précises : tel restaurant de Riyadh pour le Haneeth, tel marché de Jeddah pour les mutabbaq, tel café pour la qahwa parfaitement équilibrée, telle région pour les dattes les plus fondantes. La gastronomie saoudienne cesse alors d’être un décor exotique : elle devient un langage que l’on parle, une mémoire à laquelle on participe.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite s’expatrier en Arabie saoudite pour optimiser sa fiscalité, accéder à un environnement économique dynamique et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après comparaison avec d’autres destinations (Émirats, Qatar, Chypre, Maurice), la stratégie retenue consiste à cibler l’Arabie saoudite pour son absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, son programme de résidences pour investisseurs/retirés, son coût de vie relativement compétitif (hors quartiers très premium) et son positionnement au cœur de la région MENA. La mission comprend : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑SA), obtention de la résidence et organisation de la présence physique (nombre de jours, substance), détachement ou couverture santé privée, transfert bancaire, plan de rupture ou réduction des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque privée) et adaptation culturelle/ religieuse, afin de sécuriser les économies fiscales et la transmission patrimoniale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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